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07/09/2013

La femme la plus riche du monde / The richest girl in the world - 1934

La femme la plus riche du monde, est un film avec Miriam Hopkins et le jeune Joel McCrea. On retrouve dans les seconds rôles la jolie Fay Wray. Reginald Denny et Henry Stephenson complètent la distribution. On se rappelle d'Henry Stephenson pour son rôle de messager du nouveau roi dans "Capitaine Blood" (1935) ou dans "le médaillon"(1946) chroniqué ici. Mais il a joué dans de nombreux autres films, que ce soit dans "la charge de la brigade légère" (1936), "le prince et le pauvre" (1937) ou encore "Marie Walewska" (1937). Dans les années 30, on peut considérer que Miriam Hopkins est au sommet de sa carrière d'actrice. Elle est la beauté et la jeunesse pour elle. Et par exemple sa prestation en fille légère dans "Dr Jekyll and Mr Hyde" est inoubliable, avec sa fameuse réplique :"Come back soon. soon". Et cette réplique aurait du rester aussi célèbre que le fameux, "I just want to be alone" de Greta Garbo. Quant au second personnage féminin, Fay Wray, c'est évidemment pour le cinéphile français, l'actrice du "King Kong" de 1933. Mais elle ne fut pas que cela. Elle devait commencer sa carrière en 1923 et la faire durer pendant 57 ans, réussissant autant dans le cinéma muet que parlant. Et elle devait définitivement nous quitter à l'âge de 96 ans, le 8 août 2004.

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Mais revenons au film ! Le film est une comédie qui commence par un débout assez confus où on se demande bien où les scénaristes veulent nous mener. Mais l'histoire est finalement assez simple. Ainsi, Miriam Hopkins joue une richissime milliardaire, qui passe son temps à abandonner ses affaires à son très sérieux conseil d'administration qui ne l'a jamais vu et son homme à tout faire joué par Henry Stephenson gère le courant. La vie pourrait être belle, mais elle est malheureuse en amour, les hommes ne l'aimant que pour son argent. Ne sachant pas si on pourrait l'aimer pour ce qu'elle est réellement en tant que personne, après une période de cafard, elle se décide à mettre à l'épreuve un de ses amis (Joel McCrea) pour savoir si réellement il l'aime. Mais ce dernier croit qu'elle n'est que la secrétaire particulière de la richissime célibataire. Quiproquos et malentendus vont donc se multiplier jusqu'au dénouement final.

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Ci-dessus : Miriam Hopkins

Le film contient certaines scènes tendres, voir assez osées pour l'époque, mais restant toujours dans la tendresse plus que dans la sensualité pure. Mais il est vrai que les protagonistes se trouvent souvent allongés à s'embrasser, ce qui sera interdit par le code Hays quelques mois plus tard. La dernière scène du film est d'ailleurs la plus drôle. En effet, elle montre un homme très satisfait d'avoir accompli ses devoirs conjugaux, et montrant sa bonne humeur à un autre qui pense qu'il a couché avec sa fiancée. Le film est donc amusant sans atteindre les sommets de la comédie. On a vu mieux, mais on a vu bien pire aussi. L'intérêt réside surtout dans sa distribution et dans un scénario et des dialogues intelligents.

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Ci-dessus : Fay Wray et Reginald Denny

Disponible chez les éditions Montparnasse (DVD Zone 2), en VO sous-titré. qualité d'image acceptable même en vidéoprojection.

Note : 6 / 10

23/03/2013

Marie Walewska / Conquest - 1937

Faisons une petite pause dans les westerns pour vous parler aujourd'hui d'un très beau film, "Marie Walewska" tourné en 1937 par Clarence Brown. Le film est tenu uniquement par le duo Greta Garbo, Charles Boyer présent dans presque toutes les scènes. Greta Garbo, artiste mythique inutile de la présenter. On se rappelle qu'elle était une actrice suédoise, discrète voir terriblement timide. Son jeu, et sa beauté en avait fait une star. Aujourd'hui c'est une légende. Il est un peu difficile de citer ses plus grands films, car tous les films de Garbo sont des grands films. Pour ma part, j'en retiendrai quelques uns qui m'ont profondément marqué : Grand Hotel (1932) avec John Barrymore, "la Reine Christine" (1933), "Anna Karénine" (1935), le superbe "Roman de Marguerite Gautier" (1937) avec Robert Taylor et donc ce "Marie Walewska"Mais me diriez vous, qui est Marie Walewska ? De son vrai nom, Maria Walewska, elle était la maîtresse polonaise de Napoléon 1er. Amour sans espoir, mais amour sincère, elle devait être présente lors de moments clés de la vie de l'empereur. En tous les cas, c'est ce que le film nous laisse entendre et comme il est dit au début en avertissement au spectateur : si l'Histoire a pu en être modifié pour le besoin de la dramaturgie, l'esprit ne l'a pas été. Et c'est tout à fait vrai. Le film est inspiré du roman de Waclaw Gasiorowski et de la pièce de Helen Jerome. On a donc un scénario très sérieux et bien construit. On retrouve également un vétéran des studios, en la personne d'Henry Stephenson. On se rappelle de lui pour son rôle dans "la charge de la brigade légère" (1936) ou encore "Captain Blood" (1935). Mais il devait tourner près de 90 films pour les plus grands studios : MGM, Warner et RKO.

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La difficulté de tourner un film sur la vie de Napoléon est évidente. L'homme a eu une vie extraordinaire et démeusurée, qui en fait un espèce de démiurge des temps modernes. La reconstitution des batailles ont très souvent été impossibles pour de nombreux réalisateurs. Et ainsi la récente fresque télévisuelle avec Christian Clavier n'était malheureusement pas crédible au niveau de la réalisation des grandes batailles de l'empereur. Ainsi, seuls quelques grands réalisateurs comme Abel Gance avec son "Austerlitz" (1960) ou le russe Serge Bondartchouk arrivèrent à donner une ampleur à l'épopée guerrière de Napoléon. Mais dans "Marie Valewska" il n'en est en fait que très peu question. Ainsi, le titre américain "Conquest" résume en un mot le film. Il va s'agir ici non pas des conquêtes territoriales de Napoléon, mais bien de l'histoire de sa plus belle conquête féminine. L'histoire bataille va donc être reléguée au second plan, mais ce sera pour mieux mettre en avant la grande histoire et l'esprit d'un grand homme à travers un amour célèbre.

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Ci-dessus : Charles Boyer et Greta Garbo

Le film commence par une scène de pillage par les cosaques, du chateau du comte Walewski, mari de la comtesse Walewska. Cette scène fait froid dans le dos, le mobilier est brisé et sert pour la cheminée, le piano à queue devient une mangeoire pour les chevaux. La vandalisme d'un art de vivre distingué et son remplacement par un art de vivre primitif, illustre bien la situation de la Pologne, située à cette époque aux confins de la civilisation européenne. La comtesse apparaît à ce moment là en haut du grand escalier du chateau. Et là Clarence Brown filme les visages des Cosaques un par un, illuminés par la beauté de la comtesse. On sait alors dès ce moment là, qu'on a à faire à un grand film. L'autre grande scène du film est la scène du bal à Varsovie, où Napoléon rencontre une deuxième fois Marie Walewska. Les décors tout en blanc de cette scène sont somptueux et cette partie du film est également très réussie.

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Ci-dessus : Henry Stephenson et Greta Garbo

Mais au delà de la construction d'une romance, c'est son inscription dans la grande histoire qui va en magnifier tout le contenu. Ainsi, le film va nous montrer un Napoléon humain et ayant une personnalité ambivalente pleine de grandeur, mais aussi par moment misérable. Ainsi, le pauvre amour de Marie Walewska va se trouver utilisé le plus souvent à des fins diplomatiques. Mais si la romance est là, la politique n'est jamais loin. Et les phrases prophétiques sur la construction européenne sont là pour nous rappeler que l'idéal d'une Europe des peuples ne date pas d'hier. "Marie Walewska" film sur la tragédie du destin d'un homme, incapable d'aimer librement, nous renvoie à un film beaucoup moins sérieux historiquement, "Désirée" (1954) avec Marlon Brando et Jean Simmons. L'un et l'autre auront pour point commun de montrer une des plus belles interprétations de Napoléon 1er à l'écran et comme le rappel que le plus grand des hommes, a lui aussi ses faiblesses et finalement une humanité, que pour son malheur il se refusa d'écouter, sinon trop tard.

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Extrait :


Disponsible en DVD Zone 2 (Vo sous-titré)

Note  : 7,5 / 10

21/01/2013

Oliver Twist - 1948

"Oliver Twist" est un film de David Lean de 1948 tourné après "Les Grandes Espérances" (1946). Le film est magnifiquement filmé par Lean. En particulier le début où la mère enceinte d'Oliver Twist, est surprise par un orage. L'orage est là comme le symbole de la colère des hommes qui s'abat sur la pauvre femme, abandonnée par la société et trahie par des siens. Lean comme dans "les grandes espérances" donne une vie et même une signification à la nature et aux éléments naturels. Il en sera de même dans "le docteur Jivago" où une branche viendra frappé inlassablement le carreau de Youri, le jeune enfant qui venait d'enterrer sa mère. L'expressionisme romantique de Lean est magnifique. Dès le début, le film atteint les sommets de l'esthétique cinématographique. Et les plans ingénieux se multiplient tout le long du film, comme ce poing qui heurte pleine face la caméra et qui arrête une course poursuite qui ne semblait pas avoir de fin.

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Alec Guinness joue Fagin, le chef des enfants voleurs. Robert Newton dont aujourd'hui on se rappelle surtout la prestation dans Barbe Noire, joue formidablement bien le bandit Bill Sikes. On retrouve également Henri Stephenson qui a joué dans de nombreux film d'Errol Flynn comme Capitaine Blood (1935), la charge de la brigade légère (1936) ou encore dans "la Vie privée d'Élisabeth d'Angleterre" (1939). Mais au delà du jeu des acteurs, tous au top de leur forme, c'est bien la réalisation de Lean qui magnifie le spectacle.

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Ci-dessus : Robert Newton (conseil : noté le jeu de lumière sur les yeux)


Bref "Oliver Twist" est un chef-d'oeuvre d'adaptation littéraire à l'écran. Je ne saurais donc que vous conseiller d'acquérir l'édition Bluray qui est sortie récemment et de ne pas tenir compte de critiques de l'époque qui ont vu dans ce film, un film antisémite. En effet, pour certains Fagin aurait eu dans le film un maquillage "antisémite". De ce fait, le film ne put sortir aux USA qu'en 1951 avec une amputation de 11 minutes. Or le mot juif n'est jamais mentioné dans le film et aucune relation ne peut être fait avec ces deux mots. Or Lean met plutôt en avant, la vie misérable d'un orphelin à la recherche de parents et de bien être. Je pense donc qu'il serait absurde de se priver d'un tel chef-d'oeuvre et de faire un quelconque procès à un si grand réalisateur. Je vous invite donc plutôt à profiter des jeux de lumière, des plans introuvables, et en un mot du talent d'un David Lean au sommet de son art et qui possédait déjà une parfaite maîtrise de la chose cinématographique et pour ainsi dire un incroyable génie, dans la définition qu'en fait Schopenhauer : "Le talent est pareil à un archer qui touche une cible que les autres ne peuvent atteindre, le génie est pareil à celui qui en touche une que les autres ne sont pas même capables de voir".

 

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La bande-annonce :

 Disponible en Bluray Zone B. Images correctes


NOTE : 9 / 10