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21/12/2016

Disparition de Michèle Morgan

Hier j'apprenais avec émotion, la disparition de notre Michèle Morgan nationale, très grande artiste du cinéma français. Je me souviens d'elle, dans "Quai des brumes" avec Gabin, dans "Fortunat" avec Bourvil, dans "Passage to Marseille" avec Humphrey Bogart, dans " Marie-Antoinette reine de France" ou encore "dans "Maxime" avec Charles Boyer ou encore dans  le miroir à deux faces" avec le même Bourvil, et dans combien d'autres ! Michèle Morgan s'en est allé et c'est un peu de nous même qui nous a quitté. C'est un peu comme cette grand-mère qu'on a toujours aimé et qui n'est plus. Aujourd'hui, je me souviens de ton sourire et de tes yeux. Je me souviens de ton rire et de ta voix. Je me souviens que le temps passe et s'en va comme le sable entre les doigts. Mais je sais que ton souvenir restera encore sur quelques bobines de films et de supports numériques, mais encore et surtout dans la mémoire des cinéphiles. Adieu Michèle. Nous cinéphiles sommes tous un peu en deuil aujourd'hui. Repose en paix. On pense fort à toi, et surtout on continue de t'aimer.

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13/06/2014

Félicie Nanteuil - 1945

Même si ce blog porte essentiellement sur le cinéma américain, on fait parfois de formidables découvertes lorsqu'on s'intéresse au cinéma française. Ainsi, loin d'être une période absente de toute production, le cinéma français survécu pendant l'occupation et mettait en avant une importante production, financée en zone occupée par les capitaux allemands, de la firme Continental créée par Josef Goebbels. L'occupation du territoire décida aussi nombres d'acteurs, et techniciens à passer en zone libre ou à partir vers l'oasis que représentait Hollywood dans un monde en guerre. Pendant la même période, une collaboration voit le jour entre la France de Vichy et l'Italie et de nouvelles compagnies cinématographiques voient le jour, comme Discina, Impéria, Cimex, Invicta. Toutes ces firmes se mettront à produire des films français pendant toute la période de la guerre. Et donc c'est Impéria qui lance en production ce "Félicie de Nanteuil". Le scénario est écrit par Curt Alexander (scénariste de Max Ophüls, mais aussi de Jacques Tourneur) et Charles de Peyret-Chappuis.

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Marc Allégret le réalisateur fait lui appel à son collaborateur, Marcel Achard. Le film repose sur un trio composé de Micheline Presle, Claude Dauphin, et Louis Jourdan. Claude Dauphin on se rappelle de lui aujourd'hui, surtout pour son interprétation de chef de bandes, dans "Casque d'or" (1952) de Jacques Becker. Pourtant il devait tourner 9 films pendant l'occupation. Les prises de vue débutent le 25 avril 1942 au studio de la Victorine à Nice. Pourtant le film ne devait pas avoir une histoire facile en cette période troublée. Ainsi le scénariste Curt Alexander (résistant allemand) devait être fusillé peu après par les Nazis. Et Claude Dauphin devait rejoindre le général De Gaulle à Londres et les Forces Françaises Libres. Les Allemands décident donc d'annuler la sortie du précédent film de Claude Dauphin, "la belle aventure" (avec également Micheline Presle et Louis Jourdan). "Félicie de Nanteuil" subira le même sort, mais sortira finalement après la guerre et aura un énorme succès public, mérité avec plus d'1,8 millions d'entrées. Succès mérité, car le le film passionne tant par son histoire proche de celle du film hollywoodien, "une étoile est née", que par sa forme parfaite où la beauté de Micheline Presle rivalise avec les fantastiques jeux d'ombres et d'éclairages du directeur de la photographie, Louis Page. "Félicie de Nanteuil" a malheureusement ses 12 premières minutes très abîmées. Mais rassurez-vous ! Ensuite, la restauration est parfaite, et rien ne vous empêchera de profiter pleinement de cet étonnant chef-d'oeuvre oublié du cinéma français, découvert récemment à 3,50 € sur Amazon.

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Ci-dessus : Micheline Presle et Louis Jourdan

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Ci-dessus : Micheline Presle et Claude Dauphin

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Ci-dessus : Micheline Presle et Claude Dauphin

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Ci-dessus : Louis Jourdan & Micheline Presle

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Ci-dessus : Micheline Presle et Claude Dauphin

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Ci-dessus : Louis Jourdan et Micheline Presle

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Ci-dessus : Louis Jourdan & Micheline Presle

Film disponible en VF (évidemment) en DVD Zone 2.

Note : 8,5 / 10

27/11/2013

Des pissenlits par la racine - 1964

"Des pissenlits par la racine" est la première collaboration entre Mireille Darc et Georges Lautner. Cette collaboration débouchera sur 13 films, dont "des pissenlits par la racine". Ce film a été tourné par Lautner après "les tontons flingueurs" (1963). Il bénéficie d'un budget moindre par rapport aux "tontons", mais il regroupe tout de même de grands noms du cinéma français de l'époque :  Mireille Darc, Maurice Biraud, Francis Blanche, Michel Serrault, Louis de Funes, et Darry Cowl, Il faut tout de suite, dire un mot sur l'affiche ci-dessous, qui met en avant De Funes, alors que celui-ci a un rôle tout à fait mineur dans le film. Le film commence par quelques vues sur le Paris de 1964. On peut d'ailleurs se demander si en 50 ans, Paris a beaucoup changé. Mais c'est une autre histoire. Puis, l'intrigue commence dans un café, et met en avant un Maurice Biraud (petit truand récemment sorti de prison). Et c'est dans ce café, que l'intrigue va commencer à se mettre en place, et où Lautner et Audiard posent les personnages.

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Ici, comme souvent chez Audiard et Lautner, il nous est décrit le Paris  des petits truands et des escrocs. Et l'intérêt, comme dans "les tontons flingueurs" est de nous montrer les rapports entre le milieu et l'honnête homme, joué par un Michel Serrault, pas si innocent que ça, finalement. D'un sujet au départ sérieux, Lautner et Audiard, nous élèvent vers des sommets de comédie rarement atteints. Rivalité amoureuse, situations improbables, voir impossibles, font de ce film, un classique de la comédie policière française. Les connaisseurs remarqueront que Louis De Funes reprendra un rôle un peu similaire dans "Jo" (1971), cette fois-ci sous la direction de Jean Girault, et qu'Yves Robert développera le thème de la vamp ou de la femme fatale, dans "le grand blond avec une chaussure noire" (1972). Un petit mot sur la partition musicale de Gerorges Delerue, qui nous gratifie d'une sorte de petit concerto. Je n'aurai donc pour ma part, aucun mépris, pour des films comme celui-ci, qui reste comme un classique de la comédie française, des années 60.

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Ci-dessus : Maurice Biraud, Mireille Darc, Louis de Funes

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Ci-dessus : Maurice Biraud, et Mireille Darc

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Ci-dessus : Mireille Darc et Maurice Biraud

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Ci-dessus : Michel Serrault et Mireille Darc

 

Extrait :

 

Intermède musical dans le film :

Note : 7,5 / 10

26/10/2013

La belle et la bête - 1946

Si on ne peut pas retirer quelque chose à Jean Cocteau, c'est bien son courage. Je ne peux pas dire que je suis un fan de son oeuvre littéraire ou cinématographique. Mais même pour les personnes un peu hermétique au grand homme, on reste abasourdi par le courage du réalisateur de "la belle et la bête". En effet cette libre adaptation du conte éponyme, du recueil, "le magasin des enfants" de Madame Leprince de Beaumont datant de 1757, n'avait rien d'une sinécure. Tout d'abord le sujet, était très difficile à mettre en images. Et Cocteau devait multiplier les trucages et les maquillages avec les moyens de l'époque. Enfin on a tous le souvenir d'adaptations cinématographiques désastreuses d'un conte. Ici, ce n'est pas le cas. Tout au contraire, Cocteau magnifie son sujet, mais surtout lui donne un réalisme et une consistance tout en le baignant dans le merveilleux. C'est d'ailleurs ce rapport entre vie réelle et merveilleux qui restent 67 ans après, peut être le plus troublant. Enfin, on sait que Cocteau a été gravement malade sur le tournage et fut dans l'obligation de l'interrompre pendant trois semaines pour se faire hospitaliser. On sent bien à l'image, la souffrance du réalisateur, qui faisait  de son côté, souffrir son acteur Jean Marais avec trois heures de maquillage journalier. Cocteau trouve le moyen de laisser l'image se rapprocher d'une esthétique proche de celle de Gustave Doré, ou d'habiller Josette Day pour la faire ressembler à "la jeune fille à la perle" de Johannes Vermeer. On pourrait peut être reprocher à Cocteau de laisser sa fin en suspens, mais peut on reprocher à un poète de vouloir à toute force faire travailler l'imagination du spectateur ? Non. En ce qui concerne, la version proposée en Bluray et sortie récemment, elle nous propose de redécouvrir cette oeuvre, parcourue par la très belle et énigmatique musique de George Auric, dans des conditions optimales. Alors un seul conseil, ne vous en privez pas !

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Ci--dessus : Josette Day et Jean Marais

Pour aller plus loin :

http://www.alalettre.com/actualite-la-belle-et-la-bete.php

Jean Marais raconte le tournage :

 

La Bande-annonce :

 

Extrait de la musique de la Belle et la Bête par Georges Auric :

 Disponible en DVD et Bluray !

Note : 8,5 / 10

25/07/2013

Bernadette Lafont est morte

Une grande dame du cinéma français est partie aujourd'hui. Je me souviens pas de tous ses rôles, mais je souviens de sa bonne humeur et de son exubérance. Je veux croire que nous partons vers un autre monde, jeune et beau, je me permets donc de mettre ces photos de Bernadette jeune, et belle pour l'éternité.

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26/06/2013

Mayerling - 1936

"Mayerling" est un film d'Anatole Litvak et avec pour vedettes Charles Boyer et Danielle Darrieux. Litvak est un espèce de globe-trotters du cinéma, originaire de Kiev, il commence par assister différents réalisateurs sur des tournages en Russie. L’apprenti réalisateur rejoint Berlin où il tourne quelques films, avant d’être contraint de partir pour Paris. Alors qu’il exerce comme réalisateur à Paris dans les années 1930, le succès de son film Mayerling (1936) lui vaut d’être invité à Hollywood. Il s’expatrie et réalise alors "The Woman I Love" (1937), une version américaine avec Paul Muni d’un de ses films français, "L’Équipag"e (1934). Litvak réalise ensuite "The Sisters" en 1938, une superproduction de la Warner avec Bette Davis et Errol Flynn qui séduit les critiques et le public. En 1940, "All This, and Heaven Too", toujours avec Bette Davis, est nommé aux Oscars. Le reste de sa carrière est plutôt positive, avec quelques succès publics et critiques "Anastasia" (1956).

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Le fim repose quasi essentiellement sur le couple Boyer/Darrieux. Darrieux sera ici le soleil resplendissant, la vie et Boyer la mort et la nuit. De cette frappante opposition les scénaristes (Marcel Achard, Joseph Kessel et Irma von Cube d'après le roman de Claude Anet) créent une chronique amoureuse à la conclusion dramatique, mais toujours marquante. Ainsi, si le film n'atteint pas les sommets d'un autre film de Charles Boyer "Marie Walewska" (1937), et reste comme une ultime répétition de ce dernier, il arrive largement à laisser de belles émotions aux spectateurs. Mais ici c'est bien les ténèbres qui entourent le film tant au niveau de l'esthétique : noirceur de la fête forraine de nuit, noirceur des salles de bal. Dans "Marie Waleswka", Clarence Brown fera le contraire et placera son film sous le signe de la lumière avec des salles de bal tout en blanc.

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Daniele Darrieux est alors âgée de seulement 19 ans. Elle fera sensation. Le film permettra donc à Charles Boyer et Danielle Darrieux, de partir à la conquête d'Hollywood, et à Anatole de Litvak de commencer lui aussi, une carrière à Hollywood. On notera que le personnage de l'Archiduc Rodolphe se suicide dans cette version du film, comme Charles Boyer lui même en 1978, deux jours après la mort de sa femme et 13 ans après le suicide de son fils. Etrange destin filmé, qui donne au film une étrange résonnance. A noter enfin que le drame de Mayerling devait inspirer le cinéma avec en tout 8 versions :

  • Mayerling (1919) ;
  • Mayerling (1936) d'Anatole Litvak, avec Danielle Darrieux et Charles Boyer ;
  • De Mayerling à Sarajevo (1940) de Max Ophüls
  • Le Secret de Mayerling (1948) de Jean Delannoy, avec Jean Marais ;
  • Kronprinz Rudolfs letzte Liebe (Autriche, 1955) de Rudolf Jugert, avec Rudolf Prack, Christiane Hörbiger, Winnie Markus, Lil Dagover, Erik Frey ;
  • Mayerling (1968) de Terence Young, avec Catherine Deneuve et Omar Sharif ;
  • Vices privés, vertus publiques (1975) de Miklós Jancsó, avec Lajos Balázsovits, Pamela Villoresi, Teresa Ann Savoy ;
  • Prince Rodolphe : l'héritier de Sissi (2006) de Robert Dornhelm avec Max von Thun (Rodolphe)et Vittoria Puccini (Mary Vetsera).

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Disponible chez Studio Canal Zone 2 (qualité d'image très moyenne)

Note : 7 / 10

06/02/2013

Les misérables - 1958

La version des "misérables" tournée par Jean-Paul Le Chanois est une version qui fait date et peut être la plus belle adaptation de l'oeuvre de Victor Hugo. Le film a été tourné entre le 1er avril et fin octobre 1957 pour une sortie français en 1958. Le film colle particulièrement bien au roman car ici on a pas hésité à utiliser le merveilleux texte d'Hugo à de nombreuses reprises. Ainsi, autant que de donner de la cohérence au récit, l'utilisation du texte nous permet de nous faire rentrer dans l'oeuvre comme rarement une version nous l'a permis. Ainsi on retrouve bien cette fois-ci tous les personnages ou en tous les cas, les principaux de l'oeuvre, mais aussi les différentes inter-actions entre chacun. La conséquence de ce respect à l'oeuvre originale est une augmentation de la durée du film à plus de 4 heures et donc à un découpage en deux époques et à finalement à une durée globale de 3 heures.

 

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Mais la durée, ne peut être un reproche car tout y est. On rentre dans l'âme des personnages d'Hugo mais aussi dans la vie de la France en 1815. On ressent la défaite de Napoléon dans son coeur comme si on y était. On a la poussière de Waterloo dans la bouche. Mais aussi on sent la desespérance de la jeunesse de l'époque qui rêvait de gloire et qui se retrouve clouée sur un lit de misère. A ce moment là on ne peut s'empêcher de penser à Musset et à ses "confessions d'un enfant du siècle" que je ne peux m'empêcher de citer : "Un sentiment de malaise inexprimable commença donc à fermenter dans tous les cœurs jeunes. Condamnés au repos par les souverains du monde, livrés aux cuistres de toute espèce, à l’oisiveté et à l’ennui, les jeunes gens voyaient se retirer d’eux les vagues écumantes contre lesquelles ils avaient préparé leur bras. Tous ces gladiateurs frottés d’huile se sentaient au fond de l’âme une misère insupportable. Les plus riches se firent libertins ; ceux d’une fortune médiocre prirent un état et se résignèrent soit à la robe, soit à l’épée ; les plus pauvres se jetèrent dans l’enthousiasme à froid, dans les grands mots, dans l’affreuse mer de l’action sans but."

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Ainsi, dans le film, on sent d'ailleurs poindre déjà un conflit de générations entre les adultes âgés et partisan de la restauration et les jeunes voyant déjà briller la légende d'orée de Napoléon. L'insurrection républicaine de juin 1832 est aussi amenée de la plus belle des manières et nous montre des révolutionnaires, mourant sur les barricades le drapeau tricolore à la main pour la liberté. Et oui c'était ça la France d'avant ! On l'a oublié aujourd'hui. On mourait les armes à la main à cette époque, pour la liberté de penser à des lendemains radieux. Le film montre d'ailleurs l'acharnement du combat de rue qui finit par un dernier massacre des survivants qui finissent fusillés. Comme si la liberté ne méritait pas de concession, de demi-mesure, ou même simplement de réddition.

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Ci-dessus : Serge Reggiani dans le rôle d'Enjolras et Jimmy Urbain en Gavroche.

Mais au delà du très bon scénario de Le Chanois et Barjavel, le casting est aussi très bon, on retrouve donc des monstres sacrés du cinéma français : Jean Gabin, Bourvil, Danièle Delorme, Bernard Blier ou donc Serge Reggiani. Bourvil surprend dans un rôle sérieux et dramatique, loin de ses rôles habituels de comique. Le film devait bénéficier de l'aide de studio Est Allemands de la DEFA ce qui lui donna une ampleur plus importante pour le tournage des scènes sur la bataille de Waterloo ou pour les scènes de l'insurrection républicaine. Je finirais en citant la belle musique de Georges Van Parys mais aussi le travail de décorateur de Serge Piménoff qui devait parfaitement reconstituer le quartier du Marais et du Faubourg Saint-Antoine.

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Ci-dessus : Bourvil et Jean Gabin

Le réalisateur Jean-Paul Le Chanois devait dire plus tard : "Je considère ce film sur la générosité humaine comme un achèvement de ma carrière". On peut sans peine le croire.  D'ailleurs le public de l'époque ne devait pas s'y tromper et faire un triomphe à ses "Misérables" avec plus de 9 millions d'entrées.

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Ci-dessus : Danièle Delorme

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Ci-dessus  : Béatrice Alta Riba (Cosette) et Gianni Esposito (Marius)

 

Note : 9 / 10

26/12/2012

Antoine et Antoinette - 1947

Quelques mots sur "Antoine et Antoinette" de Jacques Becker. Ce film n'est pas le plus célèbre de la filmographie de Becker. Mais il a beaucoup de qualités. Les premières quarantaine de minutes du film ne raconte pas grand chose sinon la vie simple d'un couple ouvrier en 1947. Le couple a peu d'argent, mais beaucoup de rêves. Leur vie est simple, sans télévision, et on bricole une vieille radio pour avoir un peu de musique. L'irruption d'un billet de loterie gagnant va donner du mouvement et de l'action au film qui en manquait jusque là. Le génie de Becker est de lier les 2 parties si différentes du film sans que le spectateur y remarque quelque chose.

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Ce film est intéressant car il permet de regarder dans le rétroviseur et voir ce que nous sommes devenus. Il n'est pas sûr que nous soyons plus heureux aujourd'hui avec tout le confort moderne, internet, la télévision, le homecinéma, etc. Le film de Becker peut se résumer en cette phrase : l'argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue. C'est sur cette simple idée que Becker a construit son film. On trouvera peut être une couleur communiste, avec le bourgeois (le patron d'un petit magasin joué par Noël Roquevert) qui semble exploiter sexuellement une employée, et qui veut séduire à tout prix la femme de l'ouvrier ou les employées de grands magasins sous la botte du patron. Mais on ne s'y attarde pas. On regarde une France de 1947, qui semble insouciante et confiante dans le lendemain avec pourtant pas grand chose en poche et beaucoup d'heures de travail. On voit des emplois industriels en France, et des gens qui se parlent dans une société qui semble plus humaine. Quant au film il reste beaucoup moins noir et dramatique que les derniers films de l'oeuvre de Jacques Becker. On a là un Becker optimiste et finalement quand on y réfléchit, ce n'est pas rien.

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Ci-dessus : Roger Pigaut et Claire Mafféi (à noter que cette scène d'un couple dormant dans un même lit était inimaginable à Hollywood en 1947).

 

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Ci-dessus, affiche de cinéma à la sortie du film :


NOTE : 6,5 / 10

09/11/2012

Casque d'or - 1952

Je suis fier de vous présenter aujourd'hui "casque d'or" dans le cadre de sa récente sortie Bluray. Ce film a été tourné il y a 60 ans et reste encore aujourd'hui une pure merveille ! L'histoire qui raconte la vie d'un couple malheureux à la belle époque est particulièrement touchante. Mais cela n'est rien car il faut ajouter l'extraordinaire génie du réalisateur Jacques Becker. Dire qu'il a été bon sur "Casque d'or" serait lui faire insulte. Il n'a pas seulement été bon, il a été extraordinaire. Chaque plan nous fait entrer en plein dans la belle époque sans aucune espèce de doute. Donc grâce au génie de Becker on se ballade littéralement sur la Seine, on va aux guinguettes, on danse avec les acteurs. Mais pas seulement, car on a également tout l'argot de l'époque avec les "Ta gueule !", "Je l'emmerde" etc. Mais le génie de Becker c'est qu'en plus d'être foncièrement réaliste, il magnifie le noir et blanc et ainsi le film doit aussi beaucoup à la photographie de Robert Lefebvre.


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Il y a quelques semaines j'avais fait une note sur "Montparnasse 19" où je parlais déjà du génie de Becker. Mais là, on a avec "Casque d'or" non seulement un très grand film français, mais également un chef d'oeuvre cinématographique absolu. Les Avengers, les Batman et Spiderman peuvent bien déferler par vague sur les écrans français d'aujourd'hui, jamais ils ne pourront retirer une miette au génie féérique de Becker dans "Casque d'or". Car ce dernier a également magnifié chaque acteur et a fait de chacun un personnage à part entière. Ainsi, Simone Signoret et Serge Reggiani en têtes, savent faire passer leurs émotions comme personne. Et le moindre second rôle est aussi au niveau.

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Ci-dessus, la fameuse scène du bal :

Mon maître spirituel, Mr Patrick Brion disait avec la plus grande intelligence : "Quand j'entends dire que l'on va voir un « vieux film », cela m'agace ! Dit-on que l'on va voir de « vieux tableaux » quand on visite le Louvre ou Orsay ? Il est regrettable que le cinéma ne soit pas - ou si peu - enseigné à l'école, alors que les jeunes forment un public particulièrement réceptif et curieux. Le cinéma peut toucher tout le monde, si l'on se donne la peine de montrer aux gens les meilleurs films." Et cela est bien vrai Mr Brion, les films comme ce "Casque d'or", ont traversé les générations et les époques et continueront de les traverser, car la beauté pur et absolu d'un tel chef-d'oeuvre peut toucher chacun d'entre nous. Pour ma part, je suis particulièrement heureux de voir ce type de film ressortir en Bluray et qu'une nouvelle génération (la mienne) et les suivantes puissent les découvrir ou les redécouvrir et bénéficier de la meilleure image pour voir un film impérissable comme celui-ci. Car n'en doutez jamais si "Casque d'or" parle des gens qui vivaient en France en 1900, ils parlent aussi de vous, et de ce que nos aînés nous ont laissé en héritage. Ami qui lit cette note, je te l'assure, vois "Casque d'or", ce film est beau et triste comme un premier amour, magnifique et tragique comme la vie. Et c'est bien pour cela qu'il nous ressemble tellement.

 

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Ci-dessus : Serge Reggiani et Simone Signoret

 

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 Ci-dessus, un génie du cinéma, Mr Jacques Becker :

 

La bande-annonce :

 

NOTE : 9 / 10

15/09/2012

Hommage à Pierre Mondy / Austerlitz -1960

Aujourd'hui j'ai appris avec tristesse et émotion la mort de Pierre Mondy qui était très malade depuis juillet. Malgré tout, le choc est énorme ! Combien cet acteur était talentueux. Il a été souvent cantonné dans des rôles de comédies, comme dans la séries de "la 7ème Compagnie". Mais il savait tout jouer. Et il a tout joué. J'espère qu'on ne l'oubliera pas. Ainsi afin de lui rendre hommage, j'aimerais présenter à votre attention quelques images et quelques extraits de son meilleur film et de son plus grand rôle : Austerlitz.

 

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Le film en forme de fresque cinématographique, tourné par Abel Gance reprend la vie de Napoléon Bonaparte du traité d'Amiens à la victoire d'Austerlitz le 2 décembre 1805. Des moyens colossaux pour l'époque ont été utilisés et le casting est international, avec Leslie Caron, Orson Welles, Martine Carol, Jean Marais etc etc

 

Dans le rôle de Napoléon Bonaparte, Pierre Mondy est particulièrement crédible. Et il est pour moi un des meilleurs dans ce rôle et rejoins Marlon Brando dans la liste des meilleurs interprètes. J'aurais pu vous parler du réalisateur Abel Gance qui avait déjà tourné sur Napoléon en 1927, mais je ne veux que rendre hommage à ce formidable acteur Pierre Mondy qui vient de nous quitter.

 

 

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Quelques extraits du film :

 


Austerlitz d'Abel Gance: Trafalgar !!! par maximumuse


Austerlitz: Après la bataille par MarechalLannes


MERCI Monsieur MONDY pour ce que vous avez donné au cinéma. Dites bonjour à papa au cinéma du Paradis.