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01/02/2015

L'orchidée blanche / The Other Love - 1947

"L'orchidée blanche" est une adaptation d'une nouvelle d'Erich Maria Remarque. Et c'est un bien étrange film, qui se veut être un mélodrame, mais qui est tourné comme un film noir, avec beaucoup de codes du film noir. Là le héros, est une héroïne, Barbara Stanwyck qui ne va pas lutter, contre un cartel du crime, mais contre un adversaire encore plus redoutable : la mort symbolisée par une orchidée blanche. Stanwyck, joue le rôle d'une grande pianiste classique, qui se retrouve dans une clinique pour personnes atteintes de la tuberculose ou d'insuffisance respiratoire. Elle tombe rapidement amoureux de son médecin, joué par David Niven. Mais qui est il vraiment ? La distinguée clinique ne cache t'elle pas de sombres desseins ? Si le film nous parle de maladies pulmonaires, il semble pour lui même, se complaire dans une espèce de schizophrénie permanente. Ainsi, on ne sait pas bien jusqu'aux 15 dernières minutes, si il s'agit d'un film noir ou d'un mélodrame. Et le risque à trop vouloir se démarquer d'un genre, s'est de se retrouver au milieu de nulle part. Pourtant le film a aussi des qualités. Tout d'abord le casting est intéressant, Barbara Stanwyck est une actrice qui sait jouer et rendre crédible ses émotions. David Niven est ambigüe comme il faut, et Richard Conte a le charme qu'il convient. Il faut aussi noter la présence de Gilbert Roland en croupier vicieux.

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La réalisation est d'André De Toth, et on apprend sur les bonus et commentaires de Bertrand Tavernier, que c'est John Ford qui avait convaincu les patrons du studio indépendant, "Entreprise productions" de prendre De Toth en lieu et place de lui même. Le plus marquant est peut être aussi, la magnifique photographie de Victor Milner, qui sait nous ménager quelques moments sublimes, ou des scènes tellement proches du film noir avec des ombres particulièrement inquiétantes. A celà, il faut ajouter la belle musique de Miklós Rózsa et quelques extraits de jazz. Vous l'avez donc compris, "'orchidée blanche" a beaucoup de qualités formelles qui se perdent dans le scénario abscons de Ladislas Fodor et Harry Brown. André De Toth, racontera quant à lui, dans ses mémoires, l'influence réellement néfaste du producteur, David Lewis, pourtant ancien collaborateur de Thalberg à la MGM, qui lui aurait fait changer et rater la fin de son film. Quoiqu'il en soit, "l'orchidée blanche" est un film oublié même des cinéphiles, au ton drôlement étrange et inclassable. A noter enfin, qu'un film au scénario proche sera tourné, en 1977, avec Al Pacino, "Bobby Deerfield".

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Ci-dessus : Barbara Stanwyck

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Ci-dessus : Barbara Stanwyck

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Ci-dessus : Barbara Stanwyck & David Niven

Disponible en DVD Zone 2 VO sous-titrée chez Sidonis

Note : 5 / 10

20/05/2014

La gloire du cirque / Annie Oakley - 1935

C'est parfois amusant de voir l'acharnement d'un site comme DVDclassik pour couler un film. "La gloire du cirque" en est l'exemple précis. Si le film manque parfois un peu d'un contenu dramatique dans son scénario, si la réalisation de George Stevens est ici loin d'être extraordinaire, le film est parcouru tout de même d'une certaine innocence propre à l'oeuvre de George Stevens, avant guerre. En effet, George Stevens vivra l'expérience du combat et reviendra changé. Son cinéma sera alors (après guerre), beaucoup plus réaliste et préfigurera en particulier dans ses westerns, la violence qui éclatera à la fin des années 60, sur les écrans américains. Ici, il n'en est évidemment pas question. La reine du cirque reste un spectacle divertissant, avec un casting d'acteurs, que l'on a connu plus inspiré (Barbara Stanwyck, Preston Foster, Melvyn Douglas). Il n'en reste pas moins que le film se regarde, sans être inoubliable que ce soit formellement ou même au niveau du fond. Malgré tout, on est très loin de la catastrophe que veulent nous vendre par force, certaines critiques.

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On notera enfin que le personnage d'Annie Oakley fut également la vedette de "Annie du Far West" (Annie Get Your Gun), comédie musicale de Herbert et Dorothy Fields, musique d'Irving Berlin, créée à Broadway en 1946 et portée à l'écran sous le titre d' "Annie, la reine du cirque" (Annie Get Your Gun) par George Sidney en 1950 avec Betty Hutton dans le rôle d'Annie Oakley.

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Ci-dessous : Barbara Stanwyck et Preston Foster

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Ci-dessous : Barbara Stanwyck

Disponible aux Editions Montparnasse en DVD zone 2, VO Sous-titrée, (image douce mais correcte même en projection)

Note : 5 / 10

12/05/2014

Obsessions / Flesh and Fantasy - 1943

"Obsessions" ou en anglais "Flesh and Fantasy" est un film tourné aux USA par Julien Duvivier en 1943. Le film évoque le fantastique, et le rêve dans sa 3ème partie. En effet, le film est divisé en 3 histoires distinctes les unes des autres. Seule la deuxième histoire est reliée à la troisième et dernière histoire. Quatre histoires ont été écrites. Mais cette quatrième et dernière histoire ne sera pas ajoutée au montage et n'apparaîtra qu'en 1944 dans "Destiny", film de Reginald Leborg. Le casting est prestigieux et comprend outre Edward G. Robinson, Charles Boyer, Barbara Stanwyck, Betty Field, mais aussi Robert Cummings  et Thomas Mitchell.

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Après une petite introduction qui fait commencer le film par la discussion de deux gentlemen dans un club, le film déroule sa première histoire. Il faut bien dire que cette introduction est inutile et ralentit le film encore plus qu'un carton d'explications. Elle n'apporte d'ailleurs rien aux histoires qui suivront. Sans vouloir, tout vous raconter la première histoire porte sur l'obession d'une femme laide (Betty Field) qui veut tout faire le jour du carnaval pour goûter à l'amour. Elle choisit donc un masque, sort s'amuser et rencontre un beau jeune homme (Robert Cummings). Duvivier, explore dans cette histoire le rôle de l'âme humaine dans ce qu'elle fait pour nous représenter, au delà de notre apparence physique. Les plans rapides sont nombreux, la fête est bien représentée et Duvivier joue avec le mystère de lumières, inondant des abîmes de noirceurs.

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La peur de l'autre, mais aussi l'attirance vers l'autre est bien représentée. Et jusqu'au bout on ne sait si l'un et l'autre arriveront à totalement se comprendre, jusqu'à la libération finale qui advient comme une incroyable et improbable évidence fantastique.

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Ci-dessus : Robert Cummings et Betty Field

La deuxième histoire fait entrer en scène Edward G. Robinson et Thomas Mitchell. Thomas Mitchell vous vous souvenez sûrement de lui. C'était le père dans "Autant en Emporte le vent". Edward G Robinson (important avocat) se fait donc lire son avenir par Thomas Mitchell (incroyable médium).Malheureusement la révélation ne sera pas celle attendue. Duvivier fera là tout son possible pour faire jouer la caméra et représenter le double maléfique de Robinson, comme par exemple dans l'image ci-dessous ou dans des improbables jeu de glace. On retrouve aussi des seconds rôles attachant dans cette partie avec par exemple C. Aubrey Smith en pasteur.

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Ci-dessus : Edward G. Robinson

Enfin la troisième histoire, mettra en scène Charles Boyer et Barbara Stanwyck. Le rêve rentrera là alors à plein. En effet, un acrobate rêvera qu'il tombe devant les yeux de la femme qu'il aime. Le film explore alors l'influence du rêve sur la vie de l'homme. Le destin de Rome aurait il été le même si César avait écouté les conseils de sa femme qui avait rêvé la veille de son assassinat ? Nul ne peut le dire. Pour en revenir à "obsessions" on est donc devant un formidable film à tiroirs, au croisement de plusieurs genres (film noir, film fantastique, mélodrame) mais qui bénéficie malheureusement d'une médiocre introduction. Tout le reste est par contre admirable. Duvivier montre là tout son talent, et déroule de fantastiques idées de mise en scène qui font de ce film, un indémodable classique du film fantastique où le rêve et la conscience ont toute leur place. C'est à dire la première.

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Ci-dessus : Barbara Stanwyck

 

NOTE : 8 / 10

26/01/2014

Ladies they talk about - 1933

"Ladies they talk about" est un film pré-code qui met en scène Barbara Stanwyck dans une prison de femmes. On retrouve également à l'affiche Preston Foster et Lyle Talbot, mais aussi la très jolie Dorothy Burgess. A la réalisation on retrouve le réalisateur de Robin des bois, William Keighley, qui est assez inspiré. Le film navigue entre l'horreur de l'exclusion de la société de ces femmes. Mais l'humour est souvent présent et l'érotisme aussi. Une détenue proclame d'ailleurs que ce qui manque le plus ici c'est la liberté, mais aussi les hommes. Le film navigue donc entre vengeance, frustration, et pardon. Ici Barbara Stanwyck porte toute seule le film sur ces épaules. Et les autres acteurs font finalement assez pâles figures à côté d'elle. On retiendra malgré tout le personnage du chef de la police, joué par Robert McWade, qui lui ne s'en laisse pas compter. On notera qu'il disparaîtra 3 ans après le tournage de ce film. On note la présence d'un deuxième réalisateu Howard Bretherton, mais à cette heure, je suis incapable de dire qu'elle a été son rôle dans le tournage.

ladies-they-talk-about-movie-poster-1933-1020198479.jpgIl est amusant de constater qu'une détenue du film, Dorothy Burgess, avait eu affaire avec la justice, suite à un accident de voiture, le 23 décembre 1932. Elle elle avait donc été accusée d'homicide involontaire, après son implication dans cet accident de la route, et le décès d'une personne. L'affaire se soldait par le versement d'une importante somme d'argent aux parents de la défunte. Il n'en reste pas moins que cela devait être assez troublant pour le public de l'époque, de voir ainsi la belle Dorothy Burgess, derrière les barreaux, alors qu'elle même avait eu des difficultés pour ne pas se retrouver en prison. En dehors de cette anecdote et de la belle plastique de Dorothy Burgess, on ne peut pas dire que l'on est impressionné ici par son jeu d'actrice, quant à lui très moyen. Elle disparaîtra prématurément, d'une attaque de tuberculose en 1961. Pour le reste, "Ladies they talk about" a assez de rebondissements, d'humour et d'érotisme pour être un encore aujourd'hui un honnête divertissement, avec quelques scènes particulièrement bien traitées (par exemple celles du tunnel, où William Keighley joue avec les reflets de l'eau).

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Ci-dessus : Barbara Stanwyck et Robert McWade

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Ci-desuss : Barbara Stanwyck et Lillian Roth

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Ci-dessus : Dorothy Burgess

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Ci-dessus : Lyle Talbot

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Ci-dessus : Photo de Dorothy Burgess

 

Extrait :

 

Clip vidéo :

 

Disponible chez Warner Bros sur la boutique internet de l'éditeur en DVD Zone 2, sous-titrage français.

Note : 6,5 / 10

08/09/2013

Assurance sur la mort / Double Indemnity - 1944

 "Assurance sur la mort" ou en anglais "double indemnity" est un film de Billy Wilder adapté du roman éponyme de James M Cain. Ce film reste peut être comme le plus célèbre "film noir" classique. Je pense qu'il n'est pas nécessaire de présenter Billy Wilder, qui est un des plus célèbres réalisateurs de la période faste d'Hollywood. Wilder était évidemment un génie touche à tout, qui brilla autant dans les comédies comme "Sept ans de réflexion" (1955),  "certains l'aiment chaud" (1959), "la garçonnière" (1960), mais aussi dans les films noirs comme donc "Assurance sur la mort" (1944), pour atteindre un espèce de sommet cinématographique avec "Boulevard du Crépuscule" (1950). D'ailleurs,l n'y a rien d'étonnant que les cahiers du cinéma ait choisi pour leur première couverture de mettre à l'affiche "Boulevard du Crépuscule". On a donc comme réalisateur, un petit génie et un casting très alléchant avec Fred MacMurray, Barbara Stanwyck et Edward G Robinson. On ajoute que le scénario a été rédigé par Wilder et Raymond Chandler, l'écrivain mondialement célèbre et reconnu dans l'écriture de romans policiers dans les années 40. La collaboration entre Chandler et Wilder sur le film, fut fructueuse, mais aussi difficile. En effet, Wilder avait commencé sa carrière comme scénariste et ne s'en laissait pas compter. On sait d'ailleurs que Wilder se mit à la réalisation car il était frustré de voir son travail de scénariste par des réalisateurs qu'il n'estimait pas. Ainsi, il me semble que par "la porte d'or" scénarisé par Wilder est totalement déséquilibré dans sa construction, et montre à l'écran, le résultat de la défaite de Wilder pour modifier un scénario que le réalisateur a rendu bancal. Ici sur "Assurance sur la mort", Wilder a aimé le travail de Chandler sur le film, mais il reconnaît dans ses Entretiens avec Michel Ciment que cette collaboration fut assez difficile. Dans ses lettres, Raymond Chandler écrit : «Ce travail avec Billy Wilder a été atroce et aura sans doute abrégé ma vie».

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 Pour revenir à "Assurance sur la mort", on a donc un casting 4 étoiles, un génie à la réalisation, et un autre génie à l'écriture. Le film était donc parti sous les meilleurs auspices. A cela on rajoute un autre très grand artiste : Miklós Rózsa, pour la musique. Que demander de plus ? Et le résultat à l'écran est particulièrement réussi. Le film respecte tous les codes du film noir, mais avec quelques particularités. Ainsi, il y a tout le long la voix du personnage principal qui finalement raconte l'histoire dans des "flashbacks" successifs. Cela aurait pu alourdir le film, mais il n'en est rien. Cela donne un côté un peu littéraire et presque intellectuel à un film qui ne l'est pas.

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Ci-dessus : Fred McMurray et Barbara Stanwyck

On sent que Wilder a voulu enlever tout côté glamour au film et donner à Stanwyck une image qui va au delà de la femme fatale. En effet, il en fait un être quasiment maléfique, que le héros suivra les yeux fermés jusqu'à l'ultime fin où il ne la suivra plus, mais où peut être il aurait du le faire. On ne le saura jamais. Wilder et Chandler excelle à donner d'ailleurs de multiples fausses pistes au spectateur. Ainsi, je me suis demandé quand Edward G Robinson a su qui était réellement le meurtrier. Son jeu est parfait, car on a toujours l'impression qu'il a un coup d'avance et qu'il sait. Cela donne un ton très particulier à l'ensemble de l'oeuvre. Wilder a décidé également de changer un peu le roman original, autant pour des raisons cinématographiques, que pour des raisons de censure. Ainsi, on ajouta des éléments de suspens.

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Cj-dessus : Barbara Stanwyck et Fred McMurray

George Raft avait été pressenti, mais il refusa de jouer un meurtrier. Enfin Wilder transforma Barbara Stanwyck, faisant d'elle une blonde vénéneuse. Mais dans "Assurance sur la mort" ce n'est pas seulement un bon casting, un bon compositeur, et un bon réalisateur, c'est aussi une consécration de l'esthétique du film noir. Ainsi Wilder comme sur d'autres films bénéficient d'une superbe photographie en la personne de John F Seitz, qui sera 7 fois nominés aux Oscars de la meilleure photographie. Ainsi, sans vouloir trop pousser cette étude, regardez l'image ci-dessous. Ne peut on penser que Fred McMurray cache derrière la porte un lourd secret ? la porte n'est elle pas ici le symbole d'un secret que l'autre personne que l'on ne voit pas ici sur la photo, ne doit absolument pas savoir ? Et dans la photo ci-dessous, on remarque l'étrangeté d'une situation exceptionnelle dans un supermarché quelconque de l'époque. Il y a donc une opposition entre ce lieu public commun et la situation que vivent les deux protagonistes.

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Je ne peux finir sans dire un mot sur la très belle musique de Miklos Rosza, qui ici évoque sans aucun doute possible, l'inexorable destin, et peut être la peine qui attend les futurs assassins, et la lutte désespérée de l'Homme pour échapper à cette peine. Le film atteint alors son sommet lors de la scène proche du "Hollywood Bowl" où Rosza a l'idée prodigieuse de réunir sa musique à la musique de Beethoven (la 7ème symphonie je suppose). Cette scène est sans aucun doute le sommet musical du film et un des tournants du scénario. Vous l'aurez compris, "Assurance sur la mort" est un chef-d'oeuvre du film noir. On notera enfin que Wilder n'était pas satisfait de la fin et tourna donc une fin alternative, enfin MacMurray devait jouer en 1960 dans un autre film de Wilder : "la garçonnière" (1960). Une version de "Assurance sur la mort" a été sortie en Bluray chez Kino, sans sous-titres ni version française. On ne peut donc qu'espérer que les éditeurs en France, se décident à faire un effort pour sortir ce film en Bluray dans nos contrées. Il le mérite largement,

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Ci-dessus : Fred McMurray et Edward G Robinson

Film disponible en DVD zone 2 chez Carlotta.

La musique de Miklos Rozsa :

 

Reportage présentant le film :

Note : 9 / 10

25/06/2013

Le démon s’éveille la nuit / Clash by Night - 1952

Concernant "le démon s'éveille la nuit", je dénoncerai tout d'abord l'affreuse copie qui nous est proposé par l'éditeur Zylo. Cette version n'est pas loin d'être calamiteuse. En effet, le premier tiers du film est particulièrement griffé, rayé, et presque trouble. Les deux autres tiers seront un peu meilleur, mais finalement la première partie laissera une mauvaise impression d'ensemble générale. Enfin plus grave, le film est proposé uniquement en version française. Alors, c'est vrai qu'on ne peut être que déçu devant cette pauvre édition. Concernant le film en lui même, il faut rapprocher "le démon s'éveille la nuit" d'un autre film de Lang, tourné cette fois-ci deux ans plus tard : "Désirs Humains". L'un et l'autre nous parle du même sujet : L'adultère.

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Comme "désirs humains", "le démon s'éveille la nuit" est inspiré d'une oeuvre littéraire. Ici il s'agit d'une pièce de Clifford Odets. Il en modifie le contenu supprimant l'aspect social de l'oeuvre et changeant la fin. Concernant la scène d'introduction qui présente un village de pêcheur, le producteur pose cette question à Lang : "En tant qu’Européen, pensez-vous pouvoir filmer un village de pêcheurs ? ". Lang lui répondra que l’on peut apprendre beaucoup de choses, sauf à être cinéaste... On l’est ou on ne l’est pas. Le film présente un beau casting avec Barbara Stanwyck, Robert Ryan, Marilyn Monroe (dans un des ses premiers rôles) et Paul Douglas. Le ciel et les nuages sont présents dans le titre, ensuite il y a des plans sur les vagues se fracassant sur les récifs. Tout cela nous rappelle le début de "Mortal Storm" (1944), et Lang arrive à nous donner le sentiment que les désirs et passions humaines sont presque plus forts que la nature elle même.

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Ci-dessus : Barbara Stanwyck et Robert Ryan

Chaque personnage représente une qualité ou un défaut. Barbara Stanwyck représente ici la femme insatisfaite à la recherche du grand frisson et ne supportant pas la monotonie de sa vie. Robert Ryan est la brute épaisse, et Paul Douglas est l'homme normal dans tout l'ennui de sa normalité. Et si le film touche c'est bien dans cette histoire d'un couple qui se déchire. Lang utilise très intelligement une nuisette et un parfum pour faire comprendre aux spectateurs qu'il y a eu une relation sexuelle entre les deux amants. L'intelligence du réalisateur est prodigieuse. Et on ne peut qu'applaudir des deux mains, ce cinéma qui suggère plus qu'il ne montre et qui n'évite par pour autant l'émotion.

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Ci-dessus : Keith Andes et Marilyn Monroe

Note : 7 / 10 (si il en existe une version restaurée)

25/02/2013

Souvenez vous de ... Barbara Stanwyck !

Quelques photos et une video pour se rappeler de Barbara Stanwyck qui a fait tant pour le cinéma d'Hollywood ! C'était une très grande dame du cinéma américain.

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Video hommage :

 

Filmographie

  • 1927 : Broadway Nights de Joseph C Boyle : Fan dancer
  • 1929 : Le Signe sur la porte (The Locked Door) de George Fitzmaurice : Ann Carter
  • 1929 : Mexicali Rose d'Erle C. Kenton : Mexicali Rose
  • 1930 : Ladies of Leisure de Frank Capra : Kay Arnold
  • 1931 : Illicit d'Archie Mayo : Anne Vincent Ives
  • 1931 : Ten Cents a Dance de Lionel Barrymore : Barbara O'Neill
  • 1931 : Les Bijoux volés (The Slippery Pearls) de William C. McGann : Caméo
  • 1931 : L'Ange blanc (Night Nurse) de William Wellman : Lora Hart
  • 1931 : The Miracle woman de Frank Capra : Florence 'Faith' Fallon
  • 1932 : Amour défendu de Frank Capra (Forbidden) : Lulu Smith / aka "66"
  • 1932 : Shopworn de Nick Grinde : Kitty Lane
  • 1932 : Mon grand (So Big!) de William Wellman : Selina Peake De Jong
  • 1932 : The Purchase Price de William Wellman : Joan Gordon, aka Francine La Rue
  • 1933 : La Grande Muraille (The Bitter Tea of General Yen) de Frank Capra : Megan Davis
  • 1933 : Ladies They Talk About de Howard Bretherton et William Keighley : Nan Taylor, Alias of Nan Ellis, aka Mrs. Andrews
  • 1933 : Liliane (Baby Face) d'Alfred E. Green : Lily Powers
  • 1933 : Toujours dans mon cœur (Ever in My Heart) d'Archie Mayo : Mary Archer Wilbrandt
  • 1934 : Franc jeu (Gambling Lady) d'Archie Mayo : Lady Lee
  • 1934 : A Lost Lady, d'Alfred E. Green : Marian Ormsby Forrester
  • 1934 : Mariage secret (The Secret Bride) de William Dieterle : Ruth Vincent
  • 1935 : La Dame en rouge (The Woman in Red) de Robert Florey : Shelby Barret Wyatt
  • 1935 : Mexico et retour (Red Salute) de Sidney Lanfield : Drue Van Allen
  • 1935 : La Gloire du cirque (Annie Oakley) de George Stevens : Annie Oakley
  • 1936 : Message à Garcia (A Message to Garcia) de George Marshall : Raphaelita Maderos
  • 1936 : Carolyn veut divorcer (The Bride Walks Out) de Leigh Jason : Carolyn Martin
  • 1936 : La Fièvre des tropiques (His Brother's Wife) de W. S. Van Dyke : Rita Wilson Claybourne
  • 1936 : Saint-Louis Blues (Banjo on My Knee) de John Cromwell : Pearl Elliott Holley
  • 1936 : Révolte à Dublin (The Plough and the Stars) de John Ford : Nora Clitheroe
  • 1937 : La Loi du milieu (Internes Can't Take Money) d'Alfred Santell : Janet Haley
  • 1937 : Sa dernière chance (This Is My Affair) de William A. Seiter : Lil Duryea
  • 1937 : Stella Dallas de King Vidor : Stella Martin 'Stell' Dallas
  • 1937 : Déjeuner pour deux (Breakfast for Two) d'Alfred Santell : Valentine 'Val' Ransome
  • 1938 : Adieu pour toujours (Always Goodbye) de Sidney Lanfield : Margot Weston
  • 1938 : Miss Manton est folle (The Mad Miss Manton) de Leigh Jason : Melsa Manton
  • 1939 : Pacific Express (Union Pacific) de Cecil B. DeMille : Mollie Monahan
  • 1939 : L'Esclave aux mains d'or (Golden Boy) de Rouben Mamoulian : Lorna Moon
  • 1940 : L’Aventure d’une nuit (Remember the Night) de Mitchell Leisen : Lee Leander
  • 1941 : Un cœur pris au piège (The Lady Eve) de Preston Sturges : Jean Harrington
  • 1941 : L'Homme de la rue (Meet John Doe) de Frank Capra : Ann Mitchell
  • 1941 : Tu m'appartiens (You Belong to Me) de Wesley Ruggles : Helen Hunt
  • 1941 : Boule de feu (Ball of Fire) de Howard Hawks : Katherine 'Sugarpuss' O'Shea
  • 1942 : L'Inspiratrice (The Great Man's Lady) de William Wellman : Hannah Sempler
  • 1942 : Les Folles Héritières (The Gay Sisters) d'Irving Rapper : Fiona Gaylord
  • 1943 : L'Étrangleur (Lady of Burlesque) de William Wellman : Deborah Hoople, alias Dixie Daisy
  • 1943 : Obsessions (Flesh and Fantasy) de Julien Duvivier : Joan Stanley
  • 1944 : Assurance sur la mort (Double Indemnity) de Billy Wilder : Phyllis Dietrichson
  • 1945 : Christmas in Connecticut de Peter Godfrey : Elizabeth Lane
  • 1946 : Le Droit d'aimer (My Reputation) de Curtis Bernhardt : Jessica Drummond
  • 1946 : Amazone moderne (The Bride Wore Boots) d'Irving Pichel : Sally Warren
  • 1946 : L'Emprise du crime (The Strange Love of Martha Ivers) de Lewis Milestone : Martha Ivers
  • 1946 : Californie terre promise (California) de John Farrow : Lily Bishop
  • 1947 : L'Orchidée blanche (The Other Love) d'André De Toth : Karen Duncan
  • 1947 : La Seconde Madame Carroll (The Two Mrs. Carrolls) de Peter Godfrey : Sally Morton Carroll
  • 1947 : Le Loup des sept collines (Cry Wolf) de Peter Godfrey : Sandra Marshall
  • 1948 : L'Indomptée (B .F.'s Daughter) de Robert Z. Leonard : Pauline 'Polly' / 'Pol' Fulton
  • 1948 : Raccrochez, c'est une erreur (Sorry, Wrong Number) d'Anatole Litvak : Leona Stevenson
  • 1949 : Une femme joue son bonheur (The Lady Gambles) de Michael Gordon : Joan Phillips Boothe
  • 1949 : Ville haute, ville basse (East Side, West Side) de Mervyn LeRoy : Jessie Bourne
  • 1950 : La Femme à l'écharpe pailletée (The File on Thelma Jordon) de Robert Siodmak : Thelma Jordon
  • 1950 : Chaînes du destin (No Man of Her Own) de Mitchell Leisen : Helen Ferguson / Patrice Harkness
  • 1950 : Les Furies (The Furies) d'Anthony Mann : Vance Jeffords
  • 1950 : Pour plaire à sa belle (To Please a Lady) de Clarence Brown : Regina Forbes
  • 1951 : The Man with a Cloak de Fletcher Markle : Lorna Bounty
  • 1952 : Le démon s'éveille la nuit (Clash by Night) de Fritz Lang : Mae Doyle D'Amato
  • 1953 : La Plage déserte (Jeopardy) de John Sturges : Helen Stilwin
  • 1953 : Titanic de Jean Negulesco : Julia Sturges
  • 1953 : All I Desire de Douglas Sirk : Naomi Murdock
  • 1953 : Le Voleur de minuit (The Moonlighter) de Roy Rowland : Rela
  • 1953 : Le Souffle sauvage (Blowing Wild) de Hugo Fregonese : Marina Conway
  • 1954 : Témoin de ce meurtre (Witness to Murder) de Roy Rowland : Cheryl Draper
  • 1954 : La Tour des ambitieux (Executive Suite) de Robert Wise : Julia O. Tredway
  • 1954 : La Reine de la prairie (Cattle Queen of Montana) d'Allan Dwan : Sierra Nevada Jones
  • 1955 : Le Souffle de la violence (The Violent Men) de Rudolph Maté : Martha Wilkison
  • 1955 : Les Rubis du prince Birman (Escape to Burma) d'Allan Dwan : Gwen Moore
  • 1956 : Demain est un autre jour (There's Always Tomorrow) de Douglas Sirk : Norma Miller Vale
  • 1956 : La Horde sauvage (The Maverick Queen) de Joseph Kane : Kit Banion
  • 1956 : Passé perdu (These Wilder Years) de Roy Rowland : Ann Dempster
  • 1956 : The Ford Television Theatre (série TV) : Irene Frazier (1 épisode)
  • 1957 : Quarante tueurs (Forty Guns) de Samuel Fuller : Jessica Drummond
  • 1957 : Meurtrière ambition (Crime of Passion) de Gerd Oswald : Kathy Ferguson Doyle
  • 1957 : Femme d'Apache (Trooper Hook) de Charles Marquis Warren : Cora Sutliff
  • 1958 : Alcoa Theatre (série TV) : Midge Varney (1 épisode)
  • 1958 : Goodyear Theatre (série TV) : Midge Varney (1 épisode)
  • 1958 - 1959 : Zane Grey Theater (série TV) : Belle Garrison (4 épisodes)
  • 1960 - 1961 : The Barbara Stanwyck Show (The Barbara Stanwyck Show) (série TV) : Josephine Little (36 épisodes)
  • 1961 : General Electric Theater (série TV) : Lili Parrish (1 épisode)
  • 1961 - 1964 : La Grande Caravane (Wagon Train) (série TV) : Maud Frazer/Caroline Casteel/Kate Crawley (4 épisodes)
  • 1962 : Rawhide (série TV) : Nora Holloway (1 épisode)
  • 1962 : La Rue chaude (Walk on the Wild Side) d'Edward Dmytryk : Jo Courtney
  • 1962 : The Dick Powell Show (série TV) : Irene Phillips (1 épisode)
  • 1962 - 1963 : Les Incorruptibles (The Untouchables) (série TV) : Lt. Agatha Stewart (2 épisodes)
  • 1964 : Calhoun: County Agent (TV)
  • 1964 : L'Homme à tout faire (Roustabout) de John Rich : Maggie Morgan
  • 1964 : Celui qui n'existait pas (The Night Walker) de William Castle : Irene Trent
  • 1965 - 1969 : La Grande Vallée (The Big Valley) (série TV) : Victoria Barkley (112 épisodes)
  • 1970 : The House That Would Not Die (TV) : Ruth Bennett
  • 1971 : A Taste of Evil (TV) : Miriam Jennings
  • 1973 : The Letters (TV) : Geraldine Parkington
  • 1980 : Drôles de dames (Charlie's Angels) (Série TV) : Toni - épisode Triple mixte (Toni's Boys)
  • 1983 : Les oiseaux se cachent pour mourir (The Thorn Birds) (feuilleton TV) : Mary Carson (4 épisodes)
  • 1985 : Dynastie (Dynasty) (Série TV) : Constance Colby Patterson (3 épisodes)
  • 1985-1986 : Les Colby (série TV) : Constance Colby Patterson (24 épisodes)

09/02/2013

Titanic - 1953

Il n'était pas surprenant que le drame du Titanic inspire également Hollywood et plus généralement le cinéma. Nous allons donc faire une petite pause dans notre cycle consacré aux "Misérables" pour ouvrir un nouveau cycle de films cette fois-ci sur le thème du Titanic. Je vous parlerai donc aujourd'hui de la version de 1953 de Jean Negulesco, tournée par la Twentieth Century Fox. Le film s'attache avant tout aux personnages du film et plus particulièrement au couple à la dérive et proche du nauffrage (c'est le cas de le dire), interprêté par Barbara Stanwyck et Clifton Webb. Tous les personnages secondaires tourneront presque tous autour de ce couple. On retrouvera ainsi le tout jeune Robert Wagner et la jeune Audrey Dalton.

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Le film bénéficie d'effets spéciaux novateurs pour l'époque, mais n'est malheureusement pas fidèle à la réalité. A mon sens on est d'ailleurs plus devant un mélodrame que devant un vrai film catastrophe. Ainsi, les histoires des différents personnages prennent systématiquement le pas, sur l'histoire du bateau et finalement la grande histoire. C'est aussi la force et en même temps la faiblesse du film, qui nous mène un peu en bateau jusqu'au drame final qui est une bonne leçon pour chacun d'entre nous, trop occupé par nos passions, et qui négligeons ceux qui nous aiment La catastrophe et donc la mort rattrapent donc à la fin chacun, alors les attitudes changent et les passions n'ont plus alors aucune importance devant la marche irréversible de la mort. C'est la grande leçon du film et la chanson finale, "plus près de toi mon Dieu" est particulièrement forte et pleine d'émotion. C'es très dur de ne pas verser sa larme à ce moment du film. Cette chanson du film, devait d'ailleurs rester dans la mémoire populaire attachée à cette catastrophe et au Titanic.

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En résumé : Un beau film, qui fait passer le Titanic au second plan des intrigues pendant une grande partie du métrage, mais c'est aussi un film qui a en lui beaucoup d'émotion pour une terrible leçon finale qui est une belle parabole sur l'existence et sur le destin de l'Homme.

 

Bande-annonce :

 

La chanson du film, "Plus près de toi mon Dieu" (en vo) :

 

Film disponible en DVD et Bluray (Zone 2 et B)

 

Note : 7 / 10

23/12/2012

Baby Face - 1933

"Baby Face" est un film "Pré-Code" de 1933 avec Barbara Stanwyck, et George Brent dans les rôles principaux. On retrouve également dans les seconds rôles le très jeune John Wayne. Il existe 2 versions de ce film : la version censurée diffusée dans les cinémas à l'époque et la version non censurée "director's cut" si on peut dire. C'est bien entendu, cette dernière version qui donne tout son sens au film. La version censurée enlève tout le caractère sulfureux de l'oeuvre voir même une compréhension de certaines scènes. Le film est une oeuvre d'importance dans l'immense filmographie d'Alfred E. Green.

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Aujourd'hui le film a perdu un peu de son caractère choquant, mais reste néanmoins profondément sulfureux sur de nombreux points. En effet, le film raconte l'histoire d'une jeune fille exploitée par son père dans un espèce de tripot clandestin. Le père fabrique de plus dans l'alcool à priori également de manière inégale. Il faut se rappeler que la prohibition disparaitra en avril 1933. Mais ce n'est pas tant cela qui est mis en avant. C'est surtout la volonté de s'en sortir par tous les moyens pour une jeune fille pauvre. Ce film serait une espèce d'éducation à la vie dans un monde sans pitié. Ainsi, les conseils d'un vieil homme vont faire réagir la jeune fille qui va se décider à ne plus se laisser exploiter mais à exploiter les hommes, grâce à sa beauté.

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Bien entendu, cette volonté de s'en sortir pour une jeune femme qui veut être indépendante était inacceptable pour la censure de l'époque. Et ce sont ces scènes que l'on interdira et pourtant bien avant la mise en place du code Hays. Par contre, la caméra s'attarde longuement sur les formes de Barbara Stanwyck, n'hésite pas à montrer une jarretière, des contacts physiques non désirés (voir l'image ci-dessus) etc

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Ainsi ce type de plan sur les jambes de Barbara Stanwyck est très rare dans le cinéma d'après 1934, on ne le retrouvera que très rarement dans le cinéma américain d'avant 1968. Peut être dans le "facteur sonne toujours deux fois" et encore car dans "le facteur sonne toujours 2 fois", le but du plan était d'anonncer l'entrée d'une femme dans la pièce. Ici le spectateur sait que l'actrice est présente, et le plan ne sert qu'à mettre en avant sa féminité. Je ne vais pas vous raconter toute l'histoire du film, pour ceux qui ne l'ont pas vu. Mais disons que notre héroïne arrivera à s'en sortir matériellement et peut être finalement aussi moralement. Le film était clairement scandaleux pour l'époque car il énonçait des vérités sur une société américaine sans pitié et sans morale et montrait les personnages masculins comme esclaves de leur passion, même au plus haut niveau de la hiérarchie sociale. J'aurais tendance à penser que presque 80 ans après, peu de choses ont changé. C'est bien ce qui fait de ce film un classique du cinéma US. On peut également se demander rétrospectivement ce que le cinéma américain aurait été, si il n'y avait pas eu de Code Hays. La censure a t'elle empêchée le tournage de films réalistes comme celui-ci ou a t'elle permis de développer l'aspect glamour et l'intellectualisme qui manque tant à Hollywood aujourd'hui ? On ne le saura jamais.

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Ci-dessus : Barbara Stanwyck et John Wayne

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Bande-annonce :

La Réplique du film :

-Yes I am a tramp, but whose to blame ? My father !

Traduction : Oui je suis une trainée, mais qui est à blamer ? Mon père !


NOTE : 7 / 10

28/10/2012

Ville haute, ville basse / East Side, West Side - 1949

"Ville haute, ville basse" est un film de Mervyn Leroy de 1949. Le film raconte la vie d'un couple très aisé, dont le mari est volage. Le film ne bénéficie malheureusement pas d'un scénario à la hauteur. On s'ennuie donc pendant bien 1H10. Avant que les 30 dernières minutes, n'amènent un peu d'animation et quelques vérités bien senties. Cela fait finalement bien peu, et seules les stars (James Mason, Barbara Stanwyck, Ava Gardner, Cyd Charisse et Van Heflin) arrivent à insuffler de la vie et de l'intérêt pendant la première heure dans un film très conventionnel. Même la musique de Miklós Rózsa semble trop grande pour ce métrage, dont on ne retient finalement que 2 ou 3 scènes. Donc autant, je n'étais pas d'accord avec Mr Tavernier sur sa critique de "la valse dans l'ombre" du même Mervyn Leroy, autant là je suis d'accord pour dire que "Ville haute, ville basse" est effectivement très conventionnel.

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Pour les courageux, film disponible en DVD zone 2, dans la collection "Trésor Warner", qui y verront peut être ce que je n'ai pas vu.



Note : 5 / 10

26/10/2012

La seconde Madame Carroll / The Two Mrs Carrolls - 1947

La seconde Madame Carrolls est un film de Peter Godfrey de 1947. Il montre la folie d'un artiste peintre qui ne peut peindre que quand il empoisonne sa femme à petits feux (au verre de lait empoisonné). Sa première femme décède alors ainsi. On a du mal à le croire d'ailleurs. Finalement, il se remarie, car à chaque fois il a une nouvelle femme en vue, qui lui fait abandonner la précédente. Le film peut être vu comme un peu lent à certains endroits. Mais, il fait penser à certains films d'Hitchcock. La réception par la critique ne fut pas très bonne. Pourtant il a plusieurs qualités. Déjà, il a un très bon casting. En effet, on retrouve Humphrey Bogart, Barbara stanwyck et Alexis Smith. Barbara stanwyck c'est bien entendu la star des années 30 et 40 dont l'étoile ne palit pas. Alexis Smith est connue de son côté, pour avoir été la partenaire d'Errol Flynn dans de nombreux films comme "Gentleman Jim", "San Antonio" ou encore "Montana". De plus, la musique de Franz Waxman est une pure merveille symphonique qui fait monter la tension du spectateur à son paroxysme. Ainsi la scène de la découverte de son tableau par la seconde madame Carrolls est terriffiante presque uniquement par la musique.

 

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A noter les 2 affiches avec un titre français différent et avec un "s" ou non sur Carrolls.

La scène où Bogart veut forcer la porte de la chambre de sa femme, est accompagnée d'une musique qui augmente la terreur et l'angoisse du spectateur à son paroxysme. La musique composée par Waxman arrive à porter les thèmes de l'angoisse, de la peur, mais aussi du désespoir d'une femme blessée physiquement mais aussi au coeur, et qui voit son mari tel qu'il est, c'est à dire fou. Le film finira d'ailleurs par une blague de Bogart. On peut se demander si ce n'était pas une initiative des scénaristes pour détendre le spectateur avant sa sortie du cinéma ? Pour ma part, je pense donc que ce film a été très sous-estimé au moment de sa sortie et mérite bien mieux que les critiques fades dont il a été l'objet. Film disponible dans la collection "Trésor Warner".

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Ci-dessus Bogart et Barbara Stanwyck :

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Ci-dessus : Alexis Smith

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Ci-dessus : Alexis Smith  (Photo glamour mais non tirée du film)

 

 Extrait de la somptueuse musique de Franz Waxman :

 

Note : 7 / 10