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02/06/2016

Dien Bien Phu - 1992

Il faut être un grand poète pour parler de ces guerres perdues qui n'ont été que l'exemple même du sacrifice pour un drapeau, car la cause était perdue depuis longtemps. C'est cela l'histoire de "Dien Bien Phu" et du film de Pierre Schoendoerffer, photographe de guerre qui a vécu sur le terrain la bataille mais aussi ensuite la captivité. Le film en lui même est décousu et parfois totalement incompréhensible. Car contrairement à tous les films de guerre, il n'y a pas d'état-major, pas de grand chef, comme si Pierre Schoendoerffer ne voulait pas désigner un grand coupable. Mais il semble nous dire que les coupables ont toujours tort. Ainsi, les politiques et les généraux sont aux abonnés absents. Ce combat perdu et oublié, se sacrifice héroïque de nos soldats, nous oblige à nous souvenir que l'Indochine a été française, mais que de nombreux morts auraient sans doute pu être évités, si les politiciens avaient voulu négocier, au lieu de vouloir garder une Indochine française, alors que le combat était presque perdu d'avance, devance la puissance des armées Viet Minh. Territoire du bout du monde, où la culture française a prospéré, Dien Bien Phu nous fait nous interroger. Quelles sont les raisons qui poussent des hommes jeunes à obéir aux ordres et à se lancer dans une bataille perdue d'avance et dans une mort certaine ? Dien Bien Phu, est-ce l'ultime combat de la décolonisation ou une bataille perdue contre le communisme en Asie du Sud-Est ? Quels sont les responsables de la défaite ? Le film de Schoendoerffer ne répond à aucune question, il ouvre juste le débat, montrant au spectateur l'horrible spectacle de ces héros français, morts pour la France ou morts pour leurs principes et une certaine idée d'eux mêmes et de leur patrie. En tous les cas, le réalisateur Pierre Schoendoerffer ne cache rien de l'inconséquence politique absolue qui mène au drame. Le film n'est pas forcément bien construit et l'action est souvent coupée empêchant au spectateur de vraiment rentrer dans le film. Mais "Dien Bien Phu" n'en reste pas moins un film nécessaire, qui nous parle, d'hommes morts pour leur drapeau, et du souvenir d'un empire français sur lequel le soleil ne se couchait jamais. Au regard d'une France d'aujourd'hui qui recule et abandonne tous les jours un peu plus ses principes, "Dien Bien Phu" semble être le premier écho de ce renoncement et de l'agonie, d'un pays qui n'en finit pas de mourir et d'une armée abandonnée par les siens.

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 Anonymes héros, nonchalants d'espérance,

Vous vouliez, n'est-ce pas ? qu'à l'heure du retour,

Quand il mettrait le pied sur la terre de France,

Ayant un brin de gloire il y eut un peu d'amour.

 

Quant à savoir si tout s'est passé de la sorte,

Et si vous n'êtes pas restés pour rien là-bas,

Si vous n'êtes pas morts pour une chose morte,

O mes pauvres amis, ne le demandez pas !

 

Dormez dans la grandeur de votre sacrifice,

Dormez, que nul regret ne vous vienne hanter;

Dormez dans cette paix large et libératrice

Où ma pensée en deuil ira vous visiter !

 

Extrait du poème " A mes légionnaires qui sont morts" du capitaine Borelli

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Extrait de la musique (au ton grave et sombre) de Georges Delerue :

Disponible en DVD en Zone 2

Note : 6 / 10

29/02/2016

Le Démon des eaux troubles / Hell and High Water - 1954

"Le démon des des eaux troubles" est un improbable film de guerre en couleur et en Cinémascope, mettant en scène des sous-marins. Pourquoi improbable ? Car tout simplement le scénario est inepte et vide. En effet, si il nous replace dans un contexte de guerre froide, entre l'Occident et la Chine communiste. On ne croit pas un instant à cette histoire de scientifiques pacifistes, qui vont faire affréter un ancien sous-marin japonais, pour aller visiter des îles du Pacifique qui pourraient, potentiellement abriter une base secrète communiste, capable de lancer des missiles nucléaires. On adhère donc jamais un seul instant à ce scénario. On reste assez froid devant les péripéties de l'équipe. Et si la jolie Bella Darvi apporte un peu d'air à cet étouffant scénario, elle ne peut empêcher le film de lentement couler. Richard Widmark semble vouloir en faire des tonnes, pour tenter de sortir le film d'un sombre destin. Mais malheureusement, il n'y peut pas grand chose. Entre les têtes à têtes amoureux, alors qu'ils sont en territoire ennemi, rien est crédible. L'affaire est rapidement attendu. Cameron Mitchell, fait quant à lui un rôle de lourdaud, plus ou moins amusant. Non il n'y a quasiment rien à retenir de ce film du grand Samuel Fuller, sinon quelques belles prises de vues. On retient aussi en plus de Richard Widmark, la belle musique d'Alfred Newman. Pour le reste, le film sombre dès les premières minutes, et on se demande bien pourquoi, après l'avoir vu, pourquoi on ne l'a pas laissé dormir au fond de sa DVDthèque ou plus sûrement au fond des océans, 20 milles lieux sous les mers. Le mot fin, inscrit sur l'écran, reste ici à n'en pas douter, le meilleur moment du film.

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Ci-dessus : Richard Widmark & Bella Darvi

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Disponible en DVD Zone 1 sous le titre "Hell and High Water" en VF et VO sous-titrée.

Note : 3,5 / 10

12/09/2015

Ma vie commence en Malaisie / A town like Alice - 1956

L'actualité nous rattrape parfois qu'on le veuille ou non. Ainsi, "ma vie commence en Malaisie", adapté du roman de Nevil Shute, m'a fait réfléchir sur le problème actuel des réfugiés de guerre. Je ne vais pas ouvrir ici, le débat. Mais il est vrai que le scénario de ce film, semble faire écho dans la conscience de chacun. Ainsi, le film nous amène dès son commencement, dans un long flashback qui renvoie le personnage principal (joué par Virginia McKenna), en Malaisie au moment de l'arrivée de l'armée japonaise. Elle va se retrouver rapidement dans un groupe de femmes et d'enfants, séparés de leurs hommes et sous la coupe des autorités japonaises. Une longue errance va alors commencer pour le groupe ponctuée par des rencontres avec par exemple un australien (joué par Peter Finch). On se demande bien ce qu'il pourrait y avoir de plus terrible que voir ainsi, ces femmes et ces enfants abandonnés aux ordres inhumains, sans eau ni nourriture. On est bien obligé alors, de penser aux sorts des malheureux qui fuient la Syrie ou l'Irak pour rejoindre des terres plus accueillantes. Qui sommes nous pour leur refuser le simple droit de vivre ? Le mal est daesh, mais l'Europe et l'Occident ne sont pas les seuls responsables, car un problème humain concerne toute l'Humanité et en tout premier lieu, les pays de même culture, de même religion, les plus proches et les plus riches de la région. Pour en revenir au film, on sait que Jack Lee s'est intéressé au film dès qu'il a lu le script et qu'il avait les larmes aux yeux après l'avoir lu. On peut dire que le résultat de cet émotion du réalisateur, est particulièrement réussi à l'écran. On croirait par moment, voir du John Ford, non seulement par sa réalisation, que par le ton de l'oeuvre, qui nous amène souvent dans une intimité des personnages, où chaque petites choses de la vie sont un évènement, un cadeau, pour ceux qui en sont privés. La photographie de Geoffrey Unsworth, est aussi très réussie et sait mettre en avant des yeux, des visages, des silhouettes. On est clairement devant un film 5 étoiles, sans aucun doute un des plus grands du cinéma britannique de l'après-guerre. Le caractère inédit de l'oeuvre en France est d'autant plus étonnant. On peut regretter que la belle musique de Matyas Seiber, ne soit pas plus présente tout au long du film, car si elle prend parfois le ton crépusculaire d'une marche funèbre Wagnérienne, ce n'est que dans le but de ressusciter notre humanité enfouie au plus profond de nous, et reprendre le ton badin de ces musiques qui ont parcouru tant de films de Ford. "Ma vie commence en Malaisie" n'est pas seulement un très grand film britannique, c'est tout simplement, un des plus grands films de l'histoire du cinéma que l'éditeur Elephant Films, vient de sortir de l'oubli, pour notre plus grand bonheur. "Ma vie commence en Malaisie", est à inscrire en lettres d'or dans le grand livre des chefs-d'oeuvre du 7ème art, mais aussi faire parti de l'éducation, de tous les écoliers français.

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Ci-dessus de dos : Virginia McKenna

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Ci-dessus : Peter Finch & Virginia McKenna

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Ci-dessus : Virginia McKenna

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Ci-dessus : Peter Finch & Virginia McKenna

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Extrait de la musique de Matyas Seiber :

 Disponible en Bluray & DVD chez Elephant Films

Note : 9,5 / 10

06/05/2015

Le temps d'aimer et le temps de mourir / A Time to Love and a Time to Die - 1958

"Le temps d'aimer et le temps de mourir" est sans doute l'un des plus personnels de Douglas Sirk. En effet, Douglas Sirk était d'origine allemande, de son vrai nom Hans Detlef Sierck, et né à Hambourg le 26 avril 1897. Il devait quitter l'Allemagne en 1937, abandonner son fils membre du parti nazi, et rejoindre les USA, pour entamer après bien des métiers, une carrière de réalisateur. Son fils Klaus Detlef devait quant à lui, mourir sur le front russe au printemps 1944. Tiré du célèbre roman éponyne d'Erich Maria Remarque, auteur, mais aussi acteur dans cette production, Sirk nous donne sa vision de l'Allemagne du 3ème Reich, mais semble aussi nous donner une vision intimiste des derniers jours de son fils. On raconte qu'il passa une année à chercher des informations sur son fils pour comprendre ce qui lui était arrivé. Le film nous décrit donc, le retour d'un soldat allemand du front russe pour une permission, et sa découverte de l'Allemagne nazie en guerre, et en proie aux bombardements. Le héros découvre sa maison d'enfance réduite à un tas de décombres, et part à la recherche de ses parents. Sur ce scénario simple, Douglas Sirk nous donne donc un drame puissant, décrivant peut être pour la première fois dans le cinéma hollywoodien, les nazis comme des êtres humains comme les autres. Et c'est peut être le plus terrifiant de cette oeuvre. Ainsi, l'Allemagne nazie nous renvoie une image de nous même et de notre propre humanité, capable du meilleur comme du pire. Au delà, d'une description d'une Allemagne qui se meurt, le réalisateur aborde le thème de l'amour, ainsi que du caractère éphémère du bonheur, qui ne dure jamais bien longtemps. Sirk ne décrit pas le régime nazi, comme le régime responsable des pires horreurs de l'humanité, mais bien comme un régime qui nie l'individualité de l'être humain. La société est omniprésente, jusque dans l'intimité des relations amoureuses. Par cela, par cette possession de l'âme, et du corps des individus, le nazisme dénie tout libre choix, toute réflexion propre. L'homme n'est plus qu'un rouage du système. Celui qui s'en éloigne signe alors sa propre mort. Inoubliable drame, sublimé par la musique de Miklós Rózsa, "le temps d'aimer et le temps de mourir" est peut être le film le plus intime de Sirk sur son rapport filial, et qui pose question en résonance sur notre propre humanité. L'enfer c'est les autres, disait Sartre, c'est une réalité pour Sirk.

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Ci-dessus : Liselotte Pulver & John Gavin

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Ci-dessus : Erich Maria Remarque & John Gavin

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Ci-dessus : Liselotte Pulver

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Extrait de la musique de Miklós Rózsa :

 

Difficilement disponible en DVD, donc remerciements chaleureux à Arte pour la récente diffusion de ce chef-d'oeuvre, en espérant une prochaine sortie Bluray prévue en 2015 ou 2016.

Note : 8 / 10

28/02/2015

Fury - 2014

"Fury" est un film sur l'avancée des troupes américaines en Allemagne en avril 1945, et nous raconte l'expérience de combat d'un groupe de chars, et en particulier d'un char nommé "Fury". Le film a un casting assez hétéroclite, composé de Brad Pitt, Shia LaBeouf, Michael Peña, Logan Lerman et Jon Bernthal. Le film tire sa grande force de ses scènes d'action ultra-violentes, mais finalement peu crédibles en images de synthèse et qui font penser à un jeu vidéo. Enfin, et c'est plus grave, l'écriture scénaristique est désespérément faible, et se complet dans un un espèce de nihilisme absolu, où le soldat américain est montré comme un espèce de boucher, juste un peu mieux que le nazi de base, mais capable d'exécuter un soldat prisonnier de sang-froid, ou de se comporter très mal avec les civils, le tout avec une absence quasi-permanente d'officiers. Après "de l'or pour les braves" (1970) qui nous montrait une seconde guerre mondiale à la mode hippie, on a droit à "une seconde guerre mondiale" où les idéaux disparaissent dans la boue et le sang.

411457.jpgLe film se rattrape dans sa dernière partie plutôt brillante, en forme de feu d'artifice finale, qui nous fait entrevoir le personnage de Brad Pitt comme une espèce d'Audie Murphy (célèbre héros de guerre américain), bien décidé à résister à l'avancée d'un régiment SS avec son seul char immobilisé. On ressort malgré tout, assez déçu de la vision d'un tel film. On se demande bien où sont passés les 64 millions de dollars de budget, et on regrette les classiques du genre comme "le jour le plus long" (1962), "la bataille des Ardennes" (1965) ou les films à petits budgets de Robert Aldrich, mais qui eux bénéficiaient d'un vrai scénario. On peut citer par exemple, "Attaque" (1956). "Fury" est donc un film plus proche d'un jeu vidéo comme un "call of Duty" like, que d'un grand film de cinéma. Le nihilisme que véhicule "Fury", pendant plus de deux heures, m'a fait m'interroger sur l'origine de la violence et de la responsabilité du cinéma actuel, à la banaliser par force, sur fond de lecture de la Bible. On peut citer en exemple, en particulier dans "Fury", la description ordinaire d'un crime de guerre sordide, qui dépouille le tueur et la victime de leur humanité.

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Disponible en Bluray & DVD zone 2 (VF et VO sous-titrée)

Note : 5,5 / 10

30/12/2014

Les sacrifiés / They were expendable - 1945

"Les sacrifiés" est le type même des films inclassables de John Ford. On sait que Ford n'aimait pas particulièrement ce film. Ainsi, il devait dire dans une interview à Lindsay Anderson (réalisateur également), "qu'il n'en avait jamais eu rien à foutre de ce film et qu'il n'avait jamais vu un mètre de ce foutu film". Pour comprendre cette mauvaise opinion de Ford sur son propre travail, il faut savoir que Ford était alors sur le front Pacifique et avait perdu 13 hommes de son unité quand la MGM, lui donna à faire ce film de commande. De plus, Ford devait se blesser à la jambe sur le tournage et en abandonner la fin au profit de l'acteur Robert Montgomery à l'affiche avec John Wayne. Enfin, Ford ne devait pas non plus maîtriser le montage, qui semblait ne pas lui convenir. Ainsi, le film faisait 2H10, et Ford, aurait voulu le raccourcir à 1H40, et garder des scènes que la MGM avait enlevées. On se retrouve donc avec un film assez impersonnel, tourné comme un documentaire, avec très peu de musique (Ford n'en voulait pas). Pourtant devant la consternation, de son interlocuteur, Ford se décidait à revoir son film et écrivait quelques temps plus tard, à Lindsay Anderson : "Pour les Sacrifiés, vous aviez raison". Mais nous public de 2014, que pouvons nous retenir "des Sacrifiés" ?

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Comme je l'ai dit au début de cet article, "les sacrifiés" me semble le film, le plus impersonnel de Ford. Ford y met peu de ses situations cocasses, drôles et humaines qui ont fait la réputation de ses films. Alors, il y a bien la romance impossible entre Wayne et Donna Reed, ou le vieux charpentier qui refuse de partir, attendant avec son seul fusil l'arrivée des Japonais, dans une lutte qu'il ne peut se résoudre à refuser. Et si on rajoute la visite au blessé, c'est à peu près tout. Il n'y a pas une vraie analyse de la vie de la garnison, comme dans "la charge héroïque". Le film ressemble donc à un documentaire, et c'est ce qui en fait toute sa force et aussi sa faiblesse. Rien est glamour dans "les sacrifiés". Comme je l'ai dit la musique est presque absente. Alors ? Alors, le génie de Ford est de n'avoir jamais montré un seul soldat japonais. On voit bien des croiseurs, des tirs, des avions etc, mais le soldat ou l'armée japonaise dans son ensemble, est comme une force invisible qui broie tout, et ceux malgré les victoires successives du groupe de Wayne, qui remporte des succès mais toujours en reculant. Ford nous donne donc un film non exempt de longueurs, et parfois éloigné de son style original mais épuré du traditionnel glamour hollywoodien. On reste donc malgré tout, assez hypnotisé par cette errance militaire, au jour le jour, aux confins du Pacifique.

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Ci-dessus : Robert Montgomery

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Ci-dessus : John Wayne

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Ci-dessus : Donna Reed

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Ci-dessus : John Wayne, Donna Reed, & Robert Montgomery

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Ci-dessus : War Bond, Robert Montgomery & John Wayne

Disponible en DVD zone 2 sous-titrage en français chez Warner

 Note : 7 / 10