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15/05/2015

La grande évasion / High Sierra - 1941

"La grande évasion" de Raoul Walsh, film en noir & blanc, produit par la Warner en 1941, ne m'a pas fait une très bonne impression. Je ne sais pas si c'est le scénarion de John Huston, que j'ai trouvé simpliste voir peu crédible, si c'est le casting. Mais malheureusement, je n'ai pas trouvé que c'était une grande réussite. Tout d'abord si on essaye de replacer le film dans son contexte, il faut dire que la Warner est passée en quelques années d'un cinéma réaliste, social et souvent violent à un cinéma où le spectacle et la distraction occupent une large part. Ainsi, le film de gangsters ,dès la deuxième moitié des années 30, a laissé, petit à petit, sa place  au mélodrame, ou encore au film d'aventures. En 1935, "Capitaine Blood" révélait une nouvelle vedette de l'écran : Errol Flynn, qui devait arriver en 1938, au somment de sa carrière dans "les aventures de Robin des Bois".  En 1939 Bette Davis, brillait dans le mélodrame "victoire sur la nuit". Dans ce changement de thème, le code de censure mis en place en août 1936, avait joué aussi son rôle . Et le crime et la mafia n'étaient plus les bienvenus à l'écran. La Warner avait donc changé les thèmes de ses films. Mais la guerre allait aussi toucher durablement le cinéma américain. Et un nouveau genre devait apparaître, le cinéma de propagande, dédié à soutenir l'effort américain et de ses alliés contre l'avancée du nazisme en Europe ou contre l'avancée des Japonais dans le Pacifique. Dans ce contexte, Bogart montré ici vieillissant, dont le personnage sort de prison, semble lui aussi un peu "has been". Contrairement au pur film de gangsters ou à un autre film tourné par Raoul Walsh deux ans plus tôt, mais d'une toute autre envergure "les fantastiques années 20". Ici "High Sierra" multiplie les passages mélodramatiques improbables. Ainsi, qui peut croire qu'un gangster endurci va s'attendrir pour un chien perdu qui porte la poisse, pour une fille de cabaret (Ida Lupino) ou pour une famille dont il ne connaît rien. On ne croit pas plus, en Arthur Kennedy en gangster. raté Le scénario multiplie ainsi à n'en plus finir les situations improbables et les invraisemblances, n'ajoutant rien à la crédibilité de l'ensemble.

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Alors oui, il y a Bogart et Ida Lunipo, qui tiennent le film à eux deux sur leurs épaules, pour en faire un spectacle acceptable. Il n'en reste pas moins qu'on a vu beaucoup mieux et que le scénario de John Huston, ne semble jamais arriver au niveau du jeu des deux interprètes principaux. On peut en conclure que film de gangsters s'est essoufflé. Hollywood en tournera beaucoup moins et il sera remplacé dès 1944, par un nouveau genre, avec ses codes bien à lui : "le film noir". La période de transition sera marquée par quelques grands films dont en cette même année 1941, un autre Bogart, beaucoup plus recommandable : "le faucon maltais".

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Ci-dessus : Humphrey Bogart & Ida Lupino

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Ci-dessus : On remarque Cornel Wilde très jeune derrière le comptoir

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Ci-dessus : Humphrey Bogart & Ida Lupino

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Ci-dessus : Humphrey Bogart & Joan Leslie

Disponible en DVD zone 2 & zone 1 en VO sous-titrée Français

Note : 6 / 10

25/03/2014

La piste fatale / Inferno - 1953

"La piste fatale" est un thriller de Roy Ward Baker. Le premier travail de Roy Ward Baker dans les films était comme garçon de plateau, à la Gainsborough Studios à Londres, en Angleterre, mais dans les trois ans, il a travaillé comme assistant réalisateur. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a travaillé dans l'Unité Kinematograph armée sous Eric Ambler, un écrivain et producteur de films, qui, après la guerre, a donné à Baker sa première occasion de réaliser un film, "l'homme d'octobre" (1947). Baker  s'est ensuite rendu à Hollywood en 1952 et est resté pendant sept ans, de retour en Grande-Bretagne en 1958, il a dirigé un de ses meilleurs films, "Atlantique, latitude 41 °" (1958) qui raconte le drame du Titanic. Pendant les années 1960 et 1970, Baker a dirigé un certain nombre de films d'horreur Hammer et Amicus. Il a également dirigé à la télévision britannique, notamment au cours de la dernière partie de sa carrière. Le casting est composé de la belle Rhonda Fleming (ici la femme d'un richissime homme d'affaires), de Robert Ryan qui joue donc l'homme d'affaires, abandonné par sa femme, William Lundigan joue l'amant de Rhonda Fleming. Dans les seconds rôles, on peut citer Henry Hull que l'on a vu dans "le brigand bien-aimé" (1939) et dans "le retour de Frank James" (1940). Rhonda Fleming on l'a vu dans de très nombreux films des années 50 parmi lesquels on peut citer : "Règlement de compte à ok Corral" (1957), ou encore "la cinquième victime" (1956) de Fritz Lang

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Le film est plutôt bon, même si Baker n'est pas Hitchcock ou Hathaway. De plus, le scénario de Francis M. Cockrell semble un peu bancal. On ne sait pas bien comment Robert Ryan s'est retrouvé seul en pleine montagne. On ne sait rien de la rencontre entre Rhonda Flemming et son amant, rien des circonstances exactes ou de ce qui a précédé la décision. Finalement toute l'extrème et fine intellectualité d'un scénario écrit par Hitchock et sa femme n'apparaît pas ici. Tout est donc concentré sur l'action, ce qui donne au film un caractère très moderne nous faisant penser à des films beaucoup plus récents comme "127 heures" avec James Franco de Danny Boyle. On passe donc un bon moment devant un film classique au scénario très moderne, qui s'attarde malheureusement quand même assez peu sur la psychologie des personnages, au profit de l'action et surtout de la survie en plein désert. A noter enfin une qualité d'image pas extraordinaire, mais tout à fait correct pour un film de cette époque sur l'édition "Hollywood Legends".

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Ci-dessus : Robert Ryan

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Ci-dessus : Robert Ryan

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Ci-dessus : Rhonda Fleming

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Ci-dessus : Rhonda Fleming et William Lundigan

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La bande-annonce :

 Disponible en DVD Zone 2 en VO sous-titrée uniquement dans une promotion à 20 € les 3 films à la Fnac pour les adhérents !

 

Note : 7 / 10

21/01/2014

Le brigand bien aimé / Jesse James - 1939

J'ai revu ce film dimanche soir, donc je remets cet article un peu en avant pour ceux qui ne l'aurait pas lu. Et oui sur Hollywood Classic aussi on a droit aussi de temps en temps à des rediffusions. "Le brigand bien aimé" (1939) fait parti de ces quelques westerns en Technicolor tournés à la fin des années 30 et au début des années 40. On y retrouve par exemple "Billy le kid" (1941) avec Robert Taylor, mais aussi "le retour de Frank James" (1940), et "la Reine des rebelles" (1941). Il faut se souvenir qu'à la fin des années 30 le western hollywoodien est dans un état déplorable artistiquement. Le genre est encore très prolifique, ainsi John Wayne tourne entre la fin des années 20, et 1938 des dizaines de westerns, mais la plupart sont très médiocres et peu dignes d'intérêts. Et c'est autour de 1939 que le genre va regagner ses lettres de noblesse pour devenir une des plus belles parts du cinéma hollywoodien pendant plus de 20 ans. Ainsi, si aujourd'hui le public français se souvient surtout de "la chevauchée fantastique" (1939) de John Ford comme début de ce renouvellement, c'est "le brigand bien aimé" sorti au début de janvier 1939 qui marque réellement le retour du genre Western au premier plan. Le film mis en production par la Twentieth Century Fox et son producteur Darryl F Zanuck, s'inscrit dans toute la liste de films, plus ou moins pro-sudistes de l'époque tournés par la Fox ou par les autres studios d'ailleurs. Ainsi, la filiation se fera pour la Fox avec la suite du "brigand bien aimé", "le retour de Frank James" mais aussi "la Reine des rebelles".

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Le film donc tourné par Henry King, bénéficie d'un beau casting avec en tête d'affiche Tyrone Power et Henry Fonda, mais avec aussi le très habitué des westerns, Randolph Scott. Le brigand bien aimé présente la vie de Jesse James sous un jour légendaire et hagiographique et montre sa lutte contre une société qui change et contre des affairistes et des voleurs à la solde de l'état. Sa lutte en dehors de la loi, va faire du "brigand bien aimé" un superbe film de vengeance qui explique finalement comment un honnête homme peut devenir un délinquant. Il y a évidemment du "Robin des Bois" dans ce film. Et il est bien difficile de ne pas prendre parti pour Jesse James, dont la mère se fait assassiner, dont la ferme est volée. Jesse James deviendra alors le représentant violent des petits fermiers de l'Ouest, pris à la gorge par le progrès mais par aussi les pires affairistes aidée par la finance. Le scénario de Nunnally Johnson est parfaitement écrit et on comprend la volonté de ce dernier à vouloir pousser Zanuck à adapter à l'écran son scénario.

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Ci-dessus : Tyrone Power

Si à cela on doit ajouter une superbe réalisation d'Henry King qui devait comme à son habitude reconnaître en avance  les extérieurs avant de tourner, vous comprendrez que ce film m'a beaucoup plu. Ainsi, la plus belle scène est sans doute la scène de l'attaque du train. On y voit Tyrone Power sautant de wagon en wagon dans l'ombre de la nuit et les passagers éclairés dans le train en même temps, mais ne se doutant de rien. L'esthétique de la scène est réellement superbe. Ce film est un des plus beaux rôles de Tyrone Power. Le seul bémol et il n'est pas des moindres, est le sort fait aux chevaux à l'époque. Ainsi, deux chevaux sont précipités d'une falaise pour les besoins d'une scène. C'est assez cruel pour être noté. Et les associations de protection des animaux mettront souvent en avant ce film pour montrer la cruauté du Hollywood de cette époque à l'égard des bêtes. Quoiqu'il en soit, le film devait être un gros succès et donc bénéficier l'année suivant d'une suite avec également Henry Fonda : "le retour de Frank James". Premier chef d'oeuvre du Western en couleur, tout autant que film social, "le brigand bien aimé" mérite donc tout votre intérêt.

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Ci-dessus : Tyrone Power et Nancy Kelly

Galerie de photos du film :

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Ci-dessus : Tyrone Power et Nancy Kelly

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Ci-dessus : Henry Fonda et Tyrone Power

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Ci-dessus : Nancy Kelly, Tyrone Power et le réalisateur Henry King sur le tournage du "Brigand bien aimé".

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Ci-dessus : Tyrone Power et Randolph Scott sur le tournage du "brigand bien aimé"

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Ci-dessus : Une photo de tournage. Notez l'énorme caméra Technicolor à gauche de l'image et le rail pour le traveling.

 

Film disponible en DVD zone 2 et Bluray Zone B (l'image du Bluray est superbe)

 

Note : 8,5 / 10

18/05/2013

Le Rebelle / The Fountainhead - 1949

"Le Rebelle" est un film sorti en 1949 et tourné par King Vidor. On retrouve dans les principaux rôles : Gary Cooper, Patricia Neal, et Raymond Massey.  Le film est tiré du roman à succès d'Ayn Rand (The Fountainhead) paru en 1938. Barbara Stanwyck était convaincue de la réussite d'une adaptation du roman à l'écran et décida Jack Warner à en acquérir les droits dès 1943. Stanwyck devait proposer Humphrey Bogart pour le rôle principal de l'architecte Roark. Mais Jack Warner refusa, et cela encouragea peut être Bogart à fonder sa propre société de production en 1948. De son côté King Vidor refusa d'engager Stanwyck sur le tournage. En effet, il la jugeait trop âgée pour le rôle de Dominique Francon. Le rôle de Dominique Francon, aurait pu être interprêté par Lauren Baccal , Ida Lupino, Jennifer Jones, Gene Tierney. Veronica Lake,  Joan Crawford toutes pressenties. Joan Crawford devait même organiser un diner pour tenter de convaincre l'auteur Ayn Rand. On pensa également à Greta Garbo, mais elle refusa et finalement Patricia Neal obtint le rôle après un entretien de 15 minutes avec King Vidor. Pour le rôle de l'architecte on pensa après Humphrey Bogart, à Alan Ladd, mais aussi à Clark Gable, la presse de l'époque faisant courir le bruit que Gable voulait absolulement jouer dans ce film. Enfin, on contacta Gary Cooper, mais son agent lui dit de refuser le rôle qui semblait trop éloigné de l'image que le public avait de lui. Mais l'épouse de Cooper devait arriver à convaincre ce dernier, et il accepta. Raymond Massey devait être le puissant directeur du journal et Robert Douglas le critique d'art du même journal, vaniteux et obsédé par le pouvoir. Raymond Massey on se souvient aujourd'hui de lui surtout de lui pour son rôle de John Brown dans "la piste de Santa-Fé" (1940) ou dans "Sabotage à Berlin" (1942) avec Errol Flynn et Robert Douglas on se rappelle de lui pour ses rôles de méchants que ce soit dans "Ivanhoé" (1952) ou dans "le prisonnier de Zenda" (1952).

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Maintenant que je vous ai parlé de la création de ce film, et de la mise en place de son casting, j'évoquerai tout d'abord la forme, puis les thèmes que le film aborde. La forme est absolument magnifique, bien évidemment littéraire, mais aussi lyrique. En premier lieu, ce qui surprend le plus, c'est peut être l'incroyable sensualité de l'oeuvre, qui montre une femme superbe (Patricia Neal) avec des désirs charnels, pour les hommes, faisant son choix parmi les ouvriers d'une carrière, botte et cravache au poing. Pour l'époque il fallait oser. Enfin Vidor, n'a jamais peut être aussi bien caractérisée la passion féminine mais aussi le désir féminin que dans ce film. L'incapacité du personnage de Dominique Francon (Patricia Neal) à faire de Gary Cooper son objet sexuel, et son esclave exaspère sa frustration qui aboutit à une violence dont la cause ne peut être ici que la sexualité insatisfaite. Cooper se décide alors à prendre les devants, à lui répondre et à lui rendre la violence sexuelle qu'aucun homme n'a osé lui donner, faisant passer la scène traditionnelle de glamour hollywoodienne, à une scène où la violence de l'érotisme intellectuel qui en émane, interpelle le spectateur.

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Ci-dessus : Patricia Neal et Gary Cooper

Mais avant d'être l'histoire d'une femme, Dominique Francon lassée et dégoûtée de la vie, qui fait des hommes et des choses ses esclaves pour mieux les rejeter par peur de s'y attacher, "le rebelle" est l'histoire d'un homme, de la carrière et de la vie privée d'un architecte (Howard Roark) joué par Gary Cooper. Le film aborde de nombreux thèmes, et on peut considérer chaque personnage comme un thème à lui tout seul. Si nous avons déjà vu le personnage féminin de Dominique Francon, le personnage de Gary Cooper est, quant à lui, le représentant de l'absolu nécessité de suivre son chemin contre ce que la société nous ordonne de faire, contre l'opinion générale, contre la norme, et finalement contre tout ce qui peut entraver l'Homme dans sa marche vers sa destinée, l'esprit de l'Homme devant être son seul guide. Ainsi, le film va nous faire parcourir de la plus belle des manières, la destinée de cet architecte, absolument et résolument insoumi.

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Comme je l'ai déjà dit et comme vous l'avez compris, le film est magnifiquement écrit, quoique parfois trop bavard, et magnifiquement réalisé. Il n'y a quasiment rien à rejeter de ce pur joyau du film hollywoodien, à la musique envoûtante d'un Max Steiner très inspiré pour l'occasion. Certains ont pu voir dans le personnage de cet architecte, un sur-homme. Il n'en est rien. Cet homme nous indique le chemin que nous devrions tous suivre. En effet, après tout, quoi de plus lourd et de plus léger tout à la fois, que de croire en ses idées ? Quelle plus lourde responsabilité que de ne rien marchander ? Par sa forme profondément lyrique voir quasiment poétique, et par son sujet, ce film touche au sublime et à l'incroyable difficulté d'être simplement un Homme dans tous les sens du terme. "Le rebelle", est donc autant une leçon de vie, qu'un chef d'oeuvre absolu. A noter que Gary Cooper devait retrouver Patricia Neal l'année suivante dans "le Roi du tabac", mais cette fois-ci sous la direction de Michael Curtiz.

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La bande-annonce :

 

Extrait de la musique :

Disponible en DVD zone 2

Citations de l'auteur Ayn Rand dont le roman a inspiré le film : « Ma philosophie conçoit essentiellement l'Homme comme un être héroïque dont l'éthique de vie est la poursuite de son propre bonheur, la réalisation de soi son activité la plus noble, et la Raison son seul absolu. »

Note : 9 / 10

26/03/2013

Le retour de Frank James / The Return of Frank James - 1940

Suite du "brigand bien aimé" (1939), "le retour de Frank James" (1940) est un film de Fritz Lang. C'est un western très intéressant, car c'est le premier western de Lang mais aussi le premier film de l'admirable Gene Tierney et donc également un western en couleur, très peu courant en 1940. Je vais une fois n'est pas coutume laisser la parole à Patrick Brion et Bertrand Tavernier à travers  2 superbes présentations videos. Je ferai néanmoins un bémol par rapport à la très intéressante présentation de Mr Tavernier. Pour ma part, je crois que c'est faire un faux procès concernant le traitement des personnages de couleurs du film que de dire que le film est méprisant ou que Lang a voulu être méprisant à l'égard des noirs. En effet, après la guerre de sécession je ne pense pas que les rapports entre blancs et noirs devaient être différents de ceux mentionnés dans le film. C'est donc pour moi un souci de réalité du scénariste et de Lang. Il en va de même avec le personnage d'Henry Hull qui fait un journaliste avocat extrémiste, comme il devait en exister à la frontière de l'Ouest. Je pense que c'est un peu une erreur de vouloir juger ce cinéma et surtout l'après guerre de sécession retrospectivement avec un regard de notre époque.

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Le film bénéficie si on peut dire d'un scénario de Sam Hellman qui n'arrive que rarement à ménager du suspens ou des temps forts et des rebondissements. C'est ce qui fait le plus de mal au film. Pour le reste, la jeune Gene Tierney est parfaite en journaliste innocente dont la beauté crève déjà l'écran. Je finirai sur une anecdote assez intéressante. En effet, Gene Tierney trouvera sa voix trop fluette en voyant son premier film, et se mettra donc à fumer après ce film.

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Ci-dessus : Henry Earl et Henry Fonda

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Ci-dessus : Gene Tierney dans "le retour de Frank James"

Disponible en DVD zone 2 chez Sidonis

Présentation de Patrick Brion :

 

 

Présentation de Bertrand Tavernier :

 

 

Disponible dans certainss magasins Cora à 6,99 € (16,90 € sur Amazon)

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Note : 6,5 / 10