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02/10/2013

Le gentilhomme de la Louisiane / Mississippi Gambler - 1953

L'année 1953, est une année bénie pour le cinéma américain. En effet, si l'application de la loi Sherman anti-trust au cinéma en 1949 et l'apparition de la télévision dans tous les foyers commencent à faire sentir au cinéma ces effets néfastes, le cinéma n'a peut être jamais été aussi bon qu'en ce début des années 50. Ainsi, la moisson de très grands films et de chef-d'oeuvres est impressionnante. On peut citer pour 1952, "chantons sous la pluie", "Ivanhoé" "Scaramouche", ou encore "la maitresse de fer", et pour 1953, "Jules César", "les chevaliers de la table ronde" et combien d'autres ! L'année 1953 a donc produit un cru cinématographique exceptionnel, comme rarement le cinéma mondial en produira plus tard. On peut clairement positionner "le gentilhomme de la Louisiane" à côté de ces très bons films. Alors, c'est vrai qu'il est un peu en retrait, que ce soit en terme de scénario, de musique et de romantisme. Mais il est dans le peloton de tête, que ce soit en terme de réalisation, de costumes, et de décors luxueux au possible permettant la recréation de l'univers de la Louisiane d'avant la guerre de sécession. De plus, l'interprétation des deux stars, Piper Laurie et Tyrone Power est excellente.

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On peut légitimement se poser la question de savoir si le film est un western ou un film d'aventures. Personnellement, je pense que c'est plutôt un film d'aventure. Le scénario est donc un peu linéaire. Mais néanmoins, il a en réserve des ressorts psychologiques insoupçonnés qui lui donnent un final assez étourdissant et pour ne pas dire surprenant. "Le gentilhomme de la Louisiane" nous fait donc tout de suite penser à "la maitresse de fer" tourné l'année précédente. Et c'est une très bonne référence. Le film est une production Universal. En effet, la Fox avait ainsi autorisé Power à tourner pour d'autres studios. La musique de Frank Skinner n'est pas la plus belle musique de film, composée, mais elle reste assez prenante pour rester touchante. On a donc globalement un très bon spectacle aux costumes parfaits, aux décors somptueux, et à  la réalisation excellente, mais qui pêche un peu par un scénario un peu trop linéaire, voir étrangement découpé sur la fin. On passe malgré tout un très bon moment en Technicolor.

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Ci-dessus : La très belle Piper Laurie

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Ci-dessus : Piper Laurie et Tyrone Power

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Film disponible en DVD zone 2 chez Sidonis en VF et VO sous-titré

Note : 7,5 / 10

28/09/2013

L'Homme des vallées perdues / Shane - 1953

Il y a quelques films touchés par la Grâce. "l'homme des vallées perdues" est clairement de ceux-ci. Pourtant, le scénario est très simple, vu et revu. En effet, l'histoire d'un gros éleveur de bétail, qui se refuse à partager les terres avec des fermiers sédentaires a été comptée de nombreuses fois, dans de très nombreux westerns. Mais là, le film aborde un thème nouveau, celui du héros solitaire, justicier dont personne ne sait d'où il vient, ni qui il peut bien être. Ainsi, sa probable identité n'est que donnée à la fin. En attendant, le film va nous proposer une relecture psychologique du western, mais aussi une lutte pour sa terre, contre ceux qui veulent se l'approprier, magnifié dans un environnement naturel somptueusement filmé et mis en valeur. On peut aussi voir, à travers le scénario adapté du roman de Jack Schaefer, une certaine définition du courage, et de la valeur de l'action individuelle, d'un homme pour une communauté.

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Mais ce qui fait de "l'homme des vallées perdues", un film légendaire ce n'est pas tant les rapports ambigües entre le héros et la femme de son ami et patron, ou dans le rôle de second père qu'il joue auprès du fils de la maison. Ce qui fait de "Shane", une véritable légende du western, c'est la noblesse qu'il découle du personnage d'Alan Ladd, mais aussi de la véritable noblesse que la réalisation arriver à dégager de ces pauvres fermiers, dont le travail, le courage et la volonté arrivent à forcer, contre toute attente, l'admiration du spectateur. Cette noblesse est magnifiée par la musique de Victor Young, qui signe ici une de ses plus belles partitions, et qui font assurément de "Shane" un western unique.

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Ci-dessus : Van Heflin, Alan Ladd et le jeune Brandon de Wilde

De plus, le réalisateur George Stevens, nous fait bénéficier d'une vision très réaliste de la violence. Ainsi, pour 1953, le film est très violent. Et les différentes bagarres, et duels au pistolet ne sont pas des combats à la papa, comme on pouvait en voir dans d'autres westerns des années 50. Ici le sang coule, la violence est brutale, les coups font mal. George Stevens avait eu une expérience de la guerre. On se rappelle évidemment de sa réalisation de films documentaires pendant la deuxième guerre mondiale. Ainsi, il était revenu avec une expérience de la guerre, qui lui faisait refuser une non description réaliste de la violence. Ainsi, les combats au pistolet sont rendus réalistes par un système censé projeter en arrière, l'acteur touché, pour recréer l'impact d'une balle sur un corps,.

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Ci-dessus : Alan Ladd

"Shane" se retrouve donc au carrefour du western, irrigué par un esprit et une inspiration très fordienne, de la noblesse des petites gens que l'on retrouve dans tant de films de Ford. Mais le film est parcouru aussi par une réalisation très moderne, qui préfigure la violence de la fin des années 60 et un certain Clint Eastwood, qui reprendra le thème du justicier solitaire dans "Pale Rider" On a donc avec "l'homme des vallées perdues", un film digne des meilleurs John Ford. Le film portait par une incroyable grâce et une noblesse à tout épreuve, est à n'en pas douter mythique. Si il y a un western à posséder, c'est peut être bien celui-là. Quand le cinéma atteint à un tel niveau de perfection, on ne peut que rester béat d'admiration devant le résultat. Et quand un film arrive à nous arracher des larmes, comme les adieux du petit garçon à son héros, c'est qu'il a réussi à toucher au but. "Shane" ? c'est peut être le plus beau western du monde.

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Ci-dessus : Jack Palance

 

Extrait de la musique de Victor Young :

 

Bande-annonce :

http://www.youtube.com/watch?v=UbuFb3jKgRM

 

Disponible en DVD et Bluray VF et VO sous-titrée

Note : 10 / 10

21/09/2013

Le fils du désert / 3 godfathers - 1948

Je pense qu'il est inutile de présenter John Ford au lecteur de ce blog. C'est bien entendu l'homme aux multiples chef-d'oeuvre. Et "le fils du désert" est à n'en pas douter l'un de ses plus grands films. John Ford a été quasiment à l'origine du genre western, en participant à l'aventure du western dès la période du muet. Mais il a été aussi un des premiers réalisateurs, à redonner au genre, ses lettres de noblesse, avec "la chevauchée fantastique" (1939). En effet, le western était cantonné bien souvent à la fin des années 30, dans des séries B sans saveur. Depuis 1946, John Ford est revenu au western en tournant tout d'abord "le poursuite infernale", puis "le massacre de fort apache" (1948). "Le fils du désert" est donc dans cette lignée, et le fruit de la collaboration entre John Wayne et John Ford qui atteindra son paroxysme avec "la prisonnière du désert" (1956). Le film mentionne dans son titre la présence de Harry Carey Jr, fils de Harry Carey. Harry Carey était présent dans la première version, car "le fils du désert" est un remake de "Marked men" tourné par John Ford en 1919, Donc "le fils du désert" rend hommage à Harry Carey père. Mais "le fils du désert" n'est pas le premier film de Harry Carey Jr. En effet, on se rappelle de lui, car il avait déjà un petit rôle, dans "la rivière rouge" de Hawks. Mais la grande star du film après John Wayne et l'autre "godfather" Pedro Armendáriz, c'est bien évidemment une nature immense et hostile.

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L'histoire est assez classique et reprend celle de "marked men" (1919). Malgré tout, Ford arrive à fasciner le spectateur, par une simple histoire de voleurs de banque, qui deviennent les parrains d'un nourrisson perdu dans le désert. Les scènes d'actions sont parfaitement filmées par Ford et rappellent certaines de ses meilleurs, comme dans "la chevauchée fantastique" (1939) ou dans "la poursuite infernale" (1946). Enfin, les plans d'exceptions sont multiples et comme à son habitude Ford fait de la caméra sa palette, et il devient le peintre d'images en mouvement, nous donnant parfois l'impression de traverser une galerie d'art. Ford aborde également différents thèmes, comme le passage de témoin entre l'adulte et l'enfant, comme cette vie qui doit continuer, comme la responsabilité que nous avons envers les plus faibles d'entre nous. Mais surtout il fait du "fils du désert" une immense parabole biblique. Comment ne pas penser à Jésus traversant le désert, et aux épreuves physiques et morales que la traversée fait endurer à chaque protagoniste. Ces épreuves, sont autant d'étapes vers le pardon et la transfiguration des personnages, qui se libèrent un à un de leur peau de gangsters, pour devenir des hommes meilleurs en paix avec eux mêmes, Dieu et les Hommes.

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Ci-dessus : On peut voir un plan typiquement fordien, même si plus souvent les personnages sont de dos, donnant alors l'image, un effet saisissant qui rappelle les tableaux de caspar friedrich.

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Ci-dessus : John Wayne, Harry Carey Jr, et Pedro Armendáriz

John Ford nous fait donc encore une fois, un cinéma du bon sentiment, qui passe très bien, et qui semble touché ici par la grâce, dans un espèce de miracle cinématographique renouvelé à chaque plan. Quand plus tard, on demandera à Orson Welles, quel est le réalisateur qui l'a le plus inspiré, ce dernier répondra : "les grands maîtres, John Ford, John Ford, John Ford." On ne pourrait dire mieux.

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Ci-dessus : John Wayne

Film disponible en DVD zone 2 (trouvé neuf dans une brocante à 2,5 €)

 

 La bande-annonce :

 

Note : 9,5 / 10

18/09/2013

L'Odyssée des Mormons / Brigham Young - 1940

Etrange film que cette "Odyssée des Mormons" ! En effet, même pour un fan de western, le sujet est assez étrange voir incompréhensible pour un public français. Ainsi, le suivi du périple de cette secte à travers l'Amérique est assez peu attrayant. Pourtant tout était prêt pour que ce soit réussi. On a d'abord une superbe distribution avec Tyrone Power, Linda Darnell, dont c'est le quatrième film et le deuxième avec Tyrone Power. Mais il y a aussi dans les seconds rôles, Vincent Price dont un inhabituel rôle de gentil, alors qu'on a plus l'habitude de le voir dans des rôles de méchants. Ainsi, on se rappelle de lui, en Cardinal de Richelieu dans "les 3 mousquetaires" (1948) de George Sidney. On peut citer également dans la distribution, John Carradine, Brian Donlevy ou Mary Astor, mais surtout Dean Jagger, omniprésent. Et on le verra plus tard, c'est bien cette omniprésence de Dean Jagger le problème. Mais, le film bénéficie aussi d'un très bon réalisateur, en la personne de Henry Hathaway, et d'une production par Darryl F Zanuck lui même.

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Malgré tout ça, le résultat est peu concluant. Pourtant cela commence assez bien, avec une entrée en matière qui dénonçait l'intolérance et la violence. Ensuite, on retrouve de nombreux moments de tensions, dans cette quette des Mormons vers la terre promise. Mais malheureusement le film bénéficie, d'une part de relativement peu de plans intéressants. On a bien la scène des chariots que Hathaway n'aimait pas filmer et ne voulait pas filmer et qui donc est filmée d'une manière différente, à ce que l'on voit d'habitude dans les scènes de convois vers l'Ouest. Pour cette raison, Hathaway avait plusieurs fois demandé à Zanuck de ne pas lui attribuer ce film. Dans les autres plans intéressants, on a une scène particulièrement bien filmée, avec Power et Linda Darnell filmée dans deux lits différents opposés. Les plans sont tout de même assez beaux. Enfin la scène finale avec les sauterelles est quasiment horrifique, avec ces énormes insectes qui prennent tout l'écran, mais particulièrement novatrice dans sa réalisation. Le tournage de cette scène est mythique, car Hathaway désespérait de trouver des insectes pour cette scène. En effet, comment trouver des millions de sauterelles du jour au lendemain ? Alors qu'il pensait que le film était perdu, il apprend dans le journal qu'une région des USA était en train d'être dévastée par des sauterelles. Il se décidait donc à faire partir l'équipe dès le lendemain matin pour tourner la scène.

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Ci-dessus : Linda Darnell et Tyrone Power

Mais en dehors de ces quelques scènes, tout le film tourne autour de la survie de cette communauté religieuse et surtout autour de son chef et pasteur Brigham Young joué par Dean Jagger. La conséquence est que Tyrone Power et Linda Darnell ont clairement des seconds rôles finalement assez peu valorisants  et qu'ils sont des "faire-valoir" de Dean Jagger. J'ai personnellement trouvé cela, totalement insupportable. Et je crois que le public de l'époque a du aussi se sentir, trompé. Bref, sans être un mauvais film, "l'odyssée des Mormons" reste malgré tout, assez en dessous des autres films de Linda Darnell et de Tyrone Power, qui semblent parfois se demander ce qu'ils font là. L'action et la réalisation font néanmoins passer la pilule, mais ne rendent pas l'oeuvre inoubliable. Loin de là.

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Ci-dessus : Tyrone Power et Linda Darnell

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Ci-dessus : Vincent Price

Disponible chez Sidonis en DVD zone 2 VF et VO sous titré

Note : 5 / 10

14/09/2013

El Dorado - 1966

"El Dorado" est un presque "remake" de "Rio Bravo". Cela commence par un titre à la même sonorité, mais aussi par un scénario très proche du film de Hawks de 1959. Hawks est donc encore derrière la caméra pour "El Dorado". John Wayne est encore là, mais il partage cette fois la vedette, non pas avec Dean Marin comme dans "Rio Bravo", mais cette fois-ci avec Robert Mitchum. Le scénario et les personnages sont donc très proches et tout tourne autour d'une poignée d'hommes qui veulent s'opposer à la main mise d'un gros éleveur sur la région. Comme dans "Rio Bravo", le thème du shérif ivrogne, de l'infirmité, ou de la jeunesse débutante.D'ailleurs dans le rôle du jeune débutant on retrouve un certain James Caan, dont c'est seulement le cinquième film.

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Hawks se décide à remplacer la tension de "Rio Bravo" par la nostalgie d'une époque. Ainsi, la chanson titre évoque la recherche de l'El Dorado. L'El Dorado représente tout aussi bien la recherche d'une contrée mythique gorgée, que simplement l'amour et le bonheur que l'on cherche bien, mais qui finalement est en nous. On peut aussi supposer que cela représente déjà la nostalgie d'une époque du cinéma hollywoodien, qui est en train de se tourner. Car "El Dorado" est un des derniers grands westerns classiques, si ce n'est pas le dernier, d'un cinéma qui en train de tourner sa plus belle page. Il y a donc encore ici une certaine innocence, et une naïveté que Hawks semble regretter. Il y a aussi un passage de témoin, entre la génération des John Wayne et des Mitchum et celle du jeune James Caan. Enfin le film, et Hawks lui même devront laisser les premières places du box office aux westerns de Sergio Leone, représentant du nouveau western. Hawks finira quant à lui, sa carrière en 1970 avec Rio Lobo. Une page du cinéma hollywoodien aura été alors définitivement tournée. On dit que ce qui est rare, est précieux, j'aurai moi aussi tendance à le croire. Je vous invite donc à profiter de ce très beau film classique, qui a eu la chance de pouvoir bénéficier d'une sortie Bluray. La restauration de l'image est superbe et donne réellement l'impression que John Wayne est dans votre salon. Alors pourquoi ne pas inviter ce bon vieux John Wayne chez vous ? A son époque, c'était quand même quelque chose le cinéma.

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Ci-dessus : John Wayne et Robert Mitchum

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Ci-dessus : James Caan et John Wayne

Film disponible en DVD et Bluray zone 2 VF et VO sous titré

 

Chanson du titre :

 

Note : 8,5 / 10

04/09/2013

La ruée sauvage / The Texans - 1938

Je manque à tous mes devoirs car j'ai oublié de chroniquer, ne serait ce que rapidement "la ruée sauvage", formidable western. Et si Patrick Brion loue avec raison "le brigand bien-aimé" et "la chevauchée fantastique" (1939) comme étant les films qui ont renouvelé le genre western après une série d'innombrables petits films souvent insignifiants, pour ma part, je serai très partisan de rajouter cette "ruée sauvage" du trop méconnu James P Hogan. En effet, le film nous met en scène tout d'abord un casting très intéresant avec Randolph Scott, Robert Cummings, mais aussi Joan Bennett. Enfin Robert Barrat en politicien véreux, avide et corrompu. Ainsi, le film met en scène le Texas sudiste d'après la guerre de sécession. Le film ouvre donc sur une incroyable scène d'une ville remplie de soldats sudistes en guenilles et pouilleux à la merci des soldats de l'union. Mieux notre héros Randolph Scott est dans le même état, et les pieds dans la boue, sans même une paire de bottes ! Et là on dit en voyant ça : "Qu'est ce que c'est que ce film là !"

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Le film va donc dérouler à partir de là son histoire et la rencontre de cet aventurier avec Joan Bennett qui joue ici la grande propriétaire d'un ranch, prête à tout pour sauver ses bêtes et ses affaires des mains des nordistes qui veulent l'exproprier à tout prix. Vous connaissez sûrement tous, la fameuse maxime romaine : "Vae Victis" (malheur aux vaincus). C'est bien de cela dont il est question ici. Mais nos amis ont plus d'un tour dans leur sac pour échapper à l'injustice des vainqueurs. J'avoue donc que j'ai pris pas mal de plaisir à voir ce film, où le frère de John Ford est présent, en la personne de Francis Ford. "La ruée sauvage" revisite le thème de la survivance d'une communauté face à la force des vainqueurs, un peu comme dans "Autant en emporte le vent", mais ici il n'y a pas d'attachement à la terre, mais plus à du bétail, source de toute fortune, et de tout avenir. "La ruée sauvage" est donc un très beau film à redécouvrir de toute urgence, sortie le 20 juillet 1939 en France. Et en plus vous aurez la joie de redécouvrir la très jolie Joan Bennett.

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Ci-dessus : Joan Bennett et Randolph Scott

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Ci-dessus : Randolph Scott et Robert Cummings

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Ci-dessus : May Robson et Joan Bennett

Film disponible en DVD zone 2, sous-titré chez Sidonis. A noter que le film possède une belle introduction de Patrick Brion


Note : 7,5 / 10

18/08/2013

Tomahawk - 1951

Aujourd'hui c'est dimanche, je vous laisse donc dans les mains de Mr Patrick Brion, qui va vous présenter un très beau western : "Tomahawk". Ce film prend le parti des indiens peut être pour la première fois. Le film a beaucoup de qualités dont un très beau Technicolor. On pourra lui reprocher malgré tout, un scénario inachevé en particulier concernant la romance entre Van Heflin et Yvonne de Carlo. Cela reste malgré tout un beau film, très attachant dont les faibles moyens sont compensés par la justesse du propos et le jeu des acteurs.

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La présentation de Mr Brion :

Film disponible en DVD zone 2, VF et VO sous titré, sur Amazon, le site de l'éditeur Sidonis/Calysta ou dans les magasins spécialisés (FNAC, Gibert) ou certaines grandes surfaces.

Note : 7 / 10

09/08/2013

Les Rebelles / Border River - 1954

"Les rebelles" ou dans son titre anglais "Border River" nous évoque la vie d'un petit état à la frontière du Rio Grande en lutte contre l'autorité du gouvernement central mexicain. Cette espèce de zone franche, devient à la fin de l'année1864, un repert de tous les traffics et des sudistes poursuivis par l'armée de l'union. Joel McCrea interprète ici un  sudiste qui passe le Rio Grande, poursuivi par les soldats de l'union. Presque noyé, il est recueilli par la belle Yvonne de Carlo qui est dans le film, la maîtresse du dictateur local, le colonel général Calleja. Rapidement le général Calleja apprend que son nouvel invité n'est autre qu'un trafiquant d'or, qui veut le dissimuler dans la zone franche que constitue la "zona libra".

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Vous l'aurez compris, le scénario n'est pas des plus originaux, malgré le ton exotique de ce western qui se déroule donc au Mexique. Malgré tout, l'intérêt du film se trouve essentiellement dans son très bon casting qui nous permet de retrouver en plus de Joel McCrea, la superbe Yvonne De Carlo, mais aussi Pedro Armendariz. Pedro Amendariz a fait une incroyable carrière cinématographique. Ainsi on le retrouve dans 93 films, dont "le fils du désert" (1948), "le massacre de Fort Apache" (1948) tous les deux avec John Wayne, ou dans "Diane de Poitiers" (1956) avec Lana Turner. Mais il tourne aussi pour le cinéma français "les amants de Tolède" ou "Lucrèce Borgia" tous les deux en 1953. En plus de Pedro Amandariz, le casting ajoute un autre acteur mexicain, Alfonso Bedoya, qui reste comme l'inoubliable bandit mexicain du "trésor de la Sierra Madre" (1946).

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ci-dessus : Pedro Amendariz et Yvonne De Carlo

Comme je l'ai déjà dit, le film a pour principal intérêt de nous permettre de revoir la très belle Yvonne de Carlo dans un cadre exotique et innatendu. Et il faut tout de suite dire que le titre français, "les rebelles" porte très bien son nom. En effet, Joel Mc Crea joue un sudiste rebelle à son gouvernement, Pedreo Amendariz joue un général lui aussi opposé au gouvernement central du mexique, et enfin Yvonne de Carlo joue une maitresse bien peu soumise. Pour ainsi, dire seul le réalisateur George Sherman semble nous donner une représentation assez classique du western. On a quand même quelques très bons plans en particulier dans les scènes d'actions. Le film semble également plus abouti que d'autres westerns de Sherman. On passe donc un très bon moment, même si le spectacle est loin d'être inoubliable. A noter que le film nous propose une présentation d'une dizaine de minutes de Mr Patrick Brion.

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Ci-dessus : Yvonne de Carlo (Joel McCrea de dos)

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Ci-dessus : Alfonso Bedoya

Film disponible en DVD zone 2, dans le coffret "3 grands westerns" édité par Opening

 

Note : 6,5 / 10

28/07/2013

Le jardin du diable / Garden of Evil - 1954

Dimanche étant un jour de repos, je me permets de faire relâche. Je vous propose malgré tout un superbe western : "le jardin du diable", avec une présentation de Mr Patrick Brion. Ce film est magnifique, car il met en scène une nature hostile, et oppressante qui est mise ne valeur par la musique de Bernard Herrmann qui donne au film d'Hathaway des reflets hitchockiens.

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Présentation de Mr Brion :

Disponible en DVD et Bluray chez Sidonis Calysta en Zone 2.

Note : 8,5 / 10

13/07/2013

Le salaire de la violence / Gunman's Walk - 1958

Il y a quelques films et encore beaucoup moins de westerns qui arrivent à s'élever au niveau de la tragédie grecque. Mais c'est bien ici le cas du "Salaire de la violence" qui est un western qui a été très sous-estimé lors de sa sortie, mais qui mérite d'être redécouvert de toute urgence. En effet, le scénario est particulièrement bien travaillé et digne de nos grands auteurs classiques (Racine, Corneille etc). Et ce n'est pas très étonnant car on retrouve comme scénariste, Frank S Nugent, scénariste entre autre du "Massacre de Fort Apache" (1948), de "la charge héroïque" (1949) ou de "la prisonnière du désert" (1956). Le scénario porte essentiellement sur la vie d'un patron de ranch (Van Heflin), entouré de ses deux fils, dont l'un se conduit mal et l'autre va s'amouracher d'une fille métisse. Les fils vont causer le désespoir de leur père et amener un final tragique que l'on redoute dès le début de l'intrigue. Le film revisite les rapports père/fils comme rarement un western l'a fait. Pour ma part, ce film m'a beaucoup parlé car il m'a renvoyé des souvenirs personnels. On ne ressort pas indemne de ce "salaire de la violence", car le film met en avant les fautes des parents, comme le travers des enfants. L'éducation des parents est elle responsable de la mauvaise conduite d'un enfant devenu adulte ou est-ce inné chez certains enfants dès le départ ? Le film ne répond pas catégoriquement à cette question, mais tente de montrer que la meilleure volonté du monde n'est peut être pas toujours suffisante.

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Dans le casting, on retrouve donc Van Heflin, Tab Hunter, Kathryn Grant et James Darren. James Darren on se souvient surtout de lui pour son rôle de Spyros Pappadimos dans "les canons de Navaronne" (1961). Alors c'est vrai que Tab Hunter a parfois ici, un jeu proche de la bûche. Mais comment pourrait-il en être autrement alors qu'il interprête ce personnage à la personalité malade. Quant à Van Heflin il n'en est pas à son premier western ayant déjà joué avec Tab Hunter dans "le cri de la victoire" (1955), puis avec d'autres acteurs dans "Tomahawk" (1951), "l'homme des vallées perdues" (1953), ou "le Raid" (1954) ou encore "3H10 pour Yuma" (1957). Ici il fait preuve de son immense talent et prouve qu'il méritait mieux que certains de ses rôles de début de carrière. Pour finir, on notera la belle musique de George Duning, responsable l'année précédente de la musique de "3H10 pour Yuma" sortie l'année précédente. J'ai donc été très surpris et conquis par ce "salaire de la violence" (filmé en Cinémascope et Technicolor),  film au message très pessimiste, mais néanmoins indispensable. A voir absolument.

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Présentation du film par Mr Patrick Brion :


http://youtu.be/ysj-52vddAg

 

Bande-annonce :

Note : 8,5 / 10

06/07/2013

Le Gaucho / Way of a Gaucho - 1952

J'espère ne pas décevoir les fous de politique qui naviguent tous les jours sur Hautetfort, mais le sujet de mon article est "Le Gaucho", western assez exotique de Jacques Tourneur, se déroulant en Argentine en 1875.  Le film raconte, l'histoire d'un gaucho Martin Penalosa (Rory Calhoun), en lutte contre l'autorité et ses amours avec Teresa Chavez (Gene Tierney), une aristocrate. Le film devait initialement être tourné par Henry King, et joué par Tyrone Power. Mais on ne sais pas, si c'est le sujet qui désinteressa King ou la maladie de sa femme, mais quoiqu'il en soit, il fut remplacé par Tourneur, et King étant le réalisateur attitré de Tyrone Power, ce dernier se décida à lui aussi quitter le projet. C'est ainsi que Jacques Tourneur hérita du film. Et force de constater que ce n'est pas un mal. En effet, Tourneur multiplie les plans d'exceptions, que ce soit dans la mise en valeur des grands espaces de la Pampa Argentine, ou dans sa façon de filmer les personnages en particulier la belle Gene Tierney, avec dans tout ça, une esthétique que l'on pourrait qualifier de très fordienne.

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Rory Calhoun et Richard Boone se partagent la vedette et malheureusement si Gene Tierney est bien filmée, elle n'a ici qu'un rôle de faire-valoir. On peut aupposer que la Fox avait déjà connaissance de ses problèmes dans sa vie privée, qui deveit mener la même année à un divorce, et quelques années plus tard à son internement. La Fox avait donc peut être peur de lui donner des rôles trop important à cette époque là. Richard Boone, c'est bien évidemment le Sam Houston du célèbre 'Alamo" (1960) de John Wayne. Mais il tourna dans de très nombreux westerns. On peut ainsi citer par exemple, "L'Attaque de la rivière rouge" (1954), " Dix hommes à abattre" (1955), "l'homme qui n'a pas d'étoile" (1955). Rory Calhoun était quant à lui, le fils d'un joueur professionnel, il était d'ascendance irlandaise et anglaise. Il était âgé de seulement neuf mois quand son père mourut. La mère de Calhoun s'est ensuite remarié. A treize ans, Calhoun a volé un revolver, pour lequel il a été envoyé dans une maison de redressement. Il s'en est échappé , et après avoir volé plusieurs magasins de bijoux, il a volé une voiture et l'a conduit à travers plusieurs états. Repris, il a été condamné à trois ans de pénitencier à Springfield, Missouri. Après avoir terminé sa peine, il a été transféré à la prison de San Quentin. Il y resta jusqu'à ce qu'il soit libéré sur parole peu avant son vingt et unième anniversaire. On conviendra que c'était de drôles de débuts pour une future vedette du cinéma.

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Ci-dessus : Gene Tierney filmée par Tourneur

On notera une belle étude de la musisque de Sol Kaplan par Bertrand Tavernier. En effet, il explique que la Fox avait interdit l'utilisation de certains instruments pour ne pas trop déconcerté le public américain, et que l'on se retrouve donc avec une musique encore très symphonique. Il n'en reste pas moins qu'elle ne déparaît pas dans l'ensemble. Alors que peut on reprocher à ce "Gaucho" ? Pas grand chose à vrai dire, si ce n'est peut être une certaine lenteur narrative, et un scénario très binaire qui se limite à la lutte entre deux hommes, qui fait parfois penser aux "Misérables" d'Hugo. Pour le reste, il n'y a rien à enlever à une oeuvre admirable, qui pousse très loin les limites du Western et nous emmène dans des contrées inconnues où le rêve prend toute sa grandeur, comme si l'Ouest américain devenait alors trop petit pour la caméra de Tourneur. Le dépaysement est donc total, et le spectateur ne peut que rester admiratif devant un western pas comme les autres. On regrettera malgré tout une image finalement moyenne et des couleurs un peu délavées, qui mériterait une restauration complète, surtout pour une oeuvre d'une telle valeur cinématographique.

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Ci-dessus : Rory Calhoun et Gene Tierney

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Extrait d'une des plus belles scènes du film :

http://www.youtube.com/embed/q_M469Z0rwU

 

Reportage sur le réalisateur Jacques Tourneur :

 

http://www.youtube.com/embed/ZgHwE68lFXQ

 

Film disponible en DVD et Bluray chez Sidonis.

Note : 8,5 / 10

30/06/2013

La flèche brisée / Broken Arrow - 1950

Aujourd'hui c'est dimanche, jour de repos. J'ai donc décidé de laisser la parole à Mr Patrick Brion, notre maître à nous tous, les jeunes cinéphiles, pour vous présenter la flèche brisée, superbe western en couleur de 1950, tourné par Delmer Daves. Le film était basé sur le roman de 558 pages, "Blood Brother" (1947) par Elliott Arnold, qui a raconté l'histoire de l'accord de paix entre le chef Cochise Apache et l'armée américaine, de 1855 à 1874. Le studio employa près de 240 Indiens de Fort Apache (la réserve indienne de l'Arizona), toutes les scènes de localisation ont été tournées à Sedona, en Arizona. L'histoire de Cochise a effectivement eu lieu dans ce qui est aujourd'hui le monument national de Chiricahua en Arizona du sud. Le studio a tenté de dépeindre les coutumes apaches dans le film, comme la fonction sociale de la danse et le rite du passage à la puberté de la jeune fille, et la cérémonie du mariage. Ce western est un des premiers westerns qui remet les indiens à leur vraie place et qui ne les montre plus, comme une menace, mais comme des gens défendant simplement leurs terres. On peut se rapprocher ce film de "la porte du diable" (1950) avec Robert Taylor ou encore "la dernière chasse" toujours avec Robert Taylor, et tourné en 1956.

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Ci-dessus : A noter les deux acteurs couchés et enlacés (scène très osée pour l'époque).

 La présentation de Patrick Brion :

 

LA bande-annonce :


Note : 8,5 / 10

28/06/2013

La charge fantastique / They died with their boots on - 1942

"La charge fantastique" évoque la vie du général George Amstrong custer, et la plus grande défaite de l'armée américaine aux USA contre les indiens. En effet, le 7ème de cavalerie du Lieutenant colonel Custer devait perdre plus de la moitié de ses hommes et le détachement de Custer être entièrement décimé. Le but de cette note, n'est pas de refaire l'histoire de cette célèbre bataille, mais bien de vous présenter "la charge fantastique". Il n'en reste pas moins que Little Big Horn est encore sujet de controverses aujourd'hui aux USA. Ainsi, on se demande toujours quel a été l'attitude de certains subordonnés de Custer pendant cette bataille. Pourquoi le major Reno n'est pas venu à son secours ? Et finalement, on se demande si Custer est mort de sa prope faute ou de part la faute de subordonnés craintifs voir laches, qui voulaient se débarasser d'un homme gênant. On peut tout imaginer. Le film part d'une autre thèse qui voudrait que Custer se soit sacrifié à Little Big Horn pour dénoncer la main mise des profiteurs de guerre, qui voulaient s'emparer des terres indiennes. Alors bien sûr il ne faut pas voir ce film comme un film historique, mais bien comme une épopoée de l'Ouest, où la légende prend le pas sur la réalité historique.

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Le but du film était de montrer au public d'une Amérique prête à rentrer dans la guerre, que le courage, l'honneur, le sens du sacrifice et l'audace étaient nécessaires. Mais que tout cela pouvait être réduit à néant par des politiciens corrompus. Mais au delà des leçons du film, on retrouve encore une fois le couple Errol Flynn, Olivia De Havilland pour une ultime fois. Le film est donc à ce titre, très troublant, nous racontant le début et la fin d'une romance, mais aussi retrospectivement la fin d'un très célèbre couple d'acteurs à l'écran. Ainsi, si on voit Custer dire adieu à sa femme, le spectateur d'aujourd'hui voit aussi un Flynn dire adieu à sa partenaire et se décidant à affronter son destin, dans une lutte qu'il sait perdu d'avance. Walsh nous donne une des scènes d'adieu les plus déchirantes de l'histoie du Western. En plus de Flynn et Olivia de Havilland, on retrouve Anthony Quinn qui joue Crazy Horse., mais aussi Arthur Kennedy qui devait jouer l'année suivante encore avec Errol Flynn dans "sabotage à Berlin" (1942). "La charge fantastique a vieilli par certains aspects, et manque parfois d'ampleur. Ces défauts sont atténués par la superbe partition de Max Steiner qui donne une vie à la dernière bataille de Custer. Mais "la charge fantastique" est autant l'histoire de la vie et de la mort du général Custer, que la mise en image de la séparation du couple Flynn, De Havilland à l'écran. Pour toutes ces raisons, pour la réalisation de Walsh, et la musique de Steiner, la magie opère encore 71 ans après le tournage et elle fait de "la charge fantastique", une légende du western américain au même titre que "le massacre de Fort Apache" de Ford.

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Ci-dessus : Olivia de Havilland et Errol Flynn

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Ci-dessus : Arthur Kennedy et Errol Flynn

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Ci-dessus : Errol Flynn et Olivia de Havilland

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la scène d'adieu :

 

La bande-annonce :

Disponible en DVD Zone 2 sur le coffret consacré à Errol Flynn

 

Note : 8,5 / 10

18/06/2013

Les bannis de la Sierra / The Outcasts of Poker Flat - 1952

"Les bannis de la Sierra" est un superbe western tourné pendant plus d'une heure en huis-clos. En effet, après une scène d'hold-up nocturne superbement filmée et stylisée, et une randonnée dans des montagnes enneigées, le film aura pour unique lieu de tournage une cabane solitaire. L'histoire tourne donc autour de ce groupe d'exclus, obligés de vivrre dans une cabane et qui attend la fin de la tempête de neige. Mais l'arrivée de Cameron Mitchell psychotique, responsable d'un hold-up sanglant va contrarier le séjour et faire de ces quelques jours un insoutenable et angoissant huis-clos.

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Le film va donc développer un suspens psychologique où ressortiront les caractères pour les uns, et la perversion pour un autre. On se prend alors à réfléchir au devenir de cette petite société miniature rejetée par la grande, mais où les moeurs et la morale sont en lutte avec la violence d'un homme prêt à tout. Il n'y a donc aucune scène romantique mais presque une scène de viol. On ne s'ennuie donc jamais en regardant ce western psychologique, qui est plus proche d'un thriller que d'un vrai western. Le film bénéficie en plus d'un très bon casting avec la jeune Anne Baxter, Dale Robertson en plus de Cameron  Mitchell. On note aussi la présence de Miriam Hopkins dans le rôle d'une prostituée. Miriam Hopkins était au plus haut de sa carrière dans les années 30, là sa beauté semble fannée et on a parfois un peu de peine quand on pense à la femme qu'elle était 20 ans auparavant.

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Ci-dessus : On reconnait Cameron Mitchell, Dale Robertson, Anne Baxter, et Miriam Hopkins à droite.

Je finirai en disant quelques mots sur le réalisateur Joseph M. Newman : ancien garçon de course de la MGM dès l'âge de 13 ans,  se retrouva assistant de cinéastes tels Raoul Walsh ou George Cukor. Sa première réalisation date de 1941, "Northwest Rangers", remake de "Manhattan Melodrama" de W.S. Van Dyke. Juste avant "les Bannis de la Sierra", il nous réalise une comédie avec June Haver et Marilyn Monroe dans un de ses premiers rôles, "Nid d'amour". Mais le film le plus célèbre de Newman sortira en 1953 et deviendra un grand classique de la science-fiction : "Les Survivants de l'infni" (This Island Earth).

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Ci-dessus : Cameron Mitchell

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Extrait : 

 

Note : 8 / 10

05/06/2013

La piste de Santa-Fé / Santa Fe Trail - 1940

"La piste de Santa-Fé" est bien un western maudit et oublié produit par la Warner en 1940 et aujourd'hui tombé dans le domaine public. Pourtant il a tout d'un formidable spectacle. On trouve tout d'abord une distribution éclatante, avec un Errol Flynn en grande forme, avec sa traditionnelle partenaire Olivia De Havilland. Puis il y a Ronald Reagan pas trop mauvais, mais surtout Raymond Massey peut être ici dans son plus grand rôle, et Van Heflin. Enfin, en plus de War Bond qui sera également présent sur "la caravane héroïque" (1940), on trouve dans les seconds rôles les deux faire-valoir habituels des films de Flynn : Alan Hale et Guinn 'Big Boy' Williams. Le sujet évoque la lutte de John Brown, personnage historique, adepte de la lutte armée, contre l'esclavage avant la guerre de secession et étant donc l'ennemi d'une paix civile précaire.

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Le film est destiné à un public du sud des Etats-Unis et prend le parti d'une impossible conciliation entre les idéaux du Nord et ceux du Sud avant la guerre civile. Mais contrairement aux explications données par le très mauvais bonus de l'édition DVD publié par l'éditeur Seven en 2007, il faut bien voir que le film n'est pas forcément pro-sudiste, mais a pour ambition de montrer une étape charnière de l'histoire des USA, où la paix était encore possible (1854), mais où en même temps la guerre se profilait à l'horizon en 1861. On y montre donc le point de vue abolitioniste, mais aussi le point de vue des Sudistes, ainsi que le difficile apprentissage de la liberté par les noirs. Pour ma part, je ne vois pas ce film comme raciste, mais plutôt comme l'expression d'une vision des USA en 1861. On pourrait critiquer le point de vue sudiste symbolisé par Errol Flynn, toujours modéré et droit, mais il est compensé par le point de vue presque aussi modéré de Ronald Reagan. Ainsi Reagan joue Custer et Flynn joue Stuart, qui seront respectivement deux officiers importants pendant la guerre de sécession mais présents dans des camps opposés. Le film évite donc un trop grand manichéisme. Et si les partisans de John Brown sont montrés comme souvent attirés par l'argent, décidé à utiliser la violence, il n'en reste pas moins que leur chef (John Brown) a droit à une musique religieuse de Steiner qui est là pour marquer le bien fondé de ses idées mais la condamnation des moyens violents.Le film prend malgré tout ses distances avec la grande histoire, en regroupant plusieurs proomotions de cadets de West Point. Ceci dit tout est là, l'action, la romance. Flynn a parfois un côté John Wayne assez marqué et est parfaitement crédible dans son rôle d'officier de cavalerie, comme on avait pu le voir dans "la charge de la brigade légrère (1936). Enfin Curtiz, nous donne une très belle réalisation, dont lui seul a le secret. Les scènes d'actions sont bien évidemment le point fort de Curtiz et il s'en sort parfaitement dans toutes les scènes d'action avec des plans très rapides de 3 à 4 secondes à chaque fois, faisant de l'action un point fort du film.

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Ci-dessus : Ronald Reagan et Errol Flynn

 

Quant à Raymond Massey il vole la vedette à Errol Flynn et interprète un exalté religieux de la plus belle des façons. D'ailleurs, on ne peut s'empêcher de voir dans son personnage  de fanatique, l'oombre d'un autre fanatisme religieux beaucoup plus actuel et aux causes beaucoup moins belles.

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Ci-dessus : Raymond Massey, Van Heflin, Errol Flynn et War Bond

J'ajouterai un mot sur la belle musique d'un Max Steiner très inspiré, qui nous gratifie d'une valse de sa composition lors de la belle scène du bal des officiers. On se rappelera en effet que Max Steiner avait pour habitude de composer des valses originales pour les scènes de bal. Ainsi, il en avait fait de même pour "la charge de la brigade légère". "La piste de Santa-Fé" est donc un très beau spectacle, que certains considèrent comme un film aux accents racistes. Pour ma part, je n'en crois rien. Il est le reflet d'un cinéma, d'une époque, et d'une période pré-guerre de sécession où le racisme existait aux USA. Comment faire un film sur cette période sans parler du racisme et le montrer ? Enfin, il faut savoir que deux ans plus tard, Errol Flynn devait reprendre le rôle de Custer (joué ici par Ronald Reagan) dans "la charge fantastique" (1942) et retrouver pour la dernière fois, Olivia de Havilland dans peut être la plus émouvante scène d'adieu du cinéma hollywoodien de cette époque.

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Ci-dessus : Guinn big boy Williams, Alan Hale, Ronald Reagan, et Errol Flynn

 

Bande-annonce :

 

Extrait :

 Note : 8,5 / 10