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04/08/2017

L'étrange aventurière / I see a dark stranger - 1946

Et si on parlait un peu de cinéma anglais ? En effet, contrairement à ce que disait Truffaut, le Royaume-Uni a apporté une contribution non négligeable à l'art cinématographique. Et j'en ai pour preuve ce film de Frank Launder, "l'étrange aventurière", tourné juste après la guerre en 1946, et qui est encore prétexte à un jeu d'espions originales entre une jeune irlandaise détestant les Anglais et donc des agents nazis. Autant vous le dire tout de suite, l'actrice principale Deborah Kerr crève littéralement l'écran par sa présence. Elle est parfaite dans ce rôle d'ingénue qui aime à se laisser manipuler, et qui arrive à se mettre de part son incrédulité dans des situations totalement impossibles. Formidable actrice, elle laisse déjà paraître avec ici Trevor Howard comme partenaire, une féminité et un talent déjà débordant. Et c'est à ce moment là que l'on doit se souvenir de tous ses films que l'on a vu avec elle. Ainsi, on se rappelle du "colonel Blimp" (1943), du "Narcisse Noir" (1947), de sa carrière hollywoodienne qui passe par l'inévitable "Quo Vadis" (1951), "les mines du roi Salomon" (1951), mais aussi  par "le prisonnier de Zenda" (1952) et "la reine vierge" (1953) avec Stewart Grangers et combien d'autres. Tous ces merveilleux films nous reviennent en mémoire et on se sent honorer de découvrir enfin un nouveau film avec une actrice de cette classe. Surtout que cette histoire de jeune irlandaise nourrie tout sa vie aux thèses indépendantistes irlandaises, et qui se laisse manipuler à son insu mais de son plein gré, a de quoi plaire. En effet, le ton du film n'est jamais moralisateur, mais très souvent avec des touches comiques, se moquant gentiment de l'incrédulité de la jeune femme et laissant les personnages secondaires songeurs, ne pouvant pas croire qu'elle est une espionne ! Mais en est elle vraiment une ? Il faudra voir le film pour le découvrir.

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J'ajouterai que Trevord Howard ici est également parfait, arrivant à passer pour un jeune premier, ce qui n'est pas le plus facile pour lui au regard de son physique assez commun. On se souvient aussi de lui, au moins pour un des premiers chefs-d'oeuvre de David Lean, "Brève rencontre" (1945) avec Celia Johnson et pour en fin de carrière un rôle de révolté dans "les racines du ciel" (1958) avec Errol Flynn. En ce qui concerne, "l'étrange aventurière", on est donc en face d'une oeuvre vraiment attachante où les personnages semblent empreints d'une réalité et d'un flegme tout britannique, en dehors évidemment des nazis toujours assez abjects. Le film sous des dehors de comédie policière, n'en demeure pas moins également un film policier de bon niveau avec des aspects hitchcockiens assumés, tant au niveau de la réalisation que du suspens. A cela, il faut ajouter une admirable photographie de Wilkie Cooper. On se souvient de lui aujourd'hui, pour son travail sur les effets spéciaux avec Ray Harryhausen. Il ne mérite pas moins des éloges pour son travail sur la photographie de cette "étrange aventurière". Deborah Kerr lui doit beaucoup et le film également, qui bénéficia d'un beau succès critique mais également en salle. Il inaugurait à sa manière, un genre de film d'espionnage anglais, dont le "troisième homme" devait être en 1949 le point culminant.

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Ci-dessus : Trevor Howard & Deborah Kerr

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Ci-dessus : Deborah Kerr

Disponible en VO sous-titrée français, chez Elephant films en DVD à l'unité ou dans un coffret films de guerre, dans une qualité acceptable, mais avec un master non exempt de rayures et qui mériterait sans aucun doute une restauration, ne serait ce que pour l'importance de cette oeuvre.

Note : 7,5 / 10

29/07/2017

Kong : Skull Island -2017

Désolé pour cette longue absence, mais le travail nous oblige parfois à abandonner nos passions. Mais je suis bien décidé à réveiller ce blog, belle au bois dormant endormie. Et pour commencer cette résurrection cinématographique, je vous propose un film pop-corn, "Kong Skull Island" de Jordan Vogt-Roberts. Le film ne s'embarrasse pas de la légende et des films précédents et se concentre plutôt sur un scénario tourné vers l'action voir l'horreur comique, dans un mode troisième degré revendiqué. Au niveau scénaristique la force du film est de mettre le film en scène dans une période conflictuelle, juste à la fin de la guerre du Vietnam. Les Marines US, prêts à rentrer chez eux et à retrouver femmes et enfants se laissent alors rattraper pour une ultime mission, par leur colonel Packard en manque d'action, joué par l'excellent Samuel Lee Jackson. Celui-ci est alors parti avec sa troupe pour accompagner une expédition scientifique sur une île inconnue. La distribution s'articule autour de Tom Hiddleston, Brie Larson, John Ortiz et Jing Tian. On notera également la présence du toujours excellent John Goodman.

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Alors c'est vrai que les années 70, c'est un peu moins glamour que le début des années 30 du "King-Kong" de Peter Jackson. Néanmoins, on se laisse prendre par cette aventure aux confins de la civilisation et de la rencontre d'êtres que tout oppose. L'opposition entre le colonel, sa troupe et Kong est à ce titre assez palpitante. Alors c'est vrai que c'est violent, voir parfois un peu gore, très américain, mais si on arrive à voir le film en mode deuxième ou troisième degré, en ce disant que c'est juste pour le "fun", on peut prendre un plaisir assez coupable à voir nos bêtes de guerre en face de la bête de la nature, plus grande qu'un immeuble. Et il y a beaucoup d'autres surprises, qu'évidemment je ne révèlerai pas. On retrouve donc un cinéma d'aventure, plaisant, même si il n'est pas à conseiller à tous les publics. En effet, certaines scènes peuvent choquer le jeune public. Il n'en reste pas moins que le divertissement est là, accompagné par une photographie tout à fait intéressante de Larry Fong, et par une bande originale très tournée vers les Seventies. On remarquera enfin un petit clin d'oeil, pour les spécialistes, à la chanteuse Vera Lynn en toute fin de métrage, avec un extrait très opportun et très touchant de "We will meet again". En somme, on s'amuse beaucoup à voir "Kong Skull Island", encore faut-il avoir le coeur bien accroché. Si c'est le cas. Vous allez aimer.

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Ci-dessus : Tom Hiddleston, Brie Larson, John Ortiz et Jing Tian

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Ci-dessus : Samuel Lee Jackson (le colonel Packard)

Disponibles sur Amazon.fr en DVD & Bluray

Note : 7,5 / 10

04/02/2017

Magic in the Moonlight - 2014

En ce début d'années, j'ai rattrapé mon retard et j'ai commencé à regarder quelques films de Woody Allen. J'avais déjà vu "Scoop" (2006) et "Café Society" (2016), et là j'ai vu coup sur coup quelques autres oeuvres de ce prodigieux et prolifique cinéaste. Ainsi, j'ai récemment visionné "coups de feux sur Broadway" (1994), mais aussi "escrocs mais pas trop" (2000), "l'homme irrationnel"(2015) et donc "Magic in the Moonlight (2014). Et à la vision de ce dernier film, mon opinion est faite, oui Woody Allen est bien un génie du cinéma. Ses scénarios sont toujours intéressants, les dialogues sont parfaits, et si parfois il manque un grain de folie dans ses films, ils sont toujours magnifiquement filmés et photographiés. "Magic in the Moonlight"ne déroge pas à la règle et la photographie de Darius Khondji est de toute beauté. Ce dernier a d'ailleurs était le photographe de plusieurs autres films de Woody Allen.  d'autres obsessions de Woody Allen sont aussi mises en avant.

 

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Ainsi, son amour du jazz et de la musique classique transperce de la première à la dernière image, et fait de la bande originale une compilation improbable et décalée avec notre temps, mais tellement dans l'esprit de ses films et de son auteur. "Magic in the Moonlight" reprend aussi les thèmes traditionnels de son auteur : la vie, la mort, Dieu, et lui même. Mais ces thèmes sont toujours évoqués de manière légère sans jamais ennuyer le public. J'ai dit que c'était magnifiquement filmé et photographié, mais c'est aussi joué parfaitement par un Colin Firth et une Emma Stone apparemment très inspiré. On peut dire que le couple irradie littéralement l''écran. En résumé, ce spectacle a tout pour plaire et on ne pourrait lui reprocher peut être comme un peu dans tous les films de Woody Allen qu'il m'ait été donné de voir, un manque de folie, qui le rendrait extraordinaire. Néanmoins, Woody Allen reste un incomparable génie, par rapport à la médiocrité artistique et scénaristique générale du cinéma hollywoodien actuel. Il est donc très important de défendre son cinéma, un autre cinéma fait d'ombre et de lumière, mais aussi de poésie et de grâce. Ses racines sont sans aucun doute à chercher dans l'oeuvre d'Ingmar Bergman.

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Ci-dessus : Emma Stone & Colin Firth

Disponible en DVD & Bluray sur Amazon en VF & VO sous-titrée (on regrettera la présence d'aucun bonus sur l'édition française).


Note : 7,5 / 10

28/01/2017

Bonne année à tous les cinéphiles !

Il me reste encore quelques jours pour souhaiter à tous mes lecteurs, une très bonne année 2017.  Ce blog est un peu en sommeil en ce moment, pour cause de mauvaise santé de son rédacteur, mais aussi à cause d'un travail très prenant. En attendant des jours meilleurs, je vous souhaite à tous et à toutes beaucoup de réussites, mais surtout des ondes positives pour cette nouvelle année, avec je l'espère énormément de découvertes cinéphiliques pour chacun. Que le cinéma vous apporte distraction, joie et bonheur et vous console des petits et grands malheurs de la vie ! On ne peut pas dire que l'on soit très gâté par les sorties Bluray en ces premiers mois de l'année. Mais à l'étranger on trouve encore quelques magnifiques diamants, comme la parution chez BFI du "Napoléon" d'Abel Gance, perle absolue du cinéma muet.

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Je vous souhaite donc à chacun d'entre vous, amoureux du cinéma, une très belle année 2017, qui sera je l'espère encore une année placée sous le signe du cinéma de patrimoine, avec des éditeurs qui tiendront leur promesse et qui nous feront enfin découvrir en bluray et en DVD des films inédits en France, comme les films du cinéma anglais des années 30, 40 et 50, ou que l'on aura enfin droit à des films noirs de Fritz Lang en Bluray. Bref ! Que cette année 2017 soit l'année du cinéma de patrimoine, mais qu'elle soit aussi la votre cher lecteur.

 

Bien à vous.

Stéphane. (Hollywood Classic).

30/12/2016

Disparition de Carrie Fisher, Claude Gensac & Debbie Reynolds !

Les dernières semaines ont été rudes pour les cinéphiles. Après la mort de notre star nationale, Michèle Morgan. On apprit cette semaine la mort de Carrie Fisher, Claude Gensac et de la mère de Carrie Fisher, Debbie Reynolds. La vie est parfois cruelle avec le monde du cinéma et avec nos stars qui nous semblent immortelles et éternellement jeunes. La communauté internet a été particulièrement touchée par la mort de Carrie Fisher, qui reste dans tous les esprits comme la princesse Leila de la guerre des étoiles, mais aussi par la mort de sa mère Debbie Reynolds qui ne semble pas avoir pu survivre au drame de la perte de son enfant. Pour moi, Debbie Reynolds reste l'interprète de "chantons sous la pluie", référence absolue de la comédie musicale. On sait que Carrie Fisher vivait à quelques mètres de la maison de sa mère et que les deux femmes étaient encore très proches l'une de l'autre. On ne sait ce que la carrière compliquée et cette relation ont eu pour conséquence sur la santé mentale de Carrie Fisher et ses addictions à la drogue et à l'alcool. Mais ce que l'on peut dire c'est que l'une et l'autre ont marqué l'histoire du cinéma. Debbie Reynolds était le symbole de la joie de vivre des comédies musicales des années 50, et Carrie Fisher a marqué de sa présence le cinéma de science-fiction des années 70 et 80. Debbie Reynolds avait un amour du grand Hollywood. Ainsi, suite à la revente de la MGM, en 1972 elle avait racheté énormément de pièces de ce grand studio et créé le Hollywood Motion Picture Museum, un musée, dans lequel elle avait rassemblé des milliers de costumes, affiches, et autographes. Puis par manque de fond elle avait revendu l'ensemble en 2011 et en 2014. Ainsi, la robe de Marilyn Monroe dans "Sept ans de réflexion" avait été vendue 4,6 millions de dollars. Les dernières paroles de Debbie Reynolds furent : "je veux être avec Carrie". L'année 2016 aura été dure jusqu'au bout, car il faut ajouter aussi Claude Gensac à notre liste de disparues. L'éternelle biche de Louis De Funès s'est éteinte il y a quelques jours également. Vivement 2017 !

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Ci-dessus : Carrie Fisher

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Ci-dessus : Debbie Reynolds

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Ci-dessus : Eddie Fisher, Debbie Reynolds & Carrie Fisher

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Ci-dessus : Claude Gensac

 

23/12/2016

La Pagode en flammes / China Girl - 1942

"La pagode en flammes" est autant un film qui met en avant la maîtrise du vieux routier Henry Hathaway, que de son immense directeur de la photographie Lee Garmes. Tourné en noir & blanc, pour le compte de la Twentieth Century Fox, "la pagode en flammes" permet donc à Lee Garmes de se surpasser pour nous donner des images formidablement contrastées qui se jouent du noir & blanc comme un peintre de la couleur. Il y avait des génies à Hollywood en 1942, et Lee Garmes en faisait bien partie. Le film est difficilement classable. Ainsi, il navigue entre le film de guerre, le film d'aventures, et la romance purement hollywoodienne. On profite de la présence de la magnifique Gene Tierney, mais aussi de la sexy Lynn Bari, qui essaye de voler le plus de scènes possibles à l'actrice principale. Lynn Bari de son vrai nom Margaret Schuyler Fisher, on la retrouve dans de nombreux films noirs où elle joue les rôles de méchants. Elle racontera d'ailleurs plus tard, "avoir une peur bleue des armes feu, mais que pourtant, on l'utilisait uniquement dans les rôles de femmes qui avaient un revolver dans leur sac, et qu'elle allait de plateau en plateau, abattant les gens et volant les maris." On regrettera que sa filmographie ne soit pas plus mise en avant aujourd'hui, car c'est une actrice avec un énorme potentiel. 

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Les acteurs masculins sont également très intéressants. Ainsi on retrouve George Montgomery dans le rôle d'un héros assez complexe torturé entre son amour des femmes et sa liberté. Victor McLaglen est ici dans un rôle de méchant qui lui est peu commun. Car Victor McLaglen c'est le sergent chef des plus grands westerns de John Ford sur la cavalerie américaine, mais aussi le personnage principal du "Mouchard" (1933) du même John Ford. Pour en revenir à "la pagode en flammes", on ne peut que louer la direction d'acteurs d'Hathaway, la photographie de Lee Garmes, la musique de Hugo Friedhofer et Alfred Newman. Mais on regrettera un ou deux plans ratés, comme au début la scène avec l'avion qui semble tellement sortir d'un plan d'un studio qu'on voit à l'écran les câbles tenant l'avion. En dehors de cette scène ratée, et des rapports très autoritaires de Montgomery avec un enfant birman, le film est parfait, et fait parfois penser à Casablanca tourné la même année. On ne saurait terminer cet article sans louer la musique exotique et symphonique du duo Hugo Friedhofer et Alfred Newman. On ne peut donc que remercier l'éditeur ESC pour son choix et les inviter à nous faire découvrir plus de films avec Gene Tierney ou la belle Lynn Bari.

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Ci-dessus : Gene Tierney & George Montgomery

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Ci-dessus : Gene Tierney & George Montgomery

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Ci-dessus : Gene Tierney & George Montgomery

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Ci-dessus : George Montgomery & Lynn Bari

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Ci-dessus : Lynn Bari

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Ci-dessus : Lynn Bari

Extrait de la musique :

Disponible chez ESC en DVD VO sous-titrée en français

 

Note : 7,5 / 10

21/12/2016

Disparition de Michèle Morgan

Hier j'apprenais avec émotion, la disparition de notre Michèle Morgan nationale, très grande artiste du cinéma français. Je me souviens d'elle, dans "Quai des brumes" avec Gabin, dans "Fortunat" avec Bourvil, dans "Passage to Marseille" avec Humphrey Bogart, dans " Marie-Antoinette reine de France" ou encore "dans "Maxime" avec Charles Boyer ou encore dans  le miroir à deux faces" avec le même Bourvil, et dans combien d'autres ! Michèle Morgan s'en est allé et c'est un peu de nous même qui nous a quitté. C'est un peu comme cette grand-mère qu'on a toujours aimé et qui n'est plus. Aujourd'hui, je me souviens de ton sourire et de tes yeux. Je me souviens de ton rire et de ta voix. Je me souviens que le temps passe et s'en va comme le sable entre les doigts. Mais je sais que ton souvenir restera encore sur quelques bobines de films et de supports numériques, mais encore et surtout dans la mémoire des cinéphiles. Adieu Michèle. Nous cinéphiles sommes tous un peu en deuil aujourd'hui. Repose en paix. On pense fort à toi, et surtout on continue de t'aimer.

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17/12/2016

L'encyclopédie du western par Patrick Brion

Cette période de fêtes de fin d'année, est souvent le moment le plus propice pour les beaux cadeaux pour soi ou pour ceux qu'on aime. Ainsi, amis cinéphiles, je ne saurai trop vous conseiller, le superbe ouvrage de Mr Brion, "l'encyclopédie du western" qui fera date dans cette sorte d'ouvrages encore trop rares en France. Le livre reprend tous les grands classiques du genre mais aussi beaucoup d'autres films moins connus, pour donner un sentiment d'exhaustivité à l'ensemble, même si en réalité  ce n'est pas le cas, car il a été produit des milliers de westerns. Le livre a été édité aux éditions Télémaque, en deux volumes à la couverture ferme ou en un seul volume à la couverture souple. L'auteur nous renvoie à l'origine du western et parcourt le genre jusqu'à 2014. Le travail effectué est réellement impressionnant, car il n'y a pas seulement la fiche technique de tous les films, une critique, mais également et surtout une formidable iconographie de chaque film, qui nous permet de nous laisser porter par l'ouvrage, au delà de nos plus folles espérances. Car on peut faire des reproches à cet ouvrage, ce ne peut pas être une aridité. Le livre se lit bien, et comme je viens de l'écrire, l'iconographie attire l'oeil du lecteur. Côté vrai reproche, on peut déplorer quand même, l'absence de quelques pages de textes avant chaque grande décennie. Vu la stratosphérique expertise de l'auteur en matière de cinéma et de western en particulier, il n'aurait pas été de trop de nous présenter en quelques pages, le western à la période du cinéma muet, puis le western des années 30, puis le renouveau du genre par décennie et sa place dans le cinéma de ces années. On peut reprocher également une absence de notation, qui si elle aurait été sans aucun doute affaire de point de vue, elle aurait été un guide important pour le lecteur, lui permettant d'un coup d'oeil de dénicher les perles. Ces deux reproches considérés, on ne peut que féliciter Patrick Brion pour son travail et lui souhaiter qu'il nous fasse maintenant une encyclopédie du film de gangsters. Il y aurait sans doute là un genre à explorer avec bonheur, par cet auteur prolifique qui aura tant fait pour nous faire aimer le grand cinéma.

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Note : 9 / 10

29/10/2016

Café Society - 2016

Je n'aurai pas la prétention de juger toute l'oeuvre de Woody Allen ou de replacer "Café Society" dans l'ensemble de sa filmographie. Malgré tout, je crois que tout spectateur peut se faire son propre avis sur le film. Tout d'abord de quoi s'agit il ? Le film se situe dans les années 30, et évoque l'arrivée à Hollywood du neveu d'un grand agent de stars, qui va rapidement déchanter de l'ambiance hollywoodienne tout en tombant amoureux de la secrétaire de son patron. Le film avait tout faire pour rêver,  avec tout d'abord une bonne douzaine de personnages représentés par un bon casting dans lequel on peut citer Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Steve Carell, Blake Lively, Parker Posey, Anna Camp, ou encore Corey Stoll. C'est superbement filmé et photographié. On peut également noter que la bande sonore est la grande star du film, reprenant quelques mélodies de Rodgers & Hart et la musique des années 30 & 40. Malgré tout ça, et ses différentes intrigues, Allen semble se perdre lui même dans sa narration, et la forme parfaite de son film finit par petit à petit à faire sombrer le fond. Car rien ne semble avoir réellement d'importance. Pire rien ne semble vraiment atteindre les personnages. Les différents évènements semblent glisser sur les personnages, comme sur le scénario. Je peux être un grand adepte de "l'underplaying", mais il y a des limites. Pourtant, il y avait vraiment matière à faire quelque chose de très grand. Or ici ce n'est pas le cas. Enfin, on ne peut se référer à Fred Astaire, Ginger Rogers, et Rodgers & Hart, sans avoir un souci du détail et de l'époque de tout les instants. Il est tout de même difficile de faire revivre les mythes. Et Allen, malgré la forme parfaite de son film, semble parfois se résoudre à tomber malheureusement dans une déconcertante facilité scénaristique. Malgré tout, "Café Society" reste un film très plaisant, bien filmé, bien photographié, possédant des personnages intéressants, et avec une superbe bande originale d'époque. On aurait aimé que ce soit un chef-d'oeuvre et que les sentiments soient un peu plus présents. Ce n'est malheureusement pas le cas. Et on sort de la séance heureux, mais en se disant "So What ?" "Et alors quoi ?"

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Bande-annonce :

 

Note : 7 / 10

17/09/2016

Tout ce que le ciel permet / All that Heavens allows - 1955

"Tout ce que le ciel permet" est un mélodrame filmé en Technicolor et réalisé par Douglas Sirk. Il est porté par le duo Rock Hudson, Jane Wyman. On remarque aussi la jeune Gloria Talbott qui vole parfois la vedette à l'héroïne principale. Le scénario se déroule dans une petite ville des Etats-Unis en 1955. Tout y semble parfait, la vie semble sophistiquée et douce. Mais cette sophistication et cette douceur cachent une terrible violence psychologique du groupe, qui refuse les mariages entre gens de différentes conditions. La jeune veuve étant riche et lui plus jeune et pauvre, la ville se refuse à s'enthousiasmer pour cette union et les problèmes vont commencer pour le couple. Douglas Sirk aborde alors ici  un de ses thèmes favoris. En effet, pour lui comme dans bon nombre de ses films et comme l'a dit Sartre, l'Enfer c'est les autres. Ainsi, dans "le temps d'aimer et le temps de mourir", l'Enfer pour le héros était la pression sociale de la société allemande sous le nazisme. Dans "tout ce que le ciel permet" c'est la communauté américaine des années 50. Sirk fait donc de son mélodrame, une critique de la société et de l'être humain, le montrant sous ses aspects les plus durs. La violence n'est pas physique, mais psychologique. Cette violence semble traverser tous les régimes, toutes les époques et être réellement propre à l'Homme. Sirk utilise pour son film des tons très colorés qui accentuent le mal aise, entre l'apparente bienveillance de la ville et la dureté des rumeurs qui atteignent l'héroïne. Derrière son apparente sensiblerie et son scénario qui pourrait paraître à l'eau de rose, "tout ce que le ciel permet" bénéficie également de grandes qualités cinématographiques et photographiques encore accentuée par la musique de Frank Skinner dont le thème principal a été emprunté à Franz Liszt et à son Consolation N°3. On ne s'ennuie pas donc, même si on regrettera peut être une fin un peu trop convenue et quelques scènes tournées avec de la neige artificielle qui n'ajoute pas vraiment à la crédibilité de l'oeuvre. L'ensemble laisse tout de même une très bonne impression.

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Ci-dessus : Jane Wyman

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Ci-dessus : Rock Hudson & Jane Wyman

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Ci-dessus : Jane Wyman & William Reynolds

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Ci-dessus : Agnes Moorehead & Jane Wyman (de dos)

Disponible en VF & VO sous-titrée en Bluray  & DVD chez Elephant Films (qualité moyenne du master)

 

Note : 6,5 / 10

02/07/2016

Le dernier train pour Frisco / One More Train to Rob - 1971

"Le dernier train pour Frisco" est un film qui fait tâche dans la filmographie du regretté George Peppard et dans celle du réalisateur Andrew V McLaglen. Fils de Victor McLaglen, ce dernier héros de nombreux films de Ford, Andrew V McLaglen gâche ici totalement son talent, pourtant vu maintes fois, que ce soit dans "le Grand McLintock (1963) avec John Wayne et Maureen O'Hara, ou dans les Prairies de l'honneur (1965) avec James Stewart, ou encore "Bandolero !" (1968), "les Géants de l'Ouest" (1969) ou "Chisum" (1970) là aussi avec John Wayne. Dans "le dernier train pour Frisco", il n'y a rien à sauver, ni sa réalisation aux plans inintéressants ou répétés de multiples fois, ni le jeu des acteurs qui sont en perdition car clairement non dirigés par McLaglen. Le ton du film, quant à lui navigue entre celui du western et celui de la comédie grinçante, sans jamais atteindre aucun de ces deux genres. Le film avance donc en boitant bas dans une réalisation qui ferait passer n'importe quel épisode de "la petite maison dans la prairie" pour un film d'art et d'essai. Tout cela, désintéresse pas le spectateur, mais l'agacera au plus haut point, devant tant de médiocrité affligeante. La musique est quant à elle insignifiante, et il n'y a pas le début d'une scène érotique, pour sauver ce film des poubelles du cinéma. On peut donc se demander pourquoi Sidonis nous sort ce genre de navet, alors que "le train sifflera 3 fois" reste inédit en Bluray. Mon conseil : évitez à tout prix de monter dans "ce dernier train pour Frisco" ou bien vous en descendrez en cours de route. Pour ma part, j'ai lutté pour arriver à destination, mais que ce fut dur !

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Note : 2,5 / 10

25/06/2016

Sabrina - 1954

"Sabrina" reste comme sans aucun doute un des plus beaux films d'Audrey Hepburn, si ce n'est le plus beau. En effet, il est un hymne intégral à la beauté de l'actrice, mais aussi à Paris et à la culture française, aujourd'hui en passe de disparaître. Le réalisateur, Billy Wilder, baigne le film dans une atmosphère permanente de glamour, de chic, et de sophistication, lien entre l'Amérique des années 50 et la France de cette époque. Paris y est mentionné à de nombreuses reprises comme la ville de l'amour, faisant de la capitale française la destination privilégiée des touristes américains amoureux. Aujourd'hui, la ville ayant tellement changée, sous les coups répétés de l'immigration et de la mondialisation, il est rare de trouver encore des quartiers ayant gardés leur âme si typiquement française. Le film en devient alors aujourd'hui un énorme cliché à lui tout seul, sur Paris, sur le businessman (Humphrey Bogart) trop occupé par son travail pour s'occuper de sa vie amoureuse, mais régentant celle de son frère (William Holden) trop inactif pour trouver du temps pour travailler. Pourtant comme dans Casablanca, le charme opère et cette succession de clichés, font de Sabrina un chef-d'oeuvre absolu et intemporel du cinéma. "Sabrina" avec son histoire en forme de conte pour enfants, berce le spectateur, et lui rappelle un temps où Paris était encore Paris, une ville où il faisait bon vivre. Cet esprit de chic français est rendu dans le film d'abord, par les toilettes et robes portées par Audrey Hepburn, qui sont celles de Givenchy, mais aussi par la chanson d'Edith Piaf, "la vie en rose" qui parcourt le film, avec en plus le tube "isn't it Romantic ?" de Rodgers & Harts. Hommage à la perfection de la mode et au bon goût français, "Sabrina" reste une immortelle fable sur l'amour et sur un Paris rêvé, magnifique et glamour, à l'esprit malheureusement à jamais disparu, définitivement assassiné un 13 novembre au nom de la tolérance. On notera que "Sabrina" fera d'Audrey Hepburn, l'égérie de Givenchy pendant de très nombreuses années.

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Ci-dessus : Audrey Hepburn & William Holden

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Ci-dessus : Humphrey Bogart & Audrey Hepburn

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Ci-dessus : Audrey Hepburn & William Holden

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Extrait :

 Disponible en DVD & Bluray en VF et VO sous-titrée sur Amazon, etc

Note : 9 / 10

10/06/2016

La Falaise mystérieuse / The Uninvited - 1944

"La falaise mystérieuse" fait parti d'un genre de film totalement disparu aujourd'hui : le film fantastique romantique. Il rejoint la longue liste des genres disparus. En effet, tourné en 1944, "la falaise mystérieuse" ne joue pas sur des effets horrifiques, que son époque ne lui permettait pas, mais sur une ambiance qui balance entre l'absolu beauté d'un noir & blanc sublimé par la photographie admirable de Charles Lang, une romance, une enquête quasi-policière, et des fantômes qui veulent absolument troubler la tranquillité des habitants de la grande demeure construite sur une falaise. Le casting est mené par Ray Milland, Ruth Hussey, Donald Crisp, et Gail Russell. Ray Milland était un acteur très célèbre dans les années 40. On se souvient de lui pour différents rôles, en particulier pour son rôle d'ivrogne dans "le poison" (1945), "Arise my love" (1940) avec Claudette Colbert, ou encore "les naufrageurs des mers du sud" (1942) avec John Wayne et Paulette Goddard, ou ce superbe classique du film noir "la grande horloge" (1948). Mais il est vrai qu'en France, la filmographie de Ray Milland mériterait d'être largement redécouverte par nos éditeurs. Cet acteur un peu oublié aujourd'hui, le mérite largement. Je dois vous avouer que je n'ai aucun souvenir des deux interprètes féminines que sont Ruth Hussey et Gail Russell. Cette dernière sera une étoile éphémère du ciel hollywoodien, sa carrière sera en effet ruinée par son alcoolisme chronique, qui finira par l'exclure de la plupart des studios. Quant à Donald Crisp il joue son rôle habituel de père, dont sa plus grande interprétation est celle qu'il donnera dans "Quelle était verte ma vallée" de John Ford. "La falaise mystérieuse" est à rapprocher de ces quelques films romantiques, qui vous rendent la vie plus belle et qui sont tellement rares dans l'histoire du cinéma. On peut citer "Quelque part dans le temps" (1980) avec Jane Seymour, ou encore et surtout "l'aventure de Madame Muir" (1947) sublime oeuvre avec Gene Tierney et Rex Harisson. Alors c'est sans doute vrai que le réalisateur Lewis Allen, n'est sans doute pas le plus grand réalisateur d'Hollywood, on peut d'ailleurs parfois se demander ce qu'il a fait de la direction d'acteurs. Le film semble parfois bien léger, et le ton semble parfois difficile à trouver pour les acteurs. Malgré cela, le film bénéficie de l'immense talent du directeur de la photographie, Charles Lange, qui joue avec les ombres et l'obscurité, et le film fait encore frissonner par moment. Il ajouter au crédit de l'oeuvre que l'ensemble est encore sublimé par l'inoubliable musique du très grand Victor Young, qui nous donne sans aucun doute, une de ses plus belles oeuvres, magnifique, mais aussi torturée. On notera enfin, que Lewis Allen devait tourner l'année suivante un film considéré comme une suite à la "falaise mystérieuse" : "The unseen" avec cette fois-ci Joel McCrea and Herbert Marshall. Il me reste à féliciter l'éditeur Wild Side, pour sa superbe édition Bluray, qui comprend le film globalement bien restauré, et surtout un superbe coffret, agrémenté de photos d'époque toutes plus belles les unes que les autres. Wild Side a fait de la présentation du film une oeuvre d'art.

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Ci-dessus : Ray Milland & Ruth Hussey

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Ci-dessus : Ray Milland & Ruth Hussey

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Ci-dessus : Ray Milland & Gail Russell.

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Ci-dessus : Ray Milland & Gail Russell.

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Ci-dessus : Ruth Hussey

Extrait de la musique de Victor Young :

 

Disponible dans un superbe coffret Bluray & DVD en Zone 2, en VF et VO sous-titrée, chez Wild Side.

 

Note : 7,5 / 10

05/06/2016

3000 dollars mort ou vif / Four Faces West - 1948

"3000 dollars mort ou vif" est un western assez atypique et différent de la production courante des années 40. En effet, si il nous propose une chasse à l'homme, il ne nous propose aucun indien et surtout aucun coup de feu. De plus, il n'y a pas de méchant, car aucun spectateur ne pourrait croire que Joel McCrea est un desperado. Il y a donc cette histoire de poursuite d'un voleur de banque au grand coeur. Mais si le film intéresse par ses péripéties, sa réalisation quasiment toujours en extérieur, sa belle musique et son honorable photographie, on reste un peu sur sa faim au niveau du scénario. De plus, si Frances Dee est parfois émouvante, elle paraît un peu froide avec Joel McCrea, son mari à la ville. Il est vrai que le personnage trouble de Joseph Calleia, est assez intéressant, mais certains seconds rôles sont plutôt proche de la figuration sans aucune épaisseur. Alors, l'impression reste que ce débordement de très bons sentiments ne fait pas un grand film. Enfin le scénario qui n'explicite jamais, les motivations profondes du héros pêche par un manque d'éclaircissement. On ne connaît jamais les motivations des uns ou des autres, ce qui n'apporte rien à l'intérêt que le spectateur peut avoir pour l'oeuvre. "3000 dollars mort ou vif" est donc un honnête divertissement, bien réalisé, et bien joué par les acteurs principaux, mais dont le scénario aurait sans aucun doute mérité, un meilleur travail d'écriture, au moins sur la description de la psychologie des personnages.

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Ci-dessus : Frances Dee & Joel McCrea

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Ci-dessus : Frances Dee

Disponible chez Sidonis en DVD Zone 2 VO sous-titrée français

 

Note : 6 / 10

02/06/2016

Dien Bien Phu - 1992

Il faut être un grand poète pour parler de ces guerres perdues qui n'ont été que l'exemple même du sacrifice pour un drapeau, car la cause était perdue depuis longtemps. C'est cela l'histoire de "Dien Bien Phu" et du film de Pierre Schoendoerffer, photographe de guerre qui a vécu sur le terrain la bataille mais aussi ensuite la captivité. Le film en lui même est décousu et parfois totalement incompréhensible. Car contrairement à tous les films de guerre, il n'y a pas d'état-major, pas de grand chef, comme si Pierre Schoendoerffer ne voulait pas désigner un grand coupable. Mais il semble nous dire que les coupables ont toujours tort. Ainsi, les politiques et les généraux sont aux abonnés absents. Ce combat perdu et oublié, se sacrifice héroïque de nos soldats, nous oblige à nous souvenir que l'Indochine a été française, mais que de nombreux morts auraient sans doute pu être évités, si les politiciens avaient voulu négocier, au lieu de vouloir garder une Indochine française, alors que le combat était presque perdu d'avance, devance la puissance des armées Viet Minh. Territoire du bout du monde, où la culture française a prospéré, Dien Bien Phu nous fait nous interroger. Quelles sont les raisons qui poussent des hommes jeunes à obéir aux ordres et à se lancer dans une bataille perdue d'avance et dans une mort certaine ? Dien Bien Phu, est-ce l'ultime combat de la décolonisation ou une bataille perdue contre le communisme en Asie du Sud-Est ? Quels sont les responsables de la défaite ? Le film de Schoendoerffer ne répond à aucune question, il ouvre juste le débat, montrant au spectateur l'horrible spectacle de ces héros français, morts pour la France ou morts pour leurs principes et une certaine idée d'eux mêmes et de leur patrie. En tous les cas, le réalisateur Pierre Schoendoerffer ne cache rien de l'inconséquence politique absolue qui mène au drame. Le film n'est pas forcément bien construit et l'action est souvent coupée empêchant au spectateur de vraiment rentrer dans le film. Mais "Dien Bien Phu" n'en reste pas moins un film nécessaire, qui nous parle, d'hommes morts pour leur drapeau, et du souvenir d'un empire français sur lequel le soleil ne se couchait jamais. Au regard d'une France d'aujourd'hui qui recule et abandonne tous les jours un peu plus ses principes, "Dien Bien Phu" semble être le premier écho de ce renoncement et de l'agonie, d'un pays qui n'en finit pas de mourir et d'une armée abandonnée par les siens.

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 Anonymes héros, nonchalants d'espérance,

Vous vouliez, n'est-ce pas ? qu'à l'heure du retour,

Quand il mettrait le pied sur la terre de France,

Ayant un brin de gloire il y eut un peu d'amour.

 

Quant à savoir si tout s'est passé de la sorte,

Et si vous n'êtes pas restés pour rien là-bas,

Si vous n'êtes pas morts pour une chose morte,

O mes pauvres amis, ne le demandez pas !

 

Dormez dans la grandeur de votre sacrifice,

Dormez, que nul regret ne vous vienne hanter;

Dormez dans cette paix large et libératrice

Où ma pensée en deuil ira vous visiter !

 

Extrait du poème " A mes légionnaires qui sont morts" du capitaine Borelli

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Extrait de la musique (au ton grave et sombre) de Georges Delerue :

Disponible en DVD en Zone 2

 

Note : 6 / 10