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26/07/2015

L'héritage de la chair / Pinky - 1949

"L'héritage de la chair" fait parti de ces quelques films sur la ségrégation, qu'il faut avoir vu. En effet, il y a un temps aux USA, où le racisme et la ségrégation étaient une réalité. Ainsi, les USA, dans certains de ses états du Sud en 1949, faisaient d'un noir, un sous-citoyen, qui ne pouvait ni voter, ni fréquenter les mêmes écoles que les blancs, ni n'avoir aucun espoir de justice. Là bas, le racisme était tellement ancré dans les moeurs, que notre héroïne, Pinky, vue comme blanche, mais en réalité métisse, avait changé son nom  en Patricia, pour le blanchir. Il paraît assez incroyable que ce film ait pu se faire en 1949, et qu'on ait laissé tourner un film tellement accusateur, contre le système sudiste de l'époque. Ainsi, le film possède quelques scènes chocs, en particulier celle où Pinky jouée par Jeanne Crain, demande pardon à sa grand-mère de s'être fait passée pour blanche, ou la scène où elle est violentée, où encore celle où elle est incarcérée juste parce qu'elle est identifiée comme noire. Le film d'Elia Kazan est donc une bombe. On sait que John Ford avait commencé à travailler. Mais Ford n'était pas à l'aise sur la façon dont il voulait montrer les noirs à l'écran, et était en désaccord avec l'actrice noire, Ethel Waters. C'est le succès du film de Kazan, "le mur invisible" qui devait inciter Zanuck à s'attaquer au problème du racisme et qui choisit Ford pour le réaliser. Mais Ford est mal à l'aise avec le film. Zanuck dit à ce propos : «Il s'agissait d'une différence d'opinion professionnelle. Les noirs de Ford étaient des caricatures. J'ai pensé que nous allions vers de graves problèmes. Jack a dit : "Je pense qu'il vaut mieux mettre quelqu'un d'autre sur le film." J'ai dit : "Finissons la journée", et j'ai retiré Ford du film. Certains metteurs en scène sont remarquables dans certains domaines et totalement impuissants dans d'autres.» Donc c'est Elia Kazan qui reprit le film, à la demande du producteur Darryl F Zanuck. L'affiche d'origine belge ci-dessous, montre que même en Europe, le racisme n'était pas une mince affaire, et le titre "la négresse blanche", en est la preuve. Film sociétal, "l'héritage de la chair", est autant accusateur envers les états du Sud, que vers son public.

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Mais "l'héritage de la chair" ode contre le racisme, a aussi des défauts. On peut lui reprocher parfois un manque de rythme évident. Pourtant, chaque chose semble à sa place, et donne un ton, au scénario bien en place. Ainsi, le racisme semble aussi le reste de la maladie d'un Sud vaincue par la guerre de sécession. Les blancs sont souvent représentés comme des petits boutiquiers, ou les derniers représentants de grandes familles ruinées, autrefois riches par l'esclavage. Le racisme reste donc pour eux, le dernier des droits, le souvenir d'une supériorité disparue. Les noirs quant à eux, vivent dans la misère, entretenue par un système qui refuse qu'un blanc pauvre, puisse être l'égal en droit d'un noir pauvre. Les limites du film sont aussi celles d'une époque. La fin heureuse, ne porte en elle que l'amélioration de la condition des jeunes filles noires. En rien, elle ne remet en cause la ségrégation. Pourtant c'est dans cette propre limite, et dans ce parcours de femme, que "l'héritage de la chair" révolutionne. Il met en 1949, le problème noir, au coeur de la société, renvoyant l'image d'une certaine Amérique, profondément raciste. En ce sens, il annonce les mouvements des droits civiques du pasteur Martin Luther King, et les grands bouleversements des années 60, qui feront des noirs américains, des citoyens à part entière. Pour en revenir, au film, il faut noter que l'actrice noire, Ethel Waters, deviendra la seconde afro-américaine à être nominée pour les Oscars, après Hattie McDaniel. Vous l'aurez donc compris, "l'héritage de la chair" est un film à voir, ne serait-ce que pour la belle, Jeanne Crain, dont on aimerait bien découvrir quelques autres films en France. Ainsi le film noir "Vicki", introuvable jusqu'à aujourd'hui en version sous-titrée français.

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Ci-dessus : Jeanne Crain & Ethel Waters

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Ci-dessus : Jeanne Crain & Ethel Waters

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Ci-dessus : Jeanne Crain avec Ethel Barrymore

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Ci-dessus : William Lundigan & Jeanne Crain

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Ci-dessus : Jeanne Crain

Disponible en DVD Zone 2, VO sous-titrée français, chez Hollywood Legends

Note : 7,5 / 10

17/05/2014

6 destins / Tales of Manhattan - 1942

"6 destins" ou en anglais "Tales of Manhattan" nous raconte à travers des sketches, l'histoire d'une veste ou pour être plus précis, d'une queue de pie. On a déjà eu des films à sketches racontant les péripéties d'un objet à travers ses différents propriétaires. Ainsi, je me souviens avoir vu il y a une dizaine d'années : "la Rolls-Roye Jaune" (1965) qui avait un casting international, et qui racontait comme son nom l'indique, l'histoire d'une voiture. Ici dans "6 destins" la queue de pie ne reste qu'un accessoire scénaristique, et n'est pas le personnage principal. Elle est le lien entre les différentes histoires et a même parfois une importance primordiale, mais sans jamais trahir ou effacer l'histoire personnelle de la personne qui la porte. Le point fort du film est son casting qui comprend entre autre : Charles Boyer, Rita Hayworth, Thomas Mitchell, Ginger Rogers, Cesar Romero, Henry Fonda, Charles Laughton, Edward G. Robinson, Ethel Waters, Paul Robeson, Harry Davenport, et W. C. Fields. Excusez du peu !

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Le film est le premier des deux films à sketches de Julien Duvivier à Hollywood. Le deuxième est "obsessions" (1943), formidable film aux frontières du fantastique et du paranormal et à la forme cinématographique exceptionnelle. La force de "6 destins", au delà de son casting, est évidemment sa réalisation. Les acteurs n'ont jamais semblé aussi beaux que sous la caméra de Duvivier et sous la photographie de Joseph Walker. De plus, le film a été écrit par une armée d'auteurs qui donnent aux dialogues une belle consistance. Alors que reprocher à "6 destins" ? On peut lui reprocher une certaine hétérogénéité. Ainsi, chaque séquence n'est pas toujours au niveau de la précédente. Ainsi la séquence avec W C Fields semble très faible, et celle avec les acteurs pas toujours de très bon goût. Le sketch avec W C Fields et Margaret Drumont avait d'ailleurs été éliminée à sa sortie. On la retrouve ici complète. Enfin, la représentation des noirs avaient posé un tel problème déjà à l'époque Paul Robeson avait décidé de racheter tous les exemplaires du film, car il le considérait comme infamant pour la communauté noire. A titre personnel, je n'ai rien trouvé à redire à ce passage du film, qui montre une communauté noire, abandonnée certes,  mais qui ne doit son salut qu'à elle même et à une manne providentielle. Quoiqu'il en soit, le film ne laisse pas indifférent par la beauté formelle de certaines de ses séquences et par l'originalité d'une histoire, parfaitement écrite et réalisée, à mettre au crédit d'un Duvivier et d'auteurs très inspirés. Une belle surprise que nous fait là la Twentieth Century Fox, en sortant cet excellent film de l'oubli.

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Ci-dessus : Charles Boyer et Rita Hayworth

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Ci-dessus : Rita Hayworth

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Ci-dessus : Henry Fonda et Ginger Roger

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Ci-dessus : Ginger Rogers

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Ci-dessus à gauche : Charles Laughton

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Ci-dessus : Edward G Robinson

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Ci-dessus : George Sanders et Edward G Robinson

Disponible en DVD zone 2, sous-titré en français dans la collection "Hollwyood legends"

 

Note : 7,5 / 10