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26/11/2015

Ma cousine Rachel / My cousin Rachel - 1952

J'ai eu du mal à revenir ici, car j'ai eu du mal à écrire après les attentats de Paris. Mais la vie doit reprendre son cours, ici comme ailleurs. La barbarie ne doit pas éteindre notre flamme et notre appel à la vie Nous devons nous souvenir des moments heureux de notre passé, et rêver à un monde meilleur dans le futur, où l'injustice, la violence, la bêtise, et la mort jamais ne triompheront. Pour ce faire, je vous propose de vous évader avec un DVD, "Ma cousine Rachel", édité par ESC, petit éditeur français qui gagne à être connu, à travers sa collection "Hollywood Legends" qui reprend quelques grands films de la Twentieth Century Fox. On a eu droit dernièrement à de nouveaux titres, et si quelques uns sont déjà sortis dans de luxueuses éditions américaines, d'autres sont totalement inédits et c'est bien le cas de "Ma cousine Rachel", qui arrive sur le marché français et qui est disponible sur Amazon, à la Fnac, ou chez Gibert Joseph. "Ma cousine Rachel" est un film en noir et blanc, d'Henry Koster, inspiré du roman de Daphné Du Maurier à qui on devait également, "Rebecca" ou "l'auberge de la Jamaïque".

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Etrangement, "Ma cousine Rachel" n'a pas de très bonnes critiques sur internet. Peut être, la réalisation très classique de Koster, n'a pas ému les critiques cinéphiles. Pourtant, moi je l'ai aimé, pour plusieurs raisons et tout d'abord, pour la magnifique photographie noir & blanc de Joseph LaShelle, un maître absolu, qui travaille les ombres et les clairs obscurs comme personne. Wikipédia nous renseigne d'ailleurs à son sujet, et on trouve le concernant : Joseph LaShelle, technicien réputé de la Fox, notamment pour le noir et blanc, son nom reste associé à Otto Preminger, réalisateur avec lequel il collabora six fois tout au long de sa carrière (la première, sur "Laura", lui offrira l’oscar alors qu’il était encore débutant, en 1945). Dans les années 1960, il travailla quatre fois avec Billy Wilder (pour La Garçonnière, par exemple), et deux fois avec John Ford (notamment sur son dernier film, Frontière chinoise). Ponctuellement, il assista Ernst Lubitsch, Joseph L. Mankiewicz, Raoul Walsh ou encore Richard Thorpe. Enfin, attaché à son studio, on le retrouve dans quelques films de réalisateurs "maison", considérés comme plus mineurs, tels que Henry King, Irving Pichel, Walter Lang ou John M. Stahl. On a donc à la photographie un très grand monsieur. A cela il faut ajouter deux acteurs principaux magistraux : Richard Burton alors tout jeune, et Olivia De Havilland, sans doute dans les dernières belles années de sa carrière. Enfin, il faut bien parler de l'apport d'un scénariste de renom en la personne de Nunnaly Johnson à qui l'on doit de très grands succès du cinéma hollywoodien et une collaboration avec John Ford, sur "la route du tabac" (1941). Les costumes ne sont pas non plus en reste, et la musique du génie Franz Waxman, fait aussi beaucoup pour rendre cette oeuvre baroque, gothique, étrange, mais aussi touchante et belle, et dont le souvenir nous poursuit bien après sa vision. Il faut voir et revoir "Ma cousine Rachel" ne serait-ce que pour sa photographie ou pour son étrange final qui nous laisse profondément perplexe mais tout aussi comblé. Cela tombe bien, ESC nous donne à le redécouvrir dans un master assez correct même en projection grand écran.

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Ci-dessus : Olivia De Havilland & Richard Burton

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Ci-dessus : George Dolenz, Olivia De Havilland & Richard Burton

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Ci-dessus : Olivia De Havilland & Richard Burton

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Ci-dessus : Olivia De Havilland, Audrey Dalton & Richard Burton

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Ci-dessus : Audrey Dalton & Richard Burton

Extrait de la musique de Franz Waxman :

 

La bande-annonce :

Disponible sur Amazon, en DVD zone 2 VO sous-titrée français uniquement

 

 

Note : 8 / 10

08/11/2015

La fiancée de Frankenstein / The bride of Frankenstein - 1935

Le monstre était mort dans un moulin en flammes. Mais devant la mine d'or du premier épisode, les producteurs de l'Universal se décidèrent à faire travailler de nouveau des scénaristes pour "la fiancée de Frankenstein". Le film porte assez mal son nom, car la fameuse fiancée, n'en est pas une et apparaît seulement dans les cinq dernières minutes du film. Le film concentre donc son action, sur la suite des aventures du monstre, qui connaît d'autres échecs dans ses rencontres avec les humains. Le réalisateur James Whale, est de nouveau à l'ouvrage. On retrouve également Boris Karloff, Colin Clive dans le rôle du Docteur Frankenstein. Dwight Frye réapparaît cette fois-ci dans le rôle de Karl. On retrouve également avec plaisir,  Una O'Connor en servante absente du précédent film, et Elsa Lanchester dans le rôle de Mary Shelley, et de la "fiancée" du monstre. Elsa Lanchester restera célèbre pour ce rôle, mais aussi pour avoir été la compagne de Charles Laughton. Pour la petite histoire, elle écrira que Charles Laughton était homosexuel et que c'est pour cela qu'elle n'eut jamais d'enfant. Maureen O'Hara qui appréciait Charles Laughton, racontera de son côté, que c'était faux et que l'infertilité du couple venait de deux avortements mal réalisés d'Elsa Lanchester. Quoiqu'il en soit et pour en revenir au film, on peut dire que ce deuxième épisode, surpasse quasiment le premier, par son insondable noirceur et les échecs successifs du monstre à nouer des relations avec des êtres humains. Ainsi, même le vieillard aveugle rencontré dans la cabane, qui devient son ami, ne peut empêcher des chasseurs de venir pourchasser le monstre jusque dans sa maison. Le malheur et la mort semblent poursuivre la destinée du monstre et surtout de ceux qui le rencontrent. Même sa compagne ne peut rien ou ne veut rien faire pour lui. Et Valerie Hobson, arrive à angoisser le spectateur par son évocation d'une mort qui rode. L'enfer c'est les autres disait Sartre, et il est vrai que c'est un peu le concept de ce film. Par conséquent la décision du monstre est de retourner à sa tombe. On notera enfin, au crédit du film, le recrutement de Franz Waxman à la musique, qui nous donne une musique symphonique aux accents baroques très étonnants, mais qui soutient bien l'action et sait créer un climat d'angoisse vis à vis d'un monstre dont ni les spectateurs ni les protagonistes ne pourront échapper. Comme devant le premier épisode, on reste aujourd'hui toujours autant fasciné par ce cinéma d'épouvante, créateur d'un mythe cinématographique.

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Ci-dessus : Boris Karloff

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Ci-dessus : Elsa Lanchester & Boris Karloff

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Ci-dessus : Elsa Lanchester & Colin Clive

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Ci-dessus : Colin Clive, Elsa Lanchester & Ernest Thesiger 

 

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Ci-dessus : Elsa Lanchester

Extrait de la musique de Franz Waxman :

 Disponible en Bluray dans le coffret "épouvante" / Monsters édité par l'Universal

 

Note : 7,5 / 10

22/07/2015

Les passagers de la nuit / Dark Passage - 1947

1947, Humphrey Bogart était devenu une immense vedette. C'était bien fini le temps d'un Bogart, jouant le rôle de faire-valoir du héros, ou qui se complaisait dans le rôle de méchant de service, comme dans "la caravane héroïque" (1940) ou dans de très nombreux films de gangsters des années 30. Comme beaucoup de mes lecteurs le savent c'est surtout "Casablanca" (1942) qui a changé la donne de la carrière de Bogart, et le monde découvre alors un talent qu'il avait aperçu jusqu'alors de loin, dans quelques grands films, comme "une femme dangereuse" (1940), ou encore "la grande évasion", "le faucon maltais" (1941). Dans ces deux derniers films, Bogart assumait pleinement son statut de vedette mais pas encore d'immense star, qu'il allait devenir un an plus tard. Et donc depuis "Casablanca" (1942), Bogart enchaine les très grands films. Les plus célèbres de cette période sont évidemment, "le port de l'angoisse" (1944), "le grand sommeil" (1946) et plus tard "Key Largo" (1948), tous les trois tournés avec sa compagne à la ville, Lauren Bacall. Bogart / Bacall, est bien le couple mythique du Hollywood de cette époque. Et c'est un des rares qui a survécu à la folie du système hollywoodien. Pour en revenir, à notre film, "les passagers de la nuit", est le troisième film de Bogart avec Bacall. Il tourné en noir & blanc, par Delmer Daves pour le compte de la Warner Bros, le film est à classer dans la catégorie film noir et dans les excellents films de Delmer Daves. Delmer Daves on se souvient de lui pour ses films noirs, mais aussi pour ses westerns originaux. Ainsi, dans "la flèche brisée" (1950), il se mettait du côté des indiens, et montrait l'iniquité de la justice des blancs envers, les natifs américains. Dans "3H10 pour Yuma", il mettait en scène un scénario de film noir, dans l'univers du western. Comme souvent dans sa carrière, Delmer Daves est réalisateur des "passagers de la nuit", mais également scénariste.

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Le film est une réussite par son casting, son scénario, mais aussi de par sa réalisation incroyablement novatrice pour l'époque. Ainsi, dans ses 10 premières minutes, Daves filme en perspective en se plaçant dans la peau du personnage joué par Bogart. Le spectateur est donc scotché à son fauteuil, se demandant qu'elle va être la suite de l'histoire et que va faire le héros. Dès le départ, Daves arrive ainsi à mobiliser l'attention du spectateur. Il va avoir de nouveau recours à ce procédé dans le premier tiers du film. Ainsi, pendant 40 minutes, on ne voit jamais le visage de Bogart. Cela donne au film, un ton tout à fait particulier pour l'époque et assez unique. Et l'épisode du cauchemar de Bogart est tout aussi marquant. Mais "les passagers de la nuit", c'est aussi le tournage dans un San Francisco brumeux de 1947, qui donne au film un caractère poétique. Cette ville filmée, le plus souvent la nuit ou au petit matin, fait beaucoup pour mettre le film, bien au-dessus du lot. Daves, dans son plaisir à filmer le visage des acteurs, fait contraste à sa volonté de ne pas filmer le visage de Bogart dans le premier tiers du film. A tout cela, il faut ajouter la belle musique de Franz Waxman, aidé de Max Steiner, qui l'un et l'autre font également, beaucoup pour rendre le film marquant. "Les passagers de la nuit" est donc une très belle réussite, filmé avec beaucoup de poésie. Ce film possède encore aujourd'hui un charme fou. Il mériterait sans aucun doute, une restauration et une sortie Bluray, ne serait ce que pour son côté documentaire, et sa plongée dans le San Francisco de 1947. Parfois il m'arrive de me demander, si la Warner sait mettre en valeur les pépites qu'elle possède dans son catalogue.

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Ci-dessus : Lauren Bacall (avec Bogart que l'on doit imaginer en face d'elle)

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Ci-dessus : Bogart (au fond) et au premier plan Tom D'Andrea

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Ci-dessus : Lauren Bacall & Humphrey Bogart

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Ci-dessus : Lauren Bacall & Humphrey Bogart

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Ci-dessus : Excellent plan de Daves, qui montre la menace dans le dos de Bogart

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Ci-dessus : Agnes Moorehead (dont la personnalité perverse de son personnage est mis en valeur magnifiquement dans ce plan rapproché)

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Ci-dessus : Humphrey Bogart & Agnes Moorehead

 

La bande-annonce :

Disponible en DVD Zone 2 ou DVD zone 1 chez Warner en VO sous-titrée (je ne sais pas si il y a une VF sur le zone 2, possédant l'édition zone 1 sous-titrée français).

Note : 8 / 10

05/04/2013

Le crime était presque parfait / The unsuspected - 1947

Il ne sera pas question ici du film d'Hitchcock, "le crime était presque parfait" avec Ray Milland, Grace Kelly et Robert Cummings de 1954, mais bien de la version éponyme de Michael Curtiz tournée en 1947. Pourtant c'est bien au film noir et à Hitchcock que cette version de Curtiz fait référence. Mais ce qui fait sortir "The unsuspected" de la production courante ou au mieux de la médiocre production d'un film noir bas de gamme, c'est bien la réalisation extraordinaire de Curtiz. Vous pouvez me croire j'en ai vu des films de Curtiz, que ce soit "Captain Blood" (1935),  'la charge de la brigade légère (1936), "les aventures de Robin des Bois" (1938), "l'aigle des mers (1940), Casablanca (1942) ... et je n'ai pas le souvenir d'avoir vu un de ses films aussi bien réalisé. Curtiz s'est clairement dépassé ici. Le film commence d'ailleurs par une ombre menaçante filmée, et on sent tout de suite cette ombre comme une menace prête à réaliser l'indicible, c'est à dire tuer. Et le jeu sur les ombres, sur les visages sur les lumières va être poursuivi tout le long du film. On ne peut qu'être totalement éblouï par le travail de Curtiz. On a tendance à dire, en voyant un film : "je cherchais un bon plan j'en ai vu aucun". Ici vous verrez des dizaines de plans, plus magnifiques les uns que les autres.

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La distribution qui comprend la très belle Audrey Totter, Constance Bennett, Joan Caulfield, Hurd Hatfield, Michael North, et Fred Clark est dominée de la tête et des épaules par la prestation de Claude Rains. Alors Claude Rains vous le connaissez sûrement, on se souvient tous de sa prestation en Prince Jean dans "les aventures de Robin des bois" ou dans des films avec Bette Davis, comme les très beaux "Mr Skeffington" (1944), "une femme à la recherche de son destin", ou dans "crimes sans châtiment" (1942) ou encore "le loup garou" (1941). Hurd Hatfield c'est quant à lui l'homme d'un seul rôle, celui du beau jeune homme du "portrait de Dorian Gray" '(1945). Constance Bennett était une star des années 30. On se souvient d'elle dans "What Price Hollywood ?" par exemple.

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Ci-dessus une photo de Hurd Hatfield

Le scénario est très bien construit même si il est clairement difficile à appréhender au début et donne quelque peu le tourni. On retrouve d'ailleurs comme dans  "Laura" un tableau de l'héroïne principale qui trone au milieu du salon. Les défauts du film sont peut être l'omniprésence de Claude Rains qui finit par vampiriser le film à lui tout seul et à rendre les autres acteurs presque peu crédibles, et en particulier le personnage joué par Joan Caufield qui semble presque niais. Enfin les dialogues ne sont pas toujours à la hauteur de la formidable réalisation de Curtiz.

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Ci-dessus : Audrey Totter dans "the unsuspected"

Il n'en reste pas moins que le film est une grande réussite cinématographiquement parlant. On en prend plein les yeux. Et c'est réellement fascinant de voir Curtiz ainsi dépasser son propre niveau. Si on ajoute à ce film la belle musique de Franz Waxman qu'on a connu malgré tout un peu plus inspiré, il est difficile de ne pas mettre une très bonne note à ce métrage et de ne pas avoir envie de revoir, la séance terminée. On ne peut donc que remercier chaleureusement la Warner d'avoir sorti cette oeuvre de l'oubli dans lequel elle était tombée. On espère bien d'autres sorties de ce type à l'avenir dans cette série "films criminels" ou dans une autre, car c'est tout simplement du grand cinéma.

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Ci-dessus Claude Rains et Joan Caulfield

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Ci-dessus : un exemple des plans assez incroyables de Curtiz sur ce film. Notez le jeu des ombres sur l'image et la distance au personnage qui crée le malaise voulu par le réalisateur.

 

Film disponible en DVD Zone 2 (sous titré français) sur le site de la Warner.

 

Bande-annonce :


Note : 8 / 10

 

28/02/2013

Franz Waxman ou le génie symphonique !

Nous allons commencer cette nouvelle rétrospective portant sur les grands compositeurs d'Hollywood  par rendre hommage à un très grand compositeur : Franz Waxman. Il a construit avec de la musique symphonique les plus belles pages de la musique de films. On connaît tous une de ses compositions, mais qui se souvient que c'est le génie de Franz Waxman qui les a créées. Il fut nommé 12 fois pour les Oscar de la meilleure musique de film et gagna l'Oscar deux années consécutives (1950) et (1951) pour "Boulevard du Crépuscule" et pour "une place au soleil". Et que dire de la musique de Rebecca (1940) ou de "la seconde Madame Carroll" que l'on peut retrouver sur ce blog. Franz Waxman ? un génie je vous dis. Hollywood Classic ne pouvait que lui rendre un vibrant hommage pour l'ensemble de son oeuvre, qu'il est urgent de redécouvrir.

 

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Musique de films de Franz Waxman

  • 1930 : Das Kabinett des Dr. Larifari
  • 1930 : Le Cambrioleur (Einbrecher)
  • 1931 : Der Mann, der seinen Mörder sucht
  • 1931 : Das Lied vom Leben
  • 1932 : Das Erste Recht des Kindes
  • 1932 : Un peu d'amour
  • 1932 : Das Mädel vom Montparnasse
  • 1932 : Scampolo, ein Kind der Straße
  • 1932 : Paprika
  • 1933 : The First Offence
  • 1933 : Paprika
  • 1933 : The Only Girl
  • 1933 : Ich und die Kaiserin
  • 1933 : Gruß und Kuß - Veronika
  • 1934 : Mauvaise graine
  • 1934 : Liliom
  • 1934 : La crise est finie
  • 1934 : Dédé
  • 1935 : La Fiancée de Frankenstein (Bride of Frankenstein)
  • 1935 : The Affair of Susan
  • 1935 : Diamond Jim
  • 1935 : Three Kids and a Queen
  • 1935 : Cocktails et Homicides (Remember Last Night?)
  • 1935 : Le Secret magnifique (Magnificent Obsession)
  • 1936 : Dangerous Waters
  • 1936 : Don't Get Personal
  • 1936 : L'or maudit (Sutter's Gold)
  • 1936 : Le Rayon invisible (The Invisible Ray), de Lambert Hillyer
  • 1936 : Ce que femme veut (Love Before Breakfast)
  • 1936 : Absolute Quiet
  • 1936 : Furie (Fury)
  • 1936 : Trouble for Two
  • 1936 : Les Poupées du diable (The Devil-Doll) de Tod Browning
  • 1936 : La Fièvre des tropiques (His Brother's Wife)
  • 1936 : Loufoque et Cie (Love on the Run)
  • 1937 : Capitaines courageux (Captains Courageous)
  • 1937 : L'Inconnue du palace (The Bride Wore Red)
  • 1937 : Valet de cœur (Personal Property)
  • 1937 : The Emperor's Candlesticks
  • 1938 : Man-Proof
  • 1938 : Le Retour d'Arsène Lupin (Arsène Lupin Returns)
  • 1938 : Pilote d'essai (Test Pilot)
  • 1938 : Trois camarades (Three Comrades)
  • 1938 : Port of Seven Seas
  • 1938 : Un Envoyé très spécial (Too Hot to Handle)
  • 1938 : La Famille sans-souci (The Young in Heart)
  • 1938 : L'Ensorceleuse (The Shining Hour)
  • 1938 : Coup de théâtre (Dramatic school)
  • 1938 : A Christmas Carol (en)
  • 1939 : Les Aventures d'Huckleberry Finn (The Adventures of Huckleberry Finn)
  • 1939 : Fast and Loose
  • 1939 : Bridal Suite
  • 1939 : L'étrange sursis (On Borrowed Time)
  • 1939 : La Dame des tropiques (Lady of the Tropics)
  • 1939 : Fast and Furious
  • 1939 : Henry Goes Arizona
  • 1940 : Le Cargo maudit (Strange cargo)
  • 1940 : Rebecca
  • 1940 : La Vie de Thomas Edison (Edison, the Man)
  • 1940 : Floria
  • 1940 : Sporting Blood
  • 1940 : I Love You Again
  • 1940 : La Fièvre du pétrole (Boom Town)
  • 1940 : Escape
  • 1940 : Indiscrétions (The Philadelphia Story)
  • 1940 : Flight Command
  • 1941 : The Bad Man
  • 1941 : Dr. Jekyll et Mr. Hyde (Dr. Jekyll and Mr. Hyde)
  • 1941 : Unfinished business
  • 1941 : Franc jeu (Honky Tonk)
  • 1941 : The Feminine Touch
  • 1941 : Soupçons (Suspicion)
  • 1941 : Kathleen
  • 1941 : Design for Scandal
  • 1942 : La Femme de l'année (Woman of the Year)
  • 1942 : Her Cardboard Lover
  • 1942 : Journey for Margaret
  • 1942 : Seven Sweethearts
  • 1942 : Quelque part en France (Reunion in France)
  • 1943 : Air Force
  • 1943 : L'Ange des ténèbres (Edge of Darkness)
  • 1943 : Madame Curie
  • 1943 : Destination Tokyo
  • 1943 : L'Impossible Amour (Old Acquaintance)
  • 1944 : In Our Time
  • 1944 : Femme aimée est toujours jolie (Mr. Skeffington)
  • 1944 : Janie
  • 1944 : Le Port de l'angoisse (To Have and Have Not)
  • 1944 : The Very Thought of You
  • 1945 : Aventures en Birmanie (Objective, Burma!)
  • 1945 : God Is My Co-Pilot
  • 1945 : Hotel Berlin
  • 1945 : The Horn Blows at Midnight
  • 1945 : L'Orgueil des marines (Pride of the Marines)
  • 1945 : Agent secret (Confidential Agent)
  • 1946 : Humoresque
  • 1946 : Her Kind of Man
  • 1947 : L'Amant sans visage (Nora Prentiss)
  • 1947 : La Seconde Madame Carroll (The Two Mrs. Carrolls)
  • 1947 : Le Loup des sept collines (Cry Wolf)
  • 1947 : La Possédée (Possessed)
  • 1947 : Les Passagers de la nuit (Dark Passage)
  • 1947 : Le crime était presque parfait (The Unsuspected)
  • 1947 : That Hagen Girl
  • 1947 : Le Procès Paradine (The Paradine Case)
  • 1948 : Raccrochez, c'est une erreur (Sorry, Wrong Number)
  • 1948 : No Minor Vices
  • 1948 : Whiplash
  • 1949 : Un pacte avec le diable (Alias Nick Beal)
  • 1949 : Night Unto Night
  • 1949 : La Corde de sable (Rope of Sand)
  • 1949 : Horizons en flammes (Task Force)
  • 1949 : Johnny Holiday
  • 1950 : Boulevard du crépuscule (Sunset Blvd.)
  • 1950 : Les Furies (The Furies)
  • 1950 : La Main qui venge (Dark City)
  • 1951 : Fort Invincible (Only the Valiant)
  • 1951 : Menaces dans la nuit (He Ran All the Way)
  • 1951 : Une place au soleil (A Place in the Sun)
  • 1951 : La Flibustière des Antilles (Anne of the Indies)
  • 1951 : La Femme au voile bleu (The Blue Veil), de Curtis Bernhardt
  • 1951 : Montagne rouge (Red Mountain)
  • 1951 : Le Traître (Decision Before Dawn)
  • 1952 : Appel d'un inconnu (Phone Call from a Stranger)
  • 1952 : Lure of the Wilderness
  • 1952 : Reviens petite Sheba (Come Back, Little Sheba)
  • 1952 : Ma cousine Rachel (My Cousin Rachel)
  • 1953 : Les Bagnards de Botany Bay (Botany Bay)
  • 1953 : Man on a Tightrope
  • 1953 : I, the Jury
  • 1953 : A Lion Is in the Streets
  • 1954 : Fenêtre sur cour (Rear Window )
  • 1954 : Prince Vaillant (Prince Valiant)
  • 1954 : La Piste des éléphants (Elephant Walk)
  • 1954 : Les Gladiateurs (Demetrius and the Gladiators)
  • 1954 : This Is My Love
  • 1954 : Le Calice d'argent (The Silver Chalice)
  • 1955 : Tant que soufflera la tempête (Untamed)
  • 1955 : Le Seigneur de l'aventure (The Virgin Queen)
  • 1955 : Permission jusqu'à l'aube (Mister Roberts)
  • 1955 : Gunsmoke ("Gunsmoke") (série TV)
  • 1955 : La Rivière de nos amours (The Indian Fighter)
  • 1956 : Miracle in the Rain
  • 1956 : Face au crime (Crime in the Streets)
  • 1956 : Les Échappés du néant (Back from Eternity)
  • 1957 : The Twentieth Century (série TV)
  • 1957 : L'Odyssée de Charles Lindbergh (The Spirit of St. Louis)
  • 1957 : Ariane (Love in the Afternoon)
  • 1957 : Sayonara
  • 1957 : Les Plaisirs de l'enfer (Peyton Place)
  • 1958 : L'Odyssée du sous-marin Nerka (Run Silent Run Deep)
  • 1958 : Retour avant la nuit (Home Before Dark)
  • 1959 : Count Your Blessings
  • 1959 : Au risque de se perdre (The Nun's Story)
  • 1959 : En lettres de feu (Career)
  • 1959 : Un matin comme les autres (Beloved Infidel)
  • 1960 : The Story of Ruth
  • 1960 : Full Circle (série TV)
  • 1960 : Sunrise at Campobello
  • 1960 : La Ruée vers l'Ouest (Cimarron)
  • 1961 : Les lauriers sont coupés (Return to Peyton Place)
  • 1961 : King of the Roaring 20's - The Story of Arnold Rothstein
  • 1962 : Ma geisha (My Geisha)
  • 1962 : Aventures de jeunesse (Hemingway's Adventures)
  • 1962 : Le Virginien ("The Virginian") (série TV)
  • 1962 : Tarass Bulba (Taras Bulba)
  • 1963 : Arrest and Trial (série TV)
  • 1963 : Le Fugitif ("The Fugitive") (série TV)
  • 1964 : Peyton Place ("Peyton Place") (série TV)
  • 1966 : Les Centurions (Lost Command)
  • 1967 : L'Évasion la plus longue (The Longest Hundred Miles) (TV)
  • 1968 : To Die in Paris (TV)
  • 1984 : Mira y verás

 

24/02/2013

La piste des éléphants / Elephant walk - 1954

"La piste des éléphants" est un film de William Dieterle produit par la Paramount et tiré du roman de Robert Standish. Le film devait mettre à l'écran le couple Laurence Olivier et Vivien Leigh. Mais Olivier était déjà sur un autre projet "The Beggar's Opera" (l'opéra des gueux) et donc Peter Finch fut choisi. Quant à Vivien Leigh, elle commença donc à tourner à Ceyland. Mais sa maladie mentale devait se déclencher sur le tournage et on se décidait à la remplacer par Elizabeth Taylor. Cette dernière était alors au top de son succès, ayant déjà tournée par exemple, "Ivanhoé" en 1952, ou "Quo Vadis" en 1951. Elle devait tourner "le Beau Brummel" avec Stewart Granger la même année ou "Géant" 2 ans plus tard. Le casting devait être complété par Dana Andrews qui est l'inoubliable inspecteur du "Laura" de Preminger. Le film est uniquement tenu par ces 3 stars et par l'omniprésence d'un homme décédé.

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Le scénario est particulièrement intéressant car il offre une intrigue assez envoutante. En effet, une jeune femme (Elizabeth Taylor) va partir à Ceyland, se décider à vivre dans l'immense demeure de son mari. Mais cette immense maison a été construite sur la piste qui mène les éléphants à la rivière. Cette maison construite par le père de l'homme qu'elle aime, devient rapidement un lourd fardeau pour elle. Pire, elle ne comprend pas la lutte de son mari contre la nature, toujours plus oppressante et amenant successivement la sécheresse, le choléra, et enfin une terrible charge d'un immense troupeau d'éléphants. Ainsi, le scénario est implacable et on sait dès le début du film que cette maison est maudite et qu'elle sera le lieu d'un immense drame.

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Il faut bien le dire, Elizabeth Taylor est divine, non seulement par sa beauté, mais aussi et surtout par son talent d'artiste accomplie. Cette femme joue tellement bien qu'elle n'a pas besoin de parler pour que le public instantanément sache ce qu'elle ressent. Elle sait passer l'ensemble de ces émotions au spectateur uniquement par les expressions de son visage. C'est assez impressionnant. Il faut bien le reconnaître.

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Ci-dessus : Peter Finch

Peter Finch et Dana Andrews s'en tirent plutôt bien même si ils n'arrivent pas à concurrencer l'incroyable magnétisme de Taylor. Le film aborde des thèmes qui m'ont particulièrement intéressé : la défense de son foyer, la loyauté envers un père mort etc. Je ne vais pas vous raconter ma vie. Mais je vous dirai que j'ai trouvé un certain réconfort dans ce film, ayant aussi vécu un deuil. Je pense que la leçon du film est que le plus important reste la vie, quelque soit notre amour ou notre relation avec un être cher disparu : l'eau et la vie pour les éléphants, mais aussi la vie pour le couple Taylor/Finch, loin de la maison du père et de sa présence invisible dans les actions de chaque habitant. C'est une formidable leçon et donc un très beau film où l'immense drame finale devient finalement source d'une vie nouvelle, plus belle, mais ailleurs que sur la piste des éléphants. Si on rajoute la formidable musique symphonique de Franz Waxman à tout ça, "la piste des éléphants" est un film à découvrir en urgence, qui vaut beaucoup mieux que son titre le laisse supposer au premier abord, et qui brille de tout l'éclat d'une immense star alors à son zénith.

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La bande-annonce :

 

Note : 7,5  / 10

14/12/2012

Boulevard du Crépuscule / Sunset Boulevard - 1950

Dans le cadre de sa récente sortie Bluray, j'évoquerai ici "Boulevard du Crépuscule" écrit et réalisé par Billy Wilder. Le film évoque la vie recluse d'une ancienne star du muet à Hollywood (Gloria Swanson) et de sa rencontre avec un jeune scénariste (William Holden). Sur ce sujet relativement simple va se greffer toute l'horreur d'Hollywood, montré comme un milieu qui se sert des gens, les manipule et les rejette quand le succès est passé. L'écriture du scénario commença en 1948 et 3 personnes travaillèrent successivement sur le script ; Billy Wilder, Charles Brackett, D.M. Marshman Jr. Quand on sait, l'acharnement de Wilder à vouloir conserver un scénario cohérent on peut imaginer qu'il devait garder le dernier mot sur l'élaboration finale du dit scénario. Le script réservait d'ailleurs de terribles répliques comme : "Très bien, M. DeMille, je suis prête pour mon gros plan !" ou encore "Je suis grande ! C’est le cinéma qui est devenu petit." Ces répliques sont restées à jamais mythiques. Wilder d'abord scénariste à Hollywood rendit un script parfait avec dans la colonne de gauche toutes les indications de jeu et de tournage pour les comédiens.

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Le scénario en cours d'achèvement il fallut se mettre en quête d'une star du muet capable de prendre le rôle. Et après avoir interrogé succssivement Greta Garbo, Mae West, Mary Pickford, Pola Negri aucune ne faisait l'affaire ou refusait un film qui devait les faire passer pour des "has been". C'est alors George Cukor qui suggéra le nom de Gloria Swanson. On sait aujourd'hui que Gloria Swanson avait une vie très active à l'époque animant des émissions de radio et télévision. Mais l'enthousiasme entourant le film la décide à accepter le rôle. Pour le rôle du scénariste Joe Gillis, Wilder pensait d'abord à Montgomery Montgomery Clift, mais se décide finalement à choisir un jeune acteur dont la carrière est à ce moment là, au creu de la vague : William Holden. En effet en 1950, Holden était très loin d'être au top de sa carrière. Wilder devait se dire qu'ainsi, il serait encore meilleur dans son rôle de scénariste fauché à la recherche d'un job pour survivre.

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Ci-dessus : Erich Von Stronheim et William Holden

Pour le rôle du célèbre majordome ex réalisateur ruiné, on trouva Erich Von Stroheim qui était également dans la vraie vie, un ex-réalisateur ruiné par le cinéma et qui avait tourné le dernier film célèbre de Gloria Swanson : "Queen Kelly". "Queen Kelly" financé par John Kennedy le père de JFK (amant de Gloria Swanson à l'époque) devait se révéler un gouffre financier et clôturer la carrière de Stonheim comme réalisateur. Enfin pour le rôle de Betty Schaefer (la jeune scénariste inexpérimentée amoureuse d'Holden), Wilder choisit un visage nouveau en la personnde de Nancy Olson. Le casting est donc parfait, chaque acteur correspondant parfaitement à son rôle : une star du muet oubliée, un jeune acteur au creu de la vague, une nouvelle actrice, et un réalisateur maudit. Que pouvait il y avoir de mieux pour ce casting ?

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Ci-dessus Gloria Swanson dans "Boulevard du Crépuscule"

Mais ce n'est pas tout, Wilder devait s'entourer de toute une équipe qui allait faire de "Boulevard du Crépuscule" le chef-d'oeuvre que le monde reconnaît encore aujourd'hui. Tout d'abord il faut souligner l'admirable travail photographique de John F. Seitz, qui travailla sur le plan dans la piscine que l'on voit au début du film. L'objectif était de filmer William Holden mort dans la piscine par le dessous. Au départ il mit en place une petite boite transparente pour plonger la caméra dans l'eau, mais finalement la scène est réalisée en plaçant un miroir au fond de la piscine et en filmant de l'extérieur. Seitz se plaira à faire ajouter aussi de la poussière sur le mobilier de Norma pour accentuer l'aspect vieux et dépassé de l'ancienne Star. Mais bien entendu il faut ajouter le travail sur les costumes d'Edith Head. Ce travail a été considérée par cette dernière comme le plus difficile de sa carrière. Elle raconte ainsi : "Puisque Norma Desmond était une actrice qui s’était perdue dans sa propre imagination, j’ai essayé de donner l’impression qu’elle interprétait toujours un rôle ». La costumière révèle aussi s’être basée sur l’avis de Swanson qui « créait un passé qu’elle connaissait, moi pas". A tout celà il faut ajouter bien évidemement la mystérieuse musique de Franz Waxman qui mélange des thèmes issus du Tango pour le personnage de Norma et du Bebop pour Holden.

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Ci-dessous Gloria Swanson dans "Boulevard du Crépuscule"

Comme si tout cela ne suffisait, Wilder rajouta des scènes avec d'anciennes stars. Ainsi on retrouve pour une partie de bridge totalement hallucinante : Buster Keaton, Anna Q. Nilsson, H. B. Warner, et Gloria Swanson. H.B Warner avait joué le Christ dans "le Roi des Rois" (1927) de Cecil B. DeMille. Puis il y a quelques scènes sur le plateau de "Samson et Dalila" entre le réalisateur Cecil B. Demille et Gloria Swanson. On y voit également à ce moment là, Henry Wilcoxon. Tout cela donne au spectateur l'impression fascinante de réaliser le film avec Demlle. Mais il y a tellement de plans formidables qu'il m'est absolument impossible de tous les citer et de les décortiquer un par un. Mais j'en citerais tout de même quelques uns : l'arrivée au studio, l'enterrement du singe, le plan sous la piscine, la séance de cinéma à domicile où Norma apparaît comme un vampire ou tout au moins comme un être proprement surnaturel, à la toute puissance destructrice mais aussi à la sentimentalité exacerbée qui n'a en elle qu'un immense manque de reconnaissance et d'amour. Ce film est, sans aucun doute possible, le plus grand film noir jamais tourné sur Hollywood. Et pourtant il y en a eu des films sur Hollywood comme les 2 versions d'une étoile est née ou "What Price Hollywood" avec Constance Bennett, "Chantons sous la pluie" ou très récémment "The Artist". Mais jamais un film n'est allé aussi loin dans la noirceur que "Boulevard du Crépuscule". Une étude plan par plan, dépasserait largement le caractère limité de ce blog, mais c'est bien ce que mériterait ce film (comme l'a affirmé Hollywood Reporter au moment de la sortie du film). En effet, chaque plan étant une déclaration d'amour à un certain cinéma. Ce film parle aussi d'opportunisme, chaque personnage essayant de tirer parti de l'autre, et de manipuler son prochain pour des conséquences parfois désastreuses. Patrick Brion et d'autres ont aussi parlé de destin. Le personnage de Norma Desmond est bien l'étoile qui brûlera tout ce qu'elle touchera après avoir consumée sa propre vie. C'est bien pour cela que "Boulevard du Crépuscule" n'est pas seulement un chef-d'oeuvre, mais bien une de ces créations mythiques que seul le cinéma sait produire.

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En guise de conclusion je finirais en vous citant ces quelques mots de Louis B. Mayer à l'adresse de Wilder à la sortie d'une projection :"Espèce de salopard, comment as tu pu faire ça à la profession !! ?" Et Wilder de répondre : "Va te faire foutre !". Finalement c'est cela "Boulevard du Crépuscule", c'est un film qui s'accepte dans son ensemble pour ce qu'il est en tant qu'oeuvre d'art. Ce film n'est pas là pour plaire à une catégorie de producteurs ou à tout le public. Ce film est là, vivant, terrifiant, et tout à la fois sublime et il interroge sur le monstre créé par chacun d'entre nous et qui s'appelle Hollywood.

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Ci-dessus : Gloria Swanson et William Holden

Extraits et Bande-annonce :


 

 

Extraite de la musique de Franz Waxman :

 

A noter que le bluray US est Freezone et possède une VO sous-titrée ainsi qu'une très bonne VF d'époque, et une armada de Bonus expliquant le film ou présentant la vraie Gloria Swanson, William Holden etc.


NOTE : 9,5 / 10

26/10/2012

La seconde Madame Carroll / The Two Mrs Carrolls - 1947

La seconde Madame Carrolls est un film de Peter Godfrey de 1947. Il montre la folie d'un artiste peintre qui ne peut peindre que quand il empoisonne sa femme à petits feux (au verre de lait empoisonné). Sa première femme décède alors ainsi. On a du mal à le croire d'ailleurs. Finalement, il se remarie, car à chaque fois il a une nouvelle femme en vue, qui lui fait abandonner la précédente. Le film peut être vu comme un peu lent à certains endroits. Mais, il fait penser à certains films d'Hitchcock. La réception par la critique ne fut pas très bonne. Pourtant il a plusieurs qualités. Déjà, il a un très bon casting. En effet, on retrouve Humphrey Bogart, Barbara stanwyck et Alexis Smith. Barbara stanwyck c'est bien entendu la star des années 30 et 40 dont l'étoile ne palit pas. Alexis Smith est connue de son côté, pour avoir été la partenaire d'Errol Flynn dans de nombreux films comme "Gentleman Jim", "San Antonio" ou encore "Montana". De plus, la musique de Franz Waxman est une pure merveille symphonique qui fait monter la tension du spectateur à son paroxysme. Ainsi la scène de la découverte de son tableau par la seconde madame Carrolls est terriffiante presque uniquement par la musique.

 

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A noter les 2 affiches avec un titre français différent et avec un "s" ou non sur Carrolls.

La scène où Bogart veut forcer la porte de la chambre de sa femme, est accompagnée d'une musique qui augmente la terreur et l'angoisse du spectateur à son paroxysme. La musique composée par Waxman arrive à porter les thèmes de l'angoisse, de la peur, mais aussi du désespoir d'une femme blessée physiquement mais aussi au coeur, et qui voit son mari tel qu'il est, c'est à dire fou. Le film finira d'ailleurs par une blague de Bogart. On peut se demander si ce n'était pas une initiative des scénaristes pour détendre le spectateur avant sa sortie du cinéma ? Pour ma part, je pense donc que ce film a été très sous-estimé au moment de sa sortie et mérite bien mieux que les critiques fades dont il a été l'objet. Film disponible dans la collection "Trésor Warner".

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Ci-dessus Bogart et Barbara Stanwyck :

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Ci-dessus : Alexis Smith

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Ci-dessus : Alexis Smith  (Photo glamour mais non tirée du film)

 

 Extrait de la somptueuse musique de Franz Waxman :

 

Note : 7 / 10