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23/06/2013

Une femme à la recherche de son destin / Now Voyager - 1942

"Une femme à la recherche de son destin" est l'histoire d'une renaissance d'une vieille fille (Bette Davis) sous l'emprise d'une mère tyranique (Gladys Cooper) qui a fait finalement d'elle, un pantin aux comportements déviants. Les symptomes dévitements et maniaco-dépressifs du personnage de Bette Davis, feront intervenir un psychiatre bienveillant en la personne de Claude Rains. Le vilain petit canard arrivera t'il à se transformer en cygne majestueux ? Tel est le sujet de "Now Voyager". Et franchement si le sujet semble vu et revu, il n'en reste pas moins terriblement attachant. Car y a t'il quelque chose de plus important, que la réalisation de soi ? Le film est inspiré d'un pièce de Casey Robinson qui s'était lui même inspiré d'une nouvelle de Olive Higgins Prouty. Ce dernier avait emprûnté son titre à un poème de Walt Whitman : "The Untold Want". Le poème de Whitman devait d'ailleurs être cité dans le film.

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Enfin, le glamour hollywoodien joue à pleins que ce soit par la magnifique musique d'un Max Steiner très inspiré pour l'occasion (Oscar de la meilleure musique en 1943), ou par la réalisation d' Irving Rapper dont certaines scènes du film sont restées inscrites au Panthéon d'Hollywood comme peut être les plus glamour de l'histoire du cinéma américain. Et il est bien difficile de resister à cette oeuvre, irriguée par une émotion à fleur de peau. Le film est une production d'Hal B Wallis qui pris d'importantes décisions sur ce projet en particulier sur le casting. Pour ce dernier, on pensa d'abord à Irene Dunne, Norma Shearer, et Ginger Rogers. Mais quand Bette Davis eut vent du projet, elle fit tout pour obtenir le rôle titre. On devait apprendre plus tard que Claude Rains était la star préférée de Bette Davis. Elle devait d'ailleurs partager la vedette avec lui sur plusieurs grosses productions de la Warner de la même époque :  "Juarez" (1939), "Mr. Skeffington" (1944), et "Deception" (1946). Irving Rapper avait débuté la réalisation de son premier film, l'année précédente. Il devait tourner en tout 4 films avec Bette Davis : "Now, Voyager, une femme à la recherche de son destin" (1942), "the Corn Is Green" (1945), "Deception" (1946), et "Another Man's Poison" (1952).

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Ci-dessus : Claude Rains et Bette Davis

Le film fut tourné au studio 18 de la Warner, mais aussi en Californie et les scènes censées se derouler en Europe furent remplacées par des scènes au Brésil car l'Europe était en partie occupée par les nazis. Le choix du réalisateur convenait à Bette Davis, car cette dernière avait déjà travaillé avec Rapper quand celui-ci était directeur des dialogues. Mais ce choix devait être difficile à assumer pour Rapper, ce dernier se retrouvant rapidement sous la coupe de Bette Davis. Il n'en reste pas moins que le film est un chef-d'oeuvre absolu du mélodrame hollywoodien. Ainsi, la scène finale où Paul Henreid allume deux cigarettes et où il demande à sa partenaire, "pourquoi demandez la lune alors qu'on peut avoir les étoiles", est encore pleine d'une émotion incroyable 70 ans après, qui fait de ce film un incomparable chef-d'oeuvre de la filmographie de Bette Davis au même titre que d'autres oeuvres peut être plus connues.

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Ci-dessus : Paul Henreid et Bette Davis

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Ci-dessus : le réalisateur et les acteurs sur le plateau de "Now Voyager"

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Ci-dessus : Bette Davis et Paul Henreid pendant une pause

 

Bande-annonce :

 

Extrait du thème principal de Max Steiner :

 Disponible en DVD Zone 1 avec sous-titres français

Note : 9 / 10

08/06/2013

Kitty Foyle - 1940

"Kitty Foyle" est un film de Sam Wood produit par la RKO. C'est un mélodrame, très romantique avec Ginger Rogers en tête d'affiche, accompagné de Dennis Morgan et d'un James Craig un peu fade. On remarque dans les seconds rôles Gladys Cooper que l'on retrouvera par exemple avec Bette Davis en 1942 dans "une femme à la recherche de son destin" (Now Voyager), mais cette fois-ci à la Warner. Elle aura là aussi le rôle d'une mère.  D'ailleurs, en y réfléchissant bien ce "Kitty Foyle" aurait bien s'appeler "une femme à la recherche de son destin", car c'est bien de cela qu'il s'agit. On a l'histoire intime et sentimale d'une femme américaine des années 40, issue d'un milieu pauvre et qui était fasciné par la haute société dès son plus jeune âge. Mais là où d'autres deviendraient vénales, elle ne l'est pas. Sa fascination pour le luxe, s'arrête là. Et c'est bien l'amour qui guidera sa vie. Alors que peut on trouver d'intéressant à ce "Kitty Foyle" qui n'a pas été déjà dit ailleurs et mieux. Tout d'abord le film commence par une petite scène en muet pour montrer l'émancipation des femmes au début du vingtième siècle, la femme devenant l'égale de l'homme et devant alors travailler.

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Le scénariste Dalton Trumbo pourtant homme de gauche, probablement dirigé par Woods  nous évite ici les dialogues marxistes sur la lutte des classes, particulièrement pénible dans "la fille de la 5ème avenue" sorti un an plus tôt. La grande crise de 1929 est ainsi évoquée, mais elle ne sert qu'à montrer la lutte d'une jeune femme pour s'en sortir par elle même. Et on s'attache à cette Kitty Foyle, et à son histoire. Et si elle connaît deux hommes, on se demande bien lequel des deux, elle va choisir. Tout cela nous est montré à coups de flashbacks successifs pas particulièrement modernes, mai pas non plus particulièrement désagréables. Puis le vertige nous tient quand elle imagine son enfant à 65 ans en l'an 2000. Mais ce qu'il faut noter c'est bien l'extraordinaire performance d'actrice de Ginger Rogers, en particulier dans la scène de l'hopital où elle apprend une triste nouvelle. Son visage passe ainsi de la joie, à la tristesse imperceptiblement. Mais bien évidemment ce qui fait le charme encore aujourd'hui de "Kitty Foyle" c'est le fabuleux glamour des scènes romantiques lors du bal, qui sont peut être les plus belles de l'histoire du cinéma et qui font de ces pauvres mortels filmés par une caméra des étoiles immortelles du septième art. Enfin le suspens sera ménagé jusqu'au bout et c'est seulement à l'ultime fin du film que l'on saura quel homme notre héroïne choisie. "Kitty Foyle" est donc au final un bien beau film qui a un peu vieilli par certains aspects, mais dont le romantisme et le glamour sont particulièrement savoureux.

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Ci-dessus : Ginger Rogers dans "Kitty Foyle"

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Ci-dessus : Dennis Morgan et Ginger Rogers

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Ci-dessus : Gladys Cooper, Ginger Rogers et Dennis Morgan

 

Disponible aux éditions Montparnasse dans un master très moyen, digne d'une bonne vidéo tout au plus. A quand une restauraation ???

 

Clip vidéo, extrait d'une des plus belles scènes du film :

 

Note : 8 / 10

22/12/2012

La Vallée du jugement / Valley of decision - 1945

"La vallée du jugement" est film avec Gregory Peck tourné en 1945 par la MGM. Le réalisateur Tay Garnett est derrière la caméra.  Le sujet décrit la vie d'une famille d'industriels de l'acier vers 1880 aux USA, avec leurs espoirs, leurs difficultés et les relations qu'ils entretiennent avec leurs ouvriers. Bien évidemment, on ne peut regarder ce film sans penser à "Quelle était verte ma vallée" tourné par John Ford 4 ans plus tôt pour la Twentieth Century Fox.  En plus de Gregory Peck on retrouve dans les rôles principaux Greer Garson et Donald Crisp. Et comme d'habitude Donald Crisp a le rôle du père de famille, mais contrairement à "Quelle était verte ma vallée", il a ici le rôle du patron détesté par une bonne partie des ouvriers. La distribution est aussi complétée par Marsha Hunt (Constance), Lionel Barrymore (l'ouvrier blessé en chaise roulante) et Preston Foster (délégué syndical). Preston Foster on l'a vu joué dans le film précédemment commenté, "Love before Breakfast".

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Le point fort du film, vous l'aurez compris, c'est donc bien sa distribution. On a des acteurs et actrices de grands talents que ce soit pour les premiers comme pour les seconds rôles. Peck est convaincant en jeune héritier de l'industrie de l'acier, comme Greer Garson en amoureuse transie. Mais ce sont bien les seconds rôles qui retiennent l'attention. Crisp je l'ai déjà dit maîtrise parfaitement son rôle. Mais surtout Lionel Barrymore est excellent et crève l'écran en ouvrier handicapé aigri et détestant à mort le patron. Enfin, Preston Foster fait penser par moment à George Marchais dans son rôle de délégué syndical. Quand on sait qu'il interprêtait un dirigeant d'une grande entreprise dans "Love before Breakfast", on mesure l'étendue du talent de tous ces acteurs.  On retiendra également dans cette distribution, le premier rôle de Dean Stockwell, ici enfant, que les amateurs de séries auront plus tard l'habitude de voir jouer dans "Code Quantum".

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Ci-dessus : Donald Crisp et Gregory Peck

Non ce qui plombe un peu le film, c'est finalement la comparaison avec son prédecesseur, "Quelle était verte ma vallée". En effet, la force d'un film est d'arriver à nouer une intrigue intéressante pour arriver à maintenir l'attention du spectateur du début à la fin du métrage. Ici, le film y arrive que partiellement ou à de rares moments. On a du mal à se passionner pour cette famille très riche et qui pour la plupart de ses membres ne s'intéresse que peu à son industrie. Le film arrivera à nouer une intrigue avec la romance entre Marie (Greer Garson) fille d'ouvrier et Gregory Peck (le fils du patron). Puis il y aura la grève, qui donnera son lot d'actions et de rebondissements. Mais finalement les passages les plus intéressants sont traités trop rapidement, et autant la vie simple des ouvriers attirait l'attention dans "Quelle était verte ma vallée", autant ici la vie très lisse d'une riche famille sans énormément d'ambitions ne passionne guère. Enfin la réalisation très académique de Tay Garnett n'attire pas l'oeil comme celle de John Ford c'est si bien le faire. Ainsi les luttes sociales finies, la conclusion du film se bornera à trouver une solution à la conservation à tout prix du patrimoine industriel, ou pour faire simple du capital. Pour y arriver il faudra aussi la part de Marie (la fille d'ouvrier) et la bonne volonté de Constance (la jeune mariée pas trop avide). Voilà toute la morale du film. On pourra donc trouver la leçon comme de peu d'importance et attendre une sortie Bluray du chef-d'oeuvre de John Ford : "Quelle était verte ma vallée" pour espérer un meilleur spectacle.

 

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Extrait :

 

Disponible en Zone 2 dans les Trésors Warner sur le site de l'éditeur.

 

NOTE : 6 / 10