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04/08/2017

L'étrange aventurière / I see a dark stranger - 1946

Et si on parlait un peu de cinéma anglais ? En effet, contrairement à ce que disait Truffaut, le Royaume-Uni a apporté une contribution non négligeable à l'art cinématographique. Et j'en ai pour preuve ce film de Frank Launder, "l'étrange aventurière", tourné juste après la guerre en 1946, et qui est encore prétexte à un jeu d'espions originales entre une jeune irlandaise détestant les Anglais et donc des agents nazis. Autant vous le dire tout de suite, l'actrice principale Deborah Kerr crève littéralement l'écran par sa présence. Elle est parfaite dans ce rôle d'ingénue qui aime à se laisser manipuler, et qui arrive à se mettre de part son incrédulité dans des situations totalement impossibles. Formidable actrice, elle laisse déjà paraître avec ici Trevor Howard comme partenaire, une féminité et un talent déjà débordant. Et c'est à ce moment là que l'on doit se souvenir de tous ses films que l'on a vu avec elle. Ainsi, on se rappelle du "colonel Blimp" (1943), du "Narcisse Noir" (1947), de sa carrière hollywoodienne qui passe par l'inévitable "Quo Vadis" (1951), "les mines du roi Salomon" (1951), mais aussi  par "le prisonnier de Zenda" (1952) et "la reine vierge" (1953) avec Stewart Grangers et combien d'autres. Tous ces merveilleux films nous reviennent en mémoire et on se sent honorer de découvrir enfin un nouveau film avec une actrice de cette classe. Surtout que cette histoire de jeune irlandaise nourrie tout sa vie aux thèses indépendantistes irlandaises, et qui se laisse manipuler à son insu mais de son plein gré, a de quoi plaire. En effet, le ton du film n'est jamais moralisateur, mais très souvent avec des touches comiques, se moquant gentiment de l'incrédulité de la jeune femme et laissant les personnages secondaires songeurs, ne pouvant pas croire qu'elle est une espionne ! Mais en est elle vraiment une ? Il faudra voir le film pour le découvrir.

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J'ajouterai que Trevord Howard ici est également parfait, arrivant à passer pour un jeune premier, ce qui n'est pas le plus facile pour lui au regard de son physique assez commun. On se souvient aussi de lui, au moins pour un des premiers chefs-d'oeuvre de David Lean, "Brève rencontre" (1945) avec Celia Johnson et pour en fin de carrière un rôle de révolté dans "les racines du ciel" (1958) avec Errol Flynn. En ce qui concerne, "l'étrange aventurière", on est donc en face d'une oeuvre vraiment attachante où les personnages semblent empreints d'une réalité et d'un flegme tout britannique, en dehors évidemment des nazis toujours assez abjects. Le film sous des dehors de comédie policière, n'en demeure pas moins également un film policier de bon niveau avec des aspects hitchcockiens assumés, tant au niveau de la réalisation que du suspens. A cela, il faut ajouter une admirable photographie de Wilkie Cooper. On se souvient de lui aujourd'hui, pour son travail sur les effets spéciaux avec Ray Harryhausen. Il ne mérite pas moins des éloges pour son travail sur la photographie de cette "étrange aventurière". Deborah Kerr lui doit beaucoup et le film également, qui bénéficia d'un beau succès critique mais également en salle. Il inaugurait à sa manière, un genre de film d'espionnage anglais, dont le "troisième homme" devait être en 1949 le point culminant.

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Ci-dessus : Trevor Howard & Deborah Kerr

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Ci-dessus : Deborah Kerr

Disponible en VO sous-titrée français, chez Elephant films en DVD à l'unité ou dans un coffret films de guerre, dans une qualité acceptable, mais avec un master non exempt de rayures et qui mériterait sans aucun doute une restauration, ne serait ce que pour l'importance de cette oeuvre.

Note : 7,5 / 10

17/10/2013

Souvenez vous de ... Deborah Kerr !

Peu de personnalités ont marqué le cinéma mondial comme Deborah Kerr. En effet originaire d'Ecosse, on se rappelle d'elle tout d'abord pour son double rôle dans "Colonel Blimp" (1943), puis lors de son passage, elle devait marquer également le cinéma hollywoodien par sa présence, passionnelle et rationnelle, que ce soit dans "le narcisse noir" (1947), où elle retrouvait Michael Powell. ou dans "Quo Vadis" (1951), "le prisonnier de Zenda" (1952), ou dans "tant qu'il y aura des hommes" (1953), pour n'en citer que quelques uns. On ne saura jamais si Deborah Kerr était elle même, dans le privé, cette femme un peu froide et distante de nombreux de ses films ou la femme passionnée et brûlante qu'elle joue dans "tant qu'il y aura des hommes" (1953). Quoiqu'il en soit, elle reste une actrice inoubliable, capable de jouer tous les rôles. Et c'est bien pour cela qu'elle a marqué d'une empreinte indélébile, le cinéma mondial. Souvenez vous de ... Deborah Kerr !

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Filmographie non exhaustive

 

 

  • 1941 : La Commandante Barbara (Major Barbara) de Gabriel Pascal
  • 1941 : Love on the Dole (en) de John Baxter
  • 1942 : Penn of Pennsylvania (en) de Lance Comfort
  • 1942 : Le Chapelier et son Château (Hatter's Castle) de Lance Comfort
  • 1942 : The Day Will Dawn (en) de Harold French avec Ralph Richardson
  • 1943 : Colonel Blimp (The life and Death of Colonel Blimp) de Michael Powell et Emeric Pressburger
  • 1945 : Perfect Strangers (en) de Jack Conway de Alexander Korda avec Robert Donat
  • 1946 : L'Étrange Aventurière (I see a dark stranger)', une comédie sur le nationalisme irlandais.
  • 1947 : Le Narcisse noir (The Black Narcissus), drame religieux dans un monastère catholique aux Indes.
  • 1947 : Marchands d'illusions (The Hucksters) de Jack Conway avec Clark Gable et Ava Gardner
  • 1947 : Quand vient l'hiver (If Winter Comes) de Victor Saville avec Walter Pidgeon
  • 1949 : Edouard mon fils (Edward my son) de George Cukor avec Spencer Tracy
  • 1950 : J'ai trois amours (en) (Please Believe Me) de Norman Taurog avec Robert Walker, Mark Stevens, Peter Lawford
  • 1950 : Les Mines du roi Salomon (King Salomon's mine) de Compton Bennett avec Stewart Granger
  • 1951 : Quo vadis de Mervyn LeRoy avec Robert Taylor
  • 1952 : Le Prisonnier de Zenda (The Prisoner of Zenda) de Richard Thorpe avec Stewart Granger : un classique du film de cape et d'épée
  • 1952 : Tonnerre sur le temple (Thunder in the East) de Charles Vidor avec Alan Ladd
  • 1953 : La Reine vierge (Young Bess) de George Sidney avec Jean Simmons, Stewart Granger
  • 1953 : Jules César (Julius Caesar) de Joseph L. Mankiewicz avec Marlon Brando, James Mason et Greer Garson
  • 1953 : La Femme rêvée (Dream Wife) comédie romantique de Sidney Sheldon avec Cary Grant, Walter Pidgeon
  • 1953 : Tant qu’il y aura des hommes (From here to eternity) de Fred Zinnemann avec Burt Lancaster, Frank Sinatra et Montgomery Clift, le film qui relança la carrière de Frank Sinatra
  • 1955 : Vivre un grand amour (The End of the Affair) drame romantique d'Edward Dmytryk avec Van Johnson
  • 1956 : Un magnifique salaud (en) (The Proud and Profane) drame de guerre de George Seaton avec William Holden
  • 1956 : Le Roi et moi de Walter Lang avec Yul Brynner
  • 1956 : Thé et sympathie (Tea and Sympathy) de Vincente Minnelli avec John Kerr
  • 1957 : Dieu seul le sait (Heaven Knows, M. Allison) de John Huston avec Robert Mitchum
  • 1957 : Elle et Lui (An affair to remember) de Leo McCarey avec Cary Grant
  • 1958 : Bonjour tristesse d'Otto Preminger avec David Niven, Jean Seberg et Mylène Demongeot
  • 1958 : Tables séparées (Separate tables) de Delbert Mann avec David Niven, Rita Hayworth et Burt Lancaster
  • 1959 : Le Voyage (The Journey) d'Anatole Litvak avec Yul Brynner
  • 1959 : J'ai épousé un Français (en) (Count Your Blessings) comédie dramatique de Jean Negulesco avec Rossano Brazzi, Maurice Chevalier
  • 1959 : Un matin comme les autres (Beloved Infidel) drame romantique de Henry King avec Gregory Peck dans le rôle de Francis Scott Fitzgerald
  • 1960 : Horizons sans frontières (The Sundowners) de Fred Zinnemann
  • 1960 : Ailleurs l'herbe est plus verte (The Grass is greneer) de Stanley Donen avec Cary Grant, Robert Mitchum, et Jean Simmons
  • 1961 : La Lame nue (The Nacked edge) de Michael Anderson avec Gary Cooper
  • 1961 : Les Innocents (The Innocents) de Jack Clayton
  • 1963 : Three Roads to Rome avec Jeremy Brett (Grande-Bretagne) épisode de série TV
  • 1964 : Mystère sur la falaise (The Chalk Garden) de Ronald Neame
  • 1964 : La Nuit de l'iguane de John Huston avec Richard Burton et Ava Gardner
  • 1965 : Les Inséparables (en) (Marriage on the Rocks) de Jack Donohue
  • 1966 : L'Œil du malin ou Le Mystère des treize (Eye of the Devil), de J. Lee Thompson
  • 1967 : Casino Royale de Val Guest, Ken Hughes, John Huston, Joseph McGrath et Robert Parrish avec David Niven, Peter Sellers et Orson Welles
  • 1968 : Prudence et la pilule (en) (Prudence and the pill) de Fielder Cook avec David Niven
  • 1969 : Les Parachutistes arrivent (The Gypsy moths) de John Frankenheimer avec Burt Lancaster
  • 1969 : L'Arrangement (The Arrangement) d'Elia Kazan avec Kirk Douglas et Faye Dunaway
  • 1982 : A Song at Twilight (en) avec Paul Scofield épisode de série écrit par Noël Coward TV
  • 1982 : Témoin à charge épisode de série d'après Agatha Christie avec Ralph Richardson, Beau Bridges, Donald Pleasence, Wendy Hiller, Diana Rigg TV
  • 1984 : L'Espace d'une vie:Emma Harte (en) mini-séries de Don Sharp d'après Barbara Taylor Bradford (en) avec Jenny Seagrove, Barry Bostwick, Diane Baker, Stephen Collins, James Brolin, Claire Bloom TV
  • 1985 : The Assam Garden (en) drame de Mary McMurray avec Alec McCowen
  • 1985 : Rendez-vous à Fairboroug téléfilm de Herbert Wise avec Robert Mitchum, Red Buttons, Barry Morse TV

09/10/2013

Tant qu'il y aura des hommes / Here from Eternity - 1953

Il y a quelques films marquant dans l'histoire du cinéma et à n'en pas douter, "tant qu'il y aura des hommes" en fait parti. En effet, construit sur un scénario de Daniel Taradash (tiré du roman éponyme de James Jones paru en 1952, le film aborde de très nombreux thèmes, comme le délabrement de l'institution militaire américaine à la veille de Pearl Harbor. Et par moment, il fait d'ailleurs penser au film de Michael Bay, "Pearl Harbor". Mais là où Michael Bay nous offrait par moment un film très doux. Ici chaque personnage ressort marqué par son expérience. Le sergent chef joué par Burt Lancaster tombe amoureux de la femme de son capitaine, dans une aventure que l'on sait sans lendemain, qui permet de filmer une des plus belles scènes romantiques du cinéma. Mais le film aborde aussi des thèmes du film noir, avec le soldat joué par Frank Sinatra poussé à bout par un sergent sadique (Ernest Borgnine). Montgomery Clift joue ici le rôle d'un caporal qui refuse de participer au championnat de boxe et qui subira ainsi toutes les brimades de ses supérieurs. Si le rôle est à contre emploi pour Montgomery Clift, il lui permet de montrer l'étendu de son talent. En particulier, dans la scène d'adieu à son camarade, où il sonne au clairon, la sonnerie au mort. 

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Il y a donc du film noir dans "tant qu'il y aura des hommes" et une sensualité à fleur de peau. Ainsi, le génie de Fred Zinnemann est d'avoir donné un rôle là aussi à contre emploi, de femme sexuellement aventureuse à Deborah Kerr, qui lui permet de sortir des rôles sages, qu'elle occupe le plus souvent. Si on en croit le réalisateur, Fred Zinnemann, c'est lui qui s'est battu pour ses acteurs et ses rôles, contre l'avis des patrons de la Columbia. Quoiqu'il en soit,  le film a remporté huit Oscars en 1954 dont ceux du meilleur film, meilleur réalisateur et des meilleurs seconds rôles à Frank Sinatra et Donna Reed.On passe donc un très bon moment devant ce classique de la vie militaire, qui est à n'en pas douter un autre sommet du cinéma hollywoodien de la grande époque.

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Ci-dessus : Burt Lancaster et Deborah Kerr

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Ci-dessus : Montgomery Clift et Donna Reed

Disponible en DVD ou Bluray Freezone VO sous titré et VF

Extrait :

Note : 9 / 10

27/08/2013

Le prisonnier de Zenda / The prisoner of Zenda - 1952

A l'occasion d'un voyage en TGV, j'ai revu dernièrement "le prisonnier de Zenda" dans sa version de 1952. "Le prisonnier de Zenda" a connu plusieurs versions. La première date de 1937, produite par Selznick International Pictures, elle avait pour acteurs : Ronald Colman, Madeleine Carroll, Douglas Fairbanks, mais aussi David Niven, et Raymond Massey. Dans la version de 1952, on a repris l'histoire et même les dialogues de la version de 1937, mais les acteurs ne sont plus les mêmes. Ainsi on retrouve Stewart Granger qui joue donc deux rôles : le roi et le voyageur anglais. Il partage l'affiche avec Deborah Kerr, mais aussi avec un James Mason qui tente de lui voler la vedette, et qui joue ici, un admirable traitre. Thorpe s'inspire énormément de la version de 1937 et filme de nouveau des scènes de la version précédente, un peu de la même façon. Ainsi, la scène de bal, rappelle énormément la version de 1937.

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Mais cette oeuvre n'est pas qu'un simple remake. Elle se distingue tout d'abord par un fabuleux Technicolor, par une autre interprétation, avec en premier lieu, la star des films d'aventure des années 50, en la personne de Stewart Granger, mais aussi par une belle musique d'Alfred Newman. De plus, malgré la ressemblance avec le film précédent, Thorpe parvient à donner une identité propre à son film, jusqu'à éclipser la version de 1937. Le "prionnier de Zenda" reste donc dans toutes les mémoires, comme l'archétype du film d'aventure des années 50, avec sa dose de glamour, d'action, et de félons. On ne s'ennuie, pas une seconde et on retrouve son âme d'enfant devant un film remarquable, que l'on peut ranger à côté de "Scaramouche", "Ivanhoé" ou "les chevaliers de la table ronde". Pour toutes ces raisons, et parce que je crois que la fonction du cinéma est d'abord de faire rêver, je mettrai une très bonne note à ce "prisonnier de Zenda". Ainsi ceux qui critiquent ce cinéma, devrait se poser ces simples questions : Dans cent ans, que restera t'il de beaucoup de productions d'aujourd'hui ? Combien iront rejoindre les poubelles de l'art cinématographique ? Vous connaissez ma réponse. "Le prisonnier de Zenda" restera quant à lui un fabuleux classique, pour tout cinéphile éclairé.

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Ci-dessus : Deborah Kerr et Stewart Granger

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Ci-dessus : Jane Greer et James Mason

 

La bande-annonce :

 

La musique :

 

Note : 9 / 10

24/12/2012

Colonel Blimp / The life and Death of Colonel Blimp - 1943

"Colonel Blimp" est sorti en Bluray dernièrement. Ce film a été tourné par Michael Powell et Emeric Pressburger en 1943. Tout d'abord il faut noter que le film a bénéficié d'une formidable restauration des négatifs originaux. Une présentation de cette admirable restauration est d'ailleurs faite dans un bonus, par Martin Scorsese lui même. Et le résultat à l'écran est digne des plus hauts éloges. L'image technicolor est parfaite, exempte de quasiment du moindre défaut. C'est prodigieux, surtout quand comme moi on se rappelle la médiocre qualité d'images de certains masters de ce film il y a encore quelques années. La restauration de 2011 a donc permis de redonner à ce film au delà d'une nouvelle jeunesse, une deuxième vie, donnant l'impression qu'il a été tourné hier.

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 "Colonel Blimp" est un film anglais réalisé par la compagnie cinématographique Archers et distribué par the Rank Organization. Le film est lointainement inspiré du personnage de BD du même nom créé par David Low en 1930. Je dirais tout d'abord quelques mots sur le titre français "Colonel Blimp" qui ne laisse rien voir de l'intrigue et sur le titre anglais qui en dit beaucoup plus : "The life and death of Colonel Blimp". En effet, c'est bien ici une vie qui est racontée avec ses grandeurs et ses misères. Et si il est question de mort du colonel, il n'est évoqué ici qu'une mort morale et non physique. Blimp est au début du film un jeune officier prêt à tout pour venger l'honneur de son pays bafoué par la presse allemande. Ses grands idéaux d'honneur seront mis à mal par l'Histoire. Et finalement il se rendra compte que le monde qu'il a connu n'existe plus que dans son esprit. L'inadaptabilité de l'Homme aux changements majeurs de la société a été de nombreuses fois évoqués dans ls cinéma, que ce soit évidemment dans "Autant en emporte le vent" ou dans "les vedettes du pavé" et dans beaucoup d'autres oeuvres. Mais ici ce thème est évoqué par le prisme de la vieillesse. C'est ce qui fait toute la différence. Pour parler de ce film, je commencerais par parler de l'interprétation magistrale de Roger Livesey qui joue le colonel jeune, adulte mûr, puis vieillard. On a d'ailleurs peine à croire que c'est lui qui fait les 3 rôles. Et bien évidemment l'interprétation de Deborah Kerr de trois rôles est exceptionnelle.

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Ci-dessus Deborah Kerr :

Le film tourné en 1943 en Angleterre est très marqué par les 2 conflits mondiaux. Mais le film sait faire pour 1914 la différence entre Allemands fanatiques et l'humanité qu'il peut y avoir en eux comme en tout être humain. Mais pour les Nazis, il n'y a aucune circonstance atténuante. Sinon dans cette oeuvre, il y a de l'amitié, de l'amour, de l'Histoire et surtout un regard sur la vieillesse qui finalement se trouve incapable d'appréhender un monde qu'elle ne comprend plus. Ce film est une magnifique double tragédie pour Blimp et pour l'Europe de 1943. La scène qui m'a le plus marquée est celle où Blimp vient rechercher dans un camp de prisionniers son ancien ami allemand et là explose littéralement les notes de la symphonie inachevée de Schubert. On sait à ce moment là que l'on est devant une oeuvre majeure que la réalisation de Powell va magnifier. Pour finir là où j'ai commencé, je vous dirais que l'amitié entre Blimp et l'officier allemand fait échos à l'amitié entre Powell et le Hongrois Emeric Pressburger, co-réalisateur sur ce film. Donc "Colonel Blimp" est un grand film, qui parle de l'histoire de l'Europe au 20ème siècle, il n'y a pas si longtemps. Si comme moi, vous croyez que nous ne sommes pas les occupants d'un territoire mais bien des citoyens responsables, qui faisons parti d'une collectivité, vous devez voir ce film, car au delà de la vie et de la mort du colonel Blimp c'est bien une passage de l'histoire de l'Europe qui est intelligement évoqué.

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Ci-dessus Roger Livesey :

 

La citation du film : (Parlant des Allemands)  "Pendant des années ils écrivent de la magnifique musique et de la superbe poésie. Et un jour ils se décident à déclarer la guerre, à couler des navires sans défense, tuer des enfants innoncents, bombarder chaque rue de Londres. Et dans le même uniforme de boucher ils écoutent Schubert et mendelssohn. Il y a quelque chose d'horrible dans tout ça."

 

Extrait :


 

NOTE : 8,5 / 10

30/11/2012

Jules César / Julius Caesar - 1953

Chers lecteurs, j'ai décidé d'ouvrir une série d'articles sur les péplums. Hollywood Classic se met donc à l'heure antique et est fier de vous présenter pour commencer cette série: "Jules César".

Alors que le film muet devait disparaître pour laisser place au parlant, les critiques et cinéphiles de l'époque percevaient le cinéma comme une menace mortelle pour le théâtre. En effet, si le cinéma devenait parlant, certains pensaient que l'on pourrait traduire en images des pièces de théâtre. Aujourd'hui, on le sait : le cinéma est et demeurera parlant et le théâtre a survécu. J'ai introduit cette courte présentation parce que je vais vous parler de "Jules César", et que ce film reprend le formidable texte de la célèbre pièce de Shakespeare qu'il magnifie dans une belle mise en scène signée Joseph L. Mankiewicz. "Jules César" a été tourné en 1953, époque où Hollywood tournait encore à plein régime des chefs d'oeuvres chaque semaine.

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Je ne ferais pas ici une étude de la pièce de Shakespeare que des spécialistes de littérature anglaise ont déjà fait des siècles avant moi. Mais cinématographiquement on pouvait se poser la question de ce qu'allait bien pouvoir donner à l'écran, un film sur un conquérant à l'ego et à l'ambition démeusuré, soutenu par le texte du plus grand auteur de pièce de théâtre de langue anglaise. On sent que Mankiewicz n'a pas voulu en rajouter au niveau de la mise en scène, et s'appuie très fortement sur le texte de Shakespeare. Ainsi, le triomphe de César est raconté comme dans la pièce originale et pas montrée. C'est d'ailleurs un peu le défaut du film. En effet, le cinéma si il fait rêver, imaginer, doit aussi montrer et à vouloir s'accrocher jusqu'au dernier degré, au texte de Shakespeare, Mankiewicz ralentit le film et limite son expression. Il n'en reste pas moins que les vers sont admirables, la réalisation soignée et sobre. Et finalement, on a un peu ce même sentiment que quand on regarde "Cyrano de Bergerac" en film. On se sent grandit. Mais pour ne pas avoir l'impression que les acteurs surjouent, Mankiewicz a eu la chance de pouvoir s'entourer de très grands interprètes en la personne de Marlon Brando, James Mason, et Louis Calhern, ce dernier trouvant là (à n'en pas douter) son plus grand rôle. Dans les seconds rôles sont présents aussi Greer Garson et Deborah Kerr. Bref du beau monde, pour un grand film qui va bien au delà du théâtre filmé que l'on pouvait légitimment craindre au départ de la création d'une telle oeuvre. Donc, pour la beauté du texte, la musique de Miklós Rózsa et la page d'histoire antique qui comprenait déjà tout ce qui fait la vie des hommes (le pouvoir, l'ambition, la traîtrise et la mort), ce "Jules César" a bien traversé les temps et les générations. A noter pour finir que Mankiewicz retrouvera l'antiquité 10 ans plus tard en tournant Cléôpatre, dans un film au tournage et à la réalisation cette fois-ci pharaonique où il abandonnera une grande partie de la sobre modestie littéraire et un peu théâtral de ce "Jules César". Charlton Heston et Robert Vaughn feront leur apparition dans une nouvelle version de Stuart Burge en 1970.

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Ci-dessus Marlon Brando (Antoine) :

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Ci-dessus Louis Calhern et James Mason :


Extrait de la grandiose musique de Miklós Rózsa :

 

 

NOTE : 8 / 10

19/10/2012

Marchands d'illusions / The Hucksters - 1947

"Marchands d'illusions" est un film de Jack Conway. On y retrouve Clark Gable qui revient à l'écran après 2 ans d'absence. Le film est totalement construit pour et autour de Gable. D'ailleurs, on voit mal quel autre acteur aurait été capable de jouer à la perfection le rôle du publicitaire à la répartie facile et à l'initiative permanente comme seule obsession. Le film n'est pas une perfection. Il a beaucoup vieilli sur certains points. Ainsi, les publicités sont assez difficiles à supporter. Mais ceci dit, elles ne devaient pas l'être moins en 1947. Gable fait ainsi souvent la mou quand il les entend. Ce qui est intéressant c'est l'affrontement verbal entre l'infâme client joué par Sydney Greenstreet qui trouve là un de ses meilleurs rôles et le publicitaire Gable. Adolphe Menjou qui joue le patron de Gable se révèlera calculateur, fourbe et finalement servil et lâche devant l'horrible client. La première rencontre entre Evans (Sydney Greenstreet) et Norman (Gable) vaut d'ailleurs à elle seule, que l'on s'intéresse à cette oeuvre.

 

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"Marchands d'illusions" propose également 2 stars féminines de première importance : Deborah Kerr et Ava Gardner. Les romances de Gable avec ces 2 femmes sont d'ailleurs assez plaisantes à suivre. Les dialogues permettent à Clark Gable de dérouler son jeu. De plus le thème principal du film sur la manipulation qu'un homme peut faire subir à un autre est très actuel. Ce film préfigure ainsi bien la schyzophrénie des sociétés industrielles actuelles ou plutôt il faudrait dire que 65 ans après, rien a changé.

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Ci-dessus : Clark Gable et Deborah Kerr

Quand on voit ce film on se rend compte que chaque personnage manipule quelqu'un. Menjou veut manipuler Gable, le client veut manipuler Gable et Menjou. En résumé : Aucun rapport humain sain. Une ambiance détestable ! On se croirait presque au bureau. La fin libératrice met l'accent sur le libre arbitre que chaque être humain se doit de garder en lui, comme une soupape de sécurité en cas de crise nerveuse. A ce titre la fin du film mérite des félicitations et apporte une joie certaine et une libération au spectateur comme au personnage de Gable. Je n'en dis pas plus pour ceux qui n'ont pas vu le film.

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Ci-dessus : Ava Gardner et Clark Gable

 

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Ci-dessus le client (Sydney Greenstreet) :

 

Film disponible à la FNAC dans la collection "Trésors de la Warner".


Note : 6,5 / 10