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21/12/2016

Disparition de Michèle Morgan

Hier j'apprenais avec émotion, la disparition de notre Michèle Morgan nationale, très grande artiste du cinéma français. Je me souviens d'elle, dans "Quai des brumes" avec Gabin, dans "Fortunat" avec Bourvil, dans "Passage to Marseille" avec Humphrey Bogart, dans " Marie-Antoinette reine de France" ou encore "dans "Maxime" avec Charles Boyer ou encore dans  le miroir à deux faces" avec le même Bourvil, et dans combien d'autres ! Michèle Morgan s'en est allé et c'est un peu de nous même qui nous a quitté. C'est un peu comme cette grand-mère qu'on a toujours aimé et qui n'est plus. Aujourd'hui, je me souviens de ton sourire et de tes yeux. Je me souviens de ton rire et de ta voix. Je me souviens que le temps passe et s'en va comme le sable entre les doigts. Mais je sais que ton souvenir restera encore sur quelques bobines de films et de supports numériques, mais encore et surtout dans la mémoire des cinéphiles. Adieu Michèle. Nous cinéphiles sommes tous un peu en deuil aujourd'hui. Repose en paix. On pense fort à toi, et surtout on continue de t'aimer.

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28/12/2015

Une partie de campagne - 1936

Une fois n'est pas coutume, je vais dans cette note célébré le cinéma français, pas cette chose généralement sans saveur et sans goût qu'il est devenu aujourd'hui, mais ce qu'il était hier : beau et grand à la fois. Ainsi, dans les maîtres du cinéma français d'autrefois, il faut écrire en lettres d'or, sur le fronton du Panthéon des génies du cinéma, le nom de Jean Renoir. J'ai vu hier un "petit film" de quarante minutes, que certains pourraient regarder avec un dédain hautain. Mais ce serait une grave erreur de jugement. En effet, ce moyen-métrage adapté d'une nouvelle de Maupassant, est peut être le plus grand film de Jean Renoir. Tout y est, la beauté de la nature, tant célébré par le père du réalisateur (le célèbre Auguste Renoir); mais on y trouve aussi, la grâce, l'amour, et aussi la fragilité de ce dernier, devant la destinée implacable qui contraint, les plus forts sentiments de l'Homme. "Une partie de campagne"a un scénario parfait, tiré d'une nouvelle de Maupassant initialement publiée dans La Vie moderne des 2 et avant d'être intégrée au recueil "la maison Tellier". Le scénario nous raconte l'après-midi à la campagne, d'un quincailler et de sa famille (sa femme, sa fille et son futur gendre). Sur ce thème, Jean Renoir se plaît à faire revivre l'impressionnisme de son père Auguste et de ses contemporains, comme Gustave Caillebotte ou Paul Cézanne. Mais c'est évidemment sa filiation qu'il veut mettre en avant. "Une partie de campagne" nous fait revivre une banlieue parisienne rêvée, toute encore campagnarde, une France de l'insouciance, un Paradis sur la terre, où hommes et femmes batifolent sans se soucier du lendemain. Mais il s'arrête aussi sur ces sentiments plus forts, que rien ne peut détruire mais que la destinée et le monde vont contraindre. Comme je l'ai dit, Renoir prend la suite de son père, et célèbre la nature, sa grandeur, et sa sensualité. Mais il y célèbre aussi les femmes de l'époque de son père, leurs amours et leurs vies contraintes. C'est la France d'avant-hier, un Paradis perdu qu'il nous décrit, sous nos yeux émerveillés. A t'il jamais existé ? Quoiqu'il en soit l'orage clôture la partie de campagne, comme pour chasser Adam et Eve du Paradis. La mélancolie remplacera la joie. Et trois ans après le tournage de ce film, la guerre embrasera la France. C'est pour tout cela qu'une partie de campagne, reste comme un film béni du cinéma français. En nos temps troublés, il mériterait bien d'être diffusé dans toutes les classes de France et de Navarre, pour montrer au jeune public ce que peut être la nature, la beauté, la joie, et l'amour. "Une partie de campagne" est aussi beau et magnifique qu'un flirt un beau dimanche de juin au bord de l'eau. C'est une bénédiction.

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Ci-dessus : Sylvia Bataille

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Ci-dessus : Jane Marken & Sylvia Bataille

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Ci-dessus : Jacques Brunius & Sylvia Bataille

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Ci-dessus : Sylvia Bataille & Georges Darnoux

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Ci-dessus : Sylvia Bataille & Georges Darnoux

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Ci-dessus : Georges Darnoux, Jacques Brunius, Sylvia Bataille & Jane Marken

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Ci-dessus : l'équipe sur le tournage

 

 Ci-dessous la bande-annonce :

Disponible en version restaurée, chez M6 Vidéo dans un coffret Jean Renoir comprenant également "la chienne" avec Michel Simon.

 

 Note : 10 / 10

02/08/2015

Scènes de ménage - 1954

Je vous propose de reparler un peu de cinéma français. Aujourd'hui, je vous propose un film très plaisant, "scènes de ménage" d'André Berthomieu. Le film a l'ambition de faire rire, et il y arrive pleinement. L'action se passant au début du siècle précédent, à Paris. Ainsi, on reste admiratif devant les costumes, le ton du film, la musique d'époque, et un peu avant, par ces premières images d'archives qui nous laissent voir un Paris oublié et disparu, mais qui n'a pas forcément tellement changé dans certains de ses quartiers historiques (la Concorde, l'Arc de Triomphe). Malheureusement après, cette entrée en matière plutôt convaincante, le film se divise en 3 sketchs qui sont autant de huis-clos filmés de façon relativement théâtrales, avec très peu de mouvement de caméra ou de scènes extérieures. Alors c'est vrai que cela peut s'expliquer par le fait que ce film est tiré de trois pièces de Georges Courteline : « La Peur des coups », « La Paix chez soi », « Les Boulingrin ». Ceci dit, lorsqu'on a franchi le pas, on rit, on sourit et surtout on savoure les dialogues de George Courteline, et de Marcel Achard pour les ajouts. En effet, tout cela est brillamment écrit, et parfaitement interprété par une pléïade d'acteurs français de grands talents. Ainsi, on peut citer, Louis de Funès, Marthe Mercadier, Sophie Desmarets, Bernard Blier, François Périer, Jean Richard, ou encore Marie Daems. Cela me donne l'occasion de rappeler à votre souvenir Marthe Mercadier, dont, sa fille Véronique a annoncé publiquement qu'elle était atteinte depuis un an de la maladie d'Alzheimer. Dans le magazine France Dimanche (avril 2014), Marthe Mercadier déclarait ne vivre que d'une retraite de 420 euros par mois, n'ayant pas cotisé aux caisses de retraites. Émus, les forains parisiens lui avaient offert une roulotte car elle avait été expulsée de son logement avec la fin de la trêve hivernale. Vous me rejoindrez probablement pour dire que tout cela est bien triste, pour une femme de 86 ans, qui a fait rire des générations de spectateurs. Quoiqu'il en soit, que cela ne vous gâche pas le plaisir de découvrir ce petit bijou de comédie à la française, intelligente, soignée, chic et folle, comme on en fait malheureusement plus, aujourd'hui. Le dernier sketch fou avec Louis De Funes, vaut à lui seul la vision du film. Ce n'est pas du très grand cinéma, mais du bon sans aucun doute.

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Ci-dessus : Marthe Mercadier se bat avec Louis De Funes

Disponible en DVD zone 2 chez Gaumont

Note : 7,5 / 10

02/05/2015

Tendre Poulet - 1972

Si il y a bien un réalisateur français, à redécouvrir, c'est peut être Philippe De Broca. La cinémathèque française et les éditeurs l'ont bien compris et nous font ainsi parcourir son oeuvre, dans diverses rediffusions ou sorties Bluray. Le public français a donc la chance de redécouvrir dans de très bonnes conditions une partie de l'oeuvre de Philippe De Broca, que soit à travers "tendre poulet" (1972), "on a volé la cuisse de Jupiter", "le cavaleur", "le bossu" (1997) tous édités chez TF1 vidéo, ou encore dans ce coffret édité chez Gaumont qui comprend plusieurs de ses oeuvres de jeunesse. Philippe De Broca, c'est peut être avant tout chose, le réalisateur qui a magnifié à l'écran la liberté. Cette liberté qui ne satisfait pas des apparences ou de ce que peut offrir la société. Ainsi déjà dans "Cartouche" avec Jean-Paul Belmondo, il décrit cette société underground, mais tellement libre, qu'elle en devient fascinante. Ici aussi dans "Tendre Poulet", la liberté est célébrée. Liberté sexuelle d'abord, où Catherine Alric vend son corps à une partie de l'assemblée nationale, dans le plus pur bonheur, et en totale ingénue. Liberté aussi, des rapports humains, où la rencontre entre Girardot et Noiret, ne s'encombre d'aucun formalisme. Ensuite De Broca, nous montre aussi des personnages à l'esprit libre. Girardot commissaire, est pourtant libre de ses mouvements, libres de démissionner, ce qu'elle fait d'ailleurs. Même la solitude de Noiret, semble choisie. Après tout, on est libre d'enseigner le grec ancien, plutôt que d'aimer une femme ! Par conséquent pour Broca, ce sont les personnages les plus obscurs et les moins libres qui se révèlent les plus dangereux. Dans "Cartouche" (1962), c'est bien le personnage de  Malichot, effacé et craintif qui sera le plus dangereux. Dans "tendre poulet" il en est un peu de même. On ne peut terminer cet article sans citer la superbe musique de Georges Delerue. Les films de Philippe De Broca, ont donc une saveur particulière, peut être parce que son oeuvre célèbre aussi, cette France d'hier, cette France active et libérée des idéologies mortifères, où il faisait tellement bon vivre et aimer, et où chacun savait finalement, qu'elle était sa place. En 2015, ce cinéaste pressé, qui ne tournait souvent qu'avec une seule prise, semble essentiel à notre mémoire cinématographique collective.

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Ci-dessus : Annie Girardot & Philippe Noiret

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Ci-dessus : Catherine Alric & Guy Anthony

Extrait de la musique de Georges Delerue :

 Disponible en DVD & Bluray Zone 2

Note : 7 / 10

19/11/2014

Angélique Marquise des Anges - 1964

En ce moment, je suis dans ma période cinéma français. Je tiens donc à parler du film de Bernard Borderie, "Angélique marquise des anges". Ce film et cette série à l'importance sociale et cinématographique majeure, a été éreinté par une certaine critique intellectuelle. Ainsi, certains ont dit qu'il ne faisait pas honneur au cinéma français. Ce propos est une totale absurdité. Et peut être, devons nous, nous attarder en tout premier, sur ce qu'est le cinéma. Le cinéma c'est une expérience qui doit bouleverser le spectateur. Et lorsque j'ai vu ce film profitant d'une sortie Bluray, moi qui ne l'avait jamais vu, j'ai pleuré comme un enfant. Je n'ai pas pleuré devant la beauté des images, mais devant la beauté d'une histoire peut être à l'eau de rose, mais qui si elle ne fait pas honneur au cinéma, fait honneur à la gente féminine. Il n'est pas seulement un film d'aventures, comme en tournait beaucoup, le cinéma français dans les années 60. Il fait surtout parti des rares films où le héros est une femme. Dans cette catégorie, on peut citer "Autant en emporte le vent" (1939) avec Vivien Leigh, "Ambre" (1947) avec Linda Darnell, ou encore la série des "Caroline Chérie" avec Martine Carol. Mais contrairement à "Autant en emporte le vent" ou "Ambre" ici Angélique n'agit que par amour. Et finalement, son incroyable succès s'explique, car ce film est arrivé au moment précis, où la jeune fille française se libérait des dernières contraintes du passé. Ainsi, l'érotisme du film, presque surprenant pour l'époque, garde au film, une modernité.

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Alors  bien sûr, le film a des défauts. On peut citer des problèmes de raccords, une photographie pas toujours au top niveau, un scénario parfois pas totalement parfait. Mais les qualités sont aussi nombreuses. Ainsi, il faut quand même bien redire que Michèle Mercier est extraordinaire dans le rôle d'Angélique et tient le film et les autres films de la série sur ses épaules. On se souviendra un jour de cette formidable actrice ! Mais Robert Hossein est également très bon. Dans les seconds rôles, on peut citer l'excellent Jean Rochefort. A tout cela, il faut ajouter la superbe musique de Michel Magne très inspiré ici. Et pour finir sur la critique de ce film légendaire, je dirai, que quand un film arrive à bouleverser autant de générations de spectatrices, c'est qu'il est entré dans la légende. Ma mère se souvient avoir lu le roman et vu les films. Je me souviens que des jeunes filles se pressaient pour le voir à la télévision lorsque j'étais adolescent. Un mauvais film n'aurait pas traversé ainsi les générations, pour arriver jusqu'à nous, tout auréolé de la gloire du public. Oui messieurs les critiques, "Angélique marquise des anges", fait bien honneur au cinéma français et aux femmes qui ont un coeur !

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Ci-dessus : Michèle Mercier & Giuliano Gemma

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Ci-dessus : Robert Hossein

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Ci-dessus : Michèle Mercier

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Ci-dessus : Robert Hossein

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Ci-dessus : Robert Hossein & Michèle Mercier

 

Extrait de la musique de Michel Magne :

 

Très belle interview de Michèle Mercier :

 Disponible en Bluray & DVD VF (à déplorer la qualité moyenne du Bluray)

Note : 7,5 / 10

15/11/2014

La révolution française - 1989

Il y a des films bénis par la grâce des Dieux et malheureusement oubliés des cinéphiles. Ce blog est là pour les tirer de l'oubli. "La révolution française" immense fresque révolutionnaire est un de ceux là. Cette oeuvre est composé de deux films distincts et divisent la révolution française : "les années lumières" avant la prise de la bastille et jusqu'à la prise des Tuileries par le peuple, et "les années terribles" qui commence avec l'arrivée du roi à la prison du Temple et qui finit après la mort de Robespierre. De cette colossale oeuvre tournée par deux réalisateurs : Robert Enrico pour la première partie, et par Richard T. Heffron, pour la deuxième partie. La distribution est réellement éclatante et internationales. On peut citer, Klaus Maria Brandauer qui est un formidable Danton, mais aussi François Cluzet, superbe en Camille Desmoulins et qui a là sans doute un de ses plus grands rôles. Mais que dire du talent consommé d'un Jean-François Balmer en Louis XVI, de Jane Seymour en Marie-Antoinette, ou d'un exceptionnel Andrzej Seweryn en Robespierre. Ce dernier avait d'ailleurs déjà, interprété Robespierre dans le film "Danton" (1983) avec Gérard Depardieu. Cette distribution des rôles principaux est complétée par bien d'autres : Peter Ustinov, Sam Neil, Claudia Cardinale, ou encore Jean-François Stévenin.

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Derrière ce casting exceptionnel, les réalisateurs et les scénaristes nous font revisiter des pages terribles de notre histoire, faites d'espérance, de fureur, et de sang. Tout est récréé, que ce soit, les costumes, décors etc. Ainsi, la prise de la Bastille est très bien rendue. On se retrouve, réellement sur le champ de bataille de ce 14 juillet 1789.  Tout cela est rehaussé par la musique d'un Georges Delerue très inspiré. Ainsi, il nous donne un hymne à la liberté, qui devient une sorte de Marseillaise du film, chantée dans le titre final de la première partie par la soprano, Jessye Norman. Les plus exigeants reprocheront peut être une réalisation un brin conventionnel. Pour ma part j'ai une histoire avec ce film, car en 1989, j'avais 16 ans, et je me souviens que les cours d'histoire se transformait souvent cette année là, en visionnage de film sur la révolution. Et voir ces films avaient été une grande expérience d'adolescent. Peut être n'aurais je pas autant aimé l'histoire de mon pays, si je ne les avais pas vu. "La révolution française" reste donc pour moi un film essentiel, qui nous montre d'où nous venons et qui fait des citoyens responsables et éduqués. Il devrait être passé et repassé dans toutes les classes d'histoire, si l'histoire de France est encore enseignée ! A l'heure, de la sortie des jeux vidéos, comme Assassin's Creed, qui popularise la révolution française, à coups d'approximations, la jeunesse devrait voir ce film, qui lui parle du passé d'un vieux pays qui ne veut pas mourir, qu'on appelle la France. Alors pourquoi ce film n'a t'il jamais bénéficié d'une vraie restauration pour une sortie Bluray et que l'on doit se contenter d'une "petite" édition DVD, sortie le 11 juin 2009, mystère. Je n'ai pas de réponse, concernant l'oubli d'un film majeur du cinéma français et de notre histoire nationale. Un film tout simplement incontournable.

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Ci-dessus : Claudia Cardinale & Jane Seymour

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Ci-dessus : Klaus Maria Brandauer (Danton)

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Ci-dessus : Jean-François Balmer (Louis XVI à droite) & Sam Neil (Marquis de Lafayette à gauche)

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Ci-dessus : Jane Seymour (Marie-Antoinette)

 

Extraits de la superbe musique de Georges Delerue :

 

 Disponible en DVD zone 2, Version Française

Note : 9 / 10

23/08/2014

La bête humaine - 1939

On ne peut parler que doucement de "la bête humaine" de Jean Renoir, car ici on rentre dans le temple du cinéma français. Le film est lointainement inspiré du roman éponyme de Zola, publié en 1890. Ce sont les producteurs, Raymond Hakim et Robert Hakim, qui en achètent les droits. Une première version du scénario est écrite en mars 1933, elle en reprenait l'intégralité du roman de Zola et le transposait en 1914, alors que l'action du roman original se déroulait en 1870. Mais Jean Renoir futur réalisateur, n'en voulait pas et se décide à écrire de nouveau un scénario plus court et modifié. Il achève sa tâche aidée de son assistante et d'un scénariste allemand en une petite douzaine de jours. Le film comprend dans son casting, l'immense Jean Gabin, Simone Simon que Renoir défend dès le début, Julien Carette (dans le rôle du chauffeur), Fernand Ledoux (dans le rôle de Roubaud) et Blanchette Brunoy, cette dernière n'ayant d'ailleurs qu'une scène importante. Le film commence par une fabuleuse scène d'ouverture, qui nous fait voyager sur la locomotive qui fait le voyage entre Paris et Le Havre. Et comme en 1939, c'est tout à fait saisissant de voir ainsi la France de ce point de vue, et de voyager comme un cheminot de cette époque. On sait qu'il a fallu un véritable exploit humain pour réaliser cette scène, car c'est Claude Renoir, qui tient l'énorme caméra, tous les deux attachés à la locomotive !

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Pour les besoins du film, Jean Gabin est devenu cheminot et Carette chauffeur. On a ici un Jean Renoir particulièrement inspiré, qui multiplie les plans d'exceptions, et qui réussit de faire de "la bête humaine", un film apolitique, pour satisfaire une partie de la presse de droite de l'époque. Et il est vrai qu'on ne trouve pas une seule revendication sociale dans ce film, sinon dans la petite scène avec le juge d'instruction. Le film est donc inspiré lointainement de l'oeuvre de Zola. Il n'en reste pas moins un monument du cinéma français à la photographie réellement exceptionnelle. L'oeuvre de Renoir, reprend le thème de l'hérédité cher à Zola, mais évoque aussi à mots couverts l'inceste. Mais, certains pourront trouver ici une étrangeté, car si Zola parle de l'hérédité des ancêtres de l'anti-héros (Jacques Lantier/ Jean Gabin), qui "lui pourrissent le sang", en 1939, on a depuis longtemps découvert la psychiatrie. Et le théorie de l'hérédité physiologique a pris du plomb dans l'aile, de ce côté-ci du Rhin en tous les cas ! Quoiqu'il en soit "la bête humaine" doit être inscrit en lettres d'or, au Panthéon du cinéma français, et reste très sûrement le plus grand film de Jean Renoir.

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Ci-dessus : Jean Gabin & Simone Simon

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Ci-dessus : Fernand Ledoux & Simone Simon

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Ci-dessus : Jean Gabin

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Ci-dessus : Jean Gabin & Simone Simon

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Ci-dessus : Jean Gabin & Blanchette Brunoy

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 La bande-annonce :

Disponible en Bluray et DVD chez Studio Canal

Note : 10 / 10

18/07/2014

Le joueur - 1958

Pour changer un peu, je vous propose, un peu de cinéma de ce cinéma français disparu et "Le joueur". C'est le 3ème film de Claude Autant-Lara avec Gérard Philipe. En effet, l'acteur a déjà tourné 2 fois pour Claude Autant-Lara, tout d'abord en 1947 pour "le diable au corps" avec Michel Simon, puis dans le très beau "Rouge et le noir" (1954) avec Danielle Darieux, film inspiré du roman de Stendhal. Dans "le joueur" Autant-Lara retranscrit à l'écran le célèbre roman de c. Mais comme, Autant-Lara l'avouera plus tard, il a voulu faire du Stendhal en adaptant du Dostoievski. Les premières vingt minutes sont un peu traumatisantes. En effet, on y voit le banc et l'arrière banc du cinéma français de l'époque essayaient de singer les Russes. Ainsi, Bernard Blier et Françoise Rosay sont des russes. Il ne faut pas trop chercher de côté là. Mais surtout ce qui choque ce sont les décors, qui font très cartons-pâtes. Puis avec l'arrivée de la grande tante (Françoise Rosay) le film s'améliore. Quoiqu'il faut noter dans cette première partie, une relation sado-masochiste assez audacieuse, et troublante même pour l'époque entre Gérard Philipe et Liselotte Pulver.

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La deuxième partie du film est la meilleure, car elle détruit totalement la première partie poussive par les résultats du jeu. Et les différents protagonistes vont à la rencontre de leur destin dans un épilogue, ou une 3ème partie assez différente du roman original de Dostoievski. Le jeu devient en effet ici une dénonciation des moeurs de la grande bourgeoisie, mais aussi le révélateur et surtout l'ascenseur social pour le domestique qui ne pouvait espérer tant. On ressort donc enfiévré de ce "joueur" et il donne énormément envie de redécouvrir "le rouge et le noir" du même Autant-Lara, avec le même Gérard Philipe. Et après l'avoir vu, on ne comprend pas bien pourquoi la jeune critique de l'époque, Truffaut en tête décidèrent de tirer à boulets rouges sur l'acteur, en le qualifiant "d'acteur indirigeable, terreur des metteurs en scène et dont le timbre de voix est une infirmité". On ne saurait être plus en désaccord avec Truffaut sur ce point, même si parfois Gérard Philipe en fait un peu trop. Mais ce n'est pas le cas ici.

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Ci-dessus : Gérard Philipe

Film disponible en Bluray zone B, au prix de 9,90 €

 

Note : 7 / 10

13/06/2014

Félicie Nanteuil - 1945

Même si ce blog porte essentiellement sur le cinéma américain, on fait parfois de formidables découvertes lorsqu'on s'intéresse au cinéma française. Ainsi, loin d'être une période absente de toute production, le cinéma français survécu pendant l'occupation et mettait en avant une importante production, financée en zone occupée par les capitaux allemands, de la firme Continental créée par Josef Goebbels. L'occupation du territoire décida aussi nombres d'acteurs, et techniciens à passer en zone libre ou à partir vers l'oasis que représentait Hollywood dans un monde en guerre. Pendant la même période, une collaboration voit le jour entre la France de Vichy et l'Italie et de nouvelles compagnies cinématographiques voient le jour, comme Discina, Impéria, Cimex, Invicta. Toutes ces firmes se mettront à produire des films français pendant toute la période de la guerre. Et donc c'est Impéria qui lance en production ce "Félicie de Nanteuil". Le scénario est écrit par Curt Alexander (scénariste de Max Ophüls, mais aussi de Jacques Tourneur) et Charles de Peyret-Chappuis.

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Marc Allégret le réalisateur fait lui appel à son collaborateur, Marcel Achard. Le film repose sur un trio composé de Micheline Presle, Claude Dauphin, et Louis Jourdan. Claude Dauphin on se rappelle de lui aujourd'hui, surtout pour son interprétation de chef de bandes, dans "Casque d'or" (1952) de Jacques Becker. Pourtant il devait tourner 9 films pendant l'occupation. Les prises de vue débutent le 25 avril 1942 au studio de la Victorine à Nice. Pourtant le film ne devait pas avoir une histoire facile en cette période troublée. Ainsi le scénariste Curt Alexander (résistant allemand) devait être fusillé peu après par les Nazis. Et Claude Dauphin devait rejoindre le général De Gaulle à Londres et les Forces Françaises Libres. Les Allemands décident donc d'annuler la sortie du précédent film de Claude Dauphin, "la belle aventure" (avec également Micheline Presle et Louis Jourdan). "Félicie de Nanteuil" subira le même sort, mais sortira finalement après la guerre et aura un énorme succès public, mérité avec plus d'1,8 millions d'entrées. Succès mérité, car le le film passionne tant par son histoire proche de celle du film hollywoodien, "une étoile est née", que par sa forme parfaite où la beauté de Micheline Presle rivalise avec les fantastiques jeux d'ombres et d'éclairages du directeur de la photographie, Louis Page. "Félicie de Nanteuil" a malheureusement ses 12 premières minutes très abîmées. Mais rassurez-vous ! Ensuite, la restauration est parfaite, et rien ne vous empêchera de profiter pleinement de cet étonnant chef-d'oeuvre oublié du cinéma français, découvert récemment à 3,50 € sur Amazon.

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Ci-dessus : Micheline Presle et Louis Jourdan

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Ci-dessus : Micheline Presle et Claude Dauphin

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Ci-dessus : Micheline Presle et Claude Dauphin

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Ci-dessus : Louis Jourdan & Micheline Presle

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Ci-dessus : Micheline Presle et Claude Dauphin

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Ci-dessus : Louis Jourdan et Micheline Presle

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Ci-dessus : Louis Jourdan & Micheline Presle

Film disponible en VF (évidemment) en DVD Zone 2.

Note : 8,5 / 10

10/05/2014

Marie-Antoinette - 1956

Dans la série "massacre du cinéma français", il y a aussi le "Marie-Antoinette" de Jean Delannoy. Il y avait pourtant tout pour faire un beau film : un bon casting avec en tête Michèle Morgan très convaincante en Marie-Antoinette, un très bon réalisateur Jean Delannoy à qui on doit quelques grands films du cinéma français. Pourtant c'est encore une fois, la désastreuse copie de Gaumont qui gâche le plaisir du spectateur. Ainsi les couleurs sont délavées comme jamais, pire l'éditeur arrive à massacrer son film en supprimant quelques images de la fin du film, enlevant ainsi tout lyrisme, tout aspect dramatique à l'ensemble de l'oeuvre. Ils sont vraiment très forts chez Gaumont pour massacrer leur patrimoine. Rien à dire là dessus.  Donc sinon le film mériterait un bien meilleur sort, et une autre édition que la misérable édition sortie dans la collection "Gaumont à la demande", qui pour un prix de 12,90 € nous donne à voir un film incomplet ... Scandaleux ! Quand on pense que quelqu'un est peut être payé pour suivre ces éditions et qu'il y a 5 millions de chômeurs ... Un conseil : Gardez votre argent. A l'heure du Bluray cette édition est une horreur, pire : un outrage à l'oeuvre originale de Jean Delannoy.

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Film disponible en DVD dans une édition désastreuse de Gaumont à la demande.

Note :  7 / 10

Note de l'édition Gaumont : 3,5 /10

09/05/2014

L'affaire des poisons - 1955

Le cinéma français s'est intéressé à l'histoire de France par moment. Ainsi "l'affaire des poisons" reprend la narration d'un célèbre scandale qui s'est produit à l'époque de Louis XIV vers 1680. Le film prend beaucoup de libertés avec la réalité. Mais ce n'est pas le seul défaut. En effet, Gaumont nous propose une honteuse copie au Technicolor tellement délavé qu'on a parfois l'impression de regarder un film colorisé voir monochrome. A cela, il faut ajouter une définition incertaine et des tâches multiples. Comment peut on sortir un tel film en 2014 ? Mystère. Pourtant il y avait de quoi plaire à un amoureux d'histoire comme moi. En plus le casting était plutôt alléchant avec Danielle Darrieux en marquise de Montespan. On remarquera que le réalisateur Henri Decoin était le mari de Danielle Darrieux jusqu'en 1941. Ce film est bien la preuve que l'actrice et le réalisateur conservait toujours des relations amicales, leur permettant de travailler ensemble. Pour le reste du casting, il y a donc Viviane Romance dans le rôle de La Voisin, Pierre Mondy en capitaine de police, Paul Meurisse en Abbé, Albert Rémy dans le rôle du bourreau, ou encore Christine Carrère en duchesse de Fontanges.

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Le film est donc aujourd'hui difficilement regardable. Autant par la très faible qualité de l'image, que par la musique assourdissante et insupportable de René Cloërec. On retrouve une belle photographie de Decoin par moment, et celui-ci sait travailler le côté gothique d'une telle histoire. Malheureusement cela fait bien peu et le film n'est pas non plus exempt de longueurs. On se retrouve donc devant une espèce de Gloubi-Boulga informe et assez pénible à voir. Si à tout cela on doit rajouter un son parfois inaudible, l'absence de chapitres, ou de bonus. On finit par avoir qu'une seule envie, c'est de jeter cette chose infâme que Gaumont ose appeler un DVD, très loin par la fenêtre.  Pourquoi Gaumont peut sortir de belles éditions et des films aussi pourris que "l'affaire des poisons" ? Je n'ai pas de réponse. Pauvre cinéma français. Il ne mérite pas de telles éditions. D'ailleurs ce n'est pas "Gaumont à la demande" que devrait s'appeler cette collection, mais "Gaumont à la poubelle". Car malheureusement ce n'est pas, le seul film de cet éditeur sorti dans un état déplorable. Nous le verrons plus tard.

 

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Ci-dessus : Viviane Romance et Paul Meurisse

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Ci-dessus : Danielle Darrieux (masquée) et Viviane Romance

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Ci-dessus : Renaud Mary et Danielle Darrieux

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Ci-dessus : Christine Carrère (en couleur ?)

Film disponible en DVD zone 2 en VF, dans une édition désastreuse de Gaumont à la demande.

 

Note du film : 4,5 / 10

Note du film dans l'édition Gaumont à la demande : 2,5 / 10

16/03/2014

Madame de ... - 1953

Max Ophüls a sans nul doute était le réalisateur préféré de Danielle Darrieux et cette dernière sans aucun doute, son actrice préférée. On sent bien une complicité évidente entre le réalisateur et l'héroïne de "Madame de ...". Danielle Darrieux confirmera d'ailleurs plus tard, sa parfaite entente avec Max Ophüls. Que de chemin parcouru pour Danielle Darrieux, depuis "Volga en flammes" ( "Madame de ..." a été tourné dans sa période française, après "le plaisir" (1952) et "la ronde" également avec Danielle Darrieux. "Le plaisir" (1952), précédent film de Max Ophüls, n'avait pas eu un grand succès public, malgré son incomparable réussite formelle. Avec "Madame de ..." on est devant un nouveau chef d'oeuvre d'un des grands maîtres du cinéma. Ainsi, si la distribution tourne presque uniquement autour de Charles Boyer, Danielle Darrieux, et de Vittorio De Sica, cela ne lasse jamais et le film est parfaitement écrit et réalisé. Alors, c'est vrai qu'Ophüls a l'avantage de se reposer sur un récit de Louise de Vilmorin. Cette dernière ne reconnaissait pourtant pas le film, comme une bonne représentation de son roman et devait même le qualifier de "rasoir". Pourtant, comme nous allons, le voir, il n'en est rien.

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L'histoire de "Madame de ..." c'est autant l'histoire de la vie sentimentale d'une jeune femme de la haute bourgeoisie à la fin du 19ème siècle, que l'histoire d'un bijou. Le drame est somptueux, et si Max Ophüls garde son style si particulier, on sent aussi qu'il subit l'influence de Vincente Minnelli, qui a réalisé "Madame Bovary" (1949), quelques années plus tôt. Ainsi, plus encore que dans son oeuvre précédente, Max Ophüls nous donne à voir des scènes de bal et se complaît à filmer Danielle Darrieux en train de danser, comme si la danse devait remplacer une étreinte charnelle, qui ne peut exister ni dans l'histoire, ni sur l'écran. Ophüls montre très souvent des glaces et des escaliers. Si Lubitsch avait l'obsession des portes et des univers un peu parallèles qu'une porte pouvait cacher, pour Ophüls la glace et les escaliers sont très présents, comme souvent dans ses films. Et si les glaces, et les escaliers, ont un rôle, des bijoux tiennent également un grand rôle, presque aussi important que ceux des acteurs principaux. Ceci dit, Ophüls se sert également d'une porte pour permettre à Danielle Darrieux de lancer sa plus célèbre réplique : "Je ne vous aime pas !", répétée trois fois, comme l'aveu d'un amour impossible. Danielle Darrieux devient alors là, une seconde Garbo.

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Ci-dessus : Danielle Darrieux dans "Madame de ..."

Max Ophüls devait écrire à Danielle Darrieux : "Votre tâche sera dure. Vous devrez, armée de votre beauté, votre charme et votre élégance, incarner le vide absolu, l’inexistence. Vous deviendrez sur l’écran le symbole même de la futilité passagère dénuée d’intérêt. Et il faudra que les spectateurs soient épris, séduits et profondément émus par cette image." On peut considérer que la mission est totalement réussie.  Et peut être, toute la force et le mystère de,  "Madame de .." peuvent se résumer en ces quelques vers d'Alphonse de Lamartine : "Objets inanimés, avez-vous donc une âme, qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?". Spectateur de notre temps, c'est à vous de le découvrir !

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Ci-dessus : Charles Boyer et Danielle Darrieux

 

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Ci-dessus : Vittorio De Sica et Danielle Darrieux

 

Danielle Darrieux raconte sa relation de travail avec Max Ophüls :

http://www.ina.fr/video/I00012943

 

Témoignages sur Danielle Darrieux et Max Ophüls :

http://www.ina.fr/notice/voir/I00012938

 

Sur la musique du film, Danielle Darrieux interprête "l'amour m'emporte" :

 

Un jeune anglais parlant en termes élogieux, de "Madame de ..." (désolé c'est en anglais). Cela fait plaisir de voir la jeune génération s'enthousiasmer pour le cinéma des années 50 :

 

Film disponible en DVD et Bluray restauré en Version Française.

Note : 8 / 10

04/03/2014

le plaisir - 1952

On doit redécouvrir de toute urgence le cinéma de Max Ophüls. Ophüls, cinéaste français d'origine allemande, semble posséder la profondeur de l'âme français enracinée au plus profond des campagnes de la fin du 19ème siècle. Ainsi, ce parcours de 3 nouvelles de Maupassant par Ophüls, est admirable. La deuxième nouvelle, "la Maison Tellier" est entourée par 2 autres nouvelles, "Le masque" et "le modèle", plus courtes. Jacques Natanson et Max Ophüls, tous deux responsables du scénario, nous présentent plusieurs visages du plaisir : le plaisir et l'amour, le plaisir et la vertu, et enfin le plaisir et la mort. Ici le plaisir n'a rien de charnel, il est ici plaisir sous-entendu, plaisir de salon ou de maison. Mais le plus difficile est de savoir par où commencer pour vous expliquer la beauté de ce film. Mais peut être devrais-je commencer, par le commencement. Ainsi le film s'ouvre sur une première histoire, qui prend place dans un cabaret. Comme à son habitude, Ophüls donne un incroyable mouvement aux scènes de cabaret, laissant le spectateur comme emporté par la fête et l'ivresse de la danse. Puis une leçon de vie, clôture cette scène de bal. La maïtrise de la forme est parfaite dans cette première nouvelle qui donne le ton. La scène du bal rappelle par moment par quelques effets, la scène de bal du "Madame Bovary" (1949) de Vincente Minnelli.

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La deuxième nouvelle est donc la maison Tellier, qui regroupe Madeleine Renaud, Ginette Leclerc, Danielle Darrieux, Pierre Brasseur et Jean Gabin. Cette nouvelle a une scène un peu faible ou les clients d'une maison close se retrouvent de dos, devant une jetée qui n'est en fait qu'un décors. Erreur d'Ophüls, mais qui choque d'autant plus devant l'incroyable qualité formelle de l'ensemble. La mauvaise impression de cette courte scène est vite rattrapée, et la visite de la campagne normande, parcourue par les citations de l'oeuvre de Maupassant font tout oublier. On croit parfois se retrouver dans un tableau impressionniste de Monet. On frissonne donc devant un film de première importance qui touche à l'intimité d'une identité d'un peuple. La troisième nouvelle clôture le film, dans une leçon de vie qui nie au bonheur d'avoir pour compagnon la joie.

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"Le plaisir" est donc autant un film littéraire, que social, image de la France du 19ème siècle, tellement éloignée de nous, mais pas autant que ça, à bien y réfléchir. Je finirai cet article en laissant la parole à Mr Paul Vecchiali de la cinémathèque française : "Si l'on devait ne retenir qu'un plan dans toute la cinématographie française, si riche en cadeaux de toutes sortes, ce serait celui où, dans un pré orné de fleurs artificielles, après le chant des pensionnaires de la Maison Tellier (« Combien je regrette... »), Darrieux répond à Gabin, s'excusant d'avoir été « un peu chaud », ce « merci » qui exprime par la voix, le retour à la dignité ; par l'attitude, l'aveu d'un amour impossible. Au risque d'être partial, je dirai que ce moment de cinéma pur justifie à lui seul que les frères Lumière aient un jour découvert le mouvement des images." On ne saurait mieux dire, pour vous convaincre d'acquérir à toute force, le Bluray des éditions Gaumont, récemment sorti.

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Ci-dessus : une image colorisée mais c'est pour vous montrer l'impression de se trouver parfois devant un tableau de Claude Monet.

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Film disponible en Bluray chez Gaumont Version française.

Note : 8,5 / 10

26/11/2013

Les Tontons flingueurs - 1963

Il y a quelques films qui sont cultes, pour nous Français. Et c'est vrai que "les tontons flingueurs" en font partis. Avec la disparition récente de Georges Lautner, on ne peut que penser à son plus grand succès et à son association avec Michel Audiard, qui devaient nous donner ce cinéma d'Audiard qui manque tant à une époque comme la notre. Le casting était admirable, avec en tête Lino Ventura, Bernard Blier, et Francis Blanche. Et on devait revoir beaucoup d'acteurs des "Tontons" dans beaucoup films français de Lautner. On repense à "Des pissenlits par la racine" (1964) ou à "ne nous fâchons pas" (1966). Il était beau le cinéma français de papa. Il avait de la gueule, des couilles, et il ne s'en laissait pas compter. C'était un cinéma d'homme, mais qui voulait dire quelque chose. Hollywood Classic vous propose donc un reportage sur la naissance et le tournage des "Tontons flingueurs", en mémoire de Georges Lautner, grand réalisateur français, disparu récemment.

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Ci-dessus : Lino Ventura & Claude Rich

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Ci-dessus : Jean Lefebvre, Francis Blanche, et Bernard Blier

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Ci-dessus : Sabine Sinjen et Claude Rich


Film disponible en DVD et Bluray zone B.

 



 

Note : 8,5 / 10

26/10/2013

La belle et la bête - 1946

Si on ne peut pas retirer quelque chose à Jean Cocteau, c'est bien son courage. Je ne peux pas dire que je suis un fan de son oeuvre littéraire ou cinématographique. Mais même pour les personnes un peu hermétique au grand homme, on reste abasourdi par le courage du réalisateur de "la belle et la bête". En effet cette libre adaptation du conte éponyme, du recueil, "le magasin des enfants" de Madame Leprince de Beaumont datant de 1757, n'avait rien d'une sinécure. Tout d'abord le sujet, était très difficile à mettre en images. Et Cocteau devait multiplier les trucages et les maquillages avec les moyens de l'époque. Enfin on a tous le souvenir d'adaptations cinématographiques désastreuses d'un conte. Ici, ce n'est pas le cas. Tout au contraire, Cocteau magnifie son sujet, mais surtout lui donne un réalisme et une consistance tout en le baignant dans le merveilleux. C'est d'ailleurs ce rapport entre vie réelle et merveilleux qui restent 67 ans après, peut être le plus troublant. Enfin, on sait que Cocteau a été gravement malade sur le tournage et fut dans l'obligation de l'interrompre pendant trois semaines pour se faire hospitaliser. On sent bien à l'image, la souffrance du réalisateur, qui faisait  de son côté, souffrir son acteur Jean Marais avec trois heures de maquillage journalier. Cocteau trouve le moyen de laisser l'image se rapprocher d'une esthétique proche de celle de Gustave Doré, ou d'habiller Josette Day pour la faire ressembler à "la jeune fille à la perle" de Johannes Vermeer. On pourrait peut être reprocher à Cocteau de laisser sa fin en suspens, mais peut on reprocher à un poète de vouloir à toute force faire travailler l'imagination du spectateur ? Non. En ce qui concerne, la version proposée en Bluray et sortie récemment, elle nous propose de redécouvrir cette oeuvre, parcourue par la très belle et énigmatique musique de George Auric, dans des conditions optimales. Alors un seul conseil, ne vous en privez pas !

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Ci--dessus : Josette Day et Jean Marais

Pour aller plus loin :

http://www.alalettre.com/actualite-la-belle-et-la-bete.php

Jean Marais raconte le tournage :

 

La Bande-annonce :

 

Extrait de la musique de la Belle et la Bête par Georges Auric :

 Disponible en DVD et Bluray !

Note : 8,5 / 10