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16/07/2014

Pour elle un seul homme / The Helen Morgan Story - 1957

Il fallut 4 scénaristes (Nelson Gidding, Stephen Longstreet, Dean Riesner et Oscar Saul), pour écrire difficilement l'histoire de la grande chanteuse américaine, Helen Morgan. Il n'en reste pas moins que l'histoire prend quelques détours avec la réalité et reste un peu binaire. Mais pour ma part, j'ai trouvé Ann Blyth très convaincante en Helen Morgan. Certaines critiques ont dit que sa voix de soprano ne convenait pas et donc que la Warner ait engagée Goggi Grant pour le doublage. Par contre, d'autres commentateurs ont contesté ce choix. En réalité, lors d'un doublage l'actrice n'est jamais consacrée, car les critiques s'opposent devant un choix jugé raisonnable pour les uns et contestable pour les autres. Quoiqu'il en soit, Ann Blyth joue très bien son rôle et arrive à amener une vraie émotion dans les scènes dramatiques, et nous donne une formidable performance d'actrice dans le dernier tiers du film.

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Michael Curtiz est à la réalisation et ça se voit. Tout est très soigné. La direction d'acteur est très bonne. La photographie est classique sans être trop présente ou trop excessive. Mais ce que l'on peut contester, c'est le look un peu années 50 de l'histoire qui est censée se passer dans les années 20. C'est le gros défaut du film qui n'arrive pas à nous faire oublier en terme de réalisme, "les fantastiques années 20" (1939) de Raoul Walsh avec James Cagney et Humphrey Bogart. Dans les fantastiques années 20, l'actualité était très présente, voir trop et on se plongeait littéralement dans l'époque vue par les Américains. Dans "Pour elle un seul homme", l'époque semble se diluer dans les problèmes de la chanteuse. C'est le principal défaut du film. Il faut noter que ce n'est pas la première participation d'Ann Blyth à un film de Michael Curtiz. En effet, elle avait déjà travaillé avec lui dans le superbe film, "le roman de Mildred Pierce" (1945). Curtiz se plaît à filmer les jambes des danseuses qui descendent des escaliers, comme beaucoup de réalisateurs hollywoodiens avant lui. Dernier film d'Ann Blyth pour le cinéma, c'est aussi une forme d'adieu pour cette magnifique actrice qui n'a eu pas la carrière qu'elle aurait méritée d'avoir. "Pour elle un seul homme" ne laisse donc pas indifférent, et malgré ses défauts on prend beaucoup de plaisir à suivre la vie d'Helen Morgan et à écouter des chansons nostalgiques mais superbes d'un mélodrame de qualité.

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Ci-dessus : Ann Blyth

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Ci-dessus : Paul Newman et Ann Blyth

Extrait :

 

La vraie Helen Morgan dans la version de "Show Boat" de 1936 :

 

Film disponible en DVD en VO sous-titrée (collection Fnac)

Note : 7,5 / 10

07/07/2014

Ann Blyth évoque sa carrière !

Pour les personnes comprenant l'anglais, voilà une très belle interview d'Ann Blyth qui se remémore sa carrière.

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20/03/2014

Le roman de Mildred Pierce / Mildred Pierce - 1945

Aujourd'hui je vous propose un sacré beau film que j'ai revu hier soir : "le roman de Mildred Pierce", tiré du livre de James M. Cain. Le film est admirable à tous les points de vue. La distribution est excellente. Ainsi, on retrouve une Joan Crawford très crédible en femme au foyer, une Ann Blyth délicieusement manipulatrice et perverse. Dans les seconds rôles on retrouve Jack Carson,  Zachary Scott, et Eve Arden. Zachary Scott on l'a vu joué dans d'autres mélodrames, comme "la femme aux maléfices" (1950). Quant à Jack Carson, éternel gaffeur et joli coeur, il a ici peut être son rôle le plus sérieux et joue à la perfection un personnage assez superficiel. Le film vaut autant par le jeu des acteurs, que par la superbe réalisation d'un Michael Curtiz, génialement inspiré, qui multiplie, comme souvent dans son oeuvre, les plans d'exceptions. Et il fait sienne la fameuse phrase de Jacques Tourneur, qui disait : "La couleur des décors n'a pas d'importance, ce qui est capital c'est la lumière". Rien est plus vrai pour le noir et blanc, et on devine sur les photographies de cet article, le travail d'artiste que Curtiz a fourni sur la lumière.  Pour arriver à cet incroyable résultat, il a du sans aucun doute bénéficier du directeur de la photographie, Ernest Haller. Ernest Haller n'était pas n'importe qui car il a participé à la photographie de nombreux films de Curtiz, mais a également obtenu un Oscar pour "Autant en emporte le vent" (1939).

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Michael Curtiz multiplie donc surtout au début les scènes géniales, comprenant des jeux de lumière, des jeux d'ombre, et tout cela est d'une beauté extraordinaire. Rien que le titre, donne des frissons, lorsqu'on entend la superbe musique de Max Steiner, et que les lettres du titre sont effacées successivement par un éternel ressac. Le ton est donné pour un très grand film et "Mildred Pierce" est effectivement un très grand film, et peut être un des plus beaux mélodrames du cinéma américain. Les critiques ne devaient pas s'y tromper, et le film devait être nominé de nombreuses fois aux Oscar et Joan Crawford devait recevoir l'Oscar de la meilleure actrice pour sa formidable interprétation. Aujourd'hui, on a un peu oublié le genre mélodrame. En effet, les temps ont changé. Les femmes refusent d'être des victimes ou se voir victimiser à l'écran.  Pourtant, "Mildred Pierce" est un film profondément féministe, car comment ne pas avoir de la compassion, pour le combat acharné d'une femme pour sauver sa famille ? Jamais peut être dans son oeuvre, Curtiz n'a décrit aussi bien la condition féminine d'une mère au foyer, digne et responsable et l'amour d'une mère pour sa fille. En cela, il nous offre une oeuvre d'une inaltérable résonance.

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Ci-dessus : Joan Crawford et Ann Blyth

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Ci-dessus : Joan Crawford

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Ci-dessus : Joan Crawford (admiré sur ces images, la fabuleuse photographie d'Ernest Haller )

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Ci-dessus : Les jeux d'ombres, traditionnels des films de Curitz

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Ci-dessus : Ann Blyth, Zachary Scott, et Joan Crawford

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Ci-dessus : Zachary Scott et Ann Blyth

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Ci-dessus : Joan Crawford et Michael Curtiz

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Ci-dessus : Michael Curtiz apportant son Oscar à Joan Crawford. En effet, cette dernière avait été malade le soir de la remise des Oscars.

 

Présentation de Mr Bertrand Tavernier :

 

La bande-annonce :

 

Film disponible en DVD zone 2 chez Twentieth Century Fox, en VO sous-titrée français, sur Amazon.fr à 4,90 €. A ce prix là, c'est un cadeau, au vu de la qualité du film.

Note : 8,5 / 10

27/05/2013

Souvenez vous de ... Ann Blyth !

Aujourd'hui, Hollywood Classic se souvient d'Ann Blyth, inoubliable dans "le Roman de Mildred Pierce" (1945) qui lui valut une  nomination aux Oscars ou dans "les démons de la liberté" (1947) de Jules Dassin. Elle n'avait pas la personnalité d'une Lana Turner ou d'une Lauren Bacall, pourtant elle a une filmographie très intéressante et jouera avec les plus grands. Elle reste une très belle représentante de ce glamour hollywoodien qui nous fait toujours tant rêver. Souvenez vous de ... Ann Blyth !

 

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04/05/2013

Les démons de la liberté / Brute Force - 1947

"Les démons de la liberté" est un film de Jules Dassin tourné en 1947, avec comme star principale, Burt Lancaster. Hume Cronyn trouve là quant à lui peut être un des ses meilleurs rôles. Habitué aux seconds rôles, Hum Cronyn a joué dans "le facteur sonne toujours 2 fois" (1946) où il a interprêté un avocat toujours à la limite de la légalité. On retrouve également Hum Cronyn, dans "la septième croix" (1944) avec Spencer Tracy, il faisait le citoyen allemand qui était molesté par le régime nazi. Le film nous raconte l'histoire de la naissance d'une évasion d'un pénitencier d'état qui va mal tourner et finir en explosion généralisée. Cette idée d'évasion va naître de l'enfermement, la promiscuité, mais aussi de l'opposition entre le surveillant en chef joué par Cronyn et les détenus. Le personnage joué par Burt Lancaster ou même par Hume Cronyn n'apparaissent pas au début du film comme des personnages principaux. Et Dassin nous montre ici avec un talent inimaginable que l'antipathie des deux personnages va évoluer pour déboucher finalement en une lutte à mort.

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Dassin et le scénariste Richard Brooks ont ici en plus l'intelligence prodigieuse d'insérer des flashbacks successifs. Ainsi, ces flashbacks au lieu de compliquer l'histoire ou de la ralentir vont expliquer très souvent quelle est l'histoire des prisonniers. De plus ils sont introduits de la plus intelligente des manières, par la discussion le soir entre prisonniers. Et de quoi peuvent bien parler les prisonniers le soir ? Ils parlent des femmes qu'ils ont connu. Ainsi, Dassin introduit des personnages féminins dans un film de prison, genre (comme dans le film de guerreà où il y en a généralement assez peu. Cela nous permet donc d'apprécier Ann Blyth, Ella Raines, mais aussi Yvonne de Carlo et Anita Colby. Le film n'est donc jamais linéaire ou ennuyeux. Ces flashbacks donnent également une respiration et une structure à l'oeuvre et caractérisent les prisonniers et n'en font plus des inconnus pour le spectateur. Ses flashbacks donnent enfin, une humanité à chaque détenu, les montrant n'ont comme des prisonniers, mais comme des êtres humains capables d'aimer ou de bonté si on leur donne leur chance. On pourrait aussi parler longuement de l'extrème sophistication de ces flashbacks à l'extrème inverse des scènes dans l'égout.

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Le personnage du gardien chef joué par Cronyn est le plus intéressant. En effet, symbole de la violence et de la perversité, il devient à la fin du film, symbole de la barbarie nazie. Et là on peut dire que Brooks et Dassin clouent le spectateur en disant que le nazisme il n'était pas seulement en Allemagne, mais aussi dans les prisons américaines. Le nazisme devient donc sociétale et non pas la seule tarre du peuple allemand. On pourrait dire qu'il devient une espèce de perversité de l'Homme. Ainsi, plusieurs indices sont donnés aux spectateurs pour que celui-ci arrive à cette conclusion. On voit Cronyn écouter du Wagner avant de se mettre à frapper un prisonnier. Son discours glorifie les plus forts contre les plus faibles. Enfin, un ancien soldat explique les tactiques utilisées contre les nazis pendant la guerre. A ce moment du film, on comprend que le film fait l'effet d'une bombe. Et si l'impitoyable cruauté sociale des détenus est mise en avant. Elle n'atteint jamais là, la perversité carcérale mise en place par les gardiens.

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Dassin arrive avec ses flashbacks et avec sa dénonciation de la cruauté universelle et institutionalisée de la détention à faire du spectateur une conscience des détenus et à finalement nous faire prendre fait et cause pour eux. L'intelligence scénaristique est prodigieuse et on voit quand même la différence avec des séries récentes comme par exemple "Prison Break" à la qualité inégale. Là l'oeuvre de Dassin est parfaite, sans apérités ou défauts quelconques et magnifiée par la musique ample et généreuse de Miklos Rozsa. "Les démons de la liberté" est donc une oeuvre majeure de Dassin du même niveau que "les forbans de la nuit" qu'il tournera 3 ans plus tard. Enfin, ce film a son utilité car il réveille notre conscience, en nous faisant réfléchir sur le régime pénitencier américain où on peut emprisonner sans juger ou maintenir à l'isolement pendant 41 ans un être humain sans preuves suffisantes. Un film indispensable.

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Ci-dessus : Whit Bissell et Ella Raines

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Ci-dessus : Hume Cronyn dans ses oeuvres ...

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Ci-dessus : Burt Lancaster et les flashbacks féminins des "démons de la liberté".


Bande-annonce :

 

Extraits de la musique :


Film disponible chez Universal en DVD Zone 2

Note : 9,5 / 10