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04/09/2015

Mogambo - 1953

Je crois que ce serait un peu limité l'ampleur de "Mogambo" de dire qu'il ne serait qu'un remake de "la belle de Saïgon" (1932) réalisé par Victor Fleming avec déjà Clark Gable et Jean Harlow. En effet, Mogambo élargit le champ des possibles et contrairement à "la belle de Saïgon" ne met pas en scène une "fille" avec un aventurier, mais deux couples, le couple illégitime qui est sur le point de se séparer composé d'Ava Gardner et de Clark Gable, et l'autre couple légitime composé de Grace Kelly et de l'effacé Donald Sinden. Si on veut chercher plus loin, ce n'est pas tant vers "la belle de Saïgon" qu'il faudrait se tourner, mais plutôt vers Goethe et son roman, "les affinités électives", qui met en scène deux couples dont les relations amoureuses vont se croiser et dont les relations adultérines auront un prix à payer. Là, la tragédie n'est pas présente, le film rode plutôt du côté du film safari et du mélodrame. Néanmoins, le jeu trouble des personnages aura pour conséquence la dureté de la vérité. Voilà, un scénario pour le moins alléchant ! Mais "Mogambo" n'est pas seulement porté par un bon scénario, mais aussi par un casting du tonnerre, avec une Ava Gardner plus torride que jamais, une Grace Kelly à la beauté glacée et un Gable en fauve avide alternativement de ces deux lionnes de l'écran. On sait qu'après une rencontre orageuse, la relation entre Ford et Gardner fut au beau fixe sur le tournage, permettant à cette dernière de littéralement faire exploser tout son talent. La photographie du trio Robert Surtees, Freddie Young et Stephen Dade est au niveau de l'ensemble. Et si on peut reprocher certaines images, empreintes d'un colonialisme dépassé aujourd'hui, il n'en reste pas moins que le film est un exemple de la capacité de Ford à faire autre chose que des westerns, et de l'influence de la culture allemande sur son oeuvre, que cela soit par le cinéma de Friedrich Wilhelm Murnau, ou ici de Goethe. Il est à considérer comme étrange de retrouver Goethe en Afrique, mais c'est trop étrange pour être un hasard. D'ailleurs "Mogambo" dont la signification serait "passion", inspire encore aujourd'hui les réalisateurs. Ainsi Taylor Swift dans un style très proche de celui d'Ava Gardner, célèbre les passions en Afrique. Son clip "Wildest Dreams", semble presque un hommage entier à l'actrice et au film. "Mogambo" est donc quant à lui, du très grand cinéma à n'en pas douter. A quand une redécouverte de l'oeuvre prodigieuse de Ford en Bluray ?

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Ci-dessus : Ava Gardner, Grace Kelly, & Clark Gable

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Ci-dessus : Ava Gardner

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Ci-dessus : Clark Gable

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Ci-dessus : Clark Gable & Grace Kelly

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Ci-dessus : Ava Gardner

La bande-annonce :

 

Le clip de Taylor Swift :

Film disponible en DVD zone 2, en VF ou version originale sous-titrée français chez Warner Bros

 

 

Note : 8 / 10

14/06/2014

La belle de Saïgon / Red Dust - 1932

"La belle de Saïgon" mérite bien sa réputation de film mythique. Deuxième des six films du duo Clark Gable / Jean Harlow, on peut bien dire que celui-ci ne laisse pas indifférent. L'histoire semble pourtant classique. Ainsi un patron (Clark Gable) de plantation d'hévéas (arbre à Caoutchouc) en Indochine française, se retrouve avec une jeune et belle prostituée (Jean Harlow) sur les bras, mais l'arrivée d'un nouveau contre-maître (Gene Raymond) et de sa femme va changer les choses. Le couple va se dissoudre dans une nature luxuriante où les éléments naturels auront toute leur place pour déclencher un érotisme étonnant pour l'époque. Car il ne faut pas oublier que "la belle de Saïgon" date de 1932, soit 2 ans avant la mise en place du code de censure (Code Hays). Deux ans plus tard, une histoire mettant en avant, aussi souvent une prostituée, et la montrant aussi sympathique n'aurait pas été autorisée à être filmée. Ainsi, on sait que sur "Autant en emporte le vent", Selznick s'interrogeait sur les nombreuses scènes du personnage de Belle Watling (patronne d'une maison close) et sur son caractère si franc et finalement honnête.

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Pour en revenir à "la belle de Saïgon", le scénario de John Lee Mahin tiré de la pièce de Wilson Collison, est donc assez classique. Mais ce sont bien les acteurs qui font de ce film un superbe classique. Gable est très bon, mais Jean Harlow transfigure littéralement son personnage. Quant à Victore Fleming, il sait mettre en valeur le corps parfait de l'actrice, laissant voir ses jambes, ou dans un dixième de second un sein. Le scénario sera d'ailleurs utilisé avec moins de bonheur dans un autre film de Clark Gable, bien des années plus tard : Mogambo (1954). Ava Gardner reprendra le rôle de Jean Harlow, Grace Kelly celui de Mary Astor, et l'action se déroulera cette fois-ci en Afrique. Néanmoins, ni le Technicolor ni un Gable vieillissant ne feront oublier, l'incroyable fulgurance de ce premier érotisme cinématographique de cette "Belle de Saïgon", qui fit sortir le cinéma de son enfance, pour le propulser dans une modernité dont les résonances parviennent encore aujourd'hui, à marquer durablement, le spectateur. Ainsi, on peut espérer que la Warner nous sorte rapidement la totalité des films de Jean Harlow, peut être la première icône blonde platine de l'écran, bien avant Lana Turner. qui la qualifia de "première incarnation américaine du sex-appeal". En effet, les films de Jean Harlow sont d'autant plus mythiques que cette star eut un destin particulièrement tragique. Mais  nous verrons tout cela dans un prochain article.

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Ci-dessus : Jean Harlow & Clark Gable

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Ci-dessus : Mary Astor & Clark Gable

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Ci-dessus : Jean Harlow & Mary Astor

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Ci-dessus : Clark Gable, Tully Marshall & Jean Harlow

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Ci-dessus : sur le tournage avec Victor Fleming

Film disponible en DVD zone 2, VO sous-tirée dans la collection "Trésors Waner".

Note : 8 / 10

12/01/2014

Franc Jeu / Honky Tonk - 1941

"Franc Jeu" est un film de Jack Conway. Ce dernier avait réalisé 3 autres films avec Clark Gable : "The Easiest Way" (1930), "Saratoga" (1937),  "La Fièvre du pétrole" (1940). En 1948, il devait encore réaliser "Marchand d'illusions". Convway devait donc tourner en tout 5 films avec Gable. Le film a pour qualité principale, son formidable casting qui réunit en plus de Clark Gable, la magnifique Lana Turner, mais aussi Frank Morgan, que l'on a vu jouer dans "Le Grand Ziegfeld " (1936) avec William Powell, ou encore dans "la tempête qui tue" (1940). Dans les seconds rôles on note la présence de Claire Trevor, qui joue la rivale de Lana Turner, mais aussi Albert Dekker dans le rôle du méchant de service. Le film a pour scénariste une femme, Marguerite Roberts. Et on sent bien que le film est irrigué de cette touche féminine, qui donne un goût assez étrange à l'ensemble. Ainsi, on passe des rixes de saloon, au boudoir de Lana Turner en quelques minutes. Le film bénéficie de dialogues plutôt savoureux, et explicites pour l'époque, mais assez atténués afin de permettre une validation du film par la commission de censure. 

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La magie opère donc entre le couple Gable / Turner. Elle opérait tellement bien que la femme de Clark Gable venait très souvent sur le plateau pendant les scènes intimes entre son mari et Lana Turner. Elle savait que Gable n'avait jamais caché sa préférence pour les blondes. Cette situation rendait Lana Turner particulièrement mal à l'aise et à chaque fois, elle s'enfermait dans sa loge, se décidant à sortir que lorsque Carole Lombard avait quitté le plateau. Lana Turner nia toujours une relation extra-conjugale de Clark Gable. Pourtant les mauvaises langues racontent que le tragique accident d'avion de Carole Lombard, avait un rapport avec cette liaison. On ne le saura jamais. Et comme dans "le massacre de fort Apache", la légende dépasse largement la vérité d'un western assez étrange qui a pour principal intérêt de nous montrer pour la première fois à l'écran l'incroyable chimie amoureuse du couple Lana Turner / Clark Gable. Pour le reste, on a vu dans cette catégorie de western un peu psychologique beaucoup mieux, avec en particulier "la rivière d'argent" (1948) avec Errol Flynn et Ann Sheridan, qui nous montre là aussi l'ascension d'un aventurier, mais de manière peut être plus sérieuse. Ainsi, on peut considérer que "la rivière d'argent" étudiera en profondeur des thèmes que "franc jeu" ne fait ici qu'effleurer. Dommage le casting était pourtant très prometteur.

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Ci-dessus : Clark Gable et Lana Turner

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Ci-dessus : Frank Morgan, Lana Turner, et Clark Gable

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Ci-dessus : Clark Gable et Albert Dekker

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Ci-dessus : Clark Gable et Lana Turner

Film disponible sur la boutique en ligne de la Warner, dans les trésors Warner en DVD VO sous-titrée.

Note : 6 / 10

17/08/2013

Fascination / Possesseded - 1931

"Fascination" est le 3ème film du duo Gable/ Crawford après "Dance, Fools, Dance" (1931) et "Laughing Sinners" tourné la même année. J'avoue n'avoir pas vu les deux premiers, mais celui m'a fait un effet un peu bizarre. Ainsi, contrairement à ce que pense certains forumeurs de DVDC Classik, j'ai trouvé la de Clarence Brown un peu plate. Malgré tout on retrouve quelques effets de caméra au tout début du film, où est filmée une sortie d'usine. Mais aussi dans la scène la plus célèbre où les yeux de Joan Crawford sortent de l'obscurité et sont éclairés par la lumière, permettant ainsi au spectateur de deviner sa présence, mais aussi et surtout ses émotions, concernant une discussion qui la concerne et qui se déroule dans la pièce d'à côté.

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Mis à part cette scène et la scène du discours politique de Gable, j'ai été assez supris par une réalisation qui m'a semblé parfois comme un peu irréel. Ainsi, la scène où Joan Crawford se trouve devant un train et voit défiler les voyageurs, semble un peu sorti de nulle part. En effet, les voyageurs ne semblent pas la voir. Mais peut être y a t'il la volonté du réalisateur de montrer qu'elle n'est rien à ce moment du film. Ainsi, la scène suivante où elle partage un verre de champagne avec un homme du monde totalement ivre, montre bien que la seule personne qui peut la remarquer est quelqu'un qui a un état de conscience déformé par l'alcool.

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Mais pour moi ce film, reste un peu déformé par ces jeux de mise en scène un peu thêatraux. Enfin, le film nous montre dans son scénario une morale un peu dépassé aujourd'hui, mais qui montre parfaitement la difficulté de l'Amérique de 1931 à dépasser sa morale puritaine. Ainsi, la femme non mariée se retrouvait à cette époque sans statut, et pire, elle devenait la source de tous les chuchotements et de tous les scandales personnels ou politiques. Heureusement le film arrivera à dépasser cela et à faire triompher l'amour. Mais franchement, on a vu Clarence Brown plus inspiré. Ainsi, pour moi ce film, n'arrive pas à supplanter en terme de réalisation, ni "Grand Hotel" d'Edmund Goulding sorti l'année suivante, ni même "Conquest" du même Clarence Brown sorti en 1937. "Fascination" retient donc surtout l'attention pour le couple Gable / Crawford, et par l'évocation de la sexualité qu'il en ressort. Pour le reste, il ne m'a pas semblé un être un chef-d'oeuvre du cinéma.

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Disponible en DVD zone 2 sur le site de la Warner en France ou magasins spécialisés

 

Extrait :

 

Note : 7 / 10

30/07/2013

L'Esclave libre / Band of angels - 1957

"L'esclave libre" est un magnifique film de raoul Walsh. Je l'avais découvert étant adolescent et je l'ai revu il y a quelques années dans le cadre de sa sortie DVD, dans la collection des inédits de la FNAC. Et hier soir, nouvelle séance à la maison, en videoprojection de ce chef-d'oeuvre de Raoul Walsh. J'avoue que la dernière fois j'avais été un peu déçu par les couleurs un peu trop criardes du Warnercolor, je les ai donc un peu adouçi et j'ai retrouvé un film plus naturel dans ses tons. Le film commence par une formidable bande sonore de Max Steiner qui ouvre le titre. Ensuite on découvre la Louisiane de 1853 et la vie d'une petite fille  dans une plantation avec son père. La jeune fille devient une femme, et découvre à la mort de son père de lourds secrets qui changeront son existence à jamais. Le film est tiré du roman de Robert Penn Warren, sur un scénario de John Twist, Ivan Goff, et Ben Roberts. Autant vous le dire tout de suite, "l'esclave libre" est une merveille autant esthétique que scénaristique. Ainsi Walsh recrée les rues de la Nouvelle-Orléans, mais aussi le marché aux esclaves, et les riches intérieurs des maisons du sud. Il est ici la beauté et l'horreur de cette civilisation. Et la première référence qui vient à l'esprit, c'est "Autant en emporte le vent" (1939). On ne retrouve pas la classe des intérieurs de la plantation des 12 chênes du père de Mélanie, mais malgré tout, c'est vraiment très beau. Et la scène d'étreinte entre Clark Gable et Yvonne de Carlo fait indéniablement penser à celle avec Vivien Leigh et le même Clark Gable. 

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La différence avec "Autant en emporte le vent" c'est bien évidemment la carrure du film qui ne joue pas dans la même catégorie. On sent que le budget a été important mais pas aussi important que pour "Autant en emporte le vent". Ainsi, "l'esclave libre" ne fait qu'un peu plus de 2 heures contre presque 4 heures pour son aîné. Ensuite Raoul Walsh ne va pas toujours au bout de ses idées. Ainsi, la grande scène du bal, n'est qu'à peine abordée. Par exemple, on sait que Max Steiner adorait utiliser son talent de compositeur viennois et écrire des valses pour le cinéma. Il l'a fait bien souvent comme "dans la charge de la brigade légère" (1936) où Olivia de Havilland danse sur une valse originale de Steiner. Ici malheureusement, la scène de danse est écourtée et ne laisse pas le temps à Steiner de composer une pièce originale. Dommage.

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Ci-dessus : Clark Gable et Yvonne de Carlo

Mais le reste est admirable. Que ce soit au niveau des thèmes abordés ou de la réalisation, "l'esclave libre" mérite toutes les éloges. Ainsi, si nous avons parlé du formidable génie de Raoul Walsh dans ce film. On est bien obligé de parler du scénario qui réserve bien des surprises. Ainsi, il évoque l'irresponsabilité des parents qui sont bien incapables de protéger leurs enfants après leur disparition. Mais il parle aussi de la marche du temps et comme dans beaucoup de films, l'orage n'est pas seulement l'orage, mais bien l'annonce de temps difficiles. L'orage devient symbolique de la colère des hommes et finalement d'un monde qui va disparaître dans une effroyable tempête. Et je ne crois pas que ce soit un hasard si les scénaristes font naître une passion entre Gable et notre héroïne au moment de cet orage. Enfin, le film aborde l'esclavage de la manière la plus crue et devient finalement un contre "autant en emporte le vent" pour montrer le caractère vicieux de cette institution. Le film de la Warner sort donc totalement du caractère pro-sudiste de certains films produit dans les années 30.

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Ci-dessus : Yvonne de Carlo

Alors que peut on reprocher à "l'esclave libre". Pas grand chose à vrai dire. Le scénario est très abouti, la réalisation admirable, le casting excellent, avec un Patrick Knowles détestable au possible. Patrick Knowles c'était Willy l'écarlate dans "les aventures de Robien des Bois" (1938) avec Errol Flynn. Et il ne faut pas oublier la très belle prestation de Sidney Poitier.  Allez, si j'était vraiment horrible, je reprocherai que les dessous d'Yvonne de Carlo ne sont pas vraiment en rapport avec les dessous féminins de 1861. Mais franchement, Yvonne de Carlo a de si belles jambes qu'il est impossible de reprocher au réalisateur de les montrer avec  des bas de soies plutôt qu'avec les affreux pantalons d'époque. Je n'aurai donc qu'un seul conseil pour vous lecteur : procurez vous l'esclave libre. C'est sans aucun doute, du très grand cinéma, même 56 ans après sa sortie..

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Ci-dessus : Clark Gable et Yvonne de Carlo

 

Le trailer présenté par Clark Gable lui même en présence du réalisateur Raoul Walsh :

http://matineeclassics.com/movies/1957/band_of_angels/

 

Note : 9 / 10

10/07/2013

Âmes libres / A Free Soul - 1931

Aujourd'hui je vais vous parler de "Âmes libres" formidable fim de Clarence Brown, de 1931, produit par la MGM. Le film a de multiples qualités, à commencer par un casting impressionnant, avec Clark Gable, Norma Shearer, Lionel Barrymore, et Leslie Howard. Je pense qu'il est inutile de préciser ici que j'ai la plus haute estime pour ces 4 acteurs qui magnifient littéralement la réalistion de Brown. Lionel Barrymore joue ici un célèbre avocat, la plupart du temps ivre, quand il ne plaide pas. Norma Shearer, joue sa fille, Leslie Howard, joue le fiancé, et Gable l'amant de la jeune femme. Vous l'aurez compris le jeu à quatre, va être le lot du scénario du film et quel scénario ! Ici nous n'avons pas droit seulement, aux bas fonds de l'Amérique, aux bars clandestins, aux salles de jeux secrètes, aux luttes entre bandes rivales et aux meurtres, mais aussi à la vie amoureuse d'un de ses tenanciers de bars clandestins, qui plus est chef de bandes.

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Aujourd'hui on peut considérer le jeu de Norma Shearer (épouse du producteur de la MGM  Irving Thalberg jusqu'à la mort de ce dernier en 1937), un peu trop empreint parfois de la marque de sa première partie de carrière dans le cinéma muet, avec de temps en temps, quelques expressions un peu trop appuyées. Elle n'en reste pas moins une fabuleuse actrice, terriblement sensuelle, avec des robes mettant parfaitement en valeur sa beauté. Il n'y a pas ici seulement de la tension sexuelle entre elle et Gable, mais bien une sensualité exacerbée, comme on verra rarement ensuite dans le cinéma américain. Mais la liberté du propos choque aussi. Ici on évoque le futur enlèvement d'une femme contre ton gré, pour satisfaire le plaisir d'un homme, et si l'inquiétude des protagonistes pour la vertue de la jeune femme semble aujourd'hui dépassée, elle ne reste pas moins comme le reflet d'une époque, où en France comme ailleurs de célèbres assassins, cachaient leurs crimes derrière la réputation d'une femme de renom, refusant ainsi de la compromettre en disant qu'il se trouvait avec elle la nuit du crime. Après tout, c'était une manière élégante d'envisager la guillotine et cela permettait de réunir pour l'accusé, une foule d'admiratrices avant le sacrifice final. Il y a un peut de tout ça ici. Mais il y a aussi et surtout la consécration de la sexualité féminine. Les femmes ne sont plus des objets sexuels, mais bien des êtres, avec leur propre sexualité. Ainsi, Norma Shearer  vient au départ de sa propre volonté, chercher de l'amour, mais aussi du sexe. Et le film évoque donc des relations hors mariage, propos qui sera totalement passé sous silence après juin 1934, et la mise en place du code de censure. Ainsi, la question sexuelle sera noyée sous une tonne de glamour, et on mettra en bobines un autre cinéma.

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Ci-dessus : Clark Gable et Norma Shearer

Ce "Free soul" est donc un formidable film qui n'a pas beaucoup vieilli, si ce n'est parfois par un jeu un peu trop appuyé de Norma Shearer, ou une utilisation très faible de la musique, marque des premiers films des années 30. Mais pour le reste, on est devant un chef-d'oeuvre de subversion, tenue par des acteurs particulièrement inspirés. Clark Gable impose une présence animale et Leslie Howard reprend ce personnage qu'il affectionne et qu'il rejouera dans "Autant en emporte le vent" (1939). Gable et Howard se retrouveront d'ailleurs sur ce même film. Quant à Lionel Barrymore il est extraordinaire et termine le film par une plaidoirie qui devait rester dans les annales du cinéma. Il recevra d'ailleurs un Oscar du meilleur acteur pour son interprétation. Je ne peux donc que vous conseiller ardemment de redécouvrir ce chef-d'oeuvre oublié mais impossible à ignorer, qui vous transportera d'émotions, et dont la seule leçon est peut être une expression d'une liberté sexuelle féminine dont l'écho résonne encore aujourd'hui. "A free soul" est tout simplement un chef-d'oeuvre du cinéma américain.

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Ci-dessus : Lionel Barrymore et Norma Shearer

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Ci-dessus : Leslie Howard et Norma Shearer

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Disponible en Zone 1  (allzone) dans le coffret "Forbidden Hollywood" volume 2 ou en Zone 2 sur le site de la Warner en France.

 

Extrait :

 

http://www.youtube.com/embed/Z32AJBC2wOM

Note : 8,5 / 10

17/04/2013

L'ennemi public numéro 1 /Manhattan Melodrama - 1934

"Manhattan Melodrama" est connu en France sous le titre "l'enemi public numéro 1". Le titre français n'a pas grand chose à voir avec le film, alors que le titre américain en dit beaucoup plus. En effet, l'action se pass bien à New-York et si elle n'est pas totalement mélodramatique, le film commence malgré tout comme un mélodrame. Ainsi, on voit deux enfants sur un grand bateau à vapeur, en croisière. Ces deux enfants sont Blackie Gallagher (joué par Mickey Rooney enfant) et Jim Wade (joué par Jimmy Butler). Les enfants s'amusent et Blackie est déjà un joueur pas très honnête. Mais le drame arrive, le bateau prend feu, et ils perdent leurs parents. Ils sont recueillis par un rescapé de l'incendie qui les élèvera comme des frères. Mais finalement ce dernier meurt quelques années plus tard lors d'une émeute. Le début est donc assez mélodramatique et pour tout dire assez pénible avec plusieurs plans récurrents sur la grande horloge, censée symboliser le temps qui passe avec les années que l'on voit défiler. Tout ça a bien vieilli. Mais c'est bien, à ce moment que le film réallement commence. Ceci dit on ne peut pas jeter le prologue totalement par dessus bord, car Van Dyke se plaît à filmer des visages pour signifier la peur ou la terreur, voir l'émeute du sol pour ajouter à l'impression de terreur que doit ressentir le spectateur.

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Dans la deuxième partie du film, les enfants ont donc grandi et sont devenus des adultes. Blackie est donc Gable avec Myrna Loy pour maîtresse et William Powell est premier adjoint au procureur. Gable ne s'est pas racheté et tient un bar clandestin "speak-easy" en américain et vie de combines et de rackets. Mais l'amitié entre les deux hommes n'a pas été atteintes par le nombre des années et c'est bien la fidélité à cette amitié qui va être le fil conducteur du film et de toutes les actions des deux protagonistes. Et c'est bien cela le génie de "Manhattan mélodrama". On y retrouve aussi des thèmes passionnants sur la vérité en politiqu et les scandales de cette époque nous remettent en tête les scandales de notre époque. Qui a dit que ce cinéma avait vieilli ?! Arthur Caesar un des scénaristes devait d'ailleurs recevoir l'Oscar du meilleur scénario. Et c'est amplement mérité. Pour ma part, j'ai tendance à penser que l'ultime image dans la prison aurait du être le point final de ce très beau film qui perd finalement un peu de sa force avec le discours final de Powell. Mais ce n'est rien. Il ne faut pas se le cacher, le film est dans sa globalité un pur chef-d'oeuvre qui devait révéler le duo Powell Myran Loy dans le premier de leur quatorze films, et consolider la popularité du jeune Clarck Gable. A noter enfin que le film restera célèbre comme étant le dernier film vu par le gangster John Dillinger. Ainsi, certaines scènes du film apparaissent dans le film "public enemies" de 2009 avec Johnny Depp. Quand le cinéma se souvient du cinéma, on a parfois des chef-d'oeuvres qiu sortent ainsi de l'oubli.

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Ci-dessus : Clark Gable et William Powell

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Ci-dessus : Myrna Loy et Clark Gable

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 Ci-dessus : Le réalisateur W.S. Van Dyke et William Powell

Disponible en DVD zone 2 (à 6,33 € si vous prenez 3 films) à la Fnac jusqu'au 30 avril 2013

Note : 8,5 / 10

10/01/2013

Hommage à Clark Gable chanté par Judy Garland !

Le roi d'Hollywood méritait bien une déclaration d'amour, chantée par une Judy Garland âgée de 16 ans à la voix déjà merveilleuse !

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29/11/2012

Hommage à Carole Lombard - une autre déesse de l'écran

Pour cette semaine, notre hommage sera adressé à la femme de Clark Gable, trop tôt disparue : Carole Lombard.

 

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19/10/2012

Marchands d'illusions / The Hucksters - 1947

"Marchands d'illusions" est un film de Jack Conway. On y retrouve Clark Gable qui revient à l'écran après 2 ans d'absence. Le film est totalement construit pour et autour de Gable. D'ailleurs, on voit mal quel autre acteur aurait été capable de jouer à la perfection le rôle du publicitaire à la répartie facile et à l'initiative permanente comme seule obsession. Le film n'est pas une perfection. Il a beaucoup vieilli sur certains points. Ainsi, les publicités sont assez difficiles à supporter. Mais ceci dit, elles ne devaient pas l'être moins en 1947. Gable fait ainsi souvent la mou quand il les entend. Ce qui est intéressant c'est l'affrontement verbal entre l'infâme client joué par Sydney Greenstreet qui trouve là un de ses meilleurs rôles et le publicitaire Gable. Adolphe Menjou qui joue le patron de Gable se révèlera calculateur, fourbe et finalement servil et lâche devant l'horrible client. La première rencontre entre Evans (Sydney Greenstreet) et Norman (Gable) vaut d'ailleurs à elle seule, que l'on s'intéresse à cette oeuvre.

 

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"Marchands d'illusions" propose également 2 stars féminines de première importance : Deborah Kerr et Ava Gardner. Les romances de Gable avec ces 2 femmes sont d'ailleurs assez plaisantes à suivre. Les dialogues permettent à Clark Gable de dérouler son jeu. De plus le thème principal du film sur la manipulation qu'un homme peut faire subir à un autre est très actuel. Ce film préfigure ainsi bien la schyzophrénie des sociétés industrielles actuelles ou plutôt il faudrait dire que 65 ans après, rien a changé.

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Ci-dessus : Clark Gable et Deborah Kerr

Quand on voit ce film on se rend compte que chaque personnage manipule quelqu'un. Menjou veut manipuler Gable, le client veut manipuler Gable et Menjou. En résumé : Aucun rapport humain sain. Une ambiance détestable ! On se croirait presque au bureau. La fin libératrice met l'accent sur le libre arbitre que chaque être humain se doit de garder en lui, comme une soupape de sécurité en cas de crise nerveuse. A ce titre la fin du film mérite des félicitations et apporte une joie certaine et une libération au spectateur comme au personnage de Gable. Je n'en dis pas plus pour ceux qui n'ont pas vu le film.

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Ci-dessus : Ava Gardner et Clark Gable

 

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Ci-dessus le client (Sydney Greenstreet) :

 

Film disponible à la FNAC dans la collection "Trésors de la Warner".


Note : 6,5 / 10

13/10/2012

Le retour / Homecoming - 1948

"Le Retour" est un film de 1948 qui évoque le départ et le retour d'un officier chirurgien de l'armée américaine, lors de la seconde guerre mondiale. Le chirurgien rencontrera sur le théâtre d'opération et autour de la table d'opération, une assistante qui deviendra pour lui une amie proche et enfin un amour impossible. Le film a été réalisé par Mervyn LeRoy à qui on doit par exemple, "la valse dans l'ombre". Le film permet également le retour à l'écran de Clark Gable avec Lana Turner en co-vedette. Anne Baxter joue le rôle de la femme du chirurgien qui coincée au pays et qui sent bien que peu à peu son mari lui échappe et s'éloigne d'elle. Alors c'est vrai que le sujet est assez classique. De plus, l'habit militaire ne permet pas de mettre beaucoup en avant l'extraordinaire sex appeal de Lana Turner.

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Néanmoins, la naissance d'une amitié, puis d'une complicité, et enfin d'un véritable amour entre Gable et Turner est assez intéressant à voir à l'écran. Mais le film semble à chaque fois ne vouloir qu'à peine éffleurer les sujets qu'il aborde. La misère sociale est évoquée, on dit bien que l'on ne fait pas assez, mais que fait on pour y remédier ? Le film ne propose rien. La guerre est son cortège de blessés sont évoqués, mais aucune critique de l'armée ou de l'horreur de la guerre n'est faite. Enfin l'amour impossible entre les 2 protagonistes n'a aucune incidence sur le mariage du chirurgien et finalement cela ne déclenche qu'une simple explication entre lui et sa femme. Tout ça semble trop linéaire et ne ménage pas assez de rebondissements. Donc à mon sens, le film est peut être un peu trop convenu et semble être le reflet d'un fait de société en 1948 : le retour au pays des soldats désocialisés par de longues années de conflits loin de leurs proches.

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Ci-dessus Gable et Lana Turner :

Néanmoins globalement on ne s'ennuie et les scènes finales sont assez intéressantes. Même si pour ma part je pense qu'on aurait pu filmer un peu différement la scène de l'hopital à la toute fin du film. Je finirais sur la musique de Bronislau Kaper qui très loin d'être exceptionnelle fournie quelques jolis thèmes.

 

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Ci-dessus : Gable et Anne Baxter.

 

A noter une qualité assez médiocre de l'image dans l'unique édition DVD actuellement existante dans la collection Trésor Warner de la Fnac.


Note : 7,5 / 10

11/08/2012

Autant en emporte le Vent - Gone with the wind

"Autant en emporte le vent" est pour moi un des plus grands films, pas seulement de la grande époque des studios, mais aussi de l'histoire du cinéma. Ce film a en effet tous les ingrédients du chef d'oeuvre. Alors bien entendu "Autant en emporte le vent", c'est le film aux 125 jours de tournages et à la distribution éclatante. On y retrouve : Clark Gable, Vivien Leigh, Olivia de Havilland, Leslie Howard, Thomas Mitchell, Hattie Mc Daniel. Le film est bien entendu en couleurs, mais ce n'était pas une évidence où très peu de films étaient en couleurs. 3 réalisateurs se sont succédés sur ce film : Victor Fleming, Sam Wood, George Cukor. Le producteurs David O Selznick exigeant de chacun d'eux l'impossible.

 

La bande-annonce :

 

La musique est également une très grande star du film. Elle emporte l'adhésion du public dès le titre. Max Steiner a fait un chef d'oeuvre musical, comme jamais.

Ci-dessous : Max Steiner le compositeur 

 

Compositeur de musique de films

 

Le film parle de la fin d'une société, "le Sud des Etats Unis avant la guerre civile". Le film est bien entendu du roman éponyme de Margarett Mitchell. On peut remercier le producteur David O Selznick et les scénaristes d'avoir enlevé toutes les parties un peu racistes que le roman pouvait contenir. Ainsi, contrairement à "Naissance d'une nation", le fameux film raciste de Griffith qui traitait également de la guerre civile, là dans "Autant en emporte le vent", le film ne traite que de la volonté d'une famille pour survivre à des évènements exceptionnels et à un changement radical de la société et donc de leurs modes de vies. C'est bien pour cela que ce film a traversé et continuera de traverser toutes les époques. Car en tant qu'être humain on a tous un moment donné de nos vies, été dans l'obligation de nous remettre en cause et à rechercher en nous mêmes des forces supplémentaires pour affronter la vie et le monde. Et peut être y a t'il aussi dans "Autant En Emporte le vent", un appel à la tolérance, pour comprendre ceux qui ne vivent pas comme nous. Peut être y a t'il une leçon sur la vie qui passe et qui ne revient pas, et sur la seule chose qui compte au bout du compte après la vie : NOS RACINES qui définissent ce que nous sommes.

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NOTE : 10 / 10