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11/09/2013

Hard to handle - 1933

"Hard to handle" est définitivement une comédie, même si le début du film, ne laisse rien présager de tel. Ainsi, le film commence avec un concours de danse dont le seul objectif est de donner le prix de 1000 $ au couple capable de rester le dernier debout à danser. Après cette introduction un peu confuse, qui devait rappeler des mauvais souvenirs au spectateur de la grande dépression, qui ne connaissait que trop bien ce genre de concours, le film prend de l'ampleur, et c'est assez impressionnant de voir Cagney devoir fuir une foule déchainée bien décidée à le lyncher. La mise en scène de Mervyn Leroy est donc, il faut bien le dire, assez impressionnante et la bande-annonce jointe à cet article en donne un petit extrait. Ensuite, le film ne sera que comédie et nous permet de découvrir James Cagney en publicitaire sans scrupules. Pour lui tout est bon, pour atteindre son objectif de réussite et de conquête de sa belle. Mais la route est longue et il commencera de très bas. C'est d'ailleurs assez étonnant de voir que la plupart des comédies et des mélodrames de cette période sont souvent des remèdes ou des conseils à l'initiative contre la crise économique.

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"Hard to handle" est donc un film assez revigorant surtout que Cagney n'est pas seul. En plus de son vieux compère Allen Jenkins qui jouait avec Cagney dans par exemple "le bataillon des sans-amours", on retrouve la belle Mary Brian ancienne vedette de la Paramount et qui joue donc ici dans un film de la Warner, car sans contrat avec un studio. Mary Brian n'était pas n'importe qui. En effet, elle a commencé dans le cinéma muet et devait tourner plus de 80 films, dont plus de 40 pour la seule Paramount. Elle avait commencé à tourner dans "Peter Pan"(1924). Son statut "freelance" ne devait pas être très enviable, car en général les vedettes de l'époque avaient un contrat d'exclusivité avec un studio, qui leur permettaient d'être payées, qu'elles jouent ou non. Etant obligée de tourner pour vivre, elle tourne donc 8 films pour la seule année 1933 ! On note aussi la présence de Claire Dodd. Enfin, j'ai découvert avec amusement le personnage de la belle mère joué par l'incroyable Ruth Donnelly, actrice avec un humour et des réparties à toute épreuve, et qui nous donne un personnage de belle mère détestable au possible.

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Ci-dessus : Ruth Donnelly, James Cagney, et Mary Brian

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Ci-dessus :  James Cagney, et Mary Brian

"Hard to handle" est donc un film sans énormément de prétention, mais rythmé et au final très sympathique, qui m'a fait passer une bonne soirée à rire et sourire devant les aventures d'un James Cagney aux abois, mais qui va déborder d'inventivité et d'énergie pour vendre des pamplemousses qu'il avait écrasés quelques années plus tôt à la figure Mae Clarke dans "Public Enemy" (1931). Pour le pamplemousse, et Cagney la boucle était enfin bouclée.

La bande-annonce :

Film disponible sur le site de la Warner en France, en DVD zone 2, sous-titré.

Note : 7 / 10

22/05/2013

Blondie Johnson - 1933

"Blondie Johnson" est un film de Ray Enright sorti en 1933. Aujourd'hui qui se souvient de Ray Enright ? Pourtant il a tourné 73 films entre 1927 et 1953. Il a dirigé plusieurs fois Joan Blondell, dans "Havana Widows" (1933), "I've Got Your Number" (1934),  "Dames" (1934), "Traveling Saleslady" (1935),  "We're in the Money" (1935), "Miss Pacific"(1936), ou encore "En liberté provisoire" (1937). La postérité peut reprocher à Enright de ne pas avoir été un auteur, mais si il n'avait pas une mise en scène d'auteur, il a tout de même travaillé avec de grands acteurs et avec Busby Berkeley sur "Dames". On peut donc considérer que Ray Enright a été un grand contributeur à la vie d'Hollywood pendant de longues années, un peu comme Roy Del Ruth. Ainsi, sans être un chef-d'oeuvre absolu du cinéma, "Blondie Johnson" est un film pré-code très intéressant. Le casting comprend outre Joan Blondell, Allen Jenkins, que l'on a vu la même année dans "le bataillon des sans-amour", mais surtout Chester Morris, qui tournera beaucoup mais dont les films sont malheureusement assez introuvables en France avec un sous-titrage.

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Contrairement à d'autres films de cette époque, il y a assez peu de scènes dénudés. On voit un petit peu le décolleté de Joan Blondell. Dans une autre scène, elle porte une tenue un peu transparente, et enfin il y a une scène de baisers sur un fauteuil, et c'est tout. Ceci étant dit, cette scène sur le fauteuil est quasiment intournable un an plus tard quand le code Hays sera en vigueur. En effet, le code refusait les étreintes trop longues et surtout avec deux personnes couchées !

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Ci-dessus : Joan Blondell et Chester Morris

Mais si il y a finalement assez peu d'érotisme, les pires défauts de la société américaine de l'époque sont passés au crible. Cela commence par une première scène d'une rare intensité où on voit notre héroïne, se rendre à l'assistance sociale. Elle voit que personne ne l'écoute parce qu'elle a encore un toit et de la nourriture. Cette seule scène montre la dureté de la crise économique qui frappe encore l'Amérique en 1933. Suite à la mort de sa mère notre héroïne se décide alors à prendre la route du crime pour ne plus jamais avoir faim. Et là, on passe de bars clandestins (speakeasies en anglais), aux sociétés d'assurance bidons noyautées par le milieu du crime, en passant par les rackets, les faux témoignages en procès et finalement au crime. Je ne vous raconterai pas tout le film. Mais je vous dirai seulement, qu'on prend un malin plaisir à voir notre héroïne nager comme un poisson dans l'eau dans un monde d'hommes et d'escrocs sans pitié. "Blondie Johnson" est il un film féministe ? Dans un sens, oui. Car il montre une femme indépendante, qui se décide à vivre que de ses propres ruses. Le film possède quelques scènes très bien filmées comme celle où on voit Joan Blondell, courir et traverser la foule quand elle croit que l'homme qu'elle aime secrètement a été tué. Il y a aussi une autre scène ou des gangsters sont fusillés et là Ray Enright a l'intelligence de montrer seulement une main ensanglantée pour nous faire comprendre ce qu'il s'est passé.

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Ci-dessus : Joan Blondell

A la fin, la morale et l'amour seront saufs. Mais finalement on aura rit, pleuré, et tremblé avec Blondie Johnson, cette incroyable chercheuse d'or d'un genre si particulier. Que demandez de plus au cinéma quand il arrive à nous donner autant d'émotions en moins de 70 minutes ? Merci à la Warner de nous avoir sorti des archives un tel film. Espérons qu'il ne faudra pas attendre 80 ans pour voir d'autres films de cette qualité sortir en France ou avec un sous-titrage français.


La bande-annonce :

Disponible en DVD Zone 2 dans la collection Hollywood pré-code de la Warner, dans les magasins spécialisés ou sur le site de l'éditeur.

 

Note : 7 / 10