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25/06/2016

Sabrina - 1954

"Sabrina" reste comme sans aucun doute un des plus beaux films d'Audrey Hepburn, si ce n'est le plus beau. En effet, il est un hymne intégral à la beauté de l'actrice, mais aussi à Paris et à la culture française, aujourd'hui en passe de disparaître. Le réalisateur, Billy Wilder, baigne le film dans une atmosphère permanente de glamour, de chic, et de sophistication, lien entre l'Amérique des années 50 et la France de cette époque. Paris y est mentionné à de nombreuses reprises comme la ville de l'amour, faisant de la capitale française la destination privilégiée des touristes américains amoureux. Aujourd'hui, la ville ayant tellement changée, sous les coups répétés de l'immigration et de la mondialisation, il est rare de trouver encore des quartiers ayant gardés leur âme si typiquement française. Le film en devient alors aujourd'hui un énorme cliché à lui tout seul, sur Paris, sur le businessman (Humphrey Bogart) trop occupé par son travail pour s'occuper de sa vie amoureuse, mais régentant celle de son frère (William Holden) trop inactif pour trouver du temps pour travailler. Pourtant comme dans Casablanca, le charme opère et cette succession de clichés, font de Sabrina un chef-d'oeuvre absolu et intemporel du cinéma. "Sabrina" avec son histoire en forme de conte pour enfants, berce le spectateur, et lui rappelle un temps où Paris était encore Paris, une ville où il faisait bon vivre. Cet esprit de chic français est rendu dans le film d'abord, par les toilettes et robes portées par Audrey Hepburn, qui sont celles de Givenchy, mais aussi par la chanson d'Edith Piaf, "la vie en rose" qui parcourt le film, avec en plus le tube "isn't it Romantic ?" de Rodgers & Harts. Hommage à la perfection de la mode et au bon goût français, "Sabrina" reste une immortelle fable sur l'amour et sur un Paris rêvé, magnifique et glamour, à l'esprit malheureusement à jamais disparu, définitivement assassiné un 13 novembre au nom de la tolérance. On notera que "Sabrina" fera d'Audrey Hepburn, l'égérie de Givenchy pendant de très nombreuses années.

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Ci-dessus : Audrey Hepburn & William Holden

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Ci-dessus : Humphrey Bogart & Audrey Hepburn

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Ci-dessus : Audrey Hepburn & William Holden

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Extrait :

 Disponible en DVD & Bluray en VF et VO sous-titrée sur Amazon, etc

Note : 9 / 10

18/01/2015

La Scandaleuse de Berlin / A Foreign Affair - 1948

Le hasard ou le bon Dieu, fait parfois bien les choses. Hier soir, un film semblait m'appeler : "la scandaleuse de Berlin" (1948) avec Marlene Dietrich. Pourtant, j'avais beaucoup d'autres films à voir. Mais celui-ci, me semblait à cet instant incontournable. Et ce matin quand je me lève, je tombe en allumant la télévision sur la galerie France 5 et sur un beau reportage sur Marlene Dietrich; étrange synchronicité pour le moins. Concernant "la scandaleuse de Berlin", il s'agit donc d'un film avec Marlene Dietrich, mais aussi Jean Arthur et John Lund. On note aussi la présence de Millard Mitchell en colonel. Millard Mitchell, on se rappelle de lui pour son rôle de producteur, dans "chantons sous la pluie" (1952). C'est une comédie en noir et blanc de Billy Wilder. Le film semble ennuyeux au début. En effet, on se demande bien ce que l'on va bien pouvoir trouver d'intéressant dans ce scénario qui nous montre, une délégation de membres du congrès américain, menée par une député psychorigide et frustrée, en la personne de Jean Arthur, en visite de le Berlin de l'après seconde guerre mondiale. Les images de la ville en ruines, défigurée par les bombardements alliés son particulièrement saisissantes. La visite de la ville par la délégation l'est tout autant. Après cette mise en place, le film va commencer à dérouler son sujet dans un ton doux amer, où la comédie rencontre souvent la misère des existences brisées. Mais le ton de Wilder n'est jamais dur contre les soldats des armées d'occupation ou les Berlinois. Wilder nous montre des Allemands qui tentent de survivre au jour le jour, et d'échapper à leurs vieux démons. Le film est tout autant une leçon sur la dénazification du pays.

 

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Marlene Dietrich, obtient peut être là son plus beau rôle. En effet, qui aurait pu mieux jouer, cette Allemande, à la recherche d'une survie tout autant matérielle que morale. On peut également noter que Wilder évoque très souvent la sexualité. Ainsi, il se joue des convenances de son temps, en se moquant de l'hypocrite esprit de son temps, à travers la député coincée, jouée par Jean Arthur. En effet, cette dernière s'offusque de ces militaires qui partent courtiser les Allemandes. Et un trio à un balcon, laisse supposer bien des jeux amoureux. Evidemment, dans le cinéma de cette époque, le sujet sexuel omniprésent est néanmoins uniquement suggéré intelligemment. Je ne peux finir cette note, sans parler du très beau noir et blanc, et donc de la belle photographie de Charles B Lang. "La scandaleuse de Berlin", reste donc un classique de Wilder, qui mérite d'être redécouvert, ne serait-ce que pour Marlene Dietrich.

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Ci-dessus : Marlene Dietrich

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Ci-dessus : Marlene Dietrich & John Lund

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Ci-dessus : Marlene Dietrich

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Ci-dessus : Jean Arthur

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Ci-dessus : Jean Arthur, John Lund & Marlene Dietrich

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Ci-dessus : Marlene Dietrich

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Ci-dessus : Marlene Dietrich & Billy Wilder

Film disponible en DVD Zone 2, en VO sous-titrée.

 

Documentaire sur Marlene Dietrich (Le Crépuscule D'un Ange / Marlene Dietrich) diffusé ce matin sur la galerie France 5 :

Note : 8 / 10

08/09/2013

Assurance sur la mort / Double Indemnity - 1944

 "Assurance sur la mort" ou en anglais "double indemnity" est un film de Billy Wilder adapté du roman éponyme de James M Cain. Ce film reste peut être comme le plus célèbre "film noir" classique. Je pense qu'il n'est pas nécessaire de présenter Billy Wilder, qui est un des plus célèbres réalisateurs de la période faste d'Hollywood. Wilder était évidemment un génie touche à tout, qui brilla autant dans les comédies comme "Sept ans de réflexion" (1955),  "certains l'aiment chaud" (1959), "la garçonnière" (1960), mais aussi dans les films noirs comme donc "Assurance sur la mort" (1944), pour atteindre un espèce de sommet cinématographique avec "Boulevard du Crépuscule" (1950). D'ailleurs,l n'y a rien d'étonnant que les cahiers du cinéma ait choisi pour leur première couverture de mettre à l'affiche "Boulevard du Crépuscule". On a donc comme réalisateur, un petit génie et un casting très alléchant avec Fred MacMurray, Barbara Stanwyck et Edward G Robinson. On ajoute que le scénario a été rédigé par Wilder et Raymond Chandler, l'écrivain mondialement célèbre et reconnu dans l'écriture de romans policiers dans les années 40. La collaboration entre Chandler et Wilder sur le film, fut fructueuse, mais aussi difficile. En effet, Wilder avait commencé sa carrière comme scénariste et ne s'en laissait pas compter. On sait d'ailleurs que Wilder se mit à la réalisation car il était frustré de voir son travail de scénariste par des réalisateurs qu'il n'estimait pas. Ainsi, il me semble que par "la porte d'or" scénarisé par Wilder est totalement déséquilibré dans sa construction, et montre à l'écran, le résultat de la défaite de Wilder pour modifier un scénario que le réalisateur a rendu bancal. Ici sur "Assurance sur la mort", Wilder a aimé le travail de Chandler sur le film, mais il reconnaît dans ses Entretiens avec Michel Ciment que cette collaboration fut assez difficile. Dans ses lettres, Raymond Chandler écrit : «Ce travail avec Billy Wilder a été atroce et aura sans doute abrégé ma vie».

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 Pour revenir à "Assurance sur la mort", on a donc un casting 4 étoiles, un génie à la réalisation, et un autre génie à l'écriture. Le film était donc parti sous les meilleurs auspices. A cela on rajoute un autre très grand artiste : Miklós Rózsa, pour la musique. Que demander de plus ? Et le résultat à l'écran est particulièrement réussi. Le film respecte tous les codes du film noir, mais avec quelques particularités. Ainsi, il y a tout le long la voix du personnage principal qui finalement raconte l'histoire dans des "flashbacks" successifs. Cela aurait pu alourdir le film, mais il n'en est rien. Cela donne un côté un peu littéraire et presque intellectuel à un film qui ne l'est pas.

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Ci-dessus : Fred McMurray et Barbara Stanwyck

On sent que Wilder a voulu enlever tout côté glamour au film et donner à Stanwyck une image qui va au delà de la femme fatale. En effet, il en fait un être quasiment maléfique, que le héros suivra les yeux fermés jusqu'à l'ultime fin où il ne la suivra plus, mais où peut être il aurait du le faire. On ne le saura jamais. Wilder et Chandler excelle à donner d'ailleurs de multiples fausses pistes au spectateur. Ainsi, je me suis demandé quand Edward G Robinson a su qui était réellement le meurtrier. Son jeu est parfait, car on a toujours l'impression qu'il a un coup d'avance et qu'il sait. Cela donne un ton très particulier à l'ensemble de l'oeuvre. Wilder a décidé également de changer un peu le roman original, autant pour des raisons cinématographiques, que pour des raisons de censure. Ainsi, on ajouta des éléments de suspens.

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Cj-dessus : Barbara Stanwyck et Fred McMurray

George Raft avait été pressenti, mais il refusa de jouer un meurtrier. Enfin Wilder transforma Barbara Stanwyck, faisant d'elle une blonde vénéneuse. Mais dans "Assurance sur la mort" ce n'est pas seulement un bon casting, un bon compositeur, et un bon réalisateur, c'est aussi une consécration de l'esthétique du film noir. Ainsi Wilder comme sur d'autres films bénéficient d'une superbe photographie en la personne de John F Seitz, qui sera 7 fois nominés aux Oscars de la meilleure photographie. Ainsi, sans vouloir trop pousser cette étude, regardez l'image ci-dessous. Ne peut on penser que Fred McMurray cache derrière la porte un lourd secret ? la porte n'est elle pas ici le symbole d'un secret que l'autre personne que l'on ne voit pas ici sur la photo, ne doit absolument pas savoir ? Et dans la photo ci-dessous, on remarque l'étrangeté d'une situation exceptionnelle dans un supermarché quelconque de l'époque. Il y a donc une opposition entre ce lieu public commun et la situation que vivent les deux protagonistes.

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Je ne peux finir sans dire un mot sur la très belle musique de Miklos Rosza, qui ici évoque sans aucun doute possible, l'inexorable destin, et peut être la peine qui attend les futurs assassins, et la lutte désespérée de l'Homme pour échapper à cette peine. Le film atteint alors son sommet lors de la scène proche du "Hollywood Bowl" où Rosza a l'idée prodigieuse de réunir sa musique à la musique de Beethoven (la 7ème symphonie je suppose). Cette scène est sans aucun doute le sommet musical du film et un des tournants du scénario. Vous l'aurez compris, "Assurance sur la mort" est un chef-d'oeuvre du film noir. On notera enfin que Wilder n'était pas satisfait de la fin et tourna donc une fin alternative, enfin MacMurray devait jouer en 1960 dans un autre film de Wilder : "la garçonnière" (1960). Une version de "Assurance sur la mort" a été sortie en Bluray chez Kino, sans sous-titres ni version française. On ne peut donc qu'espérer que les éditeurs en France, se décident à faire un effort pour sortir ce film en Bluray dans nos contrées. Il le mérite largement,

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Ci-dessus : Fred McMurray et Edward G Robinson

Film disponible en DVD zone 2 chez Carlotta.

La musique de Miklos Rozsa :

 

Reportage présentant le film :

Note : 9 / 10

01/02/2013

Patrick Brion a présenté son nouveau livre sur Billy Wilder !

Patrick Brion, historien du cinéma et voix du cinéma de minuit a présenté son nouveau livre sur Billy Wilder, à la matinale de France Musique le 28 décembre 2012.

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Merci M. Brion pour la leçon de cinéma. On espère vous voir plus souvent.


14/12/2012

Boulevard du Crépuscule / Sunset Boulevard - 1950

Dans le cadre de sa récente sortie Bluray, j'évoquerai ici "Boulevard du Crépuscule" écrit et réalisé par Billy Wilder. Le film évoque la vie recluse d'une ancienne star du muet à Hollywood (Gloria Swanson) et de sa rencontre avec un jeune scénariste (William Holden). Sur ce sujet relativement simple va se greffer toute l'horreur d'Hollywood, montré comme un milieu qui se sert des gens, les manipule et les rejette quand le succès est passé. L'écriture du scénario commença en 1948 et 3 personnes travaillèrent successivement sur le script ; Billy Wilder, Charles Brackett, D.M. Marshman Jr. Quand on sait, l'acharnement de Wilder à vouloir conserver un scénario cohérent on peut imaginer qu'il devait garder le dernier mot sur l'élaboration finale du dit scénario. Le script réservait d'ailleurs de terribles répliques comme : "Très bien, M. DeMille, je suis prête pour mon gros plan !" ou encore "Je suis grande ! C’est le cinéma qui est devenu petit." Ces répliques sont restées à jamais mythiques. Wilder d'abord scénariste à Hollywood rendit un script parfait avec dans la colonne de gauche toutes les indications de jeu et de tournage pour les comédiens.

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Le scénario en cours d'achèvement il fallut se mettre en quête d'une star du muet capable de prendre le rôle. Et après avoir interrogé succssivement Greta Garbo, Mae West, Mary Pickford, Pola Negri aucune ne faisait l'affaire ou refusait un film qui devait les faire passer pour des "has been". C'est alors George Cukor qui suggéra le nom de Gloria Swanson. On sait aujourd'hui que Gloria Swanson avait une vie très active à l'époque animant des émissions de radio et télévision. Mais l'enthousiasme entourant le film la décide à accepter le rôle. Pour le rôle du scénariste Joe Gillis, Wilder pensait d'abord à Montgomery Montgomery Clift, mais se décide finalement à choisir un jeune acteur dont la carrière est à ce moment là, au creu de la vague : William Holden. En effet en 1950, Holden était très loin d'être au top de sa carrière. Wilder devait se dire qu'ainsi, il serait encore meilleur dans son rôle de scénariste fauché à la recherche d'un job pour survivre.

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Ci-dessus : Erich Von Stronheim et William Holden

Pour le rôle du célèbre majordome ex réalisateur ruiné, on trouva Erich Von Stroheim qui était également dans la vraie vie, un ex-réalisateur ruiné par le cinéma et qui avait tourné le dernier film célèbre de Gloria Swanson : "Queen Kelly". "Queen Kelly" financé par John Kennedy le père de JFK (amant de Gloria Swanson à l'époque) devait se révéler un gouffre financier et clôturer la carrière de Stonheim comme réalisateur. Enfin pour le rôle de Betty Schaefer (la jeune scénariste inexpérimentée amoureuse d'Holden), Wilder choisit un visage nouveau en la personnde de Nancy Olson. Le casting est donc parfait, chaque acteur correspondant parfaitement à son rôle : une star du muet oubliée, un jeune acteur au creu de la vague, une nouvelle actrice, et un réalisateur maudit. Que pouvait il y avoir de mieux pour ce casting ?

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Ci-dessus Gloria Swanson dans "Boulevard du Crépuscule"

Mais ce n'est pas tout, Wilder devait s'entourer de toute une équipe qui allait faire de "Boulevard du Crépuscule" le chef-d'oeuvre que le monde reconnaît encore aujourd'hui. Tout d'abord il faut souligner l'admirable travail photographique de John F. Seitz, qui travailla sur le plan dans la piscine que l'on voit au début du film. L'objectif était de filmer William Holden mort dans la piscine par le dessous. Au départ il mit en place une petite boite transparente pour plonger la caméra dans l'eau, mais finalement la scène est réalisée en plaçant un miroir au fond de la piscine et en filmant de l'extérieur. Seitz se plaira à faire ajouter aussi de la poussière sur le mobilier de Norma pour accentuer l'aspect vieux et dépassé de l'ancienne Star. Mais bien entendu il faut ajouter le travail sur les costumes d'Edith Head. Ce travail a été considérée par cette dernière comme le plus difficile de sa carrière. Elle raconte ainsi : "Puisque Norma Desmond était une actrice qui s’était perdue dans sa propre imagination, j’ai essayé de donner l’impression qu’elle interprétait toujours un rôle ». La costumière révèle aussi s’être basée sur l’avis de Swanson qui « créait un passé qu’elle connaissait, moi pas". A tout celà il faut ajouter bien évidemement la mystérieuse musique de Franz Waxman qui mélange des thèmes issus du Tango pour le personnage de Norma et du Bebop pour Holden.

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Ci-dessous Gloria Swanson dans "Boulevard du Crépuscule"

Comme si tout cela ne suffisait, Wilder rajouta des scènes avec d'anciennes stars. Ainsi on retrouve pour une partie de bridge totalement hallucinante : Buster Keaton, Anna Q. Nilsson, H. B. Warner, et Gloria Swanson. H.B Warner avait joué le Christ dans "le Roi des Rois" (1927) de Cecil B. DeMille. Puis il y a quelques scènes sur le plateau de "Samson et Dalila" entre le réalisateur Cecil B. Demille et Gloria Swanson. On y voit également à ce moment là, Henry Wilcoxon. Tout cela donne au spectateur l'impression fascinante de réaliser le film avec Demlle. Mais il y a tellement de plans formidables qu'il m'est absolument impossible de tous les citer et de les décortiquer un par un. Mais j'en citerais tout de même quelques uns : l'arrivée au studio, l'enterrement du singe, le plan sous la piscine, la séance de cinéma à domicile où Norma apparaît comme un vampire ou tout au moins comme un être proprement surnaturel, à la toute puissance destructrice mais aussi à la sentimentalité exacerbée qui n'a en elle qu'un immense manque de reconnaissance et d'amour. Ce film est, sans aucun doute possible, le plus grand film noir jamais tourné sur Hollywood. Et pourtant il y en a eu des films sur Hollywood comme les 2 versions d'une étoile est née ou "What Price Hollywood" avec Constance Bennett, "Chantons sous la pluie" ou très récémment "The Artist". Mais jamais un film n'est allé aussi loin dans la noirceur que "Boulevard du Crépuscule". Une étude plan par plan, dépasserait largement le caractère limité de ce blog, mais c'est bien ce que mériterait ce film (comme l'a affirmé Hollywood Reporter au moment de la sortie du film). En effet, chaque plan étant une déclaration d'amour à un certain cinéma. Ce film parle aussi d'opportunisme, chaque personnage essayant de tirer parti de l'autre, et de manipuler son prochain pour des conséquences parfois désastreuses. Patrick Brion et d'autres ont aussi parlé de destin. Le personnage de Norma Desmond est bien l'étoile qui brûlera tout ce qu'elle touchera après avoir consumée sa propre vie. C'est bien pour cela que "Boulevard du Crépuscule" n'est pas seulement un chef-d'oeuvre, mais bien une de ces créations mythiques que seul le cinéma sait produire.

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En guise de conclusion je finirais en vous citant ces quelques mots de Louis B. Mayer à l'adresse de Wilder à la sortie d'une projection :"Espèce de salopard, comment as tu pu faire ça à la profession !! ?" Et Wilder de répondre : "Va te faire foutre !". Finalement c'est cela "Boulevard du Crépuscule", c'est un film qui s'accepte dans son ensemble pour ce qu'il est en tant qu'oeuvre d'art. Ce film n'est pas là pour plaire à une catégorie de producteurs ou à tout le public. Ce film est là, vivant, terrifiant, et tout à la fois sublime et il interroge sur le monstre créé par chacun d'entre nous et qui s'appelle Hollywood.

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Ci-dessus : Gloria Swanson et William Holden

Extraits et Bande-annonce :


 

 

Extraite de la musique de Franz Waxman :

 

A noter que le bluray US est Freezone et possède une VO sous-titrée ainsi qu'une très bonne VF d'époque, et une armada de Bonus expliquant le film ou présentant la vraie Gloria Swanson, William Holden etc.


NOTE : 9,5 / 10

24/11/2012

Par la porte d'or / Hold Back the Dawn - 1941

J'aurais aimé dire beaucoup de bien de "Par la porte d'or", mais malheureusement ce ne sera pas le cas. "Par la porte d'or" raconte l'histoire d'un immigré roumain, bloqué à la frontière entre le Mexique et les USA. Il se met donc en tête de séduire une américaine (De Havilland) pour se marier avec elle et passer la frontière. Le film bénéficie tout d'abord un excellent casting avec Charles Boyer, Olivia De Havilland et Paulette Godard. Charles Boyer est convainquant dans son rôle d'éternel escroc candidat à l'immigration. Paulette Godart en comparsse de notre escroc est aussi très crédible. Malheureusement il me semble que l'interprétation d'Olivia de Havilland qui aurait du être plus en nuances, se perd finalement dans les méandres d'un scénario introuvable. Ainsi, on voit une scène assez hallucinante où on frappe à sa porte et où elle va à l'endroit opposé avant de se raviser. On a perdu Olivia en cours de route.

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Mais au delà de l'interprétation d'Olivia de Havilland c'est bien le scénario bancal qui coule le film. Comment une femme jeune et responsable peut elle tomber dans les griffes d'un homme qui ne l'aime pas, et surtout aussi facilement ? Pourquoi avoir gardé tous ces seconds rôles qui ne servent à rien, et ne font pas avancer le récit et ennuie finalement le spectateur ? Pourquoi le début d'une vraie romance entre Boyer et Havilland doit elle apparaître uniquement à la fin du film ? Oui le principal problème de "Par la porte d'or", c'est bien le scénario. Et j'aurais tendance à dire que ce n'est pas par la grande porte que passe le spectateur, et que celui ci aura bien du mal à ne pas vouloir chercher la porte de sortie avant la fin. Aujourd'hui on sait que les rapports entre le scénariste Billy Wilder et Mitchell Leisen le réalisateur furent assez mauvais. Ainsi, Mitchell Leisen et Boyer remanièrent le script à leur convenance au grand désespoir de Wilder. Ainsi Boyer refusa de tourner la scène d'introduction où il devait raconter son histoire à un cafard. Billy Wilder se fit ensuite interdire l'accès du plateau par Leisen. Et Leisen finit par dire de Wilder : « Il vient d’Europe centrale et il est têtu comme une mule quand on touche à son texte ». Wilder se vengea en raccourcissant le texte de Charles Boyer. Bref, vous l'aurez compris le tournage ne se fit pas dans les meilleurs conditions. Et malheureusement tout cela se ressent à l'écran et on voit bien que le film est totalement déséquilibré et finit là où d'autres commencent. Suite à ces difficultés, Wilder décida d'ailleurs l'années suivante de passer à la réalisation pour ne plus subir le "diktat" de gens comme Leisen. A noter, que de façon exceptionnelle, le film réserve une scène, où on voit De Havilland courir nue sur la plage au loin (est-ce vraiment elle ?).

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Ci-dessus Charles Boyer et Paulette Godard :

De son côté, à l'époque le film fut très bien perçu par la critique, et reçu 6 nominations aux Oscar, mais n'en remporta aucun. Olivia de Havilland fut nominé comme meilleure actrice (ce qui me semble un comble) mais c'est sa soeur (Joan Fontaine) qui le gagna. Elle devait en remporter un 2 ans plus tard pour "À chacun son destin" avec pour réalisateur encore Leisen. Aujourd'hui le film est encore à mon sens très surestimé. Néanmoins, il réserve quelques bonnes scènes entre de grands acteurs. Mais est ce bien suffisant pour faire un film réussi ? Pour ma part, je ne le crois pas. Surtout que l'âge d'or d'Hollywood a réservé bien d'autres chef-d'oeuvre à la valeur plus sûre.

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Ci-dessus Charles Boyer et Olivia de Havilland :

 

NOTE : 4,5 / 10