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04/12/2014

Ames à la mer / Souls at Sea - 1937

"Ames à la mer" est le type même du film à moitié réussi ou à moitié raté. Pourtant il y avait tout pour réussir; à commencer par un duo d'acteurs épatants avec Gary Cooper et George Raft; des seconds rôles intéressants comme Henry Wilcoxon, Harry Carey (le cowboy fétiche de John Ford) ou encore Robert Cummings. La réalisation était sous la conduite d'un grand professionnel d'Hollywood, Henry Hathaway, et la photographie était de Charles Lang. Charles Lang, c'est quand même le directeur de la photographie de plus de 150 films américains, entre 1926 et 1973, qui obtiendra 18 nominations aux Oscars dont un Oscar en 1934, pour "L'adieu aux Armes" avec le même Gary Cooper. Pourtant, "Ames à la mer" lasse plus qu'il ne distrait. Ainsi, le thème de l'esclavage est mal exploité. On commence par le procès de Gary Cooper, qui est accusé d'être un ancien négrier, qui aurait choisi les personnes à sauver lors d'un naufrage. Mais on ne croit jamais Cooper coupable. Enfin le scénario est mal construit et inutilement compliqué, avec le personnage de Cooper pas bien défini. Seul, le dernier tiers du film, et la réunion de Gary Cooper et George Raft sauvent l'entreprise de la noyade. Malgré tout, le spectateur boit plusieurs fois la tasse, à suivre un film mal construit, qui n'a qu'un seul vrai moment de bravoure dans sa dernière partie. Dommage "Ames à la mer", avait tout pour réussir, si il n'avait pas largué en cours de croisière son sujet principal. A noter que Gary Cooper, sera de nouveau capitaine d'un navire, cette fois ci dans "cargaison dangereuse" (1959) bien meilleur.

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Ci-dessus : George Raft & Gary Cooper

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Ci-dessus : Gary Cooper & Frances Dee

Disponible en DVD zone 2 version originale sous-titrée

Note : 5,5 / 10

06/02/2014

Souvenez vous ... de Gary Cooper !

On peut dire sans se tromper que la caméra était amoureuse de certains acteurs, et actrices. Et dans le cas de Gary Cooper c'est très vrai. On a jamais vu un acteur aussi facile à apprécier. Il avait une telle classe, que l'on ne souvient pas d'un seul mauvais film avec lui, des meilleurs et des moins bons, mais aucun raté. Souvenez de ... Gary Cooper ! Ce message s'adresse aussi aux éditeurs de Bluray. Ainsi "le trains sifflera trois fois" se fait toujours attendre en Bluray en France alors qu'il est sorti il y a presque deux ans en Allemagne.

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Filmographie

Figurations

  • 1925 : The Thundering Herd (Paramount) de William K. Howard

  • 1925 : Wild Horse Mesa (Paramount) de George B. Steitz

  • 1925 : The Lucky Horseshoe (Fox) de John G. Blystone

  • 1925 : The Vanishing American (Paramount) de George B. Steitz

  • 1925 : L'Aigle noir (The Eagle) (United Artists) de Clarence Brown avec Rudolf Valentino

  • 1926 : The Enchanted Hill (Paramount) de Irwin Willat

  • 1926 : Watch your Wifw (Universal) de Sven Gade

Courts-métrages

  • 1925 : Tricks

  • 1925 : Three Pals

  • 1926 : Lightnin' Wins

  • 1937 : Lest we Forget

  • 1944 : Memo for Joe

Longs-métrages

  • 1925 : Ben-Hur de Fred Niblo

  • 1926 : Lightnin' wins de Alan James (court-métrage)

  • 1926 : Barbara, fille du désert (The winning of Barbara Worth) d'Henry King avec Ronald Colman

  • 1927 : Le Coup de foudre (It) de Clarence G. Badger avec Clara Bow

  • 1927 : Le Démon de l'Arizona (Arizona Bound) de John Waters

  • 1927 : Les Enfants du divorce (Children of Divorce) de Frank Lloyd

  • 1927 : Au service de la loi (The Last Outlaw) de Arthur Rosson

  • 1927 : Les Ailes (Wings) de William A. Wellman avec Clara Bow

  • 1927 : Nevada de John Waters avec William Powell

  • 1928 : Mariage à l'essai (Half a Bride) de Gregory La Cava

  • 1928 : Le Spahi (Beau sabreur) de John Waters

  • 1928 : Rien que l'amour (Doomsday) de Rowland V. Lee

  • 1928 : Les Pilotes de la mort (The Legion of the Condemned) de William A. Wellman avec Fay Wray

  • 1928 : La Belle aux cheveux roux (Red hair) de Clarence G. Badger avec Clara Bow

  • 1928 : Ciel de gloire (Lilac Time) de George Fitzmaurice de Colleen Moore

  • 1928 : The First Kiss de Rowland V. Lee avec Fay Wray

  • 1928 : Le Rêve immolé (The shopworn angel) de Richard Wallace

  • 1929 : Le Chant du loup (The Wolf Song) de Victor Fleming avec Lupe Vélez

  • 1929 : Mensonges (Betrayal) de Lewis Milestone avec Emil Jannings

  • 1929 : The Virginian de Victor Fleming avec Walter Huston

  • 1930 : Seven Days' Leave de Richard Wallace

  • 1930 : Only the Brave de Frank Tuttle

  • 1930 : Paramount on Parade, film à sketches, réalisé entre autres par Ernst Lubitsch, Edmund Goulding, Frank Tuttle…

  • 1930 : The Texan de John Cromwell avec Fay Wray

  • 1930 : A Man from Wyoming de Rowland V. Lee

  • 1930 : Les Écumeurs The Spoilers d'Edward Carewe

  • 1930 : Cœurs brûlés (Morocco) de Josef von Sternberg avec Marlene Dietrich et Adolphe Menjou

  • 1931 : L'Attaque de la caravane (Fighting Caravans) de Otto Brower et David Burton avec Lili Damita

  • 1931 : Les Bijoux volés (The Slippery Pearls) de William C. McGann (court-métrage)

  • 1931 : Les Carrefours de la ville (City Streets) de Rouben Mamoulian avec Sylvia Sidney

  • 1931 : I Take This Woman de Marion Gering avec Carole Lombard

  • 1931 : Sa femme (His Woman) de Edward Sloman avec Claudette Colbert

  • 1932 : Le Démon du sous-marin (Devil and the deep) de Marion Gering avec Charles Laughton et Cary Grant

  • 1932 : Si j'avais un million (If I Had a Million), film à sketches, réalisé par Ernst Lubitsch et Norman Z. McLeod avec Charles Laughton et W. C. Fields

  • 1932 : L'Adieu aux armes (A Farewell to Arms) de Frank Borzage avec Helen Hayes et Adolphe Menjou

  • 1933 : Après nous le déluge (film, 1933) (Today We Live) de Howard Hawks avec Joan Crawford, Robert Young et Franchot Tone

  • 1933 : One sunday afternoon de Stephen Roberts avec Fay Wray

  • 1933 : Alice au pays des merveilles (Alice in Wonderland) de Norman Z. McLeod

  • 1933 : Sérénade à trois (Design for Living) d'Ernst Lubitsch avec Fredric March et Miriam Hopkins

  • 1934 : L'Agent n° 13 (Operator 13), de Richard Boleslawski avec Marion Davies

  • 1934 : C'est pour toujours (Now and Forever) d'Henry Hathaway avec Carole Lombard et Shirley Temple

  • 1935 : Les Trois Lanciers du Bengale (The Lives of a Bengal Lancer) de Henry Hathaway avec Franchot Tone

  • 1935 : Soir de noces (The Wedding Night) de King Vidor

  • 1935 : Peter Ibbetson de Henry Hathaway

  • 1935 : La Fiesta de Santa Barbara de Louis Lewyn (court métrage)

  • 1936 : Désir (Desire) de Frank Borzage avec Marlene Dietrich

  • 1936 : L'Extravagant Mr. Deeds (Mr. Deeds Goes To Town) de Frank Capra avec Jean Arthur

  • 1936 : Le général est mort à l'aube (The General Died at Dawn) de Lewis Milestone avec Madeleine Carroll

  • 1936 : Une aventure de Buffalo Bill (The Plainsman) de Cecil B. DeMille avec Jean Arthur

  • 1937 : Âmes à la mer (Souls At Sea) de Henry Hathaway avec George Raft

  • 1938 : La Huitième Femme de Barbe-Bleue (Bluebeard's Eighth Wife), d'Ernst Lubitsch

  • 1938 : Les Aventures de Marco Polo (The Adventures of Marco Polo) avec Basil Rathbone

  • 1938 : Madame et son cowboy (The Cowboy and the Lady) de Henry C. Potter avec Merle Oberon

  • 1939 : Beau Geste de William A. Wellman avec Ray Milland, Susan Hayward et Brian Donlevy

  • 1939 : La Glorieuse Aventure (The Real Glory) de Henry Hathaway avec David Niven

  • 1940 : Le Cavalier du désert (The Westerner) de William Wyler avec Walter Brennan

  • 1940 : Les Tuniques écarlates (North West Mounted Police) de Cecil B. DeMille avec Madeleine Carroll et Paulette Goddard

  • 1941 : L'Homme de la rue (Meet John Doe) de Frank Capra avec Barbara Stanwyck

  • 1941 : Sergent York (Sergeant York) de Howard Hawks

  • 1941 : Boule de feu (Ball of Fire) de Howard Hawks avec Barbara Stanwyck et Dana Andrews

  • 1942 : Vainqueur du destin (The Pride of the Yankees) de Sam Wood avec Teresa Wright

  • 1943 : Pour qui sonne le glas (For Whom The Bell Tolls) de Sam Wood avec Ingrid Bergman

  • 1944 : L'Odyssée du docteur Wassell (The Story of Dr. Wassell) de Cecil B. DeMille

  • 1944 : Casanova le petit (Casanova Brown) de Sam Wood avec Teresa Wright

  • 1945 : Le Grand Bill (Along Came Jones) de Stuart Heisler avec Loretta Young

  • 1945 : L'Intrigante de Saratoga (Saratoga Trunk) de Sam Wood avec Ingrid Bergman

  • 1946 : Cape et Poignard (Cloak and Dagger) de Fritz Lang avec Lilli Palmer

  • 1947 : Hollywood en folie (Variety Girl) de George Marshall

  • 1947 : Les Conquérants d'un nouveau monde (Unconquered) de Cecil B. DeMille avec Paulette Goddard et Boris Karloff

  • 1948 : Ce bon vieux Sam (Good Sam) de Leo McCarey

  • 1949 : Le Rebelle (The Fountainhead) de King Vidor avec Patricia Neal

  • 1949 : Horizons en flammes (Task Force) de Delmer Daves

  • 1950 : Le Roi du tabac (Bright Leaf) de Michael Curtiz avec Lauren Bacall et Patricia Neal

  • 1950 : Dallas, ville frontière (Dallas) de Stuart Heisler avec Ruth Roman

  • 1951 : La marine est dans le lac (You're in the Navy now) d'Henry Hathaway avec Jane Greer

  • 1951 : It's a Big Country de William A. Wellman entre autres

  • 1951 : Les Aventures du capitaine Wyatt (Distant Drums) de Raoul Walsh

  • 1951 : Starlift de Roy Del Ruth : Caméo

  • 1952 : Le train sifflera trois fois (High Noon) de Fred Zinnemann avec Grace Kelly, Lloyd Bridges et Katy Jurado.(VF:Jean Martinelli)

  • 1952 : La Mission du commandant Lex (Springfield Rifle) d'André De Toth

  • 1953 : Retour au Paradis (Return to Paradise) de Mark Robson

  • 1953 : Le Souffle sauvage (Blowing Wild) de Hugo Fregonese avec Barbara Stanwyck et Anthony Quinn

  • 1954 : Le Jardin du diable (Garden of Evil) de Henry Hathaway avec Susan Hayward et Richard Widmark

  • 1954 : Vera Cruz de Robert Aldrich avec Burt Lancaster et Sara Montiel

  • 1955 : Condamné au silence (The Court Martial of Billy Mitchell) d'Otto Preminger

  • 1956 : La Loi du Seigneur (Friendly Persuasion) de William Wyler avec Dorothy McGuire et Anthony Perkins

  • 1957 : Ariane (Love in the Afternoon) de Billy Wilder avec Audrey Hepburn et Maurice Chevalier

  • 1958 : 10, rue Frederick (Ten North Frederick) de Philip Dunne avec Suzy Parker

  • 1958 : L'Homme de l'Ouest (Man of the West) d'Anthony Mann avec Lee J. Cobb et Julie London

  • 1958 : La Colline des potences (The Hanging Tree) de Delmer Daves avec Maria Schell, Karl Malden et George C. Scott

  • 1959 : Ne tirez pas sur le bandit (Alias Jesse James) de Norman Z. McLeod (non crédité)

  • 1959 : Ceux de Cordura (They Came To Cordura) de Robert Rossen avec Rita Hayworth, Van Heflin et Tab Hunter

  • 1959 : Cargaison dangereuse (The Wreck of the Mary Deare) de Michael Anderson avec Charlton Heston

  • 1960 : La Lame nue (The Nacked Edge) de Michael Anderson avec Deborah Kerr

 

 Hommage vidéo :

 

 

04/12/2013

L’extravagant Mr Deeds / Mr Deeds goes to town – 1936

Une nouvelle critique d'Olivier, qui cete fois-ci évoque, "l'extravagant Mr Deeds" avec Gary Cooper. La bande-annonce a rafraichi ma mémoire. A ce sujet, je devrais revoir ce film, car je ne me souviens que de bribes. Mais laissons la parole à Olivier !

Frank Capra a le don de réaliser des films qui font du bien. Les mots "the end" nous surprennent avec le sourire aux lèvres alors même que le propos du film peut être sérieux, voir grave. C’est le cas avec L’Extravagant Mr Deeds comme pour La vie est belle en 1946 déjà chroniqué sur ce blog par Stéphane. Mr Deeds, à la vie tranquille dans une petite ville, hérite d’une fortune d’un oncle qu’il ne connaissait pas. L’avocat new-yorkais du défunt n’aura cesse tout le long du film de faire signer à l’héritier les pleins pouvoirs pour la gestion de l’héritage. A cela s’ajoute l’intervention d’une journaliste qui piègera Mr Deeds pour mieux le ridiculiser et rendre ses articles plus sensationnels. Seulement le candide se révélera plus audacieux qu’aucun ne l’aurait cru. Ainsi posée, la situation initiale sert à la comédie et nous, spectateurs de 2013, avons vu de grandes quantités de films, sur ce ressort comique où l’idiot présumé finit par retourner la situation, pour nous prouver que « tel est pris qui croyait prendre ». Seulement ici, Franck Capra dépasse cette simple idée pour enrichir son film d’une réalité sociale où les décisions de quelques nantis font basculer les vies de nombreux gens. Il s’amuse au passage des journalistes, des écrivains condescendants et se moque de la justice quand elle fait appel à des experts.

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C’est tout le talent de Capra d’alterner sérieux et amusement et si le spectateur sourit, il attend surtout le dénouement qui vient avec un procès. Au centre il y a Gary Cooper qui porte le film avec son élégance naturelle qui lui permet d’éviter la caricature et de donner à son personnage une impression d’honnêteté et d’intelligence. On peut aussi remarquer le grand nombre de fois que Mr Deeds se fait habiller et déshabiller dans le film. Il y a les vêtements qu’on lui donne et ceux qu’il choisit comme il y a le regard que l’on porte sur lui et sa personnalité qui finira par s’affirmer.
Film optimiste, il a l’étonnante qualité de sonner juste encore aujourd’hui en traitant du chômage. Frank Capra recevra l’Oscar du meilleur réalisateur pour L’extravagant Mr Deeds en 1937. Il tournera deux autres films avec Jean Arthur et un autre avec Gary Cooper, L’homme de la rue en 1941.

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Bande-annonce en français :

La Note d'Olivier  : 7 / 10

28/07/2013

Le jardin du diable / Garden of Evil - 1954

Dimanche étant un jour de repos, je me permets de faire relâche. Je vous propose malgré tout un superbe western : "le jardin du diable", avec une présentation de Mr Patrick Brion. Ce film est magnifique, car il met en scène une nature hostile, et oppressante qui est mise ne valeur par la musique de Bernard Herrmann qui donne au film d'Hathaway des reflets hitchockiens.

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Présentation de Mr Brion :

Disponible en DVD et Bluray chez Sidonis Calysta en Zone 2.

Note : 8,5 / 10

02/07/2013

Coeurs brûlés / Morocco - 1930

"Coeurs brûlés" (1930) ou dans son titre américain "Morocco" est un film de Josef Von Stemberg. Ce film est clairement un chef-d'oeuvre du cinéma. Il fait parti des septs films du duo Marlene Dietrich / Josef von Sternberg. Ainsi, dans ces sept films on retrouve successivement : " L'Ange bleu" (1930), "Cœurs brûlés" (1930), "Agent X 27" (1931), "Shanghaï Express" (1931), "Blonde Vénus (1932)",  "L'Impératrice rouge", et "la femme et le pantin" (1935). Ici Von Sternberg développe comme peut être jamais vu auparavant dans son oeuvre une incroyable galerie de tableau. Ainsi, chaque plan est une espèce d'image d'Epinal. Ainsi, il se plait à filmer l'arrivée et le départ de la légion étrangère d'un village marocain. Mais il se plaît aussi à filmer individuellement Gary Cooper, qui est l'objet de toutes les attentions féminines des indigènes. Ainsi, dès le début, une fille lui fait un signe avec ses doigts et un autre de sa tête, comme pour lui dire le prix pour du sexe. Le ton est donné. Et le film naviguera entre la grâce absolue et les audaces les plus incroyables pour l'époque. Et que dire, sinon que plus de 80 ans après, on reste littéralement scotché par certaines scènes. Ainsi, on constate que Marlene Dietrich avait bien les plus belles jambes d'Hollywood à cette époque. Mais ce n'est pas seulement un peu de l'anatomie de la belle Marlene qui nous est proposé ici, mais aussi une superbe histoire d'amour.

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Ainsi, Gary Copper soldat de la légion essaye de conquérir cette femme insaisissable dans un amour impossible mais que rien ne semble devoir arrêter. Adolphe Menjou n'est ici que le prétendant qui tente vainement de contraindre cet amour entre deux êtres qui ne se connaissent pas mais qui s'attirent. Ainsi ce qui marque le plus, c'est peut être le caractère mystérieux des deux protagonistes, au passé inconnu mais que l'on devine tragique. Pourquoi un Américain se serait-il engagé dans la légion, et pourquoi une jeune femme viendrait-elle comme danseuse de cabaret dans une boîte minable du Maroc, sinon pour fuir un drame. On devine alors que ce n'est pas seulement l'amour animal qui les réunit, mais bien aussi la terrible certitude d'appartenir tous les deux à la caste des déracinés et des proscrits. Film formidable où l'action est systématiquement sacrifiée au nom de la romance, "coeurs brûlés" est un chef-d'oeuvre absolu du cinéma, qui fait écho à une chanson de la même année, "parlez moi d'amour" de Lucienne Boyer. Ainsi, oui l'oeuvre de Sternberg fait bien ici résonnance à une époque. Le film devait obtenir un succès monumental, totalement mérité. On peut pour finir, laisser la parole au réalisateur : "L'image, le son, l'abstraction et leurs effets sur le spectateur tout liés entre eux doivent s'ordonner selon un rythme interne, une orchestration qui, quoiqu'elle s'évanouisse avec le film, subsiste comme une résonance. C'est cet au-delà du son, cette résonance immatérielle, cette sorte de vibration qui se prolonge, que je recherche." Dans ce film, cet objectif a été accompli au delà de ce que l'on croyait possible. En, effet, "coeurs brûlés" nous laisse une impression terrible bien après la dernière image. On notera enfin, que Gary Cooper rejouera un légionnaire 9 plus tard, dans "Beau geste" de William A Wellman, remake du film de 1926 de Herbert Brenon.

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Ci-dessus : Marlene Dietrich et Gary Cooper

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Ci-dessus : Adolphe Menjou et Marlene Dietrich

 

Extrait :

 

La chanson qui représente le mieux le film à mon sens :

Note : 9 / 10

29/05/2013

Sérénade à trois / Design for Living - 1933

"Sérnade à trois" est un film un peu étrange. En effet, le sujet est plutôt scabreux. En effet, il s'agit d'une jeune femme (Miriam Hopkins) qui est ici amoureux de deux hommes à la fois : Fredric March et Gary Cooper. Le scénario est tiré d'une pièce de Noël Coward, jouée pour la première fois en 1932. Malheureusement ici le scénario de Ben Hecht en enlève tout le caractère scabreux et finalement drôle. Ainsi, les relations sont affichées comme platoniques par la jeune femme et si on parle de sexe, c'est pour dire qu'il n'y en aura pas. Ainsi entre rupture, tension physique et attirance impossible, le scénario semble tourner en boucle et finir sans que la situation du début trouve une résolution quelconque. Il y a également une scène assez étrangement tournée, où on voit March partagé un petit-déjeuner avec la jeune femme tant convoité. March est en smoking inpécable alors qu'il venait de voyager le soir. On sait alors qu'il a partagé la nuit et la chambre de Miriam Hopkins. Néanmoins c'est vrai que le spectateur se sent un peu frustré, n'ayant même pas eu droit à la traditionnelle scène de glamour hollywoodienne. De plus, on sent Gary Copper un peu gêné dans cette comédie, mais Fredric March beaucoup plus à son aise. A noter qu' Edward Everett Horton complète le casting. Ce dernier était un habitué des comédies musicales de Fred Astaire où il excellait dans son rôle de comique pince-sans-rire. Alors c'est vrai qu'ici on sourit plus souvent que l'on rit. Par contre, Miriam Hopkins est ici au top de sa forme, prodigieusement belle et sexy, en particulier à la toute fin du film, où on la retrouve dans un ensemble particulièrement moulant qui fait penser à certaines robes de Marilyn Monroe. On pouvait malgré tout, s'attendre à un peu mieux d'un film d'Ernst Lubitsch joué par de tels acteurs. Pour finir je rappellerai que Miriam Hopkins avait déjà joué l'année précédente dans "Docteur Jekyll et Mister Hyde".

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Ci-dessus : Miriam Hopkins

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Ci-dessus : Gary Cooper, Miriam Hopkins et Fredric March

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Ci-dessus : Fredric March et Ernst Lubitsch

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Ci-dessus : Gary Cooper, Miriam Hopkins et Fredric March

Note : 5,5 / 10

26/05/2013

Le démon du sous-marin / Devil and the Deep - 1932

"Le démon du sous-marin" est un film de 1932, produit par la Paramount et sorti en 1932, il comprend un intéressant avec Gary Cooper, Charles Laughton, Tallulah Bankhead et Cary Grant dans un petit rôle. Tallulah Bankhead, native de l'Alabama, est une actrice assez peu connue en France, mais elle devait défrayer la chronique en 1932 à Hollywood, en se plaignant à un journaliste du "Motion Picture Magazine" qu'elle n'avait pas eu une relation avec un homme depuis 6 mois ! Même si elle devait démentir le mal était fait, et elle devait rester dans l'esprit du public comme une mangeuse d'hommes et de femmes, à la sexualité vorace. Quoiqu'il en soit et pour en revenir au film, Tallulah Bankhead est ici la femme d'un commandant de sous-marin (joué par Charles Laughton) stationné en Méditérannée. Le personnage de Laughton se sait trompé par sa femme. Vrai ou faux ? Nul ne le sait, en tous les cas, sa jalousie maladive le pousse à se séparer de son second (joué par Cary Grant). Enfin, la dispute qui en découle, pousse la femme du commandant à s'enfuir de sa propre maisson, et à rencontrer ... Gary Cooper. Le réalisateur Marion Gering, originaire de Russie, et habitué à monter des pièces à Broadway avait été engagé par la Paramount en 1931. Si il tourna beaucoup avec Sylvia Sidney, il n'a pas laissé une marque très importante au cinéma hollywoodien. Pourtant si le film est réalisé sans génie, le spectacle est ici correct.

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Le film vaut par la présence de Laughton qui surclasse Cooper et Grant sans aucune difficulté. La meilleure scène du film est celle où Laughton apprend de la propre bouche de sa femme que oui, elle l'a bien trompé. On voit alors le visage de Laughton se décomposait progressivement sous ses mains, pour devenir de plus en plus hideux et se rapprocher d'une expression proche de son rôle de Quasimodo dans "le bossu de Notre-Dame" (1939). Mais quand on voit ce "Devil and the Deep" c'est bien aux "révoltés du Bounty" (1935) auquel on pense tout de suite. Laughton se complait dans son rôle de capitaine injuste et fou, pour notre plus grand plaisir. Il ne reste que des miettes à Grant et Cooper, qui se partagent les scènes sentimentales. On passe un agréable moment à suivre cette histoire et à admirer Tallulah Bankhead, dans un film qui n'as pas son pareil pour nous faire rêver d'exotisme et de romance sous les étoiles, mais aussi pour nous montrer jusqu'où peut aller la jalousie maladive.

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Ci-dessus : Cary Grant et Charles Laughton

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Ci-dessus : Gary Cooper et Tallulah Bankhead

Disponible dans la collection "Universal" sur le site de l'éditeur ou dans les magasins spécialisés (Gibert Joseph)

Note : 7 / 10

25/05/2013

Le Roi du Tabac / Bright Leaf - 1950

"Le Roi du Tabac" est un film assez rare (jamais sorti en DVD en France), mais qui passe de temps en temps su TCM. J'ai ainsi retrouvé dernièrement un enregistrement en version française datant de 2004. Le film ne possédait pas une image de très bonne qualité, mais était très regardable et très intéressant. "Le Roi du Tabac" est le deuxième film avec à l'affiche Gary Cooper et Patricia Neal. On se souvient que ce couple d'acteurs avaient déjà été réunis un an plus tôt dans l'adaptation à l'écran du superbe roman d'Ayn Rand ("le rebelle"). Mais la distribution est aussi complétée par Lauren Bacall et par Jack Carson. Jack Carson avait quant à lui joué dans le même film que Patricia Neal dans "It's a great feeling" (1949). "Le Roi du Tabac" raconte l'ascension d'un  homme désargenté (Gary Cooper) qui revient dans la ville de son enfance. Il y découvre que sa maison ne lui appartient plus, mais appartient au plus grand industriel du Tabac (joué par Donald Crisp). Mais ce dernier a une magnifique fille (Patricia Neal) qui a connu Brant Royle (Gary Cooper) quand il était enfant. Le seul but de Royle sera alors de conquérir son père tout en réduisant économiquement et moralement le père de la jeune fille au silence. Donald Crisp était abonné au rôle de père. Et on se souvient surtout pour l'interprétation magistrale qu'il donne dans le film de John Ford, "Qu'elle était verte ma vallée" (1941) qui lui valut un Oscar totalement mérité. On ne se souvient plus aujourd'hui que Crisp était un acteur légendaire, né en Grande-Bretagne, et ayant connu pratiquement la naissance du cinéma, et qu'il avait eu une carrière de réalisateur.

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Je pense qu'il est inutile de présenter le réalisateur, Michael Curtiz, qui a tourné pour la Warner de très nombreux films. Le film est beaucoup moins littéraire et lyrique que "le rebelle"(1949). Mais j'ai adoré sa construction et cette lutte entre Crisp et Cooper qui ne se termine que par la reprise de la lutte par la fille de Crisp jusqu'à l'affrontement et l'effondrement final; "Le Roi du tabac" est un drame psychologique autant qu'une tragédie humaine. Il n'en représente pas moins un très bon divertissement. Je ne comprends pas d'ailleurs pourquoi il a eu de mauvaises critiques. On a critiqué le faux accent du Sud de Patricia Neal. Mais pour ma part, je n'ai pas pu en juger, ne possédant que la version française. Enfin, j'ai trouvé Patricia Neal très convaincante dans sa prestation totalement changée par rapport au "Rebelle". On peut rajouter au crédit du film, la très belle musique de Victor Young. En résumé, un très bon film, qui mériterait une belle édition DVD ou Bluray pour qu'on le redécouvre enfin avec une image correcte.

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Ci-dessus : Lauren Bacall et Gary Cooper

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Ci-dessus : Gary Cooper et Patricia Neal

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Ci-dessus : Cooper et Neal pendant une pause

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Ci-dessus : Gary Cooper avec à gauche Jack Carson

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Ci-dessus : Gary Cooper avec à gauche Jack Carson

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Ci-dessus : Donald Crisp de dos

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Diaporama :


Extrait :


Film indiponible en DVD et Bluray en France à ce jour.

Note : 8 / 10

18/05/2013

Le Rebelle / The Fountainhead - 1949

"Le Rebelle" est un film sorti en 1949 et tourné par King Vidor. On retrouve dans les principaux rôles : Gary Cooper, Patricia Neal, et Raymond Massey.  Le film est tiré du roman à succès d'Ayn Rand (The Fountainhead) paru en 1938. Barbara Stanwyck était convaincue de la réussite d'une adaptation du roman à l'écran et décida Jack Warner à en acquérir les droits dès 1943. Stanwyck devait proposer Humphrey Bogart pour le rôle principal de l'architecte Roark. Mais Jack Warner refusa, et cela encouragea peut être Bogart à fonder sa propre société de production en 1948. De son côté King Vidor refusa d'engager Stanwyck sur le tournage. En effet, il la jugeait trop âgée pour le rôle de Dominique Francon. Le rôle de Dominique Francon, aurait pu être interprêté par Lauren Baccal , Ida Lupino, Jennifer Jones, Gene Tierney. Veronica Lake,  Joan Crawford toutes pressenties. Joan Crawford devait même organiser un diner pour tenter de convaincre l'auteur Ayn Rand. On pensa également à Greta Garbo, mais elle refusa et finalement Patricia Neal obtint le rôle après un entretien de 15 minutes avec King Vidor. Pour le rôle de l'architecte on pensa après Humphrey Bogart, à Alan Ladd, mais aussi à Clark Gable, la presse de l'époque faisant courir le bruit que Gable voulait absolulement jouer dans ce film. Enfin, on contacta Gary Cooper, mais son agent lui dit de refuser le rôle qui semblait trop éloigné de l'image que le public avait de lui. Mais l'épouse de Cooper devait arriver à convaincre ce dernier, et il accepta. Raymond Massey devait être le puissant directeur du journal et Robert Douglas le critique d'art du même journal, vaniteux et obsédé par le pouvoir. Raymond Massey on se souvient aujourd'hui de lui surtout de lui pour son rôle de John Brown dans "la piste de Santa-Fé" (1940) ou dans "Sabotage à Berlin" (1942) avec Errol Flynn et Robert Douglas on se rappelle de lui pour ses rôles de méchants que ce soit dans "Ivanhoé" (1952) ou dans "le prisonnier de Zenda" (1952).

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Maintenant que je vous ai parlé de la création de ce film, et de la mise en place de son casting, j'évoquerai tout d'abord la forme, puis les thèmes que le film aborde. La forme est absolument magnifique, bien évidemment littéraire, mais aussi lyrique. En premier lieu, ce qui surprend le plus, c'est peut être l'incroyable sensualité de l'oeuvre, qui montre une femme superbe (Patricia Neal) avec des désirs charnels, pour les hommes, faisant son choix parmi les ouvriers d'une carrière, botte et cravache au poing. Pour l'époque il fallait oser. Enfin Vidor, n'a jamais peut être aussi bien caractérisée la passion féminine mais aussi le désir féminin que dans ce film. L'incapacité du personnage de Dominique Francon (Patricia Neal) à faire de Gary Cooper son objet sexuel, et son esclave exaspère sa frustration qui aboutit à une violence dont la cause ne peut être ici que la sexualité insatisfaite. Cooper se décide alors à prendre les devants, à lui répondre et à lui rendre la violence sexuelle qu'aucun homme n'a osé lui donner, faisant passer la scène traditionnelle de glamour hollywoodienne, à une scène où la violence de l'érotisme intellectuel qui en émane, interpelle le spectateur.

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Ci-dessus : Patricia Neal et Gary Cooper

Mais avant d'être l'histoire d'une femme, Dominique Francon lassée et dégoûtée de la vie, qui fait des hommes et des choses ses esclaves pour mieux les rejeter par peur de s'y attacher, "le rebelle" est l'histoire d'un homme, de la carrière et de la vie privée d'un architecte (Howard Roark) joué par Gary Cooper. Le film aborde de nombreux thèmes, et on peut considérer chaque personnage comme un thème à lui tout seul. Si nous avons déjà vu le personnage féminin de Dominique Francon, le personnage de Gary Cooper est, quant à lui, le représentant de l'absolu nécessité de suivre son chemin contre ce que la société nous ordonne de faire, contre l'opinion générale, contre la norme, et finalement contre tout ce qui peut entraver l'Homme dans sa marche vers sa destinée, l'esprit de l'Homme devant être son seul guide. Ainsi, le film va nous faire parcourir de la plus belle des manières, la destinée de cet architecte, absolument et résolument insoumi.

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Comme je l'ai déjà dit et comme vous l'avez compris, le film est magnifiquement écrit, quoique parfois trop bavard, et magnifiquement réalisé. Il n'y a quasiment rien à rejeter de ce pur joyau du film hollywoodien, à la musique envoûtante d'un Max Steiner très inspiré pour l'occasion. Certains ont pu voir dans le personnage de cet architecte, un sur-homme. Il n'en est rien. Cet homme nous indique le chemin que nous devrions tous suivre. En effet, après tout, quoi de plus lourd et de plus léger tout à la fois, que de croire en ses idées ? Quelle plus lourde responsabilité que de ne rien marchander ? Par sa forme profondément lyrique voir quasiment poétique, et par son sujet, ce film touche au sublime et à l'incroyable difficulté d'être simplement un Homme dans tous les sens du terme. "Le rebelle", est donc autant une leçon de vie, qu'un chef d'oeuvre absolu. A noter que Gary Cooper devait retrouver Patricia Neal l'année suivante dans "le Roi du tabac", mais cette fois-ci sous la direction de Michael Curtiz.

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La bande-annonce :

 

Extrait de la musique :

Disponible en DVD zone 2

Citations de l'auteur Ayn Rand dont le roman a inspiré le film : « Ma philosophie conçoit essentiellement l'Homme comme un être héroïque dont l'éthique de vie est la poursuite de son propre bonheur, la réalisation de soi son activité la plus noble, et la Raison son seul absolu. »

Note : 9 / 10

22/01/2013

Peter Ibbetson - 1935

J'ai décidé d'aborder un nouveau cycle dans ma critique de films, avec un nouveau thème, qui portera sur le rêve et le fantastique dans le cinéma américain d'hier et d'aujourd'hui. Les films qui seront choisis sont bien entendu des films que j'ai vu et sélectionné en fonction de ma sensibilité et de ce que je considère comme étant des films particulièrement représentatifs d'un genre et également d'oeuvres qui méritent très souvent d'être sorties de l'oubli dans lequel le temps les a malheureusement plongées. Et je n'ai pas non plus pour vocation d'être totalement exhaustif sur ce thème. Dans ce cadre, je suis très fier de vous présenter un film magnifique, "Peter Ibbetson", du très sous-estimé Henry Hathaway. Le film a été tourné en 1935 et est tiré d'un roman de George Du Maurier, lui même adapté en pièce de théâtre. On retrouve Gary Cooper et Ann Harding dans les rôles principaux.

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Le film a pour thème un premier amour d'enfance qui hante le héros Peter Ibbetson tout au long de sa vie. Ce premier amour contrarié sera le thème central du film, et le rêve sera ici le vecteur de ce que Freud appelle la satisfaction du désir ou la voie royale vers l'inconscient. Sans vouloir raconter le film et vous priver de toute surprise, on a ici une très belle psychologie des personnages, expliquée par les traumatismes de l'enfance et de ce qu'ils peuvent engendrer à l'âge adulte. Cette singulière mise en avant de l'amour, qui décortique les rouages de l'âme humaine, fait de Peter Ibbetson un des plus beaux films qui a pu être tourné sur le thème du rêve. Mais c'est aussi une sublimation de l'amour qui est mis en avant de la plus belle des manières, et l'auteur et le cinéaste atteignent là des sommets que seul quelques grands auteurs ont pu atteindre dans l'histoire de l'art cinématographique, et littéraire. Ainsi, pour la littérature on pense à Dante et à son Enfer, on pense à holderlin et à son Hypérion et à quelques autres encore. Pour le cinéma, on pense à Jean Cocteau. Pourtant ces jeux d'enfants si innocents qui commencent le métrage ne paraissent pas bien une source de grand intérêt. On aurait tort de le penser. Car c'est là que tout commence (la maladie de la mère du jeune Peter) et où l'avenir des futurs adultes se détermine.

 

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Ainsi, le film est découpé en 3 parties : l'enfance, l'insatisfaction de l'âge adulte à la recherche de cet amour perdu, et enfin la prison. On notera que le thème des barreaux est bien présent dans chacune des parties et que ces plans sur des barreaux font finalement le lien entre chaque partie et représentent bien évidement, la représentation de cet amour contrarié, de cette séparation. "Peter Ibbetson" est fabuleux car il vous invite à un voyage dans un amour sublimé, mais aussi vous propose un voyage qui vous envoie aux confins de l'âme humaine et à ses limites.  Ainsi, on ne peut s'empêcher de penser aussi à Jung et à ses idées sur la synchronicité, associé ici au rêve. Synchronicité que l'on comprendra dans le sens junguien, "d'un hasard gorgé de sens". C'est en cela que ce film fait date, de par sa beauté et donc vous l'aurez compris de par son intellectualisme rare mis à la portée de tous.

 

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Le film devait rencontrer un succès critique et public assez inattendu, malgré le fait que Gary Cooper ait le rôle d'un anglais avec un accent qui lui ne l'était pas, et dans un rôle finalement pas très habituel pour lui. Je pourrais écrire encore énormément sur ce "Peter Ibbetson" mais ce serait pour en dévoiler l'intrigue, et il me semble que ce serait ce qu'il y a de pire pour évoquer un tel film.

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Je finirai donc comme d'habitude par écrire encore quelques lignes, pour attirer votre attention sur la magnifique musique symphonique de Ersnt Toch dont l'évocation n'aura ici rien d'anecdotique car elle sera nominée aux Oscars de 1935. Et en guise de conclusion, je vous invite à méditer ces quelques mots d'André Breton parlant de "Peter Ibbetson" : "un film prodigieux, triomphe de la pensée surréaliste". On est donc bien là devant un film totalement indispensable à notre nature d'être humain et qui est peut être tout simplement un des plus beaux films du cinéma hollywoodien. Inoubliable.

 

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Disponible en DVD chez Wildside.  LES EDITEURS DOIVENT LE SORTIR EN BLURAY !!!!!!!!!!!!!!!


NOTE : 9 / 10

13/11/2012

Après nous le déluge / Today we live - 1933

"Après nous le déluge", est un film d'Howard Hawks tourné en 1933. Il bénéficie d'un casting particulièrement intéressant. En effet, on y retrouve Gary Cooper, Joan Crawford, Robert Young, et Franchot Tone. Pour la petite histoire il faut savoir que Franchot Tone se maria en 1935 avec Joan Crawford alors qu'il a ici le rôle de son frère. Il tourna avec Joan Crawford 7 films : Today We Live (1933), Dancing Lady (1933), Sadie McKee (1934), No More Ladies (1935), The Gorgeous Hussy (1936), Love On The Run (1936) and The Bride Wore Red (1937). Mais aujourd'hui Franchot Tone reste surtout célèbre pour son interprétation dans "les Révoltés du Bounty" (1935) avec Clark Gable. Gary Cooper et Joan Crawford restent d'immenses stars. Gary Cooper interpréta de nombreux westerns comme "Vera Cruz", "le jardin du diable", ou "le train sifflera trois fois". Mais acteur complet il s'essaiera à tous les genres. Joan Crawford actrice aux yeux magiques commença sa carrière cinématographique en 1925 pour la finir en 1970. A noter qu"après nous le déluge" est le seul film qui permet de voir conjointement Gary Cooper et Joan Crawford à l'écran. Quant à Robert Young sans atteindre la popularité d'autres acteurs plus connus il aura une carrière très honorable dans les années 30 et 40. Il prendra dans les années 50 alors, le virage de la télévision ne tournant que pour cette dernière.

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L'histoire en elle même est centrée sur les personnages et sur la guerre qui n'est présente que pour perturber la vie de chacun des protagonistes. Comme souvent à cette époque Hollywood a acheté les droits d'une courte nouvelle d'un écrivain, ici de William Faulkner. Le scénario fut écrit en 5 jours. Mais Irving Thalberg, le vice-président des studios MGM à l'époque, a insisté pour que Joan Crawford soit inscrite dans le script. En effet cette dernière a été engagée contractuellement pour 500,000 $ de salaire, qu'elle travaille ou non, le premier d'une longue suite de réécriture a donc commencé. On notera que Gary Cooper fut prêté par la Paramount pour ce film. Malheureusement, la réécriture scénaristique se ressent et on voit bien que le film ne sait pas choisir si il doit basculer dans le mélodrame, la comédie ou le film de guerre pur et dur. Cela affaiblit donc l'oeuvre dans son ensemble. Et la réécriture rend le scénario parfois littéralement incroyable. A t'on déjà vu ailleurs que dans ce film un aveugle convaincre son camarade de l'emmener couler un destroyer ennemi ? On reste pour le moins interloqué par les raccourcis pris par les scénaristes et on sent que l'écriture a du être très laborieuse. Néanmoins le film bénéficie de séquences de combats crédibles et réalistes pour l'époque. Les séquences de combats ont été pour certaines reprisent de "Hell's angels", le fameux film de 1930 d'Howard Hughes. "Après nous le déluge" n'est pas non plus sans émotion, mais le scénario bancal ne permet pas une forte identification aux différents personnages. L'hommage devant le monument au mort apporte à la fin du film, une émotion et laisse le spectateur pensif sur la cruauté de la guerre, mais l'ultime séquence laisse présager un retour de la vie, sans qu'on sente que le film soit réellement abouti et laisse finalement une impression globale d'inachevée. On retiendra tout de même que le film a été écrit avant la mise en place du fameux code de censure appliqué au cinéma américain en 1934. On a donc une scène où l'on voit Joan Crawford mettre ses bas et une autre scène où elle explique littéralement à son frère que n'ayant pas trouvé de prêtre elle s'est résolue malgré tout à coucher avec son amoureux (scène impensable 1 ans plus tard).

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Ci-dessus Joan Crawford et Gary Cooper :


En résumé "Après nous le déluge" reste un bel essai non transformé du cinéma hollywoodien. Mais on pouvait s'attendre à mieux si le film avait bénéficé d'une autre écriture scénaristique. Son écriture d'avant le code Hays lui donne malgré tout dans certaines scènes, un modernisme inatendu et bienvenu.


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Ci-dessus : Robert Young, Franchot Tone, et Joan Crawford

 

Disponible dans la collection "Trésor Warner". Qualité d'image très moyenne voir médiocre.