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03/12/2012

La blonde framboise / The Strawberry Blonde - 1941

"La Blonde framboise" est tirée de la pièce de James Hagann intitulée One sunday afternoon, que Raoul Walsh réadaptera une nouvelle fois en comédie musicale pour Dennis Morgan, Janis Paige et Dorothy Malone. Le film est également le remake de One Sunday Afternoon (1933) de Stephen Roberts, interprêté par Gary Cooper et Fay Wray. Les vedettes principales sont James Gagney, Olivia de Havilland, et Rita Hayworth. Le rôle de Rita Hayworth avait été écrit à l'origine pour Ann Sheridan, mais cette dernière refusait de jouer dans ce film car elle était en conflit avec Jack Warner qui avait refusé de la laisser jouer dans une comédie musicale de la Twentieth Century Fox. La Warner fut dans l'obligation de négocier avec la Columbia car Rita Hayworth était en contrat avec cette dernière société. Elle fut donc prêtée pour ce film et pour un autre, mais la Warner ne put jamais racheter son contrat.

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Si Rita Hayworth devait bien s'entendre sur le tournage avec James Cagney, il n'en fut pas de même avec Olivia de Havilland. Quant au film lui même ? Il serait de bon ton de dire que c'est une comédie légère de l'époque, mais pour ma part j'ai trouvé cela extrèmement daté et pour tout vous dire, je trouve que ce film a très mal vieilli. On a l'impression que le film a été fait pour un public de personnes âgés vivant en 1941, pour leur rappeler le bon vieux temps d'avant la première guerre mondiale ... Donc on retrouve les moeurs de l'époque avec la ballade du dimanche après-midi, sous les mélodies éternellement les mêmes  et définitivement vieillies de la fanfare de quartier. Rien de bien excitant.

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Enfin si Cagney est présent sur le métrage et a demandé que Raoul Walsh soit le réalisateur, on peut réellement se poser la question de ce que le film aurait donné si le rôle avait été donné à un autre acteur comme Errol Flynn par exemple et si le héros avait été mis en valeur. Cagney semble totalement à côté de son rôle. Aujourd'hui, James Cagney reste pour le public, l'éternel interprête des durs des films de gangsters comme dans "les fantastiques années 20", "l'ennemi public" ou "l'enfer est à lui". On a donc réellement du mal à croire en lui dans un rôle de joli coeur. Il se fait d'ailleurs tabasser, et rouler le plus souvent. Et même Alan Hale qui avait généralement un rôle de faire valoir dans les films de Flynn se retrouve à inverser les rôles. Preuve en est, Cagney répète à n'en plus finir "I take nothing, from nobody", comme si il avait besoin de le répéter sans fin pour que le public y croit. Seul Jack Carson semble crédible dans son rôle de patron véreux. "La blonde framboise" est donc un film relativement plat, qui tourne en plus autour de l'univers des dentistes, de molaires arrachées et des premières anesthésies. Qui aime les dentistes, aimera peut être ce film. Mais pour moi au mieux, tout cela tombe à plat, avec une qualité d'image qui en plus, est très moyenne.

Disponible en DVD dans les Trésors Warner (zone 2)

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On ne me fera pas croire que cette musique composée en 1895, n'était pas déjà super datée en 1941 :

 

 

NOTE : 5,5 / 10

29/10/2012

La fille du désert / Colorado Territory - 1949

"La fille du désert" tourné par Raoul Walsh en 1949 est un très bon western. Il bénéficie tout d'abord d'une distribution intéressante avec en vedettes principales Joel McCrea et Virginia Mayo. Cette dernière tente d'ailleurs de voler la vedette à un McCrea peut être un peu fade. Ce qu'il y a de fascinant dans ce film c'est qu'il parle beaucoup de conditions humaines tout en revisitant les thèmes habituels du western (attaque de diligence ou de train, bagarres, réglement de comptes). En effet, généralement les habituels hors-la-lois sont montrés comme des êtres nuisibles à la société. Ici ce n'est pas le cas. Les hors-la-lois sont présentés comme des êtres incapables d'échapper à leur destin. En cela le traitement de ce western est profondément humain. Il n'y a pas de héros, mais bien un couple d'anti-héros McCrea/Mayo. Ainsi, ni l'un ni l'autre ne pourront échapper à ce qu'ils sont. Enfin les honnêtes gens sont souvent montrés comme sans aucun sentiment, avides de profits (prime), et surtout sans aucune pitié.

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Alors même si il ne va pas toujours au bout de ses idées, ce western est très intéressant. Il ne montre pas le vice pour le vice. Mais bien la route de la désobéissance contre une société injuste par amour pour l'autre, en somme un espèce d'appel à la liberté 19 ans avant 1968. Ainsi, "La fille du désert" commence à aborder des thèmes que "Bonnie & Clyde" finira de parcourir 18 ans plus tard. En cela ce film est profondément novateur pour l'époque. On se prend donc à espérer une vie meilleure pour le couple Mayo/McCrea et on se met à croire qu'ils vont s'en sortir l'un et l'autre échappant aux braves fermiers déterminés à les anéantir. Oserais je dire qu'ils essayent d'échapper à une société aliénisante ? Et aujourd'hui sommes nous réellement libres ? Ce western ne fait il pas échos à nos propres servitudes, à nos propres renoncements ? Quoiqu'il en soit, la fin tragique, si belle et si mythique où le combat pour la liberté et l'amour se terminent les armes à la main fait rêver, tout en rappellant à nous la froide réalité, qui mettra le rêve de libération humaine entre paranthèses encore pour quelques années. Pour résumer et conclure "la fille du désert" est une belle oeuvre tout à fait recommandable par le caractère novateur qu'elle apporte au cinéma de cette époque et pour ce qu'elle préfigure.  Merci Mr Walsh !

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Ci-dessus : La sublime Virginia Mayo

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ci-dessous : Mc Crea et Mayo dans la scène finale mythique

 

Disponible en DVD "Trésors Warner" Zone 2.

Image : passable. Film qui mériterait un nouveau master sans aucun doute.


Note : 7 / 10

05/09/2012

Uncertain Glory / Saboteur sans gloire - 1944

Saboteur sans gloire est un film de 1944 de Raoul Walsh. C'est un de mes films préférés avec Errol Flynn. En effet, Flynn joue un rôle à contre emploi de son rôle d'éternel héros. Là il est dans la peau d'un criminel, Jean Picard, comdamné à mort. Mais un bombardement de sa prison par l'aviation alliée fait suspendre l'execution et mieux lui offre la possibilité de s'enfuir et d'échapper à son triste sort. Paul Lukas qui joue le rôle d'un inspecteur, part alors à sa recherche, le rattrape et veut le ramener. Mais la France est occupée et la Résistance pose des bombes. Les Allemands veulent donc des otages ne pouvant arrêter le résistant coupable d'avoir fait sauter un pont. Picard avoue donc à Bonnet qu'il veut sauver les otages en se faisant passer pour le résistant responsable du sabotage. Mais est il réellement sincère ?

 

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L'intrigue lancée, Walsh explore le thème de la rédemption qui ne peut qu'intervenir ici que libre et par amour pour l'autre, mais sous la menace de la mort. Le film nous invite donc à revoir l'idée que nous nous faisons de l'Homme, voir du criminel endurci. Assez révolutionnaire pour l'époque. De son côté, Flynn ayant eu à faire à des accusations de relations sexuelles avec mineure, avant de tourner ce film, est par conséquent finalement assez crédible dans son rôle et trouve avec ce film lui aussi sa rédemption.  Jean Sullivan dans le rôle de la fiancée de Flynn et est également très convaincante. On retrouve enfin Faye Emerson représentée en femme de gangsters, ou pire ... L'autre thème du film est la description saisissante d'un village français occupé. L'étude sociale qui en est fait par les Américains en est à ce titre assez saisissante de réalité.

 

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 Ci-dessus : Jean Sullivan et Errol Flynn

On pourrait penser que c'est un film américain de série, mais c'est un chef d'oeuvre de psychologie et de philosophie. Donc procurez vous "Saboteur sans gloire", et donnez à ce film la possibilité de sortir de l'oubli et donnez lui la rédemption qu'il mérite lui aussi.

 

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  Ci-dessus : Jean Sullivan et Errol Flynn

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La magnifique Jean Sullivan ci-dessous :

 

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 Bande-annonce :


La phrase du film : "L'amour fait passer le temps et le temps fait passer l'amour."

 

La réplique du film :

-"C'est un vieux cheval. Il est comme le pays. Il est vieux et fatigué. Mais il veut pas mourir".

-"Qu'est ce qui le fait tenir ?"

-"Le courage."


Note : 9 / 10