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28/07/2015

Week-End / Bank Holiday - 1938

"Week-End" est un film anglais en noir & blanc, de la firme "Gainsborough Pictures", qui a une comtesse qui salue comme logo. Aujourd'hui cela donne un côté classe, mais aussi désué à ce logo. A la fin des années 20, la société de production et de diffusion, "Gaumont British" prenait le contrôle de cette firme. Puis "Gaumont British devait se concentrer sur la production, pendant que "Gainsborough Pictures" devenait une partie de la "Rank Organisation". Le studio devait durer jusqu'en 1949, ou "Rank Organisation décidait de fermer ce studio. Dans les années 90, les studios de Lime Grove étaient encore utilisés par la télévision, mais finalement ils étaient détruits en 2002 et remplacés en 2004 par des appartements du nom de "Gainsborough studios", clin d'oeil à l'histoire du lieu. "Week-end" est un merveilleux film où se mêle toutes les classes sociales, comme dans de nombreux films des années 30. On pense tout de suite à "Grand Hotel" (1932) de Edmund Goulding tourné par la MGM, production d'Irving Thalberg. Dans "Week-end", on se concentre, sur les classes moyennes, ou les classes populaires. Carol Reed, nous montre deux copines, partant pour un concours de beauté, que l'une veut absolument gagner, un homme (Hugh Williams) et une femme (Margaret Lockwood) que l'on devine sa future maîtresse, mais qui ne sait pas bien pourquoi elle est venue se mêler à cette foule, alors que comme infirmière, elle se sent responsable d'un homme qui vient de perdre sa femme. Une autre, mariée avec un homme brutal rêve de romance et d'un jeune amoureux, typiquement une cougar avant l'heure. Ce qui est formidable dans "week-end" et généralement dans ces films chorals, c'est que chaque personnage a son importance et monopolise à un moment donné l'attention du spectateur.

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A la différence de "Grand Hotel", le scénario ne fait jamais se mêler la classe supérieure avec les petites gens. On sent ici qu'on veut éviter à tout prix la lutte des classes. La société anglaise de 1938, semble donc un espèce de paradis sur terre, où tout le monde part en vacances en même temps, aux mêmes endroits, et fait la même chose, dans une bonne humeur communicatrice. "Week-end" est donc autant une comédie, qu'un film sociétal. Mais on a quand même du mal à croire au scénario, qui va faire se jeter une infirmière vers un parfait inconnu et abandonner son amant. Ici dans ce film de Carol Reed, la femme est une espèce de Saintmaritain, qui va vers l'homme le plus malheureux, abandonnant sa vie passée pour lui. Simple, direct, efficace, mais finalement assez peu crédible, même pour l'époque. Ceci dit, on ne s'ennuie jamais devant "week-end" film d'une époque, avec la grande actrice, Margaret Lockwood, star du cinéma britannique des années 30 et 40, malheureusement totalement oubliée aujourd'hui en France. On notera enfin que la photographie d'Arthur Crabtree est loin d'être anodine ainsi que la musique de Louis Levy. "Week-end" est donc un très bon film, et un très bon choix de l'éditeur "Elephant Films". Pour ma part, je souhaiterais que cet éditeur nous sorte d'autres films de Margaret Lockwood, en particulier, ces merveilleux films avec Stewart Granger, totalement inédits en France, et qui sont d'une très haute valeur cinématographique. 

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Ci-dessus : John Lodge & Margaret Lockwood

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Ci-dessus : Margaret Lockwood

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Ci-dessus : Margaret Lockwood

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Disponible en DVD zone 2 chez Elephant Films en VO sous-titrée français

Note : 7,5 / 10

04/07/2015

Brève Rencontre / Brief Encounter - 1945

Il faut absolument redécouvrir l'oeuvre de jeunesse de David Lean. En effet, cette période comporte quelques perles. Ainsi, après un film de guerre "Ceux qui servent en mer" (1942) et deux comédies "heureux mortels" (1944) et "L'Esprit s'amuse" (1945), Lean se tourne vers le mélodrame avec tout d'abord "Brève Rencontre" tourné également en 1945, puis deux films aux scénarios tirés de la littérature classique anglaise "Les Grandes Espérances" (1946), "Oliver Twist" (1948). Puis un mélodrame et un drame "les amants passionnés" (1949) et "Madeleine" (1950). "Brève rencontre" qui est un mélodrame, s'inscrit donc logiquement dans l'oeuvre de l'auteur. "Brève rencontre" est une adaptation d'une pièce de Noël Coward "Still Life" (1936), qui appartient à un groupe de dix courtes pièces connues sous le titre d’ensemble "Tonight at 8:30", et qui étaient destinées à être jouées par Noël Coward lui-même. Le film se passe essentiellement dans une gare, et raconte la brève rencontre d'un homme et d'une femme, tous les deux mariés. Cette histoire d'amour, convient tout à fait au style intimiste de Lean, dont le récit n'est perturbé que par la vie d'un buffet présent dans la gare. Le génie de Lean est de nous proposer des plans photographiés magnifiquement, qui illustrent tout aussi bien l'intimité des personnages, que la relation un peu cachée qu'ils mènent. Mais Lean, nous propose un couple normal qui n'a rien d'un couple de stars hollywoodiennes. Ainsi, Trevor Howard et Celia Johnson représentent un peu Monsieur et Madame Tout-le-monde". Cela ajoute à la crédibilité du récit. La gare est le lieu symbolique par excellence de la rencontre que ce soit entre les 2 protagonistes ou entre les différents personnages secondaires qui fréquentent le buffet. En effet, la gare amène de nombreuses personnes, qui ne s'y attardent pas, mais s'y croisent. Et la gare représente aussi, le destin des voyageurs. Combien de fois, le cinéma nous a montré des couples qui se séparent ou se retrouvent sur un quai de gare ! On ne peut évoquer ce film, sans parler de sa musique et du deuxième concerto de Rachmaninov qui illustre quelques uns des moments clés du film. Mais "Brève rencontre" est aussi, évidemment marqué par la pudeur d'une époque, qui refusait de regarder l'adultère en face. Ainsi, cela peut faire aujourd'hui sourire, mais il faut quand même dire, que le film a été interdit, lors de sa sortie, par la censure en Irlande. Il en a été de même aux Pays-Bas notamment, où il fut interdit aux moins de 18 ans, alors qu'il n'a absolument rien de pornographique. La critique quant à elle n'avait que faire de la censure, et le film partagea le grand prix du festival de Cannes et plusieurs nominations. Tout cela, était totalement mérité, et couronnait un magnifique mélodrame anglais, et un film d'une très grande qualité esthétique, tourné sans nulle doute, par un génie du cinéma.

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Ci-dessus : Trevor Howard & Celia Johnson

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Ci-dessus (de gauche à droite) : Everley Gregg, Trevor Howard & Celia Johnson

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Ci-dessus : Trevor Howard & Celia Johnson

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Ci-dessus : Trevor Howard & Celia Johnson

 

Extrait du concerto N°2 de Rachmaninov :

 Film disponible en DVD zone 2, en VO sous-titrée français, au sein du coffret "David Lean - Les premiers chefs-d'oeuvre"

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Note : 8 / 10

06/03/2015

L'Homme au complet blanc / The Man in the White Suit - 1951

Il y a des films intelligents et drôles, et incontestablement, "l'homme au complet blanc" d'Alexander Mackendrick, est de cette catégorie. Le film est porté par Alec Guinness, qui est ici utilisé dans un rôle de comédie. On a tendance à se souvenir de Guinness pour son inoubliable interprétation de colonel anglais collaborant avec les Japonais dans "le pont de la rivière Kwaï" (1957) et pour ses apparitions dans "Lawrence d'Arabie" (1962), "La chute de l'Empire romain" (1964), "le docteur Jivago" (1965), et évidemment "la guerre des étoiles" (1977). Pourtant Alec Guinness a eu auparavant un début de carrière très intéressant dans le cinéma anglais. Ainsi, il apparaissait déjà, dans deux grands films britanniques de David Lean : "Les Grandes espérances" (1946), et "Oliver Twist" (1948). Dans le registre des comédies anglaises, Guinness jouera donc dans "l'homme au complet blanc", mais aussi dans "de l'or en barre" (1951), et dans l'inoubliable "Tueurs de dames" (1955). "L'homme au complet blanc" nous raconte l'histoire d'un savant, non reconnu, espèce d'archétype du scientifique, devenu cas social. En effet, ce dernier travaille comme entretien dans une grande entreprise de textile, mais ce n'est qu'un paravent pour cacher, sa principale activité, qui est de travailler sur l'invention d'un textile qui ne peut se déchirer, ni s'user, ni même se salir.

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Après quelques première péripéties, notre savant fou, va découvrir la formule magique et rendre fou, la société qui l'entoure. Car avec un tel tissu, la production s'arrêterait très vite, ruinant l'industrie, et mettant les ouvriers au chômage. Le patronat, les syndicats, et la population vont donc se liguer, contre l'homme qui pensait être un bienfaiteur de l'humanité. Ce film aborde donc beaucoup de thèmes qui nous touchent encore aujourd'hui, que ce soit la résistance de l'Homme et de la société au changement, mais aussi la nécessaire critique du système capitaliste et même de ses syndicats, chacun y défendant sa place, même si elle doit aller à l'encontre du progrès. Mais le progrès est il lui même constitutif d'un mieux vivre pour l'Homme. Rien est moins sûr ! Le film fait donc réfléchir le spectateur, et si on sourit beaucoup, le film nous apporte aussi une forme d'introspection sur nous mêmes et sur ce que nous voulons comme monde futur. En quelques mots, un film pas si bête. On notera pour finir la belle présence de la jeune Joan Greenwood, qui était déjà apparu avec Alec Guinness deux ans plus tôt, dans "noblesse oblige".

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Ci-dessus : Alec Guinness

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Ci-dessus : Alec Guinness & Joan Greenwood

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Ci-dessus : Alec Guinness & Joan Greenwood

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Disponible en DVD et Bluray Zone B VF et VO sous-titrée au sein d'un coffret sobre de Studio Canal

Note : 7,5 / 10

03/08/2014

Heureux mortels / This happy Breed - 1944

"Heureux mortels" nous raconte la vie d'une famille anglaise entre 1919 et 1939. Le film est digne d'intérêt de par son aspect social mais aussi parce qu'il est réellement attaché à la réalité d'une époque. C'est le film des premières fois pour Lean : première œuvre en tant que réalisateur crédité seul au générique, premier d’une série de trois adaptations de pièces de Noël Coward, première production de sa société Cineguild, premiière réussite indiscutable de sa carrière (c’est le film anglais qui rapporta le plus d’argent en 1944) et c'est son premier film en Technicolor. Dans "Heureux Mortels" l'actualité est support de l'histoire, et constitutive de la vie de la famille, qui se rend au défilé de la victoire en 1919, ou qui est marquée par les grandes grèves et les idées communistes qui traversent l'Angleterre des années 20. Mais, on revient toujours à un univers familial, centré sur la maison et sur une famille classique qui semble être le meilleur rempart à la folie des hommes."Heureux mortels" est un film qui consacre à l'infini, la famille, ses valeurs, sa joie et ses drames. C'est en cela qu'il est encore touchant aujourd'hui, au delà de son étude sociale de 20 ans de vie anglaise.

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On se surprend donc à suivre avec intérêt cette tranche de vie, et la moralité de cette histoire est bien que tout passe et tout s'en va. Et la famille ne protège pas des drames de la vie, mais reste l'ultime refuge des Hommes. On sait que c'est David Lean, qui choisit l'acteur comique Robert Newton, pour le rôle du père de famille. Newton s'en sort bien et campe parfaitement le rôle. Celia Johnson détestait son rôle, elle est pourtant parfaite en mère courage, qui se sacrifie au bien être familial et recevra un prix pour son interprétation. On peut retenir aussi l'interprétation de Amy Veness, en belle mère acariâtre ou John Mills en marin de sa majesté. Certains me diront que cela reste du mélodrame de cuisine, ou de canapé. Je crois que ce serait n'avoir rien compris de ce film, profondément humain, et qui est bien plus qu'un simple film destiné à glorifier la nation anglaise dans ce qu'elle a de plus intime. "Heureux mortels" est comme son titre l'indique, un film humain, destiné à une Humanité, qui rit, espère, souffre, pleure, et tout ceci, malgré les drames de la vie et du monde. En cela, ce film mérite d'être vu et revu, car il est une partie de nous, et à quelques chose près : la meilleure.

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Ci-dessus : Robert Newton, Celia Johnson,

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Disponible en DVD zone 2 sous-titrée en français dans le coffret David Lean édité par Carlotta

Note : 8 / 10

12/02/2014

Huit Heures de sursis / Odd Man Out (1947)

Il y a quelques réalisateurs anglais dont on se souvient. Et si on devait faire une liste, on retiendrait évidemment David Lean, Alfred Hitchcock, mais aussi Carol Reed. "Huit heures de sursis" est l'archétype même du chef-d'oeuvre repoussant, car si il est admirablement filmé et photographié, la descente aux enfers d'un terroriste irlandais a quelque chose de repoussant. En effet James Mason, joue un chef de l'IRA blessé, et abandonné par ses hommes lors d'un hold-up meurtrier. Mais bientôt, ce n'est pas seulement son organisation qui va l'abandonner, mais aussi toute une ville, qui passera de l'indifférence pour certains habitants, à d'autres voulant l'exploiter. Carol Reed nous donne ici une version très noire de l'humanité, où tous ses défauts sont révélés : la lâcheté, la convoitise, la peur. Mais des qualités sont parfois aussi révélés : l'amour, la fidélité, la foi, et la volonté d'aider. James Mason n'a peut être jamais été aussi convaincant que dans ce film, qui multiplie les visions d'un homme en délire.

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Le film avançant, James Mason perd son habit de membre de l'IRA pour devenir un homme habité par la peur et le doute, et dont la blessure révèle un destin et une sur-humanité, dont les souffrances semblent le rapprocher de la Passion du Christ. "Huit heures de sursis" est un voyage initiatique dans la cruauté de la vie, mais aussi et surtout vers la mort. C'est ce qui le rend, terriblement hypnotisant et tout à la fois repoussant. Il ne ressemble à aucun film de son époque. La fabuleuse musique de William Alwyn ajoute encore au drame humain. Et on peut se demander si l'histoire de cet homme qui sort du monde, n'est pas tout simplement l'histoire de chacun d'entre nous, qui un jour devra quitter ce monde, dans l'indifférence de presque tous. "Huit heures de sursis" est donc un chef-d'oeuvre baroque, sombre, pathétique, humain et magnifique, qui vous laissera épuisé, devant une implacable leçon de vie.

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Ci-dessus : James Mason et Kathleen Ryan (on remarque le bras en croix de James Mason semblant signifier son martyr).

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Ci-dessus : James Mason et Kathleen Ryan

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Extrait de la musique :

Disponible en Bluray et DVD chez Elephant Films en VF et VO sous-titrée

Note : 8,5 / 10

09/02/2014

L'espion Noir / The Spy in black - 1939

Il y a beaucoup de choses à dire sur "l'espion noir" tiré de la nouvelle de J Storer Clouston. On peut déjà dire que c'est le premier film de la longue collaboraiton entre Michael Powell et Emeric Pressburger. C'est le producteur Alexander Korda, qui demande à Emeric Pressburger de réécrire quelques scènes du scénario, que les deux hommes vont transformer radicalement, en faisant de ce dernier, un huis-clos oppressant entre Conrad Veidt et Valerie Hobson. On peut supposer que le film tombait assez bien dans un contexte international pré-deuxième guerre mondial. D'ailleurs, le film est terminé en 1938, mais la sortie en est retardé par les producteurs jusqu'en août 1939, presque à la veille du déclenchement du deuxième conflit mondial. Le film raconte l'histoire d'un commandant de U-Boat dont la mission consiste à infiltrer la côte anglaise afin d'y récupérer des renseignements, permettant aux sous-marins allemands, de couler une partie de la flotte britannique. Le succès immense de "l'espion noir" sorti des deux côtés de l'Atlantique, et aux USA sous le titre "U-Boat 29", permettait à Powell et Pressburger de continuer leur collaboration, tout d'abord avec "espionne à bord" (1940) avec la même distribution (Conrad Veidt et Valerie Hobson), mais aussi avec "49e Parallèle" (1942). a partir de là, la collaboration entre Michael et Emeric Pressburger ne devait quasiment plus s'interrompre. Ainsi, il devait tourner ensemble jusqu'en 1957, à travers la société "The Archers Films Production", quelques chef-d'oeuvres du cinéma mondial. On peut citer par exemple : "Colonel Blimp" (1943), "Le Narcisse noir" (1947), Les Chaussons rouges (1948) ou "Les Contes d'Hoffmann" (1951).

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Pour revenir à "l'espion noir", il faut bien dire que la distribution est excellente. Ainsi, on ne voit pas qui aurait pu joué aussi bien que Conrad Veidt, cet espion allemand, commandant de U-Boat. Pour le public d'aujourd'hui un peu cinéphile, Conrad Veidt reste évidemment l'officier nazi du "Casablanca" (1942) de Michael Curtiz. Mais il a été bien plus qu'un officier allemand ou nazi. Il a eu une  immense première carrière allemande. Et comme beaucoup il se décida à fuir l'Allemagne en 1933 pour continuer sa carrière en Angleterre puis en Amérique. On se rappelle par exemple de son rôle de Jaffar dans "le voleur de Bagdad" (1940). Ici, dans 'l'espion noir", il est parfait dans son rôle d'officier de marine allemand, lui donnant une présence quasi animal. On a parfois l'impression de voir un loup aux aguets.  Tous les autres acteurs sont plutôt bons dans leur jeu. On notera la présence de Sebastian Shaw, qui reste pour le public français comme "Dark Vador" dans "le retour du Jedi" (1983).

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Ci-dessus : Valerie Hobson et Conrad Veidt

Le film est donc un très bon film anglais d'espionnage, qui rappelle bien souvent Hitchcock de part la façon dont il est filmé, aussi bien que par la construction scénaristique. Néanmoins, Hitchcock jouait beaucoup plus avec la caméra pour trouver des angles parfois assez improbables. Ici, c'est un peu moins le cas. Néanmoins, la scène dans les escaliers entre Valerie Hobson et Conrad Veidt est admirablement bien filmée. Je retiens donc que "l'espion noir" est un très bon film avec un retournement de situation très intelligent. A voir et à revoir. On a devant nous, du grand cinéma anglais. On ne peut que remercier Elephant Films de ressortir ce genre de film. Et à la vision de films de cette qualité, on ne peut que se rappeler la phrase de François Truffaut qui disait : 'le cinéma anglais n'existe pas". En tous les cas, avec "l'espion noir" on a un bien bel exemple de cette existence.

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Ci-dessus : Valerie Hobson et Conrad Veidt

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Ci-dessus : Valerie Hobson et Sebastian Shaw

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Michael Powell et Emeric Pressburger

Note : 7,5  / 10

08/02/2014

Le vagabond bien-aimé / the beloved vagabond - 1933

"Le vagabond bien-aimé" est un film anglais avec Maurice Chevalier. Le film a été réalisé par Kurt (curtis) Bernhardt et ce dernier a participé à la rédaction du scénario avec Greta Heller. On retrouve autour de Maurice Chevalier,  Betty Stockfeld et Hélène Robert. Le film qui a été retrouvé récemment et que l'on pensait définitivement perdu est très sympathique à voir. Les chansons de Maurice Chevalier sont très entrainantes. Et on sourit beaucoup devant cette histoire d'architecte qui part parcourir la France, par désespoir amoureux. "Le vagabond bien-aimé" est donc un film sans prétention, mais qui a le mérite de distraire par le charisme de son acteur vedette et par la bonne humeur qu'il procure. Jamais un film anglais n'a senti aussi bon la France comme l'aurait dit Maurice Chevalier.

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Ci-dessus : Serge Grave, Maurice Chevalier et Hélène Robert

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Une chanson du film :

 

 Extrait :

 

Note : 6,5 / 10

15/01/2014

Oliver ! - 1968

"Oliver !" est une comédie musicale, tirée du roman de Dickens, "Oliver Twist" et du musical de Lionel Bart et de la pièce écrite par Vernon Harris. Le film est dirigé par Carol Reed. Le film repose sur les épaules, du jeune Mark Lester, devenu aujourd'hui ostéopathe, comme quoi le cinéma mène vraiment à tout. Ron Moody est inoubliable dans le rôle de Fagin. Shani Wallis est superbe en fille des rues au grand coeur. Mais ce qui donne du corps au film, ce sont les milliers de figurant et l'extraordinaire prestation d'Oliver Reed (neveu du réalisateur), formidable en brute épaisse. On se souvient d'Oliver Reed pour son dernier film, "Gladiator". L'acteur, alcoolique notoire, devait d'ailleurs décéder d'une crise cardiaque sur le tournage de Gladiator. Il est à noter que la réalisation, de cette version d'Oliver, est très différente de celle de David Lean, qui avait déjà réalisé un "Olivier Twist" en 1948. Ce dernier film possédait une incroyable séquence d'introduction. Ici, la comédie et le chant font un peu oublier la misère du jeune héros.

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Le film devait obtenir un formidable succès mondial totalement mérité, et remporter 5 Oscars dont celui du meilleur film. Aujourd'hui encore il est très difficile de ne pas se laisser prendre par cette histoire de petit garçon abandonné. Quelque soit notre âge, "Oliver" réveille l'enfant qui sommeille au fond de nous. C'est peut être en cela qu'il est le plus touchant et oserais-je dire, le plus nécessaire, surtout à notre époque. "Oliver" s'impose comme une évidence.

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Ci-dessus : Mark Lester et Shani Wallis

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Ci-dessus : Oliver Reed

 

Extrait de l'ouverture :

 

Montage vidéo :

 

Film disponible en Bluray en Italie chez Sony, comprenant une version française et une version originale sous-titrée. A redécouvrir la qualité d'image est globalement parfaite.

 

Note : 8,5 / 10

29/12/2013

Anna Karénine / Anna Karenina - 1948

"Anna Karénine" dans sa version de 1948, et dans une réalisation de Julien Duvivier est un peu décevante, si on la compare à la version de 1935 avec Greta Garbo. En effet, la version de 1935 comprenait Fredric March dans le rôle de l'amant et Basil Rathbone dans le rôle du mari trompé. On adorait l'un et on aimait détester l'autre. Ici ce serait un peu le contraire, le malheureux Kieron Moore semble désemparait devant le talent de Vivien Leigh. Et si au début, il passe bien en amoureux transit, on finit par de moins en moins croire en son jeu. Enfin Ralph Richardson, en mari trompé, mais qui veut rester fidèle à ses principes chrétiens, semble jouer une interprétation quelque peu différente de celle de Rathbone. Mais surtout, le film est trop long : 2H10 au lieu de 95 minutes pour la version de 1935. On peut donc considérer cette version anglaise dans une production d'Alexandre Korda, comme un peu inférieure à son aîné, malgré la présence de la belle Sally Ann Howes.

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Ceci étant dit, le film a aussi beaucoup de qualités, en particulier la réalisation de Duvivier, qui sait exploiter la lumière ou les rares scènes extérieures, pour faire de ces scènes sur les quais de gare des moments magiques. On sent l'influence de précédents films de Vivien Leigh. On pense ainsi à "la valse dans l'ombre" (1940) de Mervyn LeRoy, qui avait au moins une scène sur le quai d'une gare, et qui avait également pour sujet un amour tragique. Malgré toutes ces qualités, le film n'arriva pas à convaincre  le public de l'époque, et la régidité de l'ensemble ne faisait rien pour arranger l'affaire. Ainsi, Duvivier filma d'une bien curieuse manière la course de chevaux en ne prenant que le visage de Leigh et de son mari. C'était se priver d'une scène épique et qui aurait pu permettre au film de reprendre sa respiration. La musique de Constant Lambert, fait beaucoup pour rendre le film moins étouffant. Et on reste malgré tout, profondément marqué par la scène finale, d'abandon de l'actrice qui réalise un formidable numéro, qui augure de sa fin tragique, des années plus tard, et de son état dépressif de l'époque. C'est pour cela que le film reste encore dans nos mémoires aujourd'hui et résonne comme une étrange épitaphe à son endroit. Je ne peux donc comme Duvivier, m'empêcher de citer Tolstoï : "Et la lumière, qui pour l’infortunée avait éclairé le livre de la vie, avec ses tourments, ses trahisons et ses douleurs, déchirant les ténèbres, brilla d’un éclat plus vif, vacilla et s’éteignit pour toujours."

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Ci-dessus : Vivien Leigh et Ralph Richardson

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Ci-dessus : Sally Ann Howes et  Kieron Moore

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Ci-dessus : Vivien Leigh et Kieron Moore

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Ci-dessus : Vivien Leigh

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Ci-dessus : Vivien Leigh et Ralph Richardson

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Ci-dessus : une scène pendant le tournage (on remarque Duvivier assis, Vivien Leigh et mary kerridge)


Extrait de la musique (avec la courtoisie de Corentin) :

Disponible chez Elephant Films en DVD Zone 2 (sous-titré en français). Qualité d'image moyenne, mais à ma connaissance, la meilleure disponible à ce jour.


Note : 6,5 / 10

21/12/2013

Le chevalier sans armure / Knight without armor - 1937

"Le chevalier sans armure" est une production d'Alexandre Korda, et fait donc parti de la salve de films sortis par Elephant Films en novembre. On peut tout d'abord remercier cet éditeur pour deux choses. Tout d'abord, il faut le remercier de rappeler à notre mémoire cinéphilique, ce cinéma anglais un peu oublié, et pour les très intéressants commentaires de Jean-Pierre Dionnet. Et c'est un peu aussi grâce à ces commentaires présents dans les bonus du film, que je vais pouvoir enrichir cette note. Donc "le chevalier sans armure", production d'Alexandre Korda, est tiré du roman de James Hilton. On sait que James Hilton a été très souvent adapté au cinéma pour différents romans. Le film est réalisé par le réalisateur belge Jacques Feyder, qui fit tant pour le cinéma français. On retrouve des maîtres que ce soit à la photographie, comme premier opérateur, ou à la musique. Ainsi à la photographie, on a Harry Stradling Sr, qui se distinguera en particulier par son très beau travail sur "My Fair Lady" (1962) avec Audrey Hepburn et Rex Harrisson. Ainsi, on retrouve une des scènes de "My Fair Lady" avec la fameuse course de chevaux en 1913, à Ascot. Comme premier opérateur, on retrouve un certain Jack Cardiff, qui travaillera sur de très nombreux films de John Ford et qui finira seul, "le jeune Cassidy" (1964), commencé par Ford. Et à la musique, il y a un certain Miklos Rozsa, dont c'est la première composition. On en reparlera plus tard. Avec une telle équipe, il était difficile de ne pas faire un chef-d'oeuvre du cinéma. Et c'est bien le cas.

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Dans le casting, on retrouve donc en tête, Marlene Dietrich et Robert Donat. dans le rôle du héros. Robert Donat, devait jouer un héros un peu perdu, du fait qu'il a le rôle d'un anglais exilé, dans les neiges de la Russie. Et il s'en sort très bien, car Donat était dans la vraie vie, un homme fragile, sujet à des crises d'asthme, dont la dernière devait d'ailleurs l'emporter à l'âge de 53 ans. Quant à Dietrich, elle ressort de sa période "Josef von Sternberg", qui sera peut être son plus grand réalisateur. Après Marlene, Sternberg perdra malheureusement petit à petit son cinéma. La période visitée par "le chevalier sans armure" est la révolution russe, et on pense évidemment au "Docteur Jivago" (1962) de David Lean lorsqu'on voit ce film. Alors évidemment, "le chevalier sans armure" n'atteint pas les sommets de l'oeuvre de Lean, mais il y a une telle réunion de nombreux talents que ce soit sur l'écran ou dans l'équipe technique, que l'on ait sans aucun doute, en face d'un chef d'oeuvre. On pourra néanmoins reprocher à l'écriture scénaristique de sauter par exemple une scène essentielle, comme l'évasion par Marlene de sa prison.

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Ci-dessus : Marlene Dietrich et Robert Donat

Le visage de Marlene est admirablement filmé par des jeux de lumière incessants. Et cela donne un côté fascinant et extraordinaire au film. On peut lui reprocher un jeu parfois légèrement surfait. Mais ce n'est à rien à côté des qualités d'un film, qui nous montre la disparition de la Russie du Tsar et l'arrivée du communisme. Le film navigue donc entre romantisme, tragédie, horreur de la révolution, et onirisme.  Il y a beaucoup de scènes marquantes. Mais l'une d'elle est, la reconquête d'une ville Rouge, par les Blancs (partisans du Tsar). Un diner est alors donné en l'honneur de Marlene. Et là c'est l'ancienne Russie qui de nouveau existe, et qui réapparaît, réunion de fantômes que le souffle de l'histoire balaiera en un clin d'oeil, tout cela avec pour fond musical la première composition de Miklos Rozsa, qui a des accents lyriques que l'on retrouvera plus tard dans le reste de son oeuvre. Mais la musique a aussi, ici des accents russes, que le sujet lui impose. Voilà. Vous savez presque tout, sur "le chevalier sans armure", un magnifique mélodrame, qui n'attend que d'être découvert par vous, cinéphiles de notre temps. Il le mérite amplement.

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Ci-dessus : Marlene Dietrich et Robert Donat

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Ci-dessus : Marlene Dietrich

 

La musique du film:

Disponible chez Elephant Films en DVD zone 2 sous-titrée

 

Note : 7,5  / 10

18/12/2013

le divorce de Lady X / The divorce of Lady X - 1938

Qui ne connaît pas Alexandre Korda ? Alexandre Korda c'est l'homme qui a voulu concurrencer et dépasser Hollywood. Il est d'origine hongroise naturalisé britannique. En 1919 lorsqu'il quitte la Hongrie, il a déjà réalisé 25 films. Il est un des premiers producteurs à utiliser la couleur dans ses films : "La Vie privée d'Henry VIII" (1932), "Rembrandt" (1936), mais aussi dans ce film, "le divorce de Lady X" (1938). "Le divorce de Lady X" est un film anglais réalisé par Tim Whelan. Le film est une comédie romantique, mais dont l'accent est porté plutôt sur la comédie. Le sujet est proche d'une pièce de Guitry, mais avec un certain humour et une certaine distinction. La couleur est très belle et on sent qu'un travail important a été effectué pour donner un ton pastel au film. Ainsi, le bal costumé du début du film permet de voir la magnificence des costumes en couleur.

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Le scénario est plutôt bon, quoique très classique. On a une distribution très intéressante avec en particulier Laurence Olivier, dont un de ses rares rôles comiques. En effet, pour ma part, j'étais plus habitué à le voir dans des reproduction cinématographiques, des oeuvres de Shakespeare : "Henry V" (1944), "Hamlet" (1948), "Richard III" (1955), ou encore "Othello" (1965). Elle a ici pour partenaire, Merle Oberon, ici jeune actrice de 27 ans. Je ne reviendrais pas sur les histoires familiales des origines cachées de Merle Oberon, qui ne regardent qu'elle. Après tout, si elle n'a jamais voulu les dévoiler. Pourquoi devrions nous tenter de le faire ? Il suffira de dire que Merle Oberon était une métisse et que donc à une époque qui pratiquait plutôt la ségrégation, elle préféra cacher ses origines. On remarque aussi l'immense acteur britannique Ralph Richardson, qui est parfait en cocu à l'élégance extrême.

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Ci-dessus : Merle Oberon

Alors que manque t'il ? Et bien il manque ce grain de folie qui caractérise tellement bien la comédie française ou la grande comédie classique américaine. Le flegme britannique est là et si on rit parfois, on sourit le plus souvent. Le spectacle est donc plaisant et très beau, mais il n'arrive pas au niveau des comédies incroyablement drôles et tellement bien réalisées d'un certain ... Ernst Lubitsch.

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Ci-dessus : Laurence Olivier et Merle Oberon

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Ci-dessus : Laurence Olivier et Merle Oberon

Disponible en DVD Zone 2 en VO sous-titrée, chez Elephant Films

Note : 6,5 / 10

08/12/2013

Jusqu'à ce que mort s'ensuive / Blanche Fury - 1948

Retour au cinéma anglais aujourd'hui, car j'ai vu récemment "Jusqu'à ce que mort s'ensuive", tiré de la nouvelle de Joseph Shearing, avec Stewart Granger et Valérie Hobson. Stewart Granger c'est évidemment l'acteur de "Scaramouche" (1952) avec Eleanor Parker, ou du "prisonnier de Zenda' (1952) avec James Mason, ou encore "des contrebandiers de Moonfleet" (1955). Il est ici dans sa période anglaise, qui n'est pas exempte de très bons films. Ainsi, je me rappelle avoir vu, il y a une dizaine ou une quinzaine d'années, un très beau "love story" avec Margaret Lockwood, ou "the magic bow" où Stewart Granger interprête, le célèbre compositeur, Nicolo Paganini. Les éditeurs français feraient donc bien de nous refaire découvrir la période anglaise de Stewart Granger. On peut donc remercier Elephant Films pour ces belles sorties de films plus ou moins inconnus du public français. Pour revenir au casting, on compte aussi Valérie Hobson. On a vu jouer cette dernière, dans "les Grandes espérances" de David Lean, avec Alec Guinness et Jean Simmons enfant. Valérie Hobson, était une très grande actrice capable de tout jouer. Ainsi, dans "les grandes espérances" elle jouait une vieille femme folle et ici une jeune femme tout à fait désirable.

cinéma, cinema, dvd, bluray, film, films, acteur, actrice, hollywood,  Stewart Granger, Valerie Hobson, Clifton Parker, marc allegretJ'ai parlé de David Lean et c'est avec raison, car ici le film empreinte beaucoup au style un peu gothique de Lean, dans sa période anglaise. Ainsi, le début est assez magistral et nous montre un titre avec un château noir, comme si c'était le château du mal. Ainsi, les premières images sont saisissantes avec deux cavaliers qui chevauchent au galop dans la nuit. On sent qu'un malheur s'est passé dans le château. Mais on ne sait pas quoi. La tension est donc à son comble. Et par la magie du cinéma et du flashback on va voir l'histoire se dérouler, là où elle doit commencer, c'est à dire au début.

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Ci-dessus : Valérie Hobson et Stewart Granger

L'histoire est particulièrement intéresante, car elle met Stewart Granger dans le rôle d'un jeune homme, fils illégitime de l'ancien propriétaire du château, courant après l'acte de mariage de son père, qui pourrait le rétablir dans ses droits. En attendant, il est l'intendant du domaine, subissement les railleries et les décisions des nouveaux maîtres qui ont acheté le domaine et qui lui ont pris jusqu'à son nom. Sa seule obsession sera de reprendre donc son domaine à ses maîtres qui ne sont pour lui que des intrus. Le scénario est donc plutôt original et plutôt bon.

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Ci-dessus : Valérie Hobson et Stewart Granger

La naissance d'une idylle entre Valérie Hobson et Granger est elle aussi plutôt bienvenue. Mais comme toute l'histoire, elle sera teintée du sceau de la mort. Et le titre français résume assez bien l'histoire. La musique de Clifton Parker, n'est pas mauvaise, sans être extraordinaire, et soutient assez bien l'action. On peut s'étonner, que Marc Allegret à la carrière de réalisateur de plus de 60 ans, ait eu le droit de réaliser ce film en Angleterre et que ce ne soit pas un réalisateur britannique qui hérite de la réalisation. Qui a dit que les Anglais n'aimaient pas les Frenchies ? En résumé, on passe un très bon moment, devant ce film très noir et gothique, mais en Technicolor. Je ne peux donc qu'encourager très fortement Elephant Films à continuer, d'exploiter ce créneau du cinéma anglais, qui est aujourd'hui totalement sans concurrence et absent du marché français, surtout si c'est pour nous sortir des films de cette qualité.

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Ci-dessus : le domaine tant convoité

Extrait :

 

Disponible en DVD Zone 2, chez Elephant Films

 

Note : 7,5 / 10

08/11/2013

Quatre de l'espionnage / Secret Agent - 1936

Après le formidable succès des "39 marches" (1935), où on voyait un Robert Donat forcé de parcourir la campagne avec une Madeleine Carroll accrochée à son bras par des menottes, Hitchcock s'attaque à un autre film, "Quatre de l'espionnage". Il reprend une bonne partie de l'équipe de son précédent film, en reprenant ainsi Madeleine Carroll, mais aussi le même responsable de la  photographie, et les mêmes responsables des décors. Mais si Hitchcock a toujours excellé à montrer la fuite d'un innocent, il est ici un peu gêné par un scénario qui a de nombreux points faibles. Pour commencer le héros John Gielgud (ici dans son deuxième film), fait très anglais, mais surtout paraît terriblement antipathique. On a donc du mal à s'attacher à lui. Madeleine Carroll joue à la coquette, Peter Lorre surjoue un général mexicain en quête de jolies filles, et l'espion allemand paraît fort sympathique, pendant les deux tiers du film. Tout cela n'est donc pas très crédible.

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Enfin et peut être plus grave, le scénario fait mourir un innocent, ajoutant un énorme dégoût dans le coeur du spectateur à peu près à la moitié du film. Le film prend un peu de force sur la fin avec les passages dans le train, et dont les scènes rappellent de nombreuses autres scènes, d'autres films d'Hitchcock où les trains sont également présents. Hitchcock qu avait peut être conscience de l'acidité de son oeuvre, avait ajouter des scènes où on voyait Madeleine Carroll presque nue dans sa salle de bain. Malheureusement la censure anglaise de l'époque, décidait de les couper. On ne les voit donc pas. "Quatre de l'espionnage" reste donc à mon sens, comme une oeuvre honorable d'Hitchcock de sa période anglaise, mais néanmoins mineure.

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Ci-dessus : Peter Lorre, Madeleine Carroll et John Gielgud

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Ci-dessus : Madeleine Carroll et John Gielgud

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Note : 6 / 10

10/02/2013

Atlantique latitude 41° / A night to Remember - 1958

"A night to remember" ou dans son titre français "Atlantique, latitude 41°" est un film portant également sur le drame du Titanic. Il a été tourné 5 ans après la version hollywoodienne, commentée dans ma note précédente. C'est un film anglais, produit par The Rank Organization. Le film est une adaptation par Eric Ambler, du livre "la nuit du Titanic", de l'historien Walter Lord, écrit en 1955. Le producteur William MacQuitty avait vécu la construction du Titanic et son lancement alors qu'il n'avait que 6 ans. Ce tournage et cette mise en production est donc bien un peu l'oeuvre de sa vie.  Dans ces conditions et comme vous pouvez l'imaginer, la principale qualité du film est de décrire parfaitement les évènements de cette nuit fatidique. Ainsi le film fait souvent penser à un film de guerre, le commandement et l'équipage du navire semble en guerre contre les éléments (l'eau, le temps), mais aussi l'intertie, l'indifférence ou encore la possible panique des passagers. Le film étant d'origine anglaise, on trouve toute une pléïade d'acteurs britanniques avec en tête Kenneth More qui interprète le rôle de l'officier en second sur le Titanic. Il sera le fil rouge de l'histoire. On le voit donc au début avec sa femme, puis sur la passerelle, avec les passagers, ou organisant la mise à l'eau des chaloupes. Il est donc présent dans de très nombreuses scènes. On retrouve aussi, Honor Blackman. Mais si vous savez la jolie blonde de "Goldfinger".

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Le film est réalisé de façon très classique par Roy Ward Baker et manque parfois d'émotion, voir de mouvements. En effet, à vouloir trop s'attacher aux évènements le film finit par perdre de son humanité et devient presque rigide dans sa réalisation. Néanmoins tout est là : le commandant, le constructeur du Titanic (Mr Andrew), le représentant lâche de la White Star, les passagers de troisième classe, le grand salon et son escalier. On sait qu'aujourd'hui James Cameron adorait ce film et devait s'en inspirer largement. Ainsi, on retrouvera dans son "Titanic" le plan, où Andrew regarde les murs du grand salon exploser sous la pression de l'eau et donc la plupart des personnages principaux. Mais Cameron transformera totalement l'essai que représente ce film, en magnifiant encore la mise en scène et en donnant une vie et une histoire à des personnages qui ici pour la plupart n'en possèdent pas.

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Ci-dessus : Anthony Bushell à gauche, et Kenneth More dans  "A Night to Remember,"

Pour finir, noter que le film Bluray zone B bénéficie d'une superbe qualité d'image, rarement vu pour un film noir et blanc de cette époque. On peut supposer que c'est le master Criterion qui est utilisé.

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Ci-dessus : Honor Blackman dans "A night to Remember"

Note : 7,5 / 10

21/01/2013

Oliver Twist - 1948

"Oliver Twist" est un film de David Lean de 1948 tourné après "Les Grandes Espérances" (1946). Le film est magnifiquement filmé par Lean. En particulier le début où la mère enceinte d'Oliver Twist, est surprise par un orage. L'orage est là comme le symbole de la colère des hommes qui s'abat sur la pauvre femme, abandonnée par la société et trahie par des siens. Lean comme dans "les grandes espérances" donne une vie et même une signification à la nature et aux éléments naturels. Il en sera de même dans "le docteur Jivago" où une branche viendra frappé inlassablement le carreau de Youri, le jeune enfant qui venait d'enterrer sa mère. L'expressionisme romantique de Lean est magnifique. Dès le début, le film atteint les sommets de l'esthétique cinématographique. Et les plans ingénieux se multiplient tout le long du film, comme ce poing qui heurte pleine face la caméra et qui arrête une course poursuite qui ne semblait pas avoir de fin.

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Alec Guinness joue Fagin, le chef des enfants voleurs. Robert Newton dont aujourd'hui on se rappelle surtout la prestation dans Barbe Noire, joue formidablement bien le bandit Bill Sikes. On retrouve également Henri Stephenson qui a joué dans de nombreux film d'Errol Flynn comme Capitaine Blood (1935), la charge de la brigade légère (1936) ou encore dans "la Vie privée d'Élisabeth d'Angleterre" (1939). Mais au delà du jeu des acteurs, tous au top de leur forme, c'est bien la réalisation de Lean qui magnifie le spectacle.

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Ci-dessus : Robert Newton (conseil : noté le jeu de lumière sur les yeux)


Bref "Oliver Twist" est un chef-d'oeuvre d'adaptation littéraire à l'écran. Je ne saurais donc que vous conseiller d'acquérir l'édition Bluray qui est sortie récemment et de ne pas tenir compte de critiques de l'époque qui ont vu dans ce film, un film antisémite. En effet, pour certains Fagin aurait eu dans le film un maquillage "antisémite". De ce fait, le film ne put sortir aux USA qu'en 1951 avec une amputation de 11 minutes. Or le mot juif n'est jamais mentioné dans le film et aucune relation ne peut être fait avec ces deux mots. Or Lean met plutôt en avant, la vie misérable d'un orphelin à la recherche de parents et de bien être. Je pense donc qu'il serait absurde de se priver d'un tel chef-d'oeuvre et de faire un quelconque procès à un si grand réalisateur. Je vous invite donc plutôt à profiter des jeux de lumière, des plans introuvables, et en un mot du talent d'un David Lean au sommet de son art et qui possédait déjà une parfaite maîtrise de la chose cinématographique et pour ainsi dire un incroyable génie, dans la définition qu'en fait Schopenhauer : "Le talent est pareil à un archer qui touche une cible que les autres ne peuvent atteindre, le génie est pareil à celui qui en touche une que les autres ne sont pas même capables de voir".

 

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La bande-annonce :

 Disponible en Bluray Zone B. Images correctes


NOTE : 9 / 10