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20/03/2014

Le roman de Mildred Pierce / Mildred Pierce - 1945

Aujourd'hui je vous propose un sacré beau film que j'ai revu hier soir : "le roman de Mildred Pierce", tiré du livre de James M. Cain. Le film est admirable à tous les points de vue. La distribution est excellente. Ainsi, on retrouve une Joan Crawford très crédible en femme au foyer, une Ann Blyth délicieusement manipulatrice et perverse. Dans les seconds rôles on retrouve Jack Carson,  Zachary Scott, et Eve Arden. Zachary Scott on l'a vu joué dans d'autres mélodrames, comme "la femme aux maléfices" (1950). Quant à Jack Carson, éternel gaffeur et joli coeur, il a ici peut être son rôle le plus sérieux et joue à la perfection un personnage assez superficiel. Le film vaut autant par le jeu des acteurs, que par la superbe réalisation d'un Michael Curtiz, génialement inspiré, qui multiplie, comme souvent dans son oeuvre, les plans d'exceptions. Et il fait sienne la fameuse phrase de Jacques Tourneur, qui disait : "La couleur des décors n'a pas d'importance, ce qui est capital c'est la lumière". Rien est plus vrai pour le noir et blanc, et on devine sur les photographies de cet article, le travail d'artiste que Curtiz a fourni sur la lumière.  Pour arriver à cet incroyable résultat, il a du sans aucun doute bénéficier du directeur de la photographie, Ernest Haller. Ernest Haller n'était pas n'importe qui car il a participé à la photographie de nombreux films de Curtiz, mais a également obtenu un Oscar pour "Autant en emporte le vent" (1939).

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Michael Curtiz multiplie donc surtout au début les scènes géniales, comprenant des jeux de lumière, des jeux d'ombre, et tout cela est d'une beauté extraordinaire. Rien que le titre, donne des frissons, lorsqu'on entend la superbe musique de Max Steiner, et que les lettres du titre sont effacées successivement par un éternel ressac. Le ton est donné pour un très grand film et "Mildred Pierce" est effectivement un très grand film, et peut être un des plus beaux mélodrames du cinéma américain. Les critiques ne devaient pas s'y tromper, et le film devait être nominé de nombreuses fois aux Oscar et Joan Crawford devait recevoir l'Oscar de la meilleure actrice pour sa formidable interprétation. Aujourd'hui, on a un peu oublié le genre mélodrame. En effet, les temps ont changé. Les femmes refusent d'être des victimes ou se voir victimiser à l'écran.  Pourtant, "Mildred Pierce" est un film profondément féministe, car comment ne pas avoir de la compassion, pour le combat acharné d'une femme pour sauver sa famille ? Jamais peut être dans son oeuvre, Curtiz n'a décrit aussi bien la condition féminine d'une mère au foyer, digne et responsable et l'amour d'une mère pour sa fille. En cela, il nous offre une oeuvre d'une inaltérable résonance.

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Ci-dessus : Joan Crawford et Ann Blyth

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Ci-dessus : Joan Crawford

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Ci-dessus : Joan Crawford (admiré sur ces images, la fabuleuse photographie d'Ernest Haller )

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Ci-dessus : Les jeux d'ombres, traditionnels des films de Curitz

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Ci-dessus : Ann Blyth, Zachary Scott, et Joan Crawford

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Ci-dessus : Zachary Scott et Ann Blyth

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Ci-dessus : Joan Crawford et Michael Curtiz

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Ci-dessus : Michael Curtiz apportant son Oscar à Joan Crawford. En effet, cette dernière avait été malade le soir de la remise des Oscars.

 

Présentation de Mr Bertrand Tavernier :

 

La bande-annonce :

 

Film disponible en DVD zone 2 chez Twentieth Century Fox, en VO sous-titrée français, sur Amazon.fr à 4,90 €. A ce prix là, c'est un cadeau, au vu de la qualité du film.

Note : 8,5 / 10

26/01/2014

Ladies they talk about - 1933

"Ladies they talk about" est un film pré-code qui met en scène Barbara Stanwyck dans une prison de femmes. On retrouve également à l'affiche Preston Foster et Lyle Talbot, mais aussi la très jolie Dorothy Burgess. A la réalisation on retrouve le réalisateur de Robin des bois, William Keighley, qui est assez inspiré. Le film navigue entre l'horreur de l'exclusion de la société de ces femmes. Mais l'humour est souvent présent et l'érotisme aussi. Une détenue proclame d'ailleurs que ce qui manque le plus ici c'est la liberté, mais aussi les hommes. Le film navigue donc entre vengeance, frustration, et pardon. Ici Barbara Stanwyck porte toute seule le film sur ces épaules. Et les autres acteurs font finalement assez pâles figures à côté d'elle. On retiendra malgré tout le personnage du chef de la police, joué par Robert McWade, qui lui ne s'en laisse pas compter. On notera qu'il disparaîtra 3 ans après le tournage de ce film. On note la présence d'un deuxième réalisateu Howard Bretherton, mais à cette heure, je suis incapable de dire qu'elle a été son rôle dans le tournage.

ladies-they-talk-about-movie-poster-1933-1020198479.jpgIl est amusant de constater qu'une détenue du film, Dorothy Burgess, avait eu affaire avec la justice, suite à un accident de voiture, le 23 décembre 1932. Elle elle avait donc été accusée d'homicide involontaire, après son implication dans cet accident de la route, et le décès d'une personne. L'affaire se soldait par le versement d'une importante somme d'argent aux parents de la défunte. Il n'en reste pas moins que cela devait être assez troublant pour le public de l'époque, de voir ainsi la belle Dorothy Burgess, derrière les barreaux, alors qu'elle même avait eu des difficultés pour ne pas se retrouver en prison. En dehors de cette anecdote et de la belle plastique de Dorothy Burgess, on ne peut pas dire que l'on est impressionné ici par son jeu d'actrice, quant à lui très moyen. Elle disparaîtra prématurément, d'une attaque de tuberculose en 1961. Pour le reste, "Ladies they talk about" a assez de rebondissements, d'humour et d'érotisme pour être un encore aujourd'hui un honnête divertissement, avec quelques scènes particulièrement bien traitées (par exemple celles du tunnel, où William Keighley joue avec les reflets de l'eau).

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Ci-dessus : Barbara Stanwyck et Robert McWade

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Ci-desuss : Barbara Stanwyck et Lillian Roth

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Ci-dessus : Dorothy Burgess

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Ci-dessus : Lyle Talbot

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Ci-dessus : Photo de Dorothy Burgess

 

Extrait :

 

Clip vidéo :

 

Disponible chez Warner Bros sur la boutique internet de l'éditeur en DVD Zone 2, sous-titrage français.

Note : 6,5 / 10

25/01/2014

Le ténor / Forget me not - 1936

Je n'ai jamais eu cette passion de l'opéra, que mon père a pu avoir tout le long de sa vie, allant jusqu'à chanter au théâtre du Chatelet avec Luis Mariano. Mais pour ma part, j'ai toujours eu un très grand respect pour la musique d'opéra et un plaisir à écouter quelques airs de temps en temps. Ainsi, dans "le ténor" l'opéra est une grande star du film, et peut être le personnage le plus important. "Le ténor" est un mélodrame produit par la société "London Film" (le studio d'Alexander Korda). Le film est dirigé par son frère Zoltan Korda et joué par Joan Gardner, femme à la ville de ce même Zoltan. Joan Gardner ne devait faire encore que 3 films après ce "Ténor". Et c'est assez étrange, car elle a un visage très photogénique. Les frères Korda, ces immigrés de l'ancien empire austro-hongrois vont révolutionner le cinéma britannique. Ici, il nous propose un somptueux mélodrame d'une durée de seulement 69 minutes, mais pas exempt d'une très forte émotion. A la photographie on retrouve Hans Schneeberger, immense photographe, à la filmographie impressionnante, qui avait travaillé sur "l'ange bleu" (1930) ou sur une version du "Tigre du Bengale" de 1938, et qui travaillera plus tard sur "l'enfer blanc" (1943).

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Ainsi, l'histoire de cette jeune anglaise (Joan Gardner) qui part en croisière, qui y découvre l'amour et sa déception est très touchante. Et cette éducation sentimentale bercée par des airs d'opéra est remplie d'humanité. Car la jeune femme va rencontrer le ténor. Mais qui choisira t'elle, entre le beau jeune homme et la belle âme ? Le film est aussi bien l'opposition entre deux amours, que l'étude du coeur d'une femme qui doit choisir entre deux sortes d'amour. "Le ténor" est finalement le genre de film, qui plaira forcément au public féminin. A voir avec sa douce et tendre au coin du feu.

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Ci-dessus : Ivan Brandt et Joan Gardner

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Ci-dessus : Joan Gardner

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Ci-dessus : Joan Gardner et Beniamino Gigli  (le ténor)

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Ci-dessus : Joan Gardner

 

Extrait :

 

 Note : 7,5 / 10

12/01/2014

Franc Jeu / Honky Tonk - 1941

"Franc Jeu" est un film de Jack Conway. Ce dernier avait réalisé 3 autres films avec Clark Gable : "The Easiest Way" (1930), "Saratoga" (1937),  "La Fièvre du pétrole" (1940). En 1948, il devait encore réaliser "Marchand d'illusions". Convway devait donc tourner en tout 5 films avec Gable. Le film a pour qualité principale, son formidable casting qui réunit en plus de Clark Gable, la magnifique Lana Turner, mais aussi Frank Morgan, que l'on a vu jouer dans "Le Grand Ziegfeld " (1936) avec William Powell, ou encore dans "la tempête qui tue" (1940). Dans les seconds rôles on note la présence de Claire Trevor, qui joue la rivale de Lana Turner, mais aussi Albert Dekker dans le rôle du méchant de service. Le film a pour scénariste une femme, Marguerite Roberts. Et on sent bien que le film est irrigué de cette touche féminine, qui donne un goût assez étrange à l'ensemble. Ainsi, on passe des rixes de saloon, au boudoir de Lana Turner en quelques minutes. Le film bénéficie de dialogues plutôt savoureux, et explicites pour l'époque, mais assez atténués afin de permettre une validation du film par la commission de censure. 

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La magie opère donc entre le couple Gable / Turner. Elle opérait tellement bien que la femme de Clark Gable venait très souvent sur le plateau pendant les scènes intimes entre son mari et Lana Turner. Elle savait que Gable n'avait jamais caché sa préférence pour les blondes. Cette situation rendait Lana Turner particulièrement mal à l'aise et à chaque fois, elle s'enfermait dans sa loge, se décidant à sortir que lorsque Carole Lombard avait quitté le plateau. Lana Turner nia toujours une relation extra-conjugale de Clark Gable. Pourtant les mauvaises langues racontent que le tragique accident d'avion de Carole Lombard, avait un rapport avec cette liaison. On ne le saura jamais. Et comme dans "le massacre de fort Apache", la légende dépasse largement la vérité d'un western assez étrange qui a pour principal intérêt de nous montrer pour la première fois à l'écran l'incroyable chimie amoureuse du couple Lana Turner / Clark Gable. Pour le reste, on a vu dans cette catégorie de western un peu psychologique beaucoup mieux, avec en particulier "la rivière d'argent" (1948) avec Errol Flynn et Ann Sheridan, qui nous montre là aussi l'ascension d'un aventurier, mais de manière peut être plus sérieuse. Ainsi, on peut considérer que "la rivière d'argent" étudiera en profondeur des thèmes que "franc jeu" ne fait ici qu'effleurer. Dommage le casting était pourtant très prometteur.

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Ci-dessus : Clark Gable et Lana Turner

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Ci-dessus : Frank Morgan, Lana Turner, et Clark Gable

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Ci-dessus : Clark Gable et Albert Dekker

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Ci-dessus : Clark Gable et Lana Turner

Film disponible sur la boutique en ligne de la Warner, dans les trésors Warner en DVD VO sous-titrée.

Note : 6 / 10

29/12/2013

Anna Karénine / Anna Karenina - 1948

"Anna Karénine" dans sa version de 1948, et dans une réalisation de Julien Duvivier est un peu décevante, si on la compare à la version de 1935 avec Greta Garbo. En effet, la version de 1935 comprenait Fredric March dans le rôle de l'amant et Basil Rathbone dans le rôle du mari trompé. On adorait l'un et on aimait détester l'autre. Ici ce serait un peu le contraire, le malheureux Kieron Moore semble désemparait devant le talent de Vivien Leigh. Et si au début, il passe bien en amoureux transit, on finit par de moins en moins croire en son jeu. Enfin Ralph Richardson, en mari trompé, mais qui veut rester fidèle à ses principes chrétiens, semble jouer une interprétation quelque peu différente de celle de Rathbone. Mais surtout, le film est trop long : 2H10 au lieu de 95 minutes pour la version de 1935. On peut donc considérer cette version anglaise dans une production d'Alexandre Korda, comme un peu inférieure à son aîné, malgré la présence de la belle Sally Ann Howes.

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Ceci étant dit, le film a aussi beaucoup de qualités, en particulier la réalisation de Duvivier, qui sait exploiter la lumière ou les rares scènes extérieures, pour faire de ces scènes sur les quais de gare des moments magiques. On sent l'influence de précédents films de Vivien Leigh. On pense ainsi à "la valse dans l'ombre" (1940) de Mervyn LeRoy, qui avait au moins une scène sur le quai d'une gare, et qui avait également pour sujet un amour tragique. Malgré toutes ces qualités, le film n'arriva pas à convaincre  le public de l'époque, et la régidité de l'ensemble ne faisait rien pour arranger l'affaire. Ainsi, Duvivier filma d'une bien curieuse manière la course de chevaux en ne prenant que le visage de Leigh et de son mari. C'était se priver d'une scène épique et qui aurait pu permettre au film de reprendre sa respiration. La musique de Constant Lambert, fait beaucoup pour rendre le film moins étouffant. Et on reste malgré tout, profondément marqué par la scène finale, d'abandon de l'actrice qui réalise un formidable numéro, qui augure de sa fin tragique, des années plus tard, et de son état dépressif de l'époque. C'est pour cela que le film reste encore dans nos mémoires aujourd'hui et résonne comme une étrange épitaphe à son endroit. Je ne peux donc comme Duvivier, m'empêcher de citer Tolstoï : "Et la lumière, qui pour l’infortunée avait éclairé le livre de la vie, avec ses tourments, ses trahisons et ses douleurs, déchirant les ténèbres, brilla d’un éclat plus vif, vacilla et s’éteignit pour toujours."

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Ci-dessus : Vivien Leigh et Ralph Richardson

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Ci-dessus : Sally Ann Howes et  Kieron Moore

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Ci-dessus : Vivien Leigh et Kieron Moore

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Ci-dessus : Vivien Leigh

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Ci-dessus : Vivien Leigh et Ralph Richardson

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Ci-dessus : une scène pendant le tournage (on remarque Duvivier assis, Vivien Leigh et mary kerridge)


Extrait de la musique (avec la courtoisie de Corentin) :

Disponible chez Elephant Films en DVD Zone 2 (sous-titré en français). Qualité d'image moyenne, mais à ma connaissance, la meilleure disponible à ce jour.


Note : 6,5 / 10

28/12/2013

La femme sur la plage / The Woman on the Beach - 1947

"Pour la Femme sur la Plage, il y avait un roman, publié et vaguement lu, et c’est ce qui a décidé la RKO à me confier la réalisation d’une pauvre intrigue. J’ai accepté, je ne sais pas pourquoi, sans doute pour payer mes taxes, et ça a ajouté quelques kilomètres de plus à la ponte annuelle de notre bonne ville (…) Je viens de passer quatre mois d’abrutissement absolu à monter et à redémonter mon dernier film." C'est en ces termes peu élogieux pour son propre travail que Renoir parlait de "la femme sur la plage". Aujourd'hui 66 ans après sa création doit on être aussi dur que Renoir sur son film ? Qu'en est il vraiment ? Les critiques ont elles eu raison de renier ce dernier film de Renoir ? Hollywood classic a vu aussi ce film et vous donnera son opinion. Le film tourne autour du trio, Joan Bennett, Robert Ryan et Charles Bickford. Charles Bickford c'est évidemment le propriétaire violent de "duel au soleil" avec Gregory Peck.

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Tout d'abord, je pense qu'il faut prendre le film tel qu'il est sans le comparer à d'autres films de la période américaine de Renoir : "L’étang tragique", "Vivre Libre", "L’homme du sud", "Le journal d’une femme de chambre". Ceci étant dit, ces films n'étaient pas exempts de défauts. Ainsi, "Vivre Libre" censé se passer en France occupée, laissait apparaître des enseignes de magasins en anglais. Ce n'était pour le moins, pas très crédible. Pour "la femme sur la plage" le premier vrai défaut est qu'on ne sait pas bien si c'est un film noir ou un mélodrame. Le film ne semble pas vouloir choisir et jusqu'à la fin, on ne se demande si c'est un mélodrame que l'on regarde ou un film noir. Enfin le scénario n'est pas très clair. En effet, un garde de côté (Robert Ryan) traumatisé par un naufrage, se prend d'affection pour une jeune femme marié (Joan Bennett) à un aveugle violent et possessif (Charles Bickford). Ce que l'on peut reprocher au film, c'est évidemment d'être finalement assez superfitiel dans sa caractérisation des personnages. On sent bien que Renoir n'a pas osé ou a été gêné en voulant mettre à l'écran une forme de relation sadomasochiste, où le mari a perdu un oeil de la faute de sa femme, et où suite à cela, la femme est devenue l'esclave ménagère de l'homme, et on suppose sexuel également.

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Ci-dessus : Joan Bennett, Charles Bickford et Robert Ryan

Voilà ce qu'en disait François Truffaut : Ce que j'aime dans "la femme sur la plage", c'est qu'on y regarde deux films en même temps. Dans le dialogue, on ne parle jamais d'amour, les personnages échangent des propos courtois, polis. L'essentiel n'est donc pas dans le dialogue qu'ils prononcent mais dans les regards qu'ils échangent, et qui expriment des choses troubles, secrètes et pourtant très précises. Le cinéma n'est jamais autant lui-même que lorsqu'il parvient, en utilisant le dialogue comme une musique de contrepoint, à nous faire entrer dans les pensées des personnages. C'est sous cet angle que je vous invite à regarder les trois prodigieux acteurs de "la femme sur la plage", Joan Bennett, Robert Ryan, Charles Bickford, regardez-les comme des animaux, comme des bêtes farouches qui déambulent dans la jungle crépusculaire de la sexualité refoulée." Ainsi, même si Truffaut se plaignait de la non caractérisation des dialogues. Certains dialogues ne prêtent pas à confusion et laisse comprendre une servilité totale de la femme pour son mari aveugle. Hanns Eisler, compositeur aujourd'hui oublié, nous gratifie ici d'une intéressante musique, qui mérite notre attention.

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Ci-dessus : Joan Bennett et Robert Ryan

"La femme sur la plage" n'est donc pas du tout un mauvais film. C'est même un film plutôt surprenant, qui évoque à mots couverts, des thèmes que l'on osait pas évoquer en 1947. L'adultère n'est plus ici, un crime, mais une libération. L'héroïne semble aimer et détester tout à la fois son mari, dans un jeu pervers assez malsain, dont la valeur de ses peintures reste un des noeuds de l'attachement qu'elle a encore pour son mari. Il y a une grande modernité dans tout ça, qui semble avoir désarçonné son auteur lui même, ainsi que le public de l'époque. "La femme sur la plage" n'en reste pas moins un très bon film, qui mérite d'être tiré de l'oubli. On regrettera seulement un scénario, qui finalement ne va pas au fond des choses, et qui reste assez superficiel.

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Ci-dessus : Joan Bennett

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Ci-dessus : Nan Leslie

Disponible aux éditions Montparnasse (DVD zone 2 VO sous-titrée)

Note : 6,5 / 10

24/12/2013

Les Misérables - 2012

C'est quelque peu impressionnant de s'attaquer aux Misérables de Tom Hooper. En effet, le film a été primé de multiples fois, et a reçu un très bon accueil du public, rapportant 441 millions de dollars, faisant de ce dernier, le filmn non américain le plus rentable de l'histoire du cinéma. Car "les Misérables" version 2012, sont une production britannique. On remarquera pourtant que c'est en France que les Misérables marchent le moins bien. Peut être que le public français ne s'y est pas trompé. En effet qu'est ce que les Britanniques peuvent bien comprendre à l'histoire de la France ? Mais si on reprend une analyse depuis le début, on se rend compte que le film comporte un très bon casting, avec en tête : Russell Crowe, Hugh Jackman. et Anne Hathaway, dans les rôles principaux. Le jeu des uns et des autre est plutôt bon. Et Anne Hathaway arrive à nous faire passer une très forte émotion, comme Hugh Jackman, qui montre ici quel acteur il peut être et qu'il peut être autre chose qu'un loup garou aux griffes d'acier. La réalisation de Tom Hooper est contestable sur bien des points. Mais on ne peut lui reprocher d'avoir voulu faire une comédie musicale, d'une comédie musicale ! La meilleure scène reste la révolte populaire de 1832. Hooper arrive à faire passer à ce moment l'urgence de la situation et l'insurrection qui s'organise de manière palpable.

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Alors bien sûr d'autres choix artistiques sont contestables. Ainsi, je n'aime pas du tout le personnage outré des Thénardier, qui semblent improbables. A trop vouloir en faire, on finit par viser à côté. Enfin, la fuite de Jean Valjean dans les égouts parisiens est assez horrible à regarder. Il n'était pas nécessaire de donner envie de vomir au public. Il y a donc du très bon, et du mauvais et du très mauvais dans ses "Misérables" de 2012. On peut néanmoins constater que le film va dans le bon sens, en tentant de revisiter comme il le peut l'immortelle oeuvre de Victor Hugo. L'esprit est là. Mais pour la beauté et le lyrisme d'Hugo ce n'est pas encore ça. Cette version est donc très loin de la version avec Fredric March ou avec Jean Gabin. Néanmoins, elle existe et si elle ne mérite pas toutes les éloges d'une grande partie de la profession cinématographique, elle ne mérite pas non plus le torrent de réprobations d'une bonne partie des critiques françaises.

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Ci-dessus : Russell Crowe

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Ci-dessus : Hugh Jackman

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Ci-dessus : Hugh Jackman et Isabelle Allen


 

Note : 6 / 10

21/12/2013

Le chevalier sans armure / Knight without armor - 1937

"Le chevalier sans armure" est une production d'Alexandre Korda, et fait donc parti de la salve de films sortis par Elephant Films en novembre. On peut tout d'abord remercier cet éditeur pour deux choses. Tout d'abord, il faut le remercier de rappeler à notre mémoire cinéphilique, ce cinéma anglais un peu oublié, et pour les très intéressants commentaires de Jean-Pierre Dionnet. Et c'est un peu aussi grâce à ces commentaires présents dans les bonus du film, que je vais pouvoir enrichir cette note. Donc "le chevalier sans armure", production d'Alexandre Korda, est tiré du roman de James Hilton. On sait que James Hilton a été très souvent adapté au cinéma pour différents romans. Le film est réalisé par le réalisateur belge Jacques Feyder, qui fit tant pour le cinéma français. On retrouve des maîtres que ce soit à la photographie, comme premier opérateur, ou à la musique. Ainsi à la photographie, on a Harry Stradling Sr, qui se distinguera en particulier par son très beau travail sur "My Fair Lady" (1962) avec Audrey Hepburn et Rex Harrisson. Ainsi, on retrouve une des scènes de "My Fair Lady" avec la fameuse course de chevaux en 1913, à Ascot. Comme premier opérateur, on retrouve un certain Jack Cardiff, qui travaillera sur de très nombreux films de John Ford et qui finira seul, "le jeune Cassidy" (1964), commencé par Ford. Et à la musique, il y a un certain Miklos Rozsa, dont c'est la première composition. On en reparlera plus tard. Avec une telle équipe, il était difficile de ne pas faire un chef-d'oeuvre du cinéma. Et c'est bien le cas.

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Dans le casting, on retrouve donc en tête, Marlene Dietrich et Robert Donat. dans le rôle du héros. Robert Donat, devait jouer un héros un peu perdu, du fait qu'il a le rôle d'un anglais exilé, dans les neiges de la Russie. Et il s'en sort très bien, car Donat était dans la vraie vie, un homme fragile, sujet à des crises d'asthme, dont la dernière devait d'ailleurs l'emporter à l'âge de 53 ans. Quant à Dietrich, elle ressort de sa période "Josef von Sternberg", qui sera peut être son plus grand réalisateur. Après Marlene, Sternberg perdra malheureusement petit à petit son cinéma. La période visitée par "le chevalier sans armure" est la révolution russe, et on pense évidemment au "Docteur Jivago" (1962) de David Lean lorsqu'on voit ce film. Alors évidemment, "le chevalier sans armure" n'atteint pas les sommets de l'oeuvre de Lean, mais il y a une telle réunion de nombreux talents que ce soit sur l'écran ou dans l'équipe technique, que l'on ait sans aucun doute, en face d'un chef d'oeuvre. On pourra néanmoins reprocher à l'écriture scénaristique de sauter par exemple une scène essentielle, comme l'évasion par Marlene de sa prison.

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Ci-dessus : Marlene Dietrich et Robert Donat

Le visage de Marlene est admirablement filmé par des jeux de lumière incessants. Et cela donne un côté fascinant et extraordinaire au film. On peut lui reprocher un jeu parfois légèrement surfait. Mais ce n'est à rien à côté des qualités d'un film, qui nous montre la disparition de la Russie du Tsar et l'arrivée du communisme. Le film navigue donc entre romantisme, tragédie, horreur de la révolution, et onirisme.  Il y a beaucoup de scènes marquantes. Mais l'une d'elle est, la reconquête d'une ville Rouge, par les Blancs (partisans du Tsar). Un diner est alors donné en l'honneur de Marlene. Et là c'est l'ancienne Russie qui de nouveau existe, et qui réapparaît, réunion de fantômes que le souffle de l'histoire balaiera en un clin d'oeil, tout cela avec pour fond musical la première composition de Miklos Rozsa, qui a des accents lyriques que l'on retrouvera plus tard dans le reste de son oeuvre. Mais la musique a aussi, ici des accents russes, que le sujet lui impose. Voilà. Vous savez presque tout, sur "le chevalier sans armure", un magnifique mélodrame, qui n'attend que d'être découvert par vous, cinéphiles de notre temps. Il le mérite amplement.

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Ci-dessus : Marlene Dietrich et Robert Donat

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Ci-dessus : Marlene Dietrich

 

La musique du film:

Disponible chez Elephant Films en DVD zone 2 sous-titrée

 

Note : 7,5  / 10

20/12/2013

Lydia - 1941

Avec "Lydia" on rentre dans la catégorie du grand mélodrame comme a tellement bien sur en réaliser Julien Duvivier. Ainsi "Lydia" est un remake d'un film déjà de Duvivier, "un carnet de bal" (1937), réalisé en France. Avec Lydia, on est bien entendu dans du cinéma américain, mais encore dans une production d'Alexandre Korda. Le film a un principal défaut, ce sont ces nombreux flashbacks, qui ralentissent l'action et qui nous ramène à chaque fois à la situation peu romantique, d'une héroïne âgée, qui réunit les amours de sa vie. Une femme a t'elle jamais pu le faire ? Les 40 premières minutes sont donc assez difficiles avec différentes versions de la salle de bal, qui est racontée donc deux fois. Si les deux versions, nous démontrent que l'être humain, a tendance a enjoliver le passé, la démonstration n'est pas cinématographiquement évidente. Mais après cette première partie laborieuse, le film va soudain petit à petit s'élever et atteindre un lyrisme rarement vu dans le cinéma. Alors c'est vrai que le jeu d'Edna May Oliver dont c'est le dernier film est peut être légèrement surjoué. Ainsi, sa dernière crise cardiaque dans le film, est presque risible. Mais on dira que cette faute de goût est peu de chose, par rapport à l'ensemble. On notera la présence de Joseph Cotten qui venait de tourner "Citizen Kane" ou qui sera évidemment le mari de Marilyn dans "Niagara" (1953). 'Alan Marshal, et George Reeves complète le casting. Georges Reeves c'est un des deux jumeaux que l'on voit au début "d'autant en emporte le vent" (1939). Son histoire est brièvement évoquée dans "Hollywoodland" (2006) avec Ben Affleck. Georges Reeves, jouera Superman dans les années 50 pour la télévision et déçu par son rôle et une carrière qu'il voyait terminée, il devait se suicider.

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La photographie est d'un certain Lee Garmes, et elle est magnifique Il y a tout le long du film, un travail admirable sur les reflets, les noirs et la lumière. Lee Garmes travailla sur de très nombreux films et bien qu'il ne soit pas au générique, il devait travailler sur la photographie de "Gone with the wind" (1939). Excusez du peu.  On remarque enfin comme sur "Le divorce de lady X" la musique d'un certain Miklos Rozsa, qui est ici très inspiré et qui nous donne à entendre, une musique très romantique et très lyrique, qui comprend entre autre, un scherzo pour piano et orchestre. En somme, ce "Lydia" aurait pu atteindre les sommets du mélodrame sans ces flashbacks sans intérêt qui alourdissent malheureusement le film et en font perdre presque le fil. L'oeuvre est néanmoins admirable dans sa réalisation, dans sa photographie, et dans le jeu de ses acteurs et donc tout à fait digne d'être vue et revue. Et à la fin devant cette vie passée sous nos yeux, le vertige nous prend et nous emporte. Ainsi, on a peut être jamais aussi bien étudié le coeur et l'âme d'une femme que dans "Lydia", hymne à l'éternel féminin, beau et fascinant comme une rose, qui vit, qui aime et qui se meurt.

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Ci-dessus : Merle Oberon

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Ci-dessus : Merle Oberon

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Ci-dessus : Merle Oberon, Joseph Cotten, et Edna May Oliver

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Ci-dessus : Merle Oberon et George Reeves

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Ci-dessus : Joseph Cotten, Alan Marshal, et Merle Oberon

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Ci-dessus : Merle Oberon et Alan Marshal

Disponible en DVD Zone 2 en VO sous-titrée, chez Elephant Films qui décidément nous gâte.

 

Extrait de la musique :

 

 

Note : 7 / 10

08/12/2013

Jusqu'à ce que mort s'ensuive / Blanche Fury - 1948

Retour au cinéma anglais aujourd'hui, car j'ai vu récemment "Jusqu'à ce que mort s'ensuive", tiré de la nouvelle de Joseph Shearing, avec Stewart Granger et Valérie Hobson. Stewart Granger c'est évidemment l'acteur de "Scaramouche" (1952) avec Eleanor Parker, ou du "prisonnier de Zenda' (1952) avec James Mason, ou encore "des contrebandiers de Moonfleet" (1955). Il est ici dans sa période anglaise, qui n'est pas exempte de très bons films. Ainsi, je me rappelle avoir vu, il y a une dizaine ou une quinzaine d'années, un très beau "love story" avec Margaret Lockwood, ou "the magic bow" où Stewart Granger interprête, le célèbre compositeur, Nicolo Paganini. Les éditeurs français feraient donc bien de nous refaire découvrir la période anglaise de Stewart Granger. On peut donc remercier Elephant Films pour ces belles sorties de films plus ou moins inconnus du public français. Pour revenir au casting, on compte aussi Valérie Hobson. On a vu jouer cette dernière, dans "les Grandes espérances" de David Lean, avec Alec Guinness et Jean Simmons enfant. Valérie Hobson, était une très grande actrice capable de tout jouer. Ainsi, dans "les grandes espérances" elle jouait une vieille femme folle et ici une jeune femme tout à fait désirable.

cinéma, cinema, dvd, bluray, film, films, acteur, actrice, hollywood,  Stewart Granger, Valerie Hobson, Clifton Parker, marc allegretJ'ai parlé de David Lean et c'est avec raison, car ici le film empreinte beaucoup au style un peu gothique de Lean, dans sa période anglaise. Ainsi, le début est assez magistral et nous montre un titre avec un château noir, comme si c'était le château du mal. Ainsi, les premières images sont saisissantes avec deux cavaliers qui chevauchent au galop dans la nuit. On sent qu'un malheur s'est passé dans le château. Mais on ne sait pas quoi. La tension est donc à son comble. Et par la magie du cinéma et du flashback on va voir l'histoire se dérouler, là où elle doit commencer, c'est à dire au début.

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Ci-dessus : Valérie Hobson et Stewart Granger

L'histoire est particulièrement intéresante, car elle met Stewart Granger dans le rôle d'un jeune homme, fils illégitime de l'ancien propriétaire du château, courant après l'acte de mariage de son père, qui pourrait le rétablir dans ses droits. En attendant, il est l'intendant du domaine, subissement les railleries et les décisions des nouveaux maîtres qui ont acheté le domaine et qui lui ont pris jusqu'à son nom. Sa seule obsession sera de reprendre donc son domaine à ses maîtres qui ne sont pour lui que des intrus. Le scénario est donc plutôt original et plutôt bon.

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Ci-dessus : Valérie Hobson et Stewart Granger

La naissance d'une idylle entre Valérie Hobson et Granger est elle aussi plutôt bienvenue. Mais comme toute l'histoire, elle sera teintée du sceau de la mort. Et le titre français résume assez bien l'histoire. La musique de Clifton Parker, n'est pas mauvaise, sans être extraordinaire, et soutient assez bien l'action. On peut s'étonner, que Marc Allegret à la carrière de réalisateur de plus de 60 ans, ait eu le droit de réaliser ce film en Angleterre et que ce ne soit pas un réalisateur britannique qui hérite de la réalisation. Qui a dit que les Anglais n'aimaient pas les Frenchies ? En résumé, on passe un très bon moment, devant ce film très noir et gothique, mais en Technicolor. Je ne peux donc qu'encourager très fortement Elephant Films à continuer, d'exploiter ce créneau du cinéma anglais, qui est aujourd'hui totalement sans concurrence et absent du marché français, surtout si c'est pour nous sortir des films de cette qualité.

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Ci-dessus : le domaine tant convoité

Extrait :

 

Disponible en DVD Zone 2, chez Elephant Films

 

Note : 7,5 / 10

23/11/2013

Les plus belles années de notre vie / The best years of our lives - 1946

Après la guerre, une nouvelle vie commence et c'est bien le sujet du film que je vous propose aujourd'hui. Pour vous dire la vérité, lorsque j'étais plus jeune, je n'avais pas beaucoup apprécié ce film. En effet, je ne me souciais pas beaucoup du retour à la maison, après la guerre, de 3 vétérans : Dana Andrews, Harold Russell et Fredric March. De plus, à l'époque, j'avais découvert le film sur un petit écran et avec une VHS. La sortie de la version Bluray Freezone, me semblait le bon moment pour redécouvrir cette oeuvre de William Wyler. Wyler, c'est évidemment le réalisateur de Ben-Hur (1959), mais aussi de "Rue sans issue" (1938) avec Humphrey Bogart et Joel Mc Crea, ou de "Vacances romaines" (1953). Il devait toucher à presque tous les genres, en passant par le western avec "les grands espaces", ou le péplum, ou encore le mélodrame.

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A noter sur cette affiche belge, la francisation du nom de Fredric March

Nos 3 vétérans, vont donc retrouver femme et enfants. Dana Andrews va retrouver Virginia Mayo, Fredric March, va rejoindre Myrna Loy et sa fille (ici Theresa Wright), notre troisième vétéran Harold Russell, va lui retrouver son père, sa mère et sa fiancée. La force du film est de s'inscrire dans une réalité palpable à l'écran. Ainsi, la vie de ces hommes, c'est la vie du vétéran américain moyen, qui revient et qui ne reconnaît ni son pays, ni sa famille. Ainsi le génie des scénaristes et de Wyler et de nous donner plusieurs facettes de cette Amérique. Ainsi, Fredric March est plus âgé et avec un bon métier, une femme et de grands enfants. Dana Andrews est lui sans qualification pour la vie civile et sans enfants, avec une femme volage. Enfin le cas, le plus touchant, est celui du jeune Harold Russell, qui revient avec les deux avant-bras coupés. Arrivera t'il à retrouver intact l'amour de sa fiancée ? Arrivera t'il à s'insérer ? Harold Russel n'était pas un acteur professionnel, mais un grand blessé de la guerre. Son rôle donne une très forte dose de réalisme au film, et touche encore plus. Harold Russel recevra ainsi deux Oscars : un pour son interprétation, comme meilleur second rôle et un autre, comme Oscar d'honneur. Le film pose la problématique du retour, dès les premières minutes. Et finalement ce thème de la réadaptation de chacun fait échos à nos vies d'aujourd'hui. Car l'Homme moderne, n'a jamais du autant peut être se réadapter que dans notre société qui change et qui ne ressemble pas à celle d'il y a 10 ou 15 ans. D'un thème américain post seconde guerre mondial, Wyler arrive à en faire un thème universel, de l'adaptabilité de l'être humain au changement.

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Ci-dessus : Dana Andrews et Virginia Mayo

On ne peut finir de parler de ce film, sans dire quelques mots sur la magnifique musique de Hugo Friedhofer, qui a composé sans aucun doute sa plus belle musique de film, et peut être l'une des plus belles de l'histoire du cinéma. Enfin on remarque que Thérèse Wright qui avait déjà été présente dans le mélodrame guerrier de William Wyler, "Madame Miniver" (1942) est encore bien présente là aussi. Elle tourna donc 3 films avec William Wyler dont "la vipère" (1942). Vous saurez tout, quand je vous dirai que le casting comprend également Steve Cochran et que Wyler avait des doutes sur le jeu dramatique de Virginia Mayo. Mais cette dernière fut excellente dans son rôle. Voilà, j'en ai fini avec "les plus belles années de notre vie" qui reste sans doute, comme un des plus beaux films de l'histoire du cinéma. Il recevra une pluie d'Oscars totalement mérités.

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Ci-dessus : Theresa Wright et Dana Andrews

 

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Ci-dessus : Fredric March, Theresa Wright et Dana Andrews


Extrait de la musique :

Extrait musical n°1

Extrait musical n°2

Extrait musical n°3

Extrait musical n°5

Extrait musical n°6

Extrait muiscal n°7


La Bande-annonce :

 

Film disponible en DVD zone 2 ou Bluray Freezone (chez Gibert) en VO sous-titrée

 

Note : 9 / 10

30/10/2013

Un Tramway nommé désir / A streetcar named desire - 1951

"Un tramwayn nommé désir", a été réalisé par Elia kazan en 1951. Elia Kazan est né dans une famille grec d'origine armenienne, fils d'un marchand de tapis. En 1911, la famille émigre aux États-Unis. Dans les années 30, il s'intéresse au théâtre commençant sa carrière par le métier d'acteur, puis comme metteur en scène. A la fin des années trente il réalise un premier court métrage, puis un documentaire "It's Up to You" (1940). Après toute une série de films, il réalise donc en 1951 "un tramway nommé désir" qu'il avait déjà mis en scène en 1947. Le thème principal du film, qui est évidemment tiré de la pièce éponyme de Tennessee Williams, est l'opposition entre le couple (Marlon Brando / Kim Hunter) à la sexualité épanouie et la jeune femme cultivée, à la sensibilité à fleur de peau (Vivien Leigh) mais seule et à la sexualité quasiment déviante.

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Le film est choquant par son thème autant que par l'ambiance moite qui s'en dégage. Ainsi, l'animalité du jeune couple et plus particulièrement du personnage joué par Brando est constante Mais ce qui marque le plus, c'est l'inadaptation de la société à un certain type de personnes. Ainsi, le caractère totalement inadapté du personnage de Vivien Leigh est particulièrement touchant. Sa supériorité intellectuelle évidente ne la sauve pas du triste destin qui lui est proposé. En effet, elle doit disparaître pour laisser la place au jeune ménage. Tennessee Williams a souligné dans son oeuvre la barbarie des sociétés humaines, qui finalement célèbre l'animalité et écrase comme un rouleau compresseur, toute sensibilité des personnes qui ne sont pas dans les normes. La réalisation parfaite de Kazan fait également date et personne mieux que lui n'aurait su adapter aussi bien, cette oeuvre magnifique. Les critiques ne devaient pas s'y tromper et le film recevra 12 nominations dont 4 Oscars. Elia Kazan devait tourner encore 3 fois avec Marlon Brando, tout d'abord dans "Viva Zapata" (1952), puis dans "Sur les quais" (1954).

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Ci-dessus : Kim Hunter et Marlon Brando

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Ci-dessus : Vivien Leigh et Marlon Brando

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Ci-dessus : Vivien Leigh et Kim hunter

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La bande-annonce :

Récompenses :

  • Oscar de la meilleure actrice : Vivien Leigh
  • Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle : Kim Hunter
  • Oscar du meilleur acteur dans un second rôle : Karl Malden
  • Oscar de la meilleure direction artistique

Note : 10 / 10

05/10/2013

Man Wanted - 1932

"Man wanted" reprend le traditionnel scénario de l'idylle de la secrétaire avec son patron. L'histoire a donc été vu et revu. Mais l'intérêt de "Man wanted", et qu'il inverse les rôles, faisant de la femme (Kay Francis) une directrice de magazine, de son mari Kenneth Thomson (un richissime oisif) et du secrétaire David Manners un beau jeune homme. L'inversion des rôles est donc la partie la plus intéressante du film. Et c'est vrai que c'est un challenge pour Kay Francis, de jouer cette femme directrice d'un grand journal en 1932. C'est un peu quelque chose d'extraordinaire. Le film reste donc très moderne dans son scénario, et même si l'intrigue reste d'un classique à tout épreuve, elle arrive quand même à éviter les clichés et à fournir une petite dose d'émotion. La grande vedette du film c'est bien sûr Kay Francis, qui est en 1932, une grande star de la Warner.

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"Man Wanted" a bien une ambiance pré-code, mais donc cette fois-ci dans les rapports que Kay Francis lie avec les hommes. En effet, les hommes ont des rôles de femme et les femmes ont des rôles d'homme. tout cela donne une saveur particulière, à laquelle il faut ajouter une très bonne réalisation de William Dieterle, qui nous trouve parfois quelques plans d'une beauté troublante. Mais cette réalisation de qualité n'est pas étonnante quand on prend le temps de regarder la filmographie de William Dieterle, qui a de multiples chef-d'oeuvres à son actif : "Le songe d'une nuit d'été" (1935), "la vie de Louis Pasteur" (1936), "la vie d'Emile Zola" (1937) etc Pour résumer, on a donc avec "Man Wanted", un film très correct, mais qui n'atteint pas les sommets du genre, faute peut être à un scénario qui aurait mérité d'être un peu moins classique, malgré son intéressante inversion des rôles.

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Ci-dessus : Kay Francis et David Manners

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Ci-desus : Kay Francis (chapeau !) et David Manners

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Ci-desus : Kay Francis et David Manners

Film disponible en DVD zone 2, sous-titré dans la collection "Trésors de la Warner" sur le site français de l'éditeur et dans certains magasins spécialisés.

 

Extrait :

 

Note : 6 / 10

20/09/2013

Guerre et Paix / War and Peace - 1956

Dans le cadre de sa sortie bluray, je vais évoquer le "Guerre et Paix" (1956) de King Vidor. Je ne peux que commencer cette note par donner la parole au réalisateur : "Au début de l’année 1955, j’étais assis sous le soleil californien, travaillant sur un scénario original, un sujet américain lorsque je reçus un coup de fil de Dino De Laurentiis, le producteur italien me demandant si je voulais bien mettre en scène le grand roman de Léon Tolstoï Guerre et paix. Ce fut la décision la plus rapide de ma vie ! Je n’avais aucun doute à son propos ; depuis que je l’avais lu, tout autre ouvrage de fiction souffrait de la comparaison. Profondeur des personnages, héroïsme, philosophie, Tolstoï donnait au lecteur tout ce qu’il cherche mais qu’il trouve si rarement." Vidor est donc enthousiaste pour travailler sur ce projet et ça sent dans le résultat final. Il aurait préféré avoir Peter Ustinov à la place d'Henry Fonda, pour jouer le personnage de Pierre, mais qu'importe ce n'est pas tant Henry Fonda qui va poser problème qu'un budget manifestement trop court pour porter l'oeuvre de Tolstoî à l'écran. Ainsi Vidor raconte : "Le tournage ne fut pas facile. Les premières difficultés vinrent du scénario sur lequel une dizaine d’écrivains travaillèrent. Plus tard elles furent d’ordre financier. Ils n’y avait plus d’argent et certaines scènes essentielles étaient encore à tourner… En fait je me retrouvais dans la même position qu’à mes débuts, mais cette fois-ci, je n’étais plus mon propre maître, j’étais tributaire une fois de plus des grands producteurs."

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La conséquence de défaut budgétaire est que le film est assez peu complet et ne fait que survoler certains personnages. On a donc du mal à s'y retrouver. Et malgré que le film dure plus de 3H30, on se rend bien compte qu'il aurait fallu 30 ou 40 minutes de plus pour retrouver l'oeuvre originale. On doit donc se compter de scènes de bravoures, comme la magnifique scène du bal entre une Audrey Hepburn plus belle que jamais et son jeune mari dans la vie, Mel Ferrer. D'autres scènes sont épiques comme la bataille de Borodino ou le passage de la Berezina. Mais on sent bien que Vidor a parfois du composer avec le budget et que parfois il essaye de s'en sortir le moins mal possible. Mais peut être devrions nous regarder du côté des scènes intimistes de cette oeuvre. Ainsi, la mort du prince André est particulièrement bouleversante. Mais dans toute la distribution, c'est bien évidemment Audrey Hepburn qui brûle littéralement l'écran et transfigure d'une incroyable fulgurance. Personne ne s'y trompera. Et lorsque le grand cinéaste russe Serge Bondartchouk revisitera l'oeuvre de Tolstoï, il fera de son héroïne, une seconde Audrey Hepburn.

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Ci-dessus : Henry Fonda et Audrey Hepburn

Cette fresque monumentale, peut donc s'appuyer sur un casting remarquable et sur une actrice au top de sa beauté et de son talent. On oublie alors quand même les raccourcis, les incohérences du scénario, pour se laisser porter par Audrey Hepburn et par finalement, une magnifique épopée. On retrouve en Bluray la version complète, et non celle amputée sortie en salle à l'époque. On dit que c'est la jalousie de Cecil B DeMille qui aurait oeuvré pour que "guerre et paix" ne fasse pas de l'ombre à ses "10 commandements" qui sortait en même temps. Il faudra attendre 1967, et la version de Serge Bondartchouk pour que le cinéma soviétique écrase cette version de "guerre et paix" et batte littéralement les Américains sur le terrain cinématographique, un peu comme les Russes ont battu Napoléon d'ailleurs, quand ce dernier est venu les envahir. Quoiqu'il en soit ne gâchons pas notre plaisir : On ne fait plus des films comme "guerre et paix", alors pourquoi s'en priver ?

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Ci-dessus : Audrey Hepburn

Film disponible en Bluray zone B ou DVD zone 2 (qualité d'image excellente assez souvent. Version vf à oublier)

La Bande-annonce :


Note : 8,5 / 10

15/09/2013

La divorcée / The divorcee - 1930

"La divorcée" est un film de Robert Z Leonard avec Norma Shearer, Chester Morris, Robert  Montgomery, et Conrad Nagel. Robert Z Leonard a une oeuvre variée, et a été nominée aux Oscars deux fois dans la catégorie du meilleur film, une première fois pour "la divorcée" et une deuxième fois pour "The Great Ziegfeld" (1936). Ce dernier film devait d'ailleurs gagner l'Oscar du meilleur film. On doit aussi à Robert Z Leonard, "the bribe" (1949) avec Robert Taylor, récemment sorti en France en DVD. Si je vous parle de nomination, c'est que "la divorcée" doit être très bon, et en réalité, il l'est. Les personnages sont formidablement bien décrits. Et on sent bien que les scénaristes ont fait un effort pour étudier la psychologie même du couple amoureux, mais aussi la psychologie masculine et féminine qui mène au divorce.

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Le film est tiré d'un roman d'Ursula Parrott. Irving Thalberg (célèbre producteur de la MGM) devait en acheter les droits en 1929. Le premier choix de Thalberg était de donner le rôle à Joan Crawford.  Thalberg était aussi le mari de Norma Shearer. Et cette dernière arriva à convaincre son mari de lui donner le rôle, après une séance où elle lui prouva qu'elle avait assez de sex-appeal pour jouer un tel rôle. Les deux autres vedettes masculines sont Robert Montgomery dont "la divorcée" est un de ses premiers films, enfin Chester Morris partage la vedette avec Norma Shearer. On verra Chester Morris dans de nombreuses productions comme "The Red-headed woman" (1932) ou "Blondie Johnson" (1933) avec Joan Blondell. Je mettrai peut être une réserve sur l'interprétation de Conrad Nagel, qui me semble trop maquillé pour être réellement crédible dans son rôle d'ami sincère de notre héroïne.

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Ci-dessus : Norma Shearer

Sous un format très classique, Leonard nous offre un remarquable mélodrame, qui démêle les affres et les erreurs d'un couple qui s'aime. Ainsi, le film en devient presque un conseil aux jeunes mariés et s'approche d'une réalité de la psychologie masculine et féminine. On peut supposer que c'est cela qui en fit un énorme succès à l'époque, et lui permit d'arriver jusqu'à la prestigieuse académie des Oscars. A n'en pas douter, ce réalisme psychologique, les longs silences et le jeu des acteurs (en tête Norma Shearer) sont la grande force du film.

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Ci-dessus : Chester Morris et Norma Shearer

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Ci-dessus : Conrad Nagel et Norma Shearer à la remise des Oscars


Extrait :


Note : 7,5 / 10