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05/06/2016

3000 dollars mort ou vif / Four Faces West - 1948

"3000 dollars mort ou vif" est un western assez atypique et différent de la production courante des années 40. En effet, si il nous propose une chasse à l'homme, il ne nous propose aucun indien et surtout aucun coup de feu. De plus, il n'y a pas de méchant, car aucun spectateur ne pourrait croire que Joel McCrea est un desperado. Il y a donc cette histoire de poursuite d'un voleur de banque au grand coeur. Mais si le film intéresse par ses péripéties, sa réalisation quasiment toujours en extérieur, sa belle musique et son honorable photographie, on reste un peu sur sa faim au niveau du scénario. De plus, si Frances Dee est parfois émouvante, elle paraît un peu froide avec Joel McCrea, son mari à la ville. Il est vrai que le personnage trouble de Joseph Calleia, est assez intéressant, mais certains seconds rôles sont plutôt proche de la figuration sans aucune épaisseur. Alors, l'impression reste que ce débordement de très bons sentiments ne fait pas un grand film. Enfin le scénario qui n'explicite jamais, les motivations profondes du héros pêche par un manque d'éclaircissement. On ne connaît jamais les motivations des uns ou des autres, ce qui n'apporte rien à l'intérêt que le spectateur peut avoir pour l'oeuvre. "3000 dollars mort ou vif" est donc un honnête divertissement, bien réalisé, et bien joué par les acteurs principaux, mais dont le scénario aurait sans aucun doute mérité, un meilleur travail d'écriture, au moins sur la description de la psychologie des personnages.

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Ci-dessus : Frances Dee & Joel McCrea

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Ci-dessus : Frances Dee

Disponible chez Sidonis en DVD Zone 2 VO sous-titrée français

 

Note : 6 / 10

16/05/2016

Crime Passionnel / Fallen Angel - 1945

On parcourt sa vidéothèque et parfois on retrouve parfois, des films aujourd'hui malheureusement invisibles dans le commerce. Je dois avouer que j'ai été quelque peu désarçonné par "crime passionnel" d'Otto Preminger. En effet, le film bénéficiait d'un formidable casting avec Dana Andrews, Linda Darnell et Alice Faye. De plus avec un Otto Preminger à la réalisation et Joseph LaShelle à la photographie, on pouvait s'attendre à un très grand film noir. Or si "Crime Passionnel" est un bon film noir, il est très loin d'être un grand film noir. Ainsi, le scénario multiplie peut être un peu trop les ellipses. De plus, si la femme fatale semble bien présente en la personne de Linda Darnell. On ne sait qui est bien la victime pendant plus de la moitié du métrage. Et c'est dans le dernier tiers du film, que l'action se met finalement en place, pour un dénouement loin d'être évident, laissant planer un doute sur la suite de la relation du couple Dana Andrews / Alice Faye. Ce refus d'un "Happy-end" ou d'une fin dramatique, laisse planer un doute sur le ton de l'ensemble du film.  Mais le film a évidemment de très nombreuses qualités. On peut tout d'abord, comme je l'ai dit le casting, la photographie de Joseph Lashelle, la réalisaiton de Preminger, le sex-appeal de Linda Darnell. Il n'en reste pas moins que je suis resté un peu sur ma faim. On aurait aimé plus d'interactions entre Dana Andrews et Linda Darnell ou alors sans doute une intrigue policière menée différemment et plus tôt dans le film. "Fallen Angel" reste malgré tout un très bon film, mais qui reste loin derrière le chef-d'oeuvre absolu de Preminger : "Laura" (1944) avec Gene Tierney, et là aussi Dana Andrews.

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Ci-dessus : Linda Darnell (dans Crime Passionnel)

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Ci-dessus : Dana Andrews & Linda Darnell

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Ci-dessus : Dana Andrews & Linda Darnell

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Film sans version française ni sous-titrage en DVD et non sorti en Bluray

Note : 7 / 10

28/12/2013

La femme sur la plage / The Woman on the Beach - 1947

"Pour la Femme sur la Plage, il y avait un roman, publié et vaguement lu, et c’est ce qui a décidé la RKO à me confier la réalisation d’une pauvre intrigue. J’ai accepté, je ne sais pas pourquoi, sans doute pour payer mes taxes, et ça a ajouté quelques kilomètres de plus à la ponte annuelle de notre bonne ville (…) Je viens de passer quatre mois d’abrutissement absolu à monter et à redémonter mon dernier film." C'est en ces termes peu élogieux pour son propre travail que Renoir parlait de "la femme sur la plage". Aujourd'hui 66 ans après sa création doit on être aussi dur que Renoir sur son film ? Qu'en est il vraiment ? Les critiques ont elles eu raison de renier ce dernier film de Renoir ? Hollywood classic a vu aussi ce film et vous donnera son opinion. Le film tourne autour du trio, Joan Bennett, Robert Ryan et Charles Bickford. Charles Bickford c'est évidemment le propriétaire violent de "duel au soleil" avec Gregory Peck.

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Tout d'abord, je pense qu'il faut prendre le film tel qu'il est sans le comparer à d'autres films de la période américaine de Renoir : "L’étang tragique", "Vivre Libre", "L’homme du sud", "Le journal d’une femme de chambre". Ceci étant dit, ces films n'étaient pas exempts de défauts. Ainsi, "Vivre Libre" censé se passer en France occupée, laissait apparaître des enseignes de magasins en anglais. Ce n'était pour le moins, pas très crédible. Pour "la femme sur la plage" le premier vrai défaut est qu'on ne sait pas bien si c'est un film noir ou un mélodrame. Le film ne semble pas vouloir choisir et jusqu'à la fin, on ne se demande si c'est un mélodrame que l'on regarde ou un film noir. Enfin le scénario n'est pas très clair. En effet, un garde de côté (Robert Ryan) traumatisé par un naufrage, se prend d'affection pour une jeune femme marié (Joan Bennett) à un aveugle violent et possessif (Charles Bickford). Ce que l'on peut reprocher au film, c'est évidemment d'être finalement assez superfitiel dans sa caractérisation des personnages. On sent bien que Renoir n'a pas osé ou a été gêné en voulant mettre à l'écran une forme de relation sadomasochiste, où le mari a perdu un oeil de la faute de sa femme, et où suite à cela, la femme est devenue l'esclave ménagère de l'homme, et on suppose sexuel également.

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Ci-dessus : Joan Bennett, Charles Bickford et Robert Ryan

Voilà ce qu'en disait François Truffaut : Ce que j'aime dans "la femme sur la plage", c'est qu'on y regarde deux films en même temps. Dans le dialogue, on ne parle jamais d'amour, les personnages échangent des propos courtois, polis. L'essentiel n'est donc pas dans le dialogue qu'ils prononcent mais dans les regards qu'ils échangent, et qui expriment des choses troubles, secrètes et pourtant très précises. Le cinéma n'est jamais autant lui-même que lorsqu'il parvient, en utilisant le dialogue comme une musique de contrepoint, à nous faire entrer dans les pensées des personnages. C'est sous cet angle que je vous invite à regarder les trois prodigieux acteurs de "la femme sur la plage", Joan Bennett, Robert Ryan, Charles Bickford, regardez-les comme des animaux, comme des bêtes farouches qui déambulent dans la jungle crépusculaire de la sexualité refoulée." Ainsi, même si Truffaut se plaignait de la non caractérisation des dialogues. Certains dialogues ne prêtent pas à confusion et laisse comprendre une servilité totale de la femme pour son mari aveugle. Hanns Eisler, compositeur aujourd'hui oublié, nous gratifie ici d'une intéressante musique, qui mérite notre attention.

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Ci-dessus : Joan Bennett et Robert Ryan

"La femme sur la plage" n'est donc pas du tout un mauvais film. C'est même un film plutôt surprenant, qui évoque à mots couverts, des thèmes que l'on osait pas évoquer en 1947. L'adultère n'est plus ici, un crime, mais une libération. L'héroïne semble aimer et détester tout à la fois son mari, dans un jeu pervers assez malsain, dont la valeur de ses peintures reste un des noeuds de l'attachement qu'elle a encore pour son mari. Il y a une grande modernité dans tout ça, qui semble avoir désarçonné son auteur lui même, ainsi que le public de l'époque. "La femme sur la plage" n'en reste pas moins un très bon film, qui mérite d'être tiré de l'oubli. On regrettera seulement un scénario, qui finalement ne va pas au fond des choses, et qui reste assez superficiel.

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Ci-dessus : Joan Bennett

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Ci-dessus : Nan Leslie

Disponible aux éditions Montparnasse (DVD zone 2 VO sous-titrée)

Note : 6,5 / 10

04/05/2013

Les démons de la liberté / Brute Force - 1947

"Les démons de la liberté" est un film de Jules Dassin tourné en 1947, avec comme star principale, Burt Lancaster. Hume Cronyn trouve là quant à lui peut être un des ses meilleurs rôles. Habitué aux seconds rôles, Hum Cronyn a joué dans "le facteur sonne toujours 2 fois" (1946) où il a interprêté un avocat toujours à la limite de la légalité. On retrouve également Hum Cronyn, dans "la septième croix" (1944) avec Spencer Tracy, il faisait le citoyen allemand qui était molesté par le régime nazi. Le film nous raconte l'histoire de la naissance d'une évasion d'un pénitencier d'état qui va mal tourner et finir en explosion généralisée. Cette idée d'évasion va naître de l'enfermement, la promiscuité, mais aussi de l'opposition entre le surveillant en chef joué par Cronyn et les détenus. Le personnage joué par Burt Lancaster ou même par Hume Cronyn n'apparaissent pas au début du film comme des personnages principaux. Et Dassin nous montre ici avec un talent inimaginable que l'antipathie des deux personnages va évoluer pour déboucher finalement en une lutte à mort.

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Dassin et le scénariste Richard Brooks ont ici en plus l'intelligence prodigieuse d'insérer des flashbacks successifs. Ainsi, ces flashbacks au lieu de compliquer l'histoire ou de la ralentir vont expliquer très souvent quelle est l'histoire des prisonniers. De plus ils sont introduits de la plus intelligente des manières, par la discussion le soir entre prisonniers. Et de quoi peuvent bien parler les prisonniers le soir ? Ils parlent des femmes qu'ils ont connu. Ainsi, Dassin introduit des personnages féminins dans un film de prison, genre (comme dans le film de guerreà où il y en a généralement assez peu. Cela nous permet donc d'apprécier Ann Blyth, Ella Raines, mais aussi Yvonne de Carlo et Anita Colby. Le film n'est donc jamais linéaire ou ennuyeux. Ces flashbacks donnent également une respiration et une structure à l'oeuvre et caractérisent les prisonniers et n'en font plus des inconnus pour le spectateur. Ses flashbacks donnent enfin, une humanité à chaque détenu, les montrant n'ont comme des prisonniers, mais comme des êtres humains capables d'aimer ou de bonté si on leur donne leur chance. On pourrait aussi parler longuement de l'extrème sophistication de ces flashbacks à l'extrème inverse des scènes dans l'égout.

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Le personnage du gardien chef joué par Cronyn est le plus intéressant. En effet, symbole de la violence et de la perversité, il devient à la fin du film, symbole de la barbarie nazie. Et là on peut dire que Brooks et Dassin clouent le spectateur en disant que le nazisme il n'était pas seulement en Allemagne, mais aussi dans les prisons américaines. Le nazisme devient donc sociétale et non pas la seule tarre du peuple allemand. On pourrait dire qu'il devient une espèce de perversité de l'Homme. Ainsi, plusieurs indices sont donnés aux spectateurs pour que celui-ci arrive à cette conclusion. On voit Cronyn écouter du Wagner avant de se mettre à frapper un prisonnier. Son discours glorifie les plus forts contre les plus faibles. Enfin, un ancien soldat explique les tactiques utilisées contre les nazis pendant la guerre. A ce moment du film, on comprend que le film fait l'effet d'une bombe. Et si l'impitoyable cruauté sociale des détenus est mise en avant. Elle n'atteint jamais là, la perversité carcérale mise en place par les gardiens.

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Dassin arrive avec ses flashbacks et avec sa dénonciation de la cruauté universelle et institutionalisée de la détention à faire du spectateur une conscience des détenus et à finalement nous faire prendre fait et cause pour eux. L'intelligence scénaristique est prodigieuse et on voit quand même la différence avec des séries récentes comme par exemple "Prison Break" à la qualité inégale. Là l'oeuvre de Dassin est parfaite, sans apérités ou défauts quelconques et magnifiée par la musique ample et généreuse de Miklos Rozsa. "Les démons de la liberté" est donc une oeuvre majeure de Dassin du même niveau que "les forbans de la nuit" qu'il tournera 3 ans plus tard. Enfin, ce film a son utilité car il réveille notre conscience, en nous faisant réfléchir sur le régime pénitencier américain où on peut emprisonner sans juger ou maintenir à l'isolement pendant 41 ans un être humain sans preuves suffisantes. Un film indispensable.

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Ci-dessus : Whit Bissell et Ella Raines

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Ci-dessus : Hume Cronyn dans ses oeuvres ...

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Ci-dessus : Burt Lancaster et les flashbacks féminins des "démons de la liberté".


Bande-annonce :

 

Extraits de la musique :


Film disponible chez Universal en DVD Zone 2

Note : 9,5 / 10