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02/06/2016

Dien Bien Phu - 1992

Il faut être un grand poète pour parler de ces guerres perdues qui n'ont été que l'exemple même du sacrifice pour un drapeau, car la cause était perdue depuis longtemps. C'est cela l'histoire de "Dien Bien Phu" et du film de Pierre Schoendoerffer, photographe de guerre qui a vécu sur le terrain la bataille mais aussi ensuite la captivité. Le film en lui même est décousu et parfois totalement incompréhensible. Car contrairement à tous les films de guerre, il n'y a pas d'état-major, pas de grand chef, comme si Pierre Schoendoerffer ne voulait pas désigner un grand coupable. Mais il semble nous dire que les coupables ont toujours tort. Ainsi, les politiques et les généraux sont aux abonnés absents. Ce combat perdu et oublié, se sacrifice héroïque de nos soldats, nous oblige à nous souvenir que l'Indochine a été française, mais que de nombreux morts auraient sans doute pu être évités, si les politiciens avaient voulu négocier, au lieu de vouloir garder une Indochine française, alors que le combat était presque perdu d'avance, devance la puissance des armées Viet Minh. Territoire du bout du monde, où la culture française a prospéré, Dien Bien Phu nous fait nous interroger. Quelles sont les raisons qui poussent des hommes jeunes à obéir aux ordres et à se lancer dans une bataille perdue d'avance et dans une mort certaine ? Dien Bien Phu, est-ce l'ultime combat de la décolonisation ou une bataille perdue contre le communisme en Asie du Sud-Est ? Quels sont les responsables de la défaite ? Le film de Schoendoerffer ne répond à aucune question, il ouvre juste le débat, montrant au spectateur l'horrible spectacle de ces héros français, morts pour la France ou morts pour leurs principes et une certaine idée d'eux mêmes et de leur patrie. En tous les cas, le réalisateur Pierre Schoendoerffer ne cache rien de l'inconséquence politique absolue qui mène au drame. Le film n'est pas forcément bien construit et l'action est souvent coupée empêchant au spectateur de vraiment rentrer dans le film. Mais "Dien Bien Phu" n'en reste pas moins un film nécessaire, qui nous parle, d'hommes morts pour leur drapeau, et du souvenir d'un empire français sur lequel le soleil ne se couchait jamais. Au regard d'une France d'aujourd'hui qui recule et abandonne tous les jours un peu plus ses principes, "Dien Bien Phu" semble être le premier écho de ce renoncement et de l'agonie, d'un pays qui n'en finit pas de mourir et d'une armée abandonnée par les siens.

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 Anonymes héros, nonchalants d'espérance,

Vous vouliez, n'est-ce pas ? qu'à l'heure du retour,

Quand il mettrait le pied sur la terre de France,

Ayant un brin de gloire il y eut un peu d'amour.

 

Quant à savoir si tout s'est passé de la sorte,

Et si vous n'êtes pas restés pour rien là-bas,

Si vous n'êtes pas morts pour une chose morte,

O mes pauvres amis, ne le demandez pas !

 

Dormez dans la grandeur de votre sacrifice,

Dormez, que nul regret ne vous vienne hanter;

Dormez dans cette paix large et libératrice

Où ma pensée en deuil ira vous visiter !

 

Extrait du poème " A mes légionnaires qui sont morts" du capitaine Borelli

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Extrait de la musique (au ton grave et sombre) de Georges Delerue :

Disponible en DVD en Zone 2

 

Note : 6 / 10

29/02/2016

Le Démon des eaux troubles / Hell and High Water - 1954

"Le démon des des eaux troubles" est un improbable film de guerre en couleur et en Cinémascope, mettant en scène des sous-marins. Pourquoi improbable ? Car tout simplement le scénario est inepte et vide. En effet, si il nous replace dans un contexte de guerre froide, entre l'Occident et la Chine communiste. On ne croit pas un instant à cette histoire de scientifiques pacifistes, qui vont faire affréter un ancien sous-marin japonais, pour aller visiter des îles du Pacifique qui pourraient, potentiellement abriter une base secrète communiste, capable de lancer des missiles nucléaires. On adhère donc jamais un seul instant à ce scénario. On reste assez froid devant les péripéties de l'équipe. Et si la jolie Bella Darvi apporte un peu d'air à cet étouffant scénario, elle ne peut empêcher le film de lentement couler. Richard Widmark semble vouloir en faire des tonnes, pour tenter de sortir le film d'un sombre destin. Mais malheureusement, il n'y peut pas grand chose. Entre les têtes à têtes amoureux, alors qu'ils sont en territoire ennemi, rien est crédible. L'affaire est rapidement attendu. Cameron Mitchell, fait quant à lui un rôle de lourdaud, plus ou moins amusant. Non il n'y a quasiment rien à retenir de ce film du grand Samuel Fuller, sinon quelques belles prises de vues. On retient aussi en plus de Richard Widmark, la belle musique d'Alfred Newman. Pour le reste, le film sombre dès les premières minutes, et on se demande bien pourquoi, après l'avoir vu, pourquoi on ne l'a pas laissé dormir au fond de sa DVDthèque ou plus sûrement au fond des océans, 20 milles lieux sous les mers. Le mot fin, inscrit sur l'écran, reste ici à n'en pas douter, le meilleur moment du film.

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Ci-dessus : Richard Widmark & Bella Darvi

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Disponible en DVD Zone 1 sous le titre "Hell and High Water" en VF et VO sous-titrée.

 

Note : 3,5 / 10

12/09/2015

Ma vie commence en Malaisie / A town like Alice - 1956

L'actualité nous rattrape parfois qu'on le veuille ou non. Ainsi, "ma vie commence en Malaisie", adapté du roman de Nevil Shute, m'a fait réfléchir sur le problème actuel des réfugiés de guerre. Je ne vais pas ouvrir ici, le débat. Mais il est vrai que le scénario de ce film, semble faire écho dans la conscience de chacun. Ainsi, le film nous amène dès son commencement, dans un long flashback qui renvoie le personnage principal (joué par Virginia McKenna), en Malaisie au moment de l'arrivée de l'armée japonaise. Elle va se retrouver rapidement dans un groupe de femmes et d'enfants, séparés de leurs hommes et sous la coupe des autorités japonaises. Une longue errance va alors commencer pour le groupe ponctuée par des rencontres avec par exemple un australien (joué par Peter Finch). On se demande bien ce qu'il pourrait y avoir de plus terrible que voir ainsi, ces femmes et ces enfants abandonnés aux ordres inhumains, sans eau ni nourriture. On est bien obligé alors, de penser aux sorts des malheureux qui fuient la Syrie ou l'Irak pour rejoindre des terres plus accueillantes. Qui sommes nous pour leur refuser le simple droit de vivre ? Le mal est daesh, mais l'Europe et l'Occident ne sont pas les seuls responsables, car un problème humain concerne toute l'Humanité et en tout premier lieu, les pays de même culture, de même religion, les plus proches et les plus riches de la région. Pour en revenir au film, on sait que Jack Lee s'est intéressé au film dès qu'il a lu le script et qu'il avait les larmes aux yeux après l'avoir lu. On peut dire que le résultat de cet émotion du réalisateur, est particulièrement réussi à l'écran. On croirait par moment, voir du John Ford, non seulement par sa réalisation, que par le ton de l'oeuvre, qui nous amène souvent dans une intimité des personnages, où chaque petites choses de la vie sont un évènement, un cadeau, pour ceux qui en sont privés. La photographie de Geoffrey Unsworth, est aussi très réussie et sait mettre en avant des yeux, des visages, des silhouettes. On est clairement devant un film 5 étoiles, sans aucun doute un des plus grands du cinéma britannique de l'après-guerre. Le caractère inédit de l'oeuvre en France est d'autant plus étonnant. On peut regretter que la belle musique de Matyas Seiber, ne soit pas plus présente tout au long du film, car si elle prend parfois le ton crépusculaire d'une marche funèbre Wagnérienne, ce n'est que dans le but de ressusciter notre humanité enfouie au plus profond de nous, et reprendre le ton badin de ces musiques qui ont parcouru tant de films de Ford. "Ma vie commence en Malaisie" n'est pas seulement un très grand film britannique, c'est tout simplement, un des plus grands films de l'histoire du cinéma que l'éditeur Elephant Films, vient de sortir de l'oubli, pour notre plus grand bonheur. "Ma vie commence en Malaisie", est à inscrire en lettres d'or dans le grand livre des chefs-d'oeuvre du 7ème art, mais aussi faire parti de l'éducation, de tous les écoliers français.

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Ci-dessus de dos : Virginia McKenna

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Ci-dessus : Peter Finch & Virginia McKenna

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Ci-dessus : Virginia McKenna

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Ci-dessus : Peter Finch & Virginia McKenna

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Extrait de la musique de Matyas Seiber :

 Disponible en Bluray & DVD chez Elephant Films

 

 

Note : 9,5 / 10

06/05/2015

Le temps d'aimer et le temps de mourir / A Time to Love and a Time to Die - 1958

"Le temps d'aimer et le temps de mourir" est sans doute l'un des plus personnels de Douglas Sirk. En effet, Douglas Sirk était d'origine allemande, de son vrai nom Hans Detlef Sierck, et né à Hambourg le 26 avril 1897. Il devait quitter l'Allemagne en 1937, abandonner son fils membre du parti nazi, et rejoindre les USA, pour entamer après bien des métiers, une carrière de réalisateur. Son fils Klaus Detlef devait quant à lui, mourir sur le front russe au printemps 1944. Tiré du célèbre roman éponyne d'Erich Maria Remarque, auteur, mais aussi acteur dans cette production, Sirk nous donne sa vision de l'Allemagne du 3ème Reich, mais semble aussi nous donner une vision intimiste des derniers jours de son fils. On raconte qu'il passa une année à chercher des informations sur son fils pour comprendre ce qui lui était arrivé. Le film nous décrit donc, le retour d'un soldat allemand du front russe pour une permission, et sa découverte de l'Allemagne nazie en guerre, et en proie aux bombardements. Le héros découvre sa maison d'enfance réduite à un tas de décombres, et part à la recherche de ses parents. Sur ce scénario simple, Douglas Sirk nous donne donc un drame puissant, décrivant peut être pour la première fois dans le cinéma hollywoodien, les nazis comme des êtres humains comme les autres. Et c'est peut être le plus terrifiant de cette oeuvre. Ainsi, l'Allemagne nazie nous renvoie une image de nous même et de notre propre humanité, capable du meilleur comme du pire. Au delà, d'une description d'une Allemagne qui se meurt, le réalisateur aborde le thème de l'amour, ainsi que du caractère éphémère du bonheur, qui ne dure jamais bien longtemps. Sirk ne décrit pas le régime nazi, comme le régime responsable des pires horreurs de l'humanité, mais bien comme un régime qui nie l'individualité de l'être humain. La société est omniprésente, jusque dans l'intimité des relations amoureuses. Par cela, par cette possession de l'âme, et du corps des individus, le nazisme dénie tout libre choix, toute réflexion propre. L'homme n'est plus qu'un rouage du système. Celui qui s'en éloigne signe alors sa propre mort. Inoubliable drame, sublimé par la musique de Miklós Rózsa, "le temps d'aimer et le temps de mourir" est peut être le film le plus intime de Sirk sur son rapport filial, et qui pose question en résonance sur notre propre humanité. L'enfer c'est les autres, disait Sartre, c'est une réalité pour Sirk.

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Ci-dessus : Liselotte Pulver & John Gavin

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Ci-dessus : Erich Maria Remarque & John Gavin

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Ci-dessus : Liselotte Pulver

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Extrait de la musique de Miklós Rózsa :

 

Difficilement disponible en DVD, donc remerciements chaleureux à Arte pour la récente diffusion de ce chef-d'oeuvre, en espérant une prochaine sortie Bluray prévue en 2015 ou 2016.

Note : 8 / 10

28/02/2015

Fury - 2014

"Fury" est un film sur l'avancée des troupes américaines en Allemagne en avril 1945, et nous raconte l'expérience de combat d'un groupe de chars, et en particulier d'un char nommé "Fury". Le film a un casting assez hétéroclite, composé de Brad Pitt, Shia LaBeouf, Michael Peña, Logan Lerman et Jon Bernthal. Le film tire sa grande force de ses scènes d'action ultra-violentes, mais finalement peu crédibles en images de synthèse et qui font penser à un jeu vidéo. Enfin, et c'est plus grave, l'écriture scénaristique est désespérément faible, et se complet dans un un espèce de nihilisme absolu, où le soldat américain est montré comme un espèce de boucher, juste un peu mieux que le nazi de base, mais capable d'exécuter un soldat prisonnier de sang-froid, ou de se comporter très mal avec les civils, le tout avec une absence quasi-permanente d'officiers. Après "de l'or pour les braves" (1970) qui nous montrait une seconde guerre mondiale à la mode hippie, on a droit à "une seconde guerre mondiale" où les idéaux disparaissent dans la boue et le sang.

411457.jpgLe film se rattrape dans sa dernière partie plutôt brillante, en forme de feu d'artifice finale, qui nous fait entrevoir le personnage de Brad Pitt comme une espèce d'Audie Murphy (célèbre héros de guerre américain), bien décidé à résister à l'avancée d'un régiment SS avec son seul char immobilisé. On ressort malgré tout, assez déçu de la vision d'un tel film. On se demande bien où sont passés les 64 millions de dollars de budget, et on regrette les classiques du genre comme "le jour le plus long" (1962), "la bataille des Ardennes" (1965) ou les films à petits budgets de Robert Aldrich, mais qui eux bénéficiaient d'un vrai scénario. On peut citer par exemple, "Attaque" (1956). "Fury" est donc un film plus proche d'un jeu vidéo comme un "call of Duty" like, que d'un grand film de cinéma. Le nihilisme que véhicule "Fury", pendant plus de deux heures, m'a fait m'interroger sur l'origine de la violence et de la responsabilité du cinéma actuel, à la banaliser par force, sur fond de lecture de la Bible. On peut citer en exemple, en particulier dans "Fury", la description ordinaire d'un crime de guerre sordide, qui dépouille le tueur et la victime de leur humanité.

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Disponible en Bluray & DVD zone 2 (VF et VO sous-titrée)

Note : 5,5 / 10

30/12/2014

Les sacrifiés / They were expendable - 1945

"Les sacrifiés" est le type même des films inclassables de John Ford. On sait que Ford n'aimait pas particulièrement ce film. Ainsi, il devait dire dans une interview à Lindsay Anderson (réalisateur également), "qu'il n'en avait jamais eu rien à foutre de ce film et qu'il n'avait jamais vu un mètre de ce foutu film". Pour comprendre cette mauvaise opinion de Ford sur son propre travail, il faut savoir que Ford était alors sur le front Pacifique et avait perdu 13 hommes de son unité quand la MGM, lui donna à faire ce film de commande. De plus, Ford devait se blesser à la jambe sur le tournage et en abandonner la fin au profit de l'acteur Robert Montgomery à l'affiche avec John Wayne. Enfin, Ford ne devait pas non plus maîtriser le montage, qui semblait ne pas lui convenir. Ainsi, le film faisait 2H10, et Ford, aurait voulu le raccourcir à 1H40, et garder des scènes que la MGM avait enlevées. On se retrouve donc avec un film assez impersonnel, tourné comme un documentaire, avec très peu de musique (Ford n'en voulait pas). Pourtant devant la consternation, de son interlocuteur, Ford se décidait à revoir son film et écrivait quelques temps plus tard, à Lindsay Anderson : "Pour les Sacrifiés, vous aviez raison". Mais nous public de 2014, que pouvons nous retenir "des Sacrifiés" ?

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Comme je l'ai dit au début de cet article, "les sacrifiés" me semble le film, le plus impersonnel de Ford. Ford y met peu de ses situations cocasses, drôles et humaines qui ont fait la réputation de ses films. Alors, il y a bien la romance impossible entre Wayne et Donna Reed, ou le vieux charpentier qui refuse de partir, attendant avec son seul fusil l'arrivée des Japonais, dans une lutte qu'il ne peut se résoudre à refuser. Et si on rajoute la visite au blessé, c'est à peu près tout. Il n'y a pas une vraie analyse de la vie de la garnison, comme dans "la charge héroïque". Le film ressemble donc à un documentaire, et c'est ce qui en fait toute sa force et aussi sa faiblesse. Rien est glamour dans "les sacrifiés". Comme je l'ai dit la musique est presque absente. Alors ? Alors, le génie de Ford est de n'avoir jamais montré un seul soldat japonais. On voit bien des croiseurs, des tirs, des avions etc, mais le soldat ou l'armée japonaise dans son ensemble, est comme une force invisible qui broie tout, et ceux malgré les victoires successives du groupe de Wayne, qui remporte des succès mais toujours en reculant. Ford nous donne donc un film non exempt de longueurs, et parfois éloigné de son style original mais épuré du traditionnel glamour hollywoodien. On reste donc malgré tout, assez hypnotisé par cette errance militaire, au jour le jour, aux confins du Pacifique.

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Ci-dessus : Robert Montgomery

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Ci-dessus : John Wayne

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Ci-dessus : Donna Reed

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Ci-dessus : John Wayne, Donna Reed, & Robert Montgomery

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Ci-dessus : War Bond, Robert Montgomery & John Wayne

Disponible en DVD zone 2 sous-titrage en français chez Warner

 Note : 7 / 10

16/11/2014

Diplomatie - 2014

Comme je parlais hier d'un film français, je vais continuer un peu et évoquer, un film très intéressant : "Diplomatie" (2014). Le film nous raconte l'entretien décisif précédent la libération de Paris, entre le consul de Suède à Paris, Raoul Nording et le gouverneur militaire de Paris, le Général Von Choltitz. "Diplomatie" est tiré de la pièce éponyme de Cyril Gely, joué déjà par André Dussollier et Niels Arestrup. On ne sait ce qui est vrai de ce qui ne l'est pas dans ce film. On peut imaginer que l'homme Raoul Nording, est assez éloigné du personnage, joué par André Dussollier. Néanmoins, le film est captivant, car il fait s'affronter deux personnalités. Et on peut supposer que la négociation a du être longue et difficile pour que le consul arrive à faire plier la volonté de fer, d'un général nazi. Le film évoque tout autant la seconde guerre mondiale, qu'évidemment les rouages de la diplomatie. Ainsi, la base de la diplomatie est de comprendre ce que souhaite son interlocuteur, quelles sont ses peurs, ses objectifs. Et à partir de là, de faire correspondre ses propres objectifs avec ceux de son interlocuteur dans un rapport gagnant / gagnant. La photographie claire obscure est plutôt bonne, et l'on reste séduit par ce film d'un haut niveau intellectuel et des dialogues au top. On regrettera pourtant les scènes d'action et de batailles quasiment absentes. "Diplomatie" n'est clairement pas "Paris, brûle t'il ?" (1966). Néanmoins, on reste impressionné par le jeu parfait des acteurs. On regrettera seulement le côté un peu statique de l'ensemble.

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La bande-annonce :

 

Making of par André Dussolier :

Disponible en DVD & Bluray en VF

Note : 7,5 / 10

25/10/2014

Les ailes de l'espérance / Battle Hymn - 1956

Chers lecteurs et lectrices de ce blog, je vous prie de m'excuser pour cette petite absence et la non publication de nouveaux articles. Mais comme vous le savez sans doute, la vie n'est pas toujours facile, et nous oblige parfois à abandonner nos activités favorites, l'esprit étant trop encombré par les problèmes du quotidien. Donc me revoilà, parmi vous, pour parler d'un très beau film, "les ailes de l'espérance", de Douglas Sirk. Ce dernier a laissé son empreinte dans le cinéma hollywoodien pour ses mélodrames, et on se souvient encore aujourd'hui du "Secret magnifique" (Magnificent Obsession), "Tout ce que le ciel permet" (1955), "Demain est un autre jour" (1956), 'Écrit sur du vent' (1956), "La Ronde de l'aube" (1957),  "le Temps d'aimer et le temps de mourir" (1958), ou encore "Mirage de la vie" (1959). Pourtant, Sirk s'essaye aussi au film d'aventure avec "Capitaine Mystère" avec encore Rock Hudson, et donc avec "les ailes de l'espérance" (1956), au film de guerre, en couleur et en cinémascope, là aussi avec Rock Hudson. Douglas Sirk s'appuie sur un très bon scénario de Charles Grayson et Vincent B. Evans, qui est aidé par le récit autobiographique du colonel Dean Hess (joué par Rock Hudson). Le film dans un souci d'authenticité fait d'ailleurs intervenir en introduction, un véritable général de l'armée de l'air présent pendant la guerre de Corée.

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Douglas Sirk nous offre donc ici une histoire de rédemption. En effet, le colonel Dean Hess avait pendant la seconde guerre mondiale, bombardé sans le savoir un orphelinat allemand, et tué 40 enfants. Il restait, ainsi totalement désemparé et hanté par son geste malheureux. De cette histoire simple, Sirk tire un beau film de guerre, mélodramatique, aux accents humanistes. Rock Hudson est appuyé par un très bon casting, avec en tête l'excellent Dan Duryea en sergent débonnaire. On regrette de ne pas voir plus souvent la très jolie Martha Hyer, qui joue la femme du colonel. Mais on découvre aussi de nouveaux visages, comme la très belle Anna Kashfi (jeune métisse indienne originaire de Calcutta). Elle sera la première femme de Marlon Brando, avec qui elle aura un fils, mais n'apparaîtra malheureusement que dans 4 films, dont "les ailes de l'espérance". Le film a parfois des accents fordiens, avec son étalement de bons sentiments, mais aussi des accents walshiens, avec ce héros hanté par son passé, et qui veut à toute force changer trouver une espèce de rédemption, par le sauvetage de ces enfants. On pourrait reprocher le côté un peu binaire du scénario. Mais ce serait faire un mauvais procès à un très beau divertissement hollywoodien, porté par des acteurs et un réalisateur au top de leur forme.

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Ci-dessus : Rock Hudson

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Ci-dessus : Rock Hudson & Dan Duryea

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Ci-dessus : Rock Hudson

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Ci-dessus : Rock Hudson & Anna Kashfi

La bande-annonce :

Disponible en DVD zone 2, en VF et VO sous-titrée

Note : 7,5 / 10

07/06/2014

Le crépuscule des Aigles / The Blue Max - 1966

"Le crépuscule des Aigles" est le genre de film qui vous réconcilie avec le cinéma. Alors c'est vrai que ce film avait tout pour me plaire, à moi le passionné d'histoire. En effet, le sujet du film évoque la carrière d'un pilote de chasse allemand pendant la première guerre mondiale. Alors c'est vrai, qu'on a toujours le coeur qui se pince un peu, quand on voit un avion allié abattu, mais on finit par s'attacher dès les premières images à la destinée de ce pilote allemand, qui s'est sorti de la boue des tranchés pour aller à la rencontre de son destin, dans un avion expérimental. Le réalisateur John Guillermin a eu une importante carrière, dont on peut retrrouver le détail sur Wikipédia US et que je résume ici en quelques phrases.

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Guillermin est né à Londres de parents français. Après s'être engagé dans la Royal Air Force à l'âge de 22 ans, la carrière de réalisateur de Guillermin a commencé en France avec le cinéma documentaire. Il a déménagé à Hollywood en 1950 pour étudier les méthodes de production de films. Les mémoires d'acteurs, d'éditeurs et de producteurs indiquent que Guillermin était un homme difficile avec qui travailler. Il est décrit dans le livre de Norma Barzman qu' il devait rencontrer pour discuter du projet Blue Max comme ayant un «air froid, les lèvres raides". Elmo Williams, producteur de The Blue Max, décrit Guillermin comme un «directeur exigeant, indifférent aux personnes qui se blessent tant qu'il a une action réaliste ... Il était dur au travail, et l'homme trop critique et perfectionniste se faisait détester de ses équipes. Cependant, Guillermin était un maître à la configuration de la caméra." Le producteur David L. Wolper écrit que Guillermin était «le réalisateur le plus difficile avec qui je n'ai jamais travaillé". Guillermin dirigeait Le pont de Remagen Wolper en 1968. Lorsque certains membres de l'équipage tchèque étaient en retard pour le premier jour de tournage, Guillermin leur hurlait dessus.  Quand à Ralph E. Winters, il  raconte que Guillermin a explosé la chaise devant, lors d'une projection de King-Kong tellement il était frustré et mécontent de son propre travail. L'homme est donc un caractériel.

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Ci-dessus : James Mason, et Jeremy Kemp de dos

 Le travail de Guillermin sur "le crépuscule des Aigles" est admirable en tout point. Guillermin nous donne ici une superbe recomposition de l'univers, de la première guerre mondiale, qui nous emmène des tranchées au Berlin de l'époque. Rien ne nous est caché, ni les combats sanglant sur le front, ni le repos du guerrier, où on peut admirer la superbe plastique d'Ursula Andress. Quelle morceau de femme ! Le film évoque donc une époque révolue, où la guerre était vecteur d'ascension sociale, avec tout ce qu'il y a de pervers dans ce type de rapport humain et les jalousies que cela peut créer. Ce qui fait donc la force du film, c'est bien l'humanité des personnages et on voit bien qu'il y a eu un bataillon d'auteurs et de scénaristes qui ont travaillé sur le roman original de Jack D. Hunter. Film parfait autant dans sa forme que sur le fond, "le crépuscule des Aigles" ne peut pas laisser indifférent. Et Hollywood Classic félicite Twentieth Century Fox pour cette sortie en Bluray, dans une qualité d'image tout à fait admirable, qui écrase sans comparaison possible, la précédente version DVD. Oui "le crépuscule des aigles" est bien pour le mérite, du réalisateur John Guillermin, mais aussi pour toute l'équipe des acteurs, aux costumiers, et surtout pour le compositeur Jerry Goldsmith qui nous donne ici peut être une de ses plus belles compositions.

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Ci-dessus : Ursula Andress et George Peppard

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Ci-dessus : La médaille prussienne "Pour le mérite", donnée pour 20 avions abattus, que l'on peut clairement attribuer à l'ensemble des personnes qui ont participé à la création de ce film et à sa sortie en Bluray.

 

Extrait de la musique :

Note : 8,5 / 10

25/04/2014

Les chevaliers du ciel / Captains of the clouds - 1942

"Les chevaliers du ciel" est un film produit par la Warner en 1942 et tourné par Michael Curtiz, avec dans le rôle principal James Cagney. L'héroïne féminine est ici Brenda Marshall. Brenda Marshall c'est évidemment la partenaire d'Errol Flynn dans "l'aigle des mers" (1940), tourné par le même Michael Curtiz 2 ans plus tôt. Le film a des qualités. Tout d'abord c'est le premier film en Technicolor de James Cagney. Ensuite il a été nominé 2 fois aux Oscars. Enfin, il a une distribution intéressante, car en plus de James Cagney et Brenda Marshall on retrouve Alan Hale (traditionnel faire-valoir des productions de la Warner de cette époque), mais aussi Dennis Morgan et Reginald Gardiner.

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Mais pour les qualités, c'est à peu près tout. En effet, le scénario est assez quelconque et raconte l'histoire de pilotes civils canadiens. Et après une première partie assez convaincante où l'on voit Brenda Marshall briser à peu près tous les tabous cinématographiques de l'époque, en sortant avec 3 garçons à la fois, passant du bon temps avec l'un et puis avec l'autre, quand l'un est parti.  La suite du film, est plus quelconque et n'apparaît pas très palpitante, tant l'aspect documentaire est appuyé. Enfin certaines scènes d'aviation semblent totalement faites avec des maquettes. La crédibilité du film en souffre donc quelque peu. En conséquence le verre est donc à moitié vide ou à moitié plein. Mais on ne peut pas dire que le spectateur palpite beaucoup dans ce film finalement assez convenu. Il reste malgré tout la réalisation de Curtiz et le Technicolor, et une belle musique de Max Steiner, mais on est encore loin du très bon film.

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Ci-dessus : James Cagney et Brenda Marshall

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Ci-dessus : James Cagney

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Ci-dessus : Dennis Morgan

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Ci-dessus : Alan Hale, Dennis Morgan, Brenda Marshall, et James Cagney

0Photographie de plateau du film « Les Chevaliers du ciel 3.png

Ci-dessus : Brenda Marshall et James Cagney pendant une pause

1Captain of the clouds (Les chevaliers du ciel), groupe sur le plateau. North Bay, Ontario.8.png

Ci-dessus : au premier plan, Brenda Marshall se prépare à tourner

1Captain of the clouds (Les chevaliers du ciel), une dame assise sur le plateau. North Bay, Ontario..png

Ci-dessus : Brenda Marshall pendant une pause

1Film “Captains of the Clouds” Cameraman Sal Polite and director Michael Curtis get Brenda Marshall to do a bit of last minute fixing ..png

Ci-dessus : Michael Curtiz à droite, Brenda Marshall et l'assistant du réalisateur ?

Actors and crew on the set of the film “Captains of the Clouds”..png

Disponible en DVD zone 2 VO sous-titrée uniquement

Note : 5 / 10

12/04/2014

L'enfer des hommes / To Hell and Back - 1955

"L'enfer des hommes" est le film qui retrace l'histoire du sergent Audie Murphy, joué par ... Audie Murphy ! Rien que le concept est assez savoureux pour attirer l'attention. Ainsi, on voit notre héros dans sa ferme natale, s'occuper de sa mère et de ses frères et soeurs et livrant un combat pour nourrir sa famille dès l'âge de 12 ans. Le récit est donc très hagiographique. Mais si parfois il peut faire sourire, il ne tombe jamais dans le comique involontaire et ne se prend jamais vraiment au sérieux. Cela donne donc un ton particulier à ce film de guerre. Le film est tiré du récit autobiographique d'Audie Murphy "To Hell and Back". Celui-ci ne voulait pas au départ interpréter son propre rôle, suggérant de prendre Tony Curtis, avec qui il avait travaillé sur d'autres films. Finalement, Audie Murphy devait accepter sous la pression du réalisateur Jesse Hibbs et du producteur Aaron Rosenberg. Audie Murphy obtenait par contrat 10% des recettes du film, 100 000 dollars pour sa future interprétation, et 25 000 dollars pour l'achat des droits de son livre. Le pari devait se révéler gagnant pour Audie Murphy, qui devait empocher 1 million de dollars de recettes, le film étant un énorme succès public en 1955.

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Quant au film lui même, il raconte la seconde guerre mondiale du point de vue, d'un GI et c'est évidemment ce qui fait sa force. Enfin, il a des scènes de guerre assez saisissante, mais qui n'arrive pas à concurrencer des films plus récents ou des films de la même époque comme "la gloire ou la peur" (1959) avec Gregory Peck. L'ensemble reste néanmoins plaisant à regarder et on se prend d'admiration pour ce garçon ordinaire, sorti de nul part et devenu le plus grand héros de guerre américain, sorte d'anti Rambo des années 50. Par contre, le film n'aborde pas son retour au pays, ni les angoisses traumatiques du combat. Il faudra attendre les années 60 pour que ce thème soit abordé dans le cinéma américain.

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La bande-annonce :

disponible en DVD zone 2 VF ou VO sous-titrée

Note : 6,5  / 10

19/02/2014

La légion des damnés / La Legione dei dannati - 1969

Je ne me suis pas méfié en achetant "la légion des damnés", pourtant un coup d'oeil sur l'horrible filmographie d'Umberto Lenzi aurait du me mettre la puce à l'oreille. En effet, on trouve quand même dans sa filmographie : "Maciste contre Zorro" (1963), "la secte des cannibales" (1980), ou encore "Cannibales Ferox" ... Vous voyez le genre. On navigue donc entre le nanar et des films gores sordides interdits jusqu'en 2002 dans 31 pays. Pour ma part, si j'avais fait attention à la filmographie de Lenzi, évidemment je n'aurais jamais acheté "la légion des damnés". Ceci dit, on est ici dans le film de guerre, pas dans le gore. Enfin, je ne sais pas si cette chose filmée est  réellement du cinéma. En effet, c'est horriblement filmé. Certaines scènes sont floues. Lenzi abuse de gros plans, voulant sans doute impressionner le spectateur, malheureusement le rendu est pitoyable et grotestque. Le comique involontaire du film est peut être une des seules qualités du film, où se sont perdus Jack Palance et Curd Jürgens. A ce titre Jack Palance n'est absolument pas crédible en colonel anglais qui insulte son supérieur. On arrive donc à regarder les deux scènes avec Curd Jürgens. Le reste est totalement insupportable et ignoble cinématographiquement parlant. Pourquoi Siconis & Calysta ont ils sorti un tel navet en Bluray, alors qu'il y a tellement de films classiques formidables à ressortir ? Mystère. En tous les cas, Mr Patrick Brion et Mr Bernard Tavernier n'ont pas voulu commenter le film et ainsi ne pas participer au naufrage de cette sortie, dans lequel rien est à sauver. Ils ont bien eu raison.

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Film malheureusement disponible chez Sidonis & Calysta en Bluray et DVD VF et VO sous-titrée

Note : 1 / 10

11/02/2014

Le Renard des Océans / The Sea Chase - 1955

Comme on l'a déjà dit, dans un autre article, John Farrow était un ancien militaire, enrôlé dans la Navy, il décidait de l'abandonner pour voyager sur des navires de commerce. Il semblait donc le parfait réalisateur pour le "Renard des Océans". Son expérience maritime semblait un gage de succès. De plus, la Warner arrivait à obtenir les services d'une Lana Turner, il est vrai star vieillissante de la MGM, mais qui avait toujours un certain charme. On décidait de prendre comme commandant du navire, John Wayne. Le choix est là par contre discutable. Car en effet, il est un peu difficile d'imaginer John Wayne en capitaine d'un bateau de commerce du troisième reich. Le film est inspiré du roman de Andrew Geer, lui même tiré d'un fait réel, qui se déroula au début de la deuxième guerre mondiale, et qui relate l'histoire d'un bateau de commerce allemand poursuivi par la flotte britannique.

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Dans les seconds rôles on retrouve Tab Hunter, mais surtout David Farrar, et Lyle Bettger. Le couple John Wayne / Lana Turner fonctionne pas mal, mais on retrouve rarement l'émotion d'autres films de Lana Turner. Le film réserve pourtant son lot d'aventures et de passion. Et si le spectateur n'est jamais soulevé par la réalisation assez conventionnelle de John Farrow, il reste néanmoins attentif à un film pas si anodin qu'il n'en a l'air. A ce titre, l'ultime sacrifice final, laisse un goût étrange dans la bouche. Comme si le rêve avait pour une fois remplacé l'implacable réalité de la guerre, comme si la légende dépassait la réalité. C'est dans cette ultime image d'un Fyord norvégien que Farrow clôture magistralement son film, laissant le spectateur, le choix d'une fin qu'il s'est refusé d'écrire et de tourner. Je finirai par dire quand même un mot, sur la très belle musique d'un vétéran de la composition musicale hollywoodienne, Roy Webb qui fait beaucoup pour donner au film une force et un lyrisme qu'il n'aurait pas atteint sans elle.

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Ci-dessus : Lana Turner et John Wayne

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Ci-dessus : Paul Fix, John Wayne et Lana Turner

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Ci-dessus : Lana Turner et John Wayne

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Ci-dessus : John Wayne, Lana Turner, et John Farrow pendant une pause sur le tournage du "Renard des océans".

 

La bande-annonce :

Disponible dans le coffret John Wayne, édition Zone 2, VF et VO sous-titrée.

 

Note : 7 / 10

09/02/2014

L'espion Noir / The Spy in black - 1939

Il y a beaucoup de choses à dire sur "l'espion noir" tiré de la nouvelle de J Storer Clouston. On peut déjà dire que c'est le premier film de la longue collaboraiton entre Michael Powell et Emeric Pressburger. C'est le producteur Alexander Korda, qui demande à Emeric Pressburger de réécrire quelques scènes du scénario, que les deux hommes vont transformer radicalement, en faisant de ce dernier, un huis-clos oppressant entre Conrad Veidt et Valerie Hobson. On peut supposer que le film tombait assez bien dans un contexte international pré-deuxième guerre mondial. D'ailleurs, le film est terminé en 1938, mais la sortie en est retardé par les producteurs jusqu'en août 1939, presque à la veille du déclenchement du deuxième conflit mondial. Le film raconte l'histoire d'un commandant de U-Boat dont la mission consiste à infiltrer la côte anglaise afin d'y récupérer des renseignements, permettant aux sous-marins allemands, de couler une partie de la flotte britannique. Le succès immense de "l'espion noir" sorti des deux côtés de l'Atlantique, et aux USA sous le titre "U-Boat 29", permettait à Powell et Pressburger de continuer leur collaboration, tout d'abord avec "espionne à bord" (1940) avec la même distribution (Conrad Veidt et Valerie Hobson), mais aussi avec "49e Parallèle" (1942). a partir de là, la collaboration entre Michael et Emeric Pressburger ne devait quasiment plus s'interrompre. Ainsi, il devait tourner ensemble jusqu'en 1957, à travers la société "The Archers Films Production", quelques chef-d'oeuvres du cinéma mondial. On peut citer par exemple : "Colonel Blimp" (1943), "Le Narcisse noir" (1947), Les Chaussons rouges (1948) ou "Les Contes d'Hoffmann" (1951).

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Pour revenir à "l'espion noir", il faut bien dire que la distribution est excellente. Ainsi, on ne voit pas qui aurait pu joué aussi bien que Conrad Veidt, cet espion allemand, commandant de U-Boat. Pour le public d'aujourd'hui un peu cinéphile, Conrad Veidt reste évidemment l'officier nazi du "Casablanca" (1942) de Michael Curtiz. Mais il a été bien plus qu'un officier allemand ou nazi. Il a eu une  immense première carrière allemande. Et comme beaucoup il se décida à fuir l'Allemagne en 1933 pour continuer sa carrière en Angleterre puis en Amérique. On se rappelle par exemple de son rôle de Jaffar dans "le voleur de Bagdad" (1940). Ici, dans 'l'espion noir", il est parfait dans son rôle d'officier de marine allemand, lui donnant une présence quasi animal. On a parfois l'impression de voir un loup aux aguets.  Tous les autres acteurs sont plutôt bons dans leur jeu. On notera la présence de Sebastian Shaw, qui reste pour le public français comme "Dark Vador" dans "le retour du Jedi" (1983).

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Ci-dessus : Valerie Hobson et Conrad Veidt

Le film est donc un très bon film anglais d'espionnage, qui rappelle bien souvent Hitchcock de part la façon dont il est filmé, aussi bien que par la construction scénaristique. Néanmoins, Hitchcock jouait beaucoup plus avec la caméra pour trouver des angles parfois assez improbables. Ici, c'est un peu moins le cas. Néanmoins, la scène dans les escaliers entre Valerie Hobson et Conrad Veidt est admirablement bien filmée. Je retiens donc que "l'espion noir" est un très bon film avec un retournement de situation très intelligent. A voir et à revoir. On a devant nous, du grand cinéma anglais. On ne peut que remercier Elephant Films de ressortir ce genre de film. Et à la vision de films de cette qualité, on ne peut que se rappeler la phrase de François Truffaut qui disait : 'le cinéma anglais n'existe pas". En tous les cas, avec "l'espion noir" on a un bien bel exemple de cette existence.

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Ci-dessus : Valerie Hobson et Conrad Veidt

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Ci-dessus : Valerie Hobson et Sebastian Shaw

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Michael Powell et Emeric Pressburger

Note : 7,5  / 10

22/11/2013

Okinawa / Halls of Montezuma - 1950

"Okinawa" ou en anglais "Halls of Montezuma" reprend le titre en anglais de l'hymne des Marines. On comprend que pour le public français, on prenne plutôt le titre de la célèbre bataille du Pacifique, car de toute façon c'est bien de cela qu'il s'agit. Le film est réalisté par Lewis Mileston, vétéran du film de guerre. Lewis Milestone c'est évidemment le réalisateur de "à l'ouest rien de nouveau" (1930), mais aussi de "l'ange des Ténèbres" (1943) de "Prisonniers de Satan" (1944) avec Dana Andrews, du "commando de la mort (1945) avec encore Dana Andrews, ou encore de "la gloire et la peur" (1959), superbe film avec Gregory Peck. Ici avec Okinawa, Milestone nous invite à rentrer dans l'esprit des officiers et des soldats. On découvre ainsi que le personnage d'officier de Richard Widmark, était professeur dans la vie civile. Et encore mieux, Milestone et les scénaristes nous font entrer dans l'esprit de Widmark avant le débarquement sur l'île d'Okinawa. On peut alors comprendre ses peurs et ses doutes, qu'ils gardent pour lui. Tout cela fait penser à n'en pas douter à "la ligne rouge" (1998) de Terrence Malick. On sent bien que Malick a puisé aux sources d'Okinawa pour écrire son film sur le débarquement des Marines à Guadalcanal. Et si l'esthétique de Malick est parfaite, l'esthétique de Milestone, n'est pas moins parfaite.

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Il faut ajouter que la distribution est également très bonne, car en plus de Richard Widmard, on retrouve Jack Palance,  Robert Wagner, et Karl Malden. Le film est donc très bon dans sa première partie. Et si il ralentit dans sa deuxième et troisième partie, il n'en reste pas moins excellent. Car Milestone montre alors le côté chaotique de la guerre. En effet, les Marines ne savent pas qui est derrière un rocher, un arbre, ou ce qu'ils trouveront au détour d'un chemin. Les critiques qui n'ont pas apprécié cela dans le film de Milestone, n'ont rien compris.  Okinawa mérite donc fortement d'être réévalué, pour son inspiration dans le film de Terrence Malick, "la ligne rouge", mais aussi pour une vision des conflits mondiaux, par un très très grand réalisateur de films de guerre.

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Ci-dessus : Richard Widmark

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Ci-dessus : Karl Malden

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Ci-dessus : Richard Widmark

 

Disponible en DVD et Bluray Zone B avec VF et VO sous-titrée

 

Note : 7 / 10