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01/09/2013

L'autre / In name only - 1939

"L'autre" est le troisième film du duo Cary Grant / Carole Lombard, après "Sinners in the Sun" (1932) et "l'aigle et le vautour" (1933) déjà commenté sur ce blog. "L'autre a beaucoup de qualités avec d'abord une belle distribution qui comprend en plus de Cary Grant et Carole Lombard, Kay Francis, Helen Vinson et Charles Coburn. Kay Francis nous l'avons vu joué dans "voyage sans retour" (1932) ou dans "Jewell Robbery" (1932), tous les deux avec William Powell. Helen Vinson c'est bien entendu la tentatrice par excellence. Elle jouera d'ailleurs toujours un peu ce même rôle que ce soit dans "Jewell Robbery" où elle donnait déjà la réplique à Kay Francis, qu'ici dans "l'autre" ou bien dans "Torrid Zone" (1940). Enfin Charles Coburn, c'est l'adorable vieux monsieur débonnaire et dépensier des "hommes préfèrent les blondes" (1953) ou le sadique médecin de "Kings Row" (1942).

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Vous l'aurez donc compris "l'autre" bénéficie d'une très intéressante distribution, que l'on pourrait qualifier de premier choix. Mais ce n'est pas tout. Le scénario est assez intelligent et arrive à montrer la destruction des sentiments sur un  homme en l'occurrence ici Cary Grant. Le côté un peu amusant des comédies de Cary Grant est utilisé ici de façon mélodramatique, afin de mettre en avant ses fragilités et ses erreurs d'être humain. Le film est donc assez crédibbe et Grant campe finalement bien ce personnage un peu dramatique. La réalisation de John Crownwell n'a par contre rien de tonitruant. La musique de Roy webb est ici un peu passe partout sans beaucoup de pièces vraiment au dessus du lot.

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Ci-dessus Cary Grant et Carole Lombard

Il n'en reste pas moins que globalement le charme opère encore une fois et qu'on se surprend à souhaiter une fin heureuse au couple Grant / Lombard. C'est peut être ce que l'on peut reprocher, c'est de ne pas finir le film et de laisser le spectateur devant une interrogation : a t'on vu un drame ou est ce un mélodrame ? Pour ma part, je ne sais pas.

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Ci-dessus : Carole Lombard et Cary Grant

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Ci-dessus : Cary Grant, Carole Lombard et Kay Francis

Disponible en DVD zone 2 aux éditions Montparnasse ou sur le satellite en ce moment sur TCM mais avec un logo.

Extrait et clip vidéo :

Note : 7,5 / 10

25/08/2013

Voyage sans retour / One way passage - 1932

"Voyage sans retour" est un film de Tay Garnett, basé sur une histoire de Robert Lord. L'histoire est assez simple un homme accusé de meurtre (William Powell) rencontre une jeune célibataire (Kay Francis) dans un bar de Hong-Kong.  A la sortie du bar, l'homme est arrêté par un envoyé de la police américaine. Ce dernier a donc pour mission de le ramener aux USA. Mais pour cela ils doivent prendre un paquebot. Sur ce paquebot, laissé plus ou moins libre, William Powell rencontrera de nouveau la jeune femme et des liens vont se créer jusqu'au dénouement final. Le sujet est donc celui d'un drame ou d'un mélodrame. On ne peut faire reproche cette fois à William Powell et à Kay Francis de surjouer ou de ne pas être crédibles, comme dans "Jewell Robbery" tourné la même année. Ici leur liaison semble réelle et surtout tout à fait crédible. Enfin, on se prend à espérer un dénouement heureux pour ce jeune couple, dont si l'un est le meurtrier d'un gangster, on sent qu'il y a du bon en lui et que l'amour serait une sorte de rédemption pour lui.

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Tay Garnett nous donne donc ici une fable sur l'amour rédempteur, sur l'impossibilité d'un amour heureux, et sur finalement le destin de l'Homme, qui aspire à la liberté, mais dont la société tient les chaines. La libération intervient alors dans un autre monde et une autre vie. Le film bénéficie d'une belle réalisation et de seconds rôles sympathiques en la personne d'Aline MacMahon et Frank McHugh. Enfin, Warren Hymer interprète le policier. William Powell et Kay Francis arrivent à insuffler une bonne dose de magie à ce film et à transcender un film, qui reste encore très sympathique à voir et qui donne beaucoup d'émotions au spectateur. On notera qu'un remake sera tourné en 1940, avec cette fois-ci Merle Oberon et George Brent. Enfin, je finirai cette note en félicitant Warner France pour la sortie en DVD de ce très joli film, inédit en France en DVD.

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Ci-dessus : William Powell et Kay Francis

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Ci-dessus : William Powell et Kay Francis

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Ci-dessus : William Powell et Kay Francis

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Ci-dessus : Kay Francis et William Powell sur le tournage de "Voyage sans retour"

Film disponible en DVD Zone 2 sous-titré sur le site de la Warner en France ou magasins spécialisés

Extrait :

 

Note : 8,5 / 10

17/08/2013

Fascination / Possesseded - 1931

"Fascination" est le 3ème film du duo Gable/ Crawford après "Dance, Fools, Dance" (1931) et "Laughing Sinners" tourné la même année. J'avoue n'avoir pas vu les deux premiers, mais celui m'a fait un effet un peu bizarre. Ainsi, contrairement à ce que pense certains forumeurs de DVDC Classik, j'ai trouvé la de Clarence Brown un peu plate. Malgré tout on retrouve quelques effets de caméra au tout début du film, où est filmée une sortie d'usine. Mais aussi dans la scène la plus célèbre où les yeux de Joan Crawford sortent de l'obscurité et sont éclairés par la lumière, permettant ainsi au spectateur de deviner sa présence, mais aussi et surtout ses émotions, concernant une discussion qui la concerne et qui se déroule dans la pièce d'à côté.

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Mis à part cette scène et la scène du discours politique de Gable, j'ai été assez supris par une réalisation qui m'a semblé parfois comme un peu irréel. Ainsi, la scène où Joan Crawford se trouve devant un train et voit défiler les voyageurs, semble un peu sorti de nulle part. En effet, les voyageurs ne semblent pas la voir. Mais peut être y a t'il la volonté du réalisateur de montrer qu'elle n'est rien à ce moment du film. Ainsi, la scène suivante où elle partage un verre de champagne avec un homme du monde totalement ivre, montre bien que la seule personne qui peut la remarquer est quelqu'un qui a un état de conscience déformé par l'alcool.

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Mais pour moi ce film, reste un peu déformé par ces jeux de mise en scène un peu thêatraux. Enfin, le film nous montre dans son scénario une morale un peu dépassé aujourd'hui, mais qui montre parfaitement la difficulté de l'Amérique de 1931 à dépasser sa morale puritaine. Ainsi, la femme non mariée se retrouvait à cette époque sans statut, et pire, elle devenait la source de tous les chuchotements et de tous les scandales personnels ou politiques. Heureusement le film arrivera à dépasser cela et à faire triompher l'amour. Mais franchement, on a vu Clarence Brown plus inspiré. Ainsi, pour moi ce film, n'arrive pas à supplanter en terme de réalisation, ni "Grand Hotel" d'Edmund Goulding sorti l'année suivante, ni même "Conquest" du même Clarence Brown sorti en 1937. "Fascination" retient donc surtout l'attention pour le couple Gable / Crawford, et par l'évocation de la sexualité qu'il en ressort. Pour le reste, il ne m'a pas semblé un être un chef-d'oeuvre du cinéma.

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Disponible en DVD zone 2 sur le site de la Warner en France ou magasins spécialisés

 

Extrait :

 

Note : 7 / 10

12/07/2013

Stars in my Crown - 1950

"Stars in my crown" est un mélodrame inédit en France, sorti aux USA en 1950 et donc ne possédant pas de titre français. On pourrait traduire ce titre par "des étoiles dans ma couronne". Le film (en noir et blanc) est tiré du roman de Joe David Brown. Le film est considéré par son réalisateur Jacques Tourneur, comme son film préféré. Il l'évoquera d'ailleurs longuement dans une interview donné à FR3 en 1977. L'auteur devait remercier Tourneur pour la qualité de son travail et pour la qualité de l'adaptation. Pourtant, "Stars in my crown" n'a pas vraiment un sujet pour un public français. Ainsi, le film raconte l'histoire d'une petite ville du Sud des Etats-Unis après la guerre de sécession, avec la vie et la mort de ses habitants. Et cette histoire est parcourue par la vie du pasteur et de sa femme, et tout ça est vu par le regard d'un jeune garçon. C'est peut être ce sujet très américain, qui explique sa non distribution en France. Le sujet évite la critique social de film comme "Quelle était verte ma vallée" de Ford, et le scénario concentre son propos sur les passions humaines, et sur la vie et la mort. On peut regretter qu'il n'y ait pas un peu plus de romance quand même. L'action est quant à elle, presque totalement évacuée du propos. Il ne faut donc pas s'attendre ici à des attaques de diligences ou de banques.

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Pour le casting, on a droit à Joel McCrea,  Ellen Drew, Dean Stockwell, Alan Hale, et Lewis Stone. Née EEsther Loretta Ray en 1915, Ellen Drew était la fille d'un barbier irlandais. Elle a travaill dans plusieurs emplois (comptable, vendeuse) pour soutenir sa famille jusqu'à ce que sa bonne mine et son visage frais, lui valurent de gagner des concours de beauté. Encouragée à tenter sa chance à Hollywood, elle a été découverte dans lieu assez étrange. Pendant qu'elle travaillait dans un magasin de crème glacée, William Demarest (un client) l'a remarqua, et contribua à la mettre sous contrat aux studios de Paramount en 1936. Initialement annoncée comme Terry Ray, elle a été mis en disponibilité pendant deux ans jusqu'à ce que finalement on lui donne un rôle  dans une comédie musicale "Les bébés turbulents" (1938). Ses cheveux ont été changés de brune à Auburn et son surnom est passé de Terry Ray à Ellen Drew. Ellen semblait destinée à la célébrité de haut vol, Mais elle n'a jamais réussi à se distinguer parmi la foule de beautés hollywoodiennes de l'époque. Malgré de nombreux rôles intéressants, notamment ave Dick Powell dans  "L'Heure du crime" (1947), la carrière cinématographique de Ellen s'est presque arrêtée ensuite. On la remarque encore dans "le cavalier de la mort" (1951) avec Randolph Scott. Dans les années 1950, on l'a vue surtout à la télévision avant de se retirer de la décennie suivante. Mariée quatre fois, elle a laissé un fils et plusieurs petits-enfants quand elle est décédée en 2003 à l'âge de 88 ans, en Californie d'une maladie du foie.

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Dean Stockwell c'est bien évidemment le personnage d'Al de la série "Code Quantum". Il avait débuté quelques années auparavant dans "la vallée du jugement" (1945). Alan Hale c'est quant à lui, le faire-valoir des films de Flynn, et Lewis Stone c'est le formidable acteur présent dans les deux versions de Scaramouche et qui avait commencé sa carrière au cinéma par des films muets.

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Au premier abord, "Stars in my crown" semble peu propice à succiter l'intérêt du spectateur, mais finalement on s'attache  à l'histoire de tous ces personnages. Et on regarde avec nostalgie et émotion, cette époque (a t'elle existé ?) où on pouvait faire fuir le ku klux klan par quelques bonne paroles. Film d'une époque, "Stars in my crown" est aussi la célébration d'une Amérique chrétienne et de ses valeurs, un cinéma des bons sentiments, on aime, ou pas.

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Disponible dans les trésors Warner en Zone 2 sur le site de la Warner (France)


Extrait :


Bande-annonce :

http://www.youtube.com/v/zJao3RKYQWY?hl


Note : 7,5 / 10

09/07/2013

Angoisse / Experiment Perilous - 1944

"Angoisse" est un film de Jacques Tourneur de 1944, produit par la RKO. Les trois principales vedettes sont George Brent, Hedy Lamarr et Paul Lukas. Paul Lukas était un acteur d'origine hongroise, après une carrière parsemée de petits rôles, il devait atteindre la consécration en 1943 dans "Saboteur sans gloire" avec Errol Flynn, mais surtout en 1944 avec "quand le jour viendra" pour lequel il obtiendra l'oscar  et le golden globe du meilleur acteur, malgré la concurrence de Humphrey Bogart et Gary Cooper. Quand à George Brent on se rappelle surtout de lui pour ses rôles dans de nombreux films de Bette Davis, comme "l'Insoumise" (1938), "la vieille fille" (1939), "This is your life" (1942), mais surtout "Victoire sur la nuit" (1939), formidable leçon de vie, où Brent interprêtait un médecin qui accompagnait par son amour les derniers instants de sa patiente, devenue sa femme. Le film annonçait qu'il n'y avait rien à attendre de la vie, sinon l'amour et que la mort n'était alors qu'une fin normale.

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Dans ce film, on ne peut pas dire que Tourneur était très inspiré. La qualité de l'image assez médiocre n'aide d'ailleurs guère à bien noter le film. Les acteurs font ce qu'ils peuvent pour donner un peu de crédibilité à l'ensemble, mais la sauce ne prend guère. Hedy Lamarr est toujours aussi belle, mais également toujours aussi inexpressive. Enfin le personnage de George Brent est un peu agaçant et on le sent un peu détaché, voir dépassé par son rôle. Il reste enfin l'histoire qui n'effraie guère, mais qui aborde lointainement la maltraitance d'un enfant par son père. Les ressorts psychologiques de l'intrigue maintiennent l'attention du spectateur et sont parfaitement réalistes.Mais on a fait bien mieux, dans le mélodrame psychologique, à cette époque. Le film n'ennuie pas, mais ne passionne guère. On quitte donc "angoisse" avec l'image de la belle scène finale d'un pré rempli de fleurs, et par quelques beaux passages musicaux de Roy Webb. Sinon, on reste un peu sur sa faim et on regrette que le scénario n'ait pas été un peu plus étoffé.

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Note : 6 / 10

02/07/2013

Coeurs brûlés / Morocco - 1930

"Coeurs brûlés" (1930) ou dans son titre américain "Morocco" est un film de Josef Von Stemberg. Ce film est clairement un chef-d'oeuvre du cinéma. Il fait parti des septs films du duo Marlene Dietrich / Josef von Sternberg. Ainsi, dans ces sept films on retrouve successivement : " L'Ange bleu" (1930), "Cœurs brûlés" (1930), "Agent X 27" (1931), "Shanghaï Express" (1931), "Blonde Vénus (1932)",  "L'Impératrice rouge", et "la femme et le pantin" (1935). Ici Von Sternberg développe comme peut être jamais vu auparavant dans son oeuvre une incroyable galerie de tableau. Ainsi, chaque plan est une espèce d'image d'Epinal. Ainsi, il se plait à filmer l'arrivée et le départ de la légion étrangère d'un village marocain. Mais il se plaît aussi à filmer individuellement Gary Cooper, qui est l'objet de toutes les attentions féminines des indigènes. Ainsi, dès le début, une fille lui fait un signe avec ses doigts et un autre de sa tête, comme pour lui dire le prix pour du sexe. Le ton est donné. Et le film naviguera entre la grâce absolue et les audaces les plus incroyables pour l'époque. Et que dire, sinon que plus de 80 ans après, on reste littéralement scotché par certaines scènes. Ainsi, on constate que Marlene Dietrich avait bien les plus belles jambes d'Hollywood à cette époque. Mais ce n'est pas seulement un peu de l'anatomie de la belle Marlene qui nous est proposé ici, mais aussi une superbe histoire d'amour.

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Ainsi, Gary Copper soldat de la légion essaye de conquérir cette femme insaisissable dans un amour impossible mais que rien ne semble devoir arrêter. Adolphe Menjou n'est ici que le prétendant qui tente vainement de contraindre cet amour entre deux êtres qui ne se connaissent pas mais qui s'attirent. Ainsi ce qui marque le plus, c'est peut être le caractère mystérieux des deux protagonistes, au passé inconnu mais que l'on devine tragique. Pourquoi un Américain se serait-il engagé dans la légion, et pourquoi une jeune femme viendrait-elle comme danseuse de cabaret dans une boîte minable du Maroc, sinon pour fuir un drame. On devine alors que ce n'est pas seulement l'amour animal qui les réunit, mais bien aussi la terrible certitude d'appartenir tous les deux à la caste des déracinés et des proscrits. Film formidable où l'action est systématiquement sacrifiée au nom de la romance, "coeurs brûlés" est un chef-d'oeuvre absolu du cinéma, qui fait écho à une chanson de la même année, "parlez moi d'amour" de Lucienne Boyer. Ainsi, oui l'oeuvre de Sternberg fait bien ici résonnance à une époque. Le film devait obtenir un succès monumental, totalement mérité. On peut pour finir, laisser la parole au réalisateur : "L'image, le son, l'abstraction et leurs effets sur le spectateur tout liés entre eux doivent s'ordonner selon un rythme interne, une orchestration qui, quoiqu'elle s'évanouisse avec le film, subsiste comme une résonance. C'est cet au-delà du son, cette résonance immatérielle, cette sorte de vibration qui se prolonge, que je recherche." Dans ce film, cet objectif a été accompli au delà de ce que l'on croyait possible. En, effet, "coeurs brûlés" nous laisse une impression terrible bien après la dernière image. On notera enfin, que Gary Cooper rejouera un légionnaire 9 plus tard, dans "Beau geste" de William A Wellman, remake du film de 1926 de Herbert Brenon.

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Ci-dessus : Marlene Dietrich et Gary Cooper

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Ci-dessus : Adolphe Menjou et Marlene Dietrich

 

Extrait :

 

La chanson qui représente le mieux le film à mon sens :

Note : 9 / 10

25/06/2013

Le démon s’éveille la nuit / Clash by Night - 1952

Concernant "le démon s'éveille la nuit", je dénoncerai tout d'abord l'affreuse copie qui nous est proposé par l'éditeur Zylo. Cette version n'est pas loin d'être calamiteuse. En effet, le premier tiers du film est particulièrement griffé, rayé, et presque trouble. Les deux autres tiers seront un peu meilleur, mais finalement la première partie laissera une mauvaise impression d'ensemble générale. Enfin plus grave, le film est proposé uniquement en version française. Alors, c'est vrai qu'on ne peut être que déçu devant cette pauvre édition. Concernant le film en lui même, il faut rapprocher "le démon s'éveille la nuit" d'un autre film de Lang, tourné cette fois-ci deux ans plus tard : "Désirs Humains". L'un et l'autre nous parle du même sujet : L'adultère.

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Comme "désirs humains", "le démon s'éveille la nuit" est inspiré d'une oeuvre littéraire. Ici il s'agit d'une pièce de Clifford Odets. Il en modifie le contenu supprimant l'aspect social de l'oeuvre et changeant la fin. Concernant la scène d'introduction qui présente un village de pêcheur, le producteur pose cette question à Lang : "En tant qu’Européen, pensez-vous pouvoir filmer un village de pêcheurs ? ". Lang lui répondra que l’on peut apprendre beaucoup de choses, sauf à être cinéaste... On l’est ou on ne l’est pas. Le film présente un beau casting avec Barbara Stanwyck, Robert Ryan, Marilyn Monroe (dans un des ses premiers rôles) et Paul Douglas. Le ciel et les nuages sont présents dans le titre, ensuite il y a des plans sur les vagues se fracassant sur les récifs. Tout cela nous rappelle le début de "Mortal Storm" (1944), et Lang arrive à nous donner le sentiment que les désirs et passions humaines sont presque plus forts que la nature elle même.

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Ci-dessus : Barbara Stanwyck et Robert Ryan

Chaque personnage représente une qualité ou un défaut. Barbara Stanwyck représente ici la femme insatisfaite à la recherche du grand frisson et ne supportant pas la monotonie de sa vie. Robert Ryan est la brute épaisse, et Paul Douglas est l'homme normal dans tout l'ennui de sa normalité. Et si le film touche c'est bien dans cette histoire d'un couple qui se déchire. Lang utilise très intelligement une nuisette et un parfum pour faire comprendre aux spectateurs qu'il y a eu une relation sexuelle entre les deux amants. L'intelligence du réalisateur est prodigieuse. Et on ne peut qu'applaudir des deux mains, ce cinéma qui suggère plus qu'il ne montre et qui n'évite par pour autant l'émotion.

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Ci-dessus : Keith Andes et Marilyn Monroe

Note : 7 / 10 (si il en existe une version restaurée)

23/06/2013

Une femme à la recherche de son destin / Now Voyager - 1942

"Une femme à la recherche de son destin" est l'histoire d'une renaissance d'une vieille fille (Bette Davis) sous l'emprise d'une mère tyranique (Gladys Cooper) qui a fait finalement d'elle, un pantin aux comportements déviants. Les symptomes dévitements et maniaco-dépressifs du personnage de Bette Davis, feront intervenir un psychiatre bienveillant en la personne de Claude Rains. Le vilain petit canard arrivera t'il à se transformer en cygne majestueux ? Tel est le sujet de "Now Voyager". Et franchement si le sujet semble vu et revu, il n'en reste pas moins terriblement attachant. Car y a t'il quelque chose de plus important, que la réalisation de soi ? Le film est inspiré d'un pièce de Casey Robinson qui s'était lui même inspiré d'une nouvelle de Olive Higgins Prouty. Ce dernier avait emprûnté son titre à un poème de Walt Whitman : "The Untold Want". Le poème de Whitman devait d'ailleurs être cité dans le film.

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Enfin, le glamour hollywoodien joue à pleins que ce soit par la magnifique musique d'un Max Steiner très inspiré pour l'occasion (Oscar de la meilleure musique en 1943), ou par la réalisation d' Irving Rapper dont certaines scènes du film sont restées inscrites au Panthéon d'Hollywood comme peut être les plus glamour de l'histoire du cinéma américain. Et il est bien difficile de resister à cette oeuvre, irriguée par une émotion à fleur de peau. Le film est une production d'Hal B Wallis qui pris d'importantes décisions sur ce projet en particulier sur le casting. Pour ce dernier, on pensa d'abord à Irene Dunne, Norma Shearer, et Ginger Rogers. Mais quand Bette Davis eut vent du projet, elle fit tout pour obtenir le rôle titre. On devait apprendre plus tard que Claude Rains était la star préférée de Bette Davis. Elle devait d'ailleurs partager la vedette avec lui sur plusieurs grosses productions de la Warner de la même époque :  "Juarez" (1939), "Mr. Skeffington" (1944), et "Deception" (1946). Irving Rapper avait débuté la réalisation de son premier film, l'année précédente. Il devait tourner en tout 4 films avec Bette Davis : "Now, Voyager, une femme à la recherche de son destin" (1942), "the Corn Is Green" (1945), "Deception" (1946), et "Another Man's Poison" (1952).

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Ci-dessus : Claude Rains et Bette Davis

Le film fut tourné au studio 18 de la Warner, mais aussi en Californie et les scènes censées se derouler en Europe furent remplacées par des scènes au Brésil car l'Europe était en partie occupée par les nazis. Le choix du réalisateur convenait à Bette Davis, car cette dernière avait déjà travaillé avec Rapper quand celui-ci était directeur des dialogues. Mais ce choix devait être difficile à assumer pour Rapper, ce dernier se retrouvant rapidement sous la coupe de Bette Davis. Il n'en reste pas moins que le film est un chef-d'oeuvre absolu du mélodrame hollywoodien. Ainsi, la scène finale où Paul Henreid allume deux cigarettes et où il demande à sa partenaire, "pourquoi demandez la lune alors qu'on peut avoir les étoiles", est encore pleine d'une émotion incroyable 70 ans après, qui fait de ce film un incomparable chef-d'oeuvre de la filmographie de Bette Davis au même titre que d'autres oeuvres peut être plus connues.

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Ci-dessus : Paul Henreid et Bette Davis

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Ci-dessus : le réalisateur et les acteurs sur le plateau de "Now Voyager"

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Ci-dessus : Bette Davis et Paul Henreid pendant une pause

 

Bande-annonce :

 

Extrait du thème principal de Max Steiner :

 Disponible en DVD Zone 1 avec sous-titres français

Note : 9 / 10

08/06/2013

Kitty Foyle - 1940

"Kitty Foyle" est un film de Sam Wood produit par la RKO. C'est un mélodrame, très romantique avec Ginger Rogers en tête d'affiche, accompagné de Dennis Morgan et d'un James Craig un peu fade. On remarque dans les seconds rôles Gladys Cooper que l'on retrouvera par exemple avec Bette Davis en 1942 dans "une femme à la recherche de son destin" (Now Voyager), mais cette fois-ci à la Warner. Elle aura là aussi le rôle d'une mère.  D'ailleurs, en y réfléchissant bien ce "Kitty Foyle" aurait bien s'appeler "une femme à la recherche de son destin", car c'est bien de cela qu'il s'agit. On a l'histoire intime et sentimale d'une femme américaine des années 40, issue d'un milieu pauvre et qui était fasciné par la haute société dès son plus jeune âge. Mais là où d'autres deviendraient vénales, elle ne l'est pas. Sa fascination pour le luxe, s'arrête là. Et c'est bien l'amour qui guidera sa vie. Alors que peut on trouver d'intéressant à ce "Kitty Foyle" qui n'a pas été déjà dit ailleurs et mieux. Tout d'abord le film commence par une petite scène en muet pour montrer l'émancipation des femmes au début du vingtième siècle, la femme devenant l'égale de l'homme et devant alors travailler.

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Le scénariste Dalton Trumbo pourtant homme de gauche, probablement dirigé par Woods  nous évite ici les dialogues marxistes sur la lutte des classes, particulièrement pénible dans "la fille de la 5ème avenue" sorti un an plus tôt. La grande crise de 1929 est ainsi évoquée, mais elle ne sert qu'à montrer la lutte d'une jeune femme pour s'en sortir par elle même. Et on s'attache à cette Kitty Foyle, et à son histoire. Et si elle connaît deux hommes, on se demande bien lequel des deux, elle va choisir. Tout cela nous est montré à coups de flashbacks successifs pas particulièrement modernes, mai pas non plus particulièrement désagréables. Puis le vertige nous tient quand elle imagine son enfant à 65 ans en l'an 2000. Mais ce qu'il faut noter c'est bien l'extraordinaire performance d'actrice de Ginger Rogers, en particulier dans la scène de l'hopital où elle apprend une triste nouvelle. Son visage passe ainsi de la joie, à la tristesse imperceptiblement. Mais bien évidemment ce qui fait le charme encore aujourd'hui de "Kitty Foyle" c'est le fabuleux glamour des scènes romantiques lors du bal, qui sont peut être les plus belles de l'histoire du cinéma et qui font de ces pauvres mortels filmés par une caméra des étoiles immortelles du septième art. Enfin le suspens sera ménagé jusqu'au bout et c'est seulement à l'ultime fin du film que l'on saura quel homme notre héroïne choisie. "Kitty Foyle" est donc au final un bien beau film qui a un peu vieilli par certains aspects, mais dont le romantisme et le glamour sont particulièrement savoureux.

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Ci-dessus : Ginger Rogers dans "Kitty Foyle"

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Ci-dessus : Dennis Morgan et Ginger Rogers

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Ci-dessus : Gladys Cooper, Ginger Rogers et Dennis Morgan

 

Disponible aux éditions Montparnasse dans un master très moyen, digne d'une bonne vidéo tout au plus. A quand une restauraation ???

 

Clip vidéo, extrait d'une des plus belles scènes du film :

 

Note : 8 / 10

18/05/2013

Le Rebelle / The Fountainhead - 1949

"Le Rebelle" est un film sorti en 1949 et tourné par King Vidor. On retrouve dans les principaux rôles : Gary Cooper, Patricia Neal, et Raymond Massey.  Le film est tiré du roman à succès d'Ayn Rand (The Fountainhead) paru en 1938. Barbara Stanwyck était convaincue de la réussite d'une adaptation du roman à l'écran et décida Jack Warner à en acquérir les droits dès 1943. Stanwyck devait proposer Humphrey Bogart pour le rôle principal de l'architecte Roark. Mais Jack Warner refusa, et cela encouragea peut être Bogart à fonder sa propre société de production en 1948. De son côté King Vidor refusa d'engager Stanwyck sur le tournage. En effet, il la jugeait trop âgée pour le rôle de Dominique Francon. Le rôle de Dominique Francon, aurait pu être interprêté par Lauren Baccal , Ida Lupino, Jennifer Jones, Gene Tierney. Veronica Lake,  Joan Crawford toutes pressenties. Joan Crawford devait même organiser un diner pour tenter de convaincre l'auteur Ayn Rand. On pensa également à Greta Garbo, mais elle refusa et finalement Patricia Neal obtint le rôle après un entretien de 15 minutes avec King Vidor. Pour le rôle de l'architecte on pensa après Humphrey Bogart, à Alan Ladd, mais aussi à Clark Gable, la presse de l'époque faisant courir le bruit que Gable voulait absolulement jouer dans ce film. Enfin, on contacta Gary Cooper, mais son agent lui dit de refuser le rôle qui semblait trop éloigné de l'image que le public avait de lui. Mais l'épouse de Cooper devait arriver à convaincre ce dernier, et il accepta. Raymond Massey devait être le puissant directeur du journal et Robert Douglas le critique d'art du même journal, vaniteux et obsédé par le pouvoir. Raymond Massey on se souvient aujourd'hui de lui surtout de lui pour son rôle de John Brown dans "la piste de Santa-Fé" (1940) ou dans "Sabotage à Berlin" (1942) avec Errol Flynn et Robert Douglas on se rappelle de lui pour ses rôles de méchants que ce soit dans "Ivanhoé" (1952) ou dans "le prisonnier de Zenda" (1952).

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Maintenant que je vous ai parlé de la création de ce film, et de la mise en place de son casting, j'évoquerai tout d'abord la forme, puis les thèmes que le film aborde. La forme est absolument magnifique, bien évidemment littéraire, mais aussi lyrique. En premier lieu, ce qui surprend le plus, c'est peut être l'incroyable sensualité de l'oeuvre, qui montre une femme superbe (Patricia Neal) avec des désirs charnels, pour les hommes, faisant son choix parmi les ouvriers d'une carrière, botte et cravache au poing. Pour l'époque il fallait oser. Enfin Vidor, n'a jamais peut être aussi bien caractérisée la passion féminine mais aussi le désir féminin que dans ce film. L'incapacité du personnage de Dominique Francon (Patricia Neal) à faire de Gary Cooper son objet sexuel, et son esclave exaspère sa frustration qui aboutit à une violence dont la cause ne peut être ici que la sexualité insatisfaite. Cooper se décide alors à prendre les devants, à lui répondre et à lui rendre la violence sexuelle qu'aucun homme n'a osé lui donner, faisant passer la scène traditionnelle de glamour hollywoodienne, à une scène où la violence de l'érotisme intellectuel qui en émane, interpelle le spectateur.

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Ci-dessus : Patricia Neal et Gary Cooper

Mais avant d'être l'histoire d'une femme, Dominique Francon lassée et dégoûtée de la vie, qui fait des hommes et des choses ses esclaves pour mieux les rejeter par peur de s'y attacher, "le rebelle" est l'histoire d'un homme, de la carrière et de la vie privée d'un architecte (Howard Roark) joué par Gary Cooper. Le film aborde de nombreux thèmes, et on peut considérer chaque personnage comme un thème à lui tout seul. Si nous avons déjà vu le personnage féminin de Dominique Francon, le personnage de Gary Cooper est, quant à lui, le représentant de l'absolu nécessité de suivre son chemin contre ce que la société nous ordonne de faire, contre l'opinion générale, contre la norme, et finalement contre tout ce qui peut entraver l'Homme dans sa marche vers sa destinée, l'esprit de l'Homme devant être son seul guide. Ainsi, le film va nous faire parcourir de la plus belle des manières, la destinée de cet architecte, absolument et résolument insoumi.

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Comme je l'ai déjà dit et comme vous l'avez compris, le film est magnifiquement écrit, quoique parfois trop bavard, et magnifiquement réalisé. Il n'y a quasiment rien à rejeter de ce pur joyau du film hollywoodien, à la musique envoûtante d'un Max Steiner très inspiré pour l'occasion. Certains ont pu voir dans le personnage de cet architecte, un sur-homme. Il n'en est rien. Cet homme nous indique le chemin que nous devrions tous suivre. En effet, après tout, quoi de plus lourd et de plus léger tout à la fois, que de croire en ses idées ? Quelle plus lourde responsabilité que de ne rien marchander ? Par sa forme profondément lyrique voir quasiment poétique, et par son sujet, ce film touche au sublime et à l'incroyable difficulté d'être simplement un Homme dans tous les sens du terme. "Le rebelle", est donc autant une leçon de vie, qu'un chef d'oeuvre absolu. A noter que Gary Cooper devait retrouver Patricia Neal l'année suivante dans "le Roi du tabac", mais cette fois-ci sous la direction de Michael Curtiz.

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La bande-annonce :

 

Extrait de la musique :

Disponible en DVD zone 2

Citations de l'auteur Ayn Rand dont le roman a inspiré le film : « Ma philosophie conçoit essentiellement l'Homme comme un être héroïque dont l'éthique de vie est la poursuite de son propre bonheur, la réalisation de soi son activité la plus noble, et la Raison son seul absolu. »

Note : 9 / 10

14/04/2013

Primrose Path - 1940

Troisième et dernier film du duo Gregory La Cava / Ginger Rogers à la RKO, "Primrose Path" est bien meilleur que "la fille de la cinquième avenue". Là, le ton de comédie sociale légère de "Pension d'artistes" ou de "la fille de la cinquième avenue" est abandonné. Et si l'humour est parfois présent, c'est pour mieux marquer l'horreur d'une situation ou la vitalité et l'enthousiasme de gens qui luttent de toutes leurs forces, pou simplement échapper à la misère et à la faim. Le film est tiré d'une nouvelle de Victoria Lincoln et raconte le passage à l'âge adulte d'une jeune fille pauvre (Ginger Rogers) vivant dans une famille indigne. En effet, la mère est une semi-prostituée, le père ancien universitaire incapable d'écrire le livre qui mettrait sa famille à l'abri du besoin noie son désespoir d'une vie professionnelle et amoureuse gâchée dans l'alcool. Enfin la grand-mère indigne elle aussi, fromente les pires mauvais coups et s'occupe comme elle peut de la jeune soeur de Ginger, le plus souvent livrée à elle même. Ainsi, quand Ginger rencontre Ed Wallace (Joel McCrea) elle va voir celui-ci comme une bouée de secours pour s'échapper de cette vie horrible qui ne lui apporte rien sinon le désespoir. Mais si elle trouve dans son amour pour son homme une nouvelle vie et une porte de sortie, son passé va vite la rattraper et sa famille va de nouveau entrer dans sa vie. L'amour sera t'il plus fort que la haine, que la cupidité et l'intérêt de ses proches ? Il faudra voir le film pour le savoir. Je ne vais pas tout raconter tout de même.

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La critique politique acerbe et proprement manichéenne et presque insupportable de "la fille de la cinquième avenue" a été ici transformée en formidable mélodrame, qui en fait un classique absolu du genre. Les scénaristes et La Cava ont su montrer l'humanité de chaque personnage et une certaine noblesse de ces gens. Ainsi, la mère formidablement jouée par Marjorie Rambeau a une classe folle et son jeu rappelle parfois celui de John Barrymore mais avec une touche féminine évidemment. Il faut ajouter que le père alcoolique joué par Miles Mander, est terriblement désespéré et on sent bien que son addiction à l'alcool n'est que le résultat de ce désespoir. Enfin même la grand-mère indigne nous incline à la compréhension, tant ses actions ne sont dictées que par la volonté de simplement survivre et de vouloir absolument nourrir les siens. Alors, c'est clair que le film ressemble bien à un film pré-code. Et si on ne voit pas de femmes nues, les termes abordés dans cette oeuvre, sont quasiment inabordables en 1940 aux USA. De ce fait, on peut considérer le film comme intéressant, mais aussi comme particulièrement singulier.

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Ci-dessus : Ginger Roger

Enfin, le jeu des acteurs est excellent. Ginger excelle à jouer la jeune adolescente et son jeu se modifie au fur et à mesure qu'elle avance dans l'histoire. C'est assez stupéfiant à voir et on peut admirer dans ce film l'étendue de son talent. Enfin, comme je l'ai dit la performance de Marjorie Rambeau est vraiment notable. Elle sera d'ailleurs remarquée par l'Académie des Oscars et elle recevra une nomination dans la catégorie, meilleur second rôle féminin. Si il en était besoin, cela fait une raison de plus de voir "Primrose Path".

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Ci-dessus : Joel McCrea et Ginger Rogers

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 Ci-dessus : Henry Travers, Ginger Rogers, et Joel McCrea

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 Ci-dessus : Miles Mander, Ginger Rogers et Joel McCrea

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 Ci-dessus : Marjorie Rambeau

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Critique en anglais :


Extrait :


Disponible en DVD zone 2 (éditions Montparnasse)

Note : 7,5 / 10

23/03/2013

Marie Walewska / Conquest - 1937

Faisons une petite pause dans les westerns pour vous parler aujourd'hui d'un très beau film, "Marie Walewska" tourné en 1937 par Clarence Brown. Le film est tenu uniquement par le duo Greta Garbo, Charles Boyer présent dans presque toutes les scènes. Greta Garbo, artiste mythique inutile de la présenter. On se rappelle qu'elle était une actrice suédoise, discrète voir terriblement timide. Son jeu, et sa beauté en avait fait une star. Aujourd'hui c'est une légende. Il est un peu difficile de citer ses plus grands films, car tous les films de Garbo sont des grands films. Pour ma part, j'en retiendrai quelques uns qui m'ont profondément marqué : Grand Hotel (1932) avec John Barrymore, "la Reine Christine" (1933), "Anna Karénine" (1935), le superbe "Roman de Marguerite Gautier" (1937) avec Robert Taylor et donc ce "Marie Walewska"Mais me diriez vous, qui est Marie Walewska ? De son vrai nom, Maria Walewska, elle était la maîtresse polonaise de Napoléon 1er. Amour sans espoir, mais amour sincère, elle devait être présente lors de moments clés de la vie de l'empereur. En tous les cas, c'est ce que le film nous laisse entendre et comme il est dit au début en avertissement au spectateur : si l'Histoire a pu en être modifié pour le besoin de la dramaturgie, l'esprit ne l'a pas été. Et c'est tout à fait vrai. Le film est inspiré du roman de Waclaw Gasiorowski et de la pièce de Helen Jerome. On a donc un scénario très sérieux et bien construit. On retrouve également un vétéran des studios, en la personne d'Henry Stephenson. On se rappelle de lui pour son rôle dans "la charge de la brigade légère" (1936) ou encore "Captain Blood" (1935). Mais il devait tourner près de 90 films pour les plus grands studios : MGM, Warner et RKO.

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La difficulté de tourner un film sur la vie de Napoléon est évidente. L'homme a eu une vie extraordinaire et démeusurée, qui en fait un espèce de démiurge des temps modernes. La reconstitution des batailles ont très souvent été impossibles pour de nombreux réalisateurs. Et ainsi la récente fresque télévisuelle avec Christian Clavier n'était malheureusement pas crédible au niveau de la réalisation des grandes batailles de l'empereur. Ainsi, seuls quelques grands réalisateurs comme Abel Gance avec son "Austerlitz" (1960) ou le russe Serge Bondartchouk arrivèrent à donner une ampleur à l'épopée guerrière de Napoléon. Mais dans "Marie Valewska" il n'en est en fait que très peu question. Ainsi, le titre américain "Conquest" résume en un mot le film. Il va s'agir ici non pas des conquêtes territoriales de Napoléon, mais bien de l'histoire de sa plus belle conquête féminine. L'histoire bataille va donc être reléguée au second plan, mais ce sera pour mieux mettre en avant la grande histoire et l'esprit d'un grand homme à travers un amour célèbre.

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Ci-dessus : Charles Boyer et Greta Garbo

Le film commence par une scène de pillage par les cosaques, du chateau du comte Walewski, mari de la comtesse Walewska. Cette scène fait froid dans le dos, le mobilier est brisé et sert pour la cheminée, le piano à queue devient une mangeoire pour les chevaux. La vandalisme d'un art de vivre distingué et son remplacement par un art de vivre primitif, illustre bien la situation de la Pologne, située à cette époque aux confins de la civilisation européenne. La comtesse apparaît à ce moment là en haut du grand escalier du chateau. Et là Clarence Brown filme les visages des Cosaques un par un, illuminés par la beauté de la comtesse. On sait alors dès ce moment là, qu'on a à faire à un grand film. L'autre grande scène du film est la scène du bal à Varsovie, où Napoléon rencontre une deuxième fois Marie Walewska. Les décors tout en blanc de cette scène sont somptueux et cette partie du film est également très réussie.

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Ci-dessus : Henry Stephenson et Greta Garbo

Mais au delà de la construction d'une romance, c'est son inscription dans la grande histoire qui va en magnifier tout le contenu. Ainsi, le film va nous montrer un Napoléon humain et ayant une personnalité ambivalente pleine de grandeur, mais aussi par moment misérable. Ainsi, le pauvre amour de Marie Walewska va se trouver utilisé le plus souvent à des fins diplomatiques. Mais si la romance est là, la politique n'est jamais loin. Et les phrases prophétiques sur la construction européenne sont là pour nous rappeler que l'idéal d'une Europe des peuples ne date pas d'hier. "Marie Walewska" film sur la tragédie du destin d'un homme, incapable d'aimer librement, nous renvoie à un film beaucoup moins sérieux historiquement, "Désirée" (1954) avec Marlon Brando et Jean Simmons. L'un et l'autre auront pour point commun de montrer une des plus belles interprétations de Napoléon 1er à l'écran et comme le rappel que le plus grand des hommes, a lui aussi ses faiblesses et finalement une humanité, que pour son malheur il se refusa d'écouter, sinon trop tard.

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Extrait :


Disponsible en DVD Zone 2 (Vo sous-titré)

Note  : 7,5 / 10

24/02/2013

La piste des éléphants / Elephant walk - 1954

"La piste des éléphants" est un film de William Dieterle produit par la Paramount et tiré du roman de Robert Standish. Le film devait mettre à l'écran le couple Laurence Olivier et Vivien Leigh. Mais Olivier était déjà sur un autre projet "The Beggar's Opera" (l'opéra des gueux) et donc Peter Finch fut choisi. Quant à Vivien Leigh, elle commença donc à tourner à Ceyland. Mais sa maladie mentale devait se déclencher sur le tournage et on se décidait à la remplacer par Elizabeth Taylor. Cette dernière était alors au top de son succès, ayant déjà tournée par exemple, "Ivanhoé" en 1952, ou "Quo Vadis" en 1951. Elle devait tourner "le Beau Brummel" avec Stewart Granger la même année ou "Géant" 2 ans plus tard. Le casting devait être complété par Dana Andrews qui est l'inoubliable inspecteur du "Laura" de Preminger. Le film est uniquement tenu par ces 3 stars et par l'omniprésence d'un homme décédé.

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Le scénario est particulièrement intéressant car il offre une intrigue assez envoutante. En effet, une jeune femme (Elizabeth Taylor) va partir à Ceyland, se décider à vivre dans l'immense demeure de son mari. Mais cette immense maison a été construite sur la piste qui mène les éléphants à la rivière. Cette maison construite par le père de l'homme qu'elle aime, devient rapidement un lourd fardeau pour elle. Pire, elle ne comprend pas la lutte de son mari contre la nature, toujours plus oppressante et amenant successivement la sécheresse, le choléra, et enfin une terrible charge d'un immense troupeau d'éléphants. Ainsi, le scénario est implacable et on sait dès le début du film que cette maison est maudite et qu'elle sera le lieu d'un immense drame.

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Il faut bien le dire, Elizabeth Taylor est divine, non seulement par sa beauté, mais aussi et surtout par son talent d'artiste accomplie. Cette femme joue tellement bien qu'elle n'a pas besoin de parler pour que le public instantanément sache ce qu'elle ressent. Elle sait passer l'ensemble de ces émotions au spectateur uniquement par les expressions de son visage. C'est assez impressionnant. Il faut bien le reconnaître.

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Ci-dessus : Peter Finch

Peter Finch et Dana Andrews s'en tirent plutôt bien même si ils n'arrivent pas à concurrencer l'incroyable magnétisme de Taylor. Le film aborde des thèmes qui m'ont particulièrement intéressé : la défense de son foyer, la loyauté envers un père mort etc. Je ne vais pas vous raconter ma vie. Mais je vous dirai que j'ai trouvé un certain réconfort dans ce film, ayant aussi vécu un deuil. Je pense que la leçon du film est que le plus important reste la vie, quelque soit notre amour ou notre relation avec un être cher disparu : l'eau et la vie pour les éléphants, mais aussi la vie pour le couple Taylor/Finch, loin de la maison du père et de sa présence invisible dans les actions de chaque habitant. C'est une formidable leçon et donc un très beau film où l'immense drame finale devient finalement source d'une vie nouvelle, plus belle, mais ailleurs que sur la piste des éléphants. Si on rajoute la formidable musique symphonique de Franz Waxman à tout ça, "la piste des éléphants" est un film à découvrir en urgence, qui vaut beaucoup mieux que son titre le laisse supposer au premier abord, et qui brille de tout l'éclat d'une immense star alors à son zénith.

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La bande-annonce :

 

Note : 7,5  / 10

20/02/2013

Les Misérables - 1998

Autant vous le dire tout de suite, j'aime bien cette version des "Misérables" tournée en 1998 par Bille August. Le premier point positif c'est que Jean Valjean est montré comme un bagnard et non comme un galérien. Enfin pourrait-on dire, car finalement ni la version de 1935, ni celle de 1952 ne prenait cette vérité historique en compte. De plus le casting est là clairement à la hauteur, Liam Neeson fait un Valjean très convaincant. Uma Thurman est parfaite en Fantine et Geoffrey Rush avant de se perdre dans les eaux troublées des Caraïbes avec Jack Sparow est tout aussi crédible en inspecteur Javert. Quant à Claire Danes, elle arrive à faire passer aussi des émotions même si elle reste en retrait du trio Nesson, Rush, et Thurman. Par contre on ne comprend pas bien pourquoi il a été choisi un acteur noir pour jouer Enjolras. Néanmoins l'acteur, Lennie James, joue correctement son rôle de révolutionnaire. Il faut lui en faire crédit. Hans Matheson qui joue Marius est correct sans plus. On se rappelle aujourd'hui de cet acteur pour son interprétation de Thomas Cranmer dans la magnifique série des "Tudors"

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Le film bien entendu escamote quelques personnages ou moments du roman. Ainsi Eponine n'apparaît qu'enfant, la liaison entre la famille Thénardier et celle de Marius est également absente. On perd donc beaucoup du roman. Néanmoins, il reste l'émotion et elle est bien présente de temps en temps. Ainsi l'enterrement du Général Lamarque  qui marque le début des journées de juin 1832 est parfaitement rendu et très bien expliqué et est à lui seul un formidable spectacle. Le début de l'insurrection filmé par des séquences très rapides donne un mouvement innattendu également très intéressant à voir.

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Ci-dessus : Enjolras avant d'être fusillé (illustration des Misérables)

Néanmoins, la fin des révolutionnaires est très mal rendue. Ils se rendent tout de suite, alors que dans le roman d'Hugo ils se battèrent jusqu'à la dernière extrémité, au delà de la dernière balle, et ce passage est parfaitement montré dans  la version française de Le Chanois. La lettre du roman n'est donc pas présente très souvent, mais son esprit oui. Et c'est cela que j'ai envie de retenir avant tout de ce film.

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Ci-dessus : Liam Neeson

A cela il faut ajouter une merveilleuse musique romantique de Basil Poledouris qui rappelle par certains de ses accents des opéras wagnériens en particulier "l'or du Rhin". Ainsi, la musique joue son rôle et est assez envoutante. Les principaux thèmes du roman sont aussi bien là : la violence, l'injustice, la haine, la rédemption, l'amour. Et on se dit comme Alexandre Dumas, dans sa préface des 3 Mousquetaires, que l'on peut bien violer l'Histoire si on lui fait de beaux enfants. C'est donc vrai aussi pour ce film des "Misérables" qui mérite d'être vu et d'être apprécié pour ce qu'il est, c'est à dire une belle fresque historique et romantique, et puis cela nous permet d'apprécier le talent de Liam Neeson dans un film d'un autre niveau qu'un Taken.

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Ci-dessus : Claire Danes - Cosette

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Ci-dessus : Uma Thurman - Fantine

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Ci-dessus : Geoffrey Rush - Javert

La bande-annonce :

 

La musique du film - Extraits :

 




Note : 7,5 / 10

 

Film disponible en Bluray zone B. Qualité d'image correct mais parfois en deçà de ce que l'on peut attendre d'un Bluray.

13/02/2013

Les misérables - 1952

Je n'ai pas oublié notre "Théma" sur "les misérables" au cinéma et je vous présenterai donc aujourd'hui la version de 1952 produite par la Twentieth Century Fox. Le film a été tourné par un très grand réalisateur en la personne de Lewis Milestone à qui on doit entre autres, "à l'ouest rien de nouveau" (1930), "l'ange des ténèbres" (1943) avec Errol Flynn, ou encore la version des "Révoltés du Bounty" de 1962 avec Marlon Brando. On a donc un réalisateur capable de filmer de belles oeuvres à l'écran. Et sur ces "Misérables" c'est bien le cas. On se rappelera aussi que Lewis Milestone fera parti de ces réalisateurs inscrits sur la fameuse liste noire et obligés de s'exiler hors des états-unis au début des années 50. Quoiqu'il en soit avec un réalisateur comme Milestone, le film multiplie les plans d'exceptions surtout dans sa première partie, et donne au spectateur une vision sur le noir et blanc assez intéressante, avec une recherche sur les ombres et des gros plans sur les visages, finalement assez rares pour l'époque.

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Le film a bien des défauts, ainsi on voit toujours Jean Valjean en galérien. On fait croire au public qu'en 1815 il y a encore des galères en France alors que Louis XV a supprimé les galères il y a plus de 60 ans ! Et puis il y aurait beaucoup à redire sur le casting avec un Michael Rennie beaucoup moins crédible que Fredric March et Robert Newton tout de même moins bon que Charles Laughton. Cameron Mitchell semble également assez loin de l'idée que l'on peut se faire d'un très jeune étudiant révolutionnaire et républicain. Néanmoins on retrouve la sublissime Debra Paget en Cosette et une très bonne surprise avec Sylvia Sidney en Fantine.

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Ci-dessus : Michael Rennie

Mais au delà du casting, c'est le scénario qui porte le plus préjudice au film. Ainsi, le scénario enlève la famille Ténardiers du roman. Eponine n'apparaît plus non plus. On ne comprend pas bien les ambitions de Marius etc etc On finit donc par faire abstraction du scénario pour voir le film comme lointainement inspiré des Misérables. Il en reste alors un spectacle relativement plaisant et très marqué d'une forte coloration hollywoodienne, qui permet une belle production mais également des incohérences avec l'esprit et la culture française. Cette version a également un découpage de l'oeuvre via des titres insérés mais cette fois-ci sans les plans fixes qui vieillissaient terriblement la version de 1935. Mais c'est bien le seul avantage de cette version qui multiplie les incohérences avec l'oeuvre originale. On ne retrouve d'ailleurs que peu de la belle osmose entre Valjean et Cosette. Et Valjean apparaît ici plutôt comme un être jaloux et possessif, prêt à tout pour garder Cosette pour lui.

 

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Ci-dessus : Debra Paget et Cameron Mitchell

Cette version des "Misérables" est donc loin d'être la meilleure, elle n'en reste pas moins intéressante pour le regard que Milestone porte sur l'oeuvre d'Hugo mais aussi et surtout pour sa belle réalisation dont la facture hollywoodienne fait un film intéressant, mais tout de même assez loin de l'idée que l'on peut se faire de l'esprit de l'oeuvre originale d'Hugo. A voir.

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Ci-dessus : Debra Paget et Cameron Mitchell

 

La bande-annonce :

 

 

Disponible en DVD Zone 2 à la Fnac. A noter que la jaquette comprend des photos de la version de 1935 ... [sic]


Note : 6 / 10