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27/02/2016

Banana Split / The Gang's All Here - 1943

"Banana Split" ou dans son titre original "The Gang's All Here" est le type de production capable de faire oublier l'horreur du monde. C'était déjà le cas, en 1943 et c'est encore le cas aujourd'hui. En effet, on trouve à la manoeuvre l'incroyable et génial réalisateur/chorégraphe, Busby Berkeley dans son premier film en couleur. On se rappelle que Busby Berkeley a commencé sa carrière à la Warner où il alors participé en tant que chorégraphe ou réalisateur, à certaines des plus marquantes comédies musicales des années 30. Ainsi parmi, ces comédies restées célèbres et qui ont fait de la comédie musicale, un genre à part entière, on peut citer : "Prologue" (1933), "Dames" (1934), "Wonder Bar" (1934) ou encore "Chercheuses d'or 1935", et "Chercheuses d'or 1937". Ici pour Banana Split, on retrouve Busby Berkeley au top de sa forme. Et on peut dire qu'il dépoussière la comédie musicale à la sauce Twentieth Century Fox. Ainsi, si on peut mettre au crédit du film, le Technicolor, le choix des couleurs, mais aussi les décors, la chorégraphie de Berkeley est incroyablement novatrice pour l'époque, utilisant, les images pour en faire un kaléidoscope de couleurs jamais vu jusque là, où la femme est le centre de tout. D'ailleurs, l'image recevra une nomination aux Oscars dans la catégorie Direction artistique (couleur), et c'est amplement mérité.

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Berkeley a 25 ans d'avance sur tout le monde. Le film dans une ambiance Brésil, bouscule nos idées préconçues sur le Hollywood de 1943. En effet, les filles sont toujours peu vêtues, mais les bananes semblent être dans l'esprit de Berkeley, l'objet phallique par excellence, bien tenu en main par des girls qui ont tendance à en rire. Qui pourrait croire que les USA sont au moment du tournage, en pleine guerre. C'est peut être à ça que l'on reconnaît les grands peuples, capables de rire en pleine guerre dans un spectacle récréatif au maximum. Donc le spectacle est très divertissant, et on se demande ce que la commission de censure a bien pu interdire. L'artiste Berkeley semble encore au top de sa forme et en presque totale liberté, donnant des mouvements fous à sa caméra. C'est une des grandes qualités du film, alors que la Twentieth Century Fox, produisait souvent à l'époque des comédies musicales très statiques. Là Berkeley, donne un mouvement permanent à la caméra, qui sort le film des sentiers battus de la comédie musicale. Aidé par une équipe du tonnerre, avec en tête une Carmen Miranda survitaminée, on retrouve effectivement toute la bande, en la personne d'Alice Faye, Edward Everett Horton et Eugene Paillette. Edward Norton surjoue à ravir et comme d'habitude utilise son comique absurde. Charlotte Greenwood, qui a joué avec Buster Keaton au début des années trente, est également présente. En plus des innombrables Girls présentes, on est bien obligé de citer la très jolie Sheila Ryan. Mais on retrouve ainsi un certain Phil Baker et l'inoubliable Benny Goodman et tout son orchestre. Alors que manque t'il à "Banana Split" ? Il manque avant tout une grande vedette masculine. James Ellison n'est pas transparent, mais pas loin, et ne sait prendre aucune scène à son avantage et joue systématiquement en retrait un rôle au mieux de faire-valoir, alors qu'un Gene Kelly aurait sans doute enlevé le tout. Mais on n'en tiendra pas rigueur au film, qui nous fait oublier que rien n'existe pendant 103 minutes. C'est déjà beaucoup. Oui toute la bande est là et bien là pour le plus grand plaisir du spectateur.

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Ci-dessus : La fameuse scène avec les bananes qui a du rendre fou le comité de censure

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Ci-dessus : Alice Faye et James Ellison

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Ci-dessus : Carmen Miranda

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Ci-dessus : Alice Faye, Phil Baker et Carmen Miranda

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Ci-dessus : la bande au complet

Extrait :

 Film disponible en France en DVD en Version Originale sous-titrée français.

 

Note : 7,5 / 10

24/03/2014

Pour moi et ma mie / For me and my Gal - 1942

Aujourd'hui quelques mots pour vous présenter un film merveilleux et qui me tient particulièrement à coeur : "For me and my Gal" ou en français "Pour moi et ma mie". Ce film a été réalisé en 1942, par Busby Berkeley et évoque la période du Musical avant et pendant la première guerre mondiale. La guerre est donc assez présente et même si il s'agit de la guerre de 14, le public de l'époque ne pouvait ignorer qu'il s'agissait d'évoquer le second conflit mondial. Une demande d'achat de bons de la défense est d'ailleurs mis en avant dans plusieurs scènes et après le titre final.

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Busby Berkeley était en quelque sorte un vétéran de la comédie musicale hollywoodienne des années 30, resté célèbre pour ses fameuses chorégraphies géométriques utilisant les formes féminines (voir photo ci-dessous) dans des films comme "42nd Street", "Footlight Parade", "Gold Diggers" (1933) et Fashions" 1934.

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"For me and my Gal", présentait en vedettes principales Judy Garland et George Murphy. Mais c'est bien évidemment, Gene Kelly qui va voler la vedette à Murphy. Or c'est seulement le premier film de Gene Kelly. Il avait signé un contrat avec avec David O. Selznick et attendait qu'on lui offre un rôle. Finalement cela devait être la MGM qui devait lui donner sa chance. Et malgré que "For me and my gal" soit le premier film de Gene Kelly, on retrouve dans ce film toute la joie, l'enthousiasme et le talent que Gene Kelly déploiera pendant tant d'années à la MGM. Gene Kelly eut beaucoup de chance de travailler avec Judy Garland pour son premier rôle. En effet, elle lui donna beaucoup de conseils, en particulier sur le comportement à avoir avec le réalisateur Busby Berkeley qu'elle ne supportait pas. Garland devait d'ailleurs obtenir le renvoi de Berkeley, l'année suivante sur le tournage de "Girl Crazy". En tous les cas, aucune tension est visible à l'écran et c'est un pur bonheur de voir la première apparition du couple Garland/Kelly. On les retrouvera plus tard sur 2 autres films : "le pirate" (1948) et "la jolie fermière" (1950). C'est Stella Adler qui aurait suggérée au producteur Athur Freed, la mise en avant de Gene Kelly pour "For me and my gal". Le film terminé, les premières séances de tests rendirent le public assez déçu concernant la fin initiale. Louis B. Mayer exigea donc que l'on donne plus de scènes dramatiques à Kelly et enclencha  un tournage additionnel de 3 semaines. Finalement, le film obtint un gros succès public se hissant tout en haut des grands succès cinématographiques de l'année 1942. Je profiterais de cette note pour rendre le plus vibrant hommage à Gene Kelly et à Judy Garland, deux étoiles éternelles de la comédie musicale et dont l'obsession était de donner joie et bonheur au public. Je finirais enfin, pour rappeler que Roger Edens devait obtenir une nomination aux Oscars pour la meilleure adaptation musicale.

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Ci-dessus : Gene Kelly et Judy Garland

 

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Ci-dessus : Judy Garland et George Murphy

 

Ci-dessous extrait du plus célèbre numéro du film :

 

 

Une scène sympathique entre Judy Garland et George Murphy :

NOTE : 8,5 / 10

13/08/2013

Varsity Show - 1937

"Varsity Show" est un film un peu fou. Ainsi, cela commence avec son titre qui aurait du être "Variety Show" reprenant le nom du journal de spectacles célèbres. Mais suite à un accident bénin sur le quai d'une gare, le titre du show est changé dans le film et donc le titre du film aussi. Je ne sais pas si je m'exprime bien. Mais vous l'aurez compris, "Varsity Show" est assez surprenant, mais aussi drôle. Ainsi, le scénario se déroule dans une université américaine, où les étudiants se désespèrent devant le pauvre spectacle de fin d'année qu'ils vont produire. Ils décident donc d'engager Dick Powell (ancien étudiant) comme metteur en scène. Les gags vont alors se multiplier jusqu'à l'ultime gag final, qui est vraiment énorme et qui m'a fait littéralement pleurer de rire.

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William Keighley est ici est à la réalisation, mais ce sont évidemment les scènes chorégraphiées par Busby Berkeley qui attirent encore l'attention. Le film n'est pas meilleur qu'un autre, mais il réalise réellement son objectif de distraction du spectateur, en alternant les gags et les numéros musicaux. On notera en plus de Dick Powell, éternel chanteur de charme, un formidable danseur noir : John W. Bubbles, On dit sur wikipédia qu'il enseigna les claquettes à Fred Astaire. C'est tout dire. Il forme donc un duo particulièrement intéressant avec Ford Washington Lee. Mais ils sont montrés ici comme des balayeurs et font leur entrée sous ce costume. Mais les noirs avaient ils d'autres emplois en 1937, ne serait ce que dans l'esprit du public américain de cette époque ? Quoiqu'il en soit, nos deux amis se rattraperont plus tard dans un beau numéro en costume et haut de forme cette fois. Pour le reste du casting on retrouve les soeurs Priscilla Lane et Rosemary Lane, mais aussi Ted Healy présents tous les trois, la même année dans "Hollywood hotel" également avec Dick Powell. J'avoue n'avoir pas eu le courage de mettre une mauvaise note à ce petit film, vu le plaisir qu'il m'a donné à le regarder. 76 ans après sa création, il reste un fantastique anti-dépresseur et il devrait être recommandé par la faculté de médecine.

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Ci-dessus : Priscilia Lane

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Ci-dessus : John W. Bubbles et Ford Washington Lee

 

Extrait :

 

Bande annonce :

 

Note : 7,5 / 10

24/07/2013

Hollywood Hotel - 1937

"Hollywood Hotel" n'est pas le film le plus connu de Busby Berkeley, mais il reste comme l'un des plus sympathiques. Ainsi, si en 1937 le film musical est quelque peu en perte de vitesse, "Hollywood Hotel" n'en a que faire et nous propose le traditionnel cocktail d'humour, d'amour et de musique qui a fait le succès de ce type de production. Le film commence par le départ à Hollywood d'un jeune musicien et chanteur, interprêté par Dick Powell. Ce départ est le prétexte pour initier une première scène musicale dès l'ouverture, comme Berkeley l'avait déjà fait par exemple dans "Chercheuses d'or 1933". Et il faut bien reconnaître que la chanson "Hooray for Hollywood' est toute aussi entrainante que le fameux "Gold diggers" de 1933. Elle devait d'ailleurs rester un des hymnes d'Hollywood et traverser les âges à travers différentes reprises. On y voit le chef d'orchestre Bennie Goodman debout sur une voiture, et petit à petit on se rend compte qu'il y a un ballet de voitures qui fonce vers l'aéroport avec des avertissements pour les grandes vedettes, car une nouvelle star débarque : le jeune Ronnie Bowers (Dick Powell). Le ton est donné. Et malgré les aventures et les déboires du jeune héros, la joie, l'humour et l'amour irriguent tout le film. La critique d'Hollywood n'est jamais acide ou dramatique comme dans d'autres films au ton autrement sérieux. Ici Hollywood est vu comme un immense parc d'attraction.

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Pour le reste du casting, on retrouve les soeurs Rosermay et Lola Lane, mais aussi Hugh Herbert dans des numéros d'humour assez incroyables, avec un sketch qui moque les films pro-sudistes de l'époque et du sort réservé aux noirs dans ces films. Mais on y découvre aussi Ronald Reagan dans son deuxième film en présentateur de radio devant un cinéma ou encore Glenda Farrell et enfin Louella Parsons la célèbre chroniqueuse d'Hollywood qui joue son propre rôle. Et si Il  y a de nombreux numéros musicaux avec des orchestres de Jazz de l'époque, avec ainsi Benny Goodman et Raymond Paige, de la moquerie pour les actrices et acteurs qui prennent la grosse tête, il y a aussi dans "Hollywood Hotel" énormément d'idées qui seront plus tard reprises dans "Chantons sous la pluie" (1952). Ainsi, on retrouve le présentateur radio devant le cinéma, mais aussi la voix du chanteur utilisé pour un acteur stupide ne sachant pas chanter. On passe donc de scènes glamour à des sketchs ou des numéros musicaux, pour enfin une dernière reprise de "Hooray for Hollywood" et comme pour les autres films de Berkeley, on sent bien que ce dernier a ici posé les bases de l'entertainment et du musical, qui sont reprises avec le succès que l'on connaît par la MGM quelques années plus tard. Allez votre réservation vous attend à l'Hollywood Hotel !

 

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Ci-dessus : Lola Lane

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 Ci-dessus : Rosemary Lane

La chanson Hollywood Hotel et autres :

 Disponible sur le volume 2 des films consacrés à Busby Berkeley (zone 1). A noter que le film possède des sous-titres français et anglais.

Note : 7 / 10

23/02/2013

Chercheuses d'or de 1935 / Gold Diggers of 1935 - 1935

"Gold Diggers of 1935" est bien évidemment une suite à "Chercheuses d'or de 1933". La version de 1933 ayant rapportée énormément d'argent à la Warner, cette dernière tenta de faire de cette nouvelle édition un autre grand succès. Au niveau du casting, on retrouve bien évidemment notre éternel Dick Powell, mais également Hugh Herbert qui étaient déjà présents sur "Dames". Par contre, au vu du peu de temps de danse qu'on lui accordait à la Warner, Ginger Rogers a disparu et danse maintenant pour la RKO et forme, un couple déjà mythique avec Fred Astaire. Plus grave, Ruby Keeler et Joan Blondell ne sont pas non plus présentes. On doit donc se contenter de Gloria Stuart, grande et belle actrice mais qui n'est ni chanteuse, ni danseuse. Heureusement Wini Shaw, et Dorothy Dare pousseront la chansonnette avec Dick Powell, et le chorus sera là pour danser et chanter en choeur. Il faut savoir également que ce film est le premier film de Busby Berkeley en tant que réalisateur. Auparavant Berkeley avait avec lui des gens comme Lloyd Bacon, ou Mervyn LeRoy pour la version de 1933. Ici il est enfin seul maître à bord pour la réalisation et la chorégraphie. A la musique et aux paroles on retrouve le formidable et inoubliable duo, Harry Warren & Al Dubin présents sur énormément de films de Berkeley et comédie musicales de l'époque.

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Par rapport à "Dames" tourné un an plus tôt, on peut constater que le scénario de comédie est beaucoup mieux construit. On s'ennuie donc beaucoup moins. En effet, une richissime et avare veuve (Alice Brady) se décide à monter un spectacle de charité pendant ses vacances dans un hotel de luxe. Pour cela elle se fait arponner par un metteur en scène russe à moitié fou (Adolphe Menjou) et son costumier dépensier. Mais notre richissime dame venue avec son grand fils (Frank McHugh) et sa grande fille (Gloria Stuart) aura également du mal à contrôler la volonté d'indépendance de ses enfants. Les stratagèmes les plus fous vont donc se monter pour faire payer la riche veuve et le stupide fiancé de sa fille. Derrière, ce scénario plaisant digne d'un film des Marx Brothers, on retrouve bien entendu le talent de chanteur de Dick Powell et l'immense et incroyable Show final de plus de 30 minutes qui clos le film.

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Ci-dessus : Dick Powell et Gloria Stuart

Le meilleur numéro reste "Lullaby of Broadway" qui est un véritable rêve éveillé. Le "come and dance" de ce numéro rappelle d'ailleurs le "Get a dance" de "Chantons sous la pluie" avec Gene Kelly. Certaines critiques, dirent que les bras faiblement tendus et tous ces gens courant dans la même direction faisaient penser au fascisme. Il n'en est bien évidemment rien. Et ce serait faire un faux procès à ce film, qui n'est qu'un pur divertissement hollywoodien.

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En résumé, on se retrouve donc avec une sympathique comédie musicale, avec malgré tout un déficit de stars féminines, mais avec un scénario bien mieux construit que dans "Dames" tourné un an plus tôt, et un Busby Berkeley toujours aussi inspiré à la réalisation et qui n'hésite pas à braver la censure en montrant les belles jambes et les belles courbes de ces demoiselles. Je finirai ici cet article en disant qu'Alice Brady devait disparaître en 1939 suite à un cancer à 47 ans et que Gloria Stuart devait rester dans la mémoire du public non pas pour son importante carrière dans les années 30, mais bien pour son rôle de Rose dans Titanic de James Cameron. L'histoire est parfois étrange, si ce n'est injuste. Quoiqu'il en soit, on passe donc un très bon moment, même le film n'atteint jamais le niveau d'autres films de Busby Berkeley comme "42ème Rue" ou tout simplement comme son aîné "Chercheuses d'or de 1933".


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Ci-dessus : Gloria Stuart, Alice Brady assise, et Franck McHugh

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Ci-dessus : Dick Powell, Adophe Menjou, et
Wini Shaw

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Ci-dessus, l'auteur et le compositeur, Harry Warren assis au piano et Al Dubin debout :


Extrait du numéro Lullaby of Broadway :



Citation du film : "Listen to the Lullaby of old Broadway !"


Note : 6,5 / 10


Disponible en DVD Zone 1 dans le 1er coffret consacré à Busby Berkeley. A noter que chaque coffret comprend des bonus expliquant l'oeuvre de ce génial chorégraphe. Malheureusement pour les non anglophones les bonus ne possèdent aucun sous-titres.

27/01/2013

Dames - 1934

Je fais une petite pause dans notre cycle sur le fantastique et le rêve dans le cinéma américain pour vous parler aujourd'hui du film "Dames" tourné entre le 28 mars 1934 et le 3 juillet 1934 par Ray Enright. Ceci dit, "Dames" peut être mis sans problème dans la catégorie des films qui font rêver. On retrouve à la chorégraphie bien évidemment Busby Berkeley. Les vedettes principales sont Joan Blondell, Dick Powell, et Ruby Keeler. C'est bien évidemment le trio à succès de Footlight Parade (1933) ou de chercheuses d'or (1933) qui est remis à l'affiche. Dans les seconds rôles on retrouve également Guy Kibbee présent sur "Chercheuses d'or. Bon, alors autant commencer par le point faible du film, le scénario n'est pas terrible. En effet, l'histoire tourne autour d'un oncle richissime qui veut léguer sa fortune à un parent éloigné (Guy Kibbee) mais ce dernier ainsi que ses proches devront être moralement parfait sous tous les rapports et surtout pas ce produire dans des spectacles de Music Hall. Ce dernier point va donc rapidement devenir problématique. Si l'histoire devait faire sourire à l'époque, sur la terrible critique des ligues de vertus, il n'en reste pas moins que tout cela tourne en boucle et un peu à vide aujourd'hui. 

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Mais bien évidemment, "Dames" ce n'est pas seulement un médiocre scénario. C'est aussi un formidable film musical dont la dernière partie est une suite quasi ininterrompue d'incroyables chorégraphies tirées de l'imagination d'un génie.

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Ci-dessus : Joan Blondell et Guy Kibbee (en bonne compagnie).


Ainsi, le show commence par le très beau et populaire : "Bring back your laundry to me", qui décrit l'amour d'une jolie lavandière solitaire (Joan Blondell) pour la lingerie masculine et les jeunes hommes qui viennent chercher leur linge. C'est assez rare de voir des caleçons et des pyjamas danser, mais oui dans ce numéro on voit bien ça ! Voyez vous même ci-dessous :



Puis, la suite est le magnifique et tellement romantique : "I only have eyes for you" chanté par Dick Powell et accompagné par Rubby Keeler. La chanson est un hymne magnifique à l'amour et à Ruby Keeler.  Busby Berkeley utilise aussi une impressionnante chorégraphie avec d'immenses visages de Ruby Keeler ou encore un décor qui tourne sur lui même, ce qui donne à toutes les danseuses une impression de mouvement proche de celui d'une boîte à musique.



Enfin les deux derniers numéros mettront en avant la beauté féminine dans tout son éclat. Busby Berkeley aura l'incroyable audace pour l'époque, de monter la journée d'une danseuse, de son lever, au bain, en passant par le boudoir. Les transitions sont magnifiques entre chaque partie du numéro, avec un coup de parfum sur la caméra pour annoncer un autre numéro. A noter qu'une remarque féminine m'a été faite sur ces numéros qui me précisa très justement que le nylon n'a été découvert que vers 1945 et que donc les collants dans le film ne collent pas totalement au corps, comme le nylon le fera plus tard. Heureusement que les femmes sont là pour nous expliquer tout ça ! Pour résumer, "Dames" ne vaut que pour les numéros de Busby Berkeley qui fait de la caméra son jouet et d'un groupe de jeunes danseuses, des déesses descendues du ciel pour distraire le spectateur. D'ailleurs c'est bien Dick Powell qui le dit dans une chanson du film. Mais Dieu ! Que le temps semble long jusqu'au 40 dernières minutes en forme d'orgie cinématographique pendant lesquelles le spectateur oublie tous ses problèmes.

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Disponible en DVD Zone 1 (coffret Numéro 1 Busby Berkeley)


NOTE : 6,5 / 10

18/01/2013

Chercheuses d'or de 1933 / Gold Diggers - 1933

"Chercheuses d'or de 1933" est une comédie musicale de Mervyn Leroy. On retrouve Harry Waren pour la musique, et Al Dubin pour les paroles. Les numéros musicaux ont bien entendu tous été montés par Busby Berkeley. Le film est basé sur une pièce de Broadway d'Avery Hopwood qui fut jouée entre 1919 et 1920. Deux films avaient été également précédemment tournés sur ce thème en 1923 et en 1929. On retrouve dans cette version de 1933, le duo Dick Powell, Ruby Keeler, comme pour "42ème rue" tourné la même  année, Joan Blondell, Ginger Rogers et Guy Kibbee sont bien présents. Le talent de Ginger Rogers est malgré tout sous exploité, surtout si on pense à ce qu'elle fera quelques années plus tard avec Fred Astaire. Enfin Warren William complète la distribution. Aujourd'hui on se rappelle de Warren William surtout pour son rôle de Laroche Mathieu dans "The private affairs of Bel Ami".

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Le film commence très fort avec juste après le titre, la chanson universellement connue "we're in the money" (nous sommes dans l'argent) chantée par une Ginger Rogers et des girls à moitié nues et presque uniquement couvertes de pièce d'or. La caméra se rapproche alors au plus près du visage de Ginger Rogers pour donner l'impression au spectateur qu'elle chante uniquement pour lui. Cette chanson est restée dans la culture américaine comme l'hymne joyeux de la fin de crise, de la prospérité retrouvée, mais aussi souvent symbole de cupidité. Ainsi ce titre sera utilisé beaucoup plus tard par Tex Avery ou encore dans un dessin animé mettant en scène un Daffy Duck cupide, ou dans un épisode des Simpsons. Au vu de l'importance de cette chanson dans la culture américaine, je vous retranscris donc ci-dessous ses paroles :

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Ci-dessus Ginger Rogers dans "Gold Diggers 1933"


"We're in the money, we're in the money;
We've got a lot of what it takes to get along!
We're in the money, that sky is sunny,
Old Man Depression you are through, you done us wrong.
We never see a headline about breadlines today.
And when we see the landlord we can look that guy right in the eye
We're in the money, come on, my honey,
Let's lend it, spend it, send it rolling along!

 

Oh, yes we're in the money, you bet we're in the money,
We've got a lot of what it takes to get along!
Let's go we're in the money, Look up the skies are sunny,
Old Man Depression you are through, you done us wrong.
We never see a headline about breadlines today.
And when we see the landlord we can look that guy right in the eye
We're in the money, come on, my honey,
Let's lend it, spend it, send it rolling along!"

 

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Ci-dessus : les girls de "Gold Diggers" 1933 (on savait vivre à l'époque).

Mais comme si la crise devait se rappeler aux spectateurs, le shérif local vient arrêter le somptueux numéro et rappeler les girls et donc le spectateur à la dure réalité de l'époque. En effet, le producteur n'a pas payé ses dettes et donc les costumes et décors sont saisis et les Girls se retrouvent de nouveau au chômage. C'est de cette période noire et au retour à la maison que va naître une nouvelle idée de spectacle,  mais cette fois-ci sur la crise elle même. Ainsi "Gold Diggers" va développer une critique sociale quasiment jamais vue plus tard en Amérique dans des comédies musicales. Le dernier numéro "Remember My Forgotten Man" viendra alors à rappeler au spectateur, la crise et surtout tous les exclus de la société américaine : anciens combattants de la première guerre mondiale, fermiers ruinés, chômeurs etc Ainsi dans "Gold Diggers 1933" sera mis en avant comme jamais plus tard dans la comédie musicale américaine, toute une population de courageux citoyens exclus de facto par le système. Donc autant pour son aspect historique et social, que pour son rapport à la nudité féminine et à l'expresion totalement magnifiée du corps de la femme, "Gold Diggers 1933" est un fantastique spectacle, glorieux hymne à la vie, aux femmes et au courage. A voir et à revoir 1000 fois.

 

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Ci-dessus : Joan Blondell en costume de "chercheuses d'or"

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La plus célèbre chanson du film :

 

 

NOTE : 7,5 / 10

31/12/2012

Prologue / Footlight Parade - 1933

Pour le réveillon, quoi de mieux que de parler d'un film chorégraphié par Busby Berkeley : "Prologue". "Prologue" ou en anglais "Footlight Parade" fait parti des films chorégraphié en 1933 par Busby Berkeley. Ainsi on retrouve pour cette année 1933 : "42nd Street", "Gold Diggers of 1933", "Footlight Parade" et "Roman Scandals". Pourquoi ce titre "Prologue" ? Cela s'explique par le scénario dans lequel s'inscrit le film. En effet, avec l'arrivée du parlant au cinéma, James cagney qui joue un producteur de revue musicale se retrouve avec des salles vides. Il décide donc de créer des revues musicales avant le film. Et de quelques salles il se retrouve à couvrir tout le pays. Et c'est bien à une industrie naissante que l'on assiste et à une espèce de "Prologue" de la comédie musicale, où la réalité rejoint la fiction et où finalement la fiction dépasse réalité. On se rend compte ainsi que les cinémas en 1930 étaient souvent des salles de spectacles immenses ou plus exactement des grands théâtres avec balcons et pouvant contenir 2000 personnes ou plus. Ce film parle tout autant de la naissance de la comédie musicale à Hollywood, que de la société américaine de l'époque et de ses distractions.

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James Cagney y joue donc un producteur. Ainsi dans le film, on retrouve le travail fou du producteur mais aussi du chorégraphe joué par le débonnaire Frank McHugh qui doit manager une bande de girls plus belles les unes que les autres et qui ne supporte plus la charge de travail. Le film pêche un peu par son succès. En effet, la réputation de Busby Berkeley, de James Cagney, et de Ruby Keeler, n'étant plus à faire, le spectateur ronge un peu son frein en attendant les fameux gros numéros de danses qui n'arrivent que dans la 2ème partie du métrage. De plus, dans la première partie, la belle Ruby Keeler est câchée derrière de vilaines lunettes et un bureau de secrétaire.  Tout ça est un peu dommage, car finalement cela déséquilibre le film. Mais oui, les numéros dansés sont  magnifiques et pour certains légendaires.

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Ci-dessus Dick Powell et Ruby Keeler

La distribution est complétée par Dick Powell et par Joan Blondell. C'est d'ailleurs assez surprenant de voir Dick Powell si heureux de vivre et de chanter. Mais c'est qu'aujourd'hui on a oublié qu'il a commencé par faire des comédies musicales avant d'attaquer des rôles plus dramatiques comme dans "le grand attentat" ou "Cornered". La musique est de Harry Warren et Sammy  Fain et les paroles d'Al Dubin et Irving Kahal.

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Aujourd'hui qui se souvient de James Cagney, de Ruby Keeler, ou de Dick Powell à ses débuts ? Personne. C'est malheureux. Car finalement le glamour d'Hollywood de cette époque vaut largement le Hollywood d'aujourd'hui. En ce sens, "Prologue" est bien la magnifique introduction de 30 ans de glamour et de films de rêves à Hollywood. La 2ème partie du film est un enchantement qui laisse déjà présager les futurs chefs-d'oeuvres qui seront produits 20 ans plus tard, mais cette fois-ci en couleur.

 

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Extraits (By a waterfall avec Dick Powell et Ruby Keeler) :

 


Footlight Parade - Shanghai Lil (1933) par eugene3453

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Publicité censurée de l'époque (Joan Blondell en photo)

 

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Ci-dessus James Cagney avec les Girls de "Prologue" ne semble pas le plus malheureux.



Disponible en DVD Zone 2 sur le site de l'éditeur dans la collection Pré-code (Hollywood Forbidden). Mais je conseillerais plutôt le coffret de la collection Busby Berkeley en version Zone 1. Car le film comprend des bonus contrairement à la version Zone 2 qui n'a aucun bonus.


Allez j'arrête là pour cette année 2012. Bonne et heureuse année 2013 à tous mes lecteurs et à tous les amoureux de cinéma classique. Et à l'année prochaine pour de nouvelles aventures cinématographiques sur Hollywood Classic !!


NOTE : 8,5 / 10