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26/04/2016

La Vieille Fille / The Old Maid - 1939

En 1999, l'American Film Institute nommait Bette Davis, seconde meilleure actrice de légende du cinéma américain. Il y a dans cette simple phrase, tout le génie résumait d'une des plus grandes actrices du cinéma américain et du cinéma tout court. Qui s'en souvient encore aujourd'hui à part la communauté des cinéphiles ? Et nous avons avec "la vieille fille", un des plus beaux exemples, du talent de Bette Davis, et du film mélodramatique de ces années là. L'année 1939, est une année faste pour le cinéma américain. En effet, c'est l'année du tournage "d'autant en emporte le vent", mais c'est aussi une année de renaissance du western avec "le brigand bien-aimé" avec Tyrone Power, ou avec "la chevauchée fantastique" de John Ford avec John Wayne. Le cinéma américain est presque, à son apogée et chaque semaine, 80 millions d'américains se déplacent dans les cinémas, pour voir un film, soit plus de 4 milliards de spectateurs par an, contre un 1,2 milliard en 2014. Ces chiffres s'expliquent aisément, car en 1939, la télévision n'existait pas. Pour Bette Davis, 1939 est aussi une année faste. Elle a tourné l'année précédente, sous la direction de William Wyler, "l'insoumise", sorte de petit "autant en emporte le vent" de la Warner, pour lequel elle recevra son deuxième Oscar. En 1939, elle retrouve Errol Flynn, pour "La Vie privée d'Élisabeth d'Angleterre" de Michael Curtiz, mais elle tourne également une première fois sous la direction d'Edmund Goulding, dans "victoire sur la nuit", puis sous la direction de William Dieterle dans une fresque historique "Juarez". Aujourd'hui, l'Oscar reçu par Bette Davis, pour "victoire sur la nuit" a un peu éclipsé "la vieille fille". Et c'est bien dommage, car Bette Davis est réellement extraordinaire, arrivant à montrer l'évolution du caractère de son personnage, blessé par la vie, et jouant donc des rôles finalement totalement différent.

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Le film s'appuie sur un merveilleux scénario de Casey Robinson d'après la pièce de Zoe Akins et adaptée du roman de Edith Wharton. La construction du film autour d'après une pièce est une qualité, car il permet une narration sérieuse. Malheureusement et c'est le seul défaut du film, il entretient un effet un peu statique à l'oeuvre, qui lui empêche d'atteindre encore une meilleure note. Sinon, le film s'appuie sur un casting en or avec autour de Bette Davis, une Miriam Hopkins également au top de sa forme, un Donald Crisp en médecin paternaliste et un George Brent égal à lui même et qui n'apparaît qu'au début. La musique de Max Steiner, la réalisation d'Edmund Goulding et la photographie discrète de Tony Gauldio font le reste. C'est du bel ouvrage. Et on se surprend à pleurer devant cette oeuvre aux accents souvent dramatiques, qui nous parle autant de la vie et des moeurs du milieu du 19ème siècle, que de leurs résonances dans la société puritaine américaine de la fin des années 30. Et donc malgré le caractère statique, et parfois étouffant de l'ensemble, on prend un plaisir fou à se laisser porter, par le jeu incroyable d'une des plus grandes actrices de l'histoire du cinéma. Après avoir vu un tel film, on a honte de constater que la Warner Bros, n'a pas encore sorti l'ensemble de son oeuvre au mieux en Bluray, au pire en DVD. Car une fois de plus, cette "vieille fille" est encore un chef d'oeuvre à mettre au crédit de la grande Bette Davis.

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Ci-dessus : Louise Fazenda, Miriam Hopkins & Bette Davis

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Ci-dessus : George Brent & Bette Davis

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Ci-dessus : Bette Davis et Miriam Hopkins

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Ci-dessus : Jerome Cowan & Bette Davis

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La bande-annonce :

 

Hommage à Bette Davis :

 

Film, disponible en DVD Version originale sous-titrée français sur Amazon.com

 

 

Note  : 8,5 / 10

29/06/2015

Victoire sur la nuit / Dark Victory - 1939

Pour mes lecteurs cinéphiles, je crois qu'il est inutile de rappeler que l'année 1939 a été une grande année pour le cinéma américain. Ainsi l'année 1939 a vu la réapparition de grands westerns, comme 'la chevauchée fanstastique" de John Ford avec John Wayne, ou "le brigand bien-aimé" avec Tyrone Power. Mais l'année 1939, c'est aussi l'année des grands spectacles avec bien sûr "Autant en emporte le vent" produit par David O Selznick. On peut citer également "Quasimodo" tourné par William Dieterle. Mais 1939, est aussi une grande année pour Bette Davis. En effet, elle devait tourner également avec Goulding "The Old Maid", puis "The Private Lives of Elizabeth and Essex" sous la direction de Michael Curtiz. Ces deux films ainsi que "Victoire sur la nuit" furent trois grands succès pour Bette Davis en cette année 1939. A ces films il faut ajouter aussi "Juarez" de William Dieterle avec Paul Muni, tourné également en 1939. Mais 1939, c'est également pour Bette Davis, l'année de son deuxième Oscar de meilleur actrice reçu pour "l'insoumise" tourné un an plus tôt, et qui se voulait être le concurrent de la Warner, contre "autant en emporte le vent". "Victoire sur la nuit" est quant à lui, un drame à l'accent mélodramatique, comme on savait les faire dans les années 30. On retrouve en plus de Bette Davis, George Brent, Humphrey Bogart, Geraldine Fitzgerald et Ronald Reagan. Et si on remarque la jolie Geraldine Fitzgerald, c'est bien le couple Bette Davis / George Brent, qui monopolise l'intrigue et les meilleurs scènes.

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Le scénario est particulièrement propice à l'émotion. Ainsi, il tourmente les sentiments du public, montrant une jeune héritière insouciante touchée par une incurable tumeur au cerveau. Le film nous propose donc une histoire qui tourne autour des dernières années de vie de cette jeune femme pleine de vie. Au delà, de l'injustice de son sort, c'est bien de notre Humanité qu'il est ici question. Que ferions-nous si il nous était possible de connaître le moment de notre mort ? Comment nos relations avec les autres en serez affectées ? C'est ainsi que le magnifique scénario de Casey Robinson d'après la pièce de John Emerson Brewer Jr. et Bertram Bloch, déroule méthodiquement sa trame. Et si il y a un personnage qui n'apparaît jamais quasiment à l'écran, mais qui rode partout, c'est bien la Mort. Partout présente, dans presque chaque moment du film, et dans les esprits, elle rode à travers la maladie. Mais cette mort, est aussi le destin de l'être humain. Et le film nous explique que nous ne devons pas nous inquiéter de ce qui doit arriver. et de notre fin La grandeur de l'Homme  se doit être de dépasser sa peur de la mort et de vivre dans la joie et la dignité le moment présent. Le personnage de Bette Davis, est aussi un personnage de femme forte et indépendante, qui contraste avec les personnages féminins de nombre de mélodrames de cette époque. Ici, elle est le plus souvent indépendante. C'est peut être aussi pour ça, que "Dark Victory" est resté un éternel classique. A cela, il a été bien aidé par la splendide musique de Max Steiner, qui a fait beaucoup pour inscrire le film dans la liste des très grands films de l'année 1939, mais aussi tout simplement dans la mémoire de tous ceux qui aiment le cinéma. Comme l'a bien chanté Kim Carnes : "You won't have to think twice, She's pure as New York snow, She got Bette Davis eyes"

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Ci-dessus : George Brent & Bette Davis

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Ci-dessus : Bette Davis & Humphrey Bogart

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Ci-dessus : Bette Davis & George Brent

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Ci-dessus : Geraldine Fitzgerald, George Brent & Bette Davis

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Ci-dessus : Bette Davis

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Ci-dessus : George Brent & Geraldine Fitzgerald

 

La bande-annonce :

 

Extrait de la musique de Max Steiner :

Disponible en DVD zone 1 ou Bluray Free zone chez Warner en VO sous-titrée français (voir sur Amazon Espagne pour un prix intéressant).

 

Note : 7,5 / 10

21/02/2015

Le fil du rasoir / The razor edge - 1946

"Le fil du rasoir" est une adaptation du célèbre roman de Somerset Maugham. Néanmoins sa vision laisse perplexe. Tout d'abord, il y a le sujet qui est pour le moins original et surprenant, qui nous montre un ancien soldat (Tyrone Power) décidé à abandonner sa fiancée (Gene Tierney), pour chercher à travers le monde, le sens de sa vie. Alors c'est vrai que Tyrone Power s'en sort bien. Mais on a déjà du mal à croire qu'il pourrait tout abandonner et en particulier sa fiancée pour se trouver lui même. Mais même si on passe outre, le film est beaucoup descriptif dans ses dialogues. Le cinéma est un art figuratif ou alors ce n'est plus du cinéma, mais de la lecture avec des images mobiles. Et ici, les dialogues sont souvent des descriptions de certains états antérieurs des personnages, et tout cela ralentit l'action d'une manière presque insupportable. Le comble est peut être, la mort tout à fait ridicule du personnage joué par Clifton Webb. En effet, on ne croit jamais qu'il est malade, et sa mort arrive à battre la célèbre mort de Marion Cotillard dans "The Dark Knight Rises". Vous voyez le genre ...

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Pourtant le film a des qualités. On peut tout d'abord parler de la magnifique beauté de Gene Tierney qui iradie l'écran. L'héroïne de "Laura" (1944), nous donne une belle interprétation et pour tout dire, elle fait plaisir à regarder. Mais la distribution comprend également, John Payne, Anne Baxter, Herbert Marshall,  Lucile Watson,  et Elsa Lanchester. John Payne est malheureusement totalement écrasé par le charisme de Tyrone Power. Herbert Marshall s'en sort bien comme à son habitude. Mais c'est surtout Anne Baxter, qui vole la vedette, à tout ce beau monde, en interprétant une femme ivrogne particulièrement marquante et qui donne un vrai réalisme au film d'Edmund Goulding. Elle obtiendra d'ailleurs un Oscart pour son interprétation. Ainsi, les scènes réalistes en France dans les cafés français sont plutôt bonnes, ainsi que celles dans le tripot arabe. On peut noter qu'elles sont l'exact inverse, de ces scènes de fêtes mondaines, dont le personnage joué par Clifton Webb, qui personnifie ici probablement un homosexuel, est le représentant. A noter que Clifton Webb est d'ailleurs plutôt bon dans son rôle, si on excepte ses quelques scènes finales vraiment peu crédibles. Enfin, la conclusion du film semble elle aussi peu crédible et semble cousue de fil blanc. Bon film ? Mauvais film ? Pour le coup on est vraiment ici sur le fil du rasoir ! Chacun se fera son idée. Pour ma part, je suis très loin d'avoir été convaincu.

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Ci-dessus : Gene Tierney & Tyrone Power

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Ci-dessus : Gene Tierney

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Ci-dessus : Gene Tierney & Tyrone Power de dos

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Ci-dessus : John Payne et Gene Tierney

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Ci-dessus : Tyrone Power & Gene Tierney

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Ci-dessus : Elas Lanchester & Tyrone Power

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Ci-dessus : Herbert Marshall, John Payne, Gene Tierney & Tyrone Power

Disponible en DVD Zone 2 en VO sous-titrée français

Note : 5,5 / 10

22/11/2014

Le Charlatan / Nightmare Alley - 1947

"Le charlatan", c'est peut être un des films les moins désirés de Darryl F Zanuck. En effet, ce dernier n'avait pas particulièrement apprécié le roman de William Lindsay Gresham. Il considérait d'une part que la plupart des thèmes ne passeraient pas la censure et que le rôle titre allait détruire l'image de star de Tyrone Power, auprès du public. Pourtant, Tyrone Power voulait vraiment jouer ce rôle, qu'il considérait comme une parabole sur la star hollywoodienne. Et c'est Lana Turner avec laquelle il entretenait une liaison qui devait écrire à Darry F Zanuck pour le convaincre de laisser jouer Tyrone Power. Zanuck mis alors au travail, deux scénaristes, dont Jules Furthman, pour tenter d'adapter le roman. Dans le but d'atténuer le côté glauque de l'oeuvre, il mit sur le projet, peut être le réalisateur, le plus spécialisé dans le mélodrame romantique : Edmund Goulding. Ce dernier était connu pour ses réalisations de grands mélodrames. On peut citer le magnifique "victoire sur la nuit" (1939) avec Bette Davis, l'inoubliable "Grand Hotel" (1932) avec John Barrymore, "voyage sans retour" avec Kay Francis et William Powell,  On peut également noter qu'il avait déjà tourné avec Tyrone Power, "le fil du rasoir" (1946). Le début du film, commence assez étrangement en situant le début de l'histoire dans une fête foraine. On pense alors encore à William Powell, et à sa prestation dans "le grand Ziegfeld". Mais ce serait un contre-sens. Car finalement le film se rapproche plutôt de "Freaks" (1932) de Tod Browning.

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L'histoire est composée de 3 parties et d'une conclusion. La première partie est en quelque sorte, la mise en place, la seconde l'avancée sociale du personnage joué par Tyrone Power. La troisième partie, est sa décente vers les bas fonds. La conclusion pour moi n'est pas très claire. Le personnage est il sauver en quelque sorte par l'amour de sa femme ? On peut le supposer. Les plus pessimistes y verront la dernière humiliation du personnage, qui ne trouve que pitié dans les yeux de sa propre femme. Le casting est très bon, Tyrone Power, est entouré par une Joan Blondell vieillissante, mais terriblement convaincante, par Coleen Gray qui arrive à donner du corps à un personnage de peu d'envergure. Mais c'est surtout le personnage d'Helen Walker qui interroge. En effet, son rôle de psychiatre perverse et manipulatrice, lui va comme un gant, elle la belle intellectuelle du Hollywood de cette époque. Enfin, il faut citer au crédit du film, la magnifique photographie de Lee Garmes, sur laquelle le réalisateur, Edmund Goulding, confia s'être reposée, tout le long du film. Helen Walker, qui a un second rôle très important dans le film (le rôle de la psychiatre), devait être gravement blessée, et avoir sa carrière brisée en 1946. En effet, le 1er janvier 1946, elle devait avoir un accident de voiture avec 3 GI pris en auto-stop, et être accusée d'être ivre au volant par un des passagers. Sa carrière ne devait jamais se remettre de ce scandale. Pour revenir au "Charlatan", le film évoque presque ouvertement, les relations sexuelles, sans mariage, l'ambition, l'hypocrisie du faux dévot. Interprété par certaines critiques, comme une féroce attaque de la religion, il pourrait en être également une défense, par la mise en avant de la seule valeur qui vaille quelque chose en ce monde : l'amour sincère d'un homme et d'une femme. Au final, "le Charlatan" est un film à tiroirs, qui n'a pas fini de faire parler de lui, et qui mérite d'être vu et revu. Archétype même du film noir dramatique, il est obsédant, comme le destin de l'Homme. C'est tout dire.

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Ci-dessus : Joan Blondell

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Ci-dessus : Tyrone Power & Joan Blondell

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Ci-dessus : Coleen Gray, Joan Blondell, Tyrone Power, & Mike Mazurki

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Ci-dessus : Coleen Gray, Tyrone Power, et Helen Walker (de profil avec un porte-cigarette)

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Ci-dessus : Coleen Gray & Tyrone Power

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Ci-dessus : Coleen Gray

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Ci-dessus : Coleen Gray & Tyrone Power

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Ci-dessus : Helen Walker & Tyrone Power

 

La bande-annonce :

Film disponible en DVD Zone 2 chez Sidonis & Calysta en VO sous-titrée

Note : 7,5 / 10

12/01/2013

Grand Hotel - 1932

Dans le cadre de sa sortie en Bluray (Freezone), je vous parlerai aujourd'hui de "Grand Hotel". "Grand Hotel" (1932) est un film de la MGM tourné par Edmund Goulding. C'est le célèbre producteur Irving Thalberg qui devait rendre possible l'adaptation cinématographique de la nouvelle de Vicki Baum (Menschen im Hotel) en rachetant les droits en la faisant adapter pour le théâtre par William A. Drake. Après un vrai succès de 459 représentations, Thalberg décida de porter la pièce à l'écran, en demandant à Drake et à Béla Balázs de l'adapter pour en faire un film.

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Le film devait bénéficier également des talents de décorateur de Cedric Gibbons, qui allait faire construire de somptueux décors pour le film, et en particulier pour les scènes dans le grand hall à l'entrée de l'hotel. "Grand Hotel peut être considéré comme le premier film "choral" car il rassemblait toute une pléäide d'acteurs, avec des intrigues différentes mais qui parfois se croisaient. Et la force de "Grand Hotel" est bien là, et c'est bien pour ça que ce film, comme aucun autre, a traversé des générations de cinéphiles pour arriver jusqu'à nous, dans une étonnante modernité. Ainsi on retrouve à la distribution, l'immense et énigmatique Greta Garbo, John Barrymore, Lionel Barrymore (frère du précédent), Joan Crawford, Lewis Stone, et Wallace Beery.

 

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Ci-dessus : Greta Garbo et John Barrymore

Le scénario n'a pas de lignes directrices ou plutôt il en a plusieurs. Ainsi on retrouve un grand industriel, Preysing (Wallace Beery) venu négocier une fusion indispensable à la survie de sa société, sa secrétaire aux moeurs libérés (Joan Crawford), un baron mais l'est il vraiment ? (John Barrymore), un employé de la société de Preysing qui se croit en mauvaise santé et prêt de la mort (Lionel Barrymore), un docteur (Lewis Stone) et bien sûr Greta Garbo qui joue à merveille la danseuse russe de ballet déprimée par sa solitaire fin de carrière en chute libre. Dans cette micro-société du Grand Hotel, les destins vont se croiser et s'entre-croiser jusqu'au drame final. Mais est ce vraiment un drame ? Ne voulant pas révéler l'intrigue pour ceux qui n'ont pas vu le film, je vous dirai juste qu'un personnage disparaît. Et la mort est particulièrement bien traité. On y voit que la vie continue comme si de rien était. On y voit aussi la lâcheté de ceux qui savent et qui ne disent rien par peur de la réaction de l'autre.

 

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Ci-dessus : Joan Crawford et John Barrymore

Enfin, le film finit sur une conclusion en forme d'hymne à la vie et sur peut être la plus belle déclaration d'amour vue au cinéma. En effet,  Kringelein vieux, malade, reprend goût à la vie en offrant n'ont pas sa beauté, son charme, sa classe ou la santé qu'il n'a pas, mais tout son argent à la femme de ses rêves, juste pour que cette femme soit sa compagne le peu de temps qu'il lui reste à vivre. Le film touche alors les sommets de l'art en devenant une espèce de parabole sur le destin de l'Homme. Sommes-nous ici pour produire jusqu'à notre mort ? Ou avons nous droit chacun à une part de bonheur, peut être aimer, et ceci même pour le plus petit d'entre nous ? Plus important que tout, le film nous dit : ce qui nous constitue en qu'être humain ce n'est pas notre travail, mais bien ceux qui nous aimons et ce que nous faisons. C'est bien ce message humaniste qui a touché des générations, et des générations de spectateurs et qui fait de ce film un éternel chef-d'oeuvre du cinéma hollywoodien.

 

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Ci-dessus : Edmund Goulding, Wallace Beery et Joan Crawford sur le tournage

Le docteur Otternschlag (Lewis Stone) finit par dire pour clôturer le film : "Grand Hotel, jamais rien ne se passe". Et c'est bien entendu, un clin d'oeil ironique au spectateur qui a vu la vie du Grand Hotel défiler sous ses yeux. Mais c'est aussi, une phrase d'une réalité surprenante qui nous fait revenir à l'infini de la vie, à la mort et à la naissance, à ceux qui partent et à ceux qui rejoignent la vie. Eternelle manège de la vie dont la métaphore est le Grand Hotel qui accueille chaque jour de nouveau client. Vous l'aurez compris, c'est un film totalement indispensable.

 

Reportage de la Première du film à Hollywood en 1932 :

 

 

A noter que le film possède une piste française (VF) et des sous-titres. Les sous-titres sont également bien présents sur les bonus.

 

NOTE : 9 / 10

19/11/2012

Une certaine femme / That certain woman - 1937

"Une certaine femme" est un mélodrame de 1937 d'Edmund Goulding avec pour acteurs principaux : Bette Davis, Ian Hunter et le jeune Henry Fonda. Ian Hunter est connu aujourd'hui pour son rôle de Richard Coeur de Lion dans "les Aventures de Robin des Bois" (1938), ou encore pour son rôle dans Dr. Jekyll and Mr. Hyde (1941) avec Spencer Tracy. Pour Bette Davis, le scénario est parfait. En effet, Bette Davis reste la reine incontestée du mélodrame hollywoodien (genre quasiment disparu aujourd'hui). "Une certaine femme" raconte l'histoire d'une veuve de gangster, abandonnée par son nouveau mari, mais protégée par son richissime patron (célèbre avocat).

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Alors oui, c'est vrai dans "Une certaine femme" on a parfois l'impression d'être devant un épisode de "plus belle la vie". Mais ce film est très intéressant à plus d'un titre. Tout d'abord même si ce film constitue un film de studio, c'est un peu du cinéma d'auteur. En effet, Edmund Goulding a écrit le scénario et réalisé le métrage. Quand on sait la difficulté d'avoir un script propre, et les multiples réécritures que subissent certains scénarios, c'est quelque chose de notable. Alors bien sûr, même si "une certaine femme" est un remake d'un film de 1929 avec Gloria Swanson, ("The Trespasser"), il n'en reste pas moins que c'est une bonne initiative. De plus, le film bénéficie d'acteurs extraordinaires. On a déjà parlé de Ian Hunter. Mais que dire de Bette Davis ou d'Henry Fonda. Bette Davis allait d'ailleurs se faire une spécialité à tourner des drames ou des mélodrames pour la Warner. On la retrouvera d'ailleurs plus tard dans des films plus aboutis comme "Dark Victory" (1939) où elle est extraordinaire dans sa lutte désespérée face à la mort, ou plus tard, dans un genre qui atteindra son paroxysme dans les années 40 avec des films comme "Now Voyager" ou "Mr. Skeffington". Henry Fonda est aussi très bien dans son rôle de jeune homme de bonne famille, dominé par son père et incapable de prendre ses responsabilités. Enfin Donald Crisp est très crédible dans son rôle de père intolérant qui considère la femme de son fils comme une aventurière avide d'argent. On verra d'ailleurs Donald Crisp très souvent dans des rôles de père, que ce soit ici ou dans "la charge de la brigade légère". Mais c'est bien dans "qu'elle était verte ma vallée" qu'il obtiendra enfin une reconnaissance du milieu et donc un Oscar pour son inoubliable interprétation d'un père ouvrier luttant pour sauvegarder sa famille.

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Ci-dessus Henry Fonda et Bette Davis :

 

Si on ajoute à tout ça, une belle musique originale (qui aurait mérité à être mise plus en avant), on se retrouve devant un film très correct et classique qui si il n'atteint pas les sommets du genre, arrive facilement à émouvoir (surtout à la fin) et à distraire. On notera enfin qu'Henry Fonda et Bette Davis se retrouveront l'année suivante, sur le tournage de "Jezebel".

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Film disponible en Zone 2 dans la collection "Trésors Warner"


NOTE : 6 / 10