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23/01/2013

La fille de l'enfer / Safe in Hell - 1931

"La fille de l'enfer" ou en anglais "Safe in Hell" est un fim de William Wellman avec Dorothy Mackaill et Donald Cook. L'histoire tourne autour d'une prostituée, qui fait ce qu'elle fait par manque d'argent et non par goût ou par vice. Mais une rencontre avec un ancien client tourne mal et elle le tue. La seule solution partir en secret sur le paquebot de son amant pour une destination inconnue : une île qui refuse l'extradiction. Ce refuge deviendra rapidement un terrible Enfer ... Avec ces quelques mots, on pourrait dire que nous avons résumé une grande partie de l'intrigue. Mais il n'en est rien et le film réserve néanmoins quelques rebondissements jusqu'à la fin.

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Ceci dit, "Safe in Hell" est un film sale et poisseux. Sale car il n'a pas une bonne qualité d'image, mais sale aussi et surtout par son scénario. Le métier de l'héroïne se passe de commentaires. Mais aussi, les situations sur l'île ou comme seule femme blanche elle sera la proie de mâles en chaleur.

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Ci-dessus : Dorothy Mackaill

Mais la plupart des personnages masculins sont aussi détestables. Tous avec un seul but en tête, être l'amant de la jeune femme. Wellman joue à plein dans ce registre et réserve quelques plans et situations qui font du film quelque chose d'étrange et de finalement. En tant que spectateur on sent donc rapidement piégé comme cette jeune femme. Et je mentirais si je vous disais que l'on prend du plaisir à voir ce film. Une scène est particulièrement marquante. A l'arrivée dans le seul hotel miteux de l'île, les locataires masculins s'installent devant le grand escalier du salon, et les chaises allignées ils regardent monter et descendre Dorothy Mackaill. Finalement, un des comparses s'en va avec une poule à la main. Un autre lui demande : "Qu'as tu l'intention de faire avec cette poule ?" Et finalement c'était pour l'offrir à la jeune femme. Ouf !

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Bref ! Ce n'est pas un film que l'on revoit avec plaisir. A voir car c'est un vrai pré-code et pour le beau jeu de Dorothy Mackaill. Mais franchement ce n'est pas ma tasse de thé. "Safe in Hell" est donc comme son héroïne, un film assez dur à sortir des flammes de l'enfer et de l'oubli, même si il possède quelques qualités.


Disponible en Zone 2 sur le site de la Warner ou chez Gibert Joseph


NOTE : 5,5 / 10

23/12/2012

Baby Face - 1933

"Baby Face" est un film "Pré-Code" de 1933 avec Barbara Stanwyck, et George Brent dans les rôles principaux. On retrouve également dans les seconds rôles le très jeune John Wayne. Il existe 2 versions de ce film : la version censurée diffusée dans les cinémas à l'époque et la version non censurée "director's cut" si on peut dire. C'est bien entendu, cette dernière version qui donne tout son sens au film. La version censurée enlève tout le caractère sulfureux de l'oeuvre voir même une compréhension de certaines scènes. Le film est une oeuvre d'importance dans l'immense filmographie d'Alfred E. Green.

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Aujourd'hui le film a perdu un peu de son caractère choquant, mais reste néanmoins profondément sulfureux sur de nombreux points. En effet, le film raconte l'histoire d'une jeune fille exploitée par son père dans un espèce de tripot clandestin. Le père fabrique de plus dans l'alcool à priori également de manière inégale. Il faut se rappeler que la prohibition disparaitra en avril 1933. Mais ce n'est pas tant cela qui est mis en avant. C'est surtout la volonté de s'en sortir par tous les moyens pour une jeune fille pauvre. Ce film serait une espèce d'éducation à la vie dans un monde sans pitié. Ainsi, les conseils d'un vieil homme vont faire réagir la jeune fille qui va se décider à ne plus se laisser exploiter mais à exploiter les hommes, grâce à sa beauté.

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Bien entendu, cette volonté de s'en sortir pour une jeune femme qui veut être indépendante était inacceptable pour la censure de l'époque. Et ce sont ces scènes que l'on interdira et pourtant bien avant la mise en place du code Hays. Par contre, la caméra s'attarde longuement sur les formes de Barbara Stanwyck, n'hésite pas à montrer une jarretière, des contacts physiques non désirés (voir l'image ci-dessus) etc

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Ainsi ce type de plan sur les jambes de Barbara Stanwyck est très rare dans le cinéma d'après 1934, on ne le retrouvera que très rarement dans le cinéma américain d'avant 1968. Peut être dans le "facteur sonne toujours deux fois" et encore car dans "le facteur sonne toujours 2 fois", le but du plan était d'anonncer l'entrée d'une femme dans la pièce. Ici le spectateur sait que l'actrice est présente, et le plan ne sert qu'à mettre en avant sa féminité. Je ne vais pas vous raconter toute l'histoire du film, pour ceux qui ne l'ont pas vu. Mais disons que notre héroïne arrivera à s'en sortir matériellement et peut être finalement aussi moralement. Le film était clairement scandaleux pour l'époque car il énonçait des vérités sur une société américaine sans pitié et sans morale et montrait les personnages masculins comme esclaves de leur passion, même au plus haut niveau de la hiérarchie sociale. J'aurais tendance à penser que presque 80 ans après, peu de choses ont changé. C'est bien ce qui fait de ce film un classique du cinéma US. On peut également se demander rétrospectivement ce que le cinéma américain aurait été, si il n'y avait pas eu de Code Hays. La censure a t'elle empêchée le tournage de films réalistes comme celui-ci ou a t'elle permis de développer l'aspect glamour et l'intellectualisme qui manque tant à Hollywood aujourd'hui ? On ne le saura jamais.

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Ci-dessus : Barbara Stanwyck et John Wayne

Annex - Stanwyck, Barbara (Baby Face)_NRFPT_02.jpg

 

Bande-annonce :

La Réplique du film :

-Yes I am a tramp, but whose to blame ? My father !

Traduction : Oui je suis une trainée, mais qui est à blamer ? Mon père !


NOTE : 7 / 10