Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

31/12/2014

Le crime était presque parfait / Dial M for Murder - 1954

"Le crime était presque parfait" est le premier film des trois films, de Grace Kelly pour Alfred Hitchcock. Le film est réalisé avec un sens du détail assumé, et en seulement 34 jours. Il est une adaptation fidèle d'un pièce de théâtre éponyme. Il était dans son propos, un peu révolutionnaire pour 1954. En effet, la femme infidèle (Grace Kelly) était sympathique, et le mari (Ray Milland) totalement antipathique. D'ailleurs, le personnage de l'amant joué par Robert Cummings laissait tout autant paraître un caractère positif. On voit sur chaque plan, le travail minutieux d'Hitchcock sur les moindres détails de la photographie et de la mise en scène, en particulier sur la fameuse scène des ciseaux. Il n'en reste pas moins que le film est confiné à un appartement pendant presque toute sa durée. Et on a donc très souvent l'impression d'assister à du théâtre filmé. C'est peut être pour cela, que "le crime était presque parfait", avait été tourné en 3D, afin de ne pas laisser cette impression de film statique au spectateur. On notera aussi que la musique de Dimitri Tiomkin, semble bien, à l'étroit dans cet appartement, et convient mieux aux grands espaces westerniens ou aux films d'action. Quoiqu'il en soit, "le crime était presque parfait", sera éclipsé la même année, par le fulgurant succès de "fenêtre sur cour" (autre réalisation d'Hitchcock). On pourra noter également la présence d'un intéressant remake avec Michael Douglas et Gwyneth Paltrow, "meutre parfait" (1998).

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,grace kelly,ray milland,robert cummings,john williams,dimitri tiomkin,alfred hitchcock

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,grace kelly,ray milland,robert cummings,john williams,dimitri tiomkin,alfred hitchcock

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,grace kelly,ray milland,robert cummings,john williams,dimitri tiomkin,alfred hitchcock

Ci-dessus : Ray Milland & Grace Kelly

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,film,films,grace kelly,ray milland,robert cummings,john williams,dimitri tiomkin,alfred hitchcock

Ci-dessus : Anthony Dawson & Grace Kelly

Disponible en DVD zone 2, VF et VO sous-titrée chez Warner France

Note : 7 / 10

05/02/2014

L'ombre d'un doute / Shadow of a doubt - 1943

"L'ombre d'un doute" était le film préféré d'Alfred Hitchcock selon sa fille, et quand on le visionne on comprend pourquoi. En effet, derrière la vie d'une famille américaine sans histoire, dans une petite ville de province va se nouer un véritable cauchemar. L'ennui d'une jeune fille un peu innocente (Teresa Wright) est le déclencheur. Pourquoi ne pas faire venir ce bon vieux oncle Charlie (Joseph Cotten) pour enfin avoir de l'amusement. En effet que peut on rêver de mieux qu'un invité pour avoir un peu d'animation à la maison ? Les rapports troubles entre ce très distingué oncle Charlie et la jeune fille laisse à penser qu'il y a entre eux de l'admiration voir de l'amour. Et Hitchcock laisse supposer que le personnage de Teresa Wright n'est pas aussi innocent qu'on peut le penser au premier abord. Mais rien ne la prépare à se heurter à un oncle Charlie qui a bien changé et qui surtout traîne un lourd passé. Mais est ce possible qu'un aussi bel homme, aussi bien distingué, et aussi bien habillé, puisse cacher quelque chose.

53629.jpg

Hitchcock donc comme a son habitude joue sur les apparences, mais aussi sur le rapport trouble entre Teresa Wright et Joseph Cotten. C'est d'ailleurs un pur plaisir de retrouver ici la belle Teresa Wright, qui semble être la conscience mais également le subconscient de l'oncle Charlie, ou si vous voulez l'âme soeur. Ce rapprochement en une espèce de conscience jumelle est bien montré lors de la scène du train, où l'oncle Charlie semble à bout de force, comme écrasé par ses fautes. Mais la conscience aveugle du personnage de Theresa Wright lui donne au premier regard une force nouvelle, une vie nouvelle. Par son regard innocent, il est lavé de ses fautes et donc lui aussi innocent. Mais la destruction de cet état, par l'amour absolu va révéler la vraie nature de l'oncle Charlie et précipiter sa fin. Hitchcock explore donc la psychologie des personnages de la meilleure des manières. On retrouve aussi quelques un de ses thèmes favoris comme les trains qui semblent signifier l'implacable cours du destin, ou encore associe un personnage qui pardonne toutes les fautes : la soeur de l'oncle Charlie qui ne voit rien et ne comprend rien, son frère restant toujours cet être supérieurement merveilleux.

ombre-d-un-doute-01-g.jpg

Ci-dessus : Teresa Wright et Joseph Cotten

Je n'ai pas dit un mot du casting et ce n'est pas bien. Donc une fois n'est pas coutume je finirais là dessus. On retrouve donc avec plaisir Teresa Wright. On se souvient d'elle pour son rôle dans "la vipère" (1941) avec Bette Davis, ou dans "Mrs Miniver" (1942), où elle devait décrocher l'Oscar du meilleur second  rôle, mais surtout pour sa prestation avec Dana Andrews dans "les plus belles années de notre vie" (1946). Quant à Joseph Cotten c'est évidemment l'acteur de très nombreux films où il n'était pas souvent le méchant. C'était évidemment la vedette de "Citizen Kane" (1941) ou du trop méconnu "Lydia" (1941). On retrouve également de très bon seconds rôles comme Hume Cronyn qui était formidable en avocat dans "le facteur sonne toujours deux fois" (1946) avec John Garfield et Lana Turner. On peut également citer, pour les seconds rôles, Patricia Collinge. Cette dernière était également présente dans "la vipère" (1941). Pour finir sur la musique, je dirai que Dimitri Tiomkin nous donne une très belle participation aux tons inspirées de la valse de "la veuve Joyeuse" de  Franz Lehár. Je vous conseille donc très fortement ce film d'Hitchcock où l'innocence rencontre le mal, dans un mélange encore explosif, même pour notre époque et qui nous permet de revisiter la tranquillité et la paix toute relative et apparente d'une ville américaine des années 50. Je regretterai juste la prestation de Macdonald Carey pas très à l'aise et crédible en policier courtois.

cinéma, cinema, film, films dvd, bluray, acteur, actrice, hollywood, Teresa Wright, Joseph Cotten, Macdonald Carey, Henry Travers, Patricia Collinge, Hume Cronyn, Wallace Ford, Edna May Wonacott, Charles Bates, Irving Bacon, Clarence Muse, Janet Shaw, Estelle Jewell, alfred hitchcock,

Ci-dessus : Joseph Cotten et la belle Teresa Wright

cinéma, cinema, film, films dvd, bluray, acteur, actrice, hollywood, Teresa Wright, Joseph Cotten, Macdonald Carey, Henry Travers, Patricia Collinge, Hume Cronyn, Wallace Ford, Edna May Wonacott, Charles Bates, Irving Bacon, Clarence Muse, Janet Shaw, Estelle Jewell, alfred hitchcock,

Ci-dessous : Macdonald Carey et Teresa Wright

cinéma, cinema, film, films dvd, bluray, acteur, actrice, hollywood, Teresa Wright, Joseph Cotten, Macdonald Carey, Henry Travers, Patricia Collinge, Hume Cronyn, Wallace Ford, Edna May Wonacott, Charles Bates, Irving Bacon, Clarence Muse, Janet Shaw, Estelle Jewell, alfred hitchcock,

Ci-dessus : Teresa Wright et Joseph Cotten

 

La bande-annonce :

 

Extrait de la musique :

 

Note : 8  / 10

08/11/2013

Quatre de l'espionnage / Secret Agent - 1936

Après le formidable succès des "39 marches" (1935), où on voyait un Robert Donat forcé de parcourir la campagne avec une Madeleine Carroll accrochée à son bras par des menottes, Hitchcock s'attaque à un autre film, "Quatre de l'espionnage". Il reprend une bonne partie de l'équipe de son précédent film, en reprenant ainsi Madeleine Carroll, mais aussi le même responsable de la  photographie, et les mêmes responsables des décors. Mais si Hitchcock a toujours excellé à montrer la fuite d'un innocent, il est ici un peu gêné par un scénario qui a de nombreux points faibles. Pour commencer le héros John Gielgud (ici dans son deuxième film), fait très anglais, mais surtout paraît terriblement antipathique. On a donc du mal à s'attacher à lui. Madeleine Carroll joue à la coquette, Peter Lorre surjoue un général mexicain en quête de jolies filles, et l'espion allemand paraît fort sympathique, pendant les deux tiers du film. Tout cela n'est donc pas très crédible.

551.jpg

Enfin et peut être plus grave, le scénario fait mourir un innocent, ajoutant un énorme dégoût dans le coeur du spectateur à peu près à la moitié du film. Le film prend un peu de force sur la fin avec les passages dans le train, et dont les scènes rappellent de nombreuses autres scènes, d'autres films d'Hitchcock où les trains sont également présents. Hitchcock qu avait peut être conscience de l'acidité de son oeuvre, avait ajouter des scènes où on voyait Madeleine Carroll presque nue dans sa salle de bain. Malheureusement la censure anglaise de l'époque, décidait de les couper. On ne les voit donc pas. "Quatre de l'espionnage" reste donc à mon sens, comme une oeuvre honorable d'Hitchcock de sa période anglaise, mais néanmoins mineure.

secret agent- cast.jpg

Ci-dessus : Peter Lorre, Madeleine Carroll et John Gielgud

cinéma, cinema, dvd, bluray, acteur, actrice, films anglais, madeleine carroll

Ci-dessus : Madeleine Carroll et John Gielgud

cinéma,cinema,dvd,bluray,acteur,actrice,films anglais,madeleine carroll,alfred hitchcock

Note : 6 / 10

23/10/2013

La cinquième colonne / Saboteur - 1942

Il est intéressant de noter comment les oeuvres mineures d'Hitchcock sont devenus avec le temps des classiques du cinéma. Il en va ainsi de ce film, "la cinquième colonne" (1942). Ce film représente rien de moins que la contribution d'Hitchcock à l'effort de guerre. Ainsi, beaucoup de réalisateurs vont contribuer par leur film à remonter le moral des civils aux USA et des militaires en permission. On peut ainsi citer Walsh avec "Sabotage à Berlin" (1942), "Saboteur sang gloire" (1944), et "Aventures en Birmanie" (1945) ou encore "l'ange des ténèbres" de Lloyd Bacon. En 1942, Hitchcock était employé par la RKO mais il été prêté par cette dernière à Selznick International Pictures. L'idée du scénario revenait originellement à ce dernier. Mais les rapports se dégradèrent rapidement entre Hitchcock et Selznick. En effet, Hitchcock n'aimait pas que Selznick touche de l'argent sur son prêt de la RKO. Finalement, Selznick à bout, se décida à refiler le scénario et le réalisateur à l'Universal, qui sauta sur l'occasion.

Saboteur.JPG

Malgré un casting plutôt sympathique comprenant Robert Cummings, Priscilla Lane, Norman Lloyd, et Otto Kruger, Hitchcock raconta plus tard dans les entretiens qu'il eut avec François Truffaut, qu'il ne fut pas du tout satisfait du scénario. En effet, il trouvait que Cummings n'était pas une grande vedette. Il considérait Priscilla Lane, comme très vulgaire et Otto Kruger, comme un méchant de seconde zone. Pourtant à l'écran le résultat est magique. Hitchcock multiplie en effet les scènes exceptionnels et ce dès le titre qui est progressivement envahi par une fumée noire, symbole de cette cinquième colonne qui ronge l'Amérique. Puis on voit une usine brûlée, et un homme prendre en flammes. Mais ce n'est pas fini et on peut multiplier les exemples, que ce soit la scène dans la cabane, où Hitchcock arrive à donner une présence quasi-humaine à un berger allemand, ou dans la scène du cinéma où il arrive à tourner des effets terriblement glaçants. On peut d'ailleurs se demander si on oserait tourner cette scène aujourd'hui, vu qu'une scène de fusillade a été auto-censurée dans "Gangster Squad" (2012).

saboteur1.jpg

Ci-dessus : Robert Cummings et Priscilla Lane

Pourtant le scénario n'a rien de particulièrement original. Ainsi, Hitchcock utilisera plusieurs fois ce type de scénario comme dans "les 39 marches" (1935) ou dans "la mort au trousse" (1959). Il le reconnaîtra d'ailleurs. Quoiqu'il en soit, on retire beaucoup de plaisirs à voir ce "Saboteur" qui arrive à surpasser son statut de simple film de propagande pour nous offrir un vrai 'Hitchcock, parsemé de scènes assez exceptionnelles.

kFnMzCyEqM1nDVfV1cnrt7uSVL9.jpg

Ci-dessus : Robert Cummings et Priscilla Lane

cummings-lane-laugh_opt.jpg

Ci-dessus : Robert Cummings et Priscilla Lane pendant une pause

Saboteur 968.jpg

La fameuse scène du cinéma :

 

Note : 8,5 / 10

07/12/2012

Les 39 marches / The 39 Steps - 1935

"Les 39 marches" est un film d'Alfred Hitchcock qui peut être considéré un peu comme le mètre étalon de très nombreux autres films d'Hitchcock comme "Jeune et innocent", "Correspondant 17", "La cinquième Colonne" et à "La Mort aux trousses". Comme dans tous ces films on trouve un homme accusé à tort de meurtre qui bénéficie de l'aide volontaire ou non d'une jeune femme. Les interprètes principaux sont Robert Donat et Madeleine Carroll. Le film est tiré d'un roman de John Buchan et a été adapté par un scénario de Charles Bennett. Ce dernier signera une collaboration avec Hitchcock de 4 films : "L'Homme qui en savait trop", Les 39 Marches, "Agent secret", "Jeune et innocent" et "Correspondant 17".

39steps.jpg

"Les 39 Marches" reste passionnant car c'est le genre de film dans lequel on ne sait pas ce qui va se passer à la scène suivante. Chaque scène amène le spectateur dans un univers différent. On passe de la salle de spectacle, à une chambre, une cuisine, un train, la lande écossaise etc. Bref les lieux sont nombreux. On sent bien qu'Hitchcock n'est pas encore au sommet de son art, mais que ce film porte en lui les premières fleurs qui donneront les merveilleux fruits de sa future carrière américaine. Ainsi la scène du train où Robert Donat s'accroche à une portière reste mythique. Enfin, l'idée géniale reste déjà en premier lieu dans le titre énigmatique. Que signifie t'il ? Et si la question est posée au début du film,

ThirtyNineSteps1TN.jpg

il n'y aura de réponse qu'à la fin. Ce qui oblige le spectateur à vouloir connaître la fin. Car il y a bien autre chose derrière cette fausse accusation de meurtre comme vous pouvez vous en douter. Bref, on ne s'ennuie jamais. Les moments plus calmes sans action, sont comblés par les scènes de comédie entre le couple Donat/Carroll. On retrouve quelques scènes charmantes dans la chambre d'hotel, où Madeleine Carroll enlève ses bas trempés avec la main menotée de Robert Donat qui est obligée de suivre ses gestes. Le couple menoté est il le symbole du mariage pour Hitchcock ? Deux êtres qui vivent ensembles sans s'aimer, mais les menottes enlevées la femme reste quand même car l'un et l'autre ont un intérêt commun : l'amour ? ou plus sûrement connaître la vérité. Je ne sais pas ce que l'on doit en penser. Mais le discours politique de Donat rempi de tolérance et d'humanisme reste clairement un appel à l'arrêt de tous les extrèmistes des années 30. On a également la présence d'un train qui est l'élément symbolique peut être le plus utilisé par Hitchcock dans tous ses films. Le train symbolisme de la vie ou plus exactement du destin auquel on ne peut pas échapper et qui nous emmène d'un point à un autre. On a donc là un film, qui va plus loin qu'il veut bien le laisser croire et qui est bien le grand film d'un réalisateur mythique.

Image1.jpg

Ci-dessus Madeleine Carroll, Robert Donat

les 39 marches222.JPG

Ci-dessus Madeleine Carroll, Robert Donat et Alfred Hitchcock sur le plateau des 39 marches.

 

Je finirais en laissant la parole à d'autres critiques :

« Maître des sensations fortes et du suspense, de l'humour incongru et de l'horreur à froid, Hitchcock se sert de sa caméra, comme un peintre de son pinceau, stylisant son histoire et lui apportant des nuances que le scénariste aurait difficilement pu soupçonner… », New York Times, 1935.
« À son aise, sûr de séduire, Hitchcock multiplie les beautés. Il est détendu. À la plénitude de la matière correspondent tout naturellement la plénitude du scénario et la plénitude de la mise en scène… », Claude Chabrol et Éric Rohmer, Éditions universitaires, 1957.
« Le héros est un homme, pas un "Christ", et cet homme ne connaît que la femme qui le sauvera. Chez Hitchcock, ce sont toujours les femmes qui sauvent… », Noël Simsolo, Hitchcock, cinéma d'aujourd'hui, 1969.
« Les 39 Marches marque son époque d'une manière indélébile. En simplicité, économie et technique cinématographique pure, il dépasse même Le Faucon maltais de John Huston. Ce film comporte déjà, et c'est assez surprenant, tous les thèmes que le réalisateur développera et perfectionnera par la suite… », Donald Spoto, L'Art d'Alfred Hitchcock, Edilig, 1976.
« Tout est réussi dans le film. Le couple Donat/ Carroll est l'un des plus efficaces de la saga hitchcockienne, la poursuite échevelée à souhait, et le rocambolesque tient ici sa vraie place dans la stylistique de l'œuvre: une des premières… », Marc Cerisuelo, Dictionnaire des films, Larousse, 1990.

tumblr_m7ako6sYre1qiz3j8o1_500.gif

 

Film disponible depuis le 04 décembre en Bluray : Très bonne qualité d'image pour un film de 1935. (VF pas d'époque semble t'il mais très acceptable).

 

NOTE : 7 / 10

27/10/2012

L'inconnu du Nord Express / Strangers on a Train - 1951

L'inconnu du Nord Express est un film d'Alfred Hitchcock de 1951. Le film est triré d'un roman de Patricia Highsmith. Le film aborde la théorie du meurtre parfait qui n'est bien entendu qu'un mythe. Hitchcock commença à tourner avant que le scénario ne soit finalisé. En effet des dissensions se firent jour à la construction du scénario, et finalement 3 scénaristes (Raymond Chandler, Czenzi Ormonde, Whitfield Cook) se penchèrent  dessus. A l'affiche on retrouve Farley Granger, Robert Walker, et Ruth Roman. Robert Walker est extraordinaire dans le rôle du psychopathe, pourri par sa mère et détesté par son propre père.

cinéma,cinema,film,films,dvd,bluray,hollywood,acteur,actrice,farley granger,ruth roman,robert walker,alfred hitchcock

Le film est extraordinairement bien filmé. La première scène commence avec des chaussures filmées. On comprend très vite que les pieds de ces 2 personnages se dirigent vers la gare et surtout vers le même train. Hitchcock a très souvent utilisé les trains dans ses films. Ainsi, les trains jouent un rôle important dans "une femme disparaît" ou dans "la mort aux trousses". Anthony Man, se servira également du train dans son film "le grand attentat". Peut être le train est une méthaphore de la vie. Peut être y a t'il aussi une analogie entre le train et le film noir. La vie comme le train, c'est bien quelque chose de fermé et dont on ne peut sortir et qui nous emmène quelque part. La scène de la rencontre est également parfaite parce qu'elle montre tout de suite le rapport pervers qui se met en place entre Bruno Anthony (Robert Walker) et Guy (Farley Granger). En effet, il lui suffit de dire qu'il est bien un joueur de tennis célèbre et son interlocuteur sait tout sur lui et lui raconte sa vie ! Dès le départ en quelques secondes, le rapport à l'autre devient totalement déséquilibré. Et l'un montre sa supériorité à l'autre, la seule force de Farley Granger restant son honnêteté. Il est d'ailleurs paradoxal que le sportif paraisse faible et le fan plus fort psychologiquement et physiquement. Il y a quelque chose d'étonnant qui pose question et doit forcément intéresser le spectateur et ce dès le début du film. Les rapports entre le psychopathe et sa mère sont d'ailleurs particulièrement savoureux. A noter que la propre fille d'Hitchcock, Patricia joue dans le film.

cinéma,cinema,film,films,dvd,bluray,hollywood,acteur,actrice,farley granger,ruth roman,robert walker,alfred hitchcock

Ci-dessus : Farley Granger et Robert Walker

Ce qui fait que ce film est un chef d'oeuvre c'est que chaque scène est parfaitement réussit. La scène la plus faible aurait pu être celle du match de tennis. Mais le suspense avec l'action sur le court et en dehors et les sous-entendus que tout cela implique font de ce passage du film encore un passage d'anthologie. Pourtant on sait aujourd'hui que c'est bien cette scène du match de tennis qui a posé le plus de problèmes à Hitchcock au montage. Il reste à parler du final qui est prodigieux et qui se passe sur un manège. Le montage initial a été changé par Hitchcock qui rajouta et supprima des scènes. Enfin la scène finale (où on voyait Ruth Roman au téléphone) ne convenant pas du tout à Jack Warner, Hitchcock la changea et la remplaça par une scène en forme de clin d'oeil au spectateur. La musique de Dimitri Tiomkin comprend de nombreux thèmes intéressants. Néanmoins je la trouve parfois un peu invasive. Elle est par contre parfaite sur les scènes d'actions et dès que le rythme s'accélère.

cinéma,cinema,film,films,dvd,bluray,hollywood,acteur,actrice,farley granger,ruth roman,robert walker,alfred hitchcock

Vous l'aurez donc compris. Je ne saurais donc que vous conseillez très fortement "l'inconnu du Nord Express" dans sa version restaurée Bluray, sortie aux USA mais possédant une version française de nombreux bonus sous titrés en français et étant compatible avec nos lecteurs zone B.

cinéma,cinema,film,films,dvd,bluray,hollywood,acteur,actrice,farley granger,ruth roman,robert walker,alfred hitchcock

Ci-dessus : Robert Walker et Ruth Roman

La réplique du film :

-Tu as abandonné ton petit projet de faire sauter la maison blanche ?

-Bien sûr maman, sinon où irait habiter le président ?



Note : 9 / 10