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09/05/2014

L'affaire des poisons - 1955

Le cinéma français s'est intéressé à l'histoire de France par moment. Ainsi "l'affaire des poisons" reprend la narration d'un célèbre scandale qui s'est produit à l'époque de Louis XIV vers 1680. Le film prend beaucoup de libertés avec la réalité. Mais ce n'est pas le seul défaut. En effet, Gaumont nous propose une honteuse copie au Technicolor tellement délavé qu'on a parfois l'impression de regarder un film colorisé voir monochrome. A cela, il faut ajouter une définition incertaine et des tâches multiples. Comment peut on sortir un tel film en 2014 ? Mystère. Pourtant il y avait de quoi plaire à un amoureux d'histoire comme moi. En plus le casting était plutôt alléchant avec Danielle Darrieux en marquise de Montespan. On remarquera que le réalisateur Henri Decoin était le mari de Danielle Darrieux jusqu'en 1941. Ce film est bien la preuve que l'actrice et le réalisateur conservait toujours des relations amicales, leur permettant de travailler ensemble. Pour le reste du casting, il y a donc Viviane Romance dans le rôle de La Voisin, Pierre Mondy en capitaine de police, Paul Meurisse en Abbé, Albert Rémy dans le rôle du bourreau, ou encore Christine Carrère en duchesse de Fontanges.

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Le film est donc aujourd'hui difficilement regardable. Autant par la très faible qualité de l'image, que par la musique assourdissante et insupportable de René Cloërec. On retrouve une belle photographie de Decoin par moment, et celui-ci sait travailler le côté gothique d'une telle histoire. Malheureusement cela fait bien peu et le film n'est pas non plus exempt de longueurs. On se retrouve donc devant une espèce de Gloubi-Boulga informe et assez pénible à voir. Si à tout cela on doit rajouter un son parfois inaudible, l'absence de chapitres, ou de bonus. On finit par avoir qu'une seule envie, c'est de jeter cette chose infâme que Gaumont ose appeler un DVD, très loin par la fenêtre.  Pourquoi Gaumont peut sortir de belles éditions et des films aussi pourris que "l'affaire des poisons" ? Je n'ai pas de réponse. Pauvre cinéma français. Il ne mérite pas de telles éditions. D'ailleurs ce n'est pas "Gaumont à la demande" que devrait s'appeler cette collection, mais "Gaumont à la poubelle". Car malheureusement ce n'est pas, le seul film de cet éditeur sorti dans un état déplorable. Nous le verrons plus tard.

 

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Ci-dessus : Viviane Romance et Paul Meurisse

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Ci-dessus : Danielle Darrieux (masquée) et Viviane Romance

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Ci-dessus : Renaud Mary et Danielle Darrieux

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Ci-dessus : Christine Carrère (en couleur ?)

Film disponible en DVD zone 2 en VF, dans une édition désastreuse de Gaumont à la demande.

 

Note du film : 4,5 / 10

Note du film dans l'édition Gaumont à la demande : 2,5 / 10

17/03/2014

Hommage à Danielle Darrieux et Max Ophüls

Danielle Darrieux et Max Ophüls sont peut être la plus belle collaboration du cinéma français entre une actrice et un réalisateur. Et Hollywood Classic fait sienne cette fameuse phrase de Max Ophüls : "Honorer les chefs-d'œuvre est une expérience que nous devons conserver vivante." Je souhaite donc rendre hommage à cet immense réalisateur, mais aussi à sa plus belle héroïne, Danielle Darrieux, actrice, mais aussi chanteuse. Hollywood Classic se souvient de chacun d'eux et de leur collaboration.

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Ci-dessus : Max Ophüls

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Ci-dessus : Danielle Darrieux

 

Conférence à la cinémathèque de Lyon de Mr Bernard Benoliel :

 

http://www.canal-u.tv/video/cinematheque_francaise/daniel...

 

Hommage à Danielle Darrieux qui chante "le temps d'aimer" :

 

16/03/2014

Madame de ... - 1953

Max Ophüls a sans nul doute était le réalisateur préféré de Danielle Darrieux et cette dernière sans aucun doute, son actrice préférée. On sent bien une complicité évidente entre le réalisateur et l'héroïne de "Madame de ...". Danielle Darrieux confirmera d'ailleurs plus tard, sa parfaite entente avec Max Ophüls. Que de chemin parcouru pour Danielle Darrieux, depuis "Volga en flammes" ( "Madame de ..." a été tourné dans sa période française, après "le plaisir" (1952) et "la ronde" également avec Danielle Darrieux. "Le plaisir" (1952), précédent film de Max Ophüls, n'avait pas eu un grand succès public, malgré son incomparable réussite formelle. Avec "Madame de ..." on est devant un nouveau chef d'oeuvre d'un des grands maîtres du cinéma. Ainsi, si la distribution tourne presque uniquement autour de Charles Boyer, Danielle Darrieux, et de Vittorio De Sica, cela ne lasse jamais et le film est parfaitement écrit et réalisé. Alors, c'est vrai qu'Ophüls a l'avantage de se reposer sur un récit de Louise de Vilmorin. Cette dernière ne reconnaissait pourtant pas le film, comme une bonne représentation de son roman et devait même le qualifier de "rasoir". Pourtant, comme nous allons, le voir, il n'en est rien.

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L'histoire de "Madame de ..." c'est autant l'histoire de la vie sentimentale d'une jeune femme de la haute bourgeoisie à la fin du 19ème siècle, que l'histoire d'un bijou. Le drame est somptueux, et si Max Ophüls garde son style si particulier, on sent aussi qu'il subit l'influence de Vincente Minnelli, qui a réalisé "Madame Bovary" (1949), quelques années plus tôt. Ainsi, plus encore que dans son oeuvre précédente, Max Ophüls nous donne à voir des scènes de bal et se complaît à filmer Danielle Darrieux en train de danser, comme si la danse devait remplacer une étreinte charnelle, qui ne peut exister ni dans l'histoire, ni sur l'écran. Ophüls montre très souvent des glaces et des escaliers. Si Lubitsch avait l'obsession des portes et des univers un peu parallèles qu'une porte pouvait cacher, pour Ophüls la glace et les escaliers sont très présents, comme souvent dans ses films. Et si les glaces, et les escaliers, ont un rôle, des bijoux tiennent également un grand rôle, presque aussi important que ceux des acteurs principaux. Ceci dit, Ophüls se sert également d'une porte pour permettre à Danielle Darrieux de lancer sa plus célèbre réplique : "Je ne vous aime pas !", répétée trois fois, comme l'aveu d'un amour impossible. Danielle Darrieux devient alors là, une seconde Garbo.

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Ci-dessus : Danielle Darrieux dans "Madame de ..."

Max Ophüls devait écrire à Danielle Darrieux : "Votre tâche sera dure. Vous devrez, armée de votre beauté, votre charme et votre élégance, incarner le vide absolu, l’inexistence. Vous deviendrez sur l’écran le symbole même de la futilité passagère dénuée d’intérêt. Et il faudra que les spectateurs soient épris, séduits et profondément émus par cette image." On peut considérer que la mission est totalement réussie.  Et peut être, toute la force et le mystère de,  "Madame de .." peuvent se résumer en ces quelques vers d'Alphonse de Lamartine : "Objets inanimés, avez-vous donc une âme, qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?". Spectateur de notre temps, c'est à vous de le découvrir !

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Ci-dessus : Charles Boyer et Danielle Darrieux

 

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Ci-dessus : Vittorio De Sica et Danielle Darrieux

 

Danielle Darrieux raconte sa relation de travail avec Max Ophüls :

http://www.ina.fr/video/I00012943

 

Témoignages sur Danielle Darrieux et Max Ophüls :

http://www.ina.fr/notice/voir/I00012938

 

Sur la musique du film, Danielle Darrieux interprête "l'amour m'emporte" :

 

Un jeune anglais parlant en termes élogieux, de "Madame de ..." (désolé c'est en anglais). Cela fait plaisir de voir la jeune génération s'enthousiasmer pour le cinéma des années 50 :

 

Film disponible en DVD et Bluray restauré en Version Française.

Note : 8 / 10

04/03/2014

le plaisir - 1952

On doit redécouvrir de toute urgence le cinéma de Max Ophüls. Ophüls, cinéaste français d'origine allemande, semble posséder la profondeur de l'âme français enracinée au plus profond des campagnes de la fin du 19ème siècle. Ainsi, ce parcours de 3 nouvelles de Maupassant par Ophüls, est admirable. La deuxième nouvelle, "la Maison Tellier" est entourée par 2 autres nouvelles, "Le masque" et "le modèle", plus courtes. Jacques Natanson et Max Ophüls, tous deux responsables du scénario, nous présentent plusieurs visages du plaisir : le plaisir et l'amour, le plaisir et la vertu, et enfin le plaisir et la mort. Ici le plaisir n'a rien de charnel, il est ici plaisir sous-entendu, plaisir de salon ou de maison. Mais le plus difficile est de savoir par où commencer pour vous expliquer la beauté de ce film. Mais peut être devrais-je commencer, par le commencement. Ainsi le film s'ouvre sur une première histoire, qui prend place dans un cabaret. Comme à son habitude, Ophüls donne un incroyable mouvement aux scènes de cabaret, laissant le spectateur comme emporté par la fête et l'ivresse de la danse. Puis une leçon de vie, clôture cette scène de bal. La maïtrise de la forme est parfaite dans cette première nouvelle qui donne le ton. La scène du bal rappelle par moment par quelques effets, la scène de bal du "Madame Bovary" (1949) de Vincente Minnelli.

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La deuxième nouvelle est donc la maison Tellier, qui regroupe Madeleine Renaud, Ginette Leclerc, Danielle Darrieux, Pierre Brasseur et Jean Gabin. Cette nouvelle a une scène un peu faible ou les clients d'une maison close se retrouvent de dos, devant une jetée qui n'est en fait qu'un décors. Erreur d'Ophüls, mais qui choque d'autant plus devant l'incroyable qualité formelle de l'ensemble. La mauvaise impression de cette courte scène est vite rattrapée, et la visite de la campagne normande, parcourue par les citations de l'oeuvre de Maupassant font tout oublier. On croit parfois se retrouver dans un tableau impressionniste de Monet. On frissonne donc devant un film de première importance qui touche à l'intimité d'une identité d'un peuple. La troisième nouvelle clôture le film, dans une leçon de vie qui nie au bonheur d'avoir pour compagnon la joie.

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"Le plaisir" est donc autant un film littéraire, que social, image de la France du 19ème siècle, tellement éloignée de nous, mais pas autant que ça, à bien y réfléchir. Je finirai cet article en laissant la parole à Mr Paul Vecchiali de la cinémathèque française : "Si l'on devait ne retenir qu'un plan dans toute la cinématographie française, si riche en cadeaux de toutes sortes, ce serait celui où, dans un pré orné de fleurs artificielles, après le chant des pensionnaires de la Maison Tellier (« Combien je regrette... »), Darrieux répond à Gabin, s'excusant d'avoir été « un peu chaud », ce « merci » qui exprime par la voix, le retour à la dignité ; par l'attitude, l'aveu d'un amour impossible. Au risque d'être partial, je dirai que ce moment de cinéma pur justifie à lui seul que les frères Lumière aient un jour découvert le mouvement des images." On ne saurait mieux dire, pour vous convaincre d'acquérir à toute force, le Bluray des éditions Gaumont, récemment sorti.

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Ci-dessus : une image colorisée mais c'est pour vous montrer l'impression de se trouver parfois devant un tableau de Claude Monet.

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Film disponible en Bluray chez Gaumont Version française.

Note : 8,5 / 10

26/06/2013

Mayerling - 1936

"Mayerling" est un film d'Anatole Litvak et avec pour vedettes Charles Boyer et Danielle Darrieux. Litvak est un espèce de globe-trotters du cinéma, originaire de Kiev, il commence par assister différents réalisateurs sur des tournages en Russie. L’apprenti réalisateur rejoint Berlin où il tourne quelques films, avant d’être contraint de partir pour Paris. Alors qu’il exerce comme réalisateur à Paris dans les années 1930, le succès de son film Mayerling (1936) lui vaut d’être invité à Hollywood. Il s’expatrie et réalise alors "The Woman I Love" (1937), une version américaine avec Paul Muni d’un de ses films français, "L’Équipag"e (1934). Litvak réalise ensuite "The Sisters" en 1938, une superproduction de la Warner avec Bette Davis et Errol Flynn qui séduit les critiques et le public. En 1940, "All This, and Heaven Too", toujours avec Bette Davis, est nommé aux Oscars. Le reste de sa carrière est plutôt positive, avec quelques succès publics et critiques "Anastasia" (1956).

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Le fim repose quasi essentiellement sur le couple Boyer/Darrieux. Darrieux sera ici le soleil resplendissant, la vie et Boyer la mort et la nuit. De cette frappante opposition les scénaristes (Marcel Achard, Joseph Kessel et Irma von Cube d'après le roman de Claude Anet) créent une chronique amoureuse à la conclusion dramatique, mais toujours marquante. Ainsi, si le film n'atteint pas les sommets d'un autre film de Charles Boyer "Marie Walewska" (1937), et reste comme une ultime répétition de ce dernier, il arrive largement à laisser de belles émotions aux spectateurs. Mais ici c'est bien les ténèbres qui entourent le film tant au niveau de l'esthétique : noirceur de la fête forraine de nuit, noirceur des salles de bal. Dans "Marie Waleswka", Clarence Brown fera le contraire et placera son film sous le signe de la lumière avec des salles de bal tout en blanc.

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Daniele Darrieux est alors âgée de seulement 19 ans. Elle fera sensation. Le film permettra donc à Charles Boyer et Danielle Darrieux, de partir à la conquête d'Hollywood, et à Anatole de Litvak de commencer lui aussi, une carrière à Hollywood. On notera que le personnage de l'Archiduc Rodolphe se suicide dans cette version du film, comme Charles Boyer lui même en 1978, deux jours après la mort de sa femme et 13 ans après le suicide de son fils. Etrange destin filmé, qui donne au film une étrange résonnance. A noter enfin que le drame de Mayerling devait inspirer le cinéma avec en tout 8 versions :

  • Mayerling (1919) ;
  • Mayerling (1936) d'Anatole Litvak, avec Danielle Darrieux et Charles Boyer ;
  • De Mayerling à Sarajevo (1940) de Max Ophüls
  • Le Secret de Mayerling (1948) de Jean Delannoy, avec Jean Marais ;
  • Kronprinz Rudolfs letzte Liebe (Autriche, 1955) de Rudolf Jugert, avec Rudolf Prack, Christiane Hörbiger, Winnie Markus, Lil Dagover, Erik Frey ;
  • Mayerling (1968) de Terence Young, avec Catherine Deneuve et Omar Sharif ;
  • Vices privés, vertus publiques (1975) de Miklós Jancsó, avec Lajos Balázsovits, Pamela Villoresi, Teresa Ann Savoy ;
  • Prince Rodolphe : l'héritier de Sissi (2006) de Robert Dornhelm avec Max von Thun (Rodolphe)et Vittoria Puccini (Mary Vetsera).

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Disponible chez Studio Canal Zone 2 (qualité d'image très moyenne)

Note : 7 / 10