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25/10/2013

Haute Pègre / Trouble in Paradise - 1932

Qu'est ce que la "Lubitsch touch" ? Voilà peut être à quoi répond "Haute Pègre". En effet, tout le glamour et l'intelligence des plus grands films de Lubitsch sont déjà présents dans ce film. Et c'est la première fois, que les critiques de 1932, utiliseront cette expression, "Lubitsch Touch". Ainsi, on retrouve les scènes avec la porte comme élément central. Mais aussi on trouve un jeu d'apparences et de faux semblants, et des dialogues qui ne sont pas sans rappeler d'autres films plus célèbres du réalisateur. Mais ici Lubitsch ne tombe jamais dans la farce pure, comme par exemple, dans "To be or not to be" (1942). D'ailleurs, il teinte sa comédie d'aspects plutôt mélodramatiques, qui en fait un petit plaisir qui est doublé par la présence de deux grandes stars féminines de l'époque : Kay Francis et Miriam Hopkins qui rivalisent de glamour et de séduction, pour nous donner un érotisme ici très intellectualisé. Ainsi, les scènes de sexe ne sont pas montrées et c'est la porte encore qui joue un grand rôle, et qui fait comprendre aux spectateurs, par un "do not disturb" que l'on accroche. Puis plus tard, Lubitsch élude intelligemment des étreintes physiques trop accentuées, par le jeu d'une scène à l'autre, où on laisse le couple enlacé, puis la scène suivante, où l'on apprend par le maître d'hôtel qu'ils ne veulent pas être dérangés. L'intérêt de cette scène permet aussi de montrer le désarroi de la compagne trompée.

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Vous l'avez compris, on est en face d'un film très intelligent, aux dialogues excellents et aux répliques qui font mouche. L'histoire, au début conventionnel, d'un escroc (Herbert Marshall) qui se lie amoureusement avec une voleuse (Miriam Hopkins) est rendue intéressante par la tension amoureuse qui se lie entre l'escroc et une riche dirigeante d'une maison de parfums (Kay Francis). A cela il faut ajouter les amoureux frileux et éconduits de la belle héritière, en la personne d'Edward Everett Horton et Charlie Ruggles, et vous saurez alors qu'on ne s'ennuie pas devant "Haute Pègre". Je finirai par dire quelques mots, pour souligner l'"Art Deco" de Hans Dreier, et les robes magnifiques de Travis Banton, mais aussi encore une fois pour insister sur la totale maîtrise de l'art de la réalisation de la part de Lubitsch. Le film allait être considéré par la critique comme un des meilleurs films de l'année 1932, Pourtant il n'allait être que modérément apprécié par le public de 1932. Il faudra attendre plusieurs années avant qu'il ne devienne un classique reconnu par tous. A ce titre, on ne peut que très chaleureusement remercier Universal, d'avoir ressorti pour la France cette merveilleuse production Paramount. Pourvu qu'Universal continue ce genre de sortie DVD !

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Ci-dessus : Miriam Hopkins et Herbert Marshall

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Ci-dessus : Kay Francis, Miriam Hopkins et Herbert Marshall (On remarque ici que la porte est l'élément central. Les deux femmes en tiennent la poignée, comme pour symboliser leur concurrence et leur rivalité. Le désarroi dans les yeux de Miriam Hopkins semble vouloir dire qu'elle reconnaît sa défaite)

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Ci-dessus : Miriam Hopkins et Herbet Marshall

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Note : 8,5 / 10

01/06/2013

To be or not to be / Jeux dangereux - 1942

Par quel bout prendre un film d'une telle richesse comme "To be or not to be" ? Voilà la première question qui me vient à l'esprit au moment de rédiger cette note. Mais peut être faut il commencer par le début, c'est à dire la création du film. Ernst Lubitsch devait tourner un second film pour United Artists, après "Illusions perdues". Walter Wanger assure la production de "To Be or Not to Be" puis se retire du film. Heureusement, le producteur anglais Alexander Korda prend le relais. Lubitsch obtient un contrat exceptionnel, qui comprend la haute main sur le montage et l’assurance que son ami Korda sera son unique interlocuteur. Toutefois, la United Artists conseille fortement de changer le titre, qu’elle juge décourageant pour les spectateurs. Faisant mine d’acquiescer, Lubitsch propose The Censor Forbids (Interdit par la censure), ce qui ne manque pas d’ironie à l’égard de la demande qui lui est faite tout en restant lié à une scène du film (l’interdiction de la pièce Gestapo). Mais comme il l’avait sans doute prévu, ce sont les deux vedettes qui s’opposeront à ce changement, avec d’autant plus de poids qu’elles ont investi de l’argent dans la production.

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Le film se base sur un scénario original, une première chez Lubitsch qui, pour ses films parlants, était jusqu’alors toujours parti d’une pièce ou d’une opérette, la plupart du temps européenne. Il
écrit le scénario avec l’ancien dramaturge Edwin Justus Mayer, qui ajoute probablement une noiceure certaine à l'oeuvre. Le personnage de Tura est écrit dès le départ en pensant à Jack Benny. En revanche, le rôle de Maria est attribué dans un premier temps à Miriam Hopkins, qui avait été la vedette de trois films de Lubitsch. Des tensions, se font jour et Hopkins demande à ce que son rôle soit étoffé. Lubitsch refuse et Myriam Hopkins quitte le projet. Carole Lombard reprend alors le rôle mais exige d'avoir en échange la première place au générique. En plein tournage devait avoir lieu l'attaque de Pearl-Harbor qui devait faire échos à une scène du film où les acteurs se retrouvaient autour de la  radio apprenant l'entrée en guerre de la Pologne. Carole Lombard devait dire plus tard, « C’est la seule fois où tout commença bien, continua bien et se termina bien. » Cela devait être pourtant une sortie tragique. En effet, le le 16 janvier 1942, Carole Lombard disparaissait dans un accident d'avion pour cause de Black-Out. La production décida de supprimer une scène du film, où Lombard disait : "mais que peut il bien arriver dans un avion ?" La United-Artist sort finalement le film, le 6 mars 1942 et le dédie à Carole Lombard.

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Ci-dessus : Carole Lombard, Jack Benny, et Charles Halton

Mais quel est le sujet de 'To be or not to be" me direz-vous ? Au delà de la comédie satirique sur le nazisme, au delà du film d'espionnage, au delà de l'histoire de cette troupe de comédiens polonais qui décident de faire de la guerre un théâtre pour se sauver la peau dans un monde devenu fou, "To be or not to be" est bien le film du choix et la filiation à Shaskespeare ne fait guère de doute. Le film renvoie cette question au spectateur et l'invite à prendre parti pour le bien ou le mal. Le film est typiquement une oeuvre à tiroirs multiples, où l'univers du théâtre rejoint celui du cinéma, où les apparences sont le plus souvent trompeuses et où les nazis sont tournés en ridicule. Autant, comédie loufoque, que film d'espionnage, Lubitsch va au bout de thèmes à peine entrevus dans "sérénade à trois" (1933) et il développe là, ses idées sur l'adultère et le triangle amoureux improbable, pour faire de "To be or not to be" une des plus belles comédies américaines de tous les temps aux situations et aux dialogues savoureux. Ce "Jeux Dangereux", est un classique du cinéma, drôle, dramatique, sombre, qui fait du nazi non pas un monstre, mais un homme comme tout le monde. Miroir d'une Humanité malade, "To be or not to be" dépasse le ton de la comédie pure pour atteindre les sommets du genre.

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Film disponible en DVD et Bluray (privilégier l'édition Studio Canal en Bluray pour la qualité de l'image).

Article écrit avec l'aide des sources du CNC :

http://site-image.eu/?page=film&id=392&partie=dec...

Pour aller plus loin :

To Be or Not to Be de Ernst Lubitch.pdf

Note : 9,5 / 10

29/05/2013

Sérénade à trois / Design for Living - 1933

"Sérnade à trois" est un film un peu étrange. En effet, le sujet est plutôt scabreux. En effet, il s'agit d'une jeune femme (Miriam Hopkins) qui est ici amoureux de deux hommes à la fois : Fredric March et Gary Cooper. Le scénario est tiré d'une pièce de Noël Coward, jouée pour la première fois en 1932. Malheureusement ici le scénario de Ben Hecht en enlève tout le caractère scabreux et finalement drôle. Ainsi, les relations sont affichées comme platoniques par la jeune femme et si on parle de sexe, c'est pour dire qu'il n'y en aura pas. Ainsi entre rupture, tension physique et attirance impossible, le scénario semble tourner en boucle et finir sans que la situation du début trouve une résolution quelconque. Il y a également une scène assez étrangement tournée, où on voit March partagé un petit-déjeuner avec la jeune femme tant convoité. March est en smoking inpécable alors qu'il venait de voyager le soir. On sait alors qu'il a partagé la nuit et la chambre de Miriam Hopkins. Néanmoins c'est vrai que le spectateur se sent un peu frustré, n'ayant même pas eu droit à la traditionnelle scène de glamour hollywoodienne. De plus, on sent Gary Copper un peu gêné dans cette comédie, mais Fredric March beaucoup plus à son aise. A noter qu' Edward Everett Horton complète le casting. Ce dernier était un habitué des comédies musicales de Fred Astaire où il excellait dans son rôle de comique pince-sans-rire. Alors c'est vrai qu'ici on sourit plus souvent que l'on rit. Par contre, Miriam Hopkins est ici au top de sa forme, prodigieusement belle et sexy, en particulier à la toute fin du film, où on la retrouve dans un ensemble particulièrement moulant qui fait penser à certaines robes de Marilyn Monroe. On pouvait malgré tout, s'attendre à un peu mieux d'un film d'Ernst Lubitsch joué par de tels acteurs. Pour finir je rappellerai que Miriam Hopkins avait déjà joué l'année précédente dans "Docteur Jekyll et Mister Hyde".

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Ci-dessus : Miriam Hopkins

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Ci-dessus : Gary Cooper, Miriam Hopkins et Fredric March

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Ci-dessus : Fredric March et Ernst Lubitsch

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Ci-dessus : Gary Cooper, Miriam Hopkins et Fredric March

Note : 5,5 / 10