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04/01/2015

La péniche de l'amour / Moontide - 1942

Le DVD de "la péniche de l'amour" me faisait un peu peur. Déjà, sans vouloir être vulgaire, le titre me faisait penser à un porno bon marché, ou à un film trop mélodramatique pour être honnête. Et puis je doutais de la performance d'un Jean Gabin dans un film américain. Et bien, tous mes doutes ont été enlevés à la fin de la séance. Gabin est comme à son habitude, excellent. Il est aidé par un superbe casting qui réunit Ida Lupino, Thomas Mitchell, et Claude Rains. Evidemment, vous connaissez tous ces acteurs. Ida Lupino c'est l'héroïne de "la grande évasion" (1941) avec Humphrey Bogart ou de "The man I love" (1947) de Raoul Walsh. Thomas Mitchell c'est le père de Scarlett dans "autant en emporte le vent". Et quant à Claude Rains, c'est évidemment l'acteur qui joue le terrible roi jean dans "les aventures de Robin des Bois" (1938) ou le Dr Jaquith dans "une femme à la recherche de son destin", "now voyager" dans son titre anglais. Vous l'aurez compris, il y a donc du beau monde. On peut dire tout de suite que malgré tout, Thomas Mitchell semble en faire un peu trop. Les autres sont parfaits. Le film n'avait pas pour lui un réalisateur de très grande renommée en la personne d'Archie Mayo. Mais le film avait été débuté par Fritz Lang et abandonné après 4 jours, à cause d'une mauvaise entente avec Gabin. On peut donc se demander, alors que souvent à cette époque les films sont tournés rapidement en 2 à 4 semaines, quelles sont les scènes tournées par Lang. La scène finale semble d'ailleurs particulièrement être l'oeuvre de Lang. Ainsi, la prise de vue dans le brouillard ressemble particulièrement à celle du "secret derrière la porte", qui sera tournée par Lang en 1947.

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L'esthétique du film est quoiqu'il en soit parfaite, et semble dépassée largement les capacités du seul Archie Mayo. Ainsi, la séquence d'alcoolisme du début est superbement réalisée et semble presque irréelle. On peut aussi, supposer qu'Archie Mayo, a été très aidé par la belle photographie de Charles G Clarke et Lucien Ballard (ce dernier est non crédité). Cette photographie de Charles G Clarke sera d'ailleur nominé aux Oscars. Le scénario a des accents fordiens, et c'est logique, car on y retrouve le scénariste de nombreux films de John Ford en la personne de Nunnally Johnson, qui adapte une nouvelle de Willard Robertson mais ce sera John O'Hara qui sera crédité de l'écriture du scénario. L'adaptation d'une oeuvre littéraire est un classique dans le Hollywood de cette époque. Gabin fait par moment penser à son personnage de "la bête humaine" (1938) de Jean Renoir. Le film se laisse donc regarder avec un réel plaisir, et l'exotisme d'un Gabin qui parle anglais, ajoute encore au plaisir. Et finalement, on se laisse emporter à suivre cette histoire d'amour entre deux paumés (Gabin et Lupino) qui sont réunis pour le meilleur et pour le pire. "La péniche de l'amour" est donc une très belle surprise et une réussite à tous les niveaux et restera comme le dernier film hollywoodien de Gabin, avant son départ pour rejoindre la 2ème DB et les forces françaises libres du Général De Gaulle, un choix courageux à une époque ou beaucoup d'acteurs et d'actrices s'accommodèrent de l'occupation allemande.

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Ci-dessus : Ida Lupino

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Ci-dessus : Jean Gabin & Robin Raymond

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Ci-dessus : Ida Lupino & Claude Rains

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Ci-dessus : Jean Gabin & Ida Lupino

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Ci-dessus : Jean Gabin & Ida Lupino

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Ci-dessus : Jean Gabin & Ida Lupino

Extrait :

 Disponible en DVD Zone 2  chez ESC en VO sous titrée français uniquement

Note : 7 / 10

04/10/2013

Les aventures de Robin des Bois / The adventures of Robin Hood - 1938

Il n'y a rien qui ne m'effraie le plus, que de parler des films que l'on vénère, car on a pour eux, une espèce d'appréhension à ne pas bien les présenter et donc à ne pas leur rendre justice. "Les aventures de Robin des Bois", fait parti de cette catégorie de films, car il est un de ces films de mon enfance, qui m'a fait grandir. Combien ai-je vu de fois ce film ? Je ne saurai le dire. Mais même maintenant adulte, je dois encore le voir une fois tous les deux ans. Il y a une magie dans ce film comme dans aucun autre film. Est-ce le Technicolor ? Est-ce la belle romance entre Errol Flynn et Olivia de Havilland ? Est-ce le ton léger du film, qui aborde malgré tout des sujets sérieux ? Je ne sais pas. Ce que je peux dire, c'est que ce film continue de marquer profondément ma vie, comme une espèce de boussole qui indique le chemin. Mais comment pourrait-il en être autrement ? La distribution est somptueuse, regroupant donc Errol Flynn dans le rôle titre, mais aussi Olivia de Havilland, Le casting est complété par Basil Rathbone dans le rôle du comte au service du Prince Jean (Claude Rains). Les seconds rôles sont eux aussi de qualité, avec Patric Knowles, Eugene Paillette, Melville Cooper,Una O'Connor. Beaucoup joueront encore dans des films d'Errol Flynn, comme Alan Hale qui interprète ici Petit Jean. James Cagney était initialement prévu dans le rôle titre, mais il  entra en conflit avec la Warner et décidait de ne plus tourner pour le studio. Flynn qui avait obtenu un grand succès avec "Capitaine Blood" (1935) sous la direction déjà de Michael Curtiz devait reprendre le rôle de Robin des Bois. Et on ne peut que se réjouir de cette décision. Car si James Cagney est un très grand acteur. On peut légitimement se demander de ce qu'il aurait pu donner dans ce film romantique par excellence.

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Le film devait connaître une production chaotique, et les réalisateur allaient se multiplier sur le tournage, les deux principaux étant William Keighley, auquel Michael Curtiz succédera. Curtiz était très dur sur les plateaux. Ainsi lors de la scène d'étreintes entre Robin et Marianne, il devait crier à Flynn : "Ne la tenez pas comme une pomme de terre chaude ! Écrasez-la ! Vous lui briserez peut-être une côte ! Mais c’est très bien si ça donne une bonne scène !" Quoiqu'il en soit le film devait être fini avec quand même, un mois de retard sur le planning prévu. A sa sortie, il obtenait un très gros succès, 3 Oscars (musique, montage et décors) et devenir une espèce de symbolisme international de tous les rêves de l'enfance. Quel petit garçon n'a pas voulu être un jour ou l'autre, Robin des bois ? Quel adolescent n'a pas rêvé de serrer contre lui la belle Marianne et rêver qu'il l'embrassait ? Quand un film arrive à parcourir des générations, et à réunir un public, on peut le classer, à n'en pas douter, parmi les chefs-d'oeuvre du cinéma mondial. La Warner n'en a peut être pas conscience. Mais c'est pourtant le cas. Ainsi, Erich Wolfgang Korngold devait faire une affaire personnelle de la musique du film, et écrire une musique de combat contre toutes les injustices. Et lui l'immigré juif autrichien, il écrira donc une musique en pensant au combat contre la barbarie nazie qui voulait s'étendre en Europe. Cela se ressent dans les différentes scènes d'action du film. 75 ans après sa sortie, Robin des Bois n'a pas pris une ride, et reste le film symbole de l'éternelle jeunesse de l'enfance heureuse. Alors vous aussi, revoyez ces "aventures de Robin des Bois", et réveillez l'enfant qui sommeille en vous !

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Ci-dessus : Errol Flynn et Patrick Knowles

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Ci-dessus : Melville Cooper, Basil Rathbone, et Claude Rains

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Ci-dessus : Errol Flynn

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Ci-dessus : Olivia de Havilland

Disponible en DVD zone 2 ou Bluray Free zone aux USA

 

Outakes :

 

La musique une grande star du film :

 

Note : 10 / 10

23/06/2013

Une femme à la recherche de son destin / Now Voyager - 1942

"Une femme à la recherche de son destin" est l'histoire d'une renaissance d'une vieille fille (Bette Davis) sous l'emprise d'une mère tyranique (Gladys Cooper) qui a fait finalement d'elle, un pantin aux comportements déviants. Les symptomes dévitements et maniaco-dépressifs du personnage de Bette Davis, feront intervenir un psychiatre bienveillant en la personne de Claude Rains. Le vilain petit canard arrivera t'il à se transformer en cygne majestueux ? Tel est le sujet de "Now Voyager". Et franchement si le sujet semble vu et revu, il n'en reste pas moins terriblement attachant. Car y a t'il quelque chose de plus important, que la réalisation de soi ? Le film est inspiré d'un pièce de Casey Robinson qui s'était lui même inspiré d'une nouvelle de Olive Higgins Prouty. Ce dernier avait emprûnté son titre à un poème de Walt Whitman : "The Untold Want". Le poème de Whitman devait d'ailleurs être cité dans le film.

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Enfin, le glamour hollywoodien joue à pleins que ce soit par la magnifique musique d'un Max Steiner très inspiré pour l'occasion (Oscar de la meilleure musique en 1943), ou par la réalisation d' Irving Rapper dont certaines scènes du film sont restées inscrites au Panthéon d'Hollywood comme peut être les plus glamour de l'histoire du cinéma américain. Et il est bien difficile de resister à cette oeuvre, irriguée par une émotion à fleur de peau. Le film est une production d'Hal B Wallis qui pris d'importantes décisions sur ce projet en particulier sur le casting. Pour ce dernier, on pensa d'abord à Irene Dunne, Norma Shearer, et Ginger Rogers. Mais quand Bette Davis eut vent du projet, elle fit tout pour obtenir le rôle titre. On devait apprendre plus tard que Claude Rains était la star préférée de Bette Davis. Elle devait d'ailleurs partager la vedette avec lui sur plusieurs grosses productions de la Warner de la même époque :  "Juarez" (1939), "Mr. Skeffington" (1944), et "Deception" (1946). Irving Rapper avait débuté la réalisation de son premier film, l'année précédente. Il devait tourner en tout 4 films avec Bette Davis : "Now, Voyager, une femme à la recherche de son destin" (1942), "the Corn Is Green" (1945), "Deception" (1946), et "Another Man's Poison" (1952).

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Ci-dessus : Claude Rains et Bette Davis

Le film fut tourné au studio 18 de la Warner, mais aussi en Californie et les scènes censées se derouler en Europe furent remplacées par des scènes au Brésil car l'Europe était en partie occupée par les nazis. Le choix du réalisateur convenait à Bette Davis, car cette dernière avait déjà travaillé avec Rapper quand celui-ci était directeur des dialogues. Mais ce choix devait être difficile à assumer pour Rapper, ce dernier se retrouvant rapidement sous la coupe de Bette Davis. Il n'en reste pas moins que le film est un chef-d'oeuvre absolu du mélodrame hollywoodien. Ainsi, la scène finale où Paul Henreid allume deux cigarettes et où il demande à sa partenaire, "pourquoi demandez la lune alors qu'on peut avoir les étoiles", est encore pleine d'une émotion incroyable 70 ans après, qui fait de ce film un incomparable chef-d'oeuvre de la filmographie de Bette Davis au même titre que d'autres oeuvres peut être plus connues.

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Ci-dessus : Paul Henreid et Bette Davis

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Ci-dessus : le réalisateur et les acteurs sur le plateau de "Now Voyager"

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Ci-dessus : Bette Davis et Paul Henreid pendant une pause

 

Bande-annonce :

 

Extrait du thème principal de Max Steiner :

 Disponible en DVD Zone 1 avec sous-titres français

Note : 9 / 10

05/05/2013

L'aigle des mers / The Sea Hawk - 1940

Après le succès de "Capitaine Blood", la Warner ne pouvait que relancer de nouveau la machine à faire des films de flibustiers ou de pirates et reprendre l'équipe gagnante de "Capitaine Blood" en reprenant pour le rôle titre Errol Flynn mais aussi Michael Curtiz à la réalisation comme "Capitaine Blood" 5 ans plus tôt. La Warner n'a pas lésiné sur les moyens, alors que "Capitaine Blood reprenait quelques images de scènes du film de Douglas Fairbanks, "l'aigle des mers" version de 1924. Cela donnait d'ailleurs un côté assez étrange au film. Là rien de tout cela, la Warner a construit des décors, des navires. On sent la très grosse production. A Errol Flynn on a ajouté un casting intéressant, avec Brenda Marshall, qui joue ici la nièce de l'ambassadeur espagnol (Claude Rains), avec laquelle Flynn entretient une relation. Mais dans les seconds rôles il faut aussi compter sur l'éternel vétéran Donald Crisp, mais aussi d'anciens compagnons des films de Flynn qui étaient d'ailleurs déjà présents sur "les aventures de Robin des Bois". Flora Robson a la lourde charge de reprendre le rôle de la reine Elizabeth 1ere qui était interprêtée un an plus tôt par Bette Davis qui avait pour partenaire encore Errol Flynn dans "The Private Lives of Elizabeth and Essex". Et Flora Robson s'en sortira plutôt bien. Et il y a bien d'autres vedettes, mais je ne citerai pour finir que le méchant du film : Henry Daniell.

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Avec de tels moyens il était quasiment impossible à la Warner de rater le film, car il faut ajouter que Erich Wolfgang Korngold était encore responsable de la partition musicale. Il pourra d'ailleurs cette fois-ci la signer totalement car il disposera de suffisamment de temps, contrairement à "Capitaine Blood" où la musique de la scène de combat entre Flynn et Basil Rathebone sur les rochers était une reprise d'un thème classique, donc non composée par Korngold lui même. Alors oui "l'aigle des mers" est une belle réussite. Mais le film est parfois ampoulé et lourd. Ainsi, si la Warner veut à travers son film dénoncer le nazisme à travers la main mise de l'Espagne sur le monde au 16ème siècle, elle le fait un peu de façon caricaturale, mais surtout cela ralentit un peu le film et l'action. En résumé, on a perdu un peu cet appel révolutionnaire à la liberté présent dans "Capitaine Blood". D'ailleurs Flynn ne joue pas ici un pirate, mais un flibustier qui se fait reprocher l'attaque d'un navire espagnol. La réalisation de Curtiz joue toujours avec les effets d'ombres qui donnent à l'image une intéressante troisième dimension.

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Ci-dessus : Brenda Marshall et Errol Flynn

Ceci dit, le film est irrigué par de nombreuses qualités : décors somptueux, costumes parfaits, casting prestigieux avec des stars au top de leur forme, musique magnifique. Mais le film ne prend son envol que dans sa dernière partie trop courte par rapport au reste de l'intrigue. Ceci à mon sens déstabilise peut être quelque peu l'ensemble. Il sortira d'ailleurs à l'époque avec des critiques mitigées. Il n'en reste pas moins un superbe spectacle, captivant, exotique, qui nous met dans la peau d'un flibustier du 16ème siècle perdu sur une côte bordée de palmiers, et on oublie tout. Alors que demandez de plus ?

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Ci-dessus : Henry Daniell et Errol Flynn

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Ci-dessus : Brenda Marshall et Una O'Connor

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Ci-dessus : Alan Hale et Errol Flynn

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Extrait de la musique :


Bande-annonce :

http://youtu.be/6_XIJm0_Wgc

Note : 8 / 10

05/04/2013

Le crime était presque parfait / The unsuspected - 1947

Il ne sera pas question ici du film d'Hitchcock, "le crime était presque parfait" avec Ray Milland, Grace Kelly et Robert Cummings de 1954, mais bien de la version éponyme de Michael Curtiz tournée en 1947. Pourtant c'est bien au film noir et à Hitchcock que cette version de Curtiz fait référence. Mais ce qui fait sortir "The unsuspected" de la production courante ou au mieux de la médiocre production d'un film noir bas de gamme, c'est bien la réalisation extraordinaire de Curtiz. Vous pouvez me croire j'en ai vu des films de Curtiz, que ce soit "Captain Blood" (1935),  'la charge de la brigade légère (1936), "les aventures de Robin des Bois" (1938), "l'aigle des mers (1940), Casablanca (1942) ... et je n'ai pas le souvenir d'avoir vu un de ses films aussi bien réalisé. Curtiz s'est clairement dépassé ici. Le film commence d'ailleurs par une ombre menaçante filmée, et on sent tout de suite cette ombre comme une menace prête à réaliser l'indicible, c'est à dire tuer. Et le jeu sur les ombres, sur les visages sur les lumières va être poursuivi tout le long du film. On ne peut qu'être totalement éblouï par le travail de Curtiz. On a tendance à dire, en voyant un film : "je cherchais un bon plan j'en ai vu aucun". Ici vous verrez des dizaines de plans, plus magnifiques les uns que les autres.

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La distribution qui comprend la très belle Audrey Totter, Constance Bennett, Joan Caulfield, Hurd Hatfield, Michael North, et Fred Clark est dominée de la tête et des épaules par la prestation de Claude Rains. Alors Claude Rains vous le connaissez sûrement, on se souvient tous de sa prestation en Prince Jean dans "les aventures de Robin des bois" ou dans des films avec Bette Davis, comme les très beaux "Mr Skeffington" (1944), "une femme à la recherche de son destin", ou dans "crimes sans châtiment" (1942) ou encore "le loup garou" (1941). Hurd Hatfield c'est quant à lui l'homme d'un seul rôle, celui du beau jeune homme du "portrait de Dorian Gray" '(1945). Constance Bennett était une star des années 30. On se souvient d'elle dans "What Price Hollywood ?" par exemple.

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Ci-dessus une photo de Hurd Hatfield

Le scénario est très bien construit même si il est clairement difficile à appréhender au début et donne quelque peu le tourni. On retrouve d'ailleurs comme dans  "Laura" un tableau de l'héroïne principale qui trone au milieu du salon. Les défauts du film sont peut être l'omniprésence de Claude Rains qui finit par vampiriser le film à lui tout seul et à rendre les autres acteurs presque peu crédibles, et en particulier le personnage joué par Joan Caufield qui semble presque niais. Enfin les dialogues ne sont pas toujours à la hauteur de la formidable réalisation de Curtiz.

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Ci-dessus : Audrey Totter dans "the unsuspected"

Il n'en reste pas moins que le film est une grande réussite cinématographiquement parlant. On en prend plein les yeux. Et c'est réellement fascinant de voir Curtiz ainsi dépasser son propre niveau. Si on ajoute à ce film la belle musique de Franz Waxman qu'on a connu malgré tout un peu plus inspiré, il est difficile de ne pas mettre une très bonne note à ce métrage et de ne pas avoir envie de revoir, la séance terminée. On ne peut donc que remercier chaleureusement la Warner d'avoir sorti cette oeuvre de l'oubli dans lequel elle était tombée. On espère bien d'autres sorties de ce type à l'avenir dans cette série "films criminels" ou dans une autre, car c'est tout simplement du grand cinéma.

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Ci-dessus Claude Rains et Joan Caulfield

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Ci-dessus : un exemple des plans assez incroyables de Curtiz sur ce film. Notez le jeu des ombres sur l'image et la distance au personnage qui crée le malaise voulu par le réalisateur.

 

Film disponible en DVD Zone 2 (sous titré français) sur le site de la Warner.

 

Bande-annonce :


Note : 8 / 10

 

10/09/2012

Casablanca - 1942

On a à peu près tout dit sur Casablanca. On considère ce film comme un film romantique, mais comme il se passe pendant la guerre, doit on le considérer comme un film de guerre ?

 

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Comme dans "Passage to Marseille" (commenté dans une note plus bas) qu'il précède, on a donc Michael Curtiz au commande. On retrouve dans le rôle principal Humphrey Bogart et comme partenaire Ingrid Bergman qui était à cette époque très très belle, le temps n'ayant pas encore eu prise sur elle. En second rôle, on retrouve Paul Henreid qui atteindra le top de sa popularité avec "une femme à la recherche de son destin" avec Bette Davis la même année. Puis bien entendu toujours dans les seconds rôles, il y a Claude Rains dans le rôle du préfet de police de Vichy qui ne sait pas encore si il doit se tourner vers les Nazis ou la France Libre. Et d'autres acteurs célèbres comme Peter Lorre qui fait un petit rôle au début du film, ou encore Sidney Greenstreet. Bref du beau monde pour un beau film.

 

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L'histoire tourne autour d'un café de Casablanca qui est le microcosme politique de l'époque. Le Maroc étant proctectorat français du gouvernement de Vichy il n'est donc pas occupé par les Allemands. On  retrouve donc dans ce café américain de Casablanca, les comploteurs, les nazis, les vychistes, les résistants, les profiteurs de guerre, les déracinés, les persécutés. Bref tout ce que la guerre a pu créer se retrouve dans ce café. Les espoirs naissent ou disparaissent pour accéder à un monde nouveau et libre : l'Amérique. Car c'est à Casablanca qu'on y vient chercher un visa pour le Portugal et ensuite du Portugal l'Amérique. Dans cette ambiance, Rick (Humphrey Bogart) va se retrouver à devoir gérer un terrible conflit intérieur : Aider le mari résistant de son ancienne petite amie dont il est encore fou amoureux, ou le dénoncer, l'abandonner et retrouver celle qu'il aime.

 

Dans le film, on ne voit pas la guerre, mais les conséquences de celle-ci : les séparations, les complots, l'envie de fuir la guerre et la misère, l'amour qui rapproche les êtres en dépit de la folie des Hommes. Bref, le cocktail est détonnant et permet de mettre en images les scènes les plus romantiques et les plus fortes du cinéma.

 

Ci-dessous la chanson que tout le monde connaît : You "must remember this, A kiss is just kiss ... As time goes by" où Bogart retrouve la femme qu'il a aimé. Elle est l'œuvre de Herman Hupfeld qui l'a composée en 1931 pour une revue musicale de Broadway. Le reste de la musique du film est de Max Steiner. 

 

 

 

Une scène qui m'a profondément ému est celle où les Nazis chantent leur hymne et où Paul Henreid demande à l'orchestre de jouer la Marseillaise au même moment. Cela n'a rien à voir avec du nationalisme. Mais finalement on devrait aujourd'hui se souvenir que c'était ça aussi la France : un esprit de résistance contre l'oppression, un idéal pour l'être humain. Et que si aujourd'hui des gens sifflent notre hymne national, on devrait se souvenir que d'autres sont morts en le chantant ou se sont battus pour qu'il soit chanté librement et fièrement et qu'en Amérique en 1942 il représentait quelque chose au moins dans les films.

 

 

Une bande annonce très récente :

 

 

Pour finir je laisserais la parole à Umberto Eco pour parler de ce chef-d'oeuvre car vouloir être exhaustif dépasserait très largement le cadre de cette note : "Ce film fonctionne en dépit des théories esthétiques et des théories cinématographique parce qu'en lui se déploient par force presque tellurique les Puissances de la Narrativité sans que l'art n'intervienne pour les discipliner. Mais dans ces conditions nous pouvons accepter que les personnages changent d'humeur, de moralité, de psychologie d'un moment à l'autre, que les conspirateurs toussent pour interrompre le discours quand un espion s'approche, que les joyeuses entraîneuses pleurent en écoutant La Marseillaise. Quand tous les archétypes déferlent sans aucune décence, on atteint des profondeurs homériques. Deux clichés font rire. Cent clichés émeuvent »



Note : 9 / 10

15/08/2012

Le loup Garou / The Wolfman - 1941

Hier soir j'ai vu un film très intéressant de 1941 produit par Universal. Le film n'est pas très long (1h20), mais il mérite d'être vu, autant par les thèmes abordés que par la réalisation. On y retrouve en distribution Claude Rains (l'irremplaçable Prince Jean du Robin des Bois avec Errol Flynn), mais aussi Lon Chaney Jr qui se spécialisera dans les rôles de monstres et fera concurrence à Boris Karloff. La belle Evelyn Ankers est aussi présente et dans les seconds rôles on retrouve Patric Knowles qui a fait de nombreuses comédies ou qui jouait également dans Robin des Bois et en Guest Star Bela Lugosi. A noter que Claude Rains avait joué en 1933 dans l'Homme Invisible.


Ci-dessous Evelyn Ankers :

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Le thème du Loup Garou, est abordé de façon intéresante en  évoquant finalement le dédoublement de la personnalité, la schyzophrénie, et qu'il y a en chacun de nous un Loup Garou qui sommeille. Le Loup étant le mal qui a pris possession du corps de l'homme. Il y a également une parabole sur le bien et le mal en noir et blanc et gris. J'ai trouvé tout cela très intéressant. La réalisation de George Waggner est particulièrement réussie et met en oeuvre beaucoup de mystères. On reprend ici en fait le thème de Dr Jekyll et Mr Hyde. Certaines critiques ont pu reprocher que le casting de Claude Rains n'allait pas pour ce film. Pour ma part je l'ai trouvé parfait.

 

Ci-dessous Claude Rains :

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Le maquillage était de la responsabilité de Jack Pierce qui fit un boulot énorme à l'époque. Malheureusement quelques années plus tard on jugea son travail trop artisanal. En effet il n'avait pas pris le tournant des masques en caoutchouc et il se fit donc virer d'Universal. Il faut savoir que la création du masque sur l'acteur demandait 3 heures de maquillage et autant pour l'enlever ! C'était donc très difficilement gérable ! Alors bien avant Underworld, maintenant vous connaissez les débuts du cinéma d'épouvante. Si vous aimez les films classiques. Vous pouvez voir celui là les yeux fermés.

 

Jack Pierce au maquillage :

 

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LA BANDE ANNONCE - NATURELLEMENT :

 

 


Le loup garou (1941) bande-annonce par 110laurent



NOTE : 7,5 / 10