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29/01/2015

Sur la piste des Mohawks / Drums Along the Mohawk - 1939

Comme vous le savez peut être, l'année 1939 est l'année du renouveau du western dans le cinéma américain. Ainsi, le western avait eu ses heures de gloire, pendant la période du muet, mais malgré quelques exceptions, il était tombé dans la série B voir pire. On avait donc tourné beaucoup de westerns, avant 1939, mais souvent de très petits westerns. Donc 1939, c'est le retour du grand western avec successivement, "le brigand bien-aimé" avec Tyrone Power et Henry Fonda, mais c'est aussi l'année de "la chevauchée fantastique" d'un certain John Ford avec à l'affiche John Wayne. John Ford et Henry Fonda ont déjà tourné ensemble, cette même année 1939 "Vers sa destinée" (formidable film sur la vie du jeune Abraham Lincoln). "Sur la piste des Mohawks" doit donc être ajouté à la liste des grands westerns fordiens par son thème, qui nous montre un jeune couple de pionniers partant pour l'Ouest au moment de la guerre d'indépendance américaine. Ford se plait à filmer dans un style qu'il continuera d'utiliser bien plus tard, comme dans "la prisonnière du désert" (1954). On retrouve ce style si caractéristique, avec des ciels immenses, des personnages souvent minuscules et une nature toujours plus grande que l'Homme. Comme beaucoup d'historiens du cinéma, on peut supposer que le style de Friedrich Wilhelm Murnau (expressionniste allemand) a énormément influencé Ford dans son travail. "Sur la piste des Mohawks a pourtant été difficile pour Ford, car tout d'abord c'était son premier film en couleur, et qu'il a plut sans discontinuer les deux premières semaines. Ford retourne le problème de cette pluie pour nous donner une scène saisissante dans la cabane.

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Inspiré d'un roman de Walter D Edmonds, le scénario de Lamar Trotti, Sonya Levien et William Faulkner, commence là où beaucoup de westerns finissent par le mariage des deux personnages principaux : Henry Fonda et Claudette Colbert. On doute au début de la présence de Claudette Colbert dans un western. En effet, on était plutôt habitué, à la voir dans des comédies légères en particulier avec Clark Gable, comme "New-York Miami". Mais l'idée de Ford et du producteur Darryl Zanuck est génial, car il nous montre finalement la destruction du personnage habituel de Claudette Colbert dans cette nature sauvage. Alors c'est vrai que parfois dans certaines scènes, on doute un peu. Mais au final, l'idée marche plutôt bien. Les autres personnages secondaires sont comme à l'habitude avec Ford, très bien détaillés, en particulier celui de la veuve âgée et esseulée dans sa grande ferme (Edna May Oliver). Ford se sert du film pour nous faire passer sa vision de l'Amérique. Et il faut bien dire que le film est encore d'actualité. Car l'histoire d'un jeune couple qui s'installe et qui se retrouve au centre d'une guerre civile, plus ou moins ethnique, ne paraît pas si éloigné que ça de notre temps. "Sur la piste des Mohawks" est donc une très très bonne pioche de Sidonis, qui nous régale en plus d'un master de toute beauté, et d'un piqué quasiment chirurgical.

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Ci-dessus : Henry Fonda & Claudette Colbert

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Ci-dessus : Edna May Oliver & Claudette Colbert

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Ci-dessus : John Carradine

Disponible en DVD & Bluray en Zone 2/B, chez Sidonis Version Français et VO sous-titrée

Note : 8,5 / 10

17/05/2014

6 destins / Tales of Manhattan - 1942

"6 destins" ou en anglais "Tales of Manhattan" nous raconte à travers des sketches, l'histoire d'une veste ou pour être plus précis, d'une queue de pie. On a déjà eu des films à sketches racontant les péripéties d'un objet à travers ses différents propriétaires. Ainsi, je me souviens avoir vu il y a une dizaine d'années : "la Rolls-Roye Jaune" (1965) qui avait un casting international, et qui racontait comme son nom l'indique, l'histoire d'une voiture. Ici dans "6 destins" la queue de pie ne reste qu'un accessoire scénaristique, et n'est pas le personnage principal. Elle est le lien entre les différentes histoires et a même parfois une importance primordiale, mais sans jamais trahir ou effacer l'histoire personnelle de la personne qui la porte. Le point fort du film est son casting qui comprend entre autre : Charles Boyer, Rita Hayworth, Thomas Mitchell, Ginger Rogers, Cesar Romero, Henry Fonda, Charles Laughton, Edward G. Robinson, Ethel Waters, Paul Robeson, Harry Davenport, et W. C. Fields. Excusez du peu !

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Le film est le premier des deux films à sketches de Julien Duvivier à Hollywood. Le deuxième est "obsessions" (1943), formidable film aux frontières du fantastique et du paranormal et à la forme cinématographique exceptionnelle. La force de "6 destins", au delà de son casting, est évidemment sa réalisation. Les acteurs n'ont jamais semblé aussi beaux que sous la caméra de Duvivier et sous la photographie de Joseph Walker. De plus, le film a été écrit par une armée d'auteurs qui donnent aux dialogues une belle consistance. Alors que reprocher à "6 destins" ? On peut lui reprocher une certaine hétérogénéité. Ainsi, chaque séquence n'est pas toujours au niveau de la précédente. Ainsi la séquence avec W C Fields semble très faible, et celle avec les acteurs pas toujours de très bon goût. Le sketch avec W C Fields et Margaret Drumont avait d'ailleurs été éliminée à sa sortie. On la retrouve ici complète. Enfin, la représentation des noirs avaient posé un tel problème déjà à l'époque Paul Robeson avait décidé de racheter tous les exemplaires du film, car il le considérait comme infamant pour la communauté noire. A titre personnel, je n'ai rien trouvé à redire à ce passage du film, qui montre une communauté noire, abandonnée certes,  mais qui ne doit son salut qu'à elle même et à une manne providentielle. Quoiqu'il en soit, le film ne laisse pas indifférent par la beauté formelle de certaines de ses séquences et par l'originalité d'une histoire, parfaitement écrite et réalisée, à mettre au crédit d'un Duvivier et d'auteurs très inspirés. Une belle surprise que nous fait là la Twentieth Century Fox, en sortant cet excellent film de l'oubli.

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Ci-dessus : Charles Boyer et Rita Hayworth

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Ci-dessus : Rita Hayworth

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Ci-dessus : Henry Fonda et Ginger Roger

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Ci-dessus : Ginger Rogers

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Ci-dessus à gauche : Charles Laughton

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Ci-dessus : Edward G Robinson

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Ci-dessus : George Sanders et Edward G Robinson

Disponible en DVD zone 2, sous-titré en français dans la collection "Hollwyood legends"

 

Note : 7,5 / 10

21/01/2014

Le brigand bien aimé / Jesse James - 1939

J'ai revu ce film dimanche soir, donc je remets cet article un peu en avant pour ceux qui ne l'aurait pas lu. Et oui sur Hollywood Classic aussi on a droit aussi de temps en temps à des rediffusions. "Le brigand bien aimé" (1939) fait parti de ces quelques westerns en Technicolor tournés à la fin des années 30 et au début des années 40. On y retrouve par exemple "Billy le kid" (1941) avec Robert Taylor, mais aussi "le retour de Frank James" (1940), et "la Reine des rebelles" (1941). Il faut se souvenir qu'à la fin des années 30 le western hollywoodien est dans un état déplorable artistiquement. Le genre est encore très prolifique, ainsi John Wayne tourne entre la fin des années 20, et 1938 des dizaines de westerns, mais la plupart sont très médiocres et peu dignes d'intérêts. Et c'est autour de 1939 que le genre va regagner ses lettres de noblesse pour devenir une des plus belles parts du cinéma hollywoodien pendant plus de 20 ans. Ainsi, si aujourd'hui le public français se souvient surtout de "la chevauchée fantastique" (1939) de John Ford comme début de ce renouvellement, c'est "le brigand bien aimé" sorti au début de janvier 1939 qui marque réellement le retour du genre Western au premier plan. Le film mis en production par la Twentieth Century Fox et son producteur Darryl F Zanuck, s'inscrit dans toute la liste de films, plus ou moins pro-sudistes de l'époque tournés par la Fox ou par les autres studios d'ailleurs. Ainsi, la filiation se fera pour la Fox avec la suite du "brigand bien aimé", "le retour de Frank James" mais aussi "la Reine des rebelles".

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Le film donc tourné par Henry King, bénéficie d'un beau casting avec en tête d'affiche Tyrone Power et Henry Fonda, mais avec aussi le très habitué des westerns, Randolph Scott. Le brigand bien aimé présente la vie de Jesse James sous un jour légendaire et hagiographique et montre sa lutte contre une société qui change et contre des affairistes et des voleurs à la solde de l'état. Sa lutte en dehors de la loi, va faire du "brigand bien aimé" un superbe film de vengeance qui explique finalement comment un honnête homme peut devenir un délinquant. Il y a évidemment du "Robin des Bois" dans ce film. Et il est bien difficile de ne pas prendre parti pour Jesse James, dont la mère se fait assassiner, dont la ferme est volée. Jesse James deviendra alors le représentant violent des petits fermiers de l'Ouest, pris à la gorge par le progrès mais par aussi les pires affairistes aidée par la finance. Le scénario de Nunnally Johnson est parfaitement écrit et on comprend la volonté de ce dernier à vouloir pousser Zanuck à adapter à l'écran son scénario.

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Ci-dessus : Tyrone Power

Si à cela on doit ajouter une superbe réalisation d'Henry King qui devait comme à son habitude reconnaître en avance  les extérieurs avant de tourner, vous comprendrez que ce film m'a beaucoup plu. Ainsi, la plus belle scène est sans doute la scène de l'attaque du train. On y voit Tyrone Power sautant de wagon en wagon dans l'ombre de la nuit et les passagers éclairés dans le train en même temps, mais ne se doutant de rien. L'esthétique de la scène est réellement superbe. Ce film est un des plus beaux rôles de Tyrone Power. Le seul bémol et il n'est pas des moindres, est le sort fait aux chevaux à l'époque. Ainsi, deux chevaux sont précipités d'une falaise pour les besoins d'une scène. C'est assez cruel pour être noté. Et les associations de protection des animaux mettront souvent en avant ce film pour montrer la cruauté du Hollywood de cette époque à l'égard des bêtes. Quoiqu'il en soit, le film devait être un gros succès et donc bénéficier l'année suivant d'une suite avec également Henry Fonda : "le retour de Frank James". Premier chef d'oeuvre du Western en couleur, tout autant que film social, "le brigand bien aimé" mérite donc tout votre intérêt.

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Ci-dessus : Tyrone Power et Nancy Kelly

Galerie de photos du film :

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Ci-dessus : Tyrone Power et Nancy Kelly

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Ci-dessus : Henry Fonda et Tyrone Power

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Ci-dessus : Nancy Kelly, Tyrone Power et le réalisateur Henry King sur le tournage du "Brigand bien aimé".

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Ci-dessus : Tyrone Power et Randolph Scott sur le tournage du "brigand bien aimé"

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Ci-dessus : Une photo de tournage. Notez l'énorme caméra Technicolor à gauche de l'image et le rail pour le traveling.

 

Film disponible en DVD zone 2 et Bluray Zone B (l'image du Bluray est superbe)

 

Note : 8,5 / 10

20/09/2013

Guerre et Paix / War and Peace - 1956

Dans le cadre de sa sortie bluray, je vais évoquer le "Guerre et Paix" (1956) de King Vidor. Je ne peux que commencer cette note par donner la parole au réalisateur : "Au début de l’année 1955, j’étais assis sous le soleil californien, travaillant sur un scénario original, un sujet américain lorsque je reçus un coup de fil de Dino De Laurentiis, le producteur italien me demandant si je voulais bien mettre en scène le grand roman de Léon Tolstoï Guerre et paix. Ce fut la décision la plus rapide de ma vie ! Je n’avais aucun doute à son propos ; depuis que je l’avais lu, tout autre ouvrage de fiction souffrait de la comparaison. Profondeur des personnages, héroïsme, philosophie, Tolstoï donnait au lecteur tout ce qu’il cherche mais qu’il trouve si rarement." Vidor est donc enthousiaste pour travailler sur ce projet et ça sent dans le résultat final. Il aurait préféré avoir Peter Ustinov à la place d'Henry Fonda, pour jouer le personnage de Pierre, mais qu'importe ce n'est pas tant Henry Fonda qui va poser problème qu'un budget manifestement trop court pour porter l'oeuvre de Tolstoî à l'écran. Ainsi Vidor raconte : "Le tournage ne fut pas facile. Les premières difficultés vinrent du scénario sur lequel une dizaine d’écrivains travaillèrent. Plus tard elles furent d’ordre financier. Ils n’y avait plus d’argent et certaines scènes essentielles étaient encore à tourner… En fait je me retrouvais dans la même position qu’à mes débuts, mais cette fois-ci, je n’étais plus mon propre maître, j’étais tributaire une fois de plus des grands producteurs."

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La conséquence de défaut budgétaire est que le film est assez peu complet et ne fait que survoler certains personnages. On a donc du mal à s'y retrouver. Et malgré que le film dure plus de 3H30, on se rend bien compte qu'il aurait fallu 30 ou 40 minutes de plus pour retrouver l'oeuvre originale. On doit donc se compter de scènes de bravoures, comme la magnifique scène du bal entre une Audrey Hepburn plus belle que jamais et son jeune mari dans la vie, Mel Ferrer. D'autres scènes sont épiques comme la bataille de Borodino ou le passage de la Berezina. Mais on sent bien que Vidor a parfois du composer avec le budget et que parfois il essaye de s'en sortir le moins mal possible. Mais peut être devrions nous regarder du côté des scènes intimistes de cette oeuvre. Ainsi, la mort du prince André est particulièrement bouleversante. Mais dans toute la distribution, c'est bien évidemment Audrey Hepburn qui brûle littéralement l'écran et transfigure d'une incroyable fulgurance. Personne ne s'y trompera. Et lorsque le grand cinéaste russe Serge Bondartchouk revisitera l'oeuvre de Tolstoï, il fera de son héroïne, une seconde Audrey Hepburn.

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Ci-dessus : Henry Fonda et Audrey Hepburn

Cette fresque monumentale, peut donc s'appuyer sur un casting remarquable et sur une actrice au top de sa beauté et de son talent. On oublie alors quand même les raccourcis, les incohérences du scénario, pour se laisser porter par Audrey Hepburn et par finalement, une magnifique épopée. On retrouve en Bluray la version complète, et non celle amputée sortie en salle à l'époque. On dit que c'est la jalousie de Cecil B DeMille qui aurait oeuvré pour que "guerre et paix" ne fasse pas de l'ombre à ses "10 commandements" qui sortait en même temps. Il faudra attendre 1967, et la version de Serge Bondartchouk pour que le cinéma soviétique écrase cette version de "guerre et paix" et batte littéralement les Américains sur le terrain cinématographique, un peu comme les Russes ont battu Napoléon d'ailleurs, quand ce dernier est venu les envahir. Quoiqu'il en soit ne gâchons pas notre plaisir : On ne fait plus des films comme "guerre et paix", alors pourquoi s'en priver ?

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Ci-dessus : Audrey Hepburn

Film disponible en Bluray zone B ou DVD zone 2 (qualité d'image excellente assez souvent. Version vf à oublier)

La Bande-annonce :


Note : 8,5 / 10

24/08/2013

Vers sa destinée / The young Mr Lincoln - 1939

"Vers sa destinée" (1939) est le second film de Ford qui porte directement ou indirectement sur le président Abraham Lincoln. Comme sur "je n'ai pas tué Lincoln", les relations entre Ford et son producteur Darryl Zanuck seront orageuses. Ford devait reprocher à Zanuck des coupes de certaines scènes. On sait que Ford avait plutôt un caractère difficile. On peut donc aisément imaginer qu'il devait exister une tension entre lui et Zanuck sur ce tournage. Malgré tout, le film en lui même ne pâtit pas de ses relations conflictuelles. Et malgré tout le film conserve une structure remarquable. Ainsi, le but de Ford est de nous montrer un Lincoln jeune, où il est difficile de discerner le futur président, mais où les principales qualités sont déjà présentes dans le personnage.

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Ford s'évertue donc à nous montrer un Lincoln jeune et fermier. Les postures du personnage sont donc souvent étrange, lassive, comme pour mieux signifier au spectateur que cet homme n'a ni les habits d'un avocat, ni ceux d'un président. Le titre français "vers sa destinée" est d'ailleurs bien plus marquant que le titre américain. En effet, c'est bien la route vers son destin que l'on nous raconte ici. Qu'est ce qui fait qu'un homme devient cet homme ci et pas un autre. C'est ce à quoi veut répondre Ford à travers Lincoln. Ainsi, le premier drame de la vie de Lincoln, est peut être le premier déclencheur de sa carrière d'avocat. Ford nous montre donc cette transformation tout le long du film. Et le premier procès plaidé par Lincoln sera aussi le bon moment, pour ce dernier de montrer ses qualités d'orateur, d'abord devant une foule hostile, ensuite lors du procès lui même.

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Ci-dessus : Henry Fonda

La naissance et la transformation d'un être humain en icône populaire, est donc le thème principal du film. Et c'est assez fascinant, surtout qu'Henry Fonda donne une interprétation toute en nuances du personnage. Ainsi, on est assez étonné par le maquillage mis en place, qui fait de Fonda un Lincoln très crédible. Ce maquillage necessitait d'ailleurs 3 heures pour être en place. L'autre thème du film, est la communauté. Lincoln se retrouve donc en opposition avec cette communauté, dont il veut diriger l'opinion lors du procès. En ce sens, cela annonce les futures batailles politiques qu'il mènera plus tard. Enfin à cette communauté s'oppose la famille, qui appartient à cette communauté tout en s'y opposant. Ford termine son film en nous laissant alore, l'image droite et forte du Lincoln que nous connaissons tous. La transformation s'est achevée. L'avocat paysan peut devenir un politicien. La voie vers sa destinée est ouverte. La route est tracée. Le spectateur a compris quel était ce chemin.

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Ci-dessus : Henry Fonda

Finalement à travers Lincoln, Ford fait une éloge de la démocratie et de son système politique et judiciaire. Le procès devient lieu d'échange et de débats, en opposition avec le totalitarisme qui sévit en Allemagne à la même époque. Pour toutes ses raisons, pour l'interprétation magistrale d'Henry Fonda, et le génie de la réalisation de Ford, "vers sa destinée" est un chef-d'oeuvre du cinéma américain. On notera enfin que c'est le dernier film d'Alice Brady qui devait être malheureusement être emportée par un cancer la même année à l'âge de 47 ans.

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Film disponible en DVD Zone 2 chez Opening

 

Interview d'Henry Fonda qui explique ses craintes dans son interprétation après le visionnage des premiers tests :

 

Extrait :

 

Note : 8,5 / 10

21/06/2013

La fille du bois maudit / The Trail of the Lonesome pine - 1936

"La fille du bois maudit" est le le premier film en couleur de la Paramount. C'était donc un peu un évènement pour l'époque que la sortie d'un film en couleur. Ici le procédé utilisé est un Technicolor Trichrome. La RKo avait déjà sorti l'année précédente "Becky Sharp" en utilisant également ce procédé. Mais pour 1936 la couleur était encore exceptionnelle et réservé aux plus grans films. Ainsi, le cinéphile français se souvient que l'utilisation de la couleur sera utilisée dens quelques productions à gros budgets des années 30, comme "Autant en Emporte le vent" (1939) ou encore "les aventures de Robin des Bois" (1938). Ce qui marque le plus dans "la fille du bois maudit" c'est donc bien la couleur et l'esthétique de l'ensemble de l'oeuvre. Comme le noir & blanc a pu mettre en valeur des acteurs ou des oeuvres, ici la couleur magnifie autant les personnages que la nature et certaines scènes sont assez impressionnantes avec une couleur qui donne au film un aspect étrange et presque surnaturel aux acteurs et à la forêt. C'est donc bien l'esthétique de l'oeuvre qui fascine aujourd'hui : Forêts de pins, et acteurs sont magnifiés.

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Malheureusement la réalisation de Hathaway et la superbe photographie de W. Howard Greene, Robert C. Bruce ne sont pas réellement mis en valeur dans un scénario qui traine en longueur et qui si il réserve des rebondissements, au final ne passionne guère. Mais en plus d'un casting alléchant, qui comprend Henry Fonda, Fred MacMurray et Sylvia Sidney, le film a pour lui de dénoncer la barbarie à visage uniquement humain, tout en tentant de magnifier un amour de la terre et de la nature qui nous ramènent à une poésie originelle, poésie d'un homme vivant en symbiose avec la nature, libéré de la civilisation et mourrant au soleil couchant le coeur heureux, sous l'arbre témoin, de ses rêves d'enfant, de ses espoirs d'adolescent, et de ses réalisations et de ses passions d'adulte. "La fille du bois maudit" est donc une oeuvre qui est différente des productions hollywoodiennes de l'époque, autant par son esthétique, que par un sujet finalement peu abordé.

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Ci-dessus : Sylvia Sidney

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Ci-dessus : Fred MacMurray et Sylvia Sidney

Disponible chez Universal sur le site de l'éditeur ou magasins spécialisés

Note : 6,5 / 10

19/06/2013

12 hommes en colère / Twelve angry men - 1957

"Douze hommes en colère" est une adaptation d'un pièce de Reginald Rose déjà portée à l'écran, par Franklin Schaffner pour la série Studio One en 1954. Le réalisateur Sidney Lumet a quant à lui, déjà une longue carrière de réalisateur de télévision à son actif quand il commence à tourner.  Le film a pour sujet la délibération d'un jury de cour d'assise qui doit décider si un jeune homme à tuer son père ou si il est innocent. Au delà du verdict, le scénario explore notre propre Humanité, mais aussi la paradoxale impossibilité d'établir parfois des faits avec certitude. La conséquence est que parfois la justice des Hommes n'est pas parfaite, et que donc la peine de mort ne devrait pas exister. Tous ces thèmes concourent à faire du film un chef-d'oeuvre absolu.

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Ainsi, le huis-clos est parfaitement construit, accentué par la règle classique des trois unités   (unité de temps : unité de lieu, et unité d'action), mais aussi par la chaleur qui augmente encore la pression. L'orage libérateur intervient d'ailleurs à la conclusion du film. Tout ceci donne un film parfais mais il en ressort malgré tout une certaine théâtralité qui nuit quelque peu à l'action. Lumet, aurait pu peut être montrer les différentes hypothèses en faisant sortir le spectateur de la pièce. Mais ce n'était pas son but. Ici le réalisaeur nous invite à réfléchir sur la destinée d'un jeune homme accusé de meurtre. Il ne peut donc y avoir ici que rencontre avec notre propre conscience et avec celle des autres jurés. Le spectateur devient donc un juré parmi d'autres. Et comme les autres jurés, il reste assis à attendre un dénouement qui ne peut venir que de ses hommes mais aussi de lui même. Pour toutes ces raisons, "12 hommes en colère" est un très bon film, constitutif d'une conscience civique et morale.

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Note : 9 / 10

15/05/2013

L'étrangleur de Boston / The Boston Strangler - 1968

"L'étrangleur de Boston" est un film de 1968, de Richard Fleischer. Les producteurs sont James Cresson et Robert Fryer. Ces derniers étaient d'accord pour que William Friedkin réalise le film, mais ce dernier était considéré à l'époque comme un jeune réalisateur, et Zanuck voulait quelqu'un avec plus d'expérience pour tourner ce film. Si William Friedkin devait plus tard réaliser "l'exorciste" (1973), il devait tout sa vie regretter de ne pas avoir pu réalisé "l'étrangleur de Boston". Mais qu'est ce que "l'étrangleur de Boston ?". C'est l'histoire d'une série de crimes sexuels qui ont eu lieu à Boston entre 1962 et 1964, commis par Albert Henry DeSalvo. C'est donc une histoire tirée de faits réels. Autant vous le dire, sans plus attendre, la réalisation de Fleischer est formidable. Le réalisateur utilise tout son talent et les dernières techniques de l'époque pour rendre le film réellement prenant. Ainsi, Fleischer se plaît pendant la première partie du film, à mettre en avant les images dans l'image. Cette technique utilisée très souvent aujourd'hui par des réalisateurs contemporains, comme Michel Hazanavicius au début de "OSS 117 : Rio ne répond plus", était très nouvelle en 1968 et avait été présentée pour la première fois en 1967 à l'exposition universelle de Montréal.

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Mais le génie de Fleischer n'est pas seulement de bénéficier d'un scénario en or massif, ou de découper l'écran en multiples images, c'est aussi de jouer constamment avec l'image et les nerfs du spectateur. Ainsi, la scène où on découvre le tueur devant sa télé, seul, puis la caméra avançant on découvre qu'il a une femme et deux enfants. On est surpris et quand sa fille vient se blottir contre lui, notre sang se glace d'effroi. Ensuite Fleischer, suggère souvent plus qu'il ne montre, préservant un peu le public. Néanmoins, si l'image ne montre bien souvent rien, elle laisse supposer l'horreur de la scène, par une position de la caméra intelligement placée, laissant voir par exemple un balais entre les jambes d'une victime, mais cachant finalement l'essentiel de l'horreur du crime. De plus les descriptions de la police, ne cache rien de l'horreur des forfaits du tueur en série. Pour ma part, j'ai beaucoup apprécié cette méthode intelligente de rapporter des crimes. On évite ainsi les litres de sang que l'on voit dans de nombreux films actuels, pourtant souvent de qualité comme "From Hell" (2001) avec Johnny Depp. Puis enfin, dans la dernière partie, Fleischer joue avec le cerveau du tueur et celui du spectateur, en multipliant les flashes et images instantanées. En ce sens, Fleischer nous montre qu'il a totalement compris le fonctionnement du cerveau humain, immense boîte de fiches, qui apparaissent par des flashes successifs, mais de manière totalement désordonnée dans le cas d'un psychopathe

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Fleischer n'hésite pas à nous montrer aussi, la faune underground des années 60 et le rapport de la société de la fin des années 60 avec l'homosexualité est assez troublant et pose question sur le chemin que prend notre société actuelle. En effet, le film montre les homosexuels comme des désaxés. Mais sur ce dernier point, chacun se fera sa propre opinion. Enfin, Fleischer montre les techniques les plus improbables de drague, et des perversions interdites au cinéma 10 ans plus tôt , mais qui apparaissent ici au grand jour. Le casting est excellent est comprend Tony Curtis, Henry Fonda, et George Kennedy. Dans les personnages ayant une courte scène ou faisant une apparition, on retrouve Hurd Hatfield que l'on a vu dans "le portrait de Dorian Gray" (1945), et Sally Kellerman.

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Ci-dessus : George Kennedy

Ce film qui nous amène aux limites de l'esprit humain, aux confins de la schizophrénie profonde, et finalement aux limites de notre Humanité, et qui aurait été impossible à tourner dix ans plus tôt, est une pièce incontournable qui annonce une autre époque du cinéma américain. Un film que l'on doit avoir vu, mais qui n'est pas à mettre entre toutes les mains et que l'on doit réserver à un public adulte ou adolescent averti, si je puis dire.

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Ci-dessus : Tony Curtis et Henry Fonda

Disponible en DVD et Bluray Zone 2 ou B

Note : 8,5 / 10

14/05/2013

Les gars du large / Spawn of the North - 1938

"Les gars du large" est l'exemple de films de la grande époque des studios, qui aujourd'hui, ont tout de même un peu vieilli. Ainsi, même si le film bénéficie d'une distribution éclatante avec Henry Fonda, George Raft, Dorothy Lamour, Akim Tamiroff, Louise Platt, mais aussi John Barrymore, d'un réalisateur chevronné comme Henry Hathaway et de Dimitri Tiomkin à la partition, le film ne m'a jamais passionné. En effet, le scénario est loin d'être excitant et raconte la lutte entre les pêcheurs américains en Alaska, contre les pêcheurs russes qui viennent prendre du poisson dans les eaux américaines. Tout commence d'ailleurs par l'explication de pourquoi les saumons reviennent dans les rivières d'Alaska, pour la ponte, d'où le titre "Spawn of the North", que l'on peut traduire par "ponte dans le Nord". Rien de bien excitant ... Les vingt premières minutes sont assez barbantes et on voit George Raft jouer avec une otarie, un peu comme Gregory Peck quelques années plus tard dans "le monde lui appartient" (1952). A croire qu'il faut une otarie dans tous les films américains qui parlent des pêcheurs à la fin du 19ème siècle en Alaska.

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Enfin, après vingt minutes qui nous donnent envie de nous mutiner, ou de jeter tout le monde par dessus bord, le film prend un peu son envol avec la discussion sur les coutumes indiennes que l'on rapproche du christianisme. On voit alors ici tout le travail des scénaristes et dialoguistes qui ont fait tout de même un gros effort pour adapter l'histoire de Barrett Willoughby. Heino Timmerman était pêcheur en Alaska et ami d'Hathaway, il devait donc aider ce dernier, sur ce film et sur plusieurs autres. Pour revenir à  l'histoire, elle va séparer et réunir les deux amis d'enfance : George Raft et Henry Fonda.

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Ci-dessus : George Raft et Henry Fonda

Le film est une production Paramount et a été racheté en 1958, comme 700 autres films de la Paramount, par Universal. En 1936, Carole Lombard était prévue pour jouer dans ce film, mais en 1938, malade elle devait laisser le rôle à Dorothy Lamour. Malheureusement, il est assez difficile de ne pas avoir d'indigestion devant ce menu cinématographique, dédié à la pêche aux saumons. Enfin, même si on a plaisir à retrouver un incroyable acteur comme John Barrymore. Toutes ces envolées lyriques sont coupées et réduites à rien par son assistant et retombent donc finalement à plat, un peu comme ce métrage finalement. L'ultime scène de Barrymore est heureusement là pour nous rappeler que nous avons vu une page de l'histoire non seulement de la pêche en Alaska, mais aussi de la grande histoire l'Alaska et des USA. Heureusement, que cette scène est présente sinon le spectateur ne s'en serait pas douté. Quoiqu'il en soit, le film devait obtenir un cartain succès et bénéficier d'une adaptation radiophonique, et recevoir un Oscar pour les meilleurs effets spéciaux pour Farciot Edouart. Comme quoi ...

 

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Ci-dessus : George Raft, Dorothy Lamour et Henry Fonda

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Disponible en zone 2 dans la collection "Universal" sur le site de l'éditeur ou chez Gibert Joseph.

Note : 5,5 / 10

08/05/2013

La Poursuite infernale / My Darling Clementine - 1946

Un petit tour par le western cette fois-ci, et donc j'évoquerai avec vous "la poursuite infernale" de John Ford ou dans son titre américain "my darling Clementine" tiré de la chanson éponyme qui ouvre le film. Comme vous le savez, Ford est le grand spécialiste du western américain. Le film a été produit par la Fox de Darryl F Zanuck en 1946. Il retrace un moment de l'histoire des frères Earp et en particulier de Wyatt Earp (joué par Henry Fonda) et se termine par le classique affrontement d'Ok Corral tourné de nombreuses fois au cinéma. On notera que Ford a beaucoup changé de la vie de la famille Earp, afin de faire une histoire à son goût et de développer le scénario pour le rendre plus intéressant. Ainsi, les Earp n'ont jamais été des cowboys transporteurs de bétails. Le personnage de Clementine Carter (joué par Cathy Downs) n'est pas un personnage historique. Doc Holliday (joué par Victor Mature) n'était pas un chirurgien mais un dentiste dans la réalité. Le film est donc inspiré de deux livres de Stuart Lac publiés en 1931 et 1946. Ford devait acheter les droits sur le second. La légende des frères Earp n'était pas réellement connue du grand public américain avant la publication de ces deux ouvrages que l'on considère aujourd'hui comme très romancés, et donc historiquement faible. Mais ces changements dans la grande histoire ne sont pas pour déplaire au spectateur car ils rendent encore une fois, le film plus lisible et plus dramatique.

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La distribution est étincelante, ainsi on retrouve comme déjà dit, Henry Fonda, Victor Mature, mais aussi, Tim Holt, John Ireland, ou encore War Bond, et surtout la magnifique Linda Darnell (inoubliable dans "Ambre"). On se rappelera que War Bond est un des acteurs de seconds rôles qui devait peut être tourner le plus à Hollywood. Enfin, il est amusant de noter que John Ireland apparaîtra également, dans la version de 1957, tournée par John Sturges.

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Ci-dessus : Linda Darnell

Pour le reste, Ford est égal à lui même et se sert des magnifiques paysages de Monument Valley et Kayenta pour rendre son film plus fort. Ainsi la poursuite de la diligence évoque autant "la chevauchée fantastique" (1939) que la scène de l'arrivée du colonel également par une digilence dans "le massacre de fort Apache" (1948). Mais la comparaison ne s'arrête pas et c'est aussi à "la prisonnière du désert" auquel on pense devant ces immensités qui occupent parfois les deux tiers de l'écran voir plus. Ainsi, l'arrivée des Earp à Ok Corral est montrée avec un ciel immense, une ville démeusurée, et des personnage minuscules, comme si la ville écrasait les personnages et comme si le ciel (le destin ?), et l'Ouest sauvage écrasaient également les personnages mais aussi la ville, elle même. La poésie de Ford atteint là son maximum, comme peut être jamais dans un autre de ses westerns. Enfin, la scène finale nous montre  Cathy Downs debout et de dos, disant au revoir à Wyatt Earp dans un style que les peintres romantiques allemands n'auraient pas renié. Ainsi, Ford utilise tout son immense talent pour réaliser ce western moderne, qui paraît hors du temps dans ses décors naturels. Car là c'est bien la nature l'autre star du film.

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Ci-dessus : Henry Fonda, Linda Darnell, et Victor Mature

Le film étonne aussi par le modernisme de son propos. Ainsi, on voit une Linda Darnell trompant son homme avec un autre, tout en continuant à aimer le premier. Le seul reproche que l'on pourrait faire à Ford serait d'avoir changé la grande histoire de l'Ouest. Mais ce serait lui faire un faux procès et vouloir en faire un aux trois mousquetaires de Dumas. Je reprendrai donc cette citation de Dumas tirée du même ouvrage et qui correspond totalement à ce film : "On peut violer l'Histoire, pourvu qu'on lui fasse de beaux enfants." Et force de constater, qu'ici c'est bien le cas, Ford réussissant à distraire le spectateur tout autant qu'à mener de front une dramatique chronique de l'Ouest, étrangement moderne pour l'époque.

 

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Ci-dessus : Cathy Downs et Henry Fonda.


La bande annonce :


Note : 9 / 10

26/03/2013

Le retour de Frank James / The Return of Frank James - 1940

Suite du "brigand bien aimé" (1939), "le retour de Frank James" (1940) est un film de Fritz Lang. C'est un western très intéressant, car c'est le premier western de Lang mais aussi le premier film de l'admirable Gene Tierney et donc également un western en couleur, très peu courant en 1940. Je vais une fois n'est pas coutume laisser la parole à Patrick Brion et Bertrand Tavernier à travers  2 superbes présentations videos. Je ferai néanmoins un bémol par rapport à la très intéressante présentation de Mr Tavernier. Pour ma part, je crois que c'est faire un faux procès concernant le traitement des personnages de couleurs du film que de dire que le film est méprisant ou que Lang a voulu être méprisant à l'égard des noirs. En effet, après la guerre de sécession je ne pense pas que les rapports entre blancs et noirs devaient être différents de ceux mentionnés dans le film. C'est donc pour moi un souci de réalité du scénariste et de Lang. Il en va de même avec le personnage d'Henry Hull qui fait un journaliste avocat extrémiste, comme il devait en exister à la frontière de l'Ouest. Je pense que c'est un peu une erreur de vouloir juger ce cinéma et surtout l'après guerre de sécession retrospectivement avec un regard de notre époque.

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Le film bénéficie si on peut dire d'un scénario de Sam Hellman qui n'arrive que rarement à ménager du suspens ou des temps forts et des rebondissements. C'est ce qui fait le plus de mal au film. Pour le reste, la jeune Gene Tierney est parfaite en journaliste innocente dont la beauté crève déjà l'écran. Je finirai sur une anecdote assez intéressante. En effet, Gene Tierney trouvera sa voix trop fluette en voyant son premier film, et se mettra donc à fumer après ce film.

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Ci-dessus : Henry Earl et Henry Fonda

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Ci-dessus : Gene Tierney dans "le retour de Frank James"

Disponible en DVD zone 2 chez Sidonis

Présentation de Patrick Brion :

 

 

Présentation de Bertrand Tavernier :

 

 

Disponible dans certainss magasins Cora à 6,99 € (16,90 € sur Amazon)

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Note : 6,5 / 10

19/11/2012

Une certaine femme / That certain woman - 1937

"Une certaine femme" est un mélodrame de 1937 d'Edmund Goulding avec pour acteurs principaux : Bette Davis, Ian Hunter et le jeune Henry Fonda. Ian Hunter est connu aujourd'hui pour son rôle de Richard Coeur de Lion dans "les Aventures de Robin des Bois" (1938), ou encore pour son rôle dans Dr. Jekyll and Mr. Hyde (1941) avec Spencer Tracy. Pour Bette Davis, le scénario est parfait. En effet, Bette Davis reste la reine incontestée du mélodrame hollywoodien (genre quasiment disparu aujourd'hui). "Une certaine femme" raconte l'histoire d'une veuve de gangster, abandonnée par son nouveau mari, mais protégée par son richissime patron (célèbre avocat).

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Alors oui, c'est vrai dans "Une certaine femme" on a parfois l'impression d'être devant un épisode de "plus belle la vie". Mais ce film est très intéressant à plus d'un titre. Tout d'abord même si ce film constitue un film de studio, c'est un peu du cinéma d'auteur. En effet, Edmund Goulding a écrit le scénario et réalisé le métrage. Quand on sait la difficulté d'avoir un script propre, et les multiples réécritures que subissent certains scénarios, c'est quelque chose de notable. Alors bien sûr, même si "une certaine femme" est un remake d'un film de 1929 avec Gloria Swanson, ("The Trespasser"), il n'en reste pas moins que c'est une bonne initiative. De plus, le film bénéficie d'acteurs extraordinaires. On a déjà parlé de Ian Hunter. Mais que dire de Bette Davis ou d'Henry Fonda. Bette Davis allait d'ailleurs se faire une spécialité à tourner des drames ou des mélodrames pour la Warner. On la retrouvera d'ailleurs plus tard dans des films plus aboutis comme "Dark Victory" (1939) où elle est extraordinaire dans sa lutte désespérée face à la mort, ou plus tard, dans un genre qui atteindra son paroxysme dans les années 40 avec des films comme "Now Voyager" ou "Mr. Skeffington". Henry Fonda est aussi très bien dans son rôle de jeune homme de bonne famille, dominé par son père et incapable de prendre ses responsabilités. Enfin Donald Crisp est très crédible dans son rôle de père intolérant qui considère la femme de son fils comme une aventurière avide d'argent. On verra d'ailleurs Donald Crisp très souvent dans des rôles de père, que ce soit ici ou dans "la charge de la brigade légère". Mais c'est bien dans "qu'elle était verte ma vallée" qu'il obtiendra enfin une reconnaissance du milieu et donc un Oscar pour son inoubliable interprétation d'un père ouvrier luttant pour sauvegarder sa famille.

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Ci-dessus Henry Fonda et Bette Davis :

 

Si on ajoute à tout ça, une belle musique originale (qui aurait mérité à être mise plus en avant), on se retrouve devant un film très correct et classique qui si il n'atteint pas les sommets du genre, arrive facilement à émouvoir (surtout à la fin) et à distraire. On notera enfin qu'Henry Fonda et Bette Davis se retrouveront l'année suivante, sur le tournage de "Jezebel".

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Film disponible en Zone 2 dans la collection "Trésors Warner"


NOTE : 6 / 10

29/09/2012

Le massacre de fort Apache - 1948

Le massacre de fort Apache est le premier film de John Ford sur la cavalerie américaine et les guerres indiennes. Il fait parti d'une trilogie qui sera continuée avec Rio Grande et qui se finira avec la Charge héroïque. Dans le cas du "Massacre de Fort Apache" tout est dit dans le titre. En effet, toutes les intrigues qui se dérouleront seront petit à petit éliminées une à une, par la principale intrigue qui n'apparaît au début qu'en toile de fond, c'est à dire les guerres indiennes. La dernière intrigue à disparaître sera l'opposition entre le colonel (Henry Fonda) et le Capitaine York (John Wayne) avec les conséquences que l'on peut aisément imaginer dans une guerre contre les indiens.

 

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La distribution est éclatante et réunit donc John Wayne, Henry Fonda, Shirley Temple, John Agar, War Bond et Victore McLaglen.

 

Ci-dessous : John Wayne, Henry Fonda, Shirley Temple et John Agar

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Rien est laissé au hasard dans ce film et John Ford fait autant merveille dans les scènes intimistes que dans les scènes d'action. Les indiens sont présentés comme fiers et braves, et le colonel en charge du régiment comme fier, hautain et brave, et peu enclin à vouloir négocier. Je ne crois pas donc que le film soit une dénonciation de l'armée, de la guerre etc comme certains ont voulu le voir. Pour ma part, je pense qu'on est plus devant un Western qui explique la raison de ces conflits.

 

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La fin du film évoque enfin un thème cher à John Ford : la légende. En effet la mémoire du colonel responsable du massacre est célébré par son capitaine avec lequel il était en opposition et on apprend qu'il a été promu général à titre posthume. Cela annonce les thèmes de la construction d'une légende qui seront abordés plus longuement dans l'Homme qui tua Liberty Valance.

 

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A noter que la musique de Richard Hageman soutient parfaitement l'action.

 

La bande-annonce :

 

Note : 8 / 10