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30/10/2012

Key Largo - 1948

"Key Largo" tourné par John Huston raconte l'histoire d'un soldat démobilisé, Frank (Humphrey Bogart) qui vient présenter ses condoléances à la famille d'un de ses camarades de guerre, tué au combat. Il rencontre donc sa soeur (Lauren Bacall) et son père (Lionel Barrymore). Ce dernier a un hotel qui se révèle être occupé par des gangsters menés par Edward G. Robinson. Le scénario posé le huis-clos va se révéler total et l'affrontement titanesque entre un Bogart rusé comme un renard et un Edward G. Robinson au mieux de sa forme.

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Comme dans "Johnny Roi des gangsters", l'organisation criminelle n'est pas là non plus florissante.  Robinson (Johnny Rocco) et sa bande doivent se faire passer pour des touristes, et fuient la police. Les références de Robinson aux temps passés sont constantes. Ainsi, il explique qu'il avait l'habitude de faire valser les politiciens selon ses désirs. Mais ces temps sont révolus. Il n'est qu'un paria en fuite. C'est d'ailleurs à Key Largo, qui est un peu le bout de l'Amérique et la route vers une futur sortie, qu'il se décide à aller. D'ailleurs tout le long du film l'idée de partir sur un yacht revient sans cesse. De son côté Bogart, représente le bien, l'honnête soldat qui a défendu le monde contre le nazisme pendant que les Rocco restaient au pays faire des affaires louches et profiter du système. La famille prise en otage, l'affrontement ne va pas être tant physique que psychologique. Et le soldat va trouver en face de Rocco un adversaire aussi coriace que les soldats qu'il a combattu.

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Ci-dessus Humphrey Bogart et Edward G. Robinson :

Alors bien entendu, certains pourront trouver ce film, trop simpliste ou trop binaire. Mais il y a réellement quelque chose de magique dans ce film. Il y a l'affrontement de 2 monstres sacrés Bogart et Robinson qui ont fait tant et tant de films de gangsters et qui reprennent une nouvelle fois le costume, avec en plus Laurent Bacall et Lionel Barrymore. Et si il fallait encore en ajouter il faut savoir que Claire Trevor qui joue la compagne de Robinson dans le film recevra un oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation.

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Ci-dessus Bacall et Bogart sur le tournage de Key Largo :

Enfin je ne peux finir cette note sans dire quelques mots sur la musique de Max Steiner qui est tout simplement magistrale. J'ai bien peur de me répéter. Mais se rendra t'on compte un jour de l'apport de Max Steiner au cinéma hollywoodien ? Il faut juste savoir que cet homme a composé la musique symphonique de quelques 300 films !! Les hommes passent mais la beauté laissée par eux restera pour l'éternité. Ainsi, "Key Largo" restera à jamais comme un de ces phares lumineux qui indiquent le chemin dans la plus dure des tempêtes et dans la plus noire des nuits. Je vous recommande donc très fortement de voir ce film. J'ai du le voir 5 fois ! La qualité d'image sur les différentes éditions est tout à fait correcte, même si on préférerait le voir en Bluray encore restauré évidemment.


Extrait de la musique de Key Largo :


 

Note : 9 / 10

26/10/2012

La seconde Madame Carroll / The Two Mrs Carrolls - 1947

La seconde Madame Carrolls est un film de Peter Godfrey de 1947. Il montre la folie d'un artiste peintre qui ne peut peindre que quand il empoisonne sa femme à petits feux (au verre de lait empoisonné). Sa première femme décède alors ainsi. On a du mal à le croire d'ailleurs. Finalement, il se remarie, car à chaque fois il a une nouvelle femme en vue, qui lui fait abandonner la précédente. Le film peut être vu comme un peu lent à certains endroits. Mais, il fait penser à certains films d'Hitchcock. La réception par la critique ne fut pas très bonne. Pourtant il a plusieurs qualités. Déjà, il a un très bon casting. En effet, on retrouve Humphrey Bogart, Barbara stanwyck et Alexis Smith. Barbara stanwyck c'est bien entendu la star des années 30 et 40 dont l'étoile ne palit pas. Alexis Smith est connue de son côté, pour avoir été la partenaire d'Errol Flynn dans de nombreux films comme "Gentleman Jim", "San Antonio" ou encore "Montana". De plus, la musique de Franz Waxman est une pure merveille symphonique qui fait monter la tension du spectateur à son paroxysme. Ainsi la scène de la découverte de son tableau par la seconde madame Carrolls est terriffiante presque uniquement par la musique.

 

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A noter les 2 affiches avec un titre français différent et avec un "s" ou non sur Carrolls.

La scène où Bogart veut forcer la porte de la chambre de sa femme, est accompagnée d'une musique qui augmente la terreur et l'angoisse du spectateur à son paroxysme. La musique composée par Waxman arrive à porter les thèmes de l'angoisse, de la peur, mais aussi du désespoir d'une femme blessée physiquement mais aussi au coeur, et qui voit son mari tel qu'il est, c'est à dire fou. Le film finira d'ailleurs par une blague de Bogart. On peut se demander si ce n'était pas une initiative des scénaristes pour détendre le spectateur avant sa sortie du cinéma ? Pour ma part, je pense donc que ce film a été très sous-estimé au moment de sa sortie et mérite bien mieux que les critiques fades dont il a été l'objet. Film disponible dans la collection "Trésor Warner".

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Ci-dessus Bogart et Barbara Stanwyck :

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Ci-dessus : Alexis Smith

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Ci-dessus : Alexis Smith  (Photo glamour mais non tirée du film)

 

 Extrait de la somptueuse musique de Franz Waxman :

 

Note : 7 / 10

23/09/2012

Le trésor de la Sierra Madre - 1948

Le Trésor de la Sierra Madre est un film de John Huston. Le film s'inspire du roman éponyme de B Taven paru en 1927. Dans les rôles principaux on retrouve : Humphrey Bogart, Tim Holt et Walter Huston. John Huston joue également et fait  un tout petit rôle en début de film. Il fait le rôle d'un riche américain qui donne plusieurs fois de l'argent à Bogart qui mendie.

 

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Le film évoque l'aventure passionnante de 3 vagabonds qui décident de devenir chercheurs d'or au Mexique dans les années 20. Le  scénario semble être une attaque contre le capitalisme car finalement si les 3 hommes finissent par trouver une mine d'or et par avoir beaucoup d'argent, l'appat du gain aura raison de chacun d'eux. D'ailleurs dans le film, l'argent ne permet ni amitié, ni aucune relation normale avec les autres. La relation entre individus n'est qu'une relation basée sur le profit réciproque donc perverse. Ainsi même quand nos héros tentent de travailler ils sont exploités et volés en étant pas payés de leur peine au travail. La société semble s'acharner contre eux et leur refuse une sortie de la misère par le haut. Enfin quand nos héros s'attaquent à la nature pour extraire l'or, ils seront livrés à eux mêmes et donc à l'anarchie d'une micro société sans loi et sans civilisation. La nature et l'appât du gain ferait il revenir l'Homme à l'état d'animal ? Quand on voit ce film, il semblerait bien que oui.

 

Ci-dessous Bogart et Walter Huston (père de John Huston) :

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Le regard de Bogart est particulièrement hypnotisant. Et ce qui marque le plus dans ce film, en dehors des thèmes évoqués plus haut, c'est la non présence féminine. Il y a bien une jolie fille qui regarde furtivement Humphrey Bogart en début de film, mais c'est presque tout. On est rapidement dans un terrible huis clos avec pour toile de fond la montagne de la Sierra Madre.

 

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Je n'ai pas besoin de dire que la musique de Max Steiner est particulièrement efficace et soutient admirablement l'action tout le long du film. Ainsi et pour conclure comme Blaise Cendrars on peut dire après avoir vu ce film : "J'étais l'homme le plus riche du monde, l'or m'a ruiné." Ainsi, ce film nous appelle à méditer sur la richesse que nous possèdons en chacun de nous, et la seule qui vaille vraiment la peine que l'on se batte pour elle c'est à dire la vie elle même !

 

Un extrait de la musique ci-dessous :

 

Et la bande annonce en VF :

 


Le Trésor de la Sierra Madre ( bande annonce VF ) par guiderapide

 

La version Bluray de ce film est formidablement bien restauré.


Note : 9 / 10

10/09/2012

Casablanca - 1942

On a à peu près tout dit sur Casablanca. On considère ce film comme un film romantique, mais comme il se passe pendant la guerre, doit on le considérer comme un film de guerre ?

 

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Comme dans "Passage to Marseille" (commenté dans une note plus bas) qu'il précède, on a donc Michael Curtiz au commande. On retrouve dans le rôle principal Humphrey Bogart et comme partenaire Ingrid Bergman qui était à cette époque très très belle, le temps n'ayant pas encore eu prise sur elle. En second rôle, on retrouve Paul Henreid qui atteindra le top de sa popularité avec "une femme à la recherche de son destin" avec Bette Davis la même année. Puis bien entendu toujours dans les seconds rôles, il y a Claude Rains dans le rôle du préfet de police de Vichy qui ne sait pas encore si il doit se tourner vers les Nazis ou la France Libre. Et d'autres acteurs célèbres comme Peter Lorre qui fait un petit rôle au début du film, ou encore Sidney Greenstreet. Bref du beau monde pour un beau film.

 

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L'histoire tourne autour d'un café de Casablanca qui est le microcosme politique de l'époque. Le Maroc étant proctectorat français du gouvernement de Vichy il n'est donc pas occupé par les Allemands. On  retrouve donc dans ce café américain de Casablanca, les comploteurs, les nazis, les vychistes, les résistants, les profiteurs de guerre, les déracinés, les persécutés. Bref tout ce que la guerre a pu créer se retrouve dans ce café. Les espoirs naissent ou disparaissent pour accéder à un monde nouveau et libre : l'Amérique. Car c'est à Casablanca qu'on y vient chercher un visa pour le Portugal et ensuite du Portugal l'Amérique. Dans cette ambiance, Rick (Humphrey Bogart) va se retrouver à devoir gérer un terrible conflit intérieur : Aider le mari résistant de son ancienne petite amie dont il est encore fou amoureux, ou le dénoncer, l'abandonner et retrouver celle qu'il aime.

 

Dans le film, on ne voit pas la guerre, mais les conséquences de celle-ci : les séparations, les complots, l'envie de fuir la guerre et la misère, l'amour qui rapproche les êtres en dépit de la folie des Hommes. Bref, le cocktail est détonnant et permet de mettre en images les scènes les plus romantiques et les plus fortes du cinéma.

 

Ci-dessous la chanson que tout le monde connaît : You "must remember this, A kiss is just kiss ... As time goes by" où Bogart retrouve la femme qu'il a aimé. Elle est l'œuvre de Herman Hupfeld qui l'a composée en 1931 pour une revue musicale de Broadway. Le reste de la musique du film est de Max Steiner. 

 

 

 

Une scène qui m'a profondément ému est celle où les Nazis chantent leur hymne et où Paul Henreid demande à l'orchestre de jouer la Marseillaise au même moment. Cela n'a rien à voir avec du nationalisme. Mais finalement on devrait aujourd'hui se souvenir que c'était ça aussi la France : un esprit de résistance contre l'oppression, un idéal pour l'être humain. Et que si aujourd'hui des gens sifflent notre hymne national, on devrait se souvenir que d'autres sont morts en le chantant ou se sont battus pour qu'il soit chanté librement et fièrement et qu'en Amérique en 1942 il représentait quelque chose au moins dans les films.

 

 

Une bande annonce très récente :

 

 

Pour finir je laisserais la parole à Umberto Eco pour parler de ce chef-d'oeuvre car vouloir être exhaustif dépasserait très largement le cadre de cette note : "Ce film fonctionne en dépit des théories esthétiques et des théories cinématographique parce qu'en lui se déploient par force presque tellurique les Puissances de la Narrativité sans que l'art n'intervienne pour les discipliner. Mais dans ces conditions nous pouvons accepter que les personnages changent d'humeur, de moralité, de psychologie d'un moment à l'autre, que les conspirateurs toussent pour interrompre le discours quand un espion s'approche, que les joyeuses entraîneuses pleurent en écoutant La Marseillaise. Quand tous les archétypes déferlent sans aucune décence, on atteint des profondeurs homériques. Deux clichés font rire. Cent clichés émeuvent »



Note : 9 / 10

08/08/2012

La caravane Héroïque / Virginia city - 1940

Aujourd'hui j'ai envie de vous parler de Virginia City ou en français "la caravane Héroïque". Superbe film de Michael Curtiz. Michael Curtiz c'est le réalisateur hollywoodien par excellence. Venu d'Europe parlant très mal anglais il réalisa malgré tout 67 films entre 1930 et 1950 et encore d'autres après 1950. Il est connu surtout pour Casablanca avec Humphrey Bogart ou pour son Robin des Bois avec Errol Flynn.

 

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Dans Virginia City il est donc aux manettes. On retrouve dans ce Western une distribution fabuleuse : Errol Flynn, Randolph Scott. On a donc déjà du très lourd dans les vedettes masculines et en vedette féminine Miriam Hopkins. Dans les seconds rôles, Humphrey Bogart est également présent avec une petite moustache qui le rend antipatique. Mais c'est le but car il fait un rôle de hors la loi cupide et sans coeur. Et puis il y a la bande d'Errol Flynn en la présence d'Alan Hale et Guinn 'Big Boy' Williams.

 

Ci-dessous Miriam Hopkins :

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Ce que j'aime dans ce film c'est que les personnages ne sont pas ce qu'ils sont supposés être et que finalement chacun joue un double voir un triple jeu et qu'au bout du film chacun aura évolué positivement au gré des circonstances. L'humanité dépassant dans ce film tout ce que la guerre, la politique et les intérêts peuvent produire pour opposer les hommes les uns contre les autres.

Un très grand film qui va bien au delà du simple divertissement qu'il est censé produire.

 

La bande annonce :

http://movies.nytimes.com/movie/52859/Virginia-City/trail...



NOTE : 7 / 10