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20/07/2014

Hélène de Troie / Helen of Troy - 1956

"Hélène de Troie" est le type même du péplum tourné à l'ancienne. Il est considéré comme étant un film plutôt faible dans la carrière du réalisateur Robert Wise. Pourtant à mon sens il n'en est rien et le film bénéficie de nombreux atouts. Ainsi en premier lieu, on peut considérer que les décors sont plutôt bons et assez impressionnants dans leur ensemble. On peut contester le bateau de Pâris, qui l'emmène à Sparte, et qui ressemble plus à un drakkar qu'à autre chose. Mais pour le reste, je n'ai pas trouvé d'énormes fautes de goût. La réalisation est très impressionnante et donne lieu à des scènes de bataille digne de l'Iliade d’Homère. On peut d'ailleurs noter que Raoul Walsh était le réalisateur de la seconde équipe. Cela situe tout de suite le film. Non si il y a bien un défaut dans ce "Hélène de Troie" c'est bien le manque criant de charisme de l'ensemble de la distribution. Ainsi, si Rossana Podesta est formidablement  belle, son interprétation est rarement à la hauteur de son personnage. Quant à Jacques Sernas, acteur français, exilé volontaire en Italie, il est spécialisé dans les péplums, mais reste moyennement convaincant ici en Pâris.

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Ce que l'on peut noter au crédit du film, c'est que les éclairages, les décors, et le costumes inspiretont sans nulle doute bon nombres de péplums, à commencer par le dernier "Troie" (2003) de Wolfgang Petersen. "Hélène de Troie" survole donc aux niveaux du jeu des acteurs et du casting, l'ensemble des thèmes que Petersen développera plus efficacement dans son film. On retire quand même beaucoup de plaisir à regarder cette version de l'adaptation de l'oeuvre d'Homère. Malheureusement l'absence de charisme du casting plombe un peu l'ensemble et l'empêche d'être un film inoubliable. Cela se traduit par l'absence d'un leader fort du côté des Grecs, et Robert Douglas dans le rôle d'Agamemnon, consteste souvent l'autorité de Ménélas pour devenir plus ou moins le chef des Grecs coalisés. Dans ce casting parfois étrange, on retrouve le parfait Sir Cedric Hardwicke que l'on verra jouer la même année dans "les 10 commandements" et qui reprendra dans ce dernier film le rôle du père de Ramses II. Il est ici un roi Priame très crédible. Enfin la musique est signée Max Steiner. On peut la considérer comme très intéressante et très lyrique. Et rien que la musique du titre, ou les batailles valent le déplacement. On a donc avec ce "Hélène de Troie" une oeuvre parfaitement réalisée pour 1956 et qui n'a pas à rougir de la comparaison avec la version de 2003, ou même avec des oeuvres plus anciennes, si ce n'est au niveau d'un casting certes international, mais un peu faible.

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Ci-dessus : Jacques Sernas & Rossana Podesta

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Ci-dessus : Janette Scott (Cassandre), Rossana Podesta & Jacques Sernas

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Ci-dessus : Rossana Podesta

 

Extrait de la musique de Max Steiner :

 

Le majestueux thème d'amour de Max Steiner écrit pour "Hélène de Troie" :

Film disponible en DVD dans la collection "légendes d'Hollywood" chez Warner Bros

Note : 7 / 10

04/07/2014

Pompéi / Pompeii - 2014

"Pompéi" est le type même du projet difficile voir impossible à mener. Le film lorgne très fortement du côté de "Gladiator" (2001). Mais malheureusement il n'est pas tout à fait de la même qualité. En effet, si la photographie est magnifique, si l'utilisation des effets numériques pour recréer la ville est plutôt bien réussie, le casting et la direction d'acteurs frôlent le désastre. Ainsi, Kit Harington est une bien pâle copie de Russel Crowe. Carrie-Anne Moss semble jouer avec indifférence. Emily Browning fait ce qu'elle peut, et on a du mal à croire au blond Kiefer Sutherland en sénateur romain. Mais il joue quand même bien le méchant de service "Pompéi" c'est le film qui a les qualités de ses défauts. Ainsi, commme je l'ai dit, il copie un peu "Gladiator", tout en arrivant jamais à atteindre la qualité esthétique de l'original. Mais le réalisateur,  Paul W S Anderson, arrive à exploiter dans la plupart des cas à fond les effets numériques. Ceci dit, parfois le réalisateur fait travailler ses acteurs devant un fond bleu, qui démolit la bonne impression formelle de l'ensemble, laissant le spectateur un peu perplexe. Pourtant l'action est au rendez-vous surtout dans le dernier tiers du film, et la scène finale est empreinte d'émotion. Ainsi, le film nous montre que les passions humaines  ne sont rien devant la force de la nature, et on se demande bien pourquoi les Dieux se plaisent à tourmenter les Hommes, pour finalement, les faire disparaître.  A noter une musique entrainante du trop méconnu Clinton Shorter, qui suit bien l'action. On ne sera donc pas trop dur avec ce "Pompéi" qui retrace une page de l'histoire de Rome, et qui nous offre une débauche d'effets spéciaux et d'action, au dépend d'une direction d'acteurs parfois absente et d'une esthétique qui navigue entre le plus que parfait et le médiocre.  Mais comme moi, vous préférerez sans doute l'original : "Gladiator".

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Ci-dessus : Adewale Akinnuoye-Agbaje et Kit Harington

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Ci-dessus : Emily Browning et Jessica Lucas

Extrait de la musique de Clinton Shorter :

 

La Bande-annonce :

 

Disponible en DVD & Bluray VF et VO sous-titrée

Note : 7,5 / 10

30/03/2014

Troie / Troy - 2004

Alors qu'aujourd'hui nos concitoyens en France s'apprête à élire les maires de nos villes et villages, il est peut être temps de se rappeler que l'idée même de cité est née en Grèce et que la plus célèbre légende est peut être celle de Troie, située en Asie Mineure. Le genre Péplum quant à lui, sait ce qu'il doit à un film comme "Gladiator" (2000). En effet, si ce denier n'était pas sorti 4 ans plutôt et n'avait pas été un immense succès, il est fort peu probable que nous aurions vu la réalisation de ce "Troie" de Wolfgang Petersen. "Troie" s'appuie donc sur la légende d'Homère (le père des poètes) et donc sur les textes de L'Iliade. Le réalisateur prend des libertés avec le texte original, retirant les interventions divines de l'histoire, ainsi que de nombreux personnages et changent des évènements. Mais Alexandre Dumas a lui même modifié l'histoire pour écrire ses 3 mousquetaires et en préface de son livre, il écrivait : "On peut violer l'histoire, si on lui fait de beaux enfants". Et dans ce "Troie" c'est bien le cas.  Le film bénéficie d'une énorme distribution avec en tête Brad Pitt (Achille), Eric Bana, Orlando Bloom, mais aussi la magnifique Diane Kruger (Hélène de Troie). Les seconds rôles sont également extraordinaires avec Brian Cox (Agamemnon), Sean Bean (Ulysse), ou encore Julie Christie et la jeune Rose Byrne (Briséis). Mais c'est Peter O'Toole qui comme d'habitude, arrive à voler la vedette à ses partenaires, en faisant passer à travers son personnage une énorme émotion. Les décors et les costumes sont incroyables, et on peut qualifier la réalisation de Wolfgang Petersen de très sérieuse. Et on voit qu'il s'attache à raconter une histoire autant qu'à construire une caractérisation complexe des personnages.

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A cela, il faut ajouter la musique exotique et lyrique de James Horner, qui nous offre ici une de ses plus belles compositions. Le spectacle grandiose de 194 minutes passe donc très vite, et fait honneur à une salle de Home-Cinéma. Et si le film a coûté 175 millions de dollars, il en a rapporté 497 millions, faisant de "Troie" un énorme succès cinématographique, qui permet à tous de se souvenir d'une des plus célèbres légendes de l'antiquité, mais aussi de notre culture occidentale, qui a traversée les millénaires pour arriver jusqu'à nous, changée, modifiée, mais bien présente et vivante, comme un rappel lointain d'où vient notre civilisation et que comme les Hommes, les cités vivent, grandissent, puis disparaissent.

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Ci-dessus : Diane Kruger (Waouh !)

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Ci-dessus : Eric Bana et Orlando Bloom

 

La bande-annonce :

 

Extrait de la musique :

 

La chanson tirée du film de Josh Groban :

Film disponible en Bluray et DVD zone 2 (VF et VO sous-titrée)

 

Note : 9 / 10

27/04/2013

Samson et Dalila / Samson and Delilah - 1949

Souvent aujourd'hui la critique rejette en bloc les péplums bibliques les trouvant dépassés ou simplement un peu ringards. Auvant vous le dire tout de suite ce n'est absolument pas mon avis. Ainsi, quand on sait que "Samson et Dalila" a été réalisé par Cecil B DeMille, le maître du péplum, je ne pouvais que me décider à revoir ce film en technicolor que j'avais vu plus jeune lors d'une diffusion à la télévision. Aujourd'hui nous avons la chance grâce à Paramount de pouvoir le redécouvrir avec un master numérique. En effet, il a fait l'objet d'une restauration complète en 2012. Pourquoi Paramount ne l'a pas sorti en Bluray multizones ? Pourquoi il n'existe qu'une édition zone 1 non multizones, sortie début mars ? A part pour se faire plus d'argent, et le sortir dans quelques mois ou quelques années en Bluray, j'avoue n'avoir pas d'explications logiques. En effet, l'importance et la qualité d'image du film, méritait bien une édition Bluray, remplie de Bonus. Mais qu'en est il du film lui même ? Que pouvons nous attendre de ce "Samson et Dalila" ? C'est ce que nous allons voir.

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Le film comprend un impressionnant casting avec Hedy Lamarr, Victor Mature, Angela Lansbury, George Sanders, mais aussi Henry Wilcoxon. Victor Mature, devait faire 4 autres péplums avec en plus de ce "Samson et "Dalila", "la Tunique" (1953), "l'égyptien" (1954), "Demetrius and the gladiators" (1954) et enfin "Hannibal" (1959). Hedy Lamarr, vous pouvez retrouver son destin tragique sur ce site. Et Henry Wilcoxon, vieux camarade de plateau de DeMille, a joué dans de nombreux films. Ainsi il a été le commandant des chars de Pharaon dans "les 10 Commandements" (1956) ou encore le bras du marquis de Maine dans Scaramouche. "Samson et Dalila reprend l'histoire bien connue de la Bible en la modifiant quelque peu pour les besoins du scénario. Samson (Victor Mature) jeune berger à la force sur-humaine est amoureux de Semadar (Angela Lansbury). Mais Samson est hébreux et Semadar d'une grande famille de Philistins, or la Judée est sous le joug des Philistins. La haine des Philistins contre Samson, 'incompréhension des siens, mais aussi la jalousie maladive et l'amour de Dalila (Hedy Lamarr) vont contrarier le désir de mariage de Samson avec Semadar et sceller son destin et son histoire. Qui peut dire que cette haine entre des communautés différentes et que la jalousie amoureuse ne sont pas des sujets au sens éternels et ne possèdent pas en eux mêmes, une étrange actualité ?

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Ci-dessus : Hedy Lamarr et Victore Mature

Le film possède de nombreuses qualités. On peut noter tout d'abord la beauté du Technicolor, et la maestria de DeMille pour mettre à l'écran cette histoire. Les costumes et les décors sont chatoyants et rendent le film inoubliable. Et que dire de la beauté des actrices ?! Angela Lansburay semble n'avoir jamais été aussi belle, mais c'est bien Hedy Lamarr qui transperce l'écran d'une énigmatique et lassive beauté. Le film est long et fait plus de 2H, mais le temps est il long en compagnie d'Hedy Lamarr ? Ainsi, comme dans tous ses films  mais aussi comme les peintres de la renaissance et tant d'autres avant lui, DeMille se sert d'un sujet biblique pour montrer des femmes dénudées mais aussi pour mettre en avant un certain sadisme. Ainsi, DeMille mêle histoire biblique, technicolor, glamour aux désirs les plus obscurs d'une femme jalouse, qui veut avilir Samson dans un espèce de jeu pervers qui va bien au delà de ce que la censure de l'époque pouvait tolérer, si le sujet du film n'avait pas été un épisode de la Bible. Ainsi, on retrouve des scènes de flagellation chères à DeMille et qui sont présentes dans beaucoup de ses films.

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Le effets spéciaux sont eux aussi assez bluffants pour l'époque et la destruction du temple païen reste un morceau de cinéma à lui tout seul, qui préfigure l'ouverture de la Mer Rouge dans "les 10 Commandements" (1956). Enfin "Samson et Dalila" comprend une ouverture musicale, et aussi une musique de sortie. Alors autant vous le dire tout de suite, la musique de Victor Young est magnifique et c'est une des grandes stars du film. On sent que Cecil B DeMille a demandé à Victor Young de faire quasiment une musique d'opéra pour le film et le résultat est assez impressionnant. On regrettera seulement que parfois que la musique est presque trop omniprésente. En résumé, parcouru par un souffle épique, DeMille crée ici un film à la hauteur de la légende de Samson et de sa propre légende. "Samson et Dalila" film faste, chatoyant, à la forme parfaite dont l'impression finale laisse une trace indélébile dans le coeur du spectateur, faisant d'Hedy Lamarr une déesse de l'écran pour l'éternité, maîtresse de la damnation et de la rédemption de l'homme qu'elle aime. On pardonnera alors à DeMille quelques scènes trop longues ou une durée excessive. "Les 10 commandements" corrigeront sept ans plus tard, ces quelques défauts de la trame narrative, pour faire de ce dernier film sa plus extraordinaire et sa plus parfaite réussite cinématographique.

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Bande-annonce :

 

Extrait de la musique de Victor Young :

Note du 24 novembre 2013 : Le bluray zone B est enfin disponible en France au prix de 11,43€. A ce prix c'est la cadeau. La qualité de l'image est à toute épreuve (définition et couleur superbes).

Note : 8 / 10

15/03/2013

La chute de l'empire romain / The Fall of the Roman Empire - 1964

La qualité d'un film doit elle être mesurée à l'aune du nombre d'entrées en salle ? Que restera t'il du cinéma d'aujourd'hui dans 100 ans ? Ce sont bien les questions que l'on peut se poser quand on essaye d'analyser ce film, "la chute de l'empire romain". En effet, aujourd'hui on se rappelle de ce film surtout parce qu'il a inspiré lointainement le "Gladiator" de Ridley Scott. Mais si ici il est question du début du déclin de Rome, ce film eut également pour conséquence la fin de la société de production de Samuel Bronston comme le note le New-York Times dans son édition du 6 août 1965. Le film avait en effet coûté 18,5 millions de dollars, ce qui était une somme très importante pour l'époque et n'avait pas rapporté assez de bénéfices. Bronston devait donc finir de produire la même année, "le Plus Grand Cirque du monde" avec John Wayne, et abandonner les très grosses productions. Il ne produira que 3 films jusqu'en 1984, son dernier film étant "Fort Sagane".  Pourtant comme nous allons le voir, cet insuccès public de "la chute de l'empire romain" est largement immérité.

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Tout d'abord le film bénéficiait d'une pléiade de stars : Sophia Loren, Stephen Boyd, Alec Guinness, James Mason, Christopher Plummer, Mel Ferrer, Anthony Quayle et Omar Sharif. Sophia Loren avait joué Chimène 3 ans plus tôt dans "le Cid" également sous la direction d'Anthony Mann. Stephen Boyd c'est bien évidemment l'inoubliable Messala de "Ben-Hur"(1959) de William Wyller.  Alec Guinness c'est bien entendu le colonel anglais du "pont de la rivière Kwaï" ou Obiwan Kenobi dans l'épisode IV de "la guerre des étoiles". James Mason joue de son côté le rôle d'un savant et le rôle lui va parfaitement et correspond à son flegme anglais. Quant à Mel Ferrer il fait une composition à cent milles lieux de sa prestation dans "Scaramouche" et est presque méconnaissable. Enfin Anthony Mann était donc comme sur "le Cid" également présent aux commandes. A noter que "la chude de l'empire romain" a été tourné en Espagne dans la Sierra de Guadarrama au Nord de Madrid et que pour l'occasion on recréa le forum romain et l'ancienne Rome sur une superficie de 220 000 m2

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Ci-dessus : Sophia Loren et Stephen Boyd. Ils ne sont pas beaux ?

Mais on ne retrouve pas seulement des acteurs de péplums comme Stephen Boyd mais on retrouve aussi dans le film des scènes rappelant les plus grands péplums. Par exemple, on a comme dans "Ben-Hur" une course de chars. On a une reconstruction du forum romain, mais aussi un long combat dans les forêts enneigées de la Germanie comme dans ... "Gladiator". Alors évidemment en 1964, la violence n''était pas aussi réaliste que 10 ans plus tard. Mais néanmoins, le film est pour l'époque très bien réalisé. Et si mon intention n'est pas de vous raconter l'histoire du film, je vous dirai que ce film est baigné d'une profonde mélancolie qui ira à la fin jusqu'à une certaine folie, prémonitoire d'un avenir sombre pas seulement pour Rome peut être, mais pour un certain cinéma. Le public de l'époque ne l'a peut être pas compris. Mais il est difficile de ne pas voir dans ce monde romain qui s'écroule petit à petit imperceptiblement une annonce d'un changement de société d'une résonance étrangement actuelle. Et finalement la vie d'un Empire peut bien être comparé à la vie d'un Homme, avec donc un début, une élévation et une fin. Si Maximus dans "Gladiator" ouvrait une porte pour un autre monde et pour en réalité un autre cinéma, "la chute de l'empire romain" était le testament d'un cinéma d'aventure spectaculaire et familial qui jettaient ses derniers feux, avant un long hiver. Pour toutes ces raisons, j'ai une profonde tendresse pour ce film crépusculaire baigné des larmes de Sophia Loren. Récemment édité en Bluray (l'année dernière) il mérite donc tout votre intérêt.

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Ci-dessus : Anthony Mann sur le tournage de "la chute de l'empire romain"


La bande-annonce :


 

La musique de Dimitri Tiomkin :


 

Reportage sur Anthony Mann  par Jean-Claude Missiaen :



Note : 9 / 10

06/03/2013

Gladiator - 2000

"Gladiator" est un film qui m'a profondément marqué, autant par sa réalisation que par l'impact qu'il a pu avoir sur l'histoire du cinéma et sur ma vision du monde. Je m'explique. Aujourd'hui le cinéma ne produit quasiment plus de comédies musicales, de Westerns, de mélodrames. Des genres ont donc presque totalement disparus au profit d'autres. Sans "Gladiator" il aurait fallu y ajouter les films d'aventures et les péplums. Or "Gladiator" a été le film évènement de l'année 2000 déjà pour cette seule raison. Il ouvrait donc une porte à un autre cinéma et grâce à "Gladiator", le péplum est revenu à la mode pendant quelques années. "Troie", "Alexandre" ont pu être tournés, des films d'aventures sont revenus sur le devant de la scène, comme "Kingdom of Heaven" ou "Robin des Bois" et combien d'autres ensuite ! Pourtant je me souviens d'avoir été choqué au cinéma devant la violence ultra-réaliste du film. J'ai mis quelques jours à digérer le film et j'ai compris que le ton du film n'était pas celui de "Ben-Hur" ou des "10 Commandements", mais bien un ton romain et finalement réaliste. Or la société romaine était fondée en grande partie sur la violence et les outrances : violence des légions, violence des jeux du cirque, violence des jeux politiques de cette époque etc Le message biblique est donc d'autant plus incroyable et irréaliste dans cette société de violence. Mais dans "Gladiator" il n'en pas question.

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Je ne vous infligerai pas une note trop longue en refaisant le making-of déjà présent sur toute les éditions Bluray ou DVD. Mais je vous dirai que le film se déroule à la fin du règne de Marc-Aurèle et évoque le règne de son fils, l'empereur Commode. Chaque scène est quasi-anthologique, le découpage du film est parfait dans sa version cinéma d'origine. Et les dialogues sont à graver dans le marbre : "Ce que nous faisons dans notre vie raisonne dans l'éternité". Et si on ajoute à ça, la fabuleuse musique de Hans Zimmer aux accents wagnériens si tragiques, ou les vocalises de Liza Gerrard, on ne peut qu'être totalement satisfait devant l'ampleur du spectacle. "Gladiator" n'est donc pas un film romantique ou plein de la spiritualité chrétienne de ses illustres prédécesseurs, mais il possède des qualités qui ont fait de son héros Maximus, le messager d'un nouveau cinéma antique. D'ailleurs on peut rétrospectivement se demander si la porte que pousse Maximus à la fin du film, qui évoque sa nouvelle vie dans l'au-delà, n'est pas aussi une vision de Scott qui avec son film a lui aussi ouvert une porte pour d'autres films. Cette étrange synchronicité que Yung n'aurait pas renié nous laisse à penser que les Dieux de Rome se sont bien penchés sur le film pour lui donner un beau destin. Et à titre personnel ce film m'a beaucoup inspiré et m'a donné du courage quand je n'en avais plus.

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La bande-annonce :

 

Extrait de la musique :

 

Note : 8,5 / 10