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24/12/2014

Gouverneur malgré lui / The Great McGinty - 1940

"The Great McGinty" ne m'a pas autant enthousiasmé que "le gros lot" tourné la même année. En effet, ici le ton est plus noir, plus acerbe, plus dur, plus cynique. En effet, dans une république bananière, un caissier tente de se suicider, car il a tout perdu suite à une malhonnêteté. Sauvé par un barman, ce dernier lui raconte alors, l'histoire de sa vie, qui a basculé alors qu'il devenait pour la première fois de sa vie honnête. Vous l'aurez compris, on est devant un étrange film, qui nous fait une inversion de la figure du héros, ce dernier totalement brisé, n'est rien dans le film. Par contre l'histoire, l'histoire fait une lare part, à l'anti-héros qui raconte ses aventures. Le film peut être vu, comme une comédie, mais il est tout aussi dramatique. Pourtant, le cynisme des personnages est tel, que rien ne semble avoir une quelconque importance morale pour eux, ni femmes, ni enfants, ni vie sociale. Le film décrit un monde politique américain totalement corrompu, et vérolé où la démocratie, n'est quasiment qu'une occupation parmi d'autres pour la mafia. On peut penser à Chicago. Mais Sturges a l'intelligence de ne pas citer la ville. Cela pourrait donc être n'importe quelle ville des USA. L'acteur Brian Donlevy s'en tire plutôt bien et sa personnalité assez trouble convient parfaitement au personnage. Pourtant on peut, regretter un casting un peu juste, et sans star, avec tout de même Akim Tamiroff, et Muriel Angelus, cette dernière étant toujours dans un ton parfait, contrairement Tamiroff qui en fait parfois des tonnes dans son rôle de mafieux italien.

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Le film fait penser à beaucoup d'autres films politiques, comme "Mr Smith au Sénat" de Capra, ou "les fous du roi" (1949) première version de Robert Rossen, avec Broderick Crawford. Mais et c'est un peu un reproche, "gouverneur malgré lui" a un peu un côté "old fashion". On a un peu l'impression de regarder un film de James Cagney de 1933. Or on est là en 1940, le cinéma a évolué. On sent que Sturges a voulu jouer la sécurité pour son premier film, laissant l'originalité un peu au placard. Mais c'est bien tout ce que l'on pourrait bien reprocher à ce film cynique, sur des vies ratées, ou sur la grandeur et la décadence de l'animal politique et de l'être humain. A voir.

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Ci-dessus : Brian Donlevy (clochard) au centre

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Ci-dessus : Brian Donlevy (encaisseur pour la mafia)

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Ci-dessus : Brian Donlevy (maire) & Muriel Angelus

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Ci-dessus : Brian Donlevy (gouverneur ?)

Disponible en DVD Zone 2, sur Amazon autour de 1,99 €, copie claire et bien définie

 Note : 6 / 10

14/05/2013

Les gars du large / Spawn of the North - 1938

"Les gars du large" est l'exemple de films de la grande époque des studios, qui aujourd'hui, ont tout de même un peu vieilli. Ainsi, même si le film bénéficie d'une distribution éclatante avec Henry Fonda, George Raft, Dorothy Lamour, Akim Tamiroff, Louise Platt, mais aussi John Barrymore, d'un réalisateur chevronné comme Henry Hathaway et de Dimitri Tiomkin à la partition, le film ne m'a jamais passionné. En effet, le scénario est loin d'être excitant et raconte la lutte entre les pêcheurs américains en Alaska, contre les pêcheurs russes qui viennent prendre du poisson dans les eaux américaines. Tout commence d'ailleurs par l'explication de pourquoi les saumons reviennent dans les rivières d'Alaska, pour la ponte, d'où le titre "Spawn of the North", que l'on peut traduire par "ponte dans le Nord". Rien de bien excitant ... Les vingt premières minutes sont assez barbantes et on voit George Raft jouer avec une otarie, un peu comme Gregory Peck quelques années plus tard dans "le monde lui appartient" (1952). A croire qu'il faut une otarie dans tous les films américains qui parlent des pêcheurs à la fin du 19ème siècle en Alaska.

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Enfin, après vingt minutes qui nous donnent envie de nous mutiner, ou de jeter tout le monde par dessus bord, le film prend un peu son envol avec la discussion sur les coutumes indiennes que l'on rapproche du christianisme. On voit alors ici tout le travail des scénaristes et dialoguistes qui ont fait tout de même un gros effort pour adapter l'histoire de Barrett Willoughby. Heino Timmerman était pêcheur en Alaska et ami d'Hathaway, il devait donc aider ce dernier, sur ce film et sur plusieurs autres. Pour revenir à  l'histoire, elle va séparer et réunir les deux amis d'enfance : George Raft et Henry Fonda.

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Ci-dessus : George Raft et Henry Fonda

Le film est une production Paramount et a été racheté en 1958, comme 700 autres films de la Paramount, par Universal. En 1936, Carole Lombard était prévue pour jouer dans ce film, mais en 1938, malade elle devait laisser le rôle à Dorothy Lamour. Malheureusement, il est assez difficile de ne pas avoir d'indigestion devant ce menu cinématographique, dédié à la pêche aux saumons. Enfin, même si on a plaisir à retrouver un incroyable acteur comme John Barrymore. Toutes ces envolées lyriques sont coupées et réduites à rien par son assistant et retombent donc finalement à plat, un peu comme ce métrage finalement. L'ultime scène de Barrymore est heureusement là pour nous rappeler que nous avons vu une page de l'histoire non seulement de la pêche en Alaska, mais aussi de la grande histoire l'Alaska et des USA. Heureusement, que cette scène est présente sinon le spectateur ne s'en serait pas douté. Quoiqu'il en soit, le film devait obtenir un cartain succès et bénéficier d'une adaptation radiophonique, et recevoir un Oscar pour les meilleurs effets spéciaux pour Farciot Edouart. Comme quoi ...

 

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Ci-dessus : George Raft, Dorothy Lamour et Henry Fonda

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Disponible en zone 2 dans la collection "Universal" sur le site de l'éditeur ou chez Gibert Joseph.

Note : 5,5 / 10