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09/11/2015

Le Fils de Frankenstein / The son of Frankenstein - 1939

Il y a des éditeurs qui comptent sur le marché. On peut évidemment citer Sidonis pour ses westerns, mais il y a également, Elephant Films pour les films anglais et maintenant pour les films d'épouvante de l'Universal. On peut remercier chaleureusement cet éditeur pour sa sortie Bluray du "fils de Frankenstein". En effet, cela nous permet de voir la suite de la saga du monstre, avec encore dans le rôle titre Boris Karloff, et cette fois-ci dans le rôle du fils du docteur, Basil Rathbone. Basil Rathbone tout le monde, le connaît, c'est évidemment, le méchant "des aventures de Robin des Bois" (1938) avec Errol Flynn, qui se vantait d'être un meilleur escrimeur que Flynn, et qu'il aurait pu le transpercer cent fois, si il l'avait voulu. Des déclarations qui correspondent bien à ses personnages à l'âme parfois noire, souvent hautains mais toujours racés. Dans "le fils de Frankenstein", Colin Clive n'apparaît pas, disparu dans la solitude en 1937 pour cause d'alcoolisme et de tuberculose. On suppose qu'il a commencé à boire, pour se soulager d'une jambe malade. Mais dans "le fils de Frankenstein" apparaît deux superbes personnages, Igor joué par le grand Bela Lugosi que l'on a vu dans "Dracula" (1931) et Lionel Atwill, en commandant des forces de police, au bras perdu, arraché quand il était enfant par le monstre. Le château des Frankenstein est aussi un des grands personnages, du film. La stylisation du château est étonnante. Tout y grand, abrute, les ombres portés ne font que refléter des formes géométriques sans aucune rondeur, qui en accentuent la dureté, le malaise, et l'impression de mort qui étreint tout le film. Et j'avoue que ça marche et que si parfois, le scénario fait parfois un peu grand guignol, on se prend à suivre le fil de l'histoire et voir le fils faire les mêmes erreurs que son père. A la musique c'est cette fois, Frank Skinner que l'on retrouve et qui nous donne une belle partition, où les solos de clarinettes sont là pour accentuer le caractère pervers et morbide du personnage d'Ivor qui se réjouit de la mort qui rode. Glaçant. Mon impression est donc très bonne devant ce troisième film pourtant décrié par la critique et le public. Il y a quelque chose de profondément artistique dans cet épisode. Et le mythe de Frankenstein nous ressuscite encore une fois, le mythe de Prométhée, qui avait volé le feu des Dieux. Ces oeuvres méritent bien mieux, que l'oubli dans lequel elles sont malheureusement tombées. A noter que "le fils de Frankenstein" sera le dernier film de Boris Karloff pour l'Universal, du moins dans la peau du monstre.

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Ci-dessus : Basil Rathbone & Bela Lugosi

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Ci-dessus : Basil Rathbone et Boris Karloff

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Ci-dessus : Basil Rathbone & Lionel Atwill

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Ci-dessus : Bela Lugosi

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Ci-dessus : Lionel Atwill et Boris Karloff

 

Extrait de la musique de Frank Skinner :

Disponible en Bluray & DVD chez Elephant Films 

 Note : 7,5 / 10

08/11/2015

La fiancée de Frankenstein / The bride of Frankenstein - 1935

Le monstre était mort dans un moulin en flammes. Mais devant la mine d'or du premier épisode, les producteurs de l'Universal se décidèrent à faire travailler de nouveau des scénaristes pour "la fiancée de Frankenstein". Le film porte assez mal son nom, car la fameuse fiancée, n'en est pas une et apparaît seulement dans les cinq dernières minutes du film. Le film concentre donc son action, sur la suite des aventures du monstre, qui connaît d'autres échecs dans ses rencontres avec les humains. Le réalisateur James Whale, est de nouveau à l'ouvrage. On retrouve également Boris Karloff, Colin Clive dans le rôle du Docteur Frankenstein. Dwight Frye réapparaît cette fois-ci dans le rôle de Karl. On retrouve également avec plaisir,  Una O'Connor en servante absente du précédent film, et Elsa Lanchester dans le rôle de Mary Shelley, et de la "fiancée" du monstre. Elsa Lanchester restera célèbre pour ce rôle, mais aussi pour avoir été la compagne de Charles Laughton. Pour la petite histoire, elle écrira que Charles Laughton était homosexuel et que c'est pour cela qu'elle n'eut jamais d'enfant. Maureen O'Hara qui appréciait Charles Laughton, racontera de son côté, que c'était faux et que l'infertilité du couple venait de deux avortements mal réalisés d'Elsa Lanchester. Quoiqu'il en soit et pour en revenir au film, on peut dire que ce deuxième épisode, surpasse quasiment le premier, par son insondable noirceur et les échecs successifs du monstre à nouer des relations avec des êtres humains. Ainsi, même le vieillard aveugle rencontré dans la cabane, qui devient son ami, ne peut empêcher des chasseurs de venir pourchasser le monstre jusque dans sa maison. Le malheur et la mort semblent poursuivre la destinée du monstre et surtout de ceux qui le rencontrent. Même sa compagne ne peut rien ou ne veut rien faire pour lui. Et Valerie Hobson, arrive à angoisser le spectateur par son évocation d'une mort qui rode. L'enfer c'est les autres disait Sartre, et il est vrai que c'est un peu le concept de ce film. Par conséquent la décision du monstre est de retourner à sa tombe. On notera enfin, au crédit du film, le recrutement de Franz Waxman à la musique, qui nous donne une musique symphonique aux accents baroques très étonnants, mais qui soutient bien l'action et sait créer un climat d'angoisse vis à vis d'un monstre dont ni les spectateurs ni les protagonistes ne pourront échapper. Comme devant le premier épisode, on reste aujourd'hui toujours autant fasciné par ce cinéma d'épouvante, créateur d'un mythe cinématographique.

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Ci-dessus : Boris Karloff

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Ci-dessus : Elsa Lanchester & Boris Karloff

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Ci-dessus : Elsa Lanchester & Colin Clive

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Ci-dessus : Colin Clive, Elsa Lanchester & Ernest Thesiger 

 

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Ci-dessus : Elsa Lanchester

Extrait de la musique de Franz Waxman :

 Disponible en Bluray dans le coffret "épouvante" / Monsters édité par l'Universal

Note : 7,5 / 10

06/11/2015

Frankenstein - 1931

On a à peu près tout dit, sur le "Frankenstein" (1931) de James Whale. On sait que le film est tiré d'un roman de Mary Wollstonecraft Shelley, femme du célèbre poète anglais Percy Shelley. L'histoire est simple et peut se résumer, dans la volonté d'un savant de créer un homme de toute pièce et de devenir ainsi Dieu à la place de Dieu, dans une espèce de résurgence du mythe de Prométhée. Certaines critiques ont vu dans l'oeuvre cinématographique de Whale, une moquerie ou une critique de Dieu. Je crois qu'il n'en est rien. Le roman en lui même semble être un terrible réquisitoire, rempli d'une terrible malédiction, contre ceux qui voudraient imiter la divine nature. Qu'en est il exactement, du film de Whale lui même ? "Frankenstein" dans sa version de 1931, doit tout d'abord être replacé dans son contexte. Le film se passe en Allemagne, précisément dans un petit village d'Allemagne, nommé Frankenstein, même si le film ne dit rien de ce nom, au moins dans ces deux premiers films. On sait également que la famille Frankenstein est encore une illustre famille, mais que le film se déroulant, le mur de respectabilité semble se fissurer inexorablement. En 1931, année de création du film, le nazisme parcourt la société allemande et déjà en cette même année, en Allemagne Fritz Lang, explique la montée sociale du nazisme, dans son film "M le maudit". Et là aussi, le sujet représente les habitants d'une ville allemande, jetés dans la terreur et l'hystérie par un meurtrier d'enfant. Dans "Frankenstein" de Whale, l'action se déroule dans un petit village, dans "M le maudit" de Lang, il s'agit d'une grande ville, mais l'analogie est bien présente. Les ressemblances entre les deux oeuvres, ne s'arrêtent pas là, car l'une et l'autre sont parcourues par un style cinématographique, que l'on pourrait qualifier d'expressionnisme allemand, ou de style à la Murnau, du nom du célèbre réalisateur allemand Friedrich Wilhelm Murnau, resté célèbre pour ses clairs obscurs et ses ombres portées. La montée du nazisme allait d'ailleurs accélérer la venue de réalisateurs adeptes de son style, Lang en sera d'ailleurs, l'un de ses meilleurs représentants, aux USA.

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La signification du "Frankenstein" de Whale pose donc encore aujourd'hui question. Le monstre Frankenstein, n'est il pas cet homme nouveau, que les nazis voulaient créer de toute pièce ? Le monstre n'est il pas cet être asocial, créé par l'esprit fou d'un homme seul ? La réponse a la menace reste la même, que ce soit, chez Lang ou chez Whale. La société, se défend, et se regroupe contre l'assassin, afin de le punir. Si la police, et l'état sont dépassés, la foule, à travers une vindicte populaire, prend alors la suite. Pour ma part, je ne crois pas que ce soit une coïncidence que l'action du film se déroule en Allemagne. Je crois qu'il y a là un choix des scénaristes et de la production, de montrer ce que l'Homme nouveau peut donner. La différence avec Lang est qu'ici, le monstre est créé de toute pièce par un homme. Dans "M le maudit", l'assassin est quand même un être de chair et de sang, issu de la société allemande de l'époque. Mais "M le maudit" et "Frankenstein, nous montre l'un et l'autre, une société allemande pré-nazie, ébranlée par des crimes odieux perpétrés par des tueurs d'enfants. On pourrait s'arrêter là, et considérer ces oeuvres, comme faisant partie de l'histoire du cinéma. Il n'en reste pas moins que ce "Frankenstein" interroge toujours notre conscience, comme il devrait interroger, celles des amateurs d'Homme nouveau, nazis, ou socialistes français, dans leur folie à créer un être, qui devrait être aujourd'hui selon les nouvelles normes en vigueur, un consommateur asexué, inculte, et apatride. Les irresponsables d'hier et d'aujourd'hui devraient se souvenir, qu'à vouloir changer l'Homme ou la société, on crée le plus souvent des monstres asociaux, annonciateur de tragédies futures et de catastrophes mondiales. Le "Frankenstein" de Whale est là pour le rappeler. Quoiqu'il en soit, si "Frankenstein" n'effraye plus autant aujourd'hui, il continue de fasciner et d'être pour le public le centre d'interrogations et de débats.

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Ci-dessus : Colin Clive & Dwight Frye

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Ci-dessus : Colin Clive & Dwight Frye

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Ci-dessus : Colin Clive & Dwight Frye

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Ci-dessus : Boris Karloff & Marylin Harris

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Ci-dessus : Boris Karloff & Mae Clarke

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Ci-dessus : Colin Clive & Boris Karloff

Film disponible en Bluray chez Universal dans le coffret "Monsters"

Note : 7,5 / 10

14/11/2014

Divergente - 2014

Parfois, la déception sur certains films, vient de l'attente que l'on en a eu. Et c'est bien le cas, pour "divergente", qui promettait beaucoup. En effet, une adaptation d'un "best-seller", un casting alléchant avec Kate Winslet, James Franco, et la jeune Shailene Woodley auquel on ajoutait la musique de Hanz Zimmer, semblaient êtreun gage de succès. Pourtant au final on sort globalement un peu déçu de ce sous "Hunger Games". Ainsi, la partie sur l'initiation des nouveaux Audacieux, est longue, très longue, trop longue. Au final, le coup d'état final, semble plus ou moins poussif et le film prend rarement de l'ampleur. Pourtant le thème du choix de sa vie, et de la nature de l'être humain, étaient des thèmes prometteurs. Mais, les scénaristes et le réalisateur se refusent à donner au film une hauteur suffisante. Ainsi, le niveau intellectuel de l'ensemble ne monte jamais plus haut que les doutes et les hésitations d'un lycéen ou d'un collégien devant son avenir. Et c'est surtout cela qui décrédibilise le film. Il y avait matière à explorer l'âme de l'Homme et sa nature. Au final, on a l'impression d'explorer, les ouvrages de la mission d'orientation d'un collège. Mais tout n'est pas négatif, dans "Divergente", il y  a de l'action et quelques bons moments. Mais franchement 2H20 c'est juste vraiment trop long pour un film destiné à un public adolescent ... On a envie de dire : "tout ça, pour ça ?" Si un deuxième Opus, devait sortir, il faudra vraiment penser à changer de réalisateur et de scénaristes.

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Ci-dessus : Shailene Woodley

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Ci-dessus : Shailene Woodley & James Franco

 

La bande-annonce :

 Disponible en DVD & Bluray en VO et en VF

Note : 6,5 / 10

01/11/2014

Maléfique / Maleficent - 2014

"Maléfique" est la première réalisation de Brad Stromberg avec Angelina Jolie, Elle Fanning (Aurore), Sharlto Copley (le Roi Stéphane) et Sam Riley (messire Corbeau). Et c'est pour le moins une réussite. Mais ce dernier avait la chance de pouvoir s'appuyer sur le dessins animés de Walt Disney, "la princesse au bois dormant" (1959), et sur un superbe scénario de Paul Dini et Linda Woolverton. En effet, ces deux scénaristes, ont fait un travail fabulueux sur "Maléfique", et introduise le film par une phrase qui le résume assez bien : "Nous allons vous raconter une histoire que vous croyez connaître". Et en effet, le scénario de Paul Dini et Linda Woolverton nous racontre l'histoire d'une fée, nommée Maléfique depuis son enfance, et il nous permet ainsi de comprendre la haine qu'elle entretient envers le roi et sa descendance. Conte moral sur l'amitié, l'amour, le bien et le mal, "Maléfique" est aussi une formidable réussite formelle, qui magnifie le conte original de  Charles Perrault, publié en 1697, et finalement nos légendes européennes, et pour partie wagnériennes. Ainsi, il est assez difficile de ne pas remarquer, que la première partie du film, nous montre une Maléfique assez ressemblante à l'idée que l'on se fait d'une Walkyrie. On se demande d'ailleurs pendant cette première partie, si cette fée guerrière ne devrait pas s'appeler Walkyrie, plutôt que Maléfique.

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Puis après cette première partie, assez différente de l'histoire, originale, le film reprend son cours normal, et nous donne la scène du chateau, où Maléfique jette son sort. Et là, on sent le travail immense qui a été fait par le réalisateur, qui a travaillé, encore et encore cette scène qu'il voulait parfaite et copie conforme de l'original de 1959.  Les acteurs sont parfaits avec en tête Angelina Jolie, qui a sans aucun doute décroché ici son plus grand rôle, son rôle le plus profond. Elle irradie le film de sa présence du début à la fin. Elle Fanning, de son côté joue parfaitement les ingénues. Sharlto Copley est quant à lui, extraordinaire en roi tourmenté. "Maléfique" est donc réussite formelle, scénaristique, parfaitement jouée, aidée par la superbe musique de James Newton Howard, et par des effets spéciaux, peut être un peu trop nombreux. Mais sans aucun doute, il convient aux petits comme aux grands spectateurs et redonne ses lettres de noblesse au grand spectacle familial fantastique et aux plus belles légendes européennes. Mais peut être sa plus grande force est d'avoir fait évoluer la psychologie des personnages tout au long de l'histoire, et d'avoir oser sortir le conte des sentiers battus. Une très grande réussite, qui se termine sur l'énigmatique mais superbe, "once upon a dream" de Lana Del Rey.

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Ci-dessus : Angelina Jolie

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Ci-dessus : Elle Fanning

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Ci-dessus : Sharlto Copley

 

La bande-annonce :

 

Once Upon a dream (par Lana Del Rey) :

 

La musique par James Newton Howard :

Disponible en DVD & Bluray Zone 2 en VF et VO sous-titrée

Note : 8,5 / 10

12/05/2014

Obsessions / Flesh and Fantasy - 1943

"Obsessions" ou en anglais "Flesh and Fantasy" est un film tourné aux USA par Julien Duvivier en 1943. Le film évoque le fantastique, et le rêve dans sa 3ème partie. En effet, le film est divisé en 3 histoires distinctes les unes des autres. Seule la deuxième histoire est reliée à la troisième et dernière histoire. Quatre histoires ont été écrites. Mais cette quatrième et dernière histoire ne sera pas ajoutée au montage et n'apparaîtra qu'en 1944 dans "Destiny", film de Reginald Leborg. Le casting est prestigieux et comprend outre Edward G. Robinson, Charles Boyer, Barbara Stanwyck, Betty Field, mais aussi Robert Cummings  et Thomas Mitchell.

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Après une petite introduction qui fait commencer le film par la discussion de deux gentlemen dans un club, le film déroule sa première histoire. Il faut bien dire que cette introduction est inutile et ralentit le film encore plus qu'un carton d'explications. Elle n'apporte d'ailleurs rien aux histoires qui suivront. Sans vouloir, tout vous raconter la première histoire porte sur l'obession d'une femme laide (Betty Field) qui veut tout faire le jour du carnaval pour goûter à l'amour. Elle choisit donc un masque, sort s'amuser et rencontre un beau jeune homme (Robert Cummings). Duvivier, explore dans cette histoire le rôle de l'âme humaine dans ce qu'elle fait pour nous représenter, au delà de notre apparence physique. Les plans rapides sont nombreux, la fête est bien représentée et Duvivier joue avec le mystère de lumières, inondant des abîmes de noirceurs.

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La peur de l'autre, mais aussi l'attirance vers l'autre est bien représentée. Et jusqu'au bout on ne sait si l'un et l'autre arriveront à totalement se comprendre, jusqu'à la libération finale qui advient comme une incroyable et improbable évidence fantastique.

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Ci-dessus : Robert Cummings et Betty Field

La deuxième histoire fait entrer en scène Edward G. Robinson et Thomas Mitchell. Thomas Mitchell vous vous souvenez sûrement de lui. C'était le père dans "Autant en Emporte le vent". Edward G Robinson (important avocat) se fait donc lire son avenir par Thomas Mitchell (incroyable médium).Malheureusement la révélation ne sera pas celle attendue. Duvivier fera là tout son possible pour faire jouer la caméra et représenter le double maléfique de Robinson, comme par exemple dans l'image ci-dessous ou dans des improbables jeu de glace. On retrouve aussi des seconds rôles attachant dans cette partie avec par exemple C. Aubrey Smith en pasteur.

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Ci-dessus : Edward G. Robinson

Enfin la troisième histoire, mettra en scène Charles Boyer et Barbara Stanwyck. Le rêve rentrera là alors à plein. En effet, un acrobate rêvera qu'il tombe devant les yeux de la femme qu'il aime. Le film explore alors l'influence du rêve sur la vie de l'homme. Le destin de Rome aurait il été le même si César avait écouté les conseils de sa femme qui avait rêvé la veille de son assassinat ? Nul ne peut le dire. Pour en revenir à "obsessions" on est donc devant un formidable film à tiroirs, au croisement de plusieurs genres (film noir, film fantastique, mélodrame) mais qui bénéficie malheureusement d'une médiocre introduction. Tout le reste est par contre admirable. Duvivier montre là tout son talent, et déroule de fantastiques idées de mise en scène qui font de ce film, un indémodable classique du film fantastique où le rêve et la conscience ont toute leur place. C'est à dire la première.

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Ci-dessus : Barbara Stanwyck

 

NOTE : 8 / 10