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15/05/2014

Parkland - 2013

"Parkland" est le parfait film de bande-annonce, parfait en bande-annonce, mais très décevant à l'écran. Pourtant sur le papier, il y avait tout pour faire un chef-d'oeuvre : une histoire très attirante évoquant l'assassinat du président américain John Fitzgerald Kennedy et un beau casting comprenant de très nombreux seconds rôles de talent. Pourtant, alors que le réalisateur Peter Landesman a participé à l'écriture scénaristique, on ne peut pas dire que ce soit le point fort de "Parkland". Ainsi, après un début qui prend le parti pris de ne montrer que la mort de Kennedy à travers les yeux d'un témoin (Abraham Zapruder) filmant la scène à 30 mètres. On est déjà un peu surpris de ce traitement de la réalisation. Mais les mauvaises surprises ne vont pas cesser. Ainsi, l'auteur se borne à raconter les quelques heures et jours après la mort du président, se refusant à évoquer toute explication ou toute théorie du complot, et on pense de longues minutes sur la table d'opération attendant la mort programmée du président, puis de son assassin. Le film navigue donc à vue, sans cohérence scénaristique et mise tout sur l'émotion, qu'il parvient à atteindre parfois, mais finalement trop rarement pour faire de ce film un succès.

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Il reste malgré tout un super casting, avec en tête un formidable Paul Giamatti et un très bon Billy Bob Thornton, mais d'autres comme Jeremy Strong en Lee Harvey Oswald, ou son frère dans le film l'acteur  James Badge Dale, sont également très bons. Malheureusement le film pêche par l'absence d'une star capable d'hypnotiser le spectateur. Et ce n'est pas Zac Efron, qui peut y faire quelque chose, malgré tous ses efforts. On ressort donc un peu déçu de la vision de Parkland, qui si il n'est pas un mauvais film, ne nous apprend pas grand chose de plus sur la mort du président Kennedy, que nous ne savons déjà. Enfin, la comparaison avec le film d'Oliver Stone (JFK -1991) est cruelle. Car ce dernier lui est supérieur en tout.

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Ci-dessus : Paul Giamatti

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Ci-dessus : Paul Giamatti et Billy Bob Thornton

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Ci-dessus : James Badge Dale

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Ci-dessus : Zac Effron

Disponible en Bluray et DVD en VF et VO sous-titrée

Note : 5,5 / 10

11/05/2014

JFK - 1991

"JFK" est le type même du film historique. Tellement historique que mon professeur d'histoire en Terminale, se décidait à emmener ma classe, en voir une séance au cinéma ! C'était le Paradis pour moi, car à l'époque j'étais déjà fan d'histoire mais aussi de cinéma. Et puis c'était génial d'avoir une séance de cinéma plutôt que d'aller en cours. On découvrait donc le film d'Oliver Stone avec nos yeux d'adolescents grands ouverts. Et je me souviens que lors de cette séance, souvent mes camarades et moi étions choqués par les images d'archives qui montraient le président Kennedy se faire abattre en pleine rue. La force du film de Stone est d'abord dans son casting avec en tête, Kevin Costner, Tommy Lee Jones, Gary Oldman (fabuleux en Lee Harvey Oswald), Jack Lemmon, Joe Pesci, Walter Matthau, Donald Sutherland et Tommy Lee Jones entre autre. Mais ce n'est pas seulement un fabuleux casting, c'est un scénario terrible qui passe en revue toutes les hypothèses qui peuvent expliquer la mort de Kennedy. Les scénaristes évoquent donc toutes les théories, avec d'abord la théorie de l'homme isolé et malade mentalement, vite abandonnée. Puis on parle rapidement d'un complot mais de qui et bénéficiant à qui ? Donc des suspects sont évoqués allant de la mafia, au service secret, voir au complot militaro-industriel, Kennedy étant opposé à une montée des tensions avec le Nord Vietnam.

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Stone malmène le spectateur avec une réalisation rapide qui mélange les images d'archives, la couleur et le noir & blanc. Et c'est bien une vision et une thèse sur l'assassinat du président Kennedy qui nous est proposés. Stone se demande aussi pourquoi tant de témoins sont disparus aussi rapidement dans des morts subites. Stone frappe là où ça fait mal. Et son film semble montrer l'assassinat de JFK puis de son frère en 1968 comme un tournant de la société américaine. Quelle société peut fonctionner normalement avec un tel secret caché à son peuple ? C'est un peu la morale de ce "JFK" qui laisse le spectateur KO et ne sombre jamais dans la facilité. Si il en était besoin, la musique de John Williams rajoute encore à l'émotion qui transpire du film, pour faire de "JFK" le plus grand film politique de tous les temps. Un film qui a le mérite de nous faire comprendre, que la démocratie mérite d'être défendue, et la vérité d'être découverte. Le "JFK" de Stone avait de grandes ambitions. On peut dire qu'elles ont toutes été atteintes au delà des espérances du réalisateur. En effet, au delà des prix et nominations diverses. Stone devait faire visionner son film par le congrès américain qui décida devant la pression médiatique à promulguer une loi permettant une édition et une mise à la disposition du public et des chercheurs, d'une partie des archives de l'affaire Kennedy. Aujourd'hui 50 000 pièces n'ont pas encore été éditées.

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Ci-dessus : Kevin Costner et Walter Matthau

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Ci-dessus : Tommy Lee Jones

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Ci-dessus : Kevin Costner et Donald Sutherland

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La bande-annonce :

 

Extrait de la musique :

 

Film disponible en Bluray et DVD zone 2, en VF et VO sous-titrée

 

Note : 9 / 10

29/11/2013

Marie-Antoinette - 1938

Olivier, déjà très présent dans les commentaires, nous fait aujourd'hui, l'honneur d'écrire un article sur Hollywood Classic. Olivier est donc le rédacteur du jour. Son article est très bienvenue, car j'ai idée de commenter prochainement, un film post-révolution française, et j'ai en ce moment beaucoup de travail en dehors de ce blog.

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Inspiré par la biographie de Stefan Zweig, le Marie-Antoinette de Van Dick s’attache à montrer une Marie-Antoinette, Dauphine puis Reine de France, avec une approche psychologique et faisant face tant bien que mal à l’indifférence et à l'impuissance temporaire du Dauphin, aux contraintes de la cour de Versailles puis aux remous politiques du pays. Tout entier centré sur elle, le film raconte l’évolution de Marie-Antoinette depuis son arrivée à 14 ans jusqu’à sa mort à près de 38 ans. Le film de 2h30 est ambitieux et dispose de gros moyens visibles à l’écran. Norma Shearer, grande star de la MGM, modifie son jeu tout le long du film pour coller à l’âge du personnage et aux événements. Elle livre une composition pleine d’énergie et aussi touchante qui lui vaudra une nomination méritée aux Oscars de 1939.  La mise en scène est spectaculaire avec un déploiement de décors somptueux et de costumes extravagants, même jusqu’à l’écoeurement. Le film alterne avec des scènes plus intimistes qui permettent de marquer les changements dans les relations de Marie-Antoinette avec les personnages masculins, Louis XV, Louis XVI et ses frères, son cousin et Axel de Fersen, son ami de cœur. Contrairement à Marie-Antoinette, leurs caractères sont mal dégrossis, vire à la caricature particulièrement pour Louis XVI ce qui est bien dommage. Tyrone Power qui joue le suédois Axel de Fersen fait preuve d’une forte présence à l’écran malgré ses 23 ans avec un jeu sobre qui contraste avec les français maniérés de la cour.

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Ci-dessus : Norma Shearer


Pour peu que l’on soit attaché à la réalité historique, le film est altéré par des erreurs : ainsi la Dauphine rencontre son futur mari à Versailles et non à Compiègne, elle est accueillie par les frères du dauphin adultes alors qu’ils avaient 14 et 12 ans, des personnages essentiels manquent comme la sœur du roi, le premier dauphin, la gouvernante des enfants meurent sous les coups des révolutionnaires ou encore Fersen retrouve Marie-Antoinette à la prison de la Conciergerie ce qui est pure fiction. Tout aussi regrettable, l’étiquette n’existe plus ainsi Marie-Antoinette et Fersen s’embrassent en public et les dialogues sont bien trop modernes tandis que les  décors ne ressemblent pas au Château de Versailles et le style des costumes et des coiffures ne suivent pas la mode sur les 23 années que couvre le film. Une gageure que même des films plus récents n’ont pas réussie non plus.

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Ci-dessus : Joseph Schildkraut, Robert Morley et Norma Shearer


Un mot sur la musique puisque Stéphane a l’habitude d’attirer ses lecteurs dessus !! Signée Herbert Stothart, elle fait l’objet d’un prologue de près de 3 minutes puis d’un entracte où l’on reconnait « La marseillaise » ou « Ca ira, ça ira ». La bande originale fut nominée aux Oscars. Le film se voit comme un beau spectacle porté par le talent de Norma Shearer et des personnages hauts en couleur. Depuis Stefan Zweig de nouvelles biographies de Marie-Antoinette corrigeront cette vision mélodramatique de l’histoire mais pour faire vibrer les cœurs, le but est atteint.

Rédacteur du jour : Olivier

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Ci-dessus : Norma Shearer

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Ci-dessus : Tyrone Power et Norma Shearer

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Note de Stéphane : J'ajouterai que la scène la plus poignante est la séparation de Marie-Antoinette de son fils qu'elle sait qu'elle ne reverra plus.

 

Extrait de la musique du film :

 

Montage vidéo sur le film :

 

La note d'Olivier : 6 / 10

La note de Stéphane : 7 / 10

20/09/2013

Guerre et Paix / War and Peace - 1956

Dans le cadre de sa sortie bluray, je vais évoquer le "Guerre et Paix" (1956) de King Vidor. Je ne peux que commencer cette note par donner la parole au réalisateur : "Au début de l’année 1955, j’étais assis sous le soleil californien, travaillant sur un scénario original, un sujet américain lorsque je reçus un coup de fil de Dino De Laurentiis, le producteur italien me demandant si je voulais bien mettre en scène le grand roman de Léon Tolstoï Guerre et paix. Ce fut la décision la plus rapide de ma vie ! Je n’avais aucun doute à son propos ; depuis que je l’avais lu, tout autre ouvrage de fiction souffrait de la comparaison. Profondeur des personnages, héroïsme, philosophie, Tolstoï donnait au lecteur tout ce qu’il cherche mais qu’il trouve si rarement." Vidor est donc enthousiaste pour travailler sur ce projet et ça sent dans le résultat final. Il aurait préféré avoir Peter Ustinov à la place d'Henry Fonda, pour jouer le personnage de Pierre, mais qu'importe ce n'est pas tant Henry Fonda qui va poser problème qu'un budget manifestement trop court pour porter l'oeuvre de Tolstoî à l'écran. Ainsi Vidor raconte : "Le tournage ne fut pas facile. Les premières difficultés vinrent du scénario sur lequel une dizaine d’écrivains travaillèrent. Plus tard elles furent d’ordre financier. Ils n’y avait plus d’argent et certaines scènes essentielles étaient encore à tourner… En fait je me retrouvais dans la même position qu’à mes débuts, mais cette fois-ci, je n’étais plus mon propre maître, j’étais tributaire une fois de plus des grands producteurs."

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La conséquence de défaut budgétaire est que le film est assez peu complet et ne fait que survoler certains personnages. On a donc du mal à s'y retrouver. Et malgré que le film dure plus de 3H30, on se rend bien compte qu'il aurait fallu 30 ou 40 minutes de plus pour retrouver l'oeuvre originale. On doit donc se compter de scènes de bravoures, comme la magnifique scène du bal entre une Audrey Hepburn plus belle que jamais et son jeune mari dans la vie, Mel Ferrer. D'autres scènes sont épiques comme la bataille de Borodino ou le passage de la Berezina. Mais on sent bien que Vidor a parfois du composer avec le budget et que parfois il essaye de s'en sortir le moins mal possible. Mais peut être devrions nous regarder du côté des scènes intimistes de cette oeuvre. Ainsi, la mort du prince André est particulièrement bouleversante. Mais dans toute la distribution, c'est bien évidemment Audrey Hepburn qui brûle littéralement l'écran et transfigure d'une incroyable fulgurance. Personne ne s'y trompera. Et lorsque le grand cinéaste russe Serge Bondartchouk revisitera l'oeuvre de Tolstoï, il fera de son héroïne, une seconde Audrey Hepburn.

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Ci-dessus : Henry Fonda et Audrey Hepburn

Cette fresque monumentale, peut donc s'appuyer sur un casting remarquable et sur une actrice au top de sa beauté et de son talent. On oublie alors quand même les raccourcis, les incohérences du scénario, pour se laisser porter par Audrey Hepburn et par finalement, une magnifique épopée. On retrouve en Bluray la version complète, et non celle amputée sortie en salle à l'époque. On dit que c'est la jalousie de Cecil B DeMille qui aurait oeuvré pour que "guerre et paix" ne fasse pas de l'ombre à ses "10 commandements" qui sortait en même temps. Il faudra attendre 1967, et la version de Serge Bondartchouk pour que le cinéma soviétique écrase cette version de "guerre et paix" et batte littéralement les Américains sur le terrain cinématographique, un peu comme les Russes ont battu Napoléon d'ailleurs, quand ce dernier est venu les envahir. Quoiqu'il en soit ne gâchons pas notre plaisir : On ne fait plus des films comme "guerre et paix", alors pourquoi s'en priver ?

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Ci-dessus : Audrey Hepburn

Film disponible en Bluray zone B ou DVD zone 2 (qualité d'image excellente assez souvent. Version vf à oublier)

La Bande-annonce :


Note : 8,5 / 10

24/08/2013

Vers sa destinée / The young Mr Lincoln - 1939

"Vers sa destinée" (1939) est le second film de Ford qui porte directement ou indirectement sur le président Abraham Lincoln. Comme sur "je n'ai pas tué Lincoln", les relations entre Ford et son producteur Darryl Zanuck seront orageuses. Ford devait reprocher à Zanuck des coupes de certaines scènes. On sait que Ford avait plutôt un caractère difficile. On peut donc aisément imaginer qu'il devait exister une tension entre lui et Zanuck sur ce tournage. Malgré tout, le film en lui même ne pâtit pas de ses relations conflictuelles. Et malgré tout le film conserve une structure remarquable. Ainsi, le but de Ford est de nous montrer un Lincoln jeune, où il est difficile de discerner le futur président, mais où les principales qualités sont déjà présentes dans le personnage.

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Ford s'évertue donc à nous montrer un Lincoln jeune et fermier. Les postures du personnage sont donc souvent étrange, lassive, comme pour mieux signifier au spectateur que cet homme n'a ni les habits d'un avocat, ni ceux d'un président. Le titre français "vers sa destinée" est d'ailleurs bien plus marquant que le titre américain. En effet, c'est bien la route vers son destin que l'on nous raconte ici. Qu'est ce qui fait qu'un homme devient cet homme ci et pas un autre. C'est ce à quoi veut répondre Ford à travers Lincoln. Ainsi, le premier drame de la vie de Lincoln, est peut être le premier déclencheur de sa carrière d'avocat. Ford nous montre donc cette transformation tout le long du film. Et le premier procès plaidé par Lincoln sera aussi le bon moment, pour ce dernier de montrer ses qualités d'orateur, d'abord devant une foule hostile, ensuite lors du procès lui même.

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Ci-dessus : Henry Fonda

La naissance et la transformation d'un être humain en icône populaire, est donc le thème principal du film. Et c'est assez fascinant, surtout qu'Henry Fonda donne une interprétation toute en nuances du personnage. Ainsi, on est assez étonné par le maquillage mis en place, qui fait de Fonda un Lincoln très crédible. Ce maquillage necessitait d'ailleurs 3 heures pour être en place. L'autre thème du film, est la communauté. Lincoln se retrouve donc en opposition avec cette communauté, dont il veut diriger l'opinion lors du procès. En ce sens, cela annonce les futures batailles politiques qu'il mènera plus tard. Enfin à cette communauté s'oppose la famille, qui appartient à cette communauté tout en s'y opposant. Ford termine son film en nous laissant alore, l'image droite et forte du Lincoln que nous connaissons tous. La transformation s'est achevée. L'avocat paysan peut devenir un politicien. La voie vers sa destinée est ouverte. La route est tracée. Le spectateur a compris quel était ce chemin.

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Ci-dessus : Henry Fonda

Finalement à travers Lincoln, Ford fait une éloge de la démocratie et de son système politique et judiciaire. Le procès devient lieu d'échange et de débats, en opposition avec le totalitarisme qui sévit en Allemagne à la même époque. Pour toutes ses raisons, pour l'interprétation magistrale d'Henry Fonda, et le génie de la réalisation de Ford, "vers sa destinée" est un chef-d'oeuvre du cinéma américain. On notera enfin que c'est le dernier film d'Alice Brady qui devait être malheureusement être emportée par un cancer la même année à l'âge de 47 ans.

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Film disponible en DVD Zone 2 chez Opening

 

Interview d'Henry Fonda qui explique ses craintes dans son interprétation après le visionnage des premiers tests :

 

Extrait :

 

Note : 8,5 / 10

11/05/2013

Ludwig Van B / Immortal Beloved - 1994

"Ludwig Van B" ou "immortal beloved" est un film de Bernard Rose qui évoque la vie sentimentale de Ludwig Van Beethoven. Le titre américain fait référence bien évidemment à la célèbre lettre de Beethoven écrite à son "immortelle bien-aimée". Je souhaiterais démoncer tout d'abord les mauvaises critiques que ce film a pu recevoir de la part d'une pseudo-intelligentsia qui n'a rien compris, n'a rien voulu voir, pire qui est incapable de produire quoique ce soit, ou même de diffuser de la culture sinon dans un petit cercle d'initiés et qui se permet alors de juger négativement, un film comme celui-ci. Ainsi, j'en veux particulièrement à la critique de Christian Leblé, écrite dans le journal Libération le 11 mars 1995, et intitulée "mieux vaut voir ça qu'être sourd". Cela commence fort car le titre de cette chronique ne veut rien dire. De plus, Leblé ne trouve aucune qualité au film, ni la distribution pourtant étincelante (Gary Oldman, Jeroen Krabbé, Isabella Rossellini, Valeria Golino et Johanna ter Steege), ni les costumes, ni les décors, ni la musique de Beethoven qu'il juge ici trop commerciale, et pire que tout il trouve le sujet hors de propos. Bref, selon Leblé il n'y a rien à sauver. Le film porte sur la lettre à l'immortelle bien-aimée qui est découverte après la mort de Beethoven. Pour les lecteurs qui ne connaissent pas Beethoven, je tiens à rappeler que cette lettre a interpellé des générations d'historiens, de musicologues, que des thèses ont été écrites, afin de découvrir quelle femme pouvait être cette immortelle bien-aimée. Et c'est peut être le plus grand mystère de la vie de Beethoven. Mais là non plus pour Christian Leblé cela ne présente aucun intérêt. On croit rêver ! Mais vous l'aurez compris sa critique de Libération estt seulement à charge.

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Si on doit être honnête avec ce film. Il faut donc noter qu'il a un beau casting avec un Gary Oldman très crédible en Beethoven. Et ce n'était pas évident de se mettre dans la peau d'un tel personnage et il fallait vraiment un très grand acteur comme Oldman pour y arriver et donner une réelle consistance à ce rôle. Gary Oldman devait d'ailleurs refuser par deux fois le rôle, mais finalement son agent devait arriver à le convaincre d'accepter. Et on peut se dire après avoir vu ce film que sa décision finale a été la bonne. Jeroen Krabbé, et Isabella Rossellini, sont également parfaits, mais aussi tous les seconds rôles qui sont inoubliables. L'intelligence de Bernard Rose est d'avoir fait correspondre la musique de Beethoven aux grands moments de sa vie et d'avoir montré que sa musique, comme sa vie avaient été celles d'un homme à femmes, et qu'on ne pouvait limiter son existence à une vie de célibataire endurci, vivant uniquement pour sa musique. Le film est d'ailleurs parcouru d'une sensualité profonde et d'un romantisme exacerbé.

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Ci-dessus : Gary Oldman et Isabelle Rosselini

Traumatisme de l'enfance, surdité d'un compositeur génial, création artistique et souffrance morale, rapport aux autres et à l'handicap, vie solitaire, recherche d'absolu à travers la musique pour un musicien sourd, lutte entre Beethoven et Napoléon, et vie sentimentale de l'artiste,  les critiques négatives n'ont rien voulu voir de tout ça, ni de l'intellectualisme du film, ni de l'explication que Bernard Rose donne de "la lettre à l'immortelle bien-aimée". C'est bien dommage. Pour ma part, j'ai pris un immense plaisir à voir ce film, qui nous présente un Beethoven plus vrai que nature, et dont la leçon finale est qu'un des plus grands génies de la musique classique est mort dans la misère, seul, et sans enfant. Il devait pourtant rester présent dans l'esprit et dans le coeur des Viennois qui se déplacèrent en masse à son enterrement. Et je finirai cet article par ces quelques mots écrits par Franz Grillparzer pour son oraison funèbre : "Il fut un artiste, mais un homme également, un homme à tous les sens, au plus haut sens du mot. Parce qu'il se retira du monde, on le disait hargneux, et parce qu'il évita le sentimental, on le crut dénué de sentiment. Ah, celui qui se sait dur de coeur, celui-là ne fuit pas ! Les meilleures pointes sont les plus faciles à émousser, à se tordre ou à se briser ... Il fuit le monde car, dans toute l'extension de sa nature passionnée, il ne trouva pas d'arme pour s'en défendre. Il s'écarta des hommes, après qu'il leur eut tout donné, sans rien recevoir en échange. Il resta seul, car il ne trouva pas de second Moi. Mais jusqu'à sa tombe son coeur demeura humain pour tous les hommes, paternel pour tous ses semblables ..."

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Ci-dessus : Gary Oldman

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Ci-dessus : le vrai Beethoven

Bande annonce :


Note  : 9 / 10