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31/01/2015

Robocop - 2014

Il y a des remakes qui font pâle figure face à l'original. C'est bien le cas de ce "Robocop" de José Padilha, avec Joel Kinnaman, Gary Oldman, Abbie Cornish et Michael Keaton. En premier lieu, l'acteur principal, Joel Kinnaman, ne fait pas passer beaucoup d'émotion, Abbie Cornish non plus en femme du héros, et franchement Michael Keaton en grand patron manipulateur, vous y croyez ? Seul Gary Oldman tire son épingle du jeu, dans un personnage, qui semble malgré tout, prendre trop de place dans l'histoire. On peut ajouter que les longues tirades de Samuel Lee Jackson sonnent faux, et le film a totalement perdu le ton kitch, irrévérencieux, underground et décalé de son illustre prédécesseur. Les bandits semblent trop bien élevés. Tout est trop lissé. Et ni le scénario, ni les acteurs n'ont l'air de savoir où ils doivent aller et où va le film. Rien ne semble maîtrisé en dehors peut être des scènes d'action. Mais elles semblent être la plupart du temps sans intérêt ou presque extérieures à l'intrigue. Même la musique de Pedro Bromfman, qui veut reprendre le thème principal de l'original de Basil Poledouris, ne le fait pas franchement et nous donne un thème musical tout ramolli. Paul Verhoeven peut donc dormir sur ses deux oreilles, son "Robocop" (1987) reste bien un classique du film de science-fiction, et cette version de 2014, finira sans doute dans les oubliettes de l'histoire du cinéma et n'est sauvée que par ses effets spéciaux. C'est finalement bien peu pour faire un grand film.

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Ci-dessus : Joel Kinnaman

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Ci-dessus : Joel Kinnaman & Gary Oldman

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Ci-dessus : Gary Oldman & Michael Keaton

Disponible en DVD & Bluray en Zone 2 ou B, VF et VO sous-titrée

Note : 5 / 10

29/01/2015

Sur la piste des Mohawks / Drums Along the Mohawk - 1939

Comme vous le savez peut être, l'année 1939 est l'année du renouveau du western dans le cinéma américain. Ainsi, le western avait eu ses heures de gloire, pendant la période du muet, mais malgré quelques exceptions, il était tombé dans la série B voir pire. On avait donc tourné beaucoup de westerns, avant 1939, mais souvent de très petits westerns. Donc 1939, c'est le retour du grand western avec successivement, "le brigand bien-aimé" avec Tyrone Power et Henry Fonda, mais c'est aussi l'année de "la chevauchée fantastique" d'un certain John Ford avec à l'affiche John Wayne. John Ford et Henry Fonda ont déjà tourné ensemble, cette même année 1939 "Vers sa destinée" (formidable film sur la vie du jeune Abraham Lincoln). "Sur la piste des Mohawks" doit donc être ajouté à la liste des grands westerns fordiens par son thème, qui nous montre un jeune couple de pionniers partant pour l'Ouest au moment de la guerre d'indépendance américaine. Ford se plait à filmer dans un style qu'il continuera d'utiliser bien plus tard, comme dans "la prisonnière du désert" (1954). On retrouve ce style si caractéristique, avec des ciels immenses, des personnages souvent minuscules et une nature toujours plus grande que l'Homme. Comme beaucoup d'historiens du cinéma, on peut supposer que le style de Friedrich Wilhelm Murnau (expressionniste allemand) a énormément influencé Ford dans son travail. "Sur la piste des Mohawks a pourtant été difficile pour Ford, car tout d'abord c'était son premier film en couleur, et qu'il a plut sans discontinuer les deux premières semaines. Ford retourne le problème de cette pluie pour nous donner une scène saisissante dans la cabane.

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Inspiré d'un roman de Walter D Edmonds, le scénario de Lamar Trotti, Sonya Levien et William Faulkner, commence là où beaucoup de westerns finissent par le mariage des deux personnages principaux : Henry Fonda et Claudette Colbert. On doute au début de la présence de Claudette Colbert dans un western. En effet, on était plutôt habitué, à la voir dans des comédies légères en particulier avec Clark Gable, comme "New-York Miami". Mais l'idée de Ford et du producteur Darryl Zanuck est génial, car il nous montre finalement la destruction du personnage habituel de Claudette Colbert dans cette nature sauvage. Alors c'est vrai que parfois dans certaines scènes, on doute un peu. Mais au final, l'idée marche plutôt bien. Les autres personnages secondaires sont comme à l'habitude avec Ford, très bien détaillés, en particulier celui de la veuve âgée et esseulée dans sa grande ferme (Edna May Oliver). Ford se sert du film pour nous faire passer sa vision de l'Amérique. Et il faut bien dire que le film est encore d'actualité. Car l'histoire d'un jeune couple qui s'installe et qui se retrouve au centre d'une guerre civile, plus ou moins ethnique, ne paraît pas si éloigné que ça de notre temps. "Sur la piste des Mohawks" est donc une très très bonne pioche de Sidonis, qui nous régale en plus d'un master de toute beauté, et d'un piqué quasiment chirurgical.

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Ci-dessus : Henry Fonda & Claudette Colbert

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Ci-dessus : Edna May Oliver & Claudette Colbert

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Ci-dessus : John Carradine

Disponible en DVD & Bluray en Zone 2/B, chez Sidonis Version Français et VO sous-titrée

Note : 8,5 / 10

26/01/2015

La Dynastie des Forsyte / That Forsyte Woman - 1949

"La dynastie des Forsyte" est un film en Technicolor produit par la MGM et réalisé par Compton Bennett. Ce dernier n'a pas une filmographie impressionnante, mais on se souvient tout de même de lui pour "le septième voile" (1945) avec James Mason et pour "les mines du roi Salomon" (1950). Le film est intéressant car il est l'adaptation de la première nouvelle de "la dynastie des Forsyste" de l'écrivain John Galsworthy. En plus, il nous permet de voir Errol Flynn dans un film posé et à la réalisation assez théâtrale, totalement en opposition avec ses prestations dans "Capitaine Blood" (1935), "l'aigle des mers" (1942) ou encore "les aventures de Robin des bois" (1938). En effet, "la dynastie des Forsyte" n'est pas un film d'aventures, mais bien un mélodrame. Le personnage de Flynn est d'ailleurs assez opposé à ses personnages habituels. Là il joue un homme riche, et beau, mais repoussé par la femme qu'il aime, car incapable de la laisser respirer. Flynn est superbement tragique dans son rôle, et détruit quelque peu son mythe de séducteur irrésistible, mais gagne si il en était encore besoin ses galons d'acteur. Néanmoins, malgré un travail extraordinaire de la MGM sur les costumes, le casting 4 étoiles, qui regroupent quand même Errol Flynn, Janet Leigh, Greer Garson, Walter Pidgeon (le savant fou de Planète interdite) et Robert Young, le film paraît parfois un peu guindé voir raide, et on sent de temps en temps, un manque de respiration. La musique de Bronislau Kaper aide malgré tout à donner de l'ampleur à l'ensemble. En résumé, l'appréciation est plutôt positive pour qui aime, les mélodrames, les adaptations littéraires et un Errol Flynn dans autre chose que des rôles d'aventuriers. A découvrir, ne serait-ce aussi parce que c'est un des 8 films du formidable duo Greer Garson / Walter Pidgeon.

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Ci-dessus : Greer Garson, Errol Flynn, Robert Young et Janet Leigh

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Ci-dessus : Errol Flynn (Jaloux ?)

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Ci-dessus : Greer Garson

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Ci-dessus : Greer Garson & Errol Flynn

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Ci-dessus : Greer Garson & Walter Pidgeon

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Ci-dessus : Janet Leigh & Robert Young

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Ci-dessus : Greer Garson & Janet Leigh

Film non disponible en France, uniquement disponible dans la collection Warner Archives en zone 1, sans sous-titres français

Note : 7 / 10

25/01/2015

Le Fleuve de la dernière chance / Smoke Signal - 1955

"Le fleuve de la dernière chance" est un western en Technicolor de l'Universal, au scénario très original de Jerry Hopper. Ainsi, le scénario, nous rapproche du film d'aventures tout autant que du western. Ainsi, le film nous raconte l'histoire d'une escouade de cavalerie, en territoires indiens, et assiégées dans un fort. Le seul espoir de survie pour ces hommes, apparaît rapidement être le fleuve qui coule à côté du fort. Il y a assez peu de westerns, où un fleuve est un élément central du récit. On pense à "la rivière sans retour" (1954) d'Otto Preminger avec Robert Mitchum et Marilyn Monroe, ou encore à "la captive aux yeux clairs" (1952) de Howard Hawks. Mais dans "le fleuve de la dernière chance", les scénaristes mettent en valeur, de façon assez unique dans l'histoire du western, un renégat, en la personne de Dana Andrews. Ainsi, Dana Andrews, joue un capitaine, déserteur de son régiment, parti vivre avec les indiens. C'est assez unique pour attirer l'attention du spectateur. Le film bénéficie de quelques belles scènes en extérieur en particulier un plan précis où on voit un chef indien de dos, qui regarde partir les soldats. Le plan est très fordien dans sa conception. Malheureusement, beaucoup trop de scènes sont tournées avec des transparences, assez peu convaincantes, qui décrédibilisent quelque peu le film. Heureusement, Dana Andrews et surtout Piper Laurie tiennent le récit. Si Dana Andrews fait le travail, Piper Laurie est quant à elle, très convaincante en fille de colonel à la recherche de la vérité et accessoirement de l'amour. Elle donne au film ces quelques moments de tendresse et d'émotion. La photographie est tout à fait correct et la direction musicale de Joseph Gershenson, rehausse l'ensemble de l'oeuvre. En résumé, "le fleuve de la dernière chance", est une bonne surprise, qui fait passer une plaisante soirée, du moment, où on ne lui en demande pas de trop. C'est donc une très bonne pioche de l'éditeur "Opening", qui nous donne en plus un master, exempt de défauts majeurs, sans être non plus extraordinaire. On regrettera par contre l'absence d'une présentation d'un historien du cinéma et d'une section bonus limitée, à la seule bande-annonce.

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Film disponible en DVD Zone 2, en VF et VO sous titrée chez Opening

Note : 6,5 / 10

24/01/2015

Le passé se venge / The crooked way - 1949

"Le passé se venge", est un film noir avec John Payne, Sonny Tufts, Ellen Drew, Rhys Williams, et Percy Helton tourné par Robert Florey. Florey a eu une importante carrière. Je me permets de citer un article de Wikipédia très complet à son sujet : Orphelin très jeune, Robert Florey est élevé en Suisse. À son retour à Paris, en 1920, il collabore notamment à plusieurs magazines de cinéma, dont Cinémagazine et La Cinématographie française. Alors qu’il est à Nice pour interviewer Louis Feuillade, celui-ci l’engage comme assistant et comme acteur sur "L'Orpheline". Avec sa longue silhouette dégingandée et son éternel sourire, il apparaît dans vingt-cinq courts métrages de Feuillade. Parti en 1921 à Hollywood comme envoyé spécial de Cinémagazine, il s’y installe et devient tour à tour gagman pour la Fox, directeur de la publicité pour le couple Douglas Fairbanks-Mary Pickford, ami intime et chargé de relations publiques de Rudolph Valentino et interviewer de toutes les grandes stars hollywoodiennes. Ses rencontres lui fourniront la matière de nombreux articles qui deviendront ensuite des livres tels que "Deux ans dans les studios américains" (1924).En 1927, après avoir été l’assistant de King Vidor et de Josef von Sternberg à la MGM, Florey réalise ses premiers courts métrages dont le côté poétique et même surréaliste surprend comme dans "Vie et mort de 9413 figurant d’Hollywood" (1928) sur un figurant rêvant d’être une vedette mais qui ne sera qu’un matricule à Hollywood et au ciel. Engagé ensuite par Paramount Pictures, il est envoyé aux Studios de Long Island pour réaliser les premiers essais parlants et chantants des stars de la compagnie. Dans la foulée, il met en scène "Night Club", premier long métrage parlant de la Paramount, puis reçoit la « mission impossible » de diriger les Marx Brothers dans leur premier film "Noix de coco" (1929). Ces fantaisistes iconoclastes apprécieront ce jeune réalisateur français de tout juste vingt-neuf ans, curieux, inventif, et à l’humour malicieux. Fin 1929, Robert retrouve la France pour tourner notamment "L’amour chante" avec Florelle et Fernand Gravey. Puis c’est "Le Blanc et le Noir" avec Raimu, adaptée d’une pièce de Sacha Guitry qui n’aurait pas été montrable aux États-Unis aux lois encore ségrégationnistes. Revenu à Hollywood et désireux de mettre en scène un film d’horreur, Robert Florey travaille à l’adaptation de "Frankenstein" de Mary Shelley qu’il devait réaliser mais la réalisation est finalement confiée à James Whale. À titre de consolation, Universal Pictures demande à Florey d’adapter à l’écran une nouvelle d'Edgar Allan Poe, "Double assassinat dans la rue Morgue", avec Béla Lugosi. Avec l’aide du chef opérateur Karl Freund il a élaboré des décors représentant le Paris du XIXe siècle s’inspirant des films expressionnistes allemands. Pour beaucoup d’historiens du cinéma, comme William K. Everson, les meilleures réussites de Florey sont les films à petit budget qu’il a tournés pour Paramount Pictures à la fin des années 1930, comme "Hollywood Boulevard" (1936), "L'Homme qui terrorisait New York" (1937), et "Dangerous to Know" (1938). Ces films sont remarquables par leur rythme rapide, leur ton cynique et l’usage d’éclairage et d’angles de caméra semi-expressionnistes. À noter aussi trois films arec Anna May Wong, dont le thriller "La Fille de Shangaï" (Daughter of Shanghai). Jusqu’en 1950, Robert Florey inscrit à sa filmographie particulièrement variée près de soixante titres, parmi lesquels on peut encore citer la comédie douce-amère "Ex-Lady" (1932) avec Bette Davis, deux classiques de l’horreur avec Peter Lorre : "The Face Behind the Mask" (1941) et "La Bête aux cinq doigts" (1946), . et même un Tarzan, Tarzan et les sirènes (1948). Il fait des comédies musicales, des films « exotiques » comme "Le Chant du désert" (1943) avec Victor Francen et Marcel Dalio, ou "La Légion étrangère" (1948) avec Vincent Price servant en Indochine. En 1946, Florey participe de façon très active à l’écriture, à la préparation et au tournage de "Monsieur Verdoux", de Charlie Chaplin. À partir des années 1950, Robert Florey se tourne vers la télévision. On lui attribue trois cents mises en scène. Il filme notamment le Loretta Young Show, L’Histoire de Doreen Maney (1960) du feuilleton Les Incorruptibles avec Robert Stack. Il fait un dernier épisode de "Au-delà du réel" en 1963. Puis il se consacre à l’écriture de ses souvenirs : "La Lanterne magique" (1966) et "Hollywood année zéro" (1972). Injustement oublié dans son pays natal, le trop modeste Robert Florey, véritable aventurier français du cinéma, décède des suites d’un cancer dans sa soixante-dix neuvième année, le 16 mai 1979, à Santa Monica, tout près de son cher Hollywood.

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Pour revenir à notre film, "le passé se venge", John Payne partage donc l'affiche avec Ellen Drew et Sonny Tufts. John Payne on l'a vu dans quelques westerns, comme dans ceux tournés sous la direction, d'Allan Dwan, "quatre étranges cavaliers" (1954), ou "le bagarreur du Tennessee" (1955). Mais John Payne on l'a également vu dans de nombreux films noirs souvent notables, comme "Kansas City Confidential" (1952) ou "le quatrième homme" (1954). Dans "le passé se venge",  Le scénario est particulièrement intéressant, car il nous met dans la peau d'un ancien GI démobilisé et devenu amnésique. Le spectateur ne sait donc pas ce qu'il va se passer la scène suivante et les rebondissements sont multiples et surtout inattendus. Ce type de scénario marche toujours au cinéma, et on se rappelle du succès récent de la franchise "Jason Bourne". Malgré tout, après un début intéressant, on remarque une certaine complexité scénaristique, la multiplication des personnages, et une construction pas toujours en rapport avec la qualité formelle de l'ensemble. Ainsi, on peut noter au crédit du film, la photographie exceptionnelle de John Alton, qui joue du clair-obscur avec maestria. Et c'est vrai, que quand le noir & blanc est si beau, on a tendance à tout pardonner. Je finirai par remercier Sidonis & Calysta d'avoir sortis de l'oubli un film d'une telle qualité. Bravo à eux ! On ne peut que souhaiter qu'ils continuent sur cette voie.

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Ci-dessus : John Payne

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Ci-dessus : John Payne et Ellen Drew

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Ci-dessus : Ellen Drew

Extraits :

 Disponible chez Sidonis & Calysta en DVD zone 2 en VO sous-titrée français

Note : 7,5 / 10

23/01/2015

Jour de terreur / Cause for Alarm ! - 1951

"Jour de terreur" est un film de Tay Garnett, resté célèbre pour avoir tourné "le facteur sonne toujours deux fois" avec Lana Turner, et John Garfield. Mais certains cinéphiles se souviennent peut être de "la maison des 7 pêchés" (1940) ou encore du très beau mélodrame, "voyage sans retour" (1932) avec William Powell et Kay Francis. "Jour de terreur" a été tourné en seulement en 11 jours et dans des décors quotidiens. Le travail sur la photographie est donc assez faible, voir presque inexistant. Ceci dit, on sent que les acteurs, jouent avec naturel. Et le scénario est assez intéressant pour ne pas ennuyer le spectateur. En effet, le film raconte comment un ancien soldat devenu cardiaque et paranoïaque va soupçonner sa propre femme de vouloir le tuer, pour partir avec son médecin et amant. Sur cette mise en place originale, les scénaristes développent un scénario cauchemardesque pour la pauvre Loretta Young, et qui va passer une sacré mauvaise journée. Alors c'est vrai qu'à notre époque, où le cinéma se permet tous les excès, le film semble un peu convenu. Malgré tout, il ménage son suspens jusqu'au bout, porté par une Loretta Young très inspirée et sexy pour la circonstance. On appréciera également le jeu de Barry Sullivan. Maintenant, la faible photographie, et le scénario peut être un peu trop linéaire, ne rendent pas l'ensemble inoubliable. Un bon film noir, sans plus.

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Ci-dessus : Barry Sullivan

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Ci-dessus : Loretta Young

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Ci-dessus : Loretta Young & Barry Sullivan

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Ci-dessus : Barry Sullivan, Loretta Young & Bruce Cowling

Disponible en DVD Zone 2, chez Wild Side VO sous-titrée

Note : 6 / 10

16/01/2015

Disparition de Rod Taylor le 7 janvier 2015

Je dois bien vous avouer que les récents événements de l'actualité française ne m'ont pas donné envie d'écrire sur le cinéma. Je n'avais pas beaucoup la tête à cela. Pourtant, j'apprenais le 7 janvier, avec stupeur au milieu des tirs de kalashnikov et des prises d'otages, la mort de l'acteur Rod Taylor. Peut être, vous vous ne souvenez pas de Rod Taylor, cher lecteur. Mais moi je me souviens l'avoir découvert adolescent, lors du passage à la dernière séance, de "la machine à explorer le temps" (1960), le 2 janvier 1990. Puis plus tard, je me rappelle l'avoir vu, dans "les oiseaux" (1963) d'Alfred Hitchcok, puis dans "le dernier train du Katenga" (1968), et surtout dans le fabuleux film de John Cardiff, tellement rempli de l'esprit de John Ford, "le jeune Cassidy" (1965). Mais Rod Taylor, on se rappelle aussi pour ses comédies avec par exemple Doris Day, dans "la blonde défie le FBI" (1966). Enfin, les plus cinéphiles d'entre nous, avaient sans doute remarqué sa présence dans "Inglourious basterds" de Tarantino, en 2009. Avec Rod Taylor, c'est donc définitivement, un héros de mon enfance qui s'en est allé à 84 ans, avec la plus belle des morts, une crise cardiaque. 

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Ci-dessus : Rod Taylor, avec Yvette Mimieux

 

04/01/2015

La péniche de l'amour / Moontide - 1942

Le DVD de "la péniche de l'amour" me faisait un peu peur. Déjà, sans vouloir être vulgaire, le titre me faisait penser à un porno bon marché, ou à un film trop mélodramatique pour être honnête. Et puis je doutais de la performance d'un Jean Gabin dans un film américain. Et bien, tous mes doutes ont été enlevés à la fin de la séance. Gabin est comme à son habitude, excellent. Il est aidé par un superbe casting qui réunit Ida Lupino, Thomas Mitchell, et Claude Rains. Evidemment, vous connaissez tous ces acteurs. Ida Lupino c'est l'héroïne de "la grande évasion" (1941) avec Humphrey Bogart ou de "The man I love" (1947) de Raoul Walsh. Thomas Mitchell c'est le père de Scarlett dans "autant en emporte le vent". Et quant à Claude Rains, c'est évidemment l'acteur qui joue le terrible roi jean dans "les aventures de Robin des Bois" (1938) ou le Dr Jaquith dans "une femme à la recherche de son destin", "now voyager" dans son titre anglais. Vous l'aurez compris, il y a donc du beau monde. On peut dire tout de suite que malgré tout, Thomas Mitchell semble en faire un peu trop. Les autres sont parfaits. Le film n'avait pas pour lui un réalisateur de très grande renommée en la personne d'Archie Mayo. Mais le film avait été débuté par Fritz Lang et abandonné après 4 jours, à cause d'une mauvaise entente avec Gabin. On peut donc se demander, alors que souvent à cette époque les films sont tournés rapidement en 2 à 4 semaines, quelles sont les scènes tournées par Lang. La scène finale semble d'ailleurs particulièrement être l'oeuvre de Lang. Ainsi, la prise de vue dans le brouillard ressemble particulièrement à celle du "secret derrière la porte", qui sera tournée par Lang en 1947.

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L'esthétique du film est quoiqu'il en soit parfaite, et semble dépassée largement les capacités du seul Archie Mayo. Ainsi, la séquence d'alcoolisme du début est superbement réalisée et semble presque irréelle. On peut aussi, supposer qu'Archie Mayo, a été très aidé par la belle photographie de Charles G Clarke et Lucien Ballard (ce dernier est non crédité). Cette photographie de Charles G Clarke sera d'ailleur nominé aux Oscars. Le scénario a des accents fordiens, et c'est logique, car on y retrouve le scénariste de nombreux films de John Ford en la personne de Nunnally Johnson, qui adapte une nouvelle de Willard Robertson mais ce sera John O'Hara qui sera crédité de l'écriture du scénario. L'adaptation d'une oeuvre littéraire est un classique dans le Hollywood de cette époque. Gabin fait par moment penser à son personnage de "la bête humaine" (1938) de Jean Renoir. Le film se laisse donc regarder avec un réel plaisir, et l'exotisme d'un Gabin qui parle anglais, ajoute encore au plaisir. Et finalement, on se laisse emporter à suivre cette histoire d'amour entre deux paumés (Gabin et Lupino) qui sont réunis pour le meilleur et pour le pire. "La péniche de l'amour" est donc une très belle surprise et une réussite à tous les niveaux et restera comme le dernier film hollywoodien de Gabin, avant son départ pour rejoindre la 2ème DB et les forces françaises libres du Général De Gaulle, un choix courageux à une époque ou beaucoup d'acteurs et d'actrices s'accommodèrent de l'occupation allemande.

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Ci-dessus : Ida Lupino

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Ci-dessus : Jean Gabin & Robin Raymond

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Ci-dessus : Ida Lupino & Claude Rains

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Ci-dessus : Jean Gabin & Ida Lupino

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Ci-dessus : Jean Gabin & Ida Lupino

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Ci-dessus : Jean Gabin & Ida Lupino

Extrait :

 Disponible en DVD Zone 2  chez ESC en VO sous titrée français uniquement

Note : 7 / 10

01/01/2015

Une bonne année 2015 sur Hollywood Classic !

L'année 2014, est derrière nous. Permettez-moi donc de vous souhaiter une bonne et heureuse année 2015, à vous chers lecteurs et visiteurs de Hollywood Classic. Pour 2015, ce blog sera toujours celui du grand cinéma, mais aussi le votre. Dans ce monde fou et violent, puisse t'il rester un havre de paix et de culture pour tous ! Mais il faut espérer que pour 2015, les éditeurs continueront à sortir des films classiques en DVD mais surtout restaurés en bluray, et dans de belles éditions. C'est mon souhait pour 2015. Que 2015 vous apporte à tous, joies et bonheurs cinématographiques, Que 2015, voit aussi les plus belles réalisations dans vos vies personnelles et professionnelles ! Très bonne année à chacun d'entre vous ! Je vous laisse avec "le beau Danube bleu" de Johann Strauss, que j'écoute tous les 1er janvier, depuis ma plus tendre enfance. C'est le cadeau que je vous fais aujourd'hui.


Bien à vous.

Stéphane (Hollywood Classic)

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31/12/2014

Le crime était presque parfait / Dial M for Murder - 1954

"Le crime était presque parfait" est le premier film des trois films, de Grace Kelly pour Alfred Hitchcock. Le film est réalisé avec un sens du détail assumé, et en seulement 34 jours. Il est une adaptation fidèle d'un pièce de théâtre éponyme. Il était dans son propos, un peu révolutionnaire pour 1954. En effet, la femme infidèle (Grace Kelly) était sympathique, et le mari (Ray Milland) totalement antipathique. D'ailleurs, le personnage de l'amant joué par Robert Cummings laissait tout autant paraître un caractère positif. On voit sur chaque plan, le travail minutieux d'Hitchcock sur les moindres détails de la photographie et de la mise en scène, en particulier sur la fameuse scène des ciseaux. Il n'en reste pas moins que le film est confiné à un appartement pendant presque toute sa durée. Et on a donc très souvent l'impression d'assister à du théâtre filmé. C'est peut être pour cela, que "le crime était presque parfait", avait été tourné en 3D, afin de ne pas laisser cette impression de film statique au spectateur. On notera aussi que la musique de Dimitri Tiomkin, semble bien, à l'étroit dans cet appartement, et convient mieux aux grands espaces westerniens ou aux films d'action. Quoiqu'il en soit, "le crime était presque parfait", sera éclipsé la même année, par le fulgurant succès de "fenêtre sur cour" (autre réalisation d'Hitchcock). On pourra noter également la présence d'un intéressant remake avec Michael Douglas et Gwyneth Paltrow, "meutre parfait" (1998).

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Ci-dessus : Ray Milland & Grace Kelly

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Ci-dessus : Anthony Dawson & Grace Kelly

Disponible en DVD zone 2, VF et VO sous-titrée chez Warner France

Note : 7 / 10

30/12/2014

Les sacrifiés / They were expendable - 1945

"Les sacrifiés" est le type même des films inclassables de John Ford. On sait que Ford n'aimait pas particulièrement ce film. Ainsi, il devait dire dans une interview à Lindsay Anderson (réalisateur également), "qu'il n'en avait jamais eu rien à foutre de ce film et qu'il n'avait jamais vu un mètre de ce foutu film". Pour comprendre cette mauvaise opinion de Ford sur son propre travail, il faut savoir que Ford était alors sur le front Pacifique et avait perdu 13 hommes de son unité quand la MGM, lui donna à faire ce film de commande. De plus, Ford devait se blesser à la jambe sur le tournage et en abandonner la fin au profit de l'acteur Robert Montgomery à l'affiche avec John Wayne. Enfin, Ford ne devait pas non plus maîtriser le montage, qui semblait ne pas lui convenir. Ainsi, le film faisait 2H10, et Ford, aurait voulu le raccourcir à 1H40, et garder des scènes que la MGM avait enlevées. On se retrouve donc avec un film assez impersonnel, tourné comme un documentaire, avec très peu de musique (Ford n'en voulait pas). Pourtant devant la consternation, de son interlocuteur, Ford se décidait à revoir son film et écrivait quelques temps plus tard, à Lindsay Anderson : "Pour les Sacrifiés, vous aviez raison". Mais nous public de 2014, que pouvons nous retenir "des Sacrifiés" ?

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Comme je l'ai dit au début de cet article, "les sacrifiés" me semble le film, le plus impersonnel de Ford. Ford y met peu de ses situations cocasses, drôles et humaines qui ont fait la réputation de ses films. Alors, il y a bien la romance impossible entre Wayne et Donna Reed, ou le vieux charpentier qui refuse de partir, attendant avec son seul fusil l'arrivée des Japonais, dans une lutte qu'il ne peut se résoudre à refuser. Et si on rajoute la visite au blessé, c'est à peu près tout. Il n'y a pas une vraie analyse de la vie de la garnison, comme dans "la charge héroïque". Le film ressemble donc à un documentaire, et c'est ce qui en fait toute sa force et aussi sa faiblesse. Rien est glamour dans "les sacrifiés". Comme je l'ai dit la musique est presque absente. Alors ? Alors, le génie de Ford est de n'avoir jamais montré un seul soldat japonais. On voit bien des croiseurs, des tirs, des avions etc, mais le soldat ou l'armée japonaise dans son ensemble, est comme une force invisible qui broie tout, et ceux malgré les victoires successives du groupe de Wayne, qui remporte des succès mais toujours en reculant. Ford nous donne donc un film non exempt de longueurs, et parfois éloigné de son style original mais épuré du traditionnel glamour hollywoodien. On reste donc malgré tout, assez hypnotisé par cette errance militaire, au jour le jour, aux confins du Pacifique.

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Ci-dessus : Robert Montgomery

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Ci-dessus : John Wayne

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Ci-dessus : Donna Reed

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Ci-dessus : John Wayne, Donna Reed, & Robert Montgomery

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Ci-dessus : War Bond, Robert Montgomery & John Wayne

Disponible en DVD zone 2 sous-titrage en français chez Warner

 Note : 7 / 10

26/12/2014

The fabulous Dorseys - 1947

"The fabulous Dorseys" est une comédie musicale vraiment spéciale. En effet, elle raconte l'histoire de de Tommy & Jimmy Dorsey, par eux mêmes. En effet, ce sont Tommy & Jimmy Dorsey, qui jouent leur propres rôles. On peut également voir leurs orchestres respectifs, ainsi que le chef d'orchestre, Paul Whiteman, ou encore Art Tatum et bien d'autres. La chanteuse est Janet Blair. Elle débute au cinéma en 1941, participant à quatorze films américains jusqu'en 1948 ; trois de ses plus connus, durant cette période, sont la comédie, "Ma sœur est capricieuse" (1942), avec Rosalind Russell, le film musical, "Cette nuit et toujours" (1945), avec Rita Hayworth, et le film noir "Les Liens du passé" (1948), avec Franchot Tone. Ultérieurement, elle ne contribue qu'à cinq films, disséminés entre 1957 et 1976 (dont un film d'horreur britannique en 1962. Très tôt Janet Blair, avait montré des dons pour le chant. et à 18 ans, elle était déjà la chanteuse en titre de l'orchestre de Hal Kemp au Cocoanut Grove de Los Angeles. Vous l'aurez compris, il y a un énorme plateau de stars du jazz américain de l'époque, auquel il faut ajouter William Lundigan, et Sara Allgood inoubliable déjà, dans le rôle de la mère courage dans "quelle était verte ma vallée" (1941). Elle reprend ici encore le rôle d'une mère poule, qui s'inquiète pour ses enfants.

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Alors c'est vrai que l'on peut contester les talents d'acteurs de Tommy & Jimmy Dorsey. Néanmoins, leur présence ajoute une très grosse crédibilité au film. Ainsi, on sent bien que les anecdotes sont vraies. Comment pourrait il en être autrement ? C'est assez rare de voir deux musiciens légendaires raconter leur propre histoire et c'est pourtant cela qui se déroule sous nos yeux. Les scénaristes ont l'intelligence d'ajouter une romance entre Janet Blair et William Lundigan, pour avoir une fin, qui tienne la route. Mais peu importe on retient une réalisation tout à fait correct, et une photographie de James Van Trees par moment assez inspirée. C'est donc un pur plaisir de redécouvrir, ce fabuleux swing, des Dorseys, qui nous ferait presque regretter de ne pas avoir vécu cette époque bénie du jazz. Et lorsqu'on adore cette musique comme moi, c'est très dur de ne pas être un fan absolu d'un tel film. Je regrette pourtant sur l'édition que je possède, une image et un son un peu en retrait. Il faudra sans doute, se tourner vers l'édition Wild Side sur leur site, pour peut être espérer mieux et éviter les vendeurs particuliers de chez Amazon qui fourguent des éditions dépassées. Mais je ne peux garantir que l'édition Wild Side soit meilleure que ma copie issue d'une vieille édition DVD. Si quelqu'un a des informations sur la qualité de l'édition Wild Side, je suis preneur.

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Ci-dessous : Janet Blair & William Lundigan

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Ci-dessus : l'orchestre à la radio

Extrait :



Note : 7 / 10

25/12/2014

Miracle sur la 34ème rue / Miracle on 34th Street - 1947

"Miracle sur la 34ème rue" de George Seaton vient de sortir en Bluray Zone B. C'est un conte de Noël assez savoureux. Oui, je sais les contes de Noël sont souvent ennuyeux et pas très intéressants pour les adultes. Mais celui-ci est un peu différent. En effet, la comédie est pleine de bon sens. On a de plus un casting assez sympathique avec Maureen O'Hara, Natalie Wood alors âgée de 9 ans, John Payne ( le Robert Taylor de la Twenties Century Fox) et Edmund Gwenn dans le rôle du fameux Père Noël. Le sujet évoque l'histoire du vrai Père Noël en visite à New-York. De fil en aiguille il se fait engager par un grand magasin de jouets. Mais sa bonté, sa générosité, son envie de bien faire, d'aider les autres, font qu'il est envoyé dans un asile d'aliénés. Déjà, on commence à réfléchir. Et tout à chacun peut se poser la question : Qu'est ce que c'est que cette société qui envoie l'esprit de Noël en prison ou chez les fous ? Puis le Père Noël, va passer devant un tribunal qui devra déterminer qui est exactement notre homme. Il va donc s'évertuer à prouver qu'il est réellement le Père Noël afin de montrer qu'il n'est pas fou !

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Or il tentera de le prouver non par de la magie, mais bien grâce à son avocat (John Payne) et par l'aspect social que peut avoir Noël. Ainsi le message de ce film serait qu'une chose n'existe que parce qu'on y croit. Le jour où plus personne ne croit en une idée, elle disparaît simplement. On peut donc ranger ce film dans le style des films de Capra comme "la vie est belle" même si il lui est inférieur. On passe donc un très bon moment : on tremble, mais surtout on rit beaucoup d'un film pas si bête, et on ressort assez heureux en se disant que finalement Noël c'est pas si mal que ça après tout, et que finalement l'argent, la puissance et le pouvoir ne sont pas tout dans la vie. Qu'un film arrive à dire tout cela, tout en faisant rire, c'est déjà beaucoup, chacun en conviendra.

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Ci-dessus : Maureen O'Hara et John Payne

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Ci-dessus : Natalie Wood et Maureen O'Hara

 

NOTE : 7 / 10

25/11/2014

Hollywood en Kodachrome

Pour vos cadeaux de fin d'année, je souhaite vous présenter, l'édition française, d'un très beau livre, qui comprend une longue présentation, de son auteur, David Wills, et quelques 250 photos en couleur, photographiées en Kodachrome. Le Kodachrome était la technique de photographie couleur utilisée par Hollywood dans les années 40 et 50. Progressivement, cette technique devait supplanter le noir & blanc. Ce livre est magnifique et nous montre les stars d'hier sous un format assez méconnu. Pourtant on apprend sur ce livre que par exemple la Twentieth Century Fox, distribua 1500 photos de Gene Tierney aux magazines spécialisés. L'industrie cinématographique contrôlait à l'époque, non seulement les salles de cinéma, mais aussi la publicité, avec ses propres photographes. Les studios vivaient grâce à la publicité des magazines, pour les nouveaux films et leurs stars. Les magazines vivaient grâce aux studios, qui envoyaient des photos en masse. Finalement, chacun avait sa place, dans ce petit monde, bien réglé de l'âge d'or hollywoodien. Mais au delà, d'un concept économique viable, ce livre nous donne à redécouvrir 250 photos magnifiques, de nos actrices et acteurs préférés qui restent sur chacune d'elle, éternellement jeunes et beaux. Le livre nous laisse aussi à redécouvrir quelques grands noms de la photographie de cette période. Je ne saurai donc que trop vous conseiller son achat. Pour finir, je laisserai la parole à Arthur Miller : "Etre glamour, c'est avoir le pouvoir d'agir sur les émotions des autres, c'est à dire, le pouvoir de fait, de contrôler son entourage." A parcourir ce livre, on ne saurait mieux dire.

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David Wills, Hollywood en Kodachrome, Editions de la Martinière

22/11/2014

Le Charlatan / Nightmare Alley - 1947

"Le charlatan", c'est peut être un des films les moins désirés de Darryl F Zanuck. En effet, ce dernier n'avait pas particulièrement apprécié le roman de William Lindsay Gresham. Il considérait d'une part que la plupart des thèmes ne passeraient pas la censure et que le rôle titre allait détruire l'image de star de Tyrone Power, auprès du public. Pourtant, Tyrone Power voulait vraiment jouer ce rôle, qu'il considérait comme une parabole sur la star hollywoodienne. Et c'est Lana Turner avec laquelle il entretenait une liaison qui devait écrire à Darry F Zanuck pour le convaincre de laisser jouer Tyrone Power. Zanuck mis alors au travail, deux scénaristes, dont Jules Furthman, pour tenter d'adapter le roman. Dans le but d'atténuer le côté glauque de l'oeuvre, il mit sur le projet, peut être le réalisateur, le plus spécialisé dans le mélodrame romantique : Edmund Goulding. Ce dernier était connu pour ses réalisations de grands mélodrames. On peut citer le magnifique "victoire sur la nuit" (1939) avec Bette Davis, l'inoubliable "Grand Hotel" (1932) avec John Barrymore, "voyage sans retour" avec Kay Francis et William Powell,  On peut également noter qu'il avait déjà tourné avec Tyrone Power, "le fil du rasoir" (1946). Le début du film, commence assez étrangement en situant le début de l'histoire dans une fête foraine. On pense alors encore à William Powell, et à sa prestation dans "le grand Ziegfeld". Mais ce serait un contre-sens. Car finalement le film se rapproche plutôt de "Freaks" (1932) de Tod Browning.

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L'histoire est composée de 3 parties et d'une conclusion. La première partie est en quelque sorte, la mise en place, la seconde l'avancée sociale du personnage joué par Tyrone Power. La troisième partie, est sa décente vers les bas fonds. La conclusion pour moi n'est pas très claire. Le personnage est il sauver en quelque sorte par l'amour de sa femme ? On peut le supposer. Les plus pessimistes y verront la dernière humiliation du personnage, qui ne trouve que pitié dans les yeux de sa propre femme. Le casting est très bon, Tyrone Power, est entouré par une Joan Blondell vieillissante, mais terriblement convaincante, par Coleen Gray qui arrive à donner du corps à un personnage de peu d'envergure. Mais c'est surtout le personnage d'Helen Walker qui interroge. En effet, son rôle de psychiatre perverse et manipulatrice, lui va comme un gant, elle la belle intellectuelle du Hollywood de cette époque. Enfin, il faut citer au crédit du film, la magnifique photographie de Lee Garmes, sur laquelle le réalisateur, Edmund Goulding, confia s'être reposée, tout le long du film. Helen Walker, qui a un second rôle très important dans le film (le rôle de la psychiatre), devait être gravement blessée, et avoir sa carrière brisée en 1946. En effet, le 1er janvier 1946, elle devait avoir un accident de voiture avec 3 GI pris en auto-stop, et être accusée d'être ivre au volant par un des passagers. Sa carrière ne devait jamais se remettre de ce scandale. Pour revenir au "Charlatan", le film évoque presque ouvertement, les relations sexuelles, sans mariage, l'ambition, l'hypocrisie du faux dévot. Interprété par certaines critiques, comme une féroce attaque de la religion, il pourrait en être également une défense, par la mise en avant de la seule valeur qui vaille quelque chose en ce monde : l'amour sincère d'un homme et d'une femme. Au final, "le Charlatan" est un film à tiroirs, qui n'a pas fini de faire parler de lui, et qui mérite d'être vu et revu. Archétype même du film noir dramatique, il est obsédant, comme le destin de l'Homme. C'est tout dire.

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Ci-dessus : Joan Blondell

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Ci-dessus : Tyrone Power & Joan Blondell

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Ci-dessus : Coleen Gray, Joan Blondell, Tyrone Power, & Mike Mazurki

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Ci-dessus : Coleen Gray, Tyrone Power, et Helen Walker (de profil avec un porte-cigarette)

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Ci-dessus : Coleen Gray & Tyrone Power

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Ci-dessus : Coleen Gray

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Ci-dessus : Coleen Gray & Tyrone Power

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Ci-dessus : Helen Walker & Tyrone Power

 

La bande-annonce :

Film disponible en DVD Zone 2 chez Sidonis & Calysta en VO sous-titrée

Note : 7,5 / 10