Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/05/2015

Tendre Poulet - 1972

Si il y a bien un réalisateur français, à redécouvrir, c'est peut être Philippe De Broca. La cinémathèque française et les éditeurs l'ont bien compris et nous font ainsi parcourir son oeuvre, dans diverses rediffusions ou sorties Bluray. Le public français a donc la chance de redécouvrir dans de très bonnes conditions une partie de l'oeuvre de Philippe De Broca, que soit à travers "tendre poulet" (1972), "on a volé la cuisse de Jupiter", "le cavaleur", "le bossu" (1997) tous édités chez TF1 vidéo, ou encore dans ce coffret édité chez Gaumont qui comprend plusieurs de ses oeuvres de jeunesse. Philippe De Broca, c'est peut être avant tout chose, le réalisateur qui a magnifié à l'écran la liberté. Cette liberté qui ne satisfait pas des apparences ou de ce que peut offrir la société. Ainsi déjà dans "Cartouche" avec Jean-Paul Belmondo, il décrit cette société underground, mais tellement libre, qu'elle en devient fascinante. Ici aussi dans "Tendre Poulet", la liberté est célébrée. Liberté sexuelle d'abord, où Catherine Alric vend son corps à une partie de l'assemblée nationale, dans le plus pur bonheur, et en totale ingénue. Liberté aussi, des rapports humains, où la rencontre entre Girardot et Noiret, ne s'encombre d'aucun formalisme. Ensuite De Broca, nous montre aussi des personnages à l'esprit libre. Girardot commissaire, est pourtant libre de ses mouvements, libres de démissionner, ce qu'elle fait d'ailleurs. Même la solitude de Noiret, semble choisie. Après tout, on est libre d'enseigner le grec ancien, plutôt que d'aimer une femme ! Par conséquent pour Broca, ce sont les personnages les plus obscurs et les moins libres qui se révèlent les plus dangereux. Dans "Cartouche" (1962), c'est bien le personnage de  Malichot, effacé et craintif qui sera le plus dangereux. Dans "tendre poulet" il en est un peu de même. On ne peut terminer cet article sans citer la superbe musique de Georges Delerue. Les films de Philippe De Broca, ont donc une saveur particulière, peut être parce que son oeuvre célèbre aussi, cette France d'hier, cette France active et libérée des idéologies mortifères, où il faisait tellement bon vivre et aimer, et où chacun savait finalement, qu'elle était sa place. En 2015, ce cinéaste pressé, qui ne tournait souvent qu'avec une seule prise, semble essentiel à notre mémoire cinématographique collective.

url.jpg

tendre-poulet-1977-02-g.jpg

121.jpg

tendre-poulet-1977-03-g.jpg

tendre-poulet-1977-01-g.jpg

Ci-dessus : Annie Girardot & Philippe Noiret

tendre_poulet_portrait_w858.jpg

Ci-dessus : Catherine Alric & Guy Anthony

Extrait de la musique de Georges Delerue :

 Disponible en DVD & Bluray Zone 2

Note : 7 / 10

15/11/2014

La révolution française - 1989

Il y a des films bénis par la grâce des Dieux et malheureusement oubliés des cinéphiles. Ce blog est là pour les tirer de l'oubli. "La révolution française" immense fresque révolutionnaire est un de ceux là. Cette oeuvre est composé de deux films distincts et divisent la révolution française : "les années lumières" avant la prise de la bastille et jusqu'à la prise des Tuileries par le peuple, et "les années terribles" qui commence avec l'arrivée du roi à la prison du Temple et qui finit après la mort de Robespierre. De cette colossale oeuvre tournée par deux réalisateurs : Robert Enrico pour la première partie, et par Richard T. Heffron, pour la deuxième partie. La distribution est réellement éclatante et internationales. On peut citer, Klaus Maria Brandauer qui est un formidable Danton, mais aussi François Cluzet, superbe en Camille Desmoulins et qui a là sans doute un de ses plus grands rôles. Mais que dire du talent consommé d'un Jean-François Balmer en Louis XVI, de Jane Seymour en Marie-Antoinette, ou d'un exceptionnel Andrzej Seweryn en Robespierre. Ce dernier avait d'ailleurs déjà, interprété Robespierre dans le film "Danton" (1983) avec Gérard Depardieu. Cette distribution des rôles principaux est complétée par bien d'autres : Peter Ustinov, Sam Neil, Claudia Cardinale, ou encore Jean-François Stévenin.

Revolution_francaise_affiche1.jpg

Derrière ce casting exceptionnel, les réalisateurs et les scénaristes nous font revisiter des pages terribles de notre histoire, faites d'espérance, de fureur, et de sang. Tout est récréé, que ce soit, les costumes, décors etc. Ainsi, la prise de la Bastille est très bien rendue. On se retrouve, réellement sur le champ de bataille de ce 14 juillet 1789.  Tout cela est rehaussé par la musique d'un Georges Delerue très inspiré. Ainsi, il nous donne un hymne à la liberté, qui devient une sorte de Marseillaise du film, chantée dans le titre final de la première partie par la soprano, Jessye Norman. Les plus exigeants reprocheront peut être une réalisation un brin conventionnel. Pour ma part j'ai une histoire avec ce film, car en 1989, j'avais 16 ans, et je me souviens que les cours d'histoire se transformait souvent cette année là, en visionnage de film sur la révolution. Et voir ces films avaient été une grande expérience d'adolescent. Peut être n'aurais je pas autant aimé l'histoire de mon pays, si je ne les avais pas vu. "La révolution française" reste donc pour moi un film essentiel, qui nous montre d'où nous venons et qui fait des citoyens responsables et éduqués. Il devrait être passé et repassé dans toutes les classes d'histoire, si l'histoire de France est encore enseignée ! A l'heure, de la sortie des jeux vidéos, comme Assassin's Creed, qui popularise la révolution française, à coups d'approximations, la jeunesse devrait voir ce film, qui lui parle du passé d'un vieux pays qui ne veut pas mourir, qu'on appelle la France. Alors pourquoi ce film n'a t'il jamais bénéficié d'une vraie restauration pour une sortie Bluray et que l'on doit se contenter d'une "petite" édition DVD, sortie le 11 juin 2009, mystère. Je n'ai pas de réponse, concernant l'oubli d'un film majeur du cinéma français et de notre histoire nationale. Un film tout simplement incontournable.

d71ec192-6312-4ca9-b00a-f20b40acb7e0.JPG

Ci-dessus : Claudia Cardinale & Jane Seymour

1.JPG

revolution-francaise-1989-06-g.jpg

revolution-francaise-1989-08-g.jpg

Ci-dessus : Klaus Maria Brandauer (Danton)

revolution-francaise-1989-09-g.jpg

Ci-dessus : Jean-François Balmer (Louis XVI à droite) & Sam Neil (Marquis de Lafayette à gauche)

revolution-francaise-1989-15-g.jpg

Ci-dessus : Jane Seymour (Marie-Antoinette)

 

Extraits de la superbe musique de Georges Delerue :

 

 Disponible en DVD zone 2, Version Française

Note : 9 / 10

27/11/2013

Des pissenlits par la racine - 1964

"Des pissenlits par la racine" est la première collaboration entre Mireille Darc et Georges Lautner. Cette collaboration débouchera sur 13 films, dont "des pissenlits par la racine". Ce film a été tourné par Lautner après "les tontons flingueurs" (1963). Il bénéficie d'un budget moindre par rapport aux "tontons", mais il regroupe tout de même de grands noms du cinéma français de l'époque :  Mireille Darc, Maurice Biraud, Francis Blanche, Michel Serrault, Louis de Funes, et Darry Cowl, Il faut tout de suite, dire un mot sur l'affiche ci-dessous, qui met en avant De Funes, alors que celui-ci a un rôle tout à fait mineur dans le film. Le film commence par quelques vues sur le Paris de 1964. On peut d'ailleurs se demander si en 50 ans, Paris a beaucoup changé. Mais c'est une autre histoire. Puis, l'intrigue commence dans un café, et met en avant un Maurice Biraud (petit truand récemment sorti de prison). Et c'est dans ce café, que l'intrigue va commencer à se mettre en place, et où Lautner et Audiard posent les personnages.

18429259.jpg

Ici, comme souvent chez Audiard et Lautner, il nous est décrit le Paris  des petits truands et des escrocs. Et l'intérêt, comme dans "les tontons flingueurs" est de nous montrer les rapports entre le milieu et l'honnête homme, joué par un Michel Serrault, pas si innocent que ça, finalement. D'un sujet au départ sérieux, Lautner et Audiard, nous élèvent vers des sommets de comédie rarement atteints. Rivalité amoureuse, situations improbables, voir impossibles, font de ce film, un classique de la comédie policière française. Les connaisseurs remarqueront que Louis De Funes reprendra un rôle un peu similaire dans "Jo" (1971), cette fois-ci sous la direction de Jean Girault, et qu'Yves Robert développera le thème de la vamp ou de la femme fatale, dans "le grand blond avec une chaussure noire" (1972). Un petit mot sur la partition musicale de Gerorges Delerue, qui nous gratifie d'une sorte de petit concerto. Je n'aurai donc pour ma part, aucun mépris, pour des films comme celui-ci, qui reste comme un classique de la comédie française, des années 60.

Pissenlits3.JPG

Ci-dessus : Maurice Biraud, Mireille Darc, Louis de Funes

Pissenlits1.JPG

Ci-dessus : Maurice Biraud, et Mireille Darc

Pissenlits2.JPG

Ci-dessus : Mireille Darc et Maurice Biraud

des-pissenlits-par-la-racine-09-g.jpg

Ci-dessus : Michel Serrault et Mireille Darc

 

Extrait :

 

Intermède musical dans le film :

Note : 7,5 / 10

18/04/2013

Souvenez vous de ... Georges Delerue !

Parce que le temps file sans s'arrêter, parce que notre jeunesse et notre beauté se fane, par ce que nous vivons, nous aimons, et que finalement nous aussi nous passerons, parce que restera enfoui, l'éternelle et divine attraction du premier siècle du cinéma mais que chaque jour il est comme l'aube nouvelle redécouvert par d'autres que nous, j'écris aujourd'hui pour  rappeler le souvenir de Georges Delerue, magnifique compositeur français, dont la musique a irrigué autant le cinéma français que le cinéma américain. Hollywood Classic lui rend un vibrant hommage !

Georges+Delerue++19251992.png