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07/02/2015

Impact - 1949

"Impact" est un film noir, tourné en 1949, par Arthur Lubin pour les studios United Artist. Arthur Lubin est né Arthur William Lubovsky à Los Angeles, en Californie, en 1898. Il a grandi à Jerome, en Arizona. Comme enfant, il travaille comme "water boy" pour des compagnies de théâtre en tournée et fait du bénévolat pour les cirques. Après l'obtention de son diplôme universitaire en 1922, il se décide enfin à devenir un acteur. Lubin commence à jouer dans des pièces de théâtre et des films, et dirige également des spectacles pour le "Hollywood Writers Club". En tant qu'acteur il se spécialise dans le mélodrame, en contraste avec son travail plus tard comme un réalisateur. En 1925, lui et quelques amis ont été accusés d'obscénité par la police de Los Angeles pour la mise en scène de "Desire Under the Elms". Suite à cet incident, il travaille ensuite à Broadway. En Juin 1932, il retourne à Hollywood pour travailler pour William Le Baron. Il travaille pour des studios à faible budget telles que Monogram, République et Universal.  On retient que Lubin dirige le premier fillm du duo Abbott et Costello étoiles, "Deux nigauds soldats" (1941). Le film a été un grand succès, gagnant 4 millions de dollars. Il a continue alors à diriger les quatre prochaines films du duo, "In the Navy" (1941), "Fantômes en vadrouille" (1941), "Deux nigauds aviateurs" (1942) et "Deux nigauds cow-boys "(1942). Malgré ses succès dans la comédie, Lubin se lasse et demande à travailler sur d'autres genres de films. Un des films les plus réussis de Lubin au box-office était "Fantôme de l'Opéra" (1943). Mais Lubin retourne à la comédie, avec la série de films "Francis la mule qui parle". Après un passage à la télévision comme réalisateur, et producteur, la carrière de Lubin se termine à la fin des années 1970, et décède à la maison de retraite Automne Hills à Glendale, en Californie d'une cause non précisée le 12 mai 1995, à 96 ans. Vous l'aurez compris, "Impact" n'est donc pas un film qui s'inscrit naturellement dans la carrière de Lubin qui s'est plutôt spécialisé dans la comédie. "Impact" ne bénéficie donc pas d'un réalisateur habitué à l'ambiance du film policier américain des années 40. Pourtant, rétrospectivement, cela donne une certaine fraîcheur à l'ensemble et si la photographie d'Ernest Laszlo est intéressante, elle n'est pas inoubliable. Réalisation et photographie, seulement correctes, il faut trouver d'autres qualités à "Impact".

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Un des points forts du film est évidemment, le scénario de Jay Dratler et Dorothy Davenport. En effet, on s'intéresse à cette histoire de grand patron, joué par Brian Donlevy, à qui tout réussit, mais dont la faiblesse est sa femme infidèle (Helen Walker), prête à tout, pour se débarrasser de lui, pour toucher l'héritage. A Brian Donlevy et Helen Walker il faut signaler au casting Ella Raines et Charles Coburn en vieux policier, qui joue avec un humour froid. Brian Donlevy on l'avait vu dans de très nombreux films, très souvent dans des rôles de méchants, comme dans "Pacific express" (1939), "l'incendie de Chicago" (1936), ou "le brigand bien-aimé" (1939). Helen Walker on se rappelle surtout d'elle aujourd'hui, pour son rôle de psychiatre dans "le charlatant" (1947) avec Tyrone Power.  Pour Helen Walker, on se rappelle, qu'elle devait être gravement blessée, et avoir sa carrière brisée en 1946. En effet, le 1er janvier 1946, elle devait avoir un accident de voiture avec 3 GI pris en auto-stop, et être accusée d'être ivre au volant par un des passagers. Etrangement, le film a pour évènement majeur un accident de voiture. Quant à Ella Rains, elle avait déjà un petit rôle dans "Brute Force" (les démons de la liberté), voiture. Enfin Charles Coburn, est l'éternel vieux monsieur qui poursuit Marilyn de ses avances, dans "les hommes préfèrent les blondes" (1953). "Impact" a donc un excellent casting, et donne à Brian Donlevy, un rôle sympathique, qui casse son personnage d'éternel méchant. Le scénario est très intelligent, et donc on passe un agréable moment, car on ne sait pas ce qui va se passer la scène suivante. Malheureusement, le master présenté par Wildside n'est pas vraiment au niveau. "Impact" reste donc un bon film noir, à découvrir, qui aurait pu être un vrai classique, si il avait été tourné par un vrai spécialiste du film noir.

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Disponible en DVD Zone 2 en VO sous-titrée chez WildSide dans une qualité d'image malheureusement pas au niveau de la qualité artistique du film.

Note : 7,5 / 10

04/05/2013

Les démons de la liberté / Brute Force - 1947

"Les démons de la liberté" est un film de Jules Dassin tourné en 1947, avec comme star principale, Burt Lancaster. Hume Cronyn trouve là quant à lui peut être un des ses meilleurs rôles. Habitué aux seconds rôles, Hum Cronyn a joué dans "le facteur sonne toujours 2 fois" (1946) où il a interprêté un avocat toujours à la limite de la légalité. On retrouve également Hum Cronyn, dans "la septième croix" (1944) avec Spencer Tracy, il faisait le citoyen allemand qui était molesté par le régime nazi. Le film nous raconte l'histoire de la naissance d'une évasion d'un pénitencier d'état qui va mal tourner et finir en explosion généralisée. Cette idée d'évasion va naître de l'enfermement, la promiscuité, mais aussi de l'opposition entre le surveillant en chef joué par Cronyn et les détenus. Le personnage joué par Burt Lancaster ou même par Hume Cronyn n'apparaissent pas au début du film comme des personnages principaux. Et Dassin nous montre ici avec un talent inimaginable que l'antipathie des deux personnages va évoluer pour déboucher finalement en une lutte à mort.

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Dassin et le scénariste Richard Brooks ont ici en plus l'intelligence prodigieuse d'insérer des flashbacks successifs. Ainsi, ces flashbacks au lieu de compliquer l'histoire ou de la ralentir vont expliquer très souvent quelle est l'histoire des prisonniers. De plus ils sont introduits de la plus intelligente des manières, par la discussion le soir entre prisonniers. Et de quoi peuvent bien parler les prisonniers le soir ? Ils parlent des femmes qu'ils ont connu. Ainsi, Dassin introduit des personnages féminins dans un film de prison, genre (comme dans le film de guerreà où il y en a généralement assez peu. Cela nous permet donc d'apprécier Ann Blyth, Ella Raines, mais aussi Yvonne de Carlo et Anita Colby. Le film n'est donc jamais linéaire ou ennuyeux. Ces flashbacks donnent également une respiration et une structure à l'oeuvre et caractérisent les prisonniers et n'en font plus des inconnus pour le spectateur. Ses flashbacks donnent enfin, une humanité à chaque détenu, les montrant n'ont comme des prisonniers, mais comme des êtres humains capables d'aimer ou de bonté si on leur donne leur chance. On pourrait aussi parler longuement de l'extrème sophistication de ces flashbacks à l'extrème inverse des scènes dans l'égout.

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Le personnage du gardien chef joué par Cronyn est le plus intéressant. En effet, symbole de la violence et de la perversité, il devient à la fin du film, symbole de la barbarie nazie. Et là on peut dire que Brooks et Dassin clouent le spectateur en disant que le nazisme il n'était pas seulement en Allemagne, mais aussi dans les prisons américaines. Le nazisme devient donc sociétale et non pas la seule tarre du peuple allemand. On pourrait dire qu'il devient une espèce de perversité de l'Homme. Ainsi, plusieurs indices sont donnés aux spectateurs pour que celui-ci arrive à cette conclusion. On voit Cronyn écouter du Wagner avant de se mettre à frapper un prisonnier. Son discours glorifie les plus forts contre les plus faibles. Enfin, un ancien soldat explique les tactiques utilisées contre les nazis pendant la guerre. A ce moment du film, on comprend que le film fait l'effet d'une bombe. Et si l'impitoyable cruauté sociale des détenus est mise en avant. Elle n'atteint jamais là, la perversité carcérale mise en place par les gardiens.

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Dassin arrive avec ses flashbacks et avec sa dénonciation de la cruauté universelle et institutionalisée de la détention à faire du spectateur une conscience des détenus et à finalement nous faire prendre fait et cause pour eux. L'intelligence scénaristique est prodigieuse et on voit quand même la différence avec des séries récentes comme par exemple "Prison Break" à la qualité inégale. Là l'oeuvre de Dassin est parfaite, sans apérités ou défauts quelconques et magnifiée par la musique ample et généreuse de Miklos Rozsa. "Les démons de la liberté" est donc une oeuvre majeure de Dassin du même niveau que "les forbans de la nuit" qu'il tournera 3 ans plus tard. Enfin, ce film a son utilité car il réveille notre conscience, en nous faisant réfléchir sur le régime pénitencier américain où on peut emprisonner sans juger ou maintenir à l'isolement pendant 41 ans un être humain sans preuves suffisantes. Un film indispensable.

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Ci-dessus : Whit Bissell et Ella Raines

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Ci-dessus : Hume Cronyn dans ses oeuvres ...

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Ci-dessus : Burt Lancaster et les flashbacks féminins des "démons de la liberté".


Bande-annonce :

 

Extraits de la musique :


Film disponible chez Universal en DVD Zone 2

Note : 9,5 / 10

25/11/2012

Le suspect / The Suspect - 1944

"Le suspect" est un film de Robert Siodmak avec Charles Laughton et Ella Raines. On retrouve dans les seconds rôles, le très mystérieux Henry Daniell. Ce dernier, habitué à jouer des rôles de méchants ou de traîtres, ne déroge pas non plus ici à la règle.

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Ce film qui pourrait passer pour un film policier classique (un mari tuant sa femme), n'en est pourtant pas un. En effet, généralement, l'assassin s'en prenant à sa propre femme est détesté par le public. Ici on prend fait et cause pour l'assassin (Charles Laughton). On n'approuve pas son geste mais on le comprend et on tremble avec lui. De plus, les inspecteurs de Police apparaissent comme des êtres grossiers, fourbes, et usant de ruses, presque malhonnêtes. A ce titre Stanley Ridges est prodigieux dans son rôle d'inspecteur. Enfin, on voit tous les travers (voir la perversion) de la bonne société britannique du début du 20ème siècle. Car finalement c'est une espèce de morale victorienne poussée à l'extrème qui va quasiment obliger le mari à tuer sa femme. Laughton est d'ailleurs toujours montré quasiment avec bienveillance, portant un important sens moral mais non perverti comme ceux qui l'agressent, et ses méfaits (même si ils sont prémédités) ne sont que la réponse à une atroce agression, un chantage etc. En un mot, ce film surprend donc par son scénario inversé, où les bons sont les méchants. Et inversement l'assassin est présenté comme presque le bienfaiteur d'une société vérolée. La fin est d'ailleurs assez incroyable à ce titre. On retrouve donc un bon film en costume qui n'atteint pas les sommets du film noir ou de l'oeuvre d'Hitchcock, mais qui malgré tout interroge le spectateur sur le rapport au Mal et sur ce qu'un homme peut accepter des autres sans réagir et finalement ce de qui transforme un honnête homme en assassin. Donc un film assez fascinant et très intelligent, surtout qu'en plus, on retrouve la belle Ella Raines. Je reprocherai uniquement une interprétation peut être trop caricaturale de la femme de Laughton. Pour le reste ce film est une très bonne pioche d'Universal (avec une belle musique de Frank Skinner).

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Ci-dessus Ella Raines :

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Ci-dessus Ella Raines sur le plateau du "Suspect" avec Robert Siodmiak :

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Ci-dessus Ella Raines en train d'enfiler un costume pour une scène du "Suspect"

 

Film disponible en DVD Zone 2 (collection Universal) - Dispo chez Gibert Joseph pour les personnes de Région parisienne.


NOTE : 7 / 10