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12/02/2013

Titanic - 1997

Et voilà la dernière version en date du fameux nauffrage, "Titanic" de James Cameron, tournée en 1997. J'ai pu le voir au cinéma comme bon nombre de Français à l'époque, il y a donc maintenant plus de 15 ans ! Comme le temps passe ! C'est hallucinant. Je me rappelle que j'étais allé à la fin de sa sortie en salle, pensant qu'il y aurait moins de monde. Mais la salle était pleine ! Je ne vais pas vous faire un making-of du film qui a été déjà très bien fait et que l'on peut trouver sur les différentes éditions DVD et Bluray. Mais je vais vous donner mon avis sur ce film.  A mon sens Titanic de Cameron est supérieur à toutes les versions précédentes évoquant le nauffrage, car il a pris la force des 2 films précédents dans leur version de 1953 et 1958. Ainsi, il a pris la force du mélodrame de la version de 1953 et une approche des évènements du voyage inaugural de la version de 1958, sans mettre l'une en avant par rapport à l'autre. De plus, Cameron a su à merveilles donner une histoire et une vie à chaque personnage et à faire de chaque spectateur, un passager du Titanic. C'est la grande qualité du film, de prendre un nauffrage et le véhicule d'un film catastrophe, comme support pour tourner peut être la plus belle histoire d'amour d'Hollywood de ses 15 dernières années, le tout associé avec des effets spéciaux numériques très novateurs pour l'époque. Et puis c'est aussi un scénario qui commence par nous montrer une vedette des années 30 : Gloria Stuart. Cela fait plaisir de retrouver cette vieille dame. Et finalement Titanic nous fait faire un voyage à travers le temps.

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Mais Titanic ce n'est pas seulement la vision de James Cameron, des effets spéciaux, une formidable réalisation ou un scénario en acier trempé, c'est aussi une prestigieuse distribution avec en tête un des plus romantiques couples hollywoodiens de notre époque : Leonardo DiCaprio et Kate Winslet. Leur entente est parfaite à la caméra. Et on peut dire aisément sans se tromper que pour eux ce film changea leur vie. On retrouva ce couple de légende en 2008 dans "les noces rebelles" et on peut bien se demander pourquoi Hollywood n'a pas remis ce couple à l'écran plus souvent ! Que d'occasions gâchées !

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"Titanic" est donc le film parfait en plus d'être le film sur le Titanic. Il est pour moi en plus d'être le film ultime sur le Titanic, la plus belle histoire d'amour de notre temps avec peut être celle du  "patient anglais" et un film extraordinaire et hors-norme. Je finirai comme d'habitude pour mettre en avant la musique de James Horner et la fameuse chanson de Céline Dion qui reste éternellement liée au film. Ainsi, en dépit de quelques mauvaises critiques, je  donnerai au film de James Cameron  la note maximale. Le film devait quant à lui recevoir 11 oscars en 1998, et si il avait couté 200 millions de dollars il devait en rapporter 2,5 milliards, se classant juste derrière "Avatar" en terme de recettes. C'est donc et cela reste le deuxième plus gros succès cinématographique de tous les temps. Comme quoi, les belles histoires simples, du moment qu'elles sont bien réalisées avec un support légendaire peuvent être des gros succès. Malheureusement dans les grosses productions, aujourd'hui on a droit à "Avengers" et la énième adaptation de Batman ... Au secours !

 

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La Bande-annonce :

 

 

 

La chanson de Céline Dion :

 

 

Note : 10 / 10

05/02/2013

Les misérables - 1935

"Les Misérables" de Victor Hugo est un des plus célèbres romans de la littérature française. Ce roman a énormément inspiré le cinéma et a engendré un grand nombre d'adaptations cinématographiques ou télévisuelles. Nous en passerons quelques unes  en revue. Je vais commencer par évoquer cette version de 1935, produite par la Twentieth Century Fox et tourné par Richard Boleslawski.

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Tout d'abord commençons par les défauts du film, et pour être tout à fait honnête avec vous chers lecteurs, il en a quelques uns. Le plus gros défaut du film, c'est bien entendu le scénario de W.P. Lipscomb qui ne respecte pas beaucoup l'oeuvre initiale d'Hugo. Ainsi, les bagnards se retrouvent être de vrais galériens dans des galères, attachés aux bancs et avec le fouet pour les encourager à ramer. Or, on se souviendra que les galères ont été supprimées par Louis XV autour de 1748. Le film comme le roman commence en 1815. On peut donc déjà se demander où se trouve le conseiller historique sur ce film. On se dit donc qu'il y en a pas. Ensuite le film étant tourné en 1935, la censure a fait son oeuvre et le personnage de Fantine est réduit à la portion congrue. Ainsi, on ne sait pas pourquoi elle est misérable alors que les salaires de l'usine de Monsieur Madeleine sont censés être les meilleurs de la région. Et surtout, il n'est jamais évoqué à aucun moment qu'elle se prostitue pour nourrir son enfant. On peut continuer ainsi longtemps et dire également que le personnage du père Ténardier est invisible et que la mère Ténardier n'est montré que 1 ou 2 minutes dans tout le film. Enfin on ne comprend pas qui est Marius sinon un jeune révolutionnaire. Bref, le scénario frise la catastrophe sur beaucoup d'aspects. Enfin les cartons de textes qui séparent le film en 3 parties, le vieillissent terriblement sans rien apporter à l'histoire. Néanmoins ne partez pas tout de suite ! La suite est bien meilleure.

 

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Ce qui sauve cette oeuvre de l'oubli, c'est d'abord l'admirable casting. Ainsi, Fredric March est tout bonnement extraordinaire dans le rôle de Jean Valjean et de Champmathieu. Et oui, Fredric March interprête bien deux rôles. On le sent habité par son rôle comme jamais. Et il fait oublier par son jeu les incohérences ou les divers oublis du scénario. Quel acteur cela a pu être ! Enfin, Charles Laughton est un fabuleux Javert. On tremble quand on pense à l'intonation qu'il donne à chacune de ses répliques : "It's not in the law !" On ne peut que songer à lui, dans le rôle du capitaine du Bounty qu'il devait interprêter la même année, mais cette fois-ci avec Clark Gable. Enfin et peut être au dessus de tout, il y a une formidable osmose entre Fredric March et les deux interprêtes féminines de Cosette (enfant et jeune adulte). Ainsi, on voit une très belle interprétation de Rochelle Hudson et surtout de la petite Marilyn Knowlden qui crève l'écran. Le réalisateur et le scénariste ont bien compris que ces deux êtres (Jean Valjean et Cosette) brisés  par l'injustice des Hommes s'aiment, au delà de toute différence d'âge, au delà d'une improbable et de toute façon impossible sexualité ou quelconque désir sexuel. Il y a quelque chose de miraculeux dans cet enfant qui croient en cet homme et ensuite dans ce vieil homme qui croit discerner un amour dans cette belle jeune fille qui n'est alors là plus une enfant. Il y a quelque chose qu'on ne pourra plus jamais montrer aujourd'hui qui fait de ce film une espèce de bénédiction cinématographique, merveilleusement exprimée d'une impossible réalité. Ainsi, la scène où Jean Valjean comprend qu'il ne sera jamais le mari de Cosette mais qu'en plus elle aime Marius est admirable à tous les points de vues.

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Ci-dessus : Fredric March et Rochelle Hudson

Enfin, la réalisation de Richard Boleslawski est excellente. La poursuite avec Javert au début du film est un des plus beaux montages de l'histoire du cinéma; filmée sur le vif, elle est rapide, et rend le spectateur acteur de cette séquences aux innombrables plans et angles pas si courant pour l'époque. Enfin, la poursuite dans les égouts est sans aucun bruitage, mais avec juste la musique d'Alfred Newman, nous donne l'impression d'avoir une partie du film en muet, mais d'un très haut niveau bien évidemment.

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Ci-dessus : Fredric March et Rochelle Hudson

Voilà. vous savez tout. Je vous conseillerais donc très fortement de voir et revoir ce film, qui malgré ses incohérences ou ses approximations scénaristiques par rapport à l'oeuvre littéraire originale, réserve de très très beaux moments de grand cinéma. Un film qu'il est urgent de re-découvrir.

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 Ci-dessus, Marilyn Knowlden en Cosette :


La réplique du film : "Aimez vous, car finalement l'amour c'est à peu près la seule chose qu'il y ait sur terre." (Jean Valjean à Marius et Cosette)

 

Disponible en DVD Zone 2 (sortie en 2013), acheté récemment à la FNAC.

 

Note : 7 / 10

02/12/2012

Bel-Ami - 2012

Tiré du célèbre roman de Guy de Maupassant, et tourné par un duo de réalisateurs (Declan Donnellan, Nick Ormerod), Bel ami n'est pas le chef d'oeuvre que certains ont bien voulu voir ni un film totalement raté. Pourtant, il bénéficiait d'un casting intéressant en la personne d'Uma Thurman ou de Kristin Scott Thomas. Malheureusement l'interprète principal Robert Pattinson n'est absolument pas crédible dans son rôle. Il n'a que l'ambition du personnage, mais absolument pas les manières et surtout la suffisance d'un tel personnage. De plus il est bien trop jeune pour ce rôle. Et malheureusement, il est impossible de ne pas comparer ce film au classique "Bel-Ami" joué par George Sanders dans l'inoubliable chef d'oeuvre d'Albert Lewin.

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Autant Robert Pattinson était crédible dans "de l'eau pour les éléphants" en garçon mal dégrossi, éternel véléitaire, autant là son jeu ressemble la plupart du temps à rien ou alors à pas grand chose. Alors oui, Kristin Scott Thomas ou Uma Thurman essayent bien de donner quelques consistances à son rôle, mais c'est peine perdue. Et notre Bel-Ami qui devrait tout autant personnifier l'esprit français de l'époque, le cynisme et l'avidité du pouvoir, semble la plupart du temps totalement dépassé par son rôle, dans un film qu'il ne semble jamais maîtriser.

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Plus grave, le film ne met quasiment jamais en avant aucune scène. La caméra est très souvent tellement proche des acteurs qu'on se perd dans une intimité hors de propos la plupart du temps. On ne profite donc que très rarement d'un intérieur français de l'époque ou des costumes. De plus, il y a très peu de scènes extérieures ou la réalisation pourrait prendre une quelconque ampleur. Et finalement chaque scène semble être sortie d'un téléfilm de série et n'apportent aucune émotion. Enfin le film censé se passer en France à la fin du 19ème siècle ne retranscrit rien de l'ambiance de la France à cette époque, en dehors du titre du journal de Georges Duroy, "la vie française". On finit donc par bailler devant un film si impersonnel et si plat. Alors oui, sur la durée, ce n'est globalement pas si mauvais que ça en a l'air, surtout que ça en devient finalement la meilleure publicité pour aller voir la sublime version de 1947 d'Albert Lewin. C'est déjà pas si mal.


NOTE : 5 / 10

24/11/2012

Par la porte d'or / Hold Back the Dawn - 1941

J'aurais aimé dire beaucoup de bien de "Par la porte d'or", mais malheureusement ce ne sera pas le cas. "Par la porte d'or" raconte l'histoire d'un immigré roumain, bloqué à la frontière entre le Mexique et les USA. Il se met donc en tête de séduire une américaine (De Havilland) pour se marier avec elle et passer la frontière. Le film bénéficie tout d'abord un excellent casting avec Charles Boyer, Olivia De Havilland et Paulette Godard. Charles Boyer est convainquant dans son rôle d'éternel escroc candidat à l'immigration. Paulette Godart en comparsse de notre escroc est aussi très crédible. Malheureusement il me semble que l'interprétation d'Olivia de Havilland qui aurait du être plus en nuances, se perd finalement dans les méandres d'un scénario introuvable. Ainsi, on voit une scène assez hallucinante où on frappe à sa porte et où elle va à l'endroit opposé avant de se raviser. On a perdu Olivia en cours de route.

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Mais au delà de l'interprétation d'Olivia de Havilland c'est bien le scénario bancal qui coule le film. Comment une femme jeune et responsable peut elle tomber dans les griffes d'un homme qui ne l'aime pas, et surtout aussi facilement ? Pourquoi avoir gardé tous ces seconds rôles qui ne servent à rien, et ne font pas avancer le récit et ennuie finalement le spectateur ? Pourquoi le début d'une vraie romance entre Boyer et Havilland doit elle apparaître uniquement à la fin du film ? Oui le principal problème de "Par la porte d'or", c'est bien le scénario. Et j'aurais tendance à dire que ce n'est pas par la grande porte que passe le spectateur, et que celui ci aura bien du mal à ne pas vouloir chercher la porte de sortie avant la fin. Aujourd'hui on sait que les rapports entre le scénariste Billy Wilder et Mitchell Leisen le réalisateur furent assez mauvais. Ainsi, Mitchell Leisen et Boyer remanièrent le script à leur convenance au grand désespoir de Wilder. Ainsi Boyer refusa de tourner la scène d'introduction où il devait raconter son histoire à un cafard. Billy Wilder se fit ensuite interdire l'accès du plateau par Leisen. Et Leisen finit par dire de Wilder : « Il vient d’Europe centrale et il est têtu comme une mule quand on touche à son texte ». Wilder se vengea en raccourcissant le texte de Charles Boyer. Bref, vous l'aurez compris le tournage ne se fit pas dans les meilleurs conditions. Et malheureusement tout cela se ressent à l'écran et on voit bien que le film est totalement déséquilibré et finit là où d'autres commencent. Suite à ces difficultés, Wilder décida d'ailleurs l'années suivante de passer à la réalisation pour ne plus subir le "diktat" de gens comme Leisen. A noter, que de façon exceptionnelle, le film réserve une scène, où on voit De Havilland courir nue sur la plage au loin (est-ce vraiment elle ?).

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Ci-dessus Charles Boyer et Paulette Godard :

De son côté, à l'époque le film fut très bien perçu par la critique, et reçu 6 nominations aux Oscar, mais n'en remporta aucun. Olivia de Havilland fut nominé comme meilleure actrice (ce qui me semble un comble) mais c'est sa soeur (Joan Fontaine) qui le gagna. Elle devait en remporter un 2 ans plus tard pour "À chacun son destin" avec pour réalisateur encore Leisen. Aujourd'hui le film est encore à mon sens très surestimé. Néanmoins, il réserve quelques bonnes scènes entre de grands acteurs. Mais est ce bien suffisant pour faire un film réussi ? Pour ma part, je ne le crois pas. Surtout que l'âge d'or d'Hollywood a réservé bien d'autres chef-d'oeuvre à la valeur plus sûre.

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Ci-dessus Charles Boyer et Olivia de Havilland :

 

NOTE : 4,5 / 10

21/11/2012

La voleuse / A stolen Life - 1946

Je voudrais vous parler aujourd'hui d'un autre film avec Bette Davis et pour le coup cette fois-ci assez fascinant.  Il s'agit de "la voleuse" connue aussi sous le titre "une vie volée" ou "A stolen life" pour le titre anglais. Ce film a été tourné par un réalisateur d'origine allemande Curtis Bernhardt. Je tiens à prévenir auparavant ceux qui n'auraient pas encore vu le film, mais exceptionnellement cette note révèlera des points important du scénario. Donc si vous n'avez pas vu le film et que vous souhaitez le voir, je vous déconseille de lire la suite.

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Pour revenir à l'origine allemande du réalisateur, elle se retrouve dans la réalisation plus particulièrement à la toute fin du film où Bette Davis court le long d'une falaise parsemée d'arbres donnant à l'image des allures de tableaux romantiques dans le style de Caspar Friedrich. On sait que Caspar Friedrich inspira de nombreux artistes dont Beckett pour la création de sa pièce "en attendant Godot". Mais si ce plan pourrait paraître un détail il n'en est pas moins le reflet final d'un symbolisme magistral de l'oeuvre dans son ensemble, et finalement on se rend compte que tout le film est parcouru et plus exactement innervé par un intellectualisme assez déroutant. En effet, on peut avoir deux visions du film. La première vision est une vision au premier niveau de compréhension. Ainsi, le scénario est assez simple : deux soeurs jumelles se disputent le même homme et finalement une des soeurs meurent et prend la place de l'autre. Classique ? Oui et non. Car si on étudie cette oeuvre à un autre niveau, on peut considérer que le film est une ode au symbolisme à plus d'un titre. En effet, pourquoi ne pas croire à une explication psychanalitique de ce film ? Je m'explique. Bette Davis, joue virtuellement dans le film 3 rôles : son propre rôle, celui de sa soeur jumelle, puis enfin dans le dernier tiers du film elle remplace sa soeur décédée. Comment ne peut on pas croire à une lutte entre les 2 personnages qui finalement ne sont que des représentations du "surmoi" et du "Ça" définis par Freud. Le "Ça" étant le siège de l'inné, des pulsions. On le retrouve lorsqu'en réfléchissant au pourquoi de certains de nos actes, on se dit « ça a été plus fort que moi » symbolisé dans le film par une soeur dirigée par sa pulsion irréfléchie. De son côté, le surmoi qui est le siège de l'acquis, c'est-à-dire des interdits, de la morale, des lois, qui est représenté dans le tempérament d'une autre. Là où le film rend le spectateur totalement fou c'est lorsque la tempête arrive sur nos deux soeurs sur le même bateau, et où l'une pousse l'autre à aller toujours plus loin et que finalement c'est notre représentante du "surmoi" qui s'en sort, mais elle doit donc porter la personnalité impulsive et destructrice de sa soeur le calme revenu ! Vous l'aurez compris, on est dans un film d'un intellectualisme rare et d'une profonde intelligence scénaristique comme rarement vu même à cette époque. C'est mon analyse de cette oeuvre. On peut en avoir bien évidemment d'autres et je ne prétends pas avoir tout compris.

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Mais d'autres scènes sont particulièrement savoureuses comme celles avec l'artiste peintre, adepte de la lutte des classes, mais incapable d'insuffler du désir à une femme dirigée totalement par sa morale. Pour l'époque cette scène est d'ailleurs très osée, car cela laissait entendre qu'il pouvait y avoir en 1946 aux USA des gens avec des idées communistes. Donc il ne faut pas se laisser berner par le début du film, assez sympathique avec le port de pêche et le phare en toile de fond. On est bien devant un chef d'oeuvre absolu et majeur du cinéma hollywoodien. En un mot du très très grand cinéma.

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Et pour le coup, oui merci Warner Bros d'avoir mis à disposition ce film pour la France via la collection "Trésors Warner".


NOTE : 8,5 / 10

19/11/2012

Une certaine femme / That certain woman - 1937

"Une certaine femme" est un mélodrame de 1937 d'Edmund Goulding avec pour acteurs principaux : Bette Davis, Ian Hunter et le jeune Henry Fonda. Ian Hunter est connu aujourd'hui pour son rôle de Richard Coeur de Lion dans "les Aventures de Robin des Bois" (1938), ou encore pour son rôle dans Dr. Jekyll and Mr. Hyde (1941) avec Spencer Tracy. Pour Bette Davis, le scénario est parfait. En effet, Bette Davis reste la reine incontestée du mélodrame hollywoodien (genre quasiment disparu aujourd'hui). "Une certaine femme" raconte l'histoire d'une veuve de gangster, abandonnée par son nouveau mari, mais protégée par son richissime patron (célèbre avocat).

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Alors oui, c'est vrai dans "Une certaine femme" on a parfois l'impression d'être devant un épisode de "plus belle la vie". Mais ce film est très intéressant à plus d'un titre. Tout d'abord même si ce film constitue un film de studio, c'est un peu du cinéma d'auteur. En effet, Edmund Goulding a écrit le scénario et réalisé le métrage. Quand on sait la difficulté d'avoir un script propre, et les multiples réécritures que subissent certains scénarios, c'est quelque chose de notable. Alors bien sûr, même si "une certaine femme" est un remake d'un film de 1929 avec Gloria Swanson, ("The Trespasser"), il n'en reste pas moins que c'est une bonne initiative. De plus, le film bénéficie d'acteurs extraordinaires. On a déjà parlé de Ian Hunter. Mais que dire de Bette Davis ou d'Henry Fonda. Bette Davis allait d'ailleurs se faire une spécialité à tourner des drames ou des mélodrames pour la Warner. On la retrouvera d'ailleurs plus tard dans des films plus aboutis comme "Dark Victory" (1939) où elle est extraordinaire dans sa lutte désespérée face à la mort, ou plus tard, dans un genre qui atteindra son paroxysme dans les années 40 avec des films comme "Now Voyager" ou "Mr. Skeffington". Henry Fonda est aussi très bien dans son rôle de jeune homme de bonne famille, dominé par son père et incapable de prendre ses responsabilités. Enfin Donald Crisp est très crédible dans son rôle de père intolérant qui considère la femme de son fils comme une aventurière avide d'argent. On verra d'ailleurs Donald Crisp très souvent dans des rôles de père, que ce soit ici ou dans "la charge de la brigade légère". Mais c'est bien dans "qu'elle était verte ma vallée" qu'il obtiendra enfin une reconnaissance du milieu et donc un Oscar pour son inoubliable interprétation d'un père ouvrier luttant pour sauvegarder sa famille.

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Ci-dessus Henry Fonda et Bette Davis :

 

Si on ajoute à tout ça, une belle musique originale (qui aurait mérité à être mise plus en avant), on se retrouve devant un film très correct et classique qui si il n'atteint pas les sommets du genre, arrive facilement à émouvoir (surtout à la fin) et à distraire. On notera enfin qu'Henry Fonda et Bette Davis se retrouveront l'année suivante, sur le tournage de "Jezebel".

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Film disponible en Zone 2 dans la collection "Trésors Warner"


NOTE : 6 / 10

14/11/2012

Man of the World - 1931

"Man of the World" est un film de Richard Wallace resté célèbre pour avoir tourné "Simbad le Marin" en 1949 avec Douglas Fairbanks Junior. "Man of the World" met à l'affiche William Powell, et Carole Lombard. On pourrait dire que Carole Lombard partage la vedette avec William Powell, mais il n'en est rien. Powell est seul à tenir le film sur ses épaules. Carole Lombard joue une jeune riche écervelée, amoureuse d'un espèce d'escroc, pseudo journaliste et gigolo tout à la fois. Donc sans vouloir dévoiler tout le scénario du film pour ceux qui ne l'ont pas vu, le film va tourner autour de la relation amoureuse naissante entre Powell et Lombard, et les affaires douteuses du pseudo-journaliste Powell.  On ne s'ennuie nullement les dialogues sont bons, le scénario est structuré et la présence de Powell fait le reste.

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Ceci dit le film souffre de 2 défauts, le film qui devait censer représenter Paris, ne laisse voir rien de la beauté de la capitale française. Tant est si bien qu'une scène sur un pont parisien semble avoir été tourné sur une passerelle où on ferait traverser des vaches. Les scènes en extérieurs ne sont donc pas particulièrement réussies (voir ci-dessous). De plus la non exploitation du talent de Carole Lombard agace.

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Néanmoins on passe un bon moment avec un film sérieux de William Powell, où celui-ci joue le drame plus que la comédie. C'est assez inhabituel pour susciter l'intérêt du cinéphile. Mais il ne faudra pas chercher beaucoup plus dans un film assez terrorisant dans sa conclusion, où le destin de l'Homme semble être tracé sans aucune possibilité de rédemption même dans l'amour sincère. Y a t'il finalement quelque chose de plus terrorisant ? Je conseille donc  fortement la vision de ce film. Si il n'a pas pour vocation de changer l'histoire du cinéma,  il permet quand même à tout à chacun d'actioner la machine à remonter le temps cinématographique qui nous transporte cette fois-ci en 1931. On y redécouvre ainsi avec plaisir la mode féminine et aussi masculine.

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Pour conclure, je vous dirais que Carole Lombard et William Powell devait se marier la même année pour un mariage qui ne dura que 2 ans et se retrouver sur le tournage de Ladies'man en 1931 également.

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Ci-dessus William Powell, et Carole Lombard. (on devine déjà le regard magnétique de Carole Lombard).

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Ci-dessus Wynne Gibson


A noter enfin que le film est disponible aux USA en DVD dans un super coffret Carole Lombard comprenant 6 films pour seulement 11,5 $ (hors taxes douanières)


NOTE : 7,5 / 10

13/11/2012

Après nous le déluge / Today we live - 1933

"Après nous le déluge", est un film d'Howard Hawks tourné en 1933. Il bénéficie d'un casting particulièrement intéressant. En effet, on y retrouve Gary Cooper, Joan Crawford, Robert Young, et Franchot Tone. Pour la petite histoire il faut savoir que Franchot Tone se maria en 1935 avec Joan Crawford alors qu'il a ici le rôle de son frère. Il tourna avec Joan Crawford 7 films : Today We Live (1933), Dancing Lady (1933), Sadie McKee (1934), No More Ladies (1935), The Gorgeous Hussy (1936), Love On The Run (1936) and The Bride Wore Red (1937). Mais aujourd'hui Franchot Tone reste surtout célèbre pour son interprétation dans "les Révoltés du Bounty" (1935) avec Clark Gable. Gary Cooper et Joan Crawford restent d'immenses stars. Gary Cooper interpréta de nombreux westerns comme "Vera Cruz", "le jardin du diable", ou "le train sifflera trois fois". Mais acteur complet il s'essaiera à tous les genres. Joan Crawford actrice aux yeux magiques commença sa carrière cinématographique en 1925 pour la finir en 1970. A noter qu"après nous le déluge" est le seul film qui permet de voir conjointement Gary Cooper et Joan Crawford à l'écran. Quant à Robert Young sans atteindre la popularité d'autres acteurs plus connus il aura une carrière très honorable dans les années 30 et 40. Il prendra dans les années 50 alors, le virage de la télévision ne tournant que pour cette dernière.

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L'histoire en elle même est centrée sur les personnages et sur la guerre qui n'est présente que pour perturber la vie de chacun des protagonistes. Comme souvent à cette époque Hollywood a acheté les droits d'une courte nouvelle d'un écrivain, ici de William Faulkner. Le scénario fut écrit en 5 jours. Mais Irving Thalberg, le vice-président des studios MGM à l'époque, a insisté pour que Joan Crawford soit inscrite dans le script. En effet cette dernière a été engagée contractuellement pour 500,000 $ de salaire, qu'elle travaille ou non, le premier d'une longue suite de réécriture a donc commencé. On notera que Gary Cooper fut prêté par la Paramount pour ce film. Malheureusement, la réécriture scénaristique se ressent et on voit bien que le film ne sait pas choisir si il doit basculer dans le mélodrame, la comédie ou le film de guerre pur et dur. Cela affaiblit donc l'oeuvre dans son ensemble. Et la réécriture rend le scénario parfois littéralement incroyable. A t'on déjà vu ailleurs que dans ce film un aveugle convaincre son camarade de l'emmener couler un destroyer ennemi ? On reste pour le moins interloqué par les raccourcis pris par les scénaristes et on sent que l'écriture a du être très laborieuse. Néanmoins le film bénéficie de séquences de combats crédibles et réalistes pour l'époque. Les séquences de combats ont été pour certaines reprisent de "Hell's angels", le fameux film de 1930 d'Howard Hughes. "Après nous le déluge" n'est pas non plus sans émotion, mais le scénario bancal ne permet pas une forte identification aux différents personnages. L'hommage devant le monument au mort apporte à la fin du film, une émotion et laisse le spectateur pensif sur la cruauté de la guerre, mais l'ultime séquence laisse présager un retour de la vie, sans qu'on sente que le film soit réellement abouti et laisse finalement une impression globale d'inachevée. On retiendra tout de même que le film a été écrit avant la mise en place du fameux code de censure appliqué au cinéma américain en 1934. On a donc une scène où l'on voit Joan Crawford mettre ses bas et une autre scène où elle explique littéralement à son frère que n'ayant pas trouvé de prêtre elle s'est résolue malgré tout à coucher avec son amoureux (scène impensable 1 ans plus tard).

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Ci-dessus Joan Crawford et Gary Cooper :


En résumé "Après nous le déluge" reste un bel essai non transformé du cinéma hollywoodien. Mais on pouvait s'attendre à mieux si le film avait bénéficé d'une autre écriture scénaristique. Son écriture d'avant le code Hays lui donne malgré tout dans certaines scènes, un modernisme inatendu et bienvenu.


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Ci-dessus : Robert Young, Franchot Tone, et Joan Crawford

 

Disponible dans la collection "Trésor Warner". Qualité d'image très moyenne voir médiocre.

01/10/2012

The Artist - 2011

Par quel bout prendre "The Artist" ? Telle est la première question qui vient quand on veut parler de ce film. Doit on d'abord parler de l'extraordinaire performance de tous les comédiens ? Jean Dujardin et Bérénice Béjot en têtes, mais aussi de tous les seconds rôles, mais également du moindre figurant dont le regard transperce l'écran et notre cerveau des mois après ! Tous les prix donnés à ce film sont totalement mérités. Le pari semblait impossible au départ : faire un film muet dans le style hollywoodien de 1929 en 2011, faisant fi de presque un siècle de progrès techniques cinématographiques. Mais il faut bien le dire à l'heure de la 3D et des super-héros le pari est réussi voir au delà. Si on pense à Douglas Fairbanks, Errol Flynn, ou Gene Kelly, quand on voit Jean Dujardin on ne peut s'empêcher de penser que ce film a été tourné en 2011 et pas il y a 80 ans. Le cinéma joue donc ici son rôle de machine à remonter le temps de la plus belle des manières. Bernard de Chartres disait : "Nous sommes des nains, assis sur des épaules de géants". Force de constater que le réalisateur Michel Hazanavicius a dépassé cette maxime pour aller toucher l'impossible nirvana cinématographique. En cela il a été aidé par la musique parfaite de Ludovic Bource que l'on croirait sorti d'un film hollywoodien de 1930 !

 

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D'ailleurs, les clins d'oeil au cinéma de l'âge d'or d'Hollywood sont récurrents dans ce film. Le début fait penser à la scène devant le cinéma de Chantons sous la pluie. La scène où Jean Dujardin se regarde dans la glace d'une vitrine avec le reflet d'un smoking fait également penser à un film de Gene Kelly (la Reine de Broadway) etc etc. Et on pourrait chercher ainsi les références à l'infini. Mais ce n'est pas du plagia. Le réalisateur a ainsi posé sa propre marque à tout cela. Les scènes sont très souvent originales. On ressort complètement ébahi devant un tel film, un peu comme si on avait assisté à quelque chose d'incroyablement beau, parfait, grand et qui ne doit jamais se reproduire.

 

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Dire que ce film est un pur chef d'oeuvre serait trop limité. Ce film est bel et bien un miracle cinématographique. Le propre des miracles étant de ne pas se reproduire, on ne devrait donc pas voir de suite. Mais si je peux souhaiter quelque chose c'est bien que Monsieur Hazanavicius nous réalise une suite, cette fois ci par exemple parlante et en technicolor.

 

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Mais au delà, des qualités, des prix reçus, et du succès en salle, The Artist a montré qu'il y avait un public pour un autre cinéma que celui d'Avengers : un public mature, intelligent, sensible et capable de rester 2 heures à voir du vrai cinéma. Chapeaux bas les artistes !! Et merci pour la leçon de cinéma. That's Entertainment !!

 

 

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Extrait de la musique :



Note : 9 / 10

25/09/2012

David Copperfield - 1935

David Copperfield est bien entendu tiré de l'oeuvre de Charles Dickens. Le film a été produit par David O. Selznick, le producteur du célébrissime "Autant en Emporte le Vent". David O. Selznick voulait produire ce film car son père russe avait appris l'anglais en lisant ce livre et  le lisait à son fils tous les soirs. Le rôle titre est tenu par Freddie Batholomew pour la première partie du film où on voit David enfant. Et autour de lui on trouve toute une pléaïde d'acteurs : Basil Rathbone, Lionel Barrymore,  Lewis Stone, W.C Fields, Maureen O'Sullivan et Franck Lawton.

 

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Le film a été tourné dans les studios  de la MGM ou à Malibu pour certaines scènes extérieures. La cathédrale de Canterbury n'est montrée que moins d'une minute. La performance de W.C Fields est extraordinaire. Et il tient à merveille son rôle d'ivrogne surendetté au grand coeur. Basil Rathbone dans le rôle du tortionnaire de David est également parfait dans le rôle. Qu'est ce qu'on aime le détester ! Donc un beau film qui célèbre l'amour et la famille ainsi que les passions (bonnes ou mauvaises d'ailleurs). Le dénouement paraît presque devenir à un moment tragique, un peu comme dans "Camille" avec Robert Taylor et Greta Garbo mais il n'en sera rien et finalement le film finira sur une note positive.

 

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ci dessous W.C Field et Freddie Batholomew

 

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La phrase du film prononcée par W.C Fields :
Revenu annuel: vingt livres; dépenses annuelles: dix-neuf livres, dix-neuf shillings, six pence; résultat: le bonheur. Revenu annuel: vingt livres; dépenses annuelles: vingt livres, zéro shilling, six pence; résultat: la misère.

 

Note : 7 / 10
Revenu annuel: vingt livres; dépenses annuelles: dix-neuf livres, dix-neuf shillings, six pence; résultat: le bonheur. - - Revenu annuel: vingt livres; dépenses annuelles: vingt livres, zéro shilling, six pence; résultat: la misère.

10/09/2012

Casablanca - 1942

On a à peu près tout dit sur Casablanca. On considère ce film comme un film romantique, mais comme il se passe pendant la guerre, doit on le considérer comme un film de guerre ?

 

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Comme dans "Passage to Marseille" (commenté dans une note plus bas) qu'il précède, on a donc Michael Curtiz au commande. On retrouve dans le rôle principal Humphrey Bogart et comme partenaire Ingrid Bergman qui était à cette époque très très belle, le temps n'ayant pas encore eu prise sur elle. En second rôle, on retrouve Paul Henreid qui atteindra le top de sa popularité avec "une femme à la recherche de son destin" avec Bette Davis la même année. Puis bien entendu toujours dans les seconds rôles, il y a Claude Rains dans le rôle du préfet de police de Vichy qui ne sait pas encore si il doit se tourner vers les Nazis ou la France Libre. Et d'autres acteurs célèbres comme Peter Lorre qui fait un petit rôle au début du film, ou encore Sidney Greenstreet. Bref du beau monde pour un beau film.

 

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L'histoire tourne autour d'un café de Casablanca qui est le microcosme politique de l'époque. Le Maroc étant proctectorat français du gouvernement de Vichy il n'est donc pas occupé par les Allemands. On  retrouve donc dans ce café américain de Casablanca, les comploteurs, les nazis, les vychistes, les résistants, les profiteurs de guerre, les déracinés, les persécutés. Bref tout ce que la guerre a pu créer se retrouve dans ce café. Les espoirs naissent ou disparaissent pour accéder à un monde nouveau et libre : l'Amérique. Car c'est à Casablanca qu'on y vient chercher un visa pour le Portugal et ensuite du Portugal l'Amérique. Dans cette ambiance, Rick (Humphrey Bogart) va se retrouver à devoir gérer un terrible conflit intérieur : Aider le mari résistant de son ancienne petite amie dont il est encore fou amoureux, ou le dénoncer, l'abandonner et retrouver celle qu'il aime.

 

Dans le film, on ne voit pas la guerre, mais les conséquences de celle-ci : les séparations, les complots, l'envie de fuir la guerre et la misère, l'amour qui rapproche les êtres en dépit de la folie des Hommes. Bref, le cocktail est détonnant et permet de mettre en images les scènes les plus romantiques et les plus fortes du cinéma.

 

Ci-dessous la chanson que tout le monde connaît : You "must remember this, A kiss is just kiss ... As time goes by" où Bogart retrouve la femme qu'il a aimé. Elle est l'œuvre de Herman Hupfeld qui l'a composée en 1931 pour une revue musicale de Broadway. Le reste de la musique du film est de Max Steiner. 

 

 

 

Une scène qui m'a profondément ému est celle où les Nazis chantent leur hymne et où Paul Henreid demande à l'orchestre de jouer la Marseillaise au même moment. Cela n'a rien à voir avec du nationalisme. Mais finalement on devrait aujourd'hui se souvenir que c'était ça aussi la France : un esprit de résistance contre l'oppression, un idéal pour l'être humain. Et que si aujourd'hui des gens sifflent notre hymne national, on devrait se souvenir que d'autres sont morts en le chantant ou se sont battus pour qu'il soit chanté librement et fièrement et qu'en Amérique en 1942 il représentait quelque chose au moins dans les films.

 

 

Une bande annonce très récente :

 

 

Pour finir je laisserais la parole à Umberto Eco pour parler de ce chef-d'oeuvre car vouloir être exhaustif dépasserait très largement le cadre de cette note : "Ce film fonctionne en dépit des théories esthétiques et des théories cinématographique parce qu'en lui se déploient par force presque tellurique les Puissances de la Narrativité sans que l'art n'intervienne pour les discipliner. Mais dans ces conditions nous pouvons accepter que les personnages changent d'humeur, de moralité, de psychologie d'un moment à l'autre, que les conspirateurs toussent pour interrompre le discours quand un espion s'approche, que les joyeuses entraîneuses pleurent en écoutant La Marseillaise. Quand tous les archétypes déferlent sans aucune décence, on atteint des profondeurs homériques. Deux clichés font rire. Cent clichés émeuvent »



Note : 9 / 10