Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14/03/2015

La femme au gardénia / The Blue gardenia - 1953

On est d'accord, "la femme au gardénia" n'est pas le sommet cinématographique de la carrière de Fritz Lang. Néanmoins, le film a quelques qualités qui retiennent l'attention. On peut tout d'abord noter, que le film est bourré de bonnes idées. Ainsi, faire cohabiter en collocations ces demoiselles standardistes, c'est plutôt intéressant et sympathique de pénétrer l'intimité de cette joyeuse bande de filles. De plus, le film a un très bon casting avec une Anne Baxter très inspirée, qui tient le film quasiment à elle seule. Mais on peut également citer Raymond Burr détestable à souhait, Ann Sothern en leader de la chambrée, ou la belle interprétation de Richard Conte en flic amoureux, et enfin George Reeves (dans le rôle du capitaine Sam Haynes). George Reeves était le fameux interprète de la série Superman dans les années 50, et qui suites à des problèmes personnels, se suicidera en 1959. Le film est très classique, et n'a pas beaucoup de surprise, sinon un twist scénaristique final plutôt bienvenu. "La femme au gardénia" est donc une oeuvre tout à fait respectable dans la filmographie de Lang, mais qui n'atteint jamais le niveau de ses autres films noirs. On notera enfin une belle interprétation de la chanson "blue Gardenia" par l'inoubliable Nat King Cole.

la_femme_au_gardenia,1.jpg

75404df2-24f3-49d1-86c3-000000000322.jpg

Ci-dessus : Anne Baxter & Raymond Burr

50659902.jpg

18432597.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

Ci-dessus : Anne Baxter & Richard Conte

50659931.jpg

Ci-dessus : Anne Baxter

2615887686_d30cc10c7c.jpg

Ci-dessus : Anne Baxter & Richard Conte

Femme_au_gardenia_1952_Blue_Gardenia_4.jpg

Ci-dessus : Richard Conte, Anne Baxter Ann Sothern & George Reeves (l'homme au chapeau)

LA-FEMME-AU-GARDENIA-THE-BLUE-GARDENIA-1953_portrait_w858.jpg

Ci-dessus : Anne Baxter

La chanson "Blue Gardenia" par Nat King Cole

Disponible en DVD zone 2 en VO sous-titrée

Note : 6,5 / 10

13/03/2015

Au fil de l'eau / House by the River - 1950

Il me semble assez difficile de parler de "House by the river", film en noir & blanc de Fritz Lang, sans parler des théories freudienne ou jungienne qui accompagne immanquablement le récit. Mais auparavant parlons, un peu du film dans la carrière de Lang. Il s'inscrit évidemment dans sa période américaine d'après guerre. On sait que Lang avait quitté l'Allemagne nazie après son entrevue avec Goebbels et s'était décidé à rejoindre la France, où il avait tourné "Liliom" (1934), avec Charles Boyer. Ensuite, comme les producteurs français rechignait à faire travailler un réalisateur allemand, il se décida à partir en Amérique. Sa carrière américaine est diversifiée et il a déjà tourné quelques films noirs, dès 1944, période de naissance ou renaissance du film noir, le film noir n'étant pour une bonne partie, que la continuité du film de gangsters des années 30. On peut donc citer dans la filmographie de Lang, "la femme au portrait" (1944), "la rue rouge" (1945) et "le secret derrière la porte" (1948). "House by the river" est quant à lui, un film étrange à plus d'un titre. Il est d'abord étrange par son intellectualité et ses références aux théories psychologiques évoquées plus haut. Ainsi, le film commence par un moment de distraction de l'anti-héros de l'histoire (joué par Louis Hayward), qui voit un petit scarabée sur une feuille de papier sur lequel il écrit son roman. Ce moment particulièrement anodin pour qui ne connaît pas la théorie de Jung sur la synchronicité, prend ici tout son sens. Ainsi, on se rappelle de cette phrase nominale de Jung : "Le voilà, votre scarabée", lorsqu'il dit à sa patiente en lui tendant un insecte apparu alors qu'elle racontait son rêve d'un scarabée d'or. Mais chez Lang, le scarabée n'est pas d'or, mais noir, comme un mauvais présage ou un signe macabre du destin. Lang va alors pousser l'anti-héros dans le cauchemar, en lui faisant tuer sa bonne par accident, par une espèce de pulsion sexuelle. Lang se joue aussi du fleuve, qui charie les déchets de la société humaine, cadavres d'animaux etc. Le fleuve représente donc autant le temps qui passe, que les fautes cachées au fond de l'âme. N'est il donc pas ici l'inconscient que tout être humain ne peut voir, ou sa propre conscience que tout assassin rejette. Tout ce scénario sexuellement morbide, est évidemment magnifié par la réalisation de Lang, et la qualité de la photographie exceptionnelle d'Edward Cronjager. "House by the river" est donc un excellent film noir, qui aurait malgré tout pu avoir un meilleur casting, en particulier dans le rôle joué par Jane Wyatt, qui ne m'a pas semblé ici totalement convaincante.

cinéma,cinema,hollywood,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,louis hayward,lee bowman,jane wyatt,dorothy patrick,ann shoemaker,jody gilbert,peter brocco,howland chamberlain,margaret seddon,sarah padden,leslie kimmell,effie laird,will wright,kathleen freeman,alex gerry,frank jaquet,edward cronjager,george antheil,fritz lang

cinéma,cinema,hollywood,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,louis hayward,lee bowman,jane wyatt,dorothy patrick,ann shoemaker,jody gilbert,peter brocco,howland chamberlain,margaret seddon,sarah padden,leslie kimmell,effie laird,will wright,kathleen freeman,alex gerry,frank jaquet,edward cronjager,george antheil,fritz lang

cinéma,cinema,hollywood,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,louis hayward,lee bowman,jane wyatt,dorothy patrick,ann shoemaker,jody gilbert,peter brocco,howland chamberlain,margaret seddon,sarah padden,leslie kimmell,effie laird,will wright,kathleen freeman,alex gerry,frank jaquet,edward cronjager,george antheil,fritz lang

cinéma,cinema,hollywood,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,louis hayward,lee bowman,jane wyatt,dorothy patrick,ann shoemaker,jody gilbert,peter brocco,howland chamberlain,margaret seddon,sarah padden,leslie kimmell,effie laird,will wright,kathleen freeman,alex gerry,frank jaquet,edward cronjager,george antheil,fritz lang

cinéma,cinema,hollywood,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,louis hayward,lee bowman,jane wyatt,dorothy patrick,ann shoemaker,jody gilbert,peter brocco,howland chamberlain,margaret seddon,sarah padden,leslie kimmell,effie laird,will wright,kathleen freeman,alex gerry,frank jaquet,edward cronjager,george antheil,fritz lang

Ci-dessus : Louis Hayward & Jane Wyatt

cinéma,cinema,hollywood,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,louis hayward,lee bowman,jane wyatt,dorothy patrick,ann shoemaker,jody gilbert,peter brocco,howland chamberlain,margaret seddon,sarah padden,leslie kimmell,effie laird,will wright,kathleen freeman,alex gerry,frank jaquet,edward cronjager,george antheil,fritz lang

Ci-dessus : Jane Wyatt & Lee Bowman

cinéma,cinema,hollywood,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,louis hayward,lee bowman,jane wyatt,dorothy patrick,ann shoemaker,jody gilbert,peter brocco,howland chamberlain,margaret seddon,sarah padden,leslie kimmell,effie laird,will wright,kathleen freeman,alex gerry,frank jaquet,edward cronjager,george antheil,fritz lang

cinéma,cinema,hollywood,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,louis hayward,lee bowman,jane wyatt,dorothy patrick,ann shoemaker,jody gilbert,peter brocco,howland chamberlain,margaret seddon,sarah padden,leslie kimmell,effie laird,will wright,kathleen freeman,alex gerry,frank jaquet,edward cronjager,george antheil,fritz lang

Disponible en DVD zone 2 (en VO sous-titrée)

Note : 8 / 10

04/01/2015

La péniche de l'amour / Moontide - 1942

Le DVD de "la péniche de l'amour" me faisait un peu peur. Déjà, sans vouloir être vulgaire, le titre me faisait penser à un porno bon marché, ou à un film trop mélodramatique pour être honnête. Et puis je doutais de la performance d'un Jean Gabin dans un film américain. Et bien, tous mes doutes ont été enlevés à la fin de la séance. Gabin est comme à son habitude, excellent. Il est aidé par un superbe casting qui réunit Ida Lupino, Thomas Mitchell, et Claude Rains. Evidemment, vous connaissez tous ces acteurs. Ida Lupino c'est l'héroïne de "la grande évasion" (1941) avec Humphrey Bogart ou de "The man I love" (1947) de Raoul Walsh. Thomas Mitchell c'est le père de Scarlett dans "autant en emporte le vent". Et quant à Claude Rains, c'est évidemment l'acteur qui joue le terrible roi jean dans "les aventures de Robin des Bois" (1938) ou le Dr Jaquith dans "une femme à la recherche de son destin", "now voyager" dans son titre anglais. Vous l'aurez compris, il y a donc du beau monde. On peut dire tout de suite que malgré tout, Thomas Mitchell semble en faire un peu trop. Les autres sont parfaits. Le film n'avait pas pour lui un réalisateur de très grande renommée en la personne d'Archie Mayo. Mais le film avait été débuté par Fritz Lang et abandonné après 4 jours, à cause d'une mauvaise entente avec Gabin. On peut donc se demander, alors que souvent à cette époque les films sont tournés rapidement en 2 à 4 semaines, quelles sont les scènes tournées par Lang. La scène finale semble d'ailleurs particulièrement être l'oeuvre de Lang. Ainsi, la prise de vue dans le brouillard ressemble particulièrement à celle du "secret derrière la porte", qui sera tournée par Lang en 1947.

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,jean gabin,ida lupino,claude rains,thomas mitchel,jerome cowan,helene reynolds,archie mayo,fritz lang

L'esthétique du film est quoiqu'il en soit parfaite, et semble dépassée largement les capacités du seul Archie Mayo. Ainsi, la séquence d'alcoolisme du début est superbement réalisée et semble presque irréelle. On peut aussi, supposer qu'Archie Mayo, a été très aidé par la belle photographie de Charles G Clarke et Lucien Ballard (ce dernier est non crédité). Cette photographie de Charles G Clarke sera d'ailleur nominé aux Oscars. Le scénario a des accents fordiens, et c'est logique, car on y retrouve le scénariste de nombreux films de John Ford en la personne de Nunnally Johnson, qui adapte une nouvelle de Willard Robertson mais ce sera John O'Hara qui sera crédité de l'écriture du scénario. L'adaptation d'une oeuvre littéraire est un classique dans le Hollywood de cette époque. Gabin fait par moment penser à son personnage de "la bête humaine" (1938) de Jean Renoir. Le film se laisse donc regarder avec un réel plaisir, et l'exotisme d'un Gabin qui parle anglais, ajoute encore au plaisir. Et finalement, on se laisse emporter à suivre cette histoire d'amour entre deux paumés (Gabin et Lupino) qui sont réunis pour le meilleur et pour le pire. "La péniche de l'amour" est donc une très belle surprise et une réussite à tous les niveaux et restera comme le dernier film hollywoodien de Gabin, avant son départ pour rejoindre la 2ème DB et les forces françaises libres du Général De Gaulle, un choix courageux à une époque ou beaucoup d'acteurs et d'actrices s'accommodèrent de l'occupation allemande.

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,jean gabin,ida lupino,claude rains,thomas mitchel,jerome cowan,helene reynolds,archie mayo,fritz lang

Ci-dessus : Ida Lupino

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,jean gabin,ida lupino,claude rains,thomas mitchel,jerome cowan,helene reynolds,archie mayo,fritz lang

Ci-dessus : Jean Gabin & Robin Raymond

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,jean gabin,ida lupino,claude rains,thomas mitchel,jerome cowan,helene reynolds,archie mayo,fritz lang

Ci-dessus : Ida Lupino & Claude Rains

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,jean gabin,ida lupino,claude rains,thomas mitchel,jerome cowan,helene reynolds,archie mayo,fritz lang

Ci-dessus : Jean Gabin & Ida Lupino

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,jean gabin,ida lupino,claude rains,thomas mitchel,jerome cowan,helene reynolds,archie mayo,fritz lang

Ci-dessus : Jean Gabin & Ida Lupino

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,jean gabin,ida lupino,claude rains,thomas mitchel,jerome cowan,helene reynolds,archie mayo,fritz lang

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,jean gabin,ida lupino,claude rains,thomas mitchel,jerome cowan,helene reynolds,archie mayo,fritz lang

Ci-dessus : Jean Gabin & Ida Lupino

Extrait :

 Disponible en DVD Zone 2  chez ESC en VO sous titrée français uniquement

Note : 7 / 10

05/12/2014

Réglements de comptes / The big heat - 1953

"Réglements de comptes" est un des derniers films de Fritz Lang. Comme vous le savez tous, Fritz Lang s'était enfui d'Allemagne après l'arrivée des nazis au pouvoir. Il avait auparavant discuté avec Goebbels, qui lui avaigt dit qu'il voulait faire de lui, le cinéaste en titre du régime nazi. Suite à cette entrevue, Lang n'avait qu'une idée en tête, fuir l'Allemagne. Il quitta donc l'Allemagne, tout d'abord pour la France où il réalisait, "Liliom" (1934) avec Charles Boyer. Puis, en Amérique, il réalisait son premier film sur la vengeance, "j'ai le droit de vivre" (1936) avec Spencer Tracy. "Réglements de comptes", est aussi un film sur la vengeance d'un homme. Mais à la différence de "j'ai le droit de vivre", nous sommes ici devant un vrai film noir, comme Fritz Lang en a fait beaucoup. On peut ainsi citer, "La Femme au portrait" (1944), "La rue rouge"(1945), "Le Secret derrière la porte" (1948), ou encore "la femme au gardenia" tourné un an, avant "réglements de comptes". Dans "réglements de comptes", Lang est allé puiser à différentes sources d'inspirations. Il a évidemment apporté sa touche personnelle, mais on sent qu'il a subi l'influence d'autres films. On peut citer comme influence, "Gilda" (1946) de Charles Vidor. En effet, Lang reprend l'acteur principal de "Gilda", Glenn Ford, pour son film. Enfin le personnage féminin le plus touchant, jouée par Gloria Grahame, semble l'archétype même du personnage principal féminin de Gilda. C'est une femme totalement libérée, qui demande à un homme qu'elle ne connaît quasiment pas à le suivre, jusqu'à sa chambre d'hôtel. La situation est totalement inimaginable pour un film américain de 1953. Et la première chose qu'elle fait, c'est s'assoir sur le lit, et prendre des positions lascives (voir photos ci-dessous). C'est assez estomaquant pour l'époque. Mais Lang intellectualise la sexualité, restant tout en sous-entendu, beaucoup plus que dans "Gilda".

cinéma,cinema,dvd,bluray,film,films,hollywood,glenn ford,gloria grahame,jocelyn brando,alexander scourby,lee marvin,jeanette nolan,peter whitney,willis bouchey,robert burton,adam williams,howard wendell,chris alcaide,michael granger,dorothy green,carolyn jones,charles lang,fritz lang,columbia

Mais la comparaison avec "Gilda" ne s'arrête pas là. Ainsi, on retrouve un second rôle, comme Joseph Calleia qui était déjà présent dans "Gilda". Et le chef des gangsters est joué par Alexander Scourby, qui était présent dans "l'affaire de Trinidad" (1952), déjà avec déjà un certain Glenn Ford, et Rita Hayworth. Le casting de "réglements de comptes" est complété par Jocelyn Brando (soeur aînée de Marlon Brando), Jeanette Nolan et Lee Marvin. Fritz Lang se déchaîne pour nous donner une histoire de vengeance, sur fond de sexe, de violence et de corruption. Cette histoire déchire le voile de la censure des années 50, pour nous montrer une Amérique à la façade belle, mais dans le fond totalement pervertie par le crime et la corruption. Tout cela est accentué par la superbe photographie de Charles Lang. Lorsqu'on sait que le film a été tourné en seulement 15 jours, on se rend alors compte que les génies du cinéma, n'ont jamais été remplacés par des avalanches d'effets spéciaux comme on en voit trop souvent aujourd'hui ... On notera enfin que le couple à l'écran, Glenn Ford / Gloria Grahame, sera reformé un an plus tard, donc en 1954, pour "désirs humains" du même Fritz Lang. Alors que celui-ci avait choisi initialement, Peter Lorre qui aurait été associé à Rita Hayworth. Je finirai cette note, par remercier l'éditeur, Wild Side, qui nous donne là, une superbe édition Bluray & DVD avec un livre de 260 pages, remplis de photos magnifiques. Le master utilisé est qui plus est, quasiment immaculé. L'éditeur Wild Side fait réellement honneur au support Bluray et au cinéma. On attend avec impatience, d'autres éditions de cette qualité. Et j'irai presque jusqu'à dire que c'est un plaisir de dépenser 29,90 € pour une telle édition et un tel film ! Merci Wild Side pour ce cadeau de Noël !

cinéma,cinema,dvd,bluray,film,films,hollywood,glenn ford,gloria grahame,jocelyn brando,alexander scourby,lee marvin,jeanette nolan,peter whitney,willis bouchey,robert burton,adam williams,howard wendell,chris alcaide,michael granger,dorothy green,carolyn jones,charles lang,fritz lang,columbia

cinéma,cinema,dvd,bluray,film,films,hollywood,glenn ford,gloria grahame,jocelyn brando,alexander scourby,lee marvin,jeanette nolan,peter whitney,willis bouchey,robert burton,adam williams,howard wendell,chris alcaide,michael granger,dorothy green,carolyn jones,charles lang,fritz lang,columbia

Ci-dessus : Gloria Grahame & Glenn Ford

cinéma,cinema,dvd,bluray,film,films,hollywood,glenn ford,gloria grahame,jocelyn brando,alexander scourby,lee marvin,jeanette nolan,peter whitney,willis bouchey,robert burton,adam williams,howard wendell,chris alcaide,michael granger,dorothy green,carolyn jones,charles lang,fritz lang,columbia

Ci-dessus : Gloria Grahame & Glenn Ford

cinéma,cinema,dvd,bluray,film,films,hollywood,glenn ford,gloria grahame,jocelyn brando,alexander scourby,lee marvin,jeanette nolan,peter whitney,willis bouchey,robert burton,adam williams,howard wendell,chris alcaide,michael granger,dorothy green,carolyn jones,charles lang,fritz lang,columbia

Film disponible chez Wild Side en DVD zone 2, VF et VO sous-titrée

Note : 9,5 / 10

02/04/2014

Le secret derrière la porte / The secret beyond the door - 1948

"Quand on est dur comme le Technicolor, on ne peut rien dire", c'est par ces mots que Fritz Lang expliquait à Jean-Luc Godard, sa vision du cinéma en 1967. Et c'est par ces mots de Fritz Lang que j'aimerai commencer cet article. En effet, dans cette simple phrase, Lang dit tout de son amour du cinéma noir & blanc, des jeux de lumières, des jeux d'ombres, et si pour Freud, le rêve était la voie royale de l'inconscient, on peut dire sans se tromper, que le noir & blanc était le pinceau de Fritz Lang, non pas seulement réalisateur de cinéma, mais aussi artiste génial, qui faisait du noir & blanc, sa propre usine à rêves. "Le secret derrière la porte" fait parti du tryptique réalisé par Lang avec pour héroïne Joan Bennett. Je ne vais pas revenir ici, sur la carrière de Joan Bennett et sa difficile montée vers l'immortalité cinématographique que lui donnera Lang. Mais il est suffisant de dire que "le secret derrière la porte" est le quatrième et dernier film de cette collaboration, commencée par "chasse à l'homme" (1941), puis continué par "la femme au portrait" (1944) et "la rue rouge" (1945). Lang donnera naissance à des films exceptionnels.

B2379.jpg

 Lang a été le révélateur, de Joan Bennett et il a su comme aucun autre réalisateur, révéler le talent de cette formidable actrice, pour la graver à jamais au Panthéon de la cinématographie mondiale. Alors, avec un tel duo artistique et une telle ambition à quoi peut on s'attendre pour ce film ? Evidemment, c'est un chef-d'oeuvre. Tout d'abord et si il est encore besoin de le dire, la forme est totalement, et définitivement parfaite. Lang s'attache à donner une âme à son image, à faire de l'image elle-même, le reflet de l'inconscient ou de la conscience de chaque personnage. Le spectateur est donc abasourdi devant un film, qui si il ne dit pas tout, suggère avec un goût et une intelligence rare. Certaines critiques ont reproché à Lang de marcher sur les traces d'Hitchcock. Cela n'a pas de sens, car Lang avait son propre style. Le casting comprenant donc Joan Bennett et Michael Redgrave fonctionne à merveilles. Alors que peut on réellement reprocher à ce film ? Peut être, il faut bien le dire, que la fin n'est pas la hauteur du reste de l'oeuvre. La fin semble terminée peut être trop rapidement ou remplie de raccourcis, et méritait sans doute une recherche scénaristique plus poussée.

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,joan bennett,michael redgrave,anne revere,barbara o'neil,natalie schafer,paul cavanagh,anabel shaw,james seay,mark dennis,fritz lang

Ci-dessus : Joan Bennett

Néanmoins, dans la longue histoire de l'art, combien pourrait-on citer d'oeuvres à la conception imparfaite, mais indéniablement restée comme des monuments artistiques. C'est bien encore le cas ici. Et ce serait n'avoir rien compris au cinéma de Lang, et à l'art en général, que de ne pas acclamer et proclamer que "le secret derrière la porte" est définitivement une perle de l'art occidental, et du cinéma mondial en particulier. Il se passera peut être encore des dizaines d'années avant que le monde rende encore sa vraie place à Fritz Lang. Mais un jour, on rendra justice à son oeuvre et notre vieux monde injuste, se rendra compte que Fritz Lang est au cinéma, ce que Ludwig Van Beethoven est à la musique, et que l'un et l'autre, ont non seulement changés notre conception de l'art, mais aussi notre conception de la réalité et de l'Humanité, devenant des sortes de Prométhée, possédant le feu divin de la création.

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,joan bennett,michael redgrave,anne revere,barbara o'neil,natalie schafer,paul cavanagh,anabel shaw,james seay,mark dennis,fritz lang

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,joan bennett,michael redgrave,anne revere,barbara o'neil,natalie schafer,paul cavanagh,anabel shaw,james seay,mark dennis,fritz lang

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,joan bennett,michael redgrave,anne revere,barbara o'neil,natalie schafer,paul cavanagh,anabel shaw,james seay,mark dennis,fritz lang

Ci-dessus : Michael Redgrave et Joan Bennett

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,joan bennett,michael redgrave,anne revere,barbara o'neil,natalie schafer,paul cavanagh,anabel shaw,james seay,mark dennis,fritz lang

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,joan bennett,michael redgrave,anne revere,barbara o'neil,natalie schafer,paul cavanagh,anabel shaw,james seay,mark dennis,fritz lang

Disponible en Bluray Zone 2 en VO sous-titrée chez Carlotta (à noter dans les bonus, un superbe reportage sur Joan Bennett de 10 mn, tiré d'un article de positif de Christian Viviani).

 

Pour aller plus loin :

http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=435013

Note : 8,5 / 10

23/01/2014

Interview de Fritz Lang !

Vous trouverez ci-dessous une interview de Fritz Lang d'une durée de presque 50 minutes, très intéressante. A voir et à revoir.

68732363.jpg

 

 

 

22/01/2014

L'invraisemblable Vérité / Beyond a reasonable doubt - 1956

"L'invraisemblable Vérité" est le dernier film américain de Fritz Lang. Le film ne se distingue pas par une mise en scène particulièrement fouillée comme dans d'autres films de Lang. André Bazin, parle d'ailleurs de "vide barométrique de la mise en scène". Je n'irai pas jusque là, mais on sent que Lang est allé un peu au bout de son destin hollywoodien ou de son inspiration en Amérique. C'est le producteur, Bert E. Friedlob, qui lui avait proposé ce scénario tout de suite après le tournage de "la cinquième victime". Le film est aujourd'hui surtout, fascinant pour le modernisme de son propos, qui nous raconte l'histoire d'un journaliste qui se fait passer pour le coupable du meurtre d'une jeune femme, afin de prouver la dérisoire incertitude de la justice et donc l'injustice de la peine de mort. Lang qui n'a pas eu la main mise sur le scénario semble être allé au bout de son inspiration. Ainsi sa réalisation semble dénuée de tout l'expressionnisme sublime qui l'ont rendu célèbre dans nombreux de ses films, et même dans des films noirs américains, comme "la femme au portrait" (1944) ou "la rue rouge" (1945).

cinéma, cinema, dvd, bluray, acteur, actrice, film, films, hollywood,  Dana Andrews, Joan Fontaine, Sidney Blackmer, Arthur Franz, Philip Bourneuf, Edward Binns, Shepperd Strudwick, Robin Raymond, Barbara Nichols, Dan Seymour, Rusty Lane, fritz lang

La fin du film, d'une profonde noirceur semble être le parallèle de l'esprit d'un réalisateur, lassé par la société américaine qu'il avait dénoncé quelques mois auparavant dans "la cinquième victime". Il finira d'ailleurs par la traiter de "panier de crabes". On ne s'en doutait peut être pas à l'époque, mais le départ de Fritz Lang était peut être aussi imperceptiblement, le début de la fin artistique du grand Hollywood. Quoiqu'il en soit, le scénario de "l'invraisemblable vérité" devait être de nouveau tournée en 2006 et sortir sous le même titre américain que le film de Lang : "Beyond a reasonable doubt". Le titre français est "présumé coupable" et le procureur prend une place qu'il n'a pas dans le film de Lang. En effet, c'est Michael Douglas qui reprend le rôle. Quant au journaliste joué par Dana Andrews, Jesse Metcalfe n'apporte pas beaucoup d'étoffe à son personnage. Et je ne parlerai pas de l'actrice féminine qui reste à des années lumières de Joan Fontaine. Cette nouvelle version, reste néanmoins un bon divertissement, qui n'arrive pas évidemment à concurrencer l'original qui reste lui comme un classique du film noir, même si on a connu Lang beaucoup plus inspiré.

cinéma, cinema, dvd, bluray, acteur, actrice, film, films, hollywood,  Dana Andrews, Joan Fontaine, Sidney Blackmer, Arthur Franz, Philip Bourneuf, Edward Binns, Shepperd Strudwick, Robin Raymond, Barbara Nichols, Dan Seymour, Rusty Lane, fritz lang

Ci-dessus : Sidney Blackmer et Dana Andrews

cinéma, cinema, dvd, bluray, acteur, actrice, film, films, hollywood,  Dana Andrews, Joan Fontaine, Sidney Blackmer, Arthur Franz, Philip Bourneuf, Edward Binns, Shepperd Strudwick, Robin Raymond, Barbara Nichols, Dan Seymour, Rusty Lane, fritz lang

Ci-dessus : Barbara Nichols et Dana Andrews

cinéma, cinema, dvd, bluray, acteur, actrice, film, films, hollywood,  Dana Andrews, Joan Fontaine, Sidney Blackmer, Arthur Franz, Philip Bourneuf, Edward Binns, Shepperd Strudwick, Robin Raymond, Barbara Nichols, Dan Seymour, Rusty Lane, fritz lang

Ci-dessus : Dana Andrews et Joan Fontaine

cinéma, cinema, dvd, bluray, acteur, actrice, film, films, hollywood,  Dana Andrews, Joan Fontaine, Sidney Blackmer, Arthur Franz, Philip Bourneuf, Edward Binns, Shepperd Strudwick, Robin Raymond, Barbara Nichols, Dan Seymour, Rusty Lane, fritz lang

ci-dessus : Joan Fontaine et Fritz Lang

Note : 7,5 / 10

27/12/2013

Chasse à l'homme / Manhunt - 1941

Après l'échec de "casier judiciaire" (1938), Lang semblait perdu pour le cinéma américain. Il partit donc vers l'Ouest filmer les indiens. De fil en aiguille, ses petits films furent progeter à Darryl F Zanuck qui décida de l'engager pour deux westerns : "le retour de Franck James" et "les pionniers de la Western Union". On peut toujours critiquer ces deux films, en doutant de l'apport d'un Allemand comme Lang à un thème typiquement américain. Néanmoins, ces films eurent pour conséquences de sortir Lang de son statut de paria du cinéma américain. Et donc en 1941, il tournait "chasse à l'homme", film cette fois-ci beaucoup plus personnel, car évoquant le nazisme. On sait que Lang était profondément anti-nazi et avait même fondé une association anti-nazie à son arrivée aux USA. Le film est également intéressant, car il nous permet de voir la première collaboration de Lang avec Joan Bennett. Cette dernière deviendra une des égéries de Lang et jouera ainsi dans 3 autres films noirs de Fritz Lang : "la femme au portrait" (1944), "la rue rouge" (1945) et "le secret derrière la porte" (1948). Mais on la verra aussi dans d'autres films, comme par exemple, le formidable film avec Paul Henreid, "le balafré" (1948). George Sanders est également présent dans "chasse à l'homme". Et on notera qu'il avait déjà été le partenaire de Joan Bennett l'année précédente dans "le fils de Monte-Cristo". Malheureusement, ce film est indisponible en France, mais disponible sur Youtube sans sous-titres. On se demande bien pourquoi les éditeurs ne sortent pas ce film. Si quelqu'un de Sidonis ou Wild Side passe par là et peut faire quelque chose. Il est le bienvenu.

40823.jpg

Pour revenir à "Chasse à l'homme", je ne vais pas vous raconter l'histoire, mais essayer de vous donner envie de le voir. Le film est tiré du roman "Manhunt", dont Dudley Nichols fera un scénario, qui sera remis à Lang. Le film évoque l'Allemagne nazi, mais aussi la possibilité d'un assassinat d'Hitler. Le but du film est de décider l'Amérique à rentrer dans le conflit. Lang évoque différents thèmes : espionnage, amour, mais aussi conscience et inconscient. Le chef du contre espionnage joué par George Sanders, va jouer malgré lui, le rôle du psychiatre. et Walter Pidgeon, le héros, va jouer le rôle du patient. Sanders arrivera à la fin du film à donner conscience à l'inconscient des actes de Pidgeon. Enfin, il faut ajouter que le personnage de  Joan Bennett est très sympathique. En effet, elle joue une fille facile du peuple, qui rencontre en Pidgeon l'homme parfait. Elle est très touchante, quand elle pleure, lui voulant dormir seulement sur le canapé de lui même. On a l'impression qu'elle est déçue que ce dernier ne se jette pas sur elle. Mais on se dit aussi, qu'elle pleure, parce que c'est aussi le premier homme qui dort chez elle, sans rien tenter. Et comme nous, elle est touchée par ce geste désintéressé. On reste surpris par le petit budget du film, et par seulement les 28 jours de tournage pour un tel résultat à l'écran.

187055_1e35d9b995770ce235afafdf59863a69.jpg

Ci-dessus : Joan Bennett et Walter Pidgeon

"Chasse à l'homme" est donc au bout du compte, un beau film noir et romantique. On en oublie que son sujet est celle d'un film de propagande. Le suspens fait parfois penser à Hitchcock. Et on se rappelle ainsi, d'autres films anti-nazis cette fois-ci d'Hitchcock, comme "Saboteur" (1942) ou "Correspondant 17" (1940), même si Lang en fera d'autres, comme "Les Bourreaux meurent aussi" (1943), "Espions sur la Tamise" (1944) et "Cape et Poignard" (1946).. Et en plus, on a la chance de retrouver Joan Bennett en anglaise des rues avec un accent très british mais aussi très populaire. Je ne peux donc que vous conseiller sur la magnifique édition sortie dernièrement par Sidonis, qui a une magnifique qualité d'image et de très nombreux bonus; dont un long entretien avec un spécialitste de Lang, Bernard Eisenschitz et Mr Patrick Brion.

chasse-a-l-homme-1941-01-g.jpg

Ci-dessus : Joan Bennett et Walter Pidgeon

man_2.jpg

Ci-dessus ; Walter Pidgeon et Roddy McDowall

52441174.jpg

36a9dff9-59ba-4a3d-85b2-000000000322.jpg

Disponible en Bluray et DVD zone 2 et B sous-titré en français dans un coffret magnifique, comprenant un livret explicatif.

Note : 8 / 10

26/12/2013

La Cinquième Victime / While the city sleeps - 1956

"La cinquième victime" est l'avant dernière oeuvre de Lang aux USA. C'est une de ses plus sombres. En effet, Lang n'a pas encore terminé "les contrebandiers de Moonfleet" quand on lui soumet le scénario de la cinquième victime. On sait que Lang sera peu satisfait de "Monfleet". En effet, il considérera que le film, lui a en parti échappé pour revenir dans les mains des producteurs, en particulier en ce qui concerne le montage final, où des scènes ont été supprimées et où une autre fin lui a été imposée. De plus l'oeuvre n' a pas obtenu le succès attendu. Lang semble en 1956,  un peu, à bout d'inspiration. Pourtant, il a encore des choses à dire dans "la cinquième victime". Mais ce qu'il dira, sera toujours teinté pour la plus grande partie de l'oeuvre, d'une profonde noirceure. Le film évoque deux intrigues principales : la direction d'une agence de presse, et le parcours d'un tueur psychopathe, obsédé par le meurtre de femmes. Lang va retravailler à fond le scénario de Casey Robinson, qui s'était lui même inspiré d'un roman, "the Bloody Spur". On sait que Lang aime la résonance et donc cette oeuvre fera échos au dernier film américain de Lang : "l'invraisemblable vérité" (1956), qui là aussi évoquera le milieu de la presse,

cinéma,cinema,dvd,bluray,film,films,acteur,actrice,hollywood,dana andrews,george sanders,howard duff,thomas mitchell,vincent price,sally forrest,rhonda fleming,ida lupino,james craig,robert warwick,mae marsh,john drew barrymore,herschel burke gilbert,fritz lang

Le csting est très bon avec Vincent Price en Président Directeur Général du groupe de presse, Thomas Mitchell en directeur des publications, et Georges Sanders en directeur de la communication, et Dana Andrews en journaliste d'investigation. Pour les vedettes féminines, on retrouve Ida Lupino en journaliste, Rhonda Fleming en femme du grand patron, et Sally Forrest. Pour Sally Forrest, on se rappelle surtout d'elle pour son interprétation sur scène d'une pièce qui deviendra un peu un film mythique de la comédie américaine. En effet, Sally interprétera 1141 fois, "Sept ans de Féflexion".

cinéma,cinema,dvd,bluray,film,films,acteur,actrice,hollywood,dana andrews,george sanders,howard duff,thomas mitchell,vincent price,sally forrest,rhonda fleming,ida lupino,james craig,robert warwick,mae marsh,john drew barrymore,herschel burke gilbert,fritz lang

Ci-dessus : Dana Andrews, Sally Forrest, et Thomas Mitchell

Toute l'oeuvre de Lang est donc tournée vers la noirceur. Noirceur des personnages dont la seule ambition est le pouvoir : ambition des directeurs vers la place qu'ils convoitent tout, et qui leur apportera succès et argent, ambition de pouvoir du tueur sur ses victimes. Ainsi, Lang donne ici une critique acerbe de la société américaine de 1956, comme si il savait que le ver est déjà dans le fruit. Ainsi, rien est obtenu normalement. Tous les rapports humains son pervertis. Le patron fait pression sur l'employé pour obtenir ce qu'il souhaite, et l'employé sur le policier. Enfin, tous les rapports humains sont faux. La femme du grand patron a une relation hors mariage avec l'un de ses directeurs, pour mieux le manipuler. Lang aborde ainsi le thème de la sexualité, sur un angle rarement abordé à Hollywood jusque là ou sinon avant que le fameux code de censure "Hays" n'ait été mis en place. La sexualité ne semble ici que perversité, adultère ou tromperie. Ainsi, le film de Lang sonne d'une étrange modernité, enveloppé qu'il est dans une réalisation très classique. Ainsi, le film se prend à tourmenter les héroïnes féminines.

cinéma,cinema,dvd,bluray,film,films,acteur,actrice,hollywood,dana andrews,george sanders,howard duff,thomas mitchell,vincent price,sally forrest,rhonda fleming,ida lupino,james craig,robert warwick,mae marsh,john drew barrymore,herschel burke gilbert,fritz lang

Ci-dessus : Rhonda Fleming et Vincent Price

Avec son casting de stars, Lange mélange, sexe, ambition, pouvoir, et meurtre dans un mélange novateur, comme rarement vu dans le cinéma de cette époque. Le film évoque les côtés les plus noirs de la société américaine des années 50. Mais il choque par sa modernité, qui évoque des oeuvres plus récentes comme "l'étrangleur de Boston" (1968) avec Tony Curtis, qui ira plus loin encore dans le sexe et la violence. Lang dénonce les travers de la société américaine de 1956. L'ambition, le pouvoir, le sexe, tout est en place pour la grande déflagration des années 60, qui culminera avec la mort de Kennedy, la guerre du Vietnam, puis avec la contre-culture. Lang ne pouvait voir tout cela en 1956, mais il pressentait la catastrophe. Et même si la fin du film, semble nous dire que rien ne changera, il en a trop dit avant, pour ne pas avoir laissé au spectateur, l'idée que ce monde touche à sa fin et que les décennies qui s'annoncent seront bien celles des grands bouleversements pour la société américaine et occidentale toute entière. En est on jamais sorti ? Le meilleur des mondes reste encore à inventer. Quant à Lang, il semble être allé ici, au bout de sa recherche formelle en terme de réalisation de film noir et ouvre donc une nouvelle voie pour d'autres films. Il réalisera donc un dernier film aux USA, "l'invraisemblable vérité", avant de renaître tel le Phénix, avec "le tigre du Bengale" (1958) et "le tombeau hindou" (1959), mais cette fois-ci dans des productions allemandes.

cinéma,cinema,dvd,bluray,film,films,acteur,actrice,hollywood,dana andrews,george sanders,howard duff,thomas mitchell,vincent price,sally forrest,rhonda fleming,ida lupino,james craig,robert warwick,mae marsh,john drew barrymore,herschel burke gilbert,fritz lang

Ci-dessus : Ida Lupino, Fritz Lang et Dana Andrews

Film disponible dans un magnifique coffret Wild Side en DVD zone 2 VF ou VO sous-titrée

 

Note : 8 / 10

07/12/2013

La Rue Rouge / Scarlet Street - 1945

"La rue rouge" est donc un film miroir à "la femme au portrait". Film miroir, car évidemment il reprend le même casting avec Edward G Robinson, Joan Bennett et Dan Duryea, mais aussi car il est une variation plus forte sur le même thème. Pour l'occasion Lang fonde sa propre compagnie de production, avec l'aide de Walter Wanger, mari de Joan Bennett. Mais le film sera distribué par Universal. L'intrigue est cette fois-ci, plus crue que celle de "la femme au portrait". Ainsi, Edward G Robinson tombe sur une femme (Joan Bennett) qui se fait frapper par un homme (Dan Duryea), la nuit, dans un quartier désert de Brooklyn. Le spectateur, comprend alors tout de suite, les relations qui unissent le personnage de Joan Bennett et Dan Duryea. Seul le personnage d'Edward G Robinson ne le comprend pas. Ainsi, c'est bien un terrible trio, qui va être mis en image. Edward G Robinson, sera le pigeon, Dyan Duryea l'ignoble souteneur et Joan Bennett la semi-prostituée, prête à tout pour un homme qui l'exploite, plus qu'il ne l'aime.

cinéma,cinema,film,films,dvd,bluray,acteur,actrice,hollywood,edward g. robinson,joan bennett,dan duryea,margaret lindsay,rosalind ivan,jess barker,charles kemper,anita sharp-bolster,samuel s. hinds,vladimir sokoloff,arthur loft,russell hicks,hans j. salter,fritz lang

Fritz Lang et les scénaristes ont totalement compris la psychologie féminine, souvent attirée par des êtres mauvais, nocifs mais dont elle tombe facilement amoureux. Ainsi, la violence, attire Joan Bennett, et elle le dit quasiment explicitement lorsqu'elle avoue à son amant, qu'Edward G Robinson le dégoute, car il ne voit pas dans ses yeux, la violence, qu'elle peut voir dans ceux de son mari. La bonté et la gentillesse sont pour elle un repoussoir sexuel. Mais Edward G Robinson, n'est pas seulement exploité. Il est aussi féminisé. Ainsi, il fait la vaisselle pour son épouse légitime. Il met un tablier de cuisine très féminin. Sa femme menace de mettre à la poubelle ses peintures et ses toiles, car elle n'en supporte plus l'odeur, ni la place qu'elles prennent dans leur petit appartement. Elle lui reproche enfin de ne rien pouvoir se payer à cause de lui. Sa virilité lui est donc refusée tout le long du film.

cinéma,cinema,film,films,dvd,bluray,acteur,actrice,hollywood,edward g. robinson,joan bennett,dan duryea,margaret lindsay,rosalind ivan,jess barker,charles kemper,anita sharp-bolster,samuel s. hinds,vladimir sokoloff,arthur loft,russell hicks,hans j. salter,fritz lang

Ci-dessus : Joan Bennett et Dan Duryea

Pire que ça, alors que la peinture est sa passion, son oeuvre va être volée et la célébrité lui échapper. On va donc assister à une longue déchéance du personnage, dont la fin se terminera dans les volutes d'un cigare. Autant en emporte le vent ... Passion, amour, travail, haine, crimes, et oeuvres d'art, toute sa vie lui échappera. Fritz Lang signe là, peut être sa plus belle oeuvre ou chaque plan, chaque objet a sa signification.  "La rue rouge" transforme l'essai de "la femme au portrait" de la plus belle des manières. On peut encore remercier Wild Side pour la superbe édition, associé à un livre. On regrettera malgré tout que l'éditeur n'ait pas eu l'idée de sortir ce film en Bluray, comme l'a fait Kino pour le marché anglo-saxon. Quoiqu'il en soit, il n'y a aucune raison, pour se priver d'un film d'une telle qualité.

cinéma,cinema,film,films,dvd,bluray,acteur,actrice,hollywood,edward g. robinson,joan bennett,dan duryea,margaret lindsay,rosalind ivan,jess barker,charles kemper,anita sharp-bolster,samuel s. hinds,vladimir sokoloff,arthur loft,russell hicks,hans j. salter,fritz lang

Ci-dessus : Edward G Robinson et Jona Bennett

cinéma,cinema,film,films,dvd,bluray,acteur,actrice,hollywood,edward g. robinson,joan bennett,dan duryea,margaret lindsay,rosalind ivan,jess barker,charles kemper,anita sharp-bolster,samuel s. hinds,vladimir sokoloff,arthur loft,russell hicks,hans j. salter,fritz lang

cinéma,cinema,film,films,dvd,bluray,acteur,actrice,hollywood,edward g. robinson,joan bennett,dan duryea,margaret lindsay,rosalind ivan,jess barker,charles kemper,anita sharp-bolster,samuel s. hinds,vladimir sokoloff,arthur loft,russell hicks,hans j. salter,fritz lang

Ci-dessus : Fritz Lang et Joan Bennett

 

Extrait :

Disponible chez Wild Side

Note : 8,5 / 10

06/12/2013

La femme au portrait / The Woman in the Window - 1944

"La femme au portrait" est peut être l'un des meilleurs films de Fritz Lang. Je n'ai pas besoin de retracer ici la carrière de Fritz Lang, qui était évidemment un réalisateur allemand, qui quitta l'Allemagne un peu tard, pour Paris, puis se rendit à Hollywood, En France, il réalise "Liliom" (1934). Puis n'ayant pas beaucoup de perspectives en France, il quitte la France pour Hollywood en juin 1934. En 1939, sa carrière de réalisateur semble terminée devant l'insuccès de "you and me". Mais il arrive à intéresser Darryl Zanuck, et ce dernier lui confie la réalisation de deux westerns : "Le retour de Frank James" (1940) et "les pionniers de la Western Union" (1941). Puis l'Allemagne déclarant la guerre aux USA, Lang se tourne vers la réalisation de films anti-nazis, comme "chasse à l'homme" ou "les bourreaux meurent aussi". En 1944, il fait une pause dans les films anti-nazis, et réalise la femme au portrait. Il faut savoir qu'il a déjà tourné avec Joan Bennett, dans "chasse à l'homme" (1941) et que ce sera une des ses héroïnes préférées. "Chasse à l'homme" est donc essentiel, car il met Lang en relation avec Joan Bennett, et son mari producteur : Walter Wanger. Joan Bennett devait tourner 4 fois sous la direction de Lang, donc d'abord dans "chasse à l'homme (1941), puis dans "la femme au portrait", dans "rue rouge" (1945) et enfin dans "le secret derrrière la porte" (1948). L'année 1944, marque un développement du film noir aux USA, avec "Laura", mais aussi "assurance sur la mort". "La femme au portrait" s'inscrit donc cette lignée. On sait aujourd'hui que c'est le scénariste Nunnally Johnson, qui imposa le choix de Fritz Lang pour ce film, comme celui de Joan Bennett. En effet, "la femme au portrait" est une production International Pictures, et Nunnally Johnson est un des co-fondateurs de ce studio qui sera rapidement absorbé par Universal. De plus, il avait connu Lang sur le tournage du "retour de Frank James" et l'appréciait pour ses talents de réalisateur.

cinéma,cinema,film,films,dvd,bluray,acteur,actrice,hollywood,edward g. robinson,joan bennett,raymond massey,edmund breon,dan duryea,thomas e. jackson,dorothy peterson,arthur loft,frank dawson,arthur lange,fritz lang

Lang utilise pour "la femme au portrait" et pour "la rue rouge" quasiment le même casting avec donc Joan Bennett, mais aussi Edward G Robinson, et Dan Duryea. Ce dernier joue dans les deux films une véritable crapule, maître chanteur par excellence. Je ne vais pas ici vous raconter toute l'histoire du film, car ce serait gâcher toute la surprise que donne ce grand film. Mais disons que le film est assez étrange pour attirer l'attention. On retrouve énormément de symboles et c'est bien la fin du film qui donnera une explication des moindres détails au spectateur. Ainsi, je ne dirais rien de l'intrigue si je vous raconte qu'Edward G Robinson, qui joue ici un célèbre criminologue se révèle confronter au reflet du modèle d'une peinture de femme qu'il voit dans une vitrine (voir image ci-dessous). Cette femme fatale entrainera notre héros dans une terrible aventure. C'est pour cela qu'il est assez difficile de dissocier "la femme au portrait" de "la rue rouge", mais pas seulement par le casting, mais parce que l'un et l'autre explore le thème de la manipulation, mais aussi du désir inassouvi et de la féminisation de l'Homme par des femmes sans scrupule.

cinéma,cinema,film,films,dvd,bluray,acteur,actrice,hollywood,edward g. robinson,joan bennett,raymond massey,edmund breon,dan duryea,thomas e. jackson,dorothy peterson,arthur loft,frank dawson,arthur lange,fritz lang

Ci-dessus : Edward G Robinson et Joan Bennett

Lang mélange aussi la sexualité, l'imagination, l'inconscient et le crime pour faire de ce film une oeuvre baroque, digne des plus grands. On ne peut que remercier Wild Side pour cette sortie et la mine d'information que contient l'ouvrage associé au coffret. On regrettera que l'éditeur n'est pas sortie le film en Bluray comme l'a fait un autre éditeur (Kino) pour "la rue rouge", mais pour le marché US avec une superbe copie. On finira par dire que, "La femme au portrait" était l'un des films préférés de Lang avec donc "La Rue Rouge". Rien d'étonnant à ça, au vu de la qualité cinématographique de l'ensemble. On remarquera également que dans "Laura" tourné la même année, mais cette fois-ci par Otto Preminger et avec Gene Tierney, il y avait aussi un portrait qui trônait en bonne place. "La rue rouge" devait 1 an plus tard, faire de la peinture l'élément principal du film, pour un mélange de thèmes encore plus savoureux.

cinéma,cinema,film,films,dvd,bluray,acteur,actrice,hollywood,edward g. robinson,joan bennett,raymond massey,edmund breon,dan duryea,thomas e. jackson,dorothy peterson,arthur loft,frank dawson,arthur lange,fritz lang

Ci-dessus : Edward G Robinson et Joan Bennett

cinéma,cinema,film,films,dvd,bluray,acteur,actrice,hollywood,edward g. robinson,joan bennett,raymond massey,edmund breon,dan duryea,thomas e. jackson,dorothy peterson,arthur loft,frank dawson,arthur lange,fritz lang

cinéma,cinema,film,films,dvd,bluray,acteur,actrice,hollywood,edward g. robinson,joan bennett,raymond massey,edmund breon,dan duryea,thomas e. jackson,dorothy peterson,arthur loft,frank dawson,arthur lange,fritz lang

Ci-dessus : Edward G Robinson et Joan Bennett

cinéma,cinema,film,films,dvd,bluray,acteur,actrice,hollywood,edward g. robinson,joan bennett,raymond massey,edmund breon,dan duryea,thomas e. jackson,dorothy peterson,arthur loft,frank dawson,arthur lange,fritz lang

Ci-dessus : Joan Bennett et Fritz Lang

La bande-annonce :

Disponible chez Wild Side en DVD zone 2 (coffret /Livre)

 

Note : 8 / 10

25/06/2013

Le démon s’éveille la nuit / Clash by Night - 1952

Concernant "le démon s'éveille la nuit", je dénoncerai tout d'abord l'affreuse copie qui nous est proposé par l'éditeur Zylo. Cette version n'est pas loin d'être calamiteuse. En effet, le premier tiers du film est particulièrement griffé, rayé, et presque trouble. Les deux autres tiers seront un peu meilleur, mais finalement la première partie laissera une mauvaise impression d'ensemble générale. Enfin plus grave, le film est proposé uniquement en version française. Alors, c'est vrai qu'on ne peut être que déçu devant cette pauvre édition. Concernant le film en lui même, il faut rapprocher "le démon s'éveille la nuit" d'un autre film de Lang, tourné cette fois-ci deux ans plus tard : "Désirs Humains". L'un et l'autre nous parle du même sujet : L'adultère.

MovieCovers-55106-173138-LE DEMON S'EVEILLE LA NUIT.jpg

Comme "désirs humains", "le démon s'éveille la nuit" est inspiré d'une oeuvre littéraire. Ici il s'agit d'une pièce de Clifford Odets. Il en modifie le contenu supprimant l'aspect social de l'oeuvre et changeant la fin. Concernant la scène d'introduction qui présente un village de pêcheur, le producteur pose cette question à Lang : "En tant qu’Européen, pensez-vous pouvoir filmer un village de pêcheurs ? ". Lang lui répondra que l’on peut apprendre beaucoup de choses, sauf à être cinéaste... On l’est ou on ne l’est pas. Le film présente un beau casting avec Barbara Stanwyck, Robert Ryan, Marilyn Monroe (dans un des ses premiers rôles) et Paul Douglas. Le ciel et les nuages sont présents dans le titre, ensuite il y a des plans sur les vagues se fracassant sur les récifs. Tout cela nous rappelle le début de "Mortal Storm" (1944), et Lang arrive à nous donner le sentiment que les désirs et passions humaines sont presque plus forts que la nature elle même.

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,hollywood,paul douglas,barbara stanwyck,robert ryan,marilyn monroe

Ci-dessus : Barbara Stanwyck et Robert Ryan

Chaque personnage représente une qualité ou un défaut. Barbara Stanwyck représente ici la femme insatisfaite à la recherche du grand frisson et ne supportant pas la monotonie de sa vie. Robert Ryan est la brute épaisse, et Paul Douglas est l'homme normal dans tout l'ennui de sa normalité. Et si le film touche c'est bien dans cette histoire d'un couple qui se déchire. Lang utilise très intelligement une nuisette et un parfum pour faire comprendre aux spectateurs qu'il y a eu une relation sexuelle entre les deux amants. L'intelligence du réalisateur est prodigieuse. Et on ne peut qu'applaudir des deux mains, ce cinéma qui suggère plus qu'il ne montre et qui n'évite par pour autant l'émotion.

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,hollywood,paul douglas,barbara stanwyck,robert ryan,marilyn monroe

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,hollywood,paul douglas,barbara stanwyck,robert ryan,marilyn monroe

Ci-dessus : Keith Andes et Marilyn Monroe

Note : 7 / 10 (si il en existe une version restaurée)

30/04/2013

Casier Judiciaire / You and me - 1938

"Casier Judiciaire" ou dans son titre américain, "You and me", est le troisième et dernier film de la collaboration entre Sylvia Sidney et Fritz Lang. Les deux premiers films, fruits de cette collaboration entre l'actrice et Lang sont, "Furie" (1936) et "J'ai le droit de vivre" (1937). Si "you and me" est le dernier film, il est aussi le plus faible. En effet, le film commence par une chanson, rappelant que tout doit se payer, puis par une romance entre George Raft et Sylvia Sidney, et continue par une autre chanson dans un cabaret où nos deux amoureux passent la soirée. Le film devait être une comédie musicale, mais Kurt Weill responsable de la musique quitta le navire en cours de tournage. Il ne restait comme possibilité, à Fritz Lang que de terminer le film en le faisant naviguer entre romance et film noir, mais en abandonnant l'idée d'origine, c'est à dire en faire une comédie musicale.

edit_preview.php.jpg

Ainsi, comme il a dérouté les spectateurs de l'époque, le film déroute et désarçonne toujours autant le spectateur d'aujourd'hui. En effet, le spectateur ne sait jamais si il regarde une comédie ou un film noir. Et lorsqu'on ne sait pas ce qu'on regarde, on a tendance à penser que ce n'est pas grand chose. Mais dans ces quelques lignes j'aimerai réhabiliter "you and me" qui si il a fait du tort à Fritz Lang n'est pas un si mauvais film. Ainsi, "You and me" bénéficie quand même d'une distribution intéressante on retrouve ainsi un George Raft aux accents bogartiens, mais donc aussi Sylvia Sidney qui a tourné auparavant "Rue sans issue" cette fois-ci avec Bogart. Et dans les seconds rôles on retrouve Barton MacLane, spécialisé dans les rôles de méchants, ou encore Robert Cummings dans un rôle minuscule, mais qui deviendra terriblement célèbre quelques années plus tard en tournant avec Hitchcock dans "Saboteur" (1942), ou dans "Crimes sans châtiments" (1942) sous la direction de Sam Wood. Enfin, on peut également citer Guinn "Big Boy" Williams qui était spécialisé dans les rôles de cowboys faire-valoir du héros et qui fait ici un chauffeur de taxi.

54114055.png

Ci-dessus : Sylvia Sidney

En plus d'une distribution intéressante, le film a un sujet assez plaisant à regarder, mais le scénario commence malheureusement quand le film est presque terminé. Et on ne peut reprocher à Lang d'avoir parfaitement réalisé la partie "comédie musicale", puis d'avoir réussi la partie romance mais également la dernière partie, que l'on pourrait qualifier de film noir. On a donc devant nous, un espèce d'Ovni cinématographique qui fascine autant qu'il peut écoeurer par moment, mais qui ne laisse jamais indifférent. Le film a d'ailleurs quelques scènes particulièrement intéressantes. Ainsi lorsque Sylvia Sidney explique par une leçon d'arithmétique, que le crime ne paye réellement pas, on sourit. Mais alors on rit vraiment quand un malfrat pose la question : "Mais les gros caïds forcément ils gagnent beaucoup plus !" Et Sylvia Sidney de répondre : "Oui, c'est vrai. Mais ce ne sont pas des petits escrocs, mais des politiciens !" On ne saurait mieux dire pour vous convaincre de regarder ce film étrange et atypique, dont on serait bien en peine de classer dans un genre quelconque, mais qui mérite mieux que l'opprobre générale dans lequel il est tombé jusqu'à aujourd'hui. En tous les cas ce film devait faire du mal à la carrière de Lang qui mit du temps à tourner et à retrouver un studio pour l'embaucher. Mais comme nous l'avons vu, c'est Zanuck qui devait lui redonner sa chance dans "le retour de Franck James (1939). Mais c'est une autre histoire.

You and Me.jpg

Ci-dessus : George Raft

DVD disponible en zone 2 sur le site d'Universal ou chez Gibert Joseph.

Note : 6 / 10

26/03/2013

Le retour de Frank James / The Return of Frank James - 1940

Suite du "brigand bien aimé" (1939), "le retour de Frank James" (1940) est un film de Fritz Lang. C'est un western très intéressant, car c'est le premier western de Lang mais aussi le premier film de l'admirable Gene Tierney et donc également un western en couleur, très peu courant en 1940. Je vais une fois n'est pas coutume laisser la parole à Patrick Brion et Bertrand Tavernier à travers  2 superbes présentations videos. Je ferai néanmoins un bémol par rapport à la très intéressante présentation de Mr Tavernier. Pour ma part, je crois que c'est faire un faux procès concernant le traitement des personnages de couleurs du film que de dire que le film est méprisant ou que Lang a voulu être méprisant à l'égard des noirs. En effet, après la guerre de sécession je ne pense pas que les rapports entre blancs et noirs devaient être différents de ceux mentionnés dans le film. C'est donc pour moi un souci de réalité du scénariste et de Lang. Il en va de même avec le personnage d'Henry Hull qui fait un journaliste avocat extrémiste, comme il devait en exister à la frontière de l'Ouest. Je pense que c'est un peu une erreur de vouloir juger ce cinéma et surtout l'après guerre de sécession retrospectivement avec un regard de notre époque.

le_retour_de_frank_james,0.jpg

Le film bénéficie si on peut dire d'un scénario de Sam Hellman qui n'arrive que rarement à ménager du suspens ou des temps forts et des rebondissements. C'est ce qui fait le plus de mal au film. Pour le reste, la jeune Gene Tierney est parfaite en journaliste innocente dont la beauté crève déjà l'écran. Je finirai sur une anecdote assez intéressante. En effet, Gene Tierney trouvera sa voix trop fluette en voyant son premier film, et se mettra donc à fumer après ce film.

a the return of frank james THERETURNOFFRANKJAMES-14.jpg

Ci-dessus : Henry Earl et Henry Fonda

cinéma, cinema, dvd, bluray, film, films, hollywood, acteur, actrice, henry fonda, gene tierney, John Carradine, fritz lang

cinéma,cinema,dvd,bluray,film,films,hollywood,acteur,actrice,henry fonda,gene tierney,john carradine,henry hull,fritz lang

Ci-dessus : Gene Tierney dans "le retour de Frank James"

Disponible en DVD zone 2 chez Sidonis

Présentation de Patrick Brion :

 

 

Présentation de Bertrand Tavernier :

 

 

Disponible dans certainss magasins Cora à 6,99 € (16,90 € sur Amazon)

cinéma,cinema,dvd,bluray,film,films,hollywood,acteur,actrice,henry fonda,gene tierney,john carradine,henry hull,fritz lang

 

Note : 6,5 / 10