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31/01/2015

Robocop - 2014

Il y a des remakes qui font pâle figure face à l'original. C'est bien le cas de ce "Robocop" de José Padilha, avec Joel Kinnaman, Gary Oldman, Abbie Cornish et Michael Keaton. En premier lieu, l'acteur principal, Joel Kinnaman, ne fait pas passer beaucoup d'émotion, Abbie Cornish non plus en femme du héros, et franchement Michael Keaton en grand patron manipulateur, vous y croyez ? Seul Gary Oldman tire son épingle du jeu, dans un personnage, qui semble malgré tout, prendre trop de place dans l'histoire. On peut ajouter que les longues tirades de Samuel Lee Jackson sonnent faux, et le film a totalement perdu le ton kitch, irrévérencieux, underground et décalé de son illustre prédécesseur. Les bandits semblent trop bien élevés. Tout est trop lissé. Et ni le scénario, ni les acteurs n'ont l'air de savoir où ils doivent aller et où va le film. Rien ne semble maîtrisé en dehors peut être des scènes d'action. Mais elles semblent être la plupart du temps sans intérêt ou presque extérieures à l'intrigue. Même la musique de Pedro Bromfman, qui veut reprendre le thème principal de l'original de Basil Poledouris, ne le fait pas franchement et nous donne un thème musical tout ramolli. Paul Verhoeven peut donc dormir sur ses deux oreilles, son "Robocop" (1987) reste bien un classique du film de science-fiction, et cette version de 2014, finira sans doute dans les oubliettes de l'histoire du cinéma et n'est sauvée que par ses effets spéciaux. C'est finalement bien peu pour faire un grand film.

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Ci-dessus : Joel Kinnaman

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Ci-dessus : Joel Kinnaman & Gary Oldman

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Ci-dessus : Gary Oldman & Michael Keaton

Disponible en DVD & Bluray en Zone 2 ou B, VF et VO sous-titrée

Note : 5 / 10

11/05/2014

JFK - 1991

"JFK" est le type même du film historique. Tellement historique que mon professeur d'histoire en Terminale, se décidait à emmener ma classe, en voir une séance au cinéma ! C'était le Paradis pour moi, car à l'époque j'étais déjà fan d'histoire mais aussi de cinéma. Et puis c'était génial d'avoir une séance de cinéma plutôt que d'aller en cours. On découvrait donc le film d'Oliver Stone avec nos yeux d'adolescents grands ouverts. Et je me souviens que lors de cette séance, souvent mes camarades et moi étions choqués par les images d'archives qui montraient le président Kennedy se faire abattre en pleine rue. La force du film de Stone est d'abord dans son casting avec en tête, Kevin Costner, Tommy Lee Jones, Gary Oldman (fabuleux en Lee Harvey Oswald), Jack Lemmon, Joe Pesci, Walter Matthau, Donald Sutherland et Tommy Lee Jones entre autre. Mais ce n'est pas seulement un fabuleux casting, c'est un scénario terrible qui passe en revue toutes les hypothèses qui peuvent expliquer la mort de Kennedy. Les scénaristes évoquent donc toutes les théories, avec d'abord la théorie de l'homme isolé et malade mentalement, vite abandonnée. Puis on parle rapidement d'un complot mais de qui et bénéficiant à qui ? Donc des suspects sont évoqués allant de la mafia, au service secret, voir au complot militaro-industriel, Kennedy étant opposé à une montée des tensions avec le Nord Vietnam.

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Stone malmène le spectateur avec une réalisation rapide qui mélange les images d'archives, la couleur et le noir & blanc. Et c'est bien une vision et une thèse sur l'assassinat du président Kennedy qui nous est proposés. Stone se demande aussi pourquoi tant de témoins sont disparus aussi rapidement dans des morts subites. Stone frappe là où ça fait mal. Et son film semble montrer l'assassinat de JFK puis de son frère en 1968 comme un tournant de la société américaine. Quelle société peut fonctionner normalement avec un tel secret caché à son peuple ? C'est un peu la morale de ce "JFK" qui laisse le spectateur KO et ne sombre jamais dans la facilité. Si il en était besoin, la musique de John Williams rajoute encore à l'émotion qui transpire du film, pour faire de "JFK" le plus grand film politique de tous les temps. Un film qui a le mérite de nous faire comprendre, que la démocratie mérite d'être défendue, et la vérité d'être découverte. Le "JFK" de Stone avait de grandes ambitions. On peut dire qu'elles ont toutes été atteintes au delà des espérances du réalisateur. En effet, au delà des prix et nominations diverses. Stone devait faire visionner son film par le congrès américain qui décida devant la pression médiatique à promulguer une loi permettant une édition et une mise à la disposition du public et des chercheurs, d'une partie des archives de l'affaire Kennedy. Aujourd'hui 50 000 pièces n'ont pas encore été éditées.

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Ci-dessus : Kevin Costner et Walter Matthau

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Ci-dessus : Tommy Lee Jones

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Ci-dessus : Kevin Costner et Donald Sutherland

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La bande-annonce :

 

Extrait de la musique :

 

Film disponible en Bluray et DVD zone 2, en VF et VO sous-titrée

 

Note : 9 / 10

11/05/2013

Ludwig Van B / Immortal Beloved - 1994

"Ludwig Van B" ou "immortal beloved" est un film de Bernard Rose qui évoque la vie sentimentale de Ludwig Van Beethoven. Le titre américain fait référence bien évidemment à la célèbre lettre de Beethoven écrite à son "immortelle bien-aimée". Je souhaiterais démoncer tout d'abord les mauvaises critiques que ce film a pu recevoir de la part d'une pseudo-intelligentsia qui n'a rien compris, n'a rien voulu voir, pire qui est incapable de produire quoique ce soit, ou même de diffuser de la culture sinon dans un petit cercle d'initiés et qui se permet alors de juger négativement, un film comme celui-ci. Ainsi, j'en veux particulièrement à la critique de Christian Leblé, écrite dans le journal Libération le 11 mars 1995, et intitulée "mieux vaut voir ça qu'être sourd". Cela commence fort car le titre de cette chronique ne veut rien dire. De plus, Leblé ne trouve aucune qualité au film, ni la distribution pourtant étincelante (Gary Oldman, Jeroen Krabbé, Isabella Rossellini, Valeria Golino et Johanna ter Steege), ni les costumes, ni les décors, ni la musique de Beethoven qu'il juge ici trop commerciale, et pire que tout il trouve le sujet hors de propos. Bref, selon Leblé il n'y a rien à sauver. Le film porte sur la lettre à l'immortelle bien-aimée qui est découverte après la mort de Beethoven. Pour les lecteurs qui ne connaissent pas Beethoven, je tiens à rappeler que cette lettre a interpellé des générations d'historiens, de musicologues, que des thèses ont été écrites, afin de découvrir quelle femme pouvait être cette immortelle bien-aimée. Et c'est peut être le plus grand mystère de la vie de Beethoven. Mais là non plus pour Christian Leblé cela ne présente aucun intérêt. On croit rêver ! Mais vous l'aurez compris sa critique de Libération estt seulement à charge.

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Si on doit être honnête avec ce film. Il faut donc noter qu'il a un beau casting avec un Gary Oldman très crédible en Beethoven. Et ce n'était pas évident de se mettre dans la peau d'un tel personnage et il fallait vraiment un très grand acteur comme Oldman pour y arriver et donner une réelle consistance à ce rôle. Gary Oldman devait d'ailleurs refuser par deux fois le rôle, mais finalement son agent devait arriver à le convaincre d'accepter. Et on peut se dire après avoir vu ce film que sa décision finale a été la bonne. Jeroen Krabbé, et Isabella Rossellini, sont également parfaits, mais aussi tous les seconds rôles qui sont inoubliables. L'intelligence de Bernard Rose est d'avoir fait correspondre la musique de Beethoven aux grands moments de sa vie et d'avoir montré que sa musique, comme sa vie avaient été celles d'un homme à femmes, et qu'on ne pouvait limiter son existence à une vie de célibataire endurci, vivant uniquement pour sa musique. Le film est d'ailleurs parcouru d'une sensualité profonde et d'un romantisme exacerbé.

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Ci-dessus : Gary Oldman et Isabelle Rosselini

Traumatisme de l'enfance, surdité d'un compositeur génial, création artistique et souffrance morale, rapport aux autres et à l'handicap, vie solitaire, recherche d'absolu à travers la musique pour un musicien sourd, lutte entre Beethoven et Napoléon, et vie sentimentale de l'artiste,  les critiques négatives n'ont rien voulu voir de tout ça, ni de l'intellectualisme du film, ni de l'explication que Bernard Rose donne de "la lettre à l'immortelle bien-aimée". C'est bien dommage. Pour ma part, j'ai pris un immense plaisir à voir ce film, qui nous présente un Beethoven plus vrai que nature, et dont la leçon finale est qu'un des plus grands génies de la musique classique est mort dans la misère, seul, et sans enfant. Il devait pourtant rester présent dans l'esprit et dans le coeur des Viennois qui se déplacèrent en masse à son enterrement. Et je finirai cet article par ces quelques mots écrits par Franz Grillparzer pour son oraison funèbre : "Il fut un artiste, mais un homme également, un homme à tous les sens, au plus haut sens du mot. Parce qu'il se retira du monde, on le disait hargneux, et parce qu'il évita le sentimental, on le crut dénué de sentiment. Ah, celui qui se sait dur de coeur, celui-là ne fuit pas ! Les meilleures pointes sont les plus faciles à émousser, à se tordre ou à se briser ... Il fuit le monde car, dans toute l'extension de sa nature passionnée, il ne trouva pas d'arme pour s'en défendre. Il s'écarta des hommes, après qu'il leur eut tout donné, sans rien recevoir en échange. Il resta seul, car il ne trouva pas de second Moi. Mais jusqu'à sa tombe son coeur demeura humain pour tous les hommes, paternel pour tous ses semblables ..."

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Ci-dessus : Gary Oldman

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Ci-dessus : le vrai Beethoven

Bande annonce :


Note  : 9 / 10