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31/12/2014

Le crime était presque parfait / Dial M for Murder - 1954

"Le crime était presque parfait" est le premier film des trois films, de Grace Kelly pour Alfred Hitchcock. Le film est réalisé avec un sens du détail assumé, et en seulement 34 jours. Il est une adaptation fidèle d'un pièce de théâtre éponyme. Il était dans son propos, un peu révolutionnaire pour 1954. En effet, la femme infidèle (Grace Kelly) était sympathique, et le mari (Ray Milland) totalement antipathique. D'ailleurs, le personnage de l'amant joué par Robert Cummings laissait tout autant paraître un caractère positif. On voit sur chaque plan, le travail minutieux d'Hitchcock sur les moindres détails de la photographie et de la mise en scène, en particulier sur la fameuse scène des ciseaux. Il n'en reste pas moins que le film est confiné à un appartement pendant presque toute sa durée. Et on a donc très souvent l'impression d'assister à du théâtre filmé. C'est peut être pour cela, que "le crime était presque parfait", avait été tourné en 3D, afin de ne pas laisser cette impression de film statique au spectateur. On notera aussi que la musique de Dimitri Tiomkin, semble bien, à l'étroit dans cet appartement, et convient mieux aux grands espaces westerniens ou aux films d'action. Quoiqu'il en soit, "le crime était presque parfait", sera éclipsé la même année, par le fulgurant succès de "fenêtre sur cour" (autre réalisation d'Hitchcock). On pourra noter également la présence d'un intéressant remake avec Michael Douglas et Gwyneth Paltrow, "meutre parfait" (1998).

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Ci-dessus : Ray Milland & Grace Kelly

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Ci-dessus : Anthony Dawson & Grace Kelly

Disponible en DVD zone 2, VF et VO sous-titrée chez Warner France

Note : 7 / 10

30/05/2014

Le plus grand cirque du monde / Circus World - 1964

"Le plus grand cirque du monde" est un film d'Henry Hathaway, avec John Wayne, Claudia Cardinale, et Rita Hayworth. L'univers du cirque n'est ici que prétexte pour mettre en place un improbable mélodrame où le trio John Wayne / Claudia Cardinale / Rita Hayworth donne sa pleine mesure. Les seconds rôles se distinguent moins, même si on remarque Lloyd Nolan et Richard Conte. On peut regretter un John Wayne habillé étrangement en Cowboy les trois quarts du film, ou encore quelques longueurs. Il n'en reste pas moins que cette super-production de Samuel Bronston se regarde sans déplaisir et contient quelques scènes très spectaculaires. C'est John Wayne qui insista pour avoir Rita Hayworth pour le film. En effet, le rôle était prévu initialement pour Lilli Palmer. Le public de l'époque ne put s'empêcher de penser que le personnage alcoolique joué par Rita Hayworth, était en quelque sorte une image de cette dernière. On sait aujourd'hui que Frank Capra devait à l’origine diriger le film. Suite à un désaccord avec le scénariste James Edward Grant, Henry Hathaway le remplaça. A noter une très belle qualité du récent master Bluray. Pour finir sur cette restropective du cirque au cinéma, on peut regretter que le chef-d'oeuvre de Cecil B DeMille "Sous le plus grand chapiteau du monde" (1952), n'ait toujours pas droit à une restauration et à une sortie Bluray.

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Ci-dessus : John Smith, Claudia Cardinale, John Wayne et Rita Hayworth

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Ci-dessous : Rita Hayworth et John Wayne

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Ci-dessous : Claudia Cardinale et John Wayne

Bonus :

Film disponible en Bluray et DVD zone 2, en VF et VO sous-titrée.

Note : 7,5 / 10

23/04/2014

La captive aux yeux clairs / The Big Sky - 1952

Aujourd'hui, je mets en avant une présentation de "la captive aux yeux clairs" (1952) par Mr Bertrand Tavernier. "La captive aux yeux clairs" est un très beau western que j'apprécie énormément. Pourtant à ma connaissance, il n'a jamais bénéficié d'une vrai restauration. Et je me souviens toujours de l'avoir vu dans une qualité plus ou moins déplorable voir catastrophique.  A ce titre la sortie en 2001, par les éditions Montparnasse, n'était vraiment pas une réussite. A l'ère de l'ultra-haute définition, du tout numérique et du Bluray. On doit donc encore se contenter d'un film difficilement regardable, car non restauré.

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Après "la rivière rouge" (1948), Howard Hawks revient donc au western en 1952, à la demande du patron de la RKO, Howard Hughes, qui cherche à donner un nouvel élan à la RKO, plutôt mal en point. Rien y fait les spectateurs ne seront pas au rendez-vous. On décida alors de couper 12 minutes, qui n'arrangèrent rien à l'insuccès public. Pourtant, le film est bourré de qualités. Adapté d'un roman de A B Guthrie, il décrivait comme dans "la rivière rouge" une première fois. Et cette fois-ci, cette première était la descente d'une rivière en pays indien. Hawks voulait initialement Robert Mitchum pour le rôle titre, mais il aura un très bon Kirk Douglas. La force du film se situe dans ses formidables scènes, et sa faiblesse dans parfois un manque de liens entre elles, et une intrigue finalement assez faible. Mais ce n'est qu'un détail au vu de la qualité d'une oeuvre malheureusement introuvable dans un master correct. A noter que c'est le premier et dernier film, d'Elizabeth Threatt qui décidera après la sortie du film, d'abandonner le mannequinat et la mode, sans donner de raison.

 

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Ci-dessus : Arthur Hunnicutt, Kirk Douglas &  Dewey Martin

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Ci-dessus : Arthur Hunnicutt, Kirk Douglas &  Dewey Martin

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Ci-dessus : Arthur Hunnicutt, Kirk Douglas, Dewey Martin & Elizabeth Threatt

La présentation de Betrand Tavernier

 

Note : 8 / 10

23/02/2014

Les 55 Jours de Pékin / 55 Days at Peking - 1963

Récemment sorti en Bluray Collector par Filmédia, Hollywood classique est fier de vous présenter "les 55 jours de Pékin", super production de Samuel Bronston et dernier film de Nicholas Ray. Je ne vais pas refaire le making-off que vous pouvez retrouver sur le Bluray ou dans un court résumé, dans la vidéo de présentation ci-dessous. Néanmoins je veux quand même insister sur la beauté de cette édition qui restitue le génie de Ray dans ses moindres couleurs. En effet, la définition et les couleurs sont formidables. Le film semble littéralement avoir été tourné hier. Et c'est un plaisir de redécouvrir cette oeuvre dans de telles conditions de restauration. Je ne sais pas où Filmédia déniche ses masters, mais ils sont d'une étonnante jeunesse. Ainsi après la sortie de leur incroyable master de "A l'abordage !" avec Errol Flynn, "les 55 jours de Pékin" est encore un coup de maître pour cette firme. On peut d'ailleurs se rendre compte de l'énorme travail de restauration, avec sur les bonus un comparatif en images, entre l'ancienne version et la version restaurée qui nous est présentée.

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Pour revenir au film lui même, il regroupe quelques unes des plus grandes stars internationales de l'époque. On peut citer : Charlton Heston, Ava Gardner, David Niven, PaulLukas, Flora Robson, John Ireland, et Harry Andrews. La relation entre le réalisateur et Ava Gardner fut désastreuse, celle-ci se comportant très mal et arrivant souvent en retard et ivre. On pense qu'elle réussit à obtenir le départ de Nicholas Ray. En effet, on ne sait si Ray a fait une crise cardiaque. En tous les cas, une ambulance est venue le chercher et à mi-film il était remplacé par Andrew Marton and Guy Green. Le tournage eut lieu en grande partie en Espagne, où Samuel Bronston fit recréer la Chine de 1900. Et cela donne à l'image des décors assez incroyables et le sentiment que le film a été tourné en Chine même. Dans cette super-production qui aurait pu être étouffante, les scénaristes et Ray sont arrivés à mettre des pauses, et la relation entre la jeune enfant chinoise, jouée par  Lynne Sue Moon et Charlton Heston est particulièrement touchante et enlève l'adhésion. A cela il faut ajouter les presque 2 heures de musique d'un Dimitri Tiomkin très inspiré et qui nous donne une musique un peu baroque, étrange, mais toujours magnifique. Il ne vous reste donc qu'à vous ruer sur cette fabuleuse édition Bluray,  à voir et à revoir de toute urgence.

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Ci-dessus : Charlton Heston et David Niven

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Ci-dessus : John Ireland

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Ci-dessus Charlton Heston

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Ci-dessus : Ava Gardner

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Ci-dessus : La tension palpable entre Nicholas Ray et Ava Gardner

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Ci-dessus : Nicholas Ray sur le plateau des 55 jours de Pékin

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Ci-dessus : Ava Gardner et le directeur de la photographie ? (Jack Hildyard)

 

Présentation :

 

Bande-annonce :

 

Extraits de la musique :

Disponible en Bluray collector chez Filmédia VF et VO sous-titrée

 

Note : 9 / 10

14/05/2013

Les gars du large / Spawn of the North - 1938

"Les gars du large" est l'exemple de films de la grande époque des studios, qui aujourd'hui, ont tout de même un peu vieilli. Ainsi, même si le film bénéficie d'une distribution éclatante avec Henry Fonda, George Raft, Dorothy Lamour, Akim Tamiroff, Louise Platt, mais aussi John Barrymore, d'un réalisateur chevronné comme Henry Hathaway et de Dimitri Tiomkin à la partition, le film ne m'a jamais passionné. En effet, le scénario est loin d'être excitant et raconte la lutte entre les pêcheurs américains en Alaska, contre les pêcheurs russes qui viennent prendre du poisson dans les eaux américaines. Tout commence d'ailleurs par l'explication de pourquoi les saumons reviennent dans les rivières d'Alaska, pour la ponte, d'où le titre "Spawn of the North", que l'on peut traduire par "ponte dans le Nord". Rien de bien excitant ... Les vingt premières minutes sont assez barbantes et on voit George Raft jouer avec une otarie, un peu comme Gregory Peck quelques années plus tard dans "le monde lui appartient" (1952). A croire qu'il faut une otarie dans tous les films américains qui parlent des pêcheurs à la fin du 19ème siècle en Alaska.

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Enfin, après vingt minutes qui nous donnent envie de nous mutiner, ou de jeter tout le monde par dessus bord, le film prend un peu son envol avec la discussion sur les coutumes indiennes que l'on rapproche du christianisme. On voit alors ici tout le travail des scénaristes et dialoguistes qui ont fait tout de même un gros effort pour adapter l'histoire de Barrett Willoughby. Heino Timmerman était pêcheur en Alaska et ami d'Hathaway, il devait donc aider ce dernier, sur ce film et sur plusieurs autres. Pour revenir à  l'histoire, elle va séparer et réunir les deux amis d'enfance : George Raft et Henry Fonda.

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Ci-dessus : George Raft et Henry Fonda

Le film est une production Paramount et a été racheté en 1958, comme 700 autres films de la Paramount, par Universal. En 1936, Carole Lombard était prévue pour jouer dans ce film, mais en 1938, malade elle devait laisser le rôle à Dorothy Lamour. Malheureusement, il est assez difficile de ne pas avoir d'indigestion devant ce menu cinématographique, dédié à la pêche aux saumons. Enfin, même si on a plaisir à retrouver un incroyable acteur comme John Barrymore. Toutes ces envolées lyriques sont coupées et réduites à rien par son assistant et retombent donc finalement à plat, un peu comme ce métrage finalement. L'ultime scène de Barrymore est heureusement là pour nous rappeler que nous avons vu une page de l'histoire non seulement de la pêche en Alaska, mais aussi de la grande histoire l'Alaska et des USA. Heureusement, que cette scène est présente sinon le spectateur ne s'en serait pas douté. Quoiqu'il en soit, le film devait obtenir un cartain succès et bénéficier d'une adaptation radiophonique, et recevoir un Oscar pour les meilleurs effets spéciaux pour Farciot Edouart. Comme quoi ...

 

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Ci-dessus : George Raft, Dorothy Lamour et Henry Fonda

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Disponible en zone 2 dans la collection "Universal" sur le site de l'éditeur ou chez Gibert Joseph.

Note : 5,5 / 10

09/04/2013

La vie est belle / It's a Wonderful Life - 1946

Par quel bout prendre "la vie est belle" de Frank Capra ? Voilà la première question qui me vient à l'esprit alors que je rédige cette note. Est-ce un film niais comme aime à le rappeler les cyniques de tous bords ou est-ce le chef-d'oeuvre encensé par la critique et le public depuis des décennies ? Cette note essaiera d'y répondre avec le coeur, car si on lit avec les yeux et si on écoute avec nos oreilles c'est bien avec le coeur qu'i faut voir ce film sous peine de ne rien y comprendre. Le film est tiré d'une histoire, "The Greatest Gift", écrite en novembre 1939 par Philip Van Doren Stern. L'auteur n'arrivant pas à faire publier son histoire se décida à la joindre à ses cartes de Noël et l'envoya à 200 proches. L'histoire attira finalement l'attention d'un producteur de la RKO David Hempstead. Ce dernier le présenta à l'agent de Cary Grant et finalement en avril 1944, la RKO en acheta les droits pour 10 000 dollars. Après trois écritures de script qui ne satisfaisaient personne au studio, Cary Grant n'attendit pas la fin du projet et se mit à tourner un autre conte de Noël "the Bishop's wife" (1947). Finalement, Charles Koerner de la RKO fit lire l'histoire à Capra qui la trouva merveilleuse. La RKO anxieuse de ne jamais pouvoir mettre le film en images, décida de vendre les droits sur ce film et les trois scripts à la société de production de Capra, "Liberty Films". Capra prit alors les choses en main, et retravailla le script avec une pléiade de scénarites : Frances Goodrich,  Albert Hackett, Jo Swerling, Michael Wilson, et enfin Dorothy Parker. Mais le script devait encore subir des révisions, et même durant le tournage. Mais ce n'était pas forcément un problème à Hollywood. On se rappelle que le script de "Casablanca" devait subir le même sort, avec le succès que l'on sait.

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Le film devait être tourné aux studios RKO et au ranch de la RKO à Encino qui avait déjà une ville construite qui avait servie pour un film de 1931 "Cimarron". La ville faisait 1,6 hectares et possédait sa grande rue, et 75 bâtiments et magasins. Capra pour le besoin du film devait faire construire une banque mais aussi faire planter 20 chênes. Capra devait ensuite supprimer plusieurs parties musicales composées par Tiomkin au grand désespoir de ce dernier. Sur cette ville construire pour le cinéma, il faut savoir qu'en 1954 l'ensemble  devait être rasé et ne devait rester que la piscine où danse James Stewart dans le film, et la maison Martini. Le tournage quant à lui devait commencer le 15 avril, 1946 et se terminer le 27 juillet 1946. Le film devait se classer 26ème au box-office de 1947 sur 400 films sortis cette année là. Devant ce succès mitigé il devait accuser une perte de 525 000 $. Néanmoins, le film devait passer des générations de spectateurs pour rester dans la mémoire collectivie du public jusqu'à aujourd'hui et devenir un film mythique. Mais qu'est ce qui fait de "la vie est belle", un film mythique aujourd'hui ?

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Ci-dessus : James Stewart

Le succès de "la vie est belle" qui fait de ce film, une légende du cinéma hollwyoodien, ce n'est pas seulement le talent de réalisateur de Capra, ou l'incroyable beauté et le glamour de Donna Reed qui paraît n'avoir jamais été aussi belle et désirable ou l'enthousiasme de James Stewart, ou encore l'incroyable capacité de Lionel Barrymore à jouer un ancien ouvrier aux idées presque anarchiste l'année précédente dans "la vallée du jugement" et cette fois-ci tout le contraire, dans son interprétation d'un banquier rapace. Ce qui fait le succès encore aujourd'hui de "la vie est belle" et qui en fait un film mémorable pour le public, ce sont bien les thèmes que ce film aborde, thèmes qui sont toujours d'une brûlante actualité. En effet, qui peut nier que le sacrifice pour les siens et pour lea autres, la famille, l'appât du gain, ou l'erreur qui détruit toute une vie de travail, et simplement la valeur inestimable de la vie d'un être humain, ne sont pas encore aujourd'hui des thèmes encore actuels en cette période de crise ?

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Ci-dessus : Donna Reed et James Stewart

D'ailleurs la popularité dont le film bénéficie chez nous le rapproche plus d'un certain esprit prêt à croire dans la communauté et dans la solidarité, plutôt que dans la réussite personnelle et dans un appât du gain qui détruit tout, mais aussi dans l'intervention de forces invisibles qui éloignent ainsi le film des mensongères accusations dont il fit l'objet dans'une note du FBI qui faisait de ce film, un film aux idées communistes.

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Ci-dessus : Lionel Barrymore (frère de John Barrymore) et Thomas Mitchell

"La ville est belle" est donc sans aucun doute le plus grand film de Capra encore meilleur que "Mr Smith au sénat" (1939) et il bouleverse autant qu'il peut émouvoir. On ne saurait donc rejoindre les cyniques et bouder son plaisir. "La ville est belle" reste une formidable leçon cinématographique mais aussi morale, sur une vie plus forte et plus précieuse que l'argent et que la finance. Alors oui c'est un conte de Noêl, mais franchement qu'est ce que ça fait du bien !

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Extrait :


 

Film disponible en DVD (zone 2) et Bluray multi-zones.

 

Note : 9 / 10

22/03/2013

La rivière Rouge / Red River - 1948

Aujourd'hui, je suis heureux et fier de vous présenter la nouvelle version DVD et Bluray de "la rivière Rouge" (le chef d'oeuvre de Hawks). En effet, l'éditeur Wild Side a sorti une nouvelle version totalement restaurée. Le packaging est formidable et comprend un DVD et un Bluray qui inclus la version longue (cinéma) du premier montage de Hawks et la version plus courte issue du second montage également du réalisateur, initiée après la sortie du film en 1948. En effet, Hawks n'était pas totalement satisfait de la version cinéma, qu'il jugeait trop longue et ralentissant l'action. Cet exemple nous montre la liberté dont pouvait disposer les réalisateurs à cette époque pous la mise en valeur de leurs oeuvres. Quand on se rappelle aujourd'hui, le massacre que les studios imposèrent au chef d'oeuvre de Ridley Scott "le royaume des Cieux" dans sa version cinéma, on ne peut que rester songeur. Quoiqu'il en soit, et pour revenir à "la rivière Rouge", la version que nous propose Wild Side est admirable. J'avais vu ce film dans une mauvaise version, à la télévision lorsque j'étais adolescent et force de constater qu'avec cette édition Wild Side, nous avons un master totalement restauré et de la plus belle des manières. Il est vrai que Wild Side a pu bénéficier d'un superbe master. Mais il a aussi retravaillé l'image et cela se voit. Les griffures, déchirures, et autres salissures ont quasiment toutes disparues. Et si parfois le grain reste trop marqué, cela n'empêche pas le spectateur de se plonger dans l'action et d'être certain d'avoir la plus belle version de cette oeuvre magnifique entre les mains.

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Le film est le premier western de Hawks, mais il nous livre un superbe spectacle aux accents fordiens. Ainsi, les grands espaces deviennent rapidement des lieux inquiétants, peuplés d'indiens hostiles, et de dangers mortels. Le film nous raconte l'histoire d'une région (le Texas) ruinée à la sortie de la guerre de sécession, et de la volonté d'un homme (John Wayne) pour vendre son troupeau de bétails au Missouri, là où le bétail est encore demandé. Derrière ce scénario classique, Hawks magnifie le sacrifice des premiers éleveurs, mais aussi les relations humaines et l'action et fait de "la rivière Rouge" un western tout simplement mythique.

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 Ci-dessus : John Wayne et Coleen Gray

En plus de John Wayne et Montgomery Clift on retrouve John Ireland. On se souvient de John Ireland pour son interprétation dans "Spartacus" ou encore dans un autre western mythique "Réglements de comptes à Ok Corral". Pour les stars féminines on a droit à quelques minutes en début de film avec Coleen Gray et à la fin de la deuxième partie apparaît Joanne Dru dans une romance plus longue.

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Ainsi, la nature immense et sans fin va s'imposer tout le long du film et développer les oppositions et rendre presque fous des hommes au départ sains. Ce qui marque d'ailleurs lorsqu'on voit "la rivière Rouge" c'est donc bien l'absence de femmes tout le long du film. "La rivière Rouge" est donc un extraordinaire film d'hommes où la femme ne reprendra sa place qu'à l'ultime fin du film. La femme le plus souvent absent de la narration devient subitement la clé, de l'oeuvre qui va clôturer un des plus beaux westerns de l'histoire du cinéma. Bien évidemment on ne peut parler de "la rivière Rouge" sans dire quelques mots sur la musique de Dimitri Tiomkin qui magnifie les grands espaces et qui transforme le film de Hawks en une incroyable odyssée humaine. Pour finir, je laisserai la parole à John Ford qui fit cette déclaration après avoir vu John Wayne dans "la rivière Rouge" : "Je ne savais pas que ce grand fils de pute était capable de jouer comme ça !" One ne saurait mieux dire pour vous convaincre de voir et revoir "la rivière Rouge".

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 Ci-dessus : John Wayne et Montgomery Clift

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Ci-dessus : Montgomery Clift et Joanne Dru

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Ci-dessus : Joanne Dru et Hank Worden

 

La bande-annonce :

 

Extrait de la musique de Dimitri Tiomkin :

 

Note : 9 / 10

15/03/2013

La chute de l'empire romain / The Fall of the Roman Empire - 1964

La qualité d'un film doit elle être mesurée à l'aune du nombre d'entrées en salle ? Que restera t'il du cinéma d'aujourd'hui dans 100 ans ? Ce sont bien les questions que l'on peut se poser quand on essaye d'analyser ce film, "la chute de l'empire romain". En effet, aujourd'hui on se rappelle de ce film surtout parce qu'il a inspiré lointainement le "Gladiator" de Ridley Scott. Mais si ici il est question du début du déclin de Rome, ce film eut également pour conséquence la fin de la société de production de Samuel Bronston comme le note le New-York Times dans son édition du 6 août 1965. Le film avait en effet coûté 18,5 millions de dollars, ce qui était une somme très importante pour l'époque et n'avait pas rapporté assez de bénéfices. Bronston devait donc finir de produire la même année, "le Plus Grand Cirque du monde" avec John Wayne, et abandonner les très grosses productions. Il ne produira que 3 films jusqu'en 1984, son dernier film étant "Fort Sagane".  Pourtant comme nous allons le voir, cet insuccès public de "la chute de l'empire romain" est largement immérité.

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Tout d'abord le film bénéficiait d'une pléiade de stars : Sophia Loren, Stephen Boyd, Alec Guinness, James Mason, Christopher Plummer, Mel Ferrer, Anthony Quayle et Omar Sharif. Sophia Loren avait joué Chimène 3 ans plus tôt dans "le Cid" également sous la direction d'Anthony Mann. Stephen Boyd c'est bien évidemment l'inoubliable Messala de "Ben-Hur"(1959) de William Wyller.  Alec Guinness c'est bien entendu le colonel anglais du "pont de la rivière Kwaï" ou Obiwan Kenobi dans l'épisode IV de "la guerre des étoiles". James Mason joue de son côté le rôle d'un savant et le rôle lui va parfaitement et correspond à son flegme anglais. Quant à Mel Ferrer il fait une composition à cent milles lieux de sa prestation dans "Scaramouche" et est presque méconnaissable. Enfin Anthony Mann était donc comme sur "le Cid" également présent aux commandes. A noter que "la chude de l'empire romain" a été tourné en Espagne dans la Sierra de Guadarrama au Nord de Madrid et que pour l'occasion on recréa le forum romain et l'ancienne Rome sur une superficie de 220 000 m2

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Ci-dessus : Sophia Loren et Stephen Boyd. Ils ne sont pas beaux ?

Mais on ne retrouve pas seulement des acteurs de péplums comme Stephen Boyd mais on retrouve aussi dans le film des scènes rappelant les plus grands péplums. Par exemple, on a comme dans "Ben-Hur" une course de chars. On a une reconstruction du forum romain, mais aussi un long combat dans les forêts enneigées de la Germanie comme dans ... "Gladiator". Alors évidemment en 1964, la violence n''était pas aussi réaliste que 10 ans plus tard. Mais néanmoins, le film est pour l'époque très bien réalisé. Et si mon intention n'est pas de vous raconter l'histoire du film, je vous dirai que ce film est baigné d'une profonde mélancolie qui ira à la fin jusqu'à une certaine folie, prémonitoire d'un avenir sombre pas seulement pour Rome peut être, mais pour un certain cinéma. Le public de l'époque ne l'a peut être pas compris. Mais il est difficile de ne pas voir dans ce monde romain qui s'écroule petit à petit imperceptiblement une annonce d'un changement de société d'une résonance étrangement actuelle. Et finalement la vie d'un Empire peut bien être comparé à la vie d'un Homme, avec donc un début, une élévation et une fin. Si Maximus dans "Gladiator" ouvrait une porte pour un autre monde et pour en réalité un autre cinéma, "la chute de l'empire romain" était le testament d'un cinéma d'aventure spectaculaire et familial qui jettaient ses derniers feux, avant un long hiver. Pour toutes ces raisons, j'ai une profonde tendresse pour ce film crépusculaire baigné des larmes de Sophia Loren. Récemment édité en Bluray (l'année dernière) il mérite donc tout votre intérêt.

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Ci-dessus : Anthony Mann sur le tournage de "la chute de l'empire romain"


La bande-annonce :


 

La musique de Dimitri Tiomkin :


 

Reportage sur Anthony Mann  par Jean-Claude Missiaen :



Note : 9 / 10

17/10/2012

Réglement de comptes à O.K Corral / Gunfight at the O.K. Corral - 1957

"Réglement de comptes à OK Corral" est un western réalisé par John Sturges. Il raconte l'histoire d'un duel entre les frères Earp et un gang de hors la loi. L'histoire est tirée de la légende de l'Ouest, Earp ayant vraiment existé ainsi que le combat à Ok Corral. Ce film m'a toujours fasciné. Je l'ai vu étant enfant, et j'ai toujours trouvé qu'il était incroyablement addictif du début à la fin. Je l'ai donc vu de très nombreuses fois. Déjà le titre, qui commence avec des cavaliers dans une prairie, et la chanson qui parle d'un réglement de comptes. On peut  ainsi dès les premières secondes se poser des questions sur la venue de ces cavaliers. Que viennent ils faire ? Mais surtout la chanson titre est vraiment bien trouvée et fait penser à la chanson de troubadours au moyen âge qui raconte une histoire, pas dans la forme mais bien dans le fond. Le producteur Hal B Wallis a participé au scénario a fait rajouter une romance à l'histoire entre Earp (Burt Lancaster) et Laura Denbow (Rhonda Fleming).

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Ce qui fascine également, c'est la mise en avant des défauts humains des différents personnages : hors la loi, shérif lâche, femme joueuse, ou volage etc etc Mais le personnage qui attire le plus mon affection c'est bien Doc Holliday (joué par Kirk Douglas), cultivé, dentiste qui a renoncé à exercer et qui a une liaison avec une femme (Jo Van Fleet) qu'il n'aime pas et qui l'aime pour son argent. Il est malade (tuberculose) très souvent, avec donc des problèmes conjugaux. Sa femme semble donc être sa punition à sa vie gâchée. Il y a donc quelque chose de pathétique dans cette histoire et dans la vie de Doc Holliday, qui n'attire sur lui que vengeance et antipathie de ses semblables. Mais il n'en a que faire et continue de jouer aux cartes pour gagner sa vie et de défier en combat singuliers ceux qui viennent s'en prendre à lui.

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Le personnage de Burt Lancaster semble ne souffrir d'aucun défaut, mais il en a un gros : l'indécision. Il se refuse à aider Doc Holliday, puis il l'aide. Enfin il arrête une joueuse, et il la libère etc Son indécision sera en contradiction avec la fidèle amitié qui petit à petit le liera à Doc Holliday. Peut être avait-il compris que Doc Holliday était contraint de subir sa vie plus qu'il ne pouvait la changer et que plus que quiconque celui-ci savait sa fin proche.

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Alors bien sûr, le clou du film c'est le combat final qui fut tourné en 4 jours à raison de 12 heures par jour ! Les passionnés de Science Fiction auront bien entendu remarqué la présence de DeForest Kelley le célèbre docteur Mc Coy de la série Star Trek. A noter qu'une suite a été tourné en 1967 par John Sturges mais avec des acteurs différents. On ne saurait finir de parler de ce film où tout semble totalement réglé comme un ballet, sans parler de la fameuse musique de Dimitri Tiomkin qui est parfaitement à sa place pour donner un fort impact à ce western dramatique, où la psychologie des personnages touche parfois au coeur plus sûrement que la balle du revolver. A n'en pas douter un western mythique, clairement au dessus du lot. A voir et à revoir sans modération.

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Disponible en DVD Zone 2. Image de très bonne qualité. Mais mériterait bien une release en Bluray.

Le générique  :

Extrait :

 

 

Ci-dessous le compositeur Dimitri Tiomkin :

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Note : 8 / 10