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23/05/2014

Cirque en révolte / Man on a Tightrope - 1953

"Cirque en révolte" est un film qui porte plus sur la dictature communiste que sur l'univers du cirque. Le film bénéficie d'une belle distribution avec en tête Fredric March, Terry Moore, la belle Gloria Grahame, Paul Hartman, Richard Boone, Cameron Mitchell et Adolphe Menjou. Le titre américain, "Man on a Tightrope" (un  homme sur une corde raide), est tiré du roman éponyme de Neil Paterson. Fredric March joue comme d'habitude admirablement bien. Néanmoins même si le casting est excellent, on se dit que cette histoire de cirque tchécoslovaque qui lutte pour sa liberté de conscience aurait pu être meilleure jouée par des acteurs tchèques. Elia Kazan est plutôt inspiré et sait donner un ton particulier à son film, un ton entre rire et larmes, où le drame concurrence très souvent la comédie. Le film reste donc quand même une oeuvre mineure dans l'oeuvre d'Elia Kazan, mais la réalisation et les acteurs élèvent clairement l'ensemble, porté encore une fois par un excellent Fredric March qui mériterait que l'on se souvienne un peu plus de lui aujourd'hui.

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Ci-dessus : Gloria Grahame

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Ci-dessous : Gloria Grahame et Fredric March

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Ci-dessus : Adolphe Menjou et Fredric March

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Ci-dessus : Terry Moore

Disponible en DVD zone 2 en VO sous-titrée chez Twentieth Century Fox dans la collection "Hollywood Legends".

Note : 7 / 10

02/07/2013

Coeurs brûlés / Morocco - 1930

"Coeurs brûlés" (1930) ou dans son titre américain "Morocco" est un film de Josef Von Stemberg. Ce film est clairement un chef-d'oeuvre du cinéma. Il fait parti des septs films du duo Marlene Dietrich / Josef von Sternberg. Ainsi, dans ces sept films on retrouve successivement : " L'Ange bleu" (1930), "Cœurs brûlés" (1930), "Agent X 27" (1931), "Shanghaï Express" (1931), "Blonde Vénus (1932)",  "L'Impératrice rouge", et "la femme et le pantin" (1935). Ici Von Sternberg développe comme peut être jamais vu auparavant dans son oeuvre une incroyable galerie de tableau. Ainsi, chaque plan est une espèce d'image d'Epinal. Ainsi, il se plait à filmer l'arrivée et le départ de la légion étrangère d'un village marocain. Mais il se plaît aussi à filmer individuellement Gary Cooper, qui est l'objet de toutes les attentions féminines des indigènes. Ainsi, dès le début, une fille lui fait un signe avec ses doigts et un autre de sa tête, comme pour lui dire le prix pour du sexe. Le ton est donné. Et le film naviguera entre la grâce absolue et les audaces les plus incroyables pour l'époque. Et que dire, sinon que plus de 80 ans après, on reste littéralement scotché par certaines scènes. Ainsi, on constate que Marlene Dietrich avait bien les plus belles jambes d'Hollywood à cette époque. Mais ce n'est pas seulement un peu de l'anatomie de la belle Marlene qui nous est proposé ici, mais aussi une superbe histoire d'amour.

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Ainsi, Gary Copper soldat de la légion essaye de conquérir cette femme insaisissable dans un amour impossible mais que rien ne semble devoir arrêter. Adolphe Menjou n'est ici que le prétendant qui tente vainement de contraindre cet amour entre deux êtres qui ne se connaissent pas mais qui s'attirent. Ainsi ce qui marque le plus, c'est peut être le caractère mystérieux des deux protagonistes, au passé inconnu mais que l'on devine tragique. Pourquoi un Américain se serait-il engagé dans la légion, et pourquoi une jeune femme viendrait-elle comme danseuse de cabaret dans une boîte minable du Maroc, sinon pour fuir un drame. On devine alors que ce n'est pas seulement l'amour animal qui les réunit, mais bien aussi la terrible certitude d'appartenir tous les deux à la caste des déracinés et des proscrits. Film formidable où l'action est systématiquement sacrifiée au nom de la romance, "coeurs brûlés" est un chef-d'oeuvre absolu du cinéma, qui fait écho à une chanson de la même année, "parlez moi d'amour" de Lucienne Boyer. Ainsi, oui l'oeuvre de Sternberg fait bien ici résonnance à une époque. Le film devait obtenir un succès monumental, totalement mérité. On peut pour finir, laisser la parole au réalisateur : "L'image, le son, l'abstraction et leurs effets sur le spectateur tout liés entre eux doivent s'ordonner selon un rythme interne, une orchestration qui, quoiqu'elle s'évanouisse avec le film, subsiste comme une résonance. C'est cet au-delà du son, cette résonance immatérielle, cette sorte de vibration qui se prolonge, que je recherche." Dans ce film, cet objectif a été accompli au delà de ce que l'on croyait possible. En, effet, "coeurs brûlés" nous laisse une impression terrible bien après la dernière image. On notera enfin, que Gary Cooper rejouera un légionnaire 9 plus tard, dans "Beau geste" de William A Wellman, remake du film de 1926 de Herbert Brenon.

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Ci-dessus : Marlene Dietrich et Gary Cooper

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Ci-dessus : Adolphe Menjou et Marlene Dietrich

 

Extrait :

 

La chanson qui représente le mieux le film à mon sens :

Note : 9 / 10

10/04/2013

Pension d'artistes / Stage door - 1937

Y aurait-il encore une carrière au cinéma pour Ginger Rogers après sa série de films avec Fred Astaire ? C'est bien ce à quoi semble répondre "Pension d'artistes" (1937). Ginger Rogers venait de terminer en cette année 1937 "l'entreprenant Mr Petrov" (Shall we dance), et devait tourner l'année suivante "Amanda", et "la grande farandole" (1940) son dernier film avec Fred Astaire pour la RKO. Mais "pension d'artistes", essai de Ginger Rogers dans la comédie dramatique, devait permettre à cette dernière de construire sa deuxième partie de carrière loin des pistes de danse, mais toujours au cinéma. On l'a un peu oublié aujourd'hui, mais oui Ginger Rogers a bien eu une carrière après son duo chantant et dansant avec Fred. Alors oui, c'est vran on voit encore Ginger Rogers danser deux fois dans le film. Mais cela n'a rien à voir avec les numéros mythiques  de ses films avec Fred Astaire. Il faut aussi se rappeler que "Pension d'artistes" est un film qui est le premier des trois films que le réalisateur Gregory La Cava tournera avec Ginger Rogers. Il y a donc dans cette série de films : "Pension d'artistes", puis "la fille de la 5ème avenue" (1939) et enfin "Primrose Path" (1940). Tous sont des comédies dramatiques, avec un ton comique puis de plus en plus dramatique. L'aspect dramatique culminera ainsi, dans le dernier film tourné par La Cava avec Ginger Rogers, "Primrose Path". La Cava était un réalisateur extrèmement prolifique qui commença à tourner dans l'ère du cinéma muet et aujourd'hui on se rappelle tous de quelques uns, de ses films comme peut être son plus célèbre, "mon homme Godfrey" avec William Powell.

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Mais si Ginger a la vedette elle est très bien entourée. Jugez en par vous mêmes. Ainsi, nous retrouvons dans "pension d'artistes" dans les rôles les plus marquants ; Katharine Hepburn, Adolphe Menjou, Gail Patrick, Andrea Leeds, Lucille Ball, Ann Miller, Jack Carson et Eve Arden et le chat. Alors bien sûr, tous les personnages n'ont pas la même importance. Alors autant vous dire la vérité, j'avais peur que ce film soit très ennuyeux. En effet, que pouvait on attendre d'un film se passant dans une pension d'artistes où les disputes féminines prennent des proportions énormes dans un monde où les hommes sont quasiment exclus. Pourtant, le film n'est jamais ennuyeux. Et au contraire on rit beaucoup de cette comédie relevée, aux dialogues drôles et intelligents. Et on se prend à aimer chaque personnage à trembler avec ce petit monde, et à espérer que chacun trouve le rôle de sa vie. Ainsi, les amitiés se nouent, les ennemies s'affrontent ou se méprisent, et les hommes semblent souvent la roue de secours dans un monde trop cruel pour l'éternel artistel féminin, le chat de la maison finissant par être l'arbitre et l'autorité ultime de toute chose.

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Vous l'aurez compris, La Cava a su comme jamais faire des situations de la vie, une incroyable alchimie cinématographique, où la moindre répartie sonne juste où la moindre émotion est décuplée et on passe finalement du rire aux larmes en assez peu de temps. Je ne sais pas si c'est une légende. Mais on dit que La Cava poussa le vice jusqu'à faire habiter plusieurs actrices dans la même pièce pendant le tournage avec une secrétaire qui devait noter leurs discussions pour améliorer encore le script et donner à ce dernier le réalisme d'une vraie pension d'artistes. Ainsi, le film possède quelques scènes mythiques comme celle où Adolphe Menjou (riche producteur de pièces de théâtre) invite Katharine Hepburn chez lui, ou encore toute la partie sur la pièce de théâtre ou Hepburn joue une artiste sans aucun talent ni conviction. C'est savoureux de voir Hepburn déjouer. Le soir de la première, le propriétaire du théâtre dit alors à Menjou : "vous avez vu ? la salle est pleine !" et Menjou de répondre : "mais c'est qu'ils ne savent pas ce qui les attend !" Voilà je finirai là dessus pour ne pas vous raconter tout le film. Vous l'aurez compris, Ginger passe haut la main son brevet d'actrice de comédie, et "pension d'artistes" est une belle distraction,  qui mérite bien d'être vu et même d'être revu, et qui logiquement obtiendra 4 nominations aux Oscars de 1937.

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Ci-dessus : Ginger Rogers et Gail Patrick (ennemies dans le film)

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Ci-dessus : Adolphe Menjou, Ginger Rogers et Katharine Hepburn (couchée)

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Ci-dessus : Gail Patrick et Adolphe Menjou au premier plan et au second plan Ann Miller et Ginger Rogers.

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Ci-dessus : Katharine Hepburn et Ginger Rogers

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Ci-dessus : 2 photos d'Andrea Leeds


Bande annonce (de mauvaise qualité). Le film a quant à lui une qualité d'image tout à fait correcte :


Un montage video alléchant du film (de bonne qualité) :


Film disponible en DVD zone 2 (éditions Montparnasse)

Note : 7,5 / 10

23/02/2013

Chercheuses d'or de 1935 / Gold Diggers of 1935 - 1935

"Gold Diggers of 1935" est bien évidemment une suite à "Chercheuses d'or de 1933". La version de 1933 ayant rapportée énormément d'argent à la Warner, cette dernière tenta de faire de cette nouvelle édition un autre grand succès. Au niveau du casting, on retrouve bien évidemment notre éternel Dick Powell, mais également Hugh Herbert qui étaient déjà présents sur "Dames". Par contre, au vu du peu de temps de danse qu'on lui accordait à la Warner, Ginger Rogers a disparu et danse maintenant pour la RKO et forme, un couple déjà mythique avec Fred Astaire. Plus grave, Ruby Keeler et Joan Blondell ne sont pas non plus présentes. On doit donc se contenter de Gloria Stuart, grande et belle actrice mais qui n'est ni chanteuse, ni danseuse. Heureusement Wini Shaw, et Dorothy Dare pousseront la chansonnette avec Dick Powell, et le chorus sera là pour danser et chanter en choeur. Il faut savoir également que ce film est le premier film de Busby Berkeley en tant que réalisateur. Auparavant Berkeley avait avec lui des gens comme Lloyd Bacon, ou Mervyn LeRoy pour la version de 1933. Ici il est enfin seul maître à bord pour la réalisation et la chorégraphie. A la musique et aux paroles on retrouve le formidable et inoubliable duo, Harry Warren & Al Dubin présents sur énormément de films de Berkeley et comédie musicales de l'époque.

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Par rapport à "Dames" tourné un an plus tôt, on peut constater que le scénario de comédie est beaucoup mieux construit. On s'ennuie donc beaucoup moins. En effet, une richissime et avare veuve (Alice Brady) se décide à monter un spectacle de charité pendant ses vacances dans un hotel de luxe. Pour cela elle se fait arponner par un metteur en scène russe à moitié fou (Adolphe Menjou) et son costumier dépensier. Mais notre richissime dame venue avec son grand fils (Frank McHugh) et sa grande fille (Gloria Stuart) aura également du mal à contrôler la volonté d'indépendance de ses enfants. Les stratagèmes les plus fous vont donc se monter pour faire payer la riche veuve et le stupide fiancé de sa fille. Derrière, ce scénario plaisant digne d'un film des Marx Brothers, on retrouve bien entendu le talent de chanteur de Dick Powell et l'immense et incroyable Show final de plus de 30 minutes qui clos le film.

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Ci-dessus : Dick Powell et Gloria Stuart

Le meilleur numéro reste "Lullaby of Broadway" qui est un véritable rêve éveillé. Le "come and dance" de ce numéro rappelle d'ailleurs le "Get a dance" de "Chantons sous la pluie" avec Gene Kelly. Certaines critiques, dirent que les bras faiblement tendus et tous ces gens courant dans la même direction faisaient penser au fascisme. Il n'en est bien évidemment rien. Et ce serait faire un faux procès à ce film, qui n'est qu'un pur divertissement hollywoodien.

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En résumé, on se retrouve donc avec une sympathique comédie musicale, avec malgré tout un déficit de stars féminines, mais avec un scénario bien mieux construit que dans "Dames" tourné un an plus tôt, et un Busby Berkeley toujours aussi inspiré à la réalisation et qui n'hésite pas à braver la censure en montrant les belles jambes et les belles courbes de ces demoiselles. Je finirai ici cet article en disant qu'Alice Brady devait disparaître en 1939 suite à un cancer à 47 ans et que Gloria Stuart devait rester dans la mémoire du public non pas pour son importante carrière dans les années 30, mais bien pour son rôle de Rose dans Titanic de James Cameron. L'histoire est parfois étrange, si ce n'est injuste. Quoiqu'il en soit, on passe donc un très bon moment, même le film n'atteint jamais le niveau d'autres films de Busby Berkeley comme "42ème Rue" ou tout simplement comme son aîné "Chercheuses d'or de 1933".


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Ci-dessus : Gloria Stuart, Alice Brady assise, et Franck McHugh

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Ci-dessus : Dick Powell, Adophe Menjou, et
Wini Shaw

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Ci-dessus, l'auteur et le compositeur, Harry Warren assis au piano et Al Dubin debout :


Extrait du numéro Lullaby of Broadway :



Citation du film : "Listen to the Lullaby of old Broadway !"


Note : 6,5 / 10


Disponible en DVD Zone 1 dans le 1er coffret consacré à Busby Berkeley. A noter que chaque coffret comprend des bonus expliquant l'oeuvre de ce génial chorégraphe. Malheureusement pour les non anglophones les bonus ne possèdent aucun sous-titres.

14/01/2013

Les sentiers de la Gloire / Paths of Glory - 1957

Aujourd'hui je vais vous parler d'un film dont on ne ressort pas indemne : "les sentiers de la gloire". "Les sentiers de la gloire" est un film de Stanley Kubrick de 1957, avec pour acteur principaux Kirk Douglas et Adolphe Menjou. Le sujet du film porte sur la guerre de 14-18 et plus particulièrement sur le thème très longtemps tabou en France, des fusillés pour l'exemple. En effet, dans le film, une troupe de soldats français refusent de se lancer dans une attaque suicide et suite à cela, l'état-major décide de faire des exemples, en passant des hommes présents en cour martiale, avec dans l'idée dès le départ de les faire condamner à mort. Ce film est tiré de faits réels, même si le lieu, et les personnages ont été changés. Ainsi pour ceux qui voudraient en savoir un peu plus sur l'histoire des fusillés pour l'exemple de la guerre de 14, je vous invite à lire l'admirable thèse du général André Bach (Ancien chef du Service historique de l’armée de terre) qui tente de faire le point sur ce douloureux dossier dans son livre : "les fusillés pour l'exemple", Tallandier (2003) et qui réhabilite la mémoire de ces hommes qui pour la plupart n'étaient pas des mutins, ou des déserteurs, mais bien les victimes d'un système en place pendant la grande guerre. En effet, l'état-major français considérait la discipline inférieure à celle de l'armée allemande.

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Pour vous parler maintenant du film en lui même, il faut savoir qu'il est tiré du livre éponyme de
Humphrey Cobb, et que le tournage a été par moment très difficile voir orageux. En effet, Adolphe Menjou était à la 17ème prise d'une même scène et dit à Kubrick que pour lui c'était bien la dernière meilleure prise et donc il se prépara pour aller déjeuner. Et Kubrick lui dit qu'il voulait encore une prise. Menjou se mit alors en colère et insulta Kubrick en lui disant qu'il était incapable de diriger des acteurs. Mais Kubrick ne voulut pas en tenir compte et dit simplement : "All right, let's try the scene once more" (Très bien. Essayons la scène une fois de plus). Pour la petite histoire on notera que la femme qui chante à la fin du film, Christiane Harlan est une actrice allemande qui devint plus tard la femme de Stanley Kubrick et le restera jusqu'à sa mort.

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Le génie de Kubrick est de montrer la guerre de 14 telle qu'elle est avec de longs plans dans les tranchées, qui font sortir le spectateur de son rôle de spectateur pour le faire devenir acteur du film. Ainsi, Kubrick nous fait ressentir la peur, la boue, la crasse et tout simplement l'horreur de la guerre presque comme un poilu. Beaucoup voit ce film comme anti-militariste, pour ma part je ne le vois pas ainsi. Je pense qu'il est plutôt un moment de l'histoire de France et une dénonciation d'un système mis en place à l'époque par l'armée. Mais est-ce être contre la religion que de parler de la Saint-Barthelemy ? Chaque acteur présent dans le film est très bon et on ne peut que constater une très bonne direction d'acteurs. Le plus étonnant d'ailleurs, c'est l'importance donnée par Kubrick à des petits rôles ou même à des figurants qui jouent particulièrement bien et qui sont très touchants en particulier dans la scène finale, qui est un immense espoir pour un monde plus fraternel, mais qui est rattrapé par la dure réalité de la guerre.

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Ci-dessus : Adolphe Menjou et Kirk Douglas


Je ne saurais donc trop vous conseiller de voir ce film, qui évoque un épisode controversé de l'histoire de France au sujet difficile mais primordial. Vivement une sortie Bluray !


Le film :


Pour aller plus loin :

Conférence du Général André Bach sur le thème des fusillés pour l'exemple :


Film disponible en DVD Zone 2.


NOTE : 9,5 / 10

19/10/2012

Marchands d'illusions / The Hucksters - 1947

"Marchands d'illusions" est un film de Jack Conway. On y retrouve Clark Gable qui revient à l'écran après 2 ans d'absence. Le film est totalement construit pour et autour de Gable. D'ailleurs, on voit mal quel autre acteur aurait été capable de jouer à la perfection le rôle du publicitaire à la répartie facile et à l'initiative permanente comme seule obsession. Le film n'est pas une perfection. Il a beaucoup vieilli sur certains points. Ainsi, les publicités sont assez difficiles à supporter. Mais ceci dit, elles ne devaient pas l'être moins en 1947. Gable fait ainsi souvent la mou quand il les entend. Ce qui est intéressant c'est l'affrontement verbal entre l'infâme client joué par Sydney Greenstreet qui trouve là un de ses meilleurs rôles et le publicitaire Gable. Adolphe Menjou qui joue le patron de Gable se révèlera calculateur, fourbe et finalement servil et lâche devant l'horrible client. La première rencontre entre Evans (Sydney Greenstreet) et Norman (Gable) vaut d'ailleurs à elle seule, que l'on s'intéresse à cette oeuvre.

 

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"Marchands d'illusions" propose également 2 stars féminines de première importance : Deborah Kerr et Ava Gardner. Les romances de Gable avec ces 2 femmes sont d'ailleurs assez plaisantes à suivre. Les dialogues permettent à Clark Gable de dérouler son jeu. De plus le thème principal du film sur la manipulation qu'un homme peut faire subir à un autre est très actuel. Ce film préfigure ainsi bien la schyzophrénie des sociétés industrielles actuelles ou plutôt il faudrait dire que 65 ans après, rien a changé.

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Ci-dessus : Clark Gable et Deborah Kerr

Quand on voit ce film on se rend compte que chaque personnage manipule quelqu'un. Menjou veut manipuler Gable, le client veut manipuler Gable et Menjou. En résumé : Aucun rapport humain sain. Une ambiance détestable ! On se croirait presque au bureau. La fin libératrice met l'accent sur le libre arbitre que chaque être humain se doit de garder en lui, comme une soupape de sécurité en cas de crise nerveuse. A ce titre la fin du film mérite des félicitations et apporte une joie certaine et une libération au spectateur comme au personnage de Gable. Je n'en dis pas plus pour ceux qui n'ont pas vu le film.

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Ci-dessus : Ava Gardner et Clark Gable

 

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Ci-dessus le client (Sydney Greenstreet) :

 

Film disponible à la FNAC dans la collection "Trésors de la Warner".


Note : 6,5 / 10