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04/02/2017

Magic in the Moonlight - 2014

En ce début d'années, j'ai rattrapé mon retard et j'ai commencé à regarder quelques films de Woody Allen. J'avais déjà vu "Scoop" (2006) et "Café Society" (2016), et là j'ai vu coup sur coup quelques autres oeuvres de ce prodigieux et prolifique cinéaste. Ainsi, j'ai récemment visionné "coups de feux sur Broadway" (1994), mais aussi "escrocs mais pas trop" (2000), "l'homme irrationnel"(2015) et donc "Magic in the Moonlight (2014). Et à la vision de ce dernier film, mon opinion est faite, oui Woody Allen est bien un génie du cinéma. Ses scénarios sont toujours intéressants, les dialogues sont parfaits, et si parfois il manque un grain de folie dans ses films, ils sont toujours magnifiquement filmés et photographiés. "Magic in the Moonlight"ne déroge pas à la règle et la photographie de Darius Khondji est de toute beauté. Ce dernier a d'ailleurs était le photographe de plusieurs autres films de Woody Allen.  d'autres obsessions de Woody Allen sont aussi mises en avant.

 

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Ainsi, son amour du jazz et de la musique classique transperce de la première à la dernière image, et fait de la bande originale une compilation improbable et décalée avec notre temps, mais tellement dans l'esprit de ses films et de son auteur. "Magic in the Moonlight" reprend aussi les thèmes traditionnels de son auteur : la vie, la mort, Dieu, et lui même. Mais ces thèmes sont toujours évoqués de manière légère sans jamais ennuyer le public. J'ai dit que c'était magnifiquement filmé et photographié, mais c'est aussi joué parfaitement par un Colin Firth et une Emma Stone apparemment très inspiré. On peut dire que le couple irradie littéralement l''écran. En résumé, ce spectacle a tout pour plaire et on ne pourrait lui reprocher peut être comme un peu dans tous les films de Woody Allen qu'il m'ait été donné de voir, un manque de folie, qui le rendrait extraordinaire. Néanmoins, Woody Allen reste un incomparable génie, par rapport à la médiocrité artistique et scénaristique générale du cinéma hollywoodien actuel. Il est donc très important de défendre son cinéma, un autre cinéma fait d'ombre et de lumière, mais aussi de poésie et de grâce. Ses racines sont sans aucun doute à chercher dans l'oeuvre d'Ingmar Bergman.

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Ci-dessus : Emma Stone & Colin Firth

Disponible en DVD & Bluray sur Amazon en VF & VO sous-titrée (on regrettera la présence d'aucun bonus sur l'édition française).


Note : 7,5 / 10

29/10/2016

Café Society - 2016

Je n'aurai pas la prétention de juger toute l'oeuvre de Woody Allen ou de replacer "Café Society" dans l'ensemble de sa filmographie. Malgré tout, je crois que tout spectateur peut se faire son propre avis sur le film. Tout d'abord de quoi s'agit il ? Le film se situe dans les années 30, et évoque l'arrivée à Hollywood du neveu d'un grand agent de stars, qui va rapidement déchanter de l'ambiance hollywoodienne tout en tombant amoureux de la secrétaire de son patron. Le film avait tout faire pour rêver,  avec tout d'abord une bonne douzaine de personnages représentés par un bon casting dans lequel on peut citer Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Steve Carell, Blake Lively, Parker Posey, Anna Camp, ou encore Corey Stoll. C'est superbement filmé et photographié. On peut également noter que la bande sonore est la grande star du film, reprenant quelques mélodies de Rodgers & Hart et la musique des années 30 & 40. Malgré tout ça, et ses différentes intrigues, Allen semble se perdre lui même dans sa narration, et la forme parfaite de son film finit par petit à petit à faire sombrer le fond. Car rien ne semble avoir réellement d'importance. Pire rien ne semble vraiment atteindre les personnages. Les différents évènements semblent glisser sur les personnages, comme sur le scénario. Je peux être un grand adepte de "l'underplaying", mais il y a des limites. Pourtant, il y avait vraiment matière à faire quelque chose de très grand. Or ici ce n'est pas le cas. Enfin, on ne peut se référer à Fred Astaire, Ginger Rogers, et Rodgers & Hart, sans avoir un souci du détail et de l'époque de tout les instants. Il est tout de même difficile de faire revivre les mythes. Et Allen, malgré la forme parfaite de son film, semble parfois se résoudre à tomber malheureusement dans une déconcertante facilité scénaristique. Malgré tout, "Café Society" reste un film très plaisant, bien filmé, bien photographié, possédant des personnages intéressants, et avec une superbe bande originale d'époque. On aurait aimé que ce soit un chef-d'oeuvre et que les sentiments soient un peu plus présents. Ce n'est malheureusement pas le cas. Et on sort de la séance heureux, mais en se disant "So What ?" "Et alors quoi ?"

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Bande-annonce :

 

Note : 7 / 10

25/06/2016

Sabrina - 1954

"Sabrina" reste comme sans aucun doute un des plus beaux films d'Audrey Hepburn, si ce n'est le plus beau. En effet, il est un hymne intégral à la beauté de l'actrice, mais aussi à Paris et à la culture française, aujourd'hui en passe de disparaître. Le réalisateur, Billy Wilder, baigne le film dans une atmosphère permanente de glamour, de chic, et de sophistication, lien entre l'Amérique des années 50 et la France de cette époque. Paris y est mentionné à de nombreuses reprises comme la ville de l'amour, faisant de la capitale française la destination privilégiée des touristes américains amoureux. Aujourd'hui, la ville ayant tellement changée, sous les coups répétés de l'immigration et de la mondialisation, il est rare de trouver encore des quartiers ayant gardés leur âme si typiquement française. Le film en devient alors aujourd'hui un énorme cliché à lui tout seul, sur Paris, sur le businessman (Humphrey Bogart) trop occupé par son travail pour s'occuper de sa vie amoureuse, mais régentant celle de son frère (William Holden) trop inactif pour trouver du temps pour travailler. Pourtant comme dans Casablanca, le charme opère et cette succession de clichés, font de Sabrina un chef-d'oeuvre absolu et intemporel du cinéma. "Sabrina" avec son histoire en forme de conte pour enfants, berce le spectateur, et lui rappelle un temps où Paris était encore Paris, une ville où il faisait bon vivre. Cet esprit de chic français est rendu dans le film d'abord, par les toilettes et robes portées par Audrey Hepburn, qui sont celles de Givenchy, mais aussi par la chanson d'Edith Piaf, "la vie en rose" qui parcourt le film, avec en plus le tube "isn't it Romantic ?" de Rodgers & Harts. Hommage à la perfection de la mode et au bon goût français, "Sabrina" reste une immortelle fable sur l'amour et sur un Paris rêvé, magnifique et glamour, à l'esprit malheureusement à jamais disparu, définitivement assassiné un 13 novembre au nom de la tolérance. On notera que "Sabrina" fera d'Audrey Hepburn, l'égérie de Givenchy pendant de très nombreuses années.

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Ci-dessus : Audrey Hepburn & William Holden

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Ci-dessus : Humphrey Bogart & Audrey Hepburn

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Ci-dessus : Audrey Hepburn & William Holden

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Extrait :

 Disponible en DVD & Bluray en VF et VO sous-titrée sur Amazon, etc

Note : 9 / 10

11/11/2015

La main gauche du Seigneur / The left hand of God - 1955

"La main gauche du Seigneur" est sorti chez Rimini Editions, et c'est très bien. Tout d'abord, parce que Rimini fait généralement du très bon travail, et nous sort ici, un master quasiment parfait, presque immaculé d'un film totalement inédit en Bluray et en DVD en France. Enfin, le film d'Edward Dmytryk, si il n'est pas le meilleur de Bogart est plutôt bon. De plus, on retrouve au casting, la belle Gene Tierney, qui a pris quand même, il est vrai,  plus de 10 ans de plus par rapport au "Laura" (1944) d'Otto Preminger . Enfin, on sait aujourd'hui, que l'échec du mariage de Gene Tierney avec Oleg Cassini, la naissance d'une fille Daria attardée, et devenue aveugle vont d'année en année, dégrader la santé mentale de l'artiste, qui devra se faire interner, et subir de nombreux électrochocs. "La main gauche du Seigneur" reste donc le dernier film de Gene Tierney avant sa longue traversée du désert qui l'entrainera à un retour en 1962 au cinéma, dans "Tempête à Washington", grâce encore une fois à Otto Preminger. Malheureusement, les belles années du cinéma américain et sa beauté, seront passées, et Gene Tierney ne tournera plus que 3 films et finira sa carrière cinématographique en 1964. Bogart a quant à lui 55 ans, il a une longue carrière derrière lui, commencée en 1930. Et malgré son âge, il reste un monstre du cinéma et donne encore ici une très belle interprétation, procurant une vie et une âme à son rôle. Seul, le personnage joué par Lee J. Cobb, laisse sceptique. En effet, l'acteur joue ici un seigneur de guerre chinois, et on y croit assez peu. On sait qu'il y avait une manie pas toujours très heureuse d'Hollywood de faire jouer des personnages asiatiques, par des blancs et ce n'était pas toujours très heureux. Ici, Lee J Cobb, s'en tire plutôt bien, vu que le scénario ne lui laisse pas grand chose pour développer autre chose que le côté sombre de son personnage. Mais il faut bien avouer qu'il n'est pas toujours très crédible. En dehors d'Agnes Moorehead, que l'on se rappelle d'avoir déjà vu avec Bogart dans "les passagers de la nuit" (1947), et d'E G Marshall qui donnent du corps au film, l'autre star du film c'est aussi la musique de Victor Young, qui nous offre un beau thème principal, qui a laissé une trace dans ma mémoire cinéphilique. Au vu de la qualité de l'oeuvre, du master et des bonus, la seule chose que l'on peut regretter, c'est bien le faible nombre de sorties de Rimini Editions, en cinéma classique, en particulier dans les classiques américains. Nul doute que cet éditeur pourrait sortir de son relatif anonymat, si il se donnait les moyens d'une vraie politique commerciale autour du film classique. Elephant Films & Sidonis y sont arrivés, alors pourquoi ne pas prévoir rapidement d'autres sorties ?

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Ci-dessus : Gene Tierney & Humphrey Bogart

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Ci-dessus : Agnes Moorehead & Humphrey Bogart

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Ci-dessus : Edward Dmytryk & Bogart

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Ci-dessus : Gene Tierney & (Edward Dmytryk ?)

 

Extrait de la musique de Victor Young :

Film disponible en Bluray & DVD chez Rimini Editions en VF et VO sous-titrée

 

Note : 7 / 10

03/10/2015

L'homme tranquille / The quiet man - 1952

A Hollywood, comme souvent dans le monde des affaires, c'est ce que vous venez juste de faire, qui compte. Il en va ainsi pour "l'homme tranquille" de John Ford, qui peina à trouver un studio pour le financer. En 1936, John Ford avait pourtant acquis les droits de la nouvelle de Maurice Walsh. Et chaque année, il pensait bien pouvoir trouver un studio pour enfin tourner ce film. Ford d'origine irlandaise, voulait absolument faire ce film intimiste, et disait : "C’est ma première tentative d’histoire d’amour. Je voulais tourner une histoire d’amour entre adultes." Malheureusement, après avoir fait le tour des studios,  la Metro-Goldwyn-Mayer, la 20th Century Fox ou la RKO, il se vit refuser cette histoire que les producteurs qualifiaient "d’idiotie irlandaise romantique et sans intérêt commercial". La RKO se laisse malgré tout tenter, mais à condition que Ford réalise deux films pour leur studio. Ainsi, en 1947, réalise pour la RKO, "Dieu est mort" (1947), qui est un terrible échec commercial pour le studio. La RKO ne souhaite donc pas que Ford tourne un deuxième film, et ne veut plus entendre parler de "l'homme tranquille". Finalement,  Maureen O'Hara se désespère, et racontera plus tard : "« Chaque année, nous nous réservions l’été libre et chaque année il n’y avait toujours pas l’argent et nous ne pouvions pas faire le film. Le scénario avait été proposé à la Fox, à la RKO et à la Warner Bros, et tous les studios trouvaient qu’il ne s’agissait que d’une idiote et stupide petite histoire irlandaise. « Cela ne fera pas un sou, cela ne peut être réussi », disaient-ils. Et les années passaient… John Wayne et moi sommes allés au studio et avons dit : "M. Ford, si vous ne vous dépêchez pas, c’est moi qui jouerai le rôle de la veuve et Duke celui du personnage de Victor McLaglen parce qu’il sera trop vieux ! " Finalement, c'est John Wayne qui devait débloquer la situation, avec le studio sous lequel il était sous contrat : Republic Pictures. Le studio s'entend avec Ford, pour que ce dernier réalise un western, et après Republic Pictures, financera, "l'homme tranquille". Et il en fut ainsi. Ford tourna en 32 jours, "Rio Grande", très beau western avec Maureen O'Hara & John Wayne, et qui devait être un succès commercial immédiat, et permettre de donner à "l'homme tranquille", une existence.

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"L'homme tranquille", c'est le retour de Ford à la couleur. Et il se plaît à filmer cette Irlande, verte et humide. La photographie de Winton C. Hoch est souvent superbe. Et on ne peut regarder ce film sans se dire que Ford se voit en John Wayne et qu'il est réellement, très amoureux de la jeune Maureen O'Hara. Le film est une chronique simple de la vie irlandaise, et d'une Irlande de carte postale. Mais il n'en reste pas moins un hommage à la simplicité d'un temps, qui ne connaissait, ni internet, ni les réseaux sociaux, ni le train à grande vitesse, mais qui pourtant vivait sa vie simple entre whisky, bière, amour et bagarres. Aujourd'hui découvrir, "l'homme tranquille" est un parcours du combattant. L'édition zone 2 DVD, est en dessous de tous les standards de notre époque en terme de qualité d'image. Et une projection du film en grand écran, se résume souvent à deviner ce que pouvait bien être le film au moment de sa sortie. Et malheureusement, aucun éditeur ne semble vouloir sortir le film en rachetant les droits de ce chef-d'oeuvre de Ford. En France, Ford finit trop souvent dans les derniers bacs de soldes, si ce n'est comme avec la présente édition DVD zone 2 vieille de 15 ans, à la poubelle. Et c'est bien dommage pour un film, aux récompenses multiples : Oscar du meilleur réalisateur et Oscar de la meilleure photographie, grand prix du film international de Venise. Une édition Bluray française, n'est pas seulement nécessaire, elle est indispensable, au regard de la qualité de l'oeuvre et de sa place dans l'histoire du cinéma. Ne doit on donner au public français avide de haute définition que des films d'horreur de 3ème zone ? Pour ma part, fâché, contre la politique commerciale de nos chers éditeurs, j'ai décidé de restreindre au maximum, mes achats de films pour le mois d'octobre. 

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Ci-dessus : John Wayne & Maureen O'Hara

 

Extrait de la musique de "The quiet man" :

Film disponible en DVD à un prix prohibitif sur Amazon France, avec une qualité d'image très mauvaise.

 

Note du film : 8,5 / 10

Note de l'édition du DVD français : 2 / 10

06/09/2015

La valse des pantins / The King of Comedy - 1983

"La valse des pantins" est le cinquième des huit films qui réuniront le duo Martin Scorsese / Robert De Niro. Le film a un ton très particulier, parce que ce n'est pas vraiment une comédie, et ce n'est pas vraiment un drame. C'est par contre assurément une histoire intéressante, qui nous raconte, l'ascension d'un raté du showbiz, Rupert Pupkin (Robert De Niro). Celui-ci attend tous les soirs, le présentateur d'un célèbre show télévisé (Jerry Lewis), et rêve de le rencontrer et de lui adresser la parole. Et un soir, l'impossible lui arrive. Sur ce scénario Scorsese s'amuse à nous montrer Rupert Pupkin entrainer son entourage, dans son obsession presque folle. On sourit beaucoup devant Rupert qui agace et fatigue tous les membres de son entourage par son impossible optimisme et son égocentrisme exacerbé. Mais l'homme fait aussi pitié, sans situation, obsédé par l'animateur et son show, il ne cherche pas d'autre travail et vit toujours fauché chez sa mère. La médiocrité du personnage prête à sourire, autant qu'elle interpelle. Et finalement, on se sent proche de Rupert qui cherche à tout prix la notoriété, le succès et l'argent. On le voit attendre de longues minutes, un improbable entretien avec son idole, une place, un travail avec celui qu'il vénère. Malgré le ton décalé, on arrive à s'attacher à Rupert et à sa médiocrité. Car il n'est pas sans talent, il n'en a tout simplement pas assez. Le film est une critique de la société américaine des médias et aussi une ode aux médiocres et aux moyens, obsédés par une idée. Il fait parfois penser à "Network" (1976) de Sidney Lumet avec William Holden et Faye Dunaway, mais s'éloigne de la fin tragique de ce dernier.  Le trait de génie de Scorsese, est aussi de nous donner des scènes où Rupert se voit discutant de sa carrière avec son idole. C'est très drôle, parce qu'on se doute après un moment que ce n'est pas possible. Bref ! J'arrête là pour ne pas vous révéler trop la trame du film. Vous l'avez compris, "La valse des pantins" est un film pas comme les autres, mais qui vous fera sourire et sans nulle doute, vous interroger.

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Ci-dessus : Robert De Niro et à droite Jerry Lewis

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Ci-dessus : Robert De Niro

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 Ci-dessus : Robert De Niro & Diahnne Abbott

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Ci-dessus : Jerry Lewis & Robert De Niro

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Ci-dessus : Sandra Bernhard

Disponible en DVD & Bluray Zone 2 en VF et VO sous-titrée

 

Note : 7,5 / 10

23/08/2015

Milliardaire malgré lui / It Could Happen To You - 1994

Il y a dans la masse de films que l'on regarde, quelques films touchants, auquel on a du mal à croire. C'est ainsi avec "Milliardaire malgré lui", qui nous raconte une histoire tellement belle comme un conte de fée, mais qui est pourtant vrai. Le film repose sur ce scénario à la Capra qui nous montre un policier qui joue au loto chaque semaine, peu heureux dans son mariage. Je ne vais pas vous raconter le scénario, car il est magnifique et ne pas gâcher votre plaisir. Mais dites vous bien, que le scénario est tiré d'une histoire vraie, comme  la vraie vie en produit de temps en temps, et qui nous permet de croire en l'Homme, malgré toutes les horreurs que l'on peut voir tous les jours au journal télévisé. Le film a aussi un bon casting, avec un trio d'acteurs : Nicolas Cage, Bridget Fonda et Rosie Perez. Nicolas Cage est particulièrement inspiré et trouve parfois des accents de James Stewart, dans son jeu. On reste surpris de voir, que le réalisateur Andrew Bergman n'a plus rien tourné depuis 2000, alors que ce film est tout à son honneur, correctement écrit et filmé. Je finirai cette note, pour donner un très bon à la musique de Carter Burwell, qui donne un ton merveilleux, et inattendu à cette histoire. Voilà, je ne veux pas trop en dire plus sur "Milliardaire malgré lui", car c'est un film qu'il faut découvrir. Et si vous le trouvez trop convenu, dites vous bien que tout ceci est vrai ! C'est un film qui ira chercher en vous, ce qu'il y a de meilleur : Votre âme d'enfant. Il y a des films distrayants qui font beaucoup pour rendre un individu meilleur, "milliardaire malgré lui" est de cela. Dans une époque comme la notre attirée par le nihilisme et la violence, "milliardaire malgré lui", sonne comme un conte de fée romantique. Et à la fin de la séance, on a envie de se lever d'applaudir, et de crier : Encore !

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Ci-dessus : Nicolas Cage

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Ci-dessus : Bridget Fonda & Nicolas Cage

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Ci-dessus : Bridget Fonda

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Ci-dessus : Nicolas Cage

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Ci-dessus : Rosie Perez, Nicolas Cage & Bridget Fonda

 

Extrait de la musique de Carter Burwell :

Disponible en DVD & Bluray en VF & VO sous-titrée

Note : 8 / 10

13/07/2015

Les voyages de Sullivan / Sullivan's Travels - 1941

On ne peut parler des "voyages de Sullivan" sans parler de l'époque où il a été tourné. En effet, en 1941, l'Allemagne nazie est vainqueur sur tous les fronts. Et le cinéma hollywoodien produit un cinéma souvent marqué par la propagande, voir par des idées socialistes ou communistes. On reste ainsi, assez marqué par le début du film, qui nous montre un réalisateur (Joel McCrea), expliquant que son film dans le film, est une lutte entre la misère et le Capital. Ensuite, ce même réalisateur, souhaite alors prendre l'apparence d'un pauvre et vivre parmi les pauvres, pour mieux en décrire au public la misère dans ses futures créations. On ne sait pas bien où le scénario va nous mener. Et pendant la première heure, le film navigue entre le rire et les larmes, dans une errance et des gags quelque peu factices. On ne sait pas bien où tout cela va nous mener, sinon comme l'autocar des suiveurs, dans un fossé. On retient tout de même, cet hommage muet pendant de longues minutes, qui est à n'en pas douter un hommage à Chaplin. Et puis après la première heure, le film prend un ton sérieux, et dramatique et semble réellement prendre son envol. Et les conséquences de cette négation de ce qu'il est, amène le personnage de Joel McCrea, dans un bouleversement de tout son personnage, qui ne peut revenir à son état initial, que par une révélation au monde, de ce qu'il a fait. Le retournement final est donc assez bien trouvé. Le film, s'appuie sur une réalisation sérieuse, une photographie soignée, et le bon duo personnifié par Veronika Lake et Joel McCrea. Il n'en reste, pas moins, que John Sturges, ne semble jamais trouver le ton juste, en particulier dans cette première heure, assez déroutante. Tout cela donne l'effet d'un film assez déséquilibré au niveau de sa narration, mais dont on doit retenir les vraies qualités cinématographiques. L'aveu final, sonne comme une déclaration de John Sturges lui même, qui semble dire : "Jamais on ne m'y reprendra, à réaliser des scènes dramatiques". On veut bien le croire.

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Ci-dessus : Joel McCrea & Veronika Lake

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Ci-dessus : Veronika Lake

 

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Ci-dessus : Veronika Lake & Joel McCrea

Disponible en DVD sous-titrée en français.

Note : 6,5 / 10

19/04/2015

Le Grand National / National Velvet - 1944

"Le Grand National" est un film en Technicolor de Clarence Brown. Il semble avoir été destiné à un très jeune public. En effet, cette histoire de petite fille amoureuse de son cheval et qui veut le faire courir dans la plus prestigieuse course d'Angleterre, "le Grand National", semble pour le moins peu crédible. En effet, tout cela, se déroule dans une ambiance "petite maison dans la prairie" quasiment permanente. Les parents sont toujours bienveillants. Ils ne sont jamais coléreux, fatigués, impatients et ne semblent rien désirer pour eux mêmes, sinon le bonheur de leurs enfants. Ce monde parfait, ainsi représenté, ne peut que destiner le film aux spectateurs les plus jeunes. Pour le critique de cinéma adulte, malgré un beau Technicolor, et l'intérêt de voir Elizabeth Taylor enfant, Angela Lansbury adolescente, et Mickey Rooney jeune homme, on s'ennuie. Quelques scènes sortent le spectateur de sa torpeur. Ainsi, les scènes de dialogues entre le père (joué par l'admirable Donald Crisp) et sa femme (Anne Revere) sont souvent très bonnes. Enfin, c'est souvent très impressionnant de voir la jeune Elizabeth Taylor sur un cheval au galop. Et la course finale, où elle était très sûrement doublée, redonne un bel intérêt au film. Mais si on ajoute une fin trop longue, c'est malgré tout, finalement assez peu pour satisfaire un public autre que celui des très jeunes enfants. Surtout, qu'il faut ajouter que la réalisation de Brown, semble se satisfaire assez mal de l'exigence de la couleur, et laisse voir beaucoup de décors peu réalistes. Cette réalisation se serait sans doute satisfaite d'une image en noir & blanc, mais en couleur, l'effet théâtrale qu'accentue le tournage en studio, est relativement désastreux.

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Ci-dessus : Elizabeth Taylor & Mickey Rooney

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Ci-dessus : Elizabeth Taylor & Mickey Rooney

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Ci-dessus : Elizabeth Taylor

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Ci-dessus : Elizabeth Taylor & Mickey Rooney

Disponible en DVD zone 2 en VF et VO sous-titrée

Note : 5 / 10

28/03/2015

L'équipée sauvage / The wild one - 1953

"L'équipée sauvage" produit par Columbia Pictures, et tourné en noir & blanc, par László Benedek, est encore aujourd'hui terriblement provocateur. En effet, malgré la surenchère de violence et de sexe que nous propose très souvent le cinéma d'aujourd'hui, "l'équipée sauvage" reste encore un film violent, érotique, malsain à la résonance très moderne. Le scénario nous montre deux bandes de motards, qui envahissent une petite ville américaine. Ces derniers vont perturber la vie tranquille de cette bourgade isolée. Et finalement, plus rien ne sera comme avant pour personne. Le scénario s'inspire d'un fait réel, où en 1947, la petite ville d'Hollister, avait été envahie par 4000 motards hors la loi. Le casting regroupe Marlon Brando, qui interprète le chef du premier groupe, Lee Marvin chef du deuxième groupe de motards, et la jolie Mary Murphy, qui va subir la drague lourde de Marlon Brando pendant tout le film. Autant le dire tout de suite, le film est porté par la présence continue de Marlon Brando, qui vampirise le film et attire sur lui la caméra. Brando a une présence inquiétante, brutale, et le plus souvent silencieuse. Il n'interrompt d'ailleurs ses silences que par des phrases courtes, des bagarres, des sorties, ou le vrombissement de sa moto. Brando est comme le reflet de cette menace silencieuse, pour cette société américaine bien rangée. Lee Marvin joue son rôle de façon inverse. Il est sale bruyant et finalement assez peu dangereux. Mary Murphy, est la jeune américaine moyenne qui s'ennuie à mourir et qui est prête à tout, pour quitter cette ville qu'elle maudit. Le film est prodigieux dans sa photographie, lors de la scène où Brando fait faire un tour à Mary Murphy sur sa moto. Là, les ombres, le vent, les saules pleureurs qui défilent à toute vitesse, semblent suspendre le temps, et emmener le spectateur vers un autre monde. On peut également citer la musique intrusive de Leith Stevens ou ce titre où on voit approcher ce groupe de motards, qui apparaît tout de suite, comme une menace, pour le spectateur, dont le regard est posé comme la caméra au ras du sol. Le film est aussi devenu culte, car la légende raconte que le nom du groupe de rock "The Beatles" viendrait d'une réplique de Lee Marvin qui évoque les "Beetles", comme nom de l'ancien groupe de motards.

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Mais c'est surtout par son impact dans la culture populaire que le film est resté célèbre. En effet, les scénaristes, John Paxton et Ben Maddow, qui ce sont inspirés d'une histoire de Frank Rooney ont bien compris que l'alcool, la musique, la moto seraient le nouveau espace de liberté de la jeunesse future. Le film a fait également sensation à l'époque, où le comité de censure a exigé qu'on en supprime 20 minutes, pour accepter que le film sorte. Il a été d'ailleurs interdit pendant de longues années dans plusieurs pays. "L'équipée sauvage" est une espèce de parabole d'une partie de l'Amérique des années 50, malheureuse de sa morale puritaine Pourtant une partie de la société était pleine d'espoir suite à la fin de la deuxième guerre mondiale. L'introversion inquiétante du personnage de Brando qu'il libère dans l'alcool, la moto, les femmes, et une rébellion contre toute forme d'autorité, n'est pas limitée à son seul personnage. Ainsi, le personnage féminin joué par Mary Murphy semble vaincu, par sa bonne morale, son travail et la société. Brando et Mary Murphy semble l'un et l'autre liés, pour le pire et le meilleur, par cette phrase de Sartre : "L'enfer c'est les autres !" Même le shérif faible et débordé, ne joue plus son rôle. Tout l'intérêt du film est de nous montrer les masques des personnages tomber les uns après les autres. "L'équipée sauvage" est donc sans aucun doute, un film majeur de l'année 1953, mais aussi de l'histoire du cinéma, qui préfigure les grands changements sociétaux des années 60, constitutifs de nos sociétés actuelles adulescentes. Indispensable.

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Ci-dessus : Mary Murphy & Marlon Brando

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Ci-dessus : Mary Murphy, Robert Keith & Marlon Brando

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Ci-dessus : la bande au complet

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Ci-dessus : Sans doute la photo la plus célèbre de Marlon Brando

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Ci-dessus : Mary Murphy (photo publicitaire)

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Ci-dessus : Mary Murphy & Marlon Brando

Disponible en VF et VO sous-titrée dans une édition Bluray italien, sur Amazon ou en DVD zone 2 en France.

Note : 8,5 / 10

12/03/2015

La route du tabac / Tobacco Road - 1941

J'ai été particulièrement surpris lors de la vision de "la route du tabac". En effet, ce film en noir & blanc de John Ford est très particulier. Je pourrais faire comme toutes les critiques et le rapprocher des "raisins de la colère" du même Ford, tourné l'année précédente. Et c'est vrai qu'il s'en rapproche par ses aspects dramatiques, et sa description d'une misère campagnarde profonde. Mais dans "les raisins de la colère" (1940), la critique était avant tout social, et acerbe contre le système capitaliste. Dans "la route du tabac", il n'y a pas réellement de critique du système en place en Amérique. On est plus dans une critique de toutes les misères : misère du grand âge, mais aussi misère financière, sociale, et intellectuelle. Par ailleurs, Ford mélange avec génie, le drame, la comédie, et le rire, pour donner à son film, un ton vraiment particulier. Et c'est un ton , rarement vu dans le cinéma hollywoodien de cette époque. Le rôle principal est tenu par Charley Grapewin (le grand père épuisé), et on aperçoit de temps en temps Gene Tierney qui joue avec délice la sauvageonne, mais aussi Dana Andrews, et War Bond. Marjorie Rambeau semble quant à elle, s'être beaucoup amusé à jouer le rôle d'une vieille fille intégriste, mais décidée à se marier avec un garçon attardé de 20 ans son cadet !

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L'idée de la pièce est de nous montrer ce que sont devenus les descendants des grandes plantations qui longeaient la fameuse route du tabac. Le film est une adaptation fidèle de Nunnally Johnson d'une pièce jouée plus de 4000 fois à Broadway, elle-même tirée d'un roman d'Erskine Caldwell. Le génie de Ford est de mettre une courte introduction, dans le style "d'autant en emporte le vent" (1939), avec une caméra plantée, sur cette route du Tabac, filmant une grande demeure en ruine, et les feuilles mortes sur la route, balayées par le vent de l'histoire. On a l'impression que Ford a voulu faire un anti "autant en emporte le vent" ou s'être amusé comme un enfant à l'idée de raconter une suite totalement "underground" et décalée, avec des descendants devenus des personnages douteux. Aujourd'hui on rit beaucoup, on est ému, devant cette histoire de miséreux. Et on se surprend à être touché par le charme d'une Gene Tierney sale, couchée dans la paille et dans la boue, mendiant War Bond pour un sac de légumes, mais toujours magnifiquement belle.  "La route du tabac" est donc un film admirable de Ford, qui doit être redécouvert en urgence pour ceux qui ne l'ont pas vu. Son final est en plus extrêmement touchant, comme rarement vu au cinéma. Un chef-d'oeuvre sur la vie des miséreux du Sud profond. Certains pourront peut être, simplement lui reprocher cet humour systématique, et potache, dont Ford aime jouer en maître, et qui pourra parfois lasser les plus intellectuels d'entre nous.

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Ci-dessus : Gene Tierney

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Ci-dessus : War Bond, Charley Grapewin et Gene Tierney

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Ci-dessus : Charley Grapewin et Gene Tierney

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Ci-dessus : War Bond & Charley Grapewin

Disponible en DVD Zone 2 en VO sous-titrée sur Amazon ou FNAC.

Note : 9 / 10

18/01/2015

La Scandaleuse de Berlin / A Foreign Affair - 1948

Le hasard ou le bon Dieu, fait parfois bien les choses. Hier soir, un film semblait m'appeler : "la scandaleuse de Berlin" (1948) avec Marlene Dietrich. Pourtant, j'avais beaucoup d'autres films à voir. Mais celui-ci, me semblait à cet instant incontournable. Et ce matin quand je me lève, je tombe en allumant la télévision sur la galerie France 5 et sur un beau reportage sur Marlene Dietrich; étrange synchronicité pour le moins. Concernant "la scandaleuse de Berlin", il s'agit donc d'un film avec Marlene Dietrich, mais aussi Jean Arthur et John Lund. On note aussi la présence de Millard Mitchell en colonel. Millard Mitchell, on se rappelle de lui pour son rôle de producteur, dans "chantons sous la pluie" (1952). C'est une comédie en noir et blanc de Billy Wilder. Le film semble ennuyeux au début. En effet, on se demande bien ce que l'on va bien pouvoir trouver d'intéressant dans ce scénario qui nous montre, une délégation de membres du congrès américain, menée par une député psychorigide et frustrée, en la personne de Jean Arthur, en visite de le Berlin de l'après seconde guerre mondiale. Les images de la ville en ruines, défigurée par les bombardements alliés son particulièrement saisissantes. La visite de la ville par la délégation l'est tout autant. Après cette mise en place, le film va commencer à dérouler son sujet dans un ton doux amer, où la comédie rencontre souvent la misère des existences brisées. Mais le ton de Wilder n'est jamais dur contre les soldats des armées d'occupation ou les Berlinois. Wilder nous montre des Allemands qui tentent de survivre au jour le jour, et d'échapper à leurs vieux démons. Le film est tout autant une leçon sur la dénazification du pays.

 

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Marlene Dietrich, obtient peut être là son plus beau rôle. En effet, qui aurait pu mieux jouer, cette Allemande, à la recherche d'une survie tout autant matérielle que morale. On peut également noter que Wilder évoque très souvent la sexualité. Ainsi, il se joue des convenances de son temps, en se moquant de l'hypocrite esprit de son temps, à travers la député coincée, jouée par Jean Arthur. En effet, cette dernière s'offusque de ces militaires qui partent courtiser les Allemandes. Et un trio à un balcon, laisse supposer bien des jeux amoureux. Evidemment, dans le cinéma de cette époque, le sujet sexuel omniprésent est néanmoins uniquement suggéré intelligemment. Je ne peux finir cette note, sans parler du très beau noir et blanc, et donc de la belle photographie de Charles B Lang. "La scandaleuse de Berlin", reste donc un classique de Wilder, qui mérite d'être redécouvert, ne serait-ce que pour Marlene Dietrich.

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Ci-dessus : Marlene Dietrich

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Ci-dessus : Marlene Dietrich & John Lund

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Ci-dessus : Marlene Dietrich

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Ci-dessus : Jean Arthur

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Ci-dessus : Jean Arthur, John Lund & Marlene Dietrich

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Ci-dessus : Marlene Dietrich

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Ci-dessus : Marlene Dietrich & Billy Wilder

Film disponible en DVD Zone 2, en VO sous-titrée.

 

Documentaire sur Marlene Dietrich (Le Crépuscule D'un Ange / Marlene Dietrich) diffusé ce matin sur la galerie France 5 :

Note : 8 / 10

24/12/2014

Gouverneur malgré lui / The Great McGinty - 1940

"The Great McGinty" ne m'a pas autant enthousiasmé que "le gros lot" tourné la même année. En effet, ici le ton est plus noir, plus acerbe, plus dur, plus cynique. En effet, dans une république bananière, un caissier tente de se suicider, car il a tout perdu suite à une malhonnêteté. Sauvé par un barman, ce dernier lui raconte alors, l'histoire de sa vie, qui a basculé alors qu'il devenait pour la première fois de sa vie honnête. Vous l'aurez compris, on est devant un étrange film, qui nous fait une inversion de la figure du héros, ce dernier totalement brisé, n'est rien dans le film. Par contre l'histoire, l'histoire fait une lare part, à l'anti-héros qui raconte ses aventures. Le film peut être vu, comme une comédie, mais il est tout aussi dramatique. Pourtant, le cynisme des personnages est tel, que rien ne semble avoir une quelconque importance morale pour eux, ni femmes, ni enfants, ni vie sociale. Le film décrit un monde politique américain totalement corrompu, et vérolé où la démocratie, n'est quasiment qu'une occupation parmi d'autres pour la mafia. On peut penser à Chicago. Mais Sturges a l'intelligence de ne pas citer la ville. Cela pourrait donc être n'importe quelle ville des USA. L'acteur Brian Donlevy s'en tire plutôt bien et sa personnalité assez trouble convient parfaitement au personnage. Pourtant on peut, regretter un casting un peu juste, et sans star, avec tout de même Akim Tamiroff, et Muriel Angelus, cette dernière étant toujours dans un ton parfait, contrairement Tamiroff qui en fait parfois des tonnes dans son rôle de mafieux italien.

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Le film fait penser à beaucoup d'autres films politiques, comme "Mr Smith au Sénat" de Capra, ou "les fous du roi" (1949) première version de Robert Rossen, avec Broderick Crawford. Mais et c'est un peu un reproche, "gouverneur malgré lui" a un peu un côté "old fashion". On a un peu l'impression de regarder un film de James Cagney de 1933. Or on est là en 1940, le cinéma a évolué. On sent que Sturges a voulu jouer la sécurité pour son premier film, laissant l'originalité un peu au placard. Mais c'est bien tout ce que l'on pourrait bien reprocher à ce film cynique, sur des vies ratées, ou sur la grandeur et la décadence de l'animal politique et de l'être humain. A voir.

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Ci-dessus : Brian Donlevy (clochard) au centre

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Ci-dessus : Brian Donlevy (encaisseur pour la mafia)

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Ci-dessus : Brian Donlevy (maire) & Muriel Angelus

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Ci-dessus : Brian Donlevy (gouverneur ?)

Disponible en DVD Zone 2, sur Amazon autour de 1,99 €, copie claire et bien définie

 Note : 6 / 10

05/07/2014

Les invités de 8 heures / Dinner at eight - 1933

Après le succès de "Grand Hotel", un an plus tôt, David O. Selznick se décidait de repartir pour une aventure similaire, avec un casting assez proche de celui de "Grand Hotel". Ainsi on retrouvait Lional Barrymore, John Barrymore, et Wallace Beery, déjà vu dans le précédent film. A la réalisation on retrouve non pas Edmund Goulding, mais bien George Cukor. Et il faut bien dire que la réalisation de Cukor est assez peu inspirée, plate et relativement statique et les travelings et gros plans de Goulding manquent cette fois-ci cruellement. Le casting est relevé par la présence de Madge Evans, vue par exemple dans "Mayor of Hell" (1933), mais surtout par Jean Harlow. Le film n'évoque les problèmes économiques et sociaux que de manière très indirecte. On s'intéresse plutôt ici à la faible morale de la société américaine. Ainsi, on retrouve un médecin coureur de jupons, et une femme mariée insatisfaite passant le plus clair de son temps au lit (Jean Harlow). On peut aussi supposer que le rôle totalement ingrat de la femme de chambre du mettre bien à mal cet emploi, après une vision de ce film par les spectateurs qui en employaient une, même si il faudra attendre le début de la guerre pour que la riche société américaine commence à se passe de son personnel de maison. Le film passe donc en revu le destin de ses 8 invités, destin heureux ou malheureux, tous ne parviendront pas à assister à ce dîner.

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Ce film choral est donc assez agréable à regarder, mais n'atteint jamais les sommets de son prédécesseur, que ce soit au niveau de la réalisation ou même des situations et des dialogues. On retiendra de l'ensemble, surtout les scènes avec Jean Harlow dont certaines répliques sont quasiment mythiques. Ainsi, sa violente explication avec son mari (ici Wallace Beery) est inoubliable. Mais c'est bien la dernière de Jean Harlow qui laisse au spectateur le sourire. En effet quand Jean Harlow explique qu'elle a lu un livre, son interlocutrice la regarde d'un air interloqué, puis quand Jean continue et explique qu'elle a appris que dans ce livre les machines vont remplacer les activités humaines, et quand son interlocutrice lui répond que "de ce côté là, elle ne doit se faire aucun souci", on explose de rire. Jean Harlow remplit parfaitement son rôle de magnifique garce, mangeuse d'hommes, pour notre plus grand plaisir.

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Ci-dessus : Jean Harlow et Wallace Beery

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Ci-dessus : John Barrymore

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Ci-dessus : Madge Evans & John Barrymore

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Ci-dessus : Jean Harlow & Wallace Beery

Disponible en DVD Zone 2 en version original sous-titrée

Note : 7 / 10

14/06/2014

La belle de Saïgon / Red Dust - 1932

"La belle de Saïgon" mérite bien sa réputation de film mythique. Deuxième des six films du duo Clark Gable / Jean Harlow, on peut bien dire que celui-ci ne laisse pas indifférent. L'histoire semble pourtant classique. Ainsi un patron (Clark Gable) de plantation d'hévéas (arbre à Caoutchouc) en Indochine française, se retrouve avec une jeune et belle prostituée (Jean Harlow) sur les bras, mais l'arrivée d'un nouveau contre-maître (Gene Raymond) et de sa femme va changer les choses. Le couple va se dissoudre dans une nature luxuriante où les éléments naturels auront toute leur place pour déclencher un érotisme étonnant pour l'époque. Car il ne faut pas oublier que "la belle de Saïgon" date de 1932, soit 2 ans avant la mise en place du code de censure (Code Hays). Deux ans plus tard, une histoire mettant en avant, aussi souvent une prostituée, et la montrant aussi sympathique n'aurait pas été autorisée à être filmée. Ainsi, on sait que sur "Autant en emporte le vent", Selznick s'interrogeait sur les nombreuses scènes du personnage de Belle Watling (patronne d'une maison close) et sur son caractère si franc et finalement honnête.

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Pour en revenir à "la belle de Saïgon", le scénario de John Lee Mahin tiré de la pièce de Wilson Collison, est donc assez classique. Mais ce sont bien les acteurs qui font de ce film un superbe classique. Gable est très bon, mais Jean Harlow transfigure littéralement son personnage. Quant à Victore Fleming, il sait mettre en valeur le corps parfait de l'actrice, laissant voir ses jambes, ou dans un dixième de second un sein. Le scénario sera d'ailleurs utilisé avec moins de bonheur dans un autre film de Clark Gable, bien des années plus tard : Mogambo (1954). Ava Gardner reprendra le rôle de Jean Harlow, Grace Kelly celui de Mary Astor, et l'action se déroulera cette fois-ci en Afrique. Néanmoins, ni le Technicolor ni un Gable vieillissant ne feront oublier, l'incroyable fulgurance de ce premier érotisme cinématographique de cette "Belle de Saïgon", qui fit sortir le cinéma de son enfance, pour le propulser dans une modernité dont les résonances parviennent encore aujourd'hui, à marquer durablement, le spectateur. Ainsi, on peut espérer que la Warner nous sorte rapidement la totalité des films de Jean Harlow, peut être la première icône blonde platine de l'écran, bien avant Lana Turner. qui la qualifia de "première incarnation américaine du sex-appeal". En effet, les films de Jean Harlow sont d'autant plus mythiques que cette star eut un destin particulièrement tragique. Mais  nous verrons tout cela dans un prochain article.

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Ci-dessus : Jean Harlow & Clark Gable

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Ci-dessus : Mary Astor & Clark Gable

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Ci-dessus : Jean Harlow & Mary Astor

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Ci-dessus : Clark Gable, Tully Marshall & Jean Harlow

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Ci-dessus : sur le tournage avec Victor Fleming

Film disponible en DVD zone 2, VO sous-tirée dans la collection "Trésors Waner".

Note : 8 / 10