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14/12/2014

L'éventail de Lady Windermere / The Fan - 1949

"L'éventail de Lady Windermere" est une adaptation d'une pièce éponyme d'Oscar Wilde et un remake du film muet d'Ernst Lubitsch, datant de 1925. Le film en noir & blanc, est réalisé parfaitement par Otto Preminger. On peut noter un beau casting avec George Sanders, Jeanne Crain, Madeleine Carroll  et Richard Greene. La photographie de Joseph LaShelle est par moment magnifique. Joseph LaShelle était un des photographes préférés de Preminger avec lequel il travailla sur 6 films. Le film raconte donc la relation trouble entre Lord Windermere et une certaine Mme Erlynne qui essaye de rentrer de nouveau dans la haute société. Lady Margaret Windermere se rend alors compte que son mari dépense de fortes pour cette femme et pense que son mari le trompe. Qu'en est il vraiment ? Le film ne répond jamais formellement à la question, et peut être le fait qu'il n'y réponde jamais, ajoute au charme d'une oeuvre légère et distinguée. Alors que peut on reprocher à ce film ? Uniquement qu'il y a un peu trop de flashbacks qui n'apportent finalement rien à la narration, et qui au contraire la coupe. Malgré tout, on reste subjuguer par les dialogues, les costumes, le charme de l'époque victorienne, et surtout par le talent de Preminger qui nous donne à voir un film magnifique en seulement 76 minutes.

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Ci-dessus : Richard Greene & Madeleine Carroll

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Ci-dessus : Richard Greene,  Madeleine Carroll & Jeanne Crain

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Ci-dessus : George Sanders & Jeanne Crain

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Ci-dessus : Jeanne Crain & Madeleine Carroll

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Ci-dessus : George Sanders & Jeanne Crain

Film disponible en DVD zone 2 en VO sous-titrée dans la collection Hollywood Legends

Note : 8 / 10

09/11/2014

Le cygne noir / The black Swan - 1942

Contrairement à Mr Bertrand Tavernier, dans sa présentation, je ne pense pas que "le cygne noir", soit le début d'un genre qu'on appelle "le film de pirates". En effet, Hollywood s'était intéressé dès les années 20 aux films de pirates. Ainsi on peut noter une première version du fameux roman de Rafael Sabatini, "Captain Blood"  en 1924, dirigée par David Smith, mais aussi dès 1904, "The Pirates" par un réalisateur inconnu. Je peux également citer dans les films notables, "l'île au trésor" de Victor Fleming, ou encore la nouvelle version de "Capitaine Blood" (1935) de Michael Curtiz avec Errol Flynn et Olivia de Havilland, mais aussi "l'aigle des mers" (1940) avec le même Errol Flynn et cette fois-ci Brenda Marshall dans une réalisation toujours de Michael Curtiz. Ces deux derniers films étant des films Warner Bros, on peut supposer que le cygne noir est la réponse de la Twentieth Century Fox, aux succès colossaux de la Warner, dans ce genre. On peut tout de suite remarquer que Tyrone Power apporte moins de physique à son personnage qu'Errol Flynn, mais il le compense par une touche d'humour décalé. Tyrone Power partage la vedette Maureen O'Hara. On retrouve cette dernière bien plus tard, dans un film de pirates avec Errol Flynn, "Against all flags" ou dans son titre français "A l'abordage" (1952). Concernant la distribution, on peut noter que Tyrone Power et Maureen O'Hara sont bien entourés avec des seconds rôles de choix comme Thomas Mitchell, père de Scarlett dans "Autant en emporte le vent" (1939), Georges Sanders. On se rappelle de lui pour son interprétation, de lord débauché dans "le portrait de Dorian Gray" (1945), ou dans "l'aveu " de Douglas Sirk. Mais il est également dans plusieurs films d'Hitchcock, comme "Rebecca" ou "Correspondant 17". A cette distribution déjà prestigieuse, il faut ajouter, le capitaine Morgan, joué par Laird Cregar, et Anthony Quinn. Ce dernier était habitué aux seconds rôles en 1942. Ainsi, on le verra la même année en chef sioux, dans "la charge fantastique" de Raoul Walsh, défiant le général Custer, joué par Flynn.

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Pour en revenir au "cygne noir", on ne peut pas dire qu'il soit meilleur que ses prédéceseurs. Pourtant il a plusieurs qualités en plus de son casting de choix. Il est en couleur, et il réserve quelques surprises. Pourtant le film, ne peut se défaire d'une certaine naïveté des personnages qui nuit à l'ensemble. Ainsi, les personnages sont d'un bloc, sans passé, sans aspérité. Le traître de service, est un faible, sans qualité. On se demande bien pourquoi la belle Maureen O'Hara, a pu tomber amoureuse de lui. La psychologie des personnages est donc assez faible, et destine clairement le film à un public d'enfants ou de jeunes adolescents. La musique d'Alfred Newman, n'est pas ici très imaginative, et on regrette les grandes envolées lyriques d'un Korngold dans "Capitaine Blood" (1935), ou du même dans "l'aigle des mers". Le film est assez bien réalisé par Henry King. Mais on a connu ce dernier plus inspiré. Le Technicolor est plutôt sympathique. On regrettera donc un scénario quelque peu simpliste, des personnages trop peu crédibles, et finalement un manque de majesté du film, face à d'autres productions plus anciennes de la Warner Bros. L'avantage du "cygne noir" est que l'aspect décors de studio apparaît moins prononcé que dans par exemple "Capitaine Blood". Quoiqu'il en soit, ce serait stupide de se priver d'une belle édition Bluray française et d'un film plutôt bon, mais pas exceptionnel.

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Ci-dessus : Tyrone Power

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Ci-dessus : Thomas Mtichell

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Ci-dessus : Tyrone Power (de dos) & George Sanders

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Ci-dessus : Tyrone Power & Maureen O'Hara

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Ci-dessus : Tyrone Power

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Ci-dessus : Maureen O'Hara

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Ci-dessus : Tyrone Power & Maureen O'Hara

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Ci-dessus : Maureen O'Hara, Tyrone Power (ligoté), Anthony Quinn, & Georges Sanders

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Film disponible en DVD & Bluray chez nos amis de Sidonis & Calysta (en VF et VO sous-titrée)

Note : 6,5 / 10

27/12/2013

Chasse à l'homme / Manhunt - 1941

Après l'échec de "casier judiciaire" (1938), Lang semblait perdu pour le cinéma américain. Il partit donc vers l'Ouest filmer les indiens. De fil en aiguille, ses petits films furent progeter à Darryl F Zanuck qui décida de l'engager pour deux westerns : "le retour de Franck James" et "les pionniers de la Western Union". On peut toujours critiquer ces deux films, en doutant de l'apport d'un Allemand comme Lang à un thème typiquement américain. Néanmoins, ces films eurent pour conséquences de sortir Lang de son statut de paria du cinéma américain. Et donc en 1941, il tournait "chasse à l'homme", film cette fois-ci beaucoup plus personnel, car évoquant le nazisme. On sait que Lang était profondément anti-nazi et avait même fondé une association anti-nazie à son arrivée aux USA. Le film est également intéressant, car il nous permet de voir la première collaboration de Lang avec Joan Bennett. Cette dernière deviendra une des égéries de Lang et jouera ainsi dans 3 autres films noirs de Fritz Lang : "la femme au portrait" (1944), "la rue rouge" (1945) et "le secret derrière la porte" (1948). Mais on la verra aussi dans d'autres films, comme par exemple, le formidable film avec Paul Henreid, "le balafré" (1948). George Sanders est également présent dans "chasse à l'homme". Et on notera qu'il avait déjà été le partenaire de Joan Bennett l'année précédente dans "le fils de Monte-Cristo". Malheureusement, ce film est indisponible en France, mais disponible sur Youtube sans sous-titres. On se demande bien pourquoi les éditeurs ne sortent pas ce film. Si quelqu'un de Sidonis ou Wild Side passe par là et peut faire quelque chose. Il est le bienvenu.

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Pour revenir à "Chasse à l'homme", je ne vais pas vous raconter l'histoire, mais essayer de vous donner envie de le voir. Le film est tiré du roman "Manhunt", dont Dudley Nichols fera un scénario, qui sera remis à Lang. Le film évoque l'Allemagne nazi, mais aussi la possibilité d'un assassinat d'Hitler. Le but du film est de décider l'Amérique à rentrer dans le conflit. Lang évoque différents thèmes : espionnage, amour, mais aussi conscience et inconscient. Le chef du contre espionnage joué par George Sanders, va jouer malgré lui, le rôle du psychiatre. et Walter Pidgeon, le héros, va jouer le rôle du patient. Sanders arrivera à la fin du film à donner conscience à l'inconscient des actes de Pidgeon. Enfin, il faut ajouter que le personnage de  Joan Bennett est très sympathique. En effet, elle joue une fille facile du peuple, qui rencontre en Pidgeon l'homme parfait. Elle est très touchante, quand elle pleure, lui voulant dormir seulement sur le canapé de lui même. On a l'impression qu'elle est déçue que ce dernier ne se jette pas sur elle. Mais on se dit aussi, qu'elle pleure, parce que c'est aussi le premier homme qui dort chez elle, sans rien tenter. Et comme nous, elle est touchée par ce geste désintéressé. On reste surpris par le petit budget du film, et par seulement les 28 jours de tournage pour un tel résultat à l'écran.

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Ci-dessus : Joan Bennett et Walter Pidgeon

"Chasse à l'homme" est donc au bout du compte, un beau film noir et romantique. On en oublie que son sujet est celle d'un film de propagande. Le suspens fait parfois penser à Hitchcock. Et on se rappelle ainsi, d'autres films anti-nazis cette fois-ci d'Hitchcock, comme "Saboteur" (1942) ou "Correspondant 17" (1940), même si Lang en fera d'autres, comme "Les Bourreaux meurent aussi" (1943), "Espions sur la Tamise" (1944) et "Cape et Poignard" (1946).. Et en plus, on a la chance de retrouver Joan Bennett en anglaise des rues avec un accent très british mais aussi très populaire. Je ne peux donc que vous conseiller sur la magnifique édition sortie dernièrement par Sidonis, qui a une magnifique qualité d'image et de très nombreux bonus; dont un long entretien avec un spécialitste de Lang, Bernard Eisenschitz et Mr Patrick Brion.

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Ci-dessus : Joan Bennett et Walter Pidgeon

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Ci-dessus ; Walter Pidgeon et Roddy McDowall

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Disponible en Bluray et DVD zone 2 et B sous-titré en français dans un coffret magnifique, comprenant un livret explicatif.

Note : 8 / 10

26/12/2013

La Cinquième Victime / While the city sleeps - 1956

"La cinquième victime" est l'avant dernière oeuvre de Lang aux USA. C'est une de ses plus sombres. En effet, Lang n'a pas encore terminé "les contrebandiers de Moonfleet" quand on lui soumet le scénario de la cinquième victime. On sait que Lang sera peu satisfait de "Monfleet". En effet, il considérera que le film, lui a en parti échappé pour revenir dans les mains des producteurs, en particulier en ce qui concerne le montage final, où des scènes ont été supprimées et où une autre fin lui a été imposée. De plus l'oeuvre n' a pas obtenu le succès attendu. Lang semble en 1956,  un peu, à bout d'inspiration. Pourtant, il a encore des choses à dire dans "la cinquième victime". Mais ce qu'il dira, sera toujours teinté pour la plus grande partie de l'oeuvre, d'une profonde noirceure. Le film évoque deux intrigues principales : la direction d'une agence de presse, et le parcours d'un tueur psychopathe, obsédé par le meurtre de femmes. Lang va retravailler à fond le scénario de Casey Robinson, qui s'était lui même inspiré d'un roman, "the Bloody Spur". On sait que Lang aime la résonance et donc cette oeuvre fera échos au dernier film américain de Lang : "l'invraisemblable vérité" (1956), qui là aussi évoquera le milieu de la presse,

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Le csting est très bon avec Vincent Price en Président Directeur Général du groupe de presse, Thomas Mitchell en directeur des publications, et Georges Sanders en directeur de la communication, et Dana Andrews en journaliste d'investigation. Pour les vedettes féminines, on retrouve Ida Lupino en journaliste, Rhonda Fleming en femme du grand patron, et Sally Forrest. Pour Sally Forrest, on se rappelle surtout d'elle pour son interprétation sur scène d'une pièce qui deviendra un peu un film mythique de la comédie américaine. En effet, Sally interprétera 1141 fois, "Sept ans de Féflexion".

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Ci-dessus : Dana Andrews, Sally Forrest, et Thomas Mitchell

Toute l'oeuvre de Lang est donc tournée vers la noirceur. Noirceur des personnages dont la seule ambition est le pouvoir : ambition des directeurs vers la place qu'ils convoitent tout, et qui leur apportera succès et argent, ambition de pouvoir du tueur sur ses victimes. Ainsi, Lang donne ici une critique acerbe de la société américaine de 1956, comme si il savait que le ver est déjà dans le fruit. Ainsi, rien est obtenu normalement. Tous les rapports humains son pervertis. Le patron fait pression sur l'employé pour obtenir ce qu'il souhaite, et l'employé sur le policier. Enfin, tous les rapports humains sont faux. La femme du grand patron a une relation hors mariage avec l'un de ses directeurs, pour mieux le manipuler. Lang aborde ainsi le thème de la sexualité, sur un angle rarement abordé à Hollywood jusque là ou sinon avant que le fameux code de censure "Hays" n'ait été mis en place. La sexualité ne semble ici que perversité, adultère ou tromperie. Ainsi, le film de Lang sonne d'une étrange modernité, enveloppé qu'il est dans une réalisation très classique. Ainsi, le film se prend à tourmenter les héroïnes féminines.

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Ci-dessus : Rhonda Fleming et Vincent Price

Avec son casting de stars, Lange mélange, sexe, ambition, pouvoir, et meurtre dans un mélange novateur, comme rarement vu dans le cinéma de cette époque. Le film évoque les côtés les plus noirs de la société américaine des années 50. Mais il choque par sa modernité, qui évoque des oeuvres plus récentes comme "l'étrangleur de Boston" (1968) avec Tony Curtis, qui ira plus loin encore dans le sexe et la violence. Lang dénonce les travers de la société américaine de 1956. L'ambition, le pouvoir, le sexe, tout est en place pour la grande déflagration des années 60, qui culminera avec la mort de Kennedy, la guerre du Vietnam, puis avec la contre-culture. Lang ne pouvait voir tout cela en 1956, mais il pressentait la catastrophe. Et même si la fin du film, semble nous dire que rien ne changera, il en a trop dit avant, pour ne pas avoir laissé au spectateur, l'idée que ce monde touche à sa fin et que les décennies qui s'annoncent seront bien celles des grands bouleversements pour la société américaine et occidentale toute entière. En est on jamais sorti ? Le meilleur des mondes reste encore à inventer. Quant à Lang, il semble être allé ici, au bout de sa recherche formelle en terme de réalisation de film noir et ouvre donc une nouvelle voie pour d'autres films. Il réalisera donc un dernier film aux USA, "l'invraisemblable vérité", avant de renaître tel le Phénix, avec "le tigre du Bengale" (1958) et "le tombeau hindou" (1959), mais cette fois-ci dans des productions allemandes.

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Ci-dessus : Ida Lupino, Fritz Lang et Dana Andrews

Film disponible dans un magnifique coffret Wild Side en DVD zone 2 VF ou VO sous-titrée

 

Note : 8 / 10

13/09/2013

L'aveu / Summer Storm - 1944

Tout d'abord, je crois qu'il faut remercier la maison d'édition Sidonis pour la sortie de "l'aveu". Le film n'a rien à voir avec le film du même nom, de Costa Gavras de 1970 avec Yves Montand.  'L'aveu" de Douglas Sirk est tiré d'une nouvelle de Tchekhov. Le film est très peu connu et très peu diffusé. Ceci dit la copie proposée par Sidonis est loin d'être exempte de tout reproche. En effet, si l'image est assez propre, elle manque par moment cruellement de définition. Et on comprend alors, pour l'éditeur n'a pas pris le risque de sortir en bluray, un film à la qualité d'image, finalement assez moyenne. "L'aveu" est le deuxième film de la période hollywoodienne de Douglas Sirk, spécialiste du drame et du mélodrame. C'est aussi le premier de sa série de films avec George Sanders.

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En partant de l'Allemagne nazie en 1937, Sirk était allée à Paris où il ne devait pas trouver beaucoup de soutiens. Et après une courte période française, il part pour Hollywood où il réalise "Hitler"s madman" (1943).  "L'aveu" est donc son deuxième film. Le film ne brille pas par le jeu de George Sanders, qui si il est évidemment excellent ne semble pas réellement être un juge de la Russie du Tsar. Enfin, le casting du comte Volsky semble incroyablement peu perspicace. En effet, pour ce rôle on a choisi le comique, et indissociable partenaire de Fred Astaire, Edward Everett Horton. Le film a donc toujours un ton décalé, décalé par l'accent et les manières "so british" de George Sanders, mais aussi par le jeu presque toujours comique d'Edward Everette Horton. On peut supposer que Sirk avait choisi ce casting. Il n'en reste pas moins, qu'il ne fait rien pour rendre le film très crédible. Linda Darnell est par contre parfaite dans son rôle, ainsi que la jeune Anna Lee.

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Ci-dessus : George Sanders et Linda Darnell

Sirk nous oppose ici les personnages et les thèmes comme dans la plupart de ses mélodrames. Ainsi, pour accentuer le pathétique d'une situation, il oppose la ville hypocrite à la campagne naturelle, l'individu à la société, les hommes aux femmes, les riches aux pauvres. Je retiens quelques plans, comme un plan de Linda Darnell montant les escaliers avec de nouvelles bottes, ou celui admirable où la jeune servante voit le meurtrier laver un couteau. Le film arrive à convaincre par son côté littéraire, et parce qu'il est évidemment parfaitement bien écrit. Malheureusement, le casting et un espèce d'escamotage des principales scènes du film, comme celle du meurtre, relègue le film au rang de bon film, alors qu'il aurait pu être un chef-d'oeuvre.

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Disponible en DVD zone 2 chez Sidonis VO sous-titré. Le DVD comprend comme tous les DVD Sidonis, une longue présentation de Mr Patrick Brion et de Mr Bertrand Tavernier.

La bande-annonce :

 

Extrait de la présentation de Patrick Brion et de Bertrand Tavernier :

 

 

Note : 7 / 10

12/09/2013

Souvenez vous ... de George Sanders !

George Sanders, est peut être l'archétype même du gentleman anglais au flegmme "so british". Il était pourtant né à Saint-Petersbourg en Russie, mais de parents britanniques. Au début de la révolution russe, la famille revient en Angleterre. Et c'est en travaillant dans une agence de publicité qu'il rencontre Greer Garson, qui lui suggère de devenir acteur. A partir de là, George Sanders allait jouer dans un nombre impressionnant de films, que ce soit dans "Rebecca" (1940), "Correspondant 17", mais surtout dans "le portrait de Dorian Gray" (1944), ou encore dans "The private affairs of Bel ami" (1947) où il interprétait un arriviste français de la plus belle des manières. Enfin son interprétation dans "Eve" avec Bette Davis devait rester dans toutes les mémoires. George Sanders, ne devait pas rater sa sortie, et décidait de se suicider avec des somnifères le 25 avril 1972, pour échapper à une déchéance physique qu'il ne supportait plus. Il laissa ce mot pour expliquer son geste : "Je m’en vais parce que je m’ennuie. Je sens que j’ai vécu suffisamment longtemps. Je vous abandonne à vos soucis dans cette charmante fosse d’aisance. Bon courage."

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Filmographie

  • 1934 : Love, Life and Laughter de Maurice Elvey

  • 1936 : Les Mondes futurs (Things to come) de William Cameron Menzies (non crédité)

  • 1936 : L'Homme qui faisait des miracles (The Man Who Could Work Miracles) de Lothar Mendes

  • 1936 : Dishonour Bright de Tom Walls

  • 1936 : Find the Lady de Roland Grillette

  • 1936 : Strange Cargo de Lawrence Huntington

  • 1936 : Le Pacte (Lloyd's of London) de Henry King

  • 1937 : L'Amour en première page (Love Is News) de Tay Garnett

  • 1937 : Le Dernier négrier (Slave Ship) de Tay Garnett

  • 1937 : The Lady Escapes d' Eugene Forde

  • 1937 : Amour d'espionne (Lancer Spy) de Gregory Ratoff

  • 1938 : Quatre hommes et une prière (Four men and a prayer) de John Ford

  • 1938 : Concession Internationale (International settlement) d' Eugene Forde

  • 1939 : Mr. Moto's Last Warning de Norman Foster

  • 1939 : So This is London de Thornton Freeland

  • 1939 : The Outsider de Paul L. Stein

  • 1939 : The Saint Strikes Back de John Farrow

  • 1939 : The Saint in London de John Paddy Carstairs

  • 1939 : Edith Cavell (Nurse Edith Cavell) de Herbert Wilcox

  • 1939 : Le Premier Rebelle (Allegheny Uprising) de William A. Seiter

  • 1939 : Les Aveux d'un espion nazi (Confessions of a Nazi Spy) d'Anatole Litvak

  • 1940 : L'Enfer vert (Green Hell) de James Whale

  • 1940 : The Saint's Double Trouble de Jack Hively

  • 1940 : The Saint Takes Over de Jack Hively

  • 1940 : Chante mon amour (Bitter Sweet) de W. S. Van Dyke

  • 1940 : Le Fils de Monte-Cristo (The Son of Monte Cristo) de Rowland V. Lee

  • 1940 : The House of Seven Gables de Joe May

  • 1940 : Rebecca (Rebecca) d'Alfred Hitchcock

  • 1940 : Correspondant 17 (Foreign correspondant) d'Alfred Hitchcock

  • 1941 : The Saint in Palm Springs de Jack Hively

  • 1941 : The Gay Falcon d'Irving Reis

  • 1941 : Chasse à l'homme (Man Hunt) de Fritz Lang

  • 1941 : La Proie du mort (Rage in Heaven) de W.S. Van Dyke

  • 1941 : Crépuscule (Sundown) de Henry Hathaway

  • 1942 : A Date With the Falcon d'Irving Reis

  • 1942 : The Falcon Takes Over d'Irving Reis

  • 1942 : The Falcon's Brother de Stanley Logan

  • 1942 : Le Chevalier de la vengeance (Son of Fury) de John Cromwell

  • 1942 : Le Cygne noir (The Black Swan) d'Henry King

  • 1942 : Six destins (Tales of Manhattan) de Julien Duvivier

  • 1942 : Her Cardboard Lover de George Cukor

  • 1942 : The Moon and Sixpence d'Albert Lewin

  • 1942 : Quiet Please, Murder de John Larkin

  • 1943 : They came to blow up America d' Edward Ludwig

  • 1943 : Paris After Dark de Leonide Moguy

  • 1943 : Appointment in Berlin d'Alfred Green

  • 1943 : Vivre libre (This Land is mine) de Jean Renoir

  • 1944 : Jack l'éventreur (The Lodger) de John Brahm

  • 1944 : Intrigue à Damas (Action in Arabia) de Leonide Moguy

  • 1944 : L'Aveu (Summer storm) de Douglas Sirk

  • 1945 : Hangover Square de John Brahm

  • 1945 : Oncle Harry (The Strange Affair of Uncle Harry) de Robert Siodmak

  • 1945 : Le Portrait de Dorian Gray (The Picture of Dorian Gray) d'Albert Lewin

  • 1946 : Scandale à Paris (A Scandal in Paris) de Douglas Sirk

  • 1946 : Le Démon de la chair (The Strange Woman) d'Edgar G. Ulmer

  • 1947 : The Private Affairs of Bel Ami d'Albert Lewin

  • 1947 : Des filles disparaissent (Lured) de Douglas Sirk

  • 1947 : L'Aventure de Madame Muir (The Ghost and Mrs Muir) de Joseph L. Mankiewicz

  • 1947 : Ambre (Forever Amber) d' Otto Preminger

  • 1949 : L'Éventail de Lady Windermere (The fan) d'Otto Preminger

  • 1949 : Samson et Dalila (Samson and Delilah) de Cecil B. De Mille

  • 1950 : Ève (All about Eve) de Joseph L. Mankiewicz

  • 1950 : Black Jack de Julien Duvivier et José Antonio Nieves Conde

  • 1951 : Vendeur pour dames (I Can Get it For You Wholesale) de Michael Gordon

  • 1952 : Miracle à Tunis (The light touch) de Richard Brooks

  • 1952 : Ivanhoé (Ivanhoe) de Richard Thorpe

  • 1952 : Aveux spontanés (Assignment Paris) de Robert Parrish

  • 1953 : Appelez-moi Madame (Call Me Madam) de Walter Lang

  • 1954 : Voyage en Italie (Viaggio in Italia) de Roberto Rossellini

  • 1954 : Témoin de ce meurtre (Witness to Murder) de Roy Rowland

  • 1954 : Richard Cœur de Lion (King Richard and the Crusaders) de David Butler

  • 1955 : La Chérie de Jupiter (Jupiter's Darling) de George Sidney

  • 1955 : Les Contrebandiers de Moonfleet (Moonfleet) de Fritz Lang

  • 1955 : Duel d'espions (The Scarlet Coat) de John Sturges

  • 1955 : Le Voleur du roi (The King's Thief) de Robert Z. Leonard

  • 1956 : Si j'épousais ma femme (That certain feeling) de Melvin Frank et Norman Panama

  • 1956 : Ne dites jamais adieu (Never Say Goodbye) de Jerry Hopper

  • 1956 : La Cinquième Victime (While the City Sleeps) de Fritz Lang

  • 1956 : Death of a Scoundrel de Charles Martin

  • 1957 : La Passe dangereuse (The Seventh Sin) de Ronald Neame

  • 1958 : Le crime était signé (The Whole Truth) de Dan Cohen et John Guillermin

  • 1958 : De la Terre à la Lune (From the Earth to the Moon) de Byron Haskin

  • 1959 : Salomon et la reine de Saba (Solomon and Sheba) de King Vidor

  • 1959 : Une espèce de garce (That Kind of Woman) de Sidney Lumet

  • 1959 : Un brin d'escroquerie (A Touch of Larceny) de Guy Hamilton

  • 1960 : La Dixième Femme de Barbe-Bleue (Bluebeard's Ten Honeymoons) de W. Lee Wilder

  • 1960 : Panique à bord (The Last Voyage) d' Andrew L. Stone

  • 1960 : Le Village des damnés (Village of the Damned) de Wolf Rilla

  • 1961 : Cone of Silence de Charles Frend

  • 1961 : Five Golden Hours de Mario Zampi

  • 1961 : The Rebel de Robert Day

  • 1961 : Le Rendez-vous de Jean Delannoy

  • 1962 : L'agent secret de Churchill (Operation Snatch) de Robert Day

  • 1962 : Les Enfants du capitaine Grant (In search of the Castaways) de Robert Stevenson

  • 1963 : Les Bijoux du Pharaon (Cairo) de Wolf Rilla

  • 1963 : Il mondo di notte numero 3 de Gianni Proia

  • 1963 : The Cracksman de Peter Graham Scott

  • 1964 : Meurtre par accident (L'Intrigo) de George Marshall et Vittorio Sala

  • 1964 : Quand l'inspecteur s'emmêle (A Shot in the Dark) de Blake Edwards

  • 1964 : The Golden Head de Richard Thorpe et James Hill

  • 1965 : Les Aventures amoureuses de Moll Flanders (The Amorous Adventures of Moll Flanders) de Terence Young

  • 1966 : Le Secret du rapport Quiller (The Quiller Memorandum) de Michael Anderson

  • 1967 : La Nuit des assassins (Warning shot) de Buzz Kulik

  • 1969 : The Candy Man de Herbert J. Leder

  • 1969 : Les Kidnappeurs (The Body Stealers) de Gerry Levy

  • 1969 : Le Club des libertins (The best house in London) de Philip Saville

  • 1970 : La Lettre du Kremlin (The Kremlin Letter) de John Huston

  • 1972 : Doomwatch de Peter Sasdy

  • 1972 : Endless Night de Sidney Gilliat

  • 1973 : Psychomania de Don Sharp

27/04/2013

Samson et Dalila / Samson and Delilah - 1949

Souvent aujourd'hui la critique rejette en bloc les péplums bibliques les trouvant dépassés ou simplement un peu ringards. Auvant vous le dire tout de suite ce n'est absolument pas mon avis. Ainsi, quand on sait que "Samson et Dalila" a été réalisé par Cecil B DeMille, le maître du péplum, je ne pouvais que me décider à revoir ce film en technicolor que j'avais vu plus jeune lors d'une diffusion à la télévision. Aujourd'hui nous avons la chance grâce à Paramount de pouvoir le redécouvrir avec un master numérique. En effet, il a fait l'objet d'une restauration complète en 2012. Pourquoi Paramount ne l'a pas sorti en Bluray multizones ? Pourquoi il n'existe qu'une édition zone 1 non multizones, sortie début mars ? A part pour se faire plus d'argent, et le sortir dans quelques mois ou quelques années en Bluray, j'avoue n'avoir pas d'explications logiques. En effet, l'importance et la qualité d'image du film, méritait bien une édition Bluray, remplie de Bonus. Mais qu'en est il du film lui même ? Que pouvons nous attendre de ce "Samson et Dalila" ? C'est ce que nous allons voir.

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Le film comprend un impressionnant casting avec Hedy Lamarr, Victor Mature, Angela Lansbury, George Sanders, mais aussi Henry Wilcoxon. Victor Mature, devait faire 4 autres péplums avec en plus de ce "Samson et "Dalila", "la Tunique" (1953), "l'égyptien" (1954), "Demetrius and the gladiators" (1954) et enfin "Hannibal" (1959). Hedy Lamarr, vous pouvez retrouver son destin tragique sur ce site. Et Henry Wilcoxon, vieux camarade de plateau de DeMille, a joué dans de nombreux films. Ainsi il a été le commandant des chars de Pharaon dans "les 10 Commandements" (1956) ou encore le bras du marquis de Maine dans Scaramouche. "Samson et Dalila reprend l'histoire bien connue de la Bible en la modifiant quelque peu pour les besoins du scénario. Samson (Victor Mature) jeune berger à la force sur-humaine est amoureux de Semadar (Angela Lansbury). Mais Samson est hébreux et Semadar d'une grande famille de Philistins, or la Judée est sous le joug des Philistins. La haine des Philistins contre Samson, 'incompréhension des siens, mais aussi la jalousie maladive et l'amour de Dalila (Hedy Lamarr) vont contrarier le désir de mariage de Samson avec Semadar et sceller son destin et son histoire. Qui peut dire que cette haine entre des communautés différentes et que la jalousie amoureuse ne sont pas des sujets au sens éternels et ne possèdent pas en eux mêmes, une étrange actualité ?

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Ci-dessus : Hedy Lamarr et Victore Mature

Le film possède de nombreuses qualités. On peut noter tout d'abord la beauté du Technicolor, et la maestria de DeMille pour mettre à l'écran cette histoire. Les costumes et les décors sont chatoyants et rendent le film inoubliable. Et que dire de la beauté des actrices ?! Angela Lansburay semble n'avoir jamais été aussi belle, mais c'est bien Hedy Lamarr qui transperce l'écran d'une énigmatique et lassive beauté. Le film est long et fait plus de 2H, mais le temps est il long en compagnie d'Hedy Lamarr ? Ainsi, comme dans tous ses films  mais aussi comme les peintres de la renaissance et tant d'autres avant lui, DeMille se sert d'un sujet biblique pour montrer des femmes dénudées mais aussi pour mettre en avant un certain sadisme. Ainsi, DeMille mêle histoire biblique, technicolor, glamour aux désirs les plus obscurs d'une femme jalouse, qui veut avilir Samson dans un espèce de jeu pervers qui va bien au delà de ce que la censure de l'époque pouvait tolérer, si le sujet du film n'avait pas été un épisode de la Bible. Ainsi, on retrouve des scènes de flagellation chères à DeMille et qui sont présentes dans beaucoup de ses films.

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Le effets spéciaux sont eux aussi assez bluffants pour l'époque et la destruction du temple païen reste un morceau de cinéma à lui tout seul, qui préfigure l'ouverture de la Mer Rouge dans "les 10 Commandements" (1956). Enfin "Samson et Dalila" comprend une ouverture musicale, et aussi une musique de sortie. Alors autant vous le dire tout de suite, la musique de Victor Young est magnifique et c'est une des grandes stars du film. On sent que Cecil B DeMille a demandé à Victor Young de faire quasiment une musique d'opéra pour le film et le résultat est assez impressionnant. On regrettera seulement que parfois que la musique est presque trop omniprésente. En résumé, parcouru par un souffle épique, DeMille crée ici un film à la hauteur de la légende de Samson et de sa propre légende. "Samson et Dalila" film faste, chatoyant, à la forme parfaite dont l'impression finale laisse une trace indélébile dans le coeur du spectateur, faisant d'Hedy Lamarr une déesse de l'écran pour l'éternité, maîtresse de la damnation et de la rédemption de l'homme qu'elle aime. On pardonnera alors à DeMille quelques scènes trop longues ou une durée excessive. "Les 10 commandements" corrigeront sept ans plus tard, ces quelques défauts de la trame narrative, pour faire de ce dernier film sa plus extraordinaire et sa plus parfaite réussite cinématographique.

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Bande-annonce :

 

Extrait de la musique de Victor Young :

Note du 24 novembre 2013 : Le bluray zone B est enfin disponible en France au prix de 11,43€. A ce prix c'est la cadeau. La qualité de l'image est à toute épreuve (définition et couleur superbes).

Note : 8 / 10

26/01/2013

L'Aventure de madame Muir / The Ghost and Mrs. Muir - 1947

"L'aventure de Madame Muir" est un film de Joseph L. Mankiewicz sorti en 1947. Le film est porté par le duo Gene Tierney, et Rex Harisson. Le scénario est adapté d'un roman de R. A. Dick (écrit en 1945), devenu un classique au Royaume-Uni. On retrouve donc là, la manière assez classique pour le Hollywood de l'époque d'écrire un scénario. L'adaptation littéraire permettait d'avoir des scénarios beaucoup mieux construit la plupart du temps que ceux d'aujourd'hui. Le film raconte l'histoire d'une jeune veuve, seule avec son enfant, qui se décide à partir vers la côte, habiter une maison isolée. Elle fera dans cette maison une bien étrange rencontre avec un fantôme, qui meublera ses années de solitude.

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Le film nous invite à plonger dans la vie de Madame Muir, mais aussi dans la notre et dans notre âme. Le film pose des questions et parle finalement d'un sujet encore assez tabou aujourd'hui : l'inadaptabilité à la vie de certaines personnes, pourtant plutôt attrayantes, mais dont la grandeur d'âme ne peut se satisfaire de l'hypocrisie, de la petitesse, de la mesquinerie ou de la médiocrité de la vie. Le personnage du fantôme joué par Rex Harrison devient alors une réponse, un espoir, un compagnon, à une vie solitaire loin du monde. La poésie mais aussi le romantisme le plus exacerbé se lient au personnage coléreux de Rex Harrison pour donner un étrange, mais fabuleux cocktaïl cinématographique. On retrouve dans les seconds rôles Natalie Wood qui joue la fille de Gene Tierney, et Anna Lee.

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ci-dessus : Rex Harrison et Gene Tierney


Mankiewicz joue à merveilles avec l'océan, les éléments, les éclairages pour nous rendre cette aventure sans limites alors qu'elle se déroule dans le cadre restreint d'un simple cottage. En effet, il nous fait comprendre pour paraphraser Victor Hugo que l'immensité de l'océan, dépassée par le ciel, est lui même dépassé par l'infini de l'âme humaine et des passions réelles ou fictives qu'elle peut générer. Mankiewicz se sert également de l'océan pour montrer le temps qui passe inexorablement, comme un sablier mais aussi comme un rouleau compresseur qui emporte tout. Mais le temps n'effacera pas les passions de madame Muir. Et c'est avec son rêve que Madame Muir s'en ira, un rêve resté telle qu'il était, c'est à dire éternellement jeune.

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On ne saurait terminer cette note sans parler de la superbe musique de Bernard Herrmann, belle à pleurer, qui exprime à elle seule toute la complexité de l'âme de notre héroïne, en allant dans les tons les plus hauts pour redescendre vers des abîmes de sensibilité mais sans jamais devoir terminer le thème initial. Cette musique est bien la représentation d'une âme qui respire en lutte entre ses aspirations, ses désirs de femme et sa mélancolique solitude, mais aussi menacée par le temps qui passe. La conclusion musicale finale est une forme de libération pour une meilleure vie ailleurs avec ses rêves de beauté et de plénitude enfin réalisés.

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Ci-dessus : George Sanders et Gene Tierney

"L'aventure de Madame Muir" est donc un pur chef d'oeuvre qui me touche toujours autant, et je ne peux que conseiller à tous ceux qui ne l'ont pas vu de se ruer sur le DVD en attendant une éventuelle ressortie en Bluray.


La bande-annonce (terriblement envoutante) :

 

Extrait de la merveilleuse musique de Bernard Herrmann :

 

 

NOTE : 9 / 10

18/09/2012

Ambre / Forever Amber - 1947

Ambre est sorti dernièrement en Blu-Ray. Le film est tiré d'un gros roman de Kathleen Winsor, assez scandaleux pour l'époque. En effet il raconte l'ascension sociale en Angleterre d'une courtisane à l'époque de Charles II (17ème siècle). L'héroïne du film va donc jouer de ses charmes pour s'en sortir.

 

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Tout d'abord, j'ai vu ce week-end l'édition Blu-Ray, et donc je peux lever tout suspens sur la qualité des images. Oui le film a été restauré, oui c'est la meilleure qualité disponible à ce jour de l'oeuvre de Preminger. Mais non ce n'est pas un très bon Blu-Ray au niveau qualité d'image. On est très loin des imports Blu-Ray de "Chantons sous la pluie / singing in the rain" ou "des aventures de Robin des Bois" avec Errol Flynn en terme de qualité pure de l'image.

 

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Concernant la production du film en lui même, je vais faire court. En effet, déjà beaucoup d'informations sont disponibles  sur internet. De plus Patrick Brion en donne une très bonne chronique dans les bonus de cette dernière édition. Le patron de la Fox voulait en 1947 faire d'Ambre le nouvel "Autant en emporte le Vent". Pour cela il commença à produire le film avec John M. Stahl à la réalisation (un spécialiste de melo dans les années 30) et avec comme actrice principale Peggy Cummins. Après des semaines de tournage, Zanuck se montra totalement insatisfait des scènes tournées par Stahl, mais en réalité surtout par le manque de charisme et d'expérience de Peggy Cummins. Pour parler clairement, il fallait une mangeuse d'hommes. Elle ne faisait pas le poids. Zanuck se dit alors que la meilleure actrice pour ce rôle était bien entendu Lana Turner, la fabuleuse et éternelle Lady de Winter dans les 3 mousquetaires dans la version de 1948. J'invite d'ailleurs le lecteur à s'arrêter sur ces dates : Ambre 1947 et les 3 mousquetaires 1948. On ne peut donc enlever au patron des studios d'avoir de la suite dans les idées, même si la version des 3 mousquetaires avec Gene Kelly sera cette fois-ci tournée par la MGM. Mais revenons à notre sujet principal : le choix d'un réalisateur et d'une actrice. Zanuck décide donc de mettre à la réalisation Otto Preminger et pense à Lana Turner pour le rôle titre. Mais Lana Turner est une grande vedette MGM et ne voulant pas faire de publicité pour une vedette de la MGM il décide finalement de nommer Linda Darnell, presque débutante. Le film aura ensuite fort à faire avec le bureau de censure qui trouvait le roman trop scandaleux. Une fois n'est pas coutume, je n' ai pas été bouleversé par la musique de David Raksin. Mais peut être fallait il une musique accusatrice pour éloigner le spectateur d'une admiration déraisonnable de l'héroïne et satisfaire le bureau de censure ?

 

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Pour le film c'est un pur joyau baroque, avec un Londres presque plus vrai que nature, crasseux, sale, et glauque. A ce sujet si on peut se féliciter du travail sur la couleur, le premier tiers du film nous passe de chambres éclairées à la chandelle aux ruelles sombres et dangereuses ! Il y a mieux pour développer un technicolor. Bien entendu on peut regretter la longueur excessive du film (2H20), le caractère bien peu scandaleux pour notre époque. Les conditions de vie particulièrement tragiques de l'héroïne sont d'ailleurs son excuse pour tout le mal qu'elle fera. Ceci étant dit, un an plus tard, la MGM comprendra bien dans une version pourtant légère des 3 mousquetaires que l'on ne peut reprocher à une femme d'être une femme et que seul le crime de sang froid peut lui être reproché. En ce sens, Lana Turner transformera l'essai que Linda Darnell aura porté jusqu'à elle un an plus tôt, finalement par studio interposé.

 

Pour tout cela, sa réalisation mouvementée, et sa place dans l'histoire du cinéma, ce film mérite d'être vu et revu. Il mérite bien mieux que les mauvaises critiques qu'on lui fait aujourd'hui, mais peut être pas les éloges qu'on lui a fait à l'époque de sa sortie.

 

Note : 7,5 / 10

25/08/2012

Ivanhoé -1952

J'ai envie de vous parler d'un de mes films préférés. Il s'agit d'Ivanhoé, film éponyme du héros du roman de Walter Scott. Ce film a été tourné en 1952 par Richard Thorpe,  un des maîtres du cinéma d'aventures hollywoodiens.

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Ce film avait tous les ingrédients du succès. Tout d'abord un casting fabuleux, avec Robert Taylor, Elizabeth Taylor, Joan Fontaine, George Sanders, et Robert Douglas dans les rôles principaux. Je n'ai pas besoin de parler ou de présenter Robert & Elizabeth Taylor. Pour George Sanders, c'est un acteur fabuleux que l'on retrouve par exemple dans "le portrait de Dorian Gray", "All about Eve" ou dans "Bel Ami" de d'Albert Lewin. Robert Douglas est un acteur beaucoup moins en vue. Mais on se rappelle de son rôle de félon dans le "Prisonnier de Zenda" avec Stewart Grangers. Il apparaîtra d'ailleurs ensuite dans un autre film de chevaliers : "Richard Coeur de Lion".

 

Ivanhoé fait parti de la trilogie de films de chevaliers avec Robert Taylor : Ivanhoé, les chevaliers de la table ronde, et Quentin Duward.

 

ci-dessous Robert Taylor et Joan Fontaine :

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La réalisation de Richard Thorpe est parfaite et sait exploiter le technicolor de l'époque. Bien entendu on peut aujourd'hui regretter un manque certains d'effets spéciaux dans les scènes d'actions. Mais le scénario, le casting, emportent les dernières réticences. Qui plus est, si on ajoute à cela la fabuleuse musique de Miklos Rosza.

 

Elizabeth Taylor :

 

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Ce que j'adore dans ce film, c'est également le caractère du héros que l'on peut relier à celui du film que j'évoquais dans ma note précédente. Mais néanmoins, là le personnage d'Ivanhoé est un peu différent. Là il est guidé non pas par la vengeance mais par ce qui est juste et par ce qui doit être. La morale du film serait un peu :"fait ce qui doit être fait pour que les choses aillent mieux".

 

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Extrait musical de l'ouverture d'Ivanhoé :

 

 

 

On ne peut être aussi que profondément touché par la recréation sous nos yeux de cet univers du moyen-âge qui va du troubadour chantant, à l'art de la table en passant par les scènes fabuleuses du tournoi de chevalerie ou du siège du château. Tout un monde disparu depuis des siècles renait nous nos yeux. Ce monde est bien entendu totalement idéalisé et hollywoodien au possible. Il n'en reste pas moins que les rêves d'enfants sont parfois plus forts que la réalité, et que l'usine à rêve hollywoodienne a construit et idéalisé aussi l'image que l'on se fait du passé.

 

En résumé : Comme on disait à Hollywood dans les années 50 pour ce type de film : "That's Entertainment !!"

 

 

P.S

BOUGEZ VOUS LES EDITEURS ET SORTEZ CE TYPE DE FILM EN BLU-RAY !!!!


NOTE : 9 / 10