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29/01/2015

Sur la piste des Mohawks / Drums Along the Mohawk - 1939

Comme vous le savez peut être, l'année 1939 est l'année du renouveau du western dans le cinéma américain. Ainsi, le western avait eu ses heures de gloire, pendant la période du muet, mais malgré quelques exceptions, il était tombé dans la série B voir pire. On avait donc tourné beaucoup de westerns, avant 1939, mais souvent de très petits westerns. Donc 1939, c'est le retour du grand western avec successivement, "le brigand bien-aimé" avec Tyrone Power et Henry Fonda, mais c'est aussi l'année de "la chevauchée fantastique" d'un certain John Ford avec à l'affiche John Wayne. John Ford et Henry Fonda ont déjà tourné ensemble, cette même année 1939 "Vers sa destinée" (formidable film sur la vie du jeune Abraham Lincoln). "Sur la piste des Mohawks" doit donc être ajouté à la liste des grands westerns fordiens par son thème, qui nous montre un jeune couple de pionniers partant pour l'Ouest au moment de la guerre d'indépendance américaine. Ford se plait à filmer dans un style qu'il continuera d'utiliser bien plus tard, comme dans "la prisonnière du désert" (1954). On retrouve ce style si caractéristique, avec des ciels immenses, des personnages souvent minuscules et une nature toujours plus grande que l'Homme. Comme beaucoup d'historiens du cinéma, on peut supposer que le style de Friedrich Wilhelm Murnau (expressionniste allemand) a énormément influencé Ford dans son travail. "Sur la piste des Mohawks a pourtant été difficile pour Ford, car tout d'abord c'était son premier film en couleur, et qu'il a plut sans discontinuer les deux premières semaines. Ford retourne le problème de cette pluie pour nous donner une scène saisissante dans la cabane.

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Inspiré d'un roman de Walter D Edmonds, le scénario de Lamar Trotti, Sonya Levien et William Faulkner, commence là où beaucoup de westerns finissent par le mariage des deux personnages principaux : Henry Fonda et Claudette Colbert. On doute au début de la présence de Claudette Colbert dans un western. En effet, on était plutôt habitué, à la voir dans des comédies légères en particulier avec Clark Gable, comme "New-York Miami". Mais l'idée de Ford et du producteur Darryl Zanuck est génial, car il nous montre finalement la destruction du personnage habituel de Claudette Colbert dans cette nature sauvage. Alors c'est vrai que parfois dans certaines scènes, on doute un peu. Mais au final, l'idée marche plutôt bien. Les autres personnages secondaires sont comme à l'habitude avec Ford, très bien détaillés, en particulier celui de la veuve âgée et esseulée dans sa grande ferme (Edna May Oliver). Ford se sert du film pour nous faire passer sa vision de l'Amérique. Et il faut bien dire que le film est encore d'actualité. Car l'histoire d'un jeune couple qui s'installe et qui se retrouve au centre d'une guerre civile, plus ou moins ethnique, ne paraît pas si éloigné que ça de notre temps. "Sur la piste des Mohawks" est donc une très très bonne pioche de Sidonis, qui nous régale en plus d'un master de toute beauté, et d'un piqué quasiment chirurgical.

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Ci-dessus : Henry Fonda & Claudette Colbert

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Ci-dessus : Edna May Oliver & Claudette Colbert

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Ci-dessus : John Carradine

Disponible en DVD & Bluray en Zone 2/B, chez Sidonis Version Français et VO sous-titrée

Note : 8,5 / 10

20/11/2014

La fille du Nord / Second Fiddle - 1939

On revient ce soir au cinéma américain, et à l'année 1939. Je n'ai pas besoin de rappeler tous les chef-d'oeuvres produits cette année là. Ainsi, on peut citer évidemment "Autant en emporte le vent", mais aussi "Victoire sur la nuit", "femmes", "Ninotchka", "vers sa destinée", et beaucoup d'autres. L'année 1939, est donc une année très prolifique pour le cinéma américain. Pourtant il y a aussi quelques petits films, sans prétention et qui méritent d'être redécouverts. "La fille du Nord" est un de ceux-ci. C'est une comédie musicale avec Tyrone Power et Sonja Henie. Je l'avoue, j'ai été moi même surpris de voir Tyrone Power, présent au générique d'une comédie musicale, mais c'est bien le cas. Sonja Henie est quant à elle, une actrice norvégienne, et considérée comme peut être la plus grande patineuse artistique de tous les temps. En effet, Elle a été trois fois championne olympique ; dix fois championne du monde, un record qui n'est toujours pas battu aujourd'hui. On lui a reproché d'avoir eu des relations assez troubles avec les nazis, acceptant de déjeuner avec Hitler, à Berchtesgaden. On raconte que la photo de la star, avait reçu un autographe d'Hitler en personne et que cette photo trônait sur le piano de la maison familiale des Henie en Norvège, sauvegardant ainsi, la famille de toute occupation ou pillage. Le temps effaçant tout, je ne sais pas si cela est vrai. En tous les cas, si on en croit Wikipédia, ce serait vrai. Je ne vais pas juger son attitude, et savoir si elle était sympathisante où si son attitude était le résultat d'une peur des nazis. Quoiqu'il en soit, en 1939, elle était à Hollywood et tournait donc avec Tyrone Power, ce film, "la fille du Nord", film simple et pluôt sympathique.

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Le film nous raconte l'histoire d'une jeune institutrice perdue au fond de la campagne américaine enneigée. Elle est sélectionnée sur photo, pour passer une audition pour un des plus grands films de l'année et Tyrone Power est sélectionné en tant que responsable de la publicité, pour aller à sa recherche. Ce qui est formidable ici, c'est que l'on a droit à des jolies numéros musicaux, du patinage artistique, mais aussi à une comédie sur les studios hollywoodiens. Alors bien sûr, ce n'est pas un drame. Ce n' est pas dans "Boulevard du Crépuscule" (1953). Dans "la fille du Nord", tout est pris sur le ton de l'humour. Mais on sent bien que le patron à l'autre bout, du dictaphone, c'est le patron de la Twentieth Century Fox, Darryl F Zanuck lui même. Les dialogues font mouches et le réalisateur Sidney Lanfield, trouve le moyen de contourner la censure en nous montrant des jeunes filles dénudées autour d'une piscine. Ce qui choque finalement le plus dans "la fille du Nord", c'est le travail sur la photographie, sur les décors, ou les personnages. On se rend compte qu'un film, même sans prétention comme celui-ci, était  à l'époque, terriblement bien travaillé et finalisé. Tout cela surprend encore, lorsqu'on le revoit aujourd'hui.

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Ci-dessus : Sonja Henie & Tyrone Power

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Ci-dessus : Rudy Vallee & Sonja Henie

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Extrait ci-dessous, où Tyrone Power danse !

 

La bande-annonce :

Disponible en DVD en VO sous-titrée en français

Note : 6 / 10

20/12/2013

Lydia - 1941

Avec "Lydia" on rentre dans la catégorie du grand mélodrame comme a tellement bien sur en réaliser Julien Duvivier. Ainsi "Lydia" est un remake d'un film déjà de Duvivier, "un carnet de bal" (1937), réalisé en France. Avec Lydia, on est bien entendu dans du cinéma américain, mais encore dans une production d'Alexandre Korda. Le film a un principal défaut, ce sont ces nombreux flashbacks, qui ralentissent l'action et qui nous ramène à chaque fois à la situation peu romantique, d'une héroïne âgée, qui réunit les amours de sa vie. Une femme a t'elle jamais pu le faire ? Les 40 premières minutes sont donc assez difficiles avec différentes versions de la salle de bal, qui est racontée donc deux fois. Si les deux versions, nous démontrent que l'être humain, a tendance a enjoliver le passé, la démonstration n'est pas cinématographiquement évidente. Mais après cette première partie laborieuse, le film va soudain petit à petit s'élever et atteindre un lyrisme rarement vu dans le cinéma. Alors c'est vrai que le jeu d'Edna May Oliver dont c'est le dernier film est peut être légèrement surjoué. Ainsi, sa dernière crise cardiaque dans le film, est presque risible. Mais on dira que cette faute de goût est peu de chose, par rapport à l'ensemble. On notera la présence de Joseph Cotten qui venait de tourner "Citizen Kane" ou qui sera évidemment le mari de Marilyn dans "Niagara" (1953). 'Alan Marshal, et George Reeves complète le casting. Georges Reeves c'est un des deux jumeaux que l'on voit au début "d'autant en emporte le vent" (1939). Son histoire est brièvement évoquée dans "Hollywoodland" (2006) avec Ben Affleck. Georges Reeves, jouera Superman dans les années 50 pour la télévision et déçu par son rôle et une carrière qu'il voyait terminée, il devait se suicider.

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La photographie est d'un certain Lee Garmes, et elle est magnifique Il y a tout le long du film, un travail admirable sur les reflets, les noirs et la lumière. Lee Garmes travailla sur de très nombreux films et bien qu'il ne soit pas au générique, il devait travailler sur la photographie de "Gone with the wind" (1939). Excusez du peu.  On remarque enfin comme sur "Le divorce de lady X" la musique d'un certain Miklos Rozsa, qui est ici très inspiré et qui nous donne à entendre, une musique très romantique et très lyrique, qui comprend entre autre, un scherzo pour piano et orchestre. En somme, ce "Lydia" aurait pu atteindre les sommets du mélodrame sans ces flashbacks sans intérêt qui alourdissent malheureusement le film et en font perdre presque le fil. L'oeuvre est néanmoins admirable dans sa réalisation, dans sa photographie, et dans le jeu de ses acteurs et donc tout à fait digne d'être vue et revue. Et à la fin devant cette vie passée sous nos yeux, le vertige nous prend et nous emporte. Ainsi, on a peut être jamais aussi bien étudié le coeur et l'âme d'une femme que dans "Lydia", hymne à l'éternel féminin, beau et fascinant comme une rose, qui vit, qui aime et qui se meurt.

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Ci-dessus : Merle Oberon

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Ci-dessus : Merle Oberon

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Ci-dessus : Merle Oberon, Joseph Cotten, et Edna May Oliver

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Ci-dessus : Merle Oberon et George Reeves

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Ci-dessus : Joseph Cotten, Alan Marshal, et Merle Oberon

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Ci-dessus : Merle Oberon et Alan Marshal

Disponible en DVD Zone 2 en VO sous-titrée, chez Elephant Films qui décidément nous gâte.

 

Extrait de la musique :

 

 

Note : 7 / 10

01/11/2013

La grande farandole / The Story of Vernon and Irene Castle - 1939

La RKO avait acheté les droits des mémoires d'Irene Castle en 1936 et le film fut mis en chantier en 1938. C'est le dernier film du couple Fred Astaire / Ginger Rogers à la RKO. Ce couple légendaire se retrouvera une ultime fois, mais cette fois-ci à la MGM, 6 ans plus tard, pour "entrons dans la danse' (1949). Dans "la grande farandole", Fred et Ginger jouent respectivement, Vernon et Irene Castle, couple de danseurs, immensément célèbre en 1915. Fred Astaire n'hésite pas d'ailleurs à évoquer son influence : "Ils eurent une influence extrême sur notre carrière, non que nous les ayons complètement imités, mais nous nous  sommes appropriés quelques uns de leurs pas et inspirés de leur style pour nos propres numéros."

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Le film souffre néanmoins de nombreux défauts. Ainsi, on ne bénéficie pas de l'humour des éternels seconds rôles qui tournaient habituellement autour du couple dans leurs précédents films. Mais surtout on sent bien que l'on est devant une biographie filmée de danseurs de salons. Donc tout semble désespérément plat, même la chorégraphie réglée au millimètre, sent l'hagiographie. Alors heureusement, il y a le professionnalisme sans faille de Fred et Ginger. Il n'en reste pas moins que le film est de très loin le plus poussif de la série des 9 films produits avec la RKO. La terrible fin tragique, obscurcit encore un film qui n'en avait pas besoin. On retiendra principalement l'ultime valse avec Ginger et le pot pourri dansant dans les étoiles, et sur la carte des USA, qui sont visuellement très intéressants. Pour le reste, c'est très moyen. Donc, comme son titre ne l'indique pas, "la grande farandole" est donc une comédie musicale un peu triste, à la chorégraphie malheureusement bridée. A voir pour se convaincre du professionnalisme sans limites des deux stars du film.

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Court extrait :

 

Note : 5,5 / 10