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04/08/2017

L'étrange aventurière / I see a dark stranger - 1946

Et si on parlait un peu de cinéma anglais ? En effet, contrairement à ce que disait Truffaut, le Royaume-Uni a apporté une contribution non négligeable à l'art cinématographique. Et j'en ai pour preuve ce film de Frank Launder, "l'étrange aventurière", tourné juste après la guerre en 1946, et qui est encore prétexte à un jeu d'espions originales entre une jeune irlandaise détestant les Anglais et donc des agents nazis. Autant vous le dire tout de suite, l'actrice principale Deborah Kerr crève littéralement l'écran par sa présence. Elle est parfaite dans ce rôle d'ingénue qui aime à se laisser manipuler, et qui arrive à se mettre de part son incrédulité dans des situations totalement impossibles. Formidable actrice, elle laisse déjà paraître avec ici Trevor Howard comme partenaire, une féminité et un talent déjà débordant. Et c'est à ce moment là que l'on doit se souvenir de tous ses films que l'on a vu avec elle. Ainsi, on se rappelle du "colonel Blimp" (1943), du "Narcisse Noir" (1947), de sa carrière hollywoodienne qui passe par l'inévitable "Quo Vadis" (1951), "les mines du roi Salomon" (1951), mais aussi  par "le prisonnier de Zenda" (1952) et "la reine vierge" (1953) avec Stewart Grangers et combien d'autres. Tous ces merveilleux films nous reviennent en mémoire et on se sent honorer de découvrir enfin un nouveau film avec une actrice de cette classe. Surtout que cette histoire de jeune irlandaise nourrie tout sa vie aux thèses indépendantistes irlandaises, et qui se laisse manipuler à son insu mais de son plein gré, a de quoi plaire. En effet, le ton du film n'est jamais moralisateur, mais très souvent avec des touches comiques, se moquant gentiment de l'incrédulité de la jeune femme et laissant les personnages secondaires songeurs, ne pouvant pas croire qu'elle est une espionne ! Mais en est elle vraiment une ? Il faudra voir le film pour le découvrir.

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J'ajouterai que Trevord Howard ici est également parfait, arrivant à passer pour un jeune premier, ce qui n'est pas le plus facile pour lui au regard de son physique assez commun. On se souvient aussi de lui, au moins pour un des premiers chefs-d'oeuvre de David Lean, "Brève rencontre" (1945) avec Celia Johnson et pour en fin de carrière un rôle de révolté dans "les racines du ciel" (1958) avec Errol Flynn. En ce qui concerne, "l'étrange aventurière", on est donc en face d'une oeuvre vraiment attachante où les personnages semblent empreints d'une réalité et d'un flegme tout britannique, en dehors évidemment des nazis toujours assez abjects. Le film sous des dehors de comédie policière, n'en demeure pas moins également un film policier de bon niveau avec des aspects hitchcockiens assumés, tant au niveau de la réalisation que du suspens. A cela, il faut ajouter une admirable photographie de Wilkie Cooper. On se souvient de lui aujourd'hui, pour son travail sur les effets spéciaux avec Ray Harryhausen. Il ne mérite pas moins des éloges pour son travail sur la photographie de cette "étrange aventurière". Deborah Kerr lui doit beaucoup et le film également, qui bénéficia d'un beau succès critique mais également en salle. Il inaugurait à sa manière, un genre de film d'espionnage anglais, dont le "troisième homme" devait être en 1949 le point culminant.

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Ci-dessus : Trevor Howard & Deborah Kerr

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Ci-dessus : Deborah Kerr

Disponible en VO sous-titrée français, chez Elephant films en DVD à l'unité ou dans un coffret films de guerre, dans une qualité acceptable, mais avec un master non exempt de rayures et qui mériterait sans aucun doute une restauration, ne serait ce que pour l'importance de cette oeuvre.

Note : 7,5 / 10

10/02/2013

Atlantique latitude 41° / A night to Remember - 1958

"A night to remember" ou dans son titre français "Atlantique, latitude 41°" est un film portant également sur le drame du Titanic. Il a été tourné 5 ans après la version hollywoodienne, commentée dans ma note précédente. C'est un film anglais, produit par The Rank Organization. Le film est une adaptation par Eric Ambler, du livre "la nuit du Titanic", de l'historien Walter Lord, écrit en 1955. Le producteur William MacQuitty avait vécu la construction du Titanic et son lancement alors qu'il n'avait que 6 ans. Ce tournage et cette mise en production est donc bien un peu l'oeuvre de sa vie.  Dans ces conditions et comme vous pouvez l'imaginer, la principale qualité du film est de décrire parfaitement les évènements de cette nuit fatidique. Ainsi le film fait souvent penser à un film de guerre, le commandement et l'équipage du navire semble en guerre contre les éléments (l'eau, le temps), mais aussi l'intertie, l'indifférence ou encore la possible panique des passagers. Le film étant d'origine anglaise, on trouve toute une pléïade d'acteurs britanniques avec en tête Kenneth More qui interprète le rôle de l'officier en second sur le Titanic. Il sera le fil rouge de l'histoire. On le voit donc au début avec sa femme, puis sur la passerelle, avec les passagers, ou organisant la mise à l'eau des chaloupes. Il est donc présent dans de très nombreuses scènes. On retrouve aussi, Honor Blackman. Mais si vous savez la jolie blonde de "Goldfinger".

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Le film est réalisé de façon très classique par Roy Ward Baker et manque parfois d'émotion, voir de mouvements. En effet, à vouloir trop s'attacher aux évènements le film finit par perdre de son humanité et devient presque rigide dans sa réalisation. Néanmoins tout est là : le commandant, le constructeur du Titanic (Mr Andrew), le représentant lâche de la White Star, les passagers de troisième classe, le grand salon et son escalier. On sait qu'aujourd'hui James Cameron adorait ce film et devait s'en inspirer largement. Ainsi, on retrouvera dans son "Titanic" le plan, où Andrew regarde les murs du grand salon exploser sous la pression de l'eau et donc la plupart des personnages principaux. Mais Cameron transformera totalement l'essai que représente ce film, en magnifiant encore la mise en scène et en donnant une vie et une histoire à des personnages qui ici pour la plupart n'en possèdent pas.

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Ci-dessus : Anthony Bushell à gauche, et Kenneth More dans  "A Night to Remember,"

Pour finir, noter que le film Bluray zone B bénéficie d'une superbe qualité d'image, rarement vu pour un film noir et blanc de cette époque. On peut supposer que c'est le master Criterion qui est utilisé.

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Ci-dessus : Honor Blackman dans "A night to Remember"

Note : 7,5 / 10