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05/02/2014

L'ombre d'un doute / Shadow of a doubt - 1943

"L'ombre d'un doute" était le film préféré d'Alfred Hitchcock selon sa fille, et quand on le visionne on comprend pourquoi. En effet, derrière la vie d'une famille américaine sans histoire, dans une petite ville de province va se nouer un véritable cauchemar. L'ennui d'une jeune fille un peu innocente (Teresa Wright) est le déclencheur. Pourquoi ne pas faire venir ce bon vieux oncle Charlie (Joseph Cotten) pour enfin avoir de l'amusement. En effet que peut on rêver de mieux qu'un invité pour avoir un peu d'animation à la maison ? Les rapports troubles entre ce très distingué oncle Charlie et la jeune fille laisse à penser qu'il y a entre eux de l'admiration voir de l'amour. Et Hitchcock laisse supposer que le personnage de Teresa Wright n'est pas aussi innocent qu'on peut le penser au premier abord. Mais rien ne la prépare à se heurter à un oncle Charlie qui a bien changé et qui surtout traîne un lourd passé. Mais est ce possible qu'un aussi bel homme, aussi bien distingué, et aussi bien habillé, puisse cacher quelque chose.

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Hitchcock donc comme a son habitude joue sur les apparences, mais aussi sur le rapport trouble entre Teresa Wright et Joseph Cotten. C'est d'ailleurs un pur plaisir de retrouver ici la belle Teresa Wright, qui semble être la conscience mais également le subconscient de l'oncle Charlie, ou si vous voulez l'âme soeur. Ce rapprochement en une espèce de conscience jumelle est bien montré lors de la scène du train, où l'oncle Charlie semble à bout de force, comme écrasé par ses fautes. Mais la conscience aveugle du personnage de Theresa Wright lui donne au premier regard une force nouvelle, une vie nouvelle. Par son regard innocent, il est lavé de ses fautes et donc lui aussi innocent. Mais la destruction de cet état, par l'amour absolu va révéler la vraie nature de l'oncle Charlie et précipiter sa fin. Hitchcock explore donc la psychologie des personnages de la meilleure des manières. On retrouve aussi quelques un de ses thèmes favoris comme les trains qui semblent signifier l'implacable cours du destin, ou encore associe un personnage qui pardonne toutes les fautes : la soeur de l'oncle Charlie qui ne voit rien et ne comprend rien, son frère restant toujours cet être supérieurement merveilleux.

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Ci-dessus : Teresa Wright et Joseph Cotten

Je n'ai pas dit un mot du casting et ce n'est pas bien. Donc une fois n'est pas coutume je finirais là dessus. On retrouve donc avec plaisir Teresa Wright. On se souvient d'elle pour son rôle dans "la vipère" (1941) avec Bette Davis, ou dans "Mrs Miniver" (1942), où elle devait décrocher l'Oscar du meilleur second  rôle, mais surtout pour sa prestation avec Dana Andrews dans "les plus belles années de notre vie" (1946). Quant à Joseph Cotten c'est évidemment l'acteur de très nombreux films où il n'était pas souvent le méchant. C'était évidemment la vedette de "Citizen Kane" (1941) ou du trop méconnu "Lydia" (1941). On retrouve également de très bon seconds rôles comme Hume Cronyn qui était formidable en avocat dans "le facteur sonne toujours deux fois" (1946) avec John Garfield et Lana Turner. On peut également citer, pour les seconds rôles, Patricia Collinge. Cette dernière était également présente dans "la vipère" (1941). Pour finir sur la musique, je dirai que Dimitri Tiomkin nous donne une très belle participation aux tons inspirées de la valse de "la veuve Joyeuse" de  Franz Lehár. Je vous conseille donc très fortement ce film d'Hitchcock où l'innocence rencontre le mal, dans un mélange encore explosif, même pour notre époque et qui nous permet de revisiter la tranquillité et la paix toute relative et apparente d'une ville américaine des années 50. Je regretterai juste la prestation de Macdonald Carey pas très à l'aise et crédible en policier courtois.

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Ci-dessus : Joseph Cotten et la belle Teresa Wright

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Ci-dessous : Macdonald Carey et Teresa Wright

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Ci-dessus : Teresa Wright et Joseph Cotten

 

La bande-annonce :

 

Extrait de la musique :

 

Note : 8  / 10

02/08/2013

Jeux et cadeaux !

Pour fêter la première année d'existence du blog "Hollywood Classic" je propose à mes lecteurs des jeux et des cadeaux à gegner pour le mois d'août. Ainsi chaque semaine je vous proposerai un jeu vous permettant de gagner un film en DVD ! La première bonne réponse complète sera considérée comme gagnante. Pour jouer ce n'est pas compliqué, il suffit d'aller dans la rubrique "Pages" du blog et dans la sous rubrique "jeux". A vous de jouer !

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08/04/2013

Souvenez vous de ... Donna Reed !

Aujourd'hui je souhaite rendre un vibrant hommage à Donna Reed pour son talent et sa beauté. Ce ne sont que quelques photos, et deux chansons dont une qui lui va bien, "unforgettable" (inoubliable en français) et une biographie faites par sa fille qui lui rend hommage. Donna était effectivement une actrice inoubliable mais c'était aussi une très grande dame et une star comme on en fait plus. Hollywood Classic se souvient d'elle avec émotion.

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Filmographie

  • 1941 : The Get-Away : Maria Theresa 'Terry' O'Reilly
  • 1941 : Rendez-vous avec la mort (Shadow of the Thin Man) : Molly
  • 1941 : Débuts à Broadway (Babes on Broadway) : Jonesy's Secretary
  • 1942 : Personalities court métrage (non créditée)
  • 1942 : The Bugle Sounds avec Wallace Beery, Marjorie Main, Lewis Stone, George Bancroft : Sally Hanson
  • 1942 : The Courtship of Andy Hardy avec Mickey Rooney : Melodie Eunice Nesbit
  • 1942 : Mokey avec Dan Dailey et Robert Blake : Anthea Delano
  • 1942 : Calling Dr. Gillespie de Harold S. Bucquet avec Lionel Barrymore : Marcia Bradburn
  • 1942 : Apache Trail de Richard Thorpe avec Lloyd Nolan : Rosalia Martinez
  • 1942 : Les Yeux dans les ténèbres (Eyes in the Night) : Barbara Lawry
  • 1943 : Et la vie continue (The Human Comedy) : Bess Macauley
  • 1943 : Dr. Gillespie's Criminal Case avec Lionel Barrymore, Margaret O'Brien : Marcia Bradburn
  • 1943 : The Man from Down Under de Robert Z. Leonard avec Charles Laughton : Mary Wilson
  • 1943 : Parade aux étoiles (Thousands cherr) : Customer in Red Skelton Skit
  • 1944 : See Here, Private Hargrove de Wesley Ruggles avec Robert Walker : Carol Holliday
  • 1944 : Gentle Annie de Andrew Marton avec James Craig, Marjorie Main : Mary Lingen
  • 1945 : Le Portrait de Dorian Gray (The Picture of Dorian Gray) : Gladys Hallward
  • 1945 : Les Sacrifiés (They Were Expendable) : 2nd Lt. Sandy Davys
  • 1946 : Faithful in My Fashion de Sidney Salkow avec Tom Drake, Edward Everett Horton : Jean Kendrick
  • 1946 : La vie est belle (It's a Wonderful Life) : Mary Hatch Bailey
  • 1947 : Le Pays du dauphin vert (Green Dolphin Street) : Marguerite Patourel
  • 1948 : Retour sans espoir (Beyond Glory) de John Farrow avec Alan Ladd : Ann Daniels
  • 1949 : Enquête à Chicago (Chicago Deadline) de Lewis Allen avec Alan Ladd : Rosita Jean D'Ur
  • 1951 : Saturday's Hero de David Miller avec John Derek : Melissa
  • 1952 : L'Inexorable enquête (Scandal Sheet) de Phil Karlson avec John Derek, Broderick Crawford : Julie Allison
  • 1952 : Le Relais de l'or maudit (Hangman's Knot) : Molly
  • 1953 : Un homme pas comme les autres (Trouble Along the Way) de Michael Curtiz avec John Wayne et Charles Coburn : Alice Singleton
  • 1953 : Le Pirate des sept mers (Raiders of the Seven Seas) de Sidney Salkow avec John Payne : Alida
  • 1953 : Tant qu'il y aura des hommes (From Here to Eternity) : Alma Burke (Lorene)
  • 1953 : Amour, Délices et Golf (The Caddy) : Kathy Taylor
  • 1953 : Gun Fury : Jennifer Ballard
  • 1954 : They Rode West : Laurie MacKaye
  • 1954 : Trois heures pour tuer (Three Hours to Kill) d'Alfred L. Werker avec Dana Andrews : Laurie Hendricks
  • 1954 : La Dernière Fois que j'ai vu Paris (The Last Time I Saw Paris) : Marion Ellswirth / Matine
  • 1955 : Horizons lointains (The Far Horizons) : Sacajawea
  • 1955 : The Benny Goodman Story : Alice Hammond
  • 1956 : La Rançon (Ransom!) d'Alex Segal avec Glenn Ford, Leslie Nielsen : Edith Stannard
  • 1956 : Coup de fouet en retour (Backlash) : Karyl Orton
  • 1956 : Au sud de Monbasa (Beyond Mombasa) de George Marshall avec Cornel Wilde, Christopher Lee : Ann Wilson
  • 1958 : Le crime était signé (The Whole Truth) de John Guillermin avec Stewart Granger, George Sanders : Carol Poulton
  • 1958-1966 : The Donna Reed Show (en) (série télévisée, 275 épisodes)  : Donna Stone
  • 1960 : Pepe : (caméo)
  • 1974 : Yellow-Headed Summer avec Laurence Harvey, Walter Pidgeon
  • 1979 : The Best Place to Be de David Miller avec Efrem Zimbalist Jr., Mildred Dunnock, Betty White, John Phillip Law, Stephanie Zimbalist, Gregory Harrison, Timothy Hutton (téléfilm) : Sheila Callahan
  • 1983 : Deadly Lessons de William Wiard avec Larry Wilcox, Ally Sheedy, Bill Paxton (téléfilm) : Miss Wade
  • 1984 : La croisière s'amuse (The Love Boat) (série télévisée, 2 épisodes)
  • 1984-1985 : Dallas (feuilleton télévisé, 24 épisodes) : Eleanor Ewing


Hommage video :

 

 

 

12/01/2013

Grand Hotel - 1932

Dans le cadre de sa sortie en Bluray (Freezone), je vous parlerai aujourd'hui de "Grand Hotel". "Grand Hotel" (1932) est un film de la MGM tourné par Edmund Goulding. C'est le célèbre producteur Irving Thalberg qui devait rendre possible l'adaptation cinématographique de la nouvelle de Vicki Baum (Menschen im Hotel) en rachetant les droits en la faisant adapter pour le théâtre par William A. Drake. Après un vrai succès de 459 représentations, Thalberg décida de porter la pièce à l'écran, en demandant à Drake et à Béla Balázs de l'adapter pour en faire un film.

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Le film devait bénéficier également des talents de décorateur de Cedric Gibbons, qui allait faire construire de somptueux décors pour le film, et en particulier pour les scènes dans le grand hall à l'entrée de l'hotel. "Grand Hotel peut être considéré comme le premier film "choral" car il rassemblait toute une pléäide d'acteurs, avec des intrigues différentes mais qui parfois se croisaient. Et la force de "Grand Hotel" est bien là, et c'est bien pour ça que ce film, comme aucun autre, a traversé des générations de cinéphiles pour arriver jusqu'à nous, dans une étonnante modernité. Ainsi on retrouve à la distribution, l'immense et énigmatique Greta Garbo, John Barrymore, Lionel Barrymore (frère du précédent), Joan Crawford, Lewis Stone, et Wallace Beery.

 

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Ci-dessus : Greta Garbo et John Barrymore

Le scénario n'a pas de lignes directrices ou plutôt il en a plusieurs. Ainsi on retrouve un grand industriel, Preysing (Wallace Beery) venu négocier une fusion indispensable à la survie de sa société, sa secrétaire aux moeurs libérés (Joan Crawford), un baron mais l'est il vraiment ? (John Barrymore), un employé de la société de Preysing qui se croit en mauvaise santé et prêt de la mort (Lionel Barrymore), un docteur (Lewis Stone) et bien sûr Greta Garbo qui joue à merveille la danseuse russe de ballet déprimée par sa solitaire fin de carrière en chute libre. Dans cette micro-société du Grand Hotel, les destins vont se croiser et s'entre-croiser jusqu'au drame final. Mais est ce vraiment un drame ? Ne voulant pas révéler l'intrigue pour ceux qui n'ont pas vu le film, je vous dirai juste qu'un personnage disparaît. Et la mort est particulièrement bien traité. On y voit que la vie continue comme si de rien était. On y voit aussi la lâcheté de ceux qui savent et qui ne disent rien par peur de la réaction de l'autre.

 

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Ci-dessus : Joan Crawford et John Barrymore

Enfin, le film finit sur une conclusion en forme d'hymne à la vie et sur peut être la plus belle déclaration d'amour vue au cinéma. En effet,  Kringelein vieux, malade, reprend goût à la vie en offrant n'ont pas sa beauté, son charme, sa classe ou la santé qu'il n'a pas, mais tout son argent à la femme de ses rêves, juste pour que cette femme soit sa compagne le peu de temps qu'il lui reste à vivre. Le film touche alors les sommets de l'art en devenant une espèce de parabole sur le destin de l'Homme. Sommes-nous ici pour produire jusqu'à notre mort ? Ou avons nous droit chacun à une part de bonheur, peut être aimer, et ceci même pour le plus petit d'entre nous ? Plus important que tout, le film nous dit : ce qui nous constitue en qu'être humain ce n'est pas notre travail, mais bien ceux qui nous aimons et ce que nous faisons. C'est bien ce message humaniste qui a touché des générations, et des générations de spectateurs et qui fait de ce film un éternel chef-d'oeuvre du cinéma hollywoodien.

 

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Ci-dessus : Edmund Goulding, Wallace Beery et Joan Crawford sur le tournage

Le docteur Otternschlag (Lewis Stone) finit par dire pour clôturer le film : "Grand Hotel, jamais rien ne se passe". Et c'est bien entendu, un clin d'oeil ironique au spectateur qui a vu la vie du Grand Hotel défiler sous ses yeux. Mais c'est aussi, une phrase d'une réalité surprenante qui nous fait revenir à l'infini de la vie, à la mort et à la naissance, à ceux qui partent et à ceux qui rejoignent la vie. Eternelle manège de la vie dont la métaphore est le Grand Hotel qui accueille chaque jour de nouveau client. Vous l'aurez compris, c'est un film totalement indispensable.

 

Reportage de la Première du film à Hollywood en 1932 :

 

 

A noter que le film possède une piste française (VF) et des sous-titres. Les sous-titres sont également bien présents sur les bonus.

 

NOTE : 9 / 10