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07/12/2013

La Rue Rouge / Scarlet Street - 1945

"La rue rouge" est donc un film miroir à "la femme au portrait". Film miroir, car évidemment il reprend le même casting avec Edward G Robinson, Joan Bennett et Dan Duryea, mais aussi car il est une variation plus forte sur le même thème. Pour l'occasion Lang fonde sa propre compagnie de production, avec l'aide de Walter Wanger, mari de Joan Bennett. Mais le film sera distribué par Universal. L'intrigue est cette fois-ci, plus crue que celle de "la femme au portrait". Ainsi, Edward G Robinson tombe sur une femme (Joan Bennett) qui se fait frapper par un homme (Dan Duryea), la nuit, dans un quartier désert de Brooklyn. Le spectateur, comprend alors tout de suite, les relations qui unissent le personnage de Joan Bennett et Dan Duryea. Seul le personnage d'Edward G Robinson ne le comprend pas. Ainsi, c'est bien un terrible trio, qui va être mis en image. Edward G Robinson, sera le pigeon, Dyan Duryea l'ignoble souteneur et Joan Bennett la semi-prostituée, prête à tout pour un homme qui l'exploite, plus qu'il ne l'aime.

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Fritz Lang et les scénaristes ont totalement compris la psychologie féminine, souvent attirée par des êtres mauvais, nocifs mais dont elle tombe facilement amoureux. Ainsi, la violence, attire Joan Bennett, et elle le dit quasiment explicitement lorsqu'elle avoue à son amant, qu'Edward G Robinson le dégoute, car il ne voit pas dans ses yeux, la violence, qu'elle peut voir dans ceux de son mari. La bonté et la gentillesse sont pour elle un repoussoir sexuel. Mais Edward G Robinson, n'est pas seulement exploité. Il est aussi féminisé. Ainsi, il fait la vaisselle pour son épouse légitime. Il met un tablier de cuisine très féminin. Sa femme menace de mettre à la poubelle ses peintures et ses toiles, car elle n'en supporte plus l'odeur, ni la place qu'elles prennent dans leur petit appartement. Elle lui reproche enfin de ne rien pouvoir se payer à cause de lui. Sa virilité lui est donc refusée tout le long du film.

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Ci-dessus : Joan Bennett et Dan Duryea

Pire que ça, alors que la peinture est sa passion, son oeuvre va être volée et la célébrité lui échapper. On va donc assister à une longue déchéance du personnage, dont la fin se terminera dans les volutes d'un cigare. Autant en emporte le vent ... Passion, amour, travail, haine, crimes, et oeuvres d'art, toute sa vie lui échappera. Fritz Lang signe là, peut être sa plus belle oeuvre ou chaque plan, chaque objet a sa signification.  "La rue rouge" transforme l'essai de "la femme au portrait" de la plus belle des manières. On peut encore remercier Wild Side pour la superbe édition, associé à un livre. On regrettera malgré tout que l'éditeur n'ait pas eu l'idée de sortir ce film en Bluray, comme l'a fait Kino pour le marché anglo-saxon. Quoiqu'il en soit, il n'y a aucune raison, pour se priver d'un film d'une telle qualité.

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Ci-dessus : Edward G Robinson et Jona Bennett

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Ci-dessus : Fritz Lang et Joan Bennett

 

Extrait :

Disponible chez Wild Side

Note : 8,5 / 10

06/12/2013

La femme au portrait / The Woman in the Window - 1944

"La femme au portrait" est peut être l'un des meilleurs films de Fritz Lang. Je n'ai pas besoin de retracer ici la carrière de Fritz Lang, qui était évidemment un réalisateur allemand, qui quitta l'Allemagne un peu tard, pour Paris, puis se rendit à Hollywood, En France, il réalise "Liliom" (1934). Puis n'ayant pas beaucoup de perspectives en France, il quitte la France pour Hollywood en juin 1934. En 1939, sa carrière de réalisateur semble terminée devant l'insuccès de "you and me". Mais il arrive à intéresser Darryl Zanuck, et ce dernier lui confie la réalisation de deux westerns : "Le retour de Frank James" (1940) et "les pionniers de la Western Union" (1941). Puis l'Allemagne déclarant la guerre aux USA, Lang se tourne vers la réalisation de films anti-nazis, comme "chasse à l'homme" ou "les bourreaux meurent aussi". En 1944, il fait une pause dans les films anti-nazis, et réalise la femme au portrait. Il faut savoir qu'il a déjà tourné avec Joan Bennett, dans "chasse à l'homme" (1941) et que ce sera une des ses héroïnes préférées. "Chasse à l'homme" est donc essentiel, car il met Lang en relation avec Joan Bennett, et son mari producteur : Walter Wanger. Joan Bennett devait tourner 4 fois sous la direction de Lang, donc d'abord dans "chasse à l'homme (1941), puis dans "la femme au portrait", dans "rue rouge" (1945) et enfin dans "le secret derrrière la porte" (1948). L'année 1944, marque un développement du film noir aux USA, avec "Laura", mais aussi "assurance sur la mort". "La femme au portrait" s'inscrit donc cette lignée. On sait aujourd'hui que c'est le scénariste Nunnally Johnson, qui imposa le choix de Fritz Lang pour ce film, comme celui de Joan Bennett. En effet, "la femme au portrait" est une production International Pictures, et Nunnally Johnson est un des co-fondateurs de ce studio qui sera rapidement absorbé par Universal. De plus, il avait connu Lang sur le tournage du "retour de Frank James" et l'appréciait pour ses talents de réalisateur.

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Lang utilise pour "la femme au portrait" et pour "la rue rouge" quasiment le même casting avec donc Joan Bennett, mais aussi Edward G Robinson, et Dan Duryea. Ce dernier joue dans les deux films une véritable crapule, maître chanteur par excellence. Je ne vais pas ici vous raconter toute l'histoire du film, car ce serait gâcher toute la surprise que donne ce grand film. Mais disons que le film est assez étrange pour attirer l'attention. On retrouve énormément de symboles et c'est bien la fin du film qui donnera une explication des moindres détails au spectateur. Ainsi, je ne dirais rien de l'intrigue si je vous raconte qu'Edward G Robinson, qui joue ici un célèbre criminologue se révèle confronter au reflet du modèle d'une peinture de femme qu'il voit dans une vitrine (voir image ci-dessous). Cette femme fatale entrainera notre héros dans une terrible aventure. C'est pour cela qu'il est assez difficile de dissocier "la femme au portrait" de "la rue rouge", mais pas seulement par le casting, mais parce que l'un et l'autre explore le thème de la manipulation, mais aussi du désir inassouvi et de la féminisation de l'Homme par des femmes sans scrupule.

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Ci-dessus : Edward G Robinson et Joan Bennett

Lang mélange aussi la sexualité, l'imagination, l'inconscient et le crime pour faire de ce film une oeuvre baroque, digne des plus grands. On ne peut que remercier Wild Side pour cette sortie et la mine d'information que contient l'ouvrage associé au coffret. On regrettera que l'éditeur n'est pas sortie le film en Bluray comme l'a fait un autre éditeur (Kino) pour "la rue rouge", mais pour le marché US avec une superbe copie. On finira par dire que, "La femme au portrait" était l'un des films préférés de Lang avec donc "La Rue Rouge". Rien d'étonnant à ça, au vu de la qualité cinématographique de l'ensemble. On remarquera également que dans "Laura" tourné la même année, mais cette fois-ci par Otto Preminger et avec Gene Tierney, il y avait aussi un portrait qui trônait en bonne place. "La rue rouge" devait 1 an plus tard, faire de la peinture l'élément principal du film, pour un mélange de thèmes encore plus savoureux.

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Ci-dessus : Edward G Robinson et Joan Bennett

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Ci-dessus : Edward G Robinson et Joan Bennett

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Ci-dessus : Joan Bennett et Fritz Lang

La bande-annonce :

Disponible chez Wild Side en DVD zone 2 (coffret /Livre)

 

Note : 8 / 10