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17/04/2013

L'ennemi public numéro 1 /Manhattan Melodrama - 1934

"Manhattan Melodrama" est connu en France sous le titre "l'enemi public numéro 1". Le titre français n'a pas grand chose à voir avec le film, alors que le titre américain en dit beaucoup plus. En effet, l'action se pass bien à New-York et si elle n'est pas totalement mélodramatique, le film commence malgré tout comme un mélodrame. Ainsi, on voit deux enfants sur un grand bateau à vapeur, en croisière. Ces deux enfants sont Blackie Gallagher (joué par Mickey Rooney enfant) et Jim Wade (joué par Jimmy Butler). Les enfants s'amusent et Blackie est déjà un joueur pas très honnête. Mais le drame arrive, le bateau prend feu, et ils perdent leurs parents. Ils sont recueillis par un rescapé de l'incendie qui les élèvera comme des frères. Mais finalement ce dernier meurt quelques années plus tard lors d'une émeute. Le début est donc assez mélodramatique et pour tout dire assez pénible avec plusieurs plans récurrents sur la grande horloge, censée symboliser le temps qui passe avec les années que l'on voit défiler. Tout ça a bien vieilli. Mais c'est bien, à ce moment que le film réallement commence. Ceci dit on ne peut pas jeter le prologue totalement par dessus bord, car Van Dyke se plaît à filmer des visages pour signifier la peur ou la terreur, voir l'émeute du sol pour ajouter à l'impression de terreur que doit ressentir le spectateur.

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Dans la deuxième partie du film, les enfants ont donc grandi et sont devenus des adultes. Blackie est donc Gable avec Myrna Loy pour maîtresse et William Powell est premier adjoint au procureur. Gable ne s'est pas racheté et tient un bar clandestin "speak-easy" en américain et vie de combines et de rackets. Mais l'amitié entre les deux hommes n'a pas été atteintes par le nombre des années et c'est bien la fidélité à cette amitié qui va être le fil conducteur du film et de toutes les actions des deux protagonistes. Et c'est bien cela le génie de "Manhattan mélodrama". On y retrouve aussi des thèmes passionnants sur la vérité en politiqu et les scandales de cette époque nous remettent en tête les scandales de notre époque. Qui a dit que ce cinéma avait vieilli ?! Arthur Caesar un des scénaristes devait d'ailleurs recevoir l'Oscar du meilleur scénario. Et c'est amplement mérité. Pour ma part, j'ai tendance à penser que l'ultime image dans la prison aurait du être le point final de ce très beau film qui perd finalement un peu de sa force avec le discours final de Powell. Mais ce n'est rien. Il ne faut pas se le cacher, le film est dans sa globalité un pur chef-d'oeuvre qui devait révéler le duo Powell Myran Loy dans le premier de leur quatorze films, et consolider la popularité du jeune Clarck Gable. A noter enfin que le film restera célèbre comme étant le dernier film vu par le gangster John Dillinger. Ainsi, certaines scènes du film apparaissent dans le film "public enemies" de 2009 avec Johnny Depp. Quand le cinéma se souvient du cinéma, on a parfois des chef-d'oeuvres qiu sortent ainsi de l'oubli.

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Ci-dessus : Clark Gable et William Powell

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Ci-dessus : Myrna Loy et Clark Gable

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 Ci-dessus : Le réalisateur W.S. Van Dyke et William Powell

Disponible en DVD zone 2 (à 6,33 € si vous prenez 3 films) à la Fnac jusqu'au 30 avril 2013

Note : 8,5 / 10

05/04/2013

Le crime était presque parfait / The unsuspected - 1947

Il ne sera pas question ici du film d'Hitchcock, "le crime était presque parfait" avec Ray Milland, Grace Kelly et Robert Cummings de 1954, mais bien de la version éponyme de Michael Curtiz tournée en 1947. Pourtant c'est bien au film noir et à Hitchcock que cette version de Curtiz fait référence. Mais ce qui fait sortir "The unsuspected" de la production courante ou au mieux de la médiocre production d'un film noir bas de gamme, c'est bien la réalisation extraordinaire de Curtiz. Vous pouvez me croire j'en ai vu des films de Curtiz, que ce soit "Captain Blood" (1935),  'la charge de la brigade légère (1936), "les aventures de Robin des Bois" (1938), "l'aigle des mers (1940), Casablanca (1942) ... et je n'ai pas le souvenir d'avoir vu un de ses films aussi bien réalisé. Curtiz s'est clairement dépassé ici. Le film commence d'ailleurs par une ombre menaçante filmée, et on sent tout de suite cette ombre comme une menace prête à réaliser l'indicible, c'est à dire tuer. Et le jeu sur les ombres, sur les visages sur les lumières va être poursuivi tout le long du film. On ne peut qu'être totalement éblouï par le travail de Curtiz. On a tendance à dire, en voyant un film : "je cherchais un bon plan j'en ai vu aucun". Ici vous verrez des dizaines de plans, plus magnifiques les uns que les autres.

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La distribution qui comprend la très belle Audrey Totter, Constance Bennett, Joan Caulfield, Hurd Hatfield, Michael North, et Fred Clark est dominée de la tête et des épaules par la prestation de Claude Rains. Alors Claude Rains vous le connaissez sûrement, on se souvient tous de sa prestation en Prince Jean dans "les aventures de Robin des bois" ou dans des films avec Bette Davis, comme les très beaux "Mr Skeffington" (1944), "une femme à la recherche de son destin", ou dans "crimes sans châtiment" (1942) ou encore "le loup garou" (1941). Hurd Hatfield c'est quant à lui l'homme d'un seul rôle, celui du beau jeune homme du "portrait de Dorian Gray" '(1945). Constance Bennett était une star des années 30. On se souvient d'elle dans "What Price Hollywood ?" par exemple.

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Ci-dessus une photo de Hurd Hatfield

Le scénario est très bien construit même si il est clairement difficile à appréhender au début et donne quelque peu le tourni. On retrouve d'ailleurs comme dans  "Laura" un tableau de l'héroïne principale qui trone au milieu du salon. Les défauts du film sont peut être l'omniprésence de Claude Rains qui finit par vampiriser le film à lui tout seul et à rendre les autres acteurs presque peu crédibles, et en particulier le personnage joué par Joan Caufield qui semble presque niais. Enfin les dialogues ne sont pas toujours à la hauteur de la formidable réalisation de Curtiz.

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Ci-dessus : Audrey Totter dans "the unsuspected"

Il n'en reste pas moins que le film est une grande réussite cinématographiquement parlant. On en prend plein les yeux. Et c'est réellement fascinant de voir Curtiz ainsi dépasser son propre niveau. Si on ajoute à ce film la belle musique de Franz Waxman qu'on a connu malgré tout un peu plus inspiré, il est difficile de ne pas mettre une très bonne note à ce métrage et de ne pas avoir envie de revoir, la séance terminée. On ne peut donc que remercier chaleureusement la Warner d'avoir sorti cette oeuvre de l'oubli dans lequel elle était tombée. On espère bien d'autres sorties de ce type à l'avenir dans cette série "films criminels" ou dans une autre, car c'est tout simplement du grand cinéma.

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Ci-dessus Claude Rains et Joan Caulfield

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Ci-dessus : un exemple des plans assez incroyables de Curtiz sur ce film. Notez le jeu des ombres sur l'image et la distance au personnage qui crée le malaise voulu par le réalisateur.

 

Film disponible en DVD Zone 2 (sous titré français) sur le site de la Warner.

 

Bande-annonce :


Note : 8 / 10

 

03/04/2013

La rue sans issue / Dead End - 1937

"La Rue sans issue" est un film de William Wyler tourné en 1937. William Wyler c'est bien entendu le réalisateur de Ben-Hur (1959) mais aussi le réalisateur de nombreaux films avec Bette Davis ("Jezebel", "la lettre", "The Little Foxes"), mais il a aussi fait tourné Gregory Peck ("les grands espaces"), ou Gary Cooper et combien d'autres. Ce réalisateur a donc eu une carrière assez exceptionnelle. En 1937 il a déjà fait tourner deux fois Joel McCrea dans "Come and Get it" (1936) et dans "These Three". Mais on ne retrouve pas seulement Joel McCrea, mais aussi et surtout Humphrey Bogart et enfin la belle Sylvia Sidney. Sylvia Sidney on se rappelle d'elle aujourd'hui surtout pour son rôle dans "Du sang dans le soleil" où elle donne la réplique à James Cagney, mais aussi et surtout pour son rôle de Fantine dans la version des "Misérables" de 1952. A noter que Sylvia Sidney retrouvera Humphrey Bogart en 1941 dans "l'amour et la bête". Enfin dans les seconds rôles sont présents, Claire Trevor et Wendy Barrie, et Allen Jenkins et toute la bande de gosses insupportables.

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Le film est tout expliqué dans son titre : "La Rue sans issue". En effet, ici toute l'action se passe dans une rue de New-York (la 53ème rue) dont l'issue est le fleuve Hudson. Dans cette rue cohabite misère des uns et richesse des autres. Et on comprend bien que si cette rue n'a pas d'autre fin qu'un fleuve au niveau géographique, elle n'en a pas non plus pour ses occupants. Autant vous le dire tout de suite, le film est désservi par cette action statique, tirée d'une pièce de théâtre de Sidney Kingsley. Alors bien sûr on visite des maisons, des restaurants, des halls d'immeubles, mais c'est bien toujours la même rue. Le spectateur ressent donc un enfermement certain lorsqu'il regarde ce film. Peut être est ce aussi une force du film, que de vouloir nous faire sentir l'enfermement que les occupants de la rue devaient ressentir.

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Ci-dessus : Joel McCrea, Allen Jenkins et Humphrey Bogart

Le film a une certaine modernité car il contient plusieurs histoires : McCrea est un architecte raté qui peint des enseignes pour survivre, les gosses sont livrés à eux mêmes, Sylvia Sidney fait grève pensant obtenir un meilleur salaire, et Humphrey Bogart revient dans le quartier de son enfance, mais pour lui aussi il n'y aura pas d'issue positive. Bref, ici c'est une description d'une misère humaine sous toutes ses formes. Ainsi, le film attire autant qu'il révulse. Dans cette rue, tout est pourri ou vérolé, ainsi le personnage de Bogart ne retrouvera ni l'amour de sa mère, ni l'amour de son ancienne petite amie. Et son personnage pervers n'est que la représentation du futur qui attend les gosses, jeunes voyous abandonnés.

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Ci-dessus : Humprhey Bogart et Claire Trevor

L'image ci-dessous est tirée d'une des meilleures scènes du film qui nous montre un Bogart incapable de retrouver celle qu'il avait laissé, malgré tout son désir. Claire Trevor est magnifique dans cette scène d'un amour devenu impossible. William Wyler se plaît à filmer les visages féminins et à les magnifier avec des jeux de lumières dont lui seul à le secret et que seul le noir et blanc peut restituer. Ainsi, il fera de même avec Sylvia Sidney qui sera très souvent admirablement filmé.

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Ci-dessus : Joel McCrea et Sylvia Sidney

"La rue sans issue" nous permet donc de retrouver des grands acteurs, et des plans parfois magnifiques. C'est déjà beaucoup. Le film lasse parfois et insupporte devant la cruauté et l'enfermement qu'il véhicule. Il y eut d'ailleurs débat aux USA à l'époque concernant la délinquance juvénile dépeinte de manière si réaliste. Il n'en reste pas moins comme cinématographiquement parfait sur bien des points, et si "la rue sans issue" répugne autant qu'il fascine, c'est bien cette fascination que je veux retenir. Le film devait d'ailleurs obtenir 4 nominations aux Oscars.

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Ci-dessus : Joel McCrea et Sylvia Sidney

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Ci-dessus : une photo du tournage (notez l'immense présence de Bogart)

 

Bande-annonce :

 

Note : 7 / 10

31/03/2013

L'île au complot / The Bribe - 1949

"L'île au complot" ou dans son titre américain "The Bribe" est un film de Robert Z Leonard produit en 1949 par la MGM. Je me permets de vous le présenter car il vient de sortir en France en DVD dans la collection Warner "films criminels". Cette note bénéficie donc grandement du livret fourni avec chaque film et qui présente tous les films de la collection. Il faut donc remercier chaudement la Warner pour cette très intéressante initiative. Robert Z Leonard n'était pas connu jusqu'alors pour avoir tourné des films noirs, mais plutôt pour la réalisation de "Ziegfield Girl" (1941) une comédie musicale, ou "Pride and Prejudice" (1940). La scénariste est Marguerite Roberts. Rien ne prédestinait une femme à écrire le scénario d'un film noir et pourtant fille de Shériff, elle devait commencer comme secrétaire à la Fox avant d'obtenir un contrat de scénariste à la MGM. Le scénario est donc intéressant et bien construit. A noter que la carrière de Marguerite Roberts sera interrompue en 1951, car elle figurera sur la tristement célèbre "liste noire" qui recensait tous les supposés communistes officiant à Hollywood. Suite à cette affaire on refusera de lui donner du travail et son nom sera retiré du générique d'Ivahnoé qui restera son ultime scénario avant un long passage à vide.

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'L'île du complot" est le premier film du couple Robert Taylor/Ava Gardner. Il suivra ensuite "Vaquero" et "les chevaliers de la table ronde". A ce sujet, je tiens à souligner l'ignoble édition existante de "Vaquero" dont les couleurs sont passées et la définition plus qu'incertaine. Dans "The Bribe" c'est par contre du tout bon au niveau de la qualité de l'image. Après des premières images qui laissent craindre le pire, on a un master bien défini qui si il n'est pas exempt de défauts, reste tout à fait correct et magnifie le jeu de lumières sur le visage d'Ava Gardner. Amants à l'écran, Robert Taylor et Ava Gardner le seront aussi à la ville. En plus du couple Taylor/Gardner, on retrouve le méchant de service en la personne de Vincent Price mais aussi Charles Laughton.

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 Ci-dessus : Ava Gardner, John Hodiak et Robert Taylor

La scène finale est d'ailleurs fabuleusement bien réalisée. Et pour cause, elle sera réalisée par vincente minnelli avec l'aide du chef opérateur Joseph Ruttenberg. On a donc encore ici l'exemple de la coopération qu'il existait entre réalisateurs à cette époque à Hollywood et de la saine émulation qui pouvait en découler. A cela il faut bien entendu ajouter la belle musique originale de Miklós Rózsa qui devait composer plusieurs musiques de films de Robert Taylor avec entre autre : "les chevaliers de la table ronde" , "Quo Vadis","Ivanhoé" et "la vallée des Rois". "The Bribe" est donc une belle surprise de la Warner pour le marché du dvd français. On espère une sortie un jour de "Guet-apens" (Conspirator) toujours avec Robert Taylor et de cette même année 1949.

 

Fim disponible en DVD Zone 2 sur le site de la Warner.

Galerie de photos :

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Ci-dessus : Robert Taylor et Ava Gardner

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Ci-dessus : Charles Laughton et Robert Taylor

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Note : 7 /10

19/03/2013

Un homme a disparu / Backfire - 1950

Nous allons terminé notre cycle sur Virginia Mayo par "un homme a disparu" (Backfire) tourné en 1948 mais sorti en fait seulement deux ans plus tard en 1950. Le film est tiré d'une nouvelle de Larry Marcus intitulé "into the night" et bénéficie (si on peut dire) du duo de scénaristes (Ben Roberts Ivan Goff) qui a déjà oeuvré sur "l'enfer est à lui". A mon sens, si le parti pris d'un scénario linéaire était déjà contestable sur "l'enfer est à lui", la construction du scénario façon puzzle est encore plus déroutante ici, où les flashbacks sont incessants et font constamment perdre au spectateur le fil de l'histoire. Le film est donc très pénible à voir, malgré la beauté de Virginia Mayo et le jeu d'acteurs débutants comme ici Gordon MacRae ou habitué aux seconds rôles comme Edmond O'Brien. Pourtant le film bénéficie d'un grand réalisateur en la personne de Vincent Sherman. Et c'est d'ailleurs parfaitement filmé. Malheureusement le montage scénaristique est pitoyable et noie le spectateur qui ne sait finalement plus ce qui est le passé, la réalité, ou l'hypothèse. D'ailleurs Sherman après avoir tourné "les aventures de Don Juan" avec Errol Flynn avait refusé plusieurs fois de tourner le film considérant également que les multiples flashbacks du roman de de Larry Marcus, allaient rendre sa construction et sa future vision impossible. Mais Jack Warner devait insister et convaincre Sherman en lui disant que son acceptation lui vaudrait les faveurs futures du studio. Ainsi, la Warner pouvait faire travailler 6 acteurs sans travail à l'époque : Edmond O'Brien, Gordon MacRae, Virginia Mayo, Dane Clark, Viveca Lindfors, and Richard Rober.

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Sherman fit de son mieux avec le script de notre duo de scénaristes qui faisait en sorte d'améliorer la nouvelle. Les acteurs étaient également au mieux de leur forme. Néanmoins tout cela restait indigeste à l'écran. Les critiques égratignèrent pour la plupart le film lors de sa première au Globe cinema de New-York le 26 janvier 1950. Et si le studio pensait surfer sur le succès critique de "l'enfer est à lui" ce ne fut malheureusment pas le cas. Les conséquences ne tardèrent pas à tomber. Ainsi, la performance de l'actrice suédoise Viveca Lindfors fut jugée insuffisante par le studio et son contrat fut dénoncé. Hollywood était toujours sans pitié, un peu comme dans un bon film noir finalement. Il reste donc ici quelques beaux plans tournés par Sherman, la beauté de Virginia Mayo, un peu de supsens, la musique de Daniele Amfitheatrof ... c'est à peu près tout.  Et donc bien peu au final au regard d'autres chefs-d'oeuvre du genre et de ce que le film laisse espérer lors de la mise en place de l'intrigue.

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Ci-dessus : Virginia Mayo

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Ci-dessus : Viveca Lindfors

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Ci-dessus : Virginia Mayo et Gordon MacRae

Film, disponible en Zone 1 dans la collection "film noir".


Note : 4,5 / 10

16/03/2013

L'enfer est à lui / White Heat - 1949

Autant vous le dire tout de suite, contrairement à la plupart des critiques, "L'enfer est à lui" n'est pas mon film de gangster préféré avec James Cagney. Pourtant la réalisation est de Raoul Walsh. Le film est le premler des trois films qui ont réuni à l'écran le duo Cagney/Mayo. Cagney le tourna avec la Warner, après son expérience non concluante dans la production de ses propres films.  Mais, contrairement à d'autres de ces films, je trouve le scénario du duo Ivan Goff/Ben Roberts trop linéaire et que les adversaires de Cagney manquent trop souvent de charisme. Ainsi, aucun membre de sa bande n'arrive à contrarier ses plans dès qu'il apparait, ni sa petite amie à s'enfuir, ni la police à l'arrêter. Et ce n'est pas Edmond O'Brien qui saura être un adversaire de taille. Ainsi, je regrette son opposition avec Humphrey Bogart dans "les fantastiques années 20", sa rédemption dans "Pitchure Snatcher", ou son parcours chaotique et difficile qui l'amène de la délinquance à Hollywood dans "Lady Killer". Dans ce dernier film, les relations entre Cagney, Mae Clark, et Douglass Dumbrille étaient particulièrement savoureuses. Dans "l'enfer est à lui", toutes les relations de cet anti-héros finissent par un mauvais coup, la mort et le plus souvent par un assassinat. Le film est donc pour le moins très lourd et difficile à supporter car il suit la folie d'un homme que rien ni personne ne peut arrêter. De plus Cagney a quand même vieilli. En effet, ce film a été tourné 19 ans après ses débuts dans "Sinners' Holiday" (1930).

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Ceci étant dit, "l'enfer est à lui" possède une étonnante modernité de par donc son scénario qui met en avant l'action dès le début et qui préfigure des films bien plus récents. Mais bien évidemment c'est le duo Cagney/Mayo qui crève l'écran. Virginia Mayo est superbe dans la plupart de ses scènes. Enfin, une scène au milieu du film explique la maladie mentale de cet anti-héros joué par Cagney. Cette explication redonne un semblant d'humanité à Cagney et fait redescendre la tension du spectateur quelques minutes. Dans une autre scène on voit Cagney se jeter sur Virginia Mayo dans le garage et la caméra filme l'adorable visage de Virginia Mayo déformé par la main de Cagney mais aussi par la peur. Elle devait d'ailleurs affirmer qu'elle eut réellement peur lorsqu'elle a tournée cette scène avec Cagney. La meilleure scène restant la scène de démence jouée par Cagney lorsqu'il apprend la mort de sa mère. Raoul Walsh expliqua qu'il avait été impressioné par la façon dont Cagney avait joué cette scène. On raconte que certains figurants furent également effrayés ne sachant pas ce qu'il se passait et que cette scène était bien prévue au script. L'interprétation de Cagney est donc clairement extraordinaire.

 

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Ci-dessus : Virginia Mayo, Margaret Wycherly et James Cagney.

Voilà vous savez presque tout sur ce film étouffant, qui prend aux tripes du début à la fin. On retrouvera le couple Mayo/Cagney l'année suivante dans une comédie musicale, "les cadets de West Point" dans une ambiance bien plus sympathique qui nous permettra d'admirer le corps de rêve de Virginia Mayo dans un film un peu plus chaleureux. On en reparle demain !

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Note : 6,5 / 10

22/02/2013

Du sang dans le soleil / blood in the sun - 1945

"Du sang dans le soleil" est le deuxième film de la seconde période indépendante de James Cagney. En effet en mars 1942 Cagney se décida à voler de ses propres ailes, hors de la Warner et de produire ses propres films via la société de son frère, William Cagney production, avec une distribution du film via le réseau "United Artists". Le film a bien des défauts, à commencer par le fait qu'il est un film de propagande américain. De plus, la réalisation de Frank Lloyd est loin d'être un chef-d'oeuvre du genre. Ensuite, pourquoi avoir pris tellement d'acteurs européens pour faire des asiatiques, cela n'ajoute rien à la crédibilité du film. Ceci étant dit, le noir et blanc cache pas mal de défauts, et il est assez difficile de savoir quels sont les acteurs asiatiques et lesquels ne le sont pas.

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De plus, la rencontre entre James Cagney et Sylvia Sidney est assez sympathique et il faut bien dire que l'interprétation de Sylvia Sidney est assez sidérante. Elle joue une métisse américano-chinoise très mystérieuse et crédible et fait souvent penser à Bette Davis. Je pense qu'elle vole de temps en temps la vedette à Cagney. Pour les points positifs il faut dire que Cagney met beaucoup de coeur à l'ouvrage pour dynamiser le film et son interprétation. Donc malgré les défauts évidents de la réalisation on ne s'ennuie pas une seconde. Ainsi, la bagarre finale est assez sidérante pour un film de cette époque et Cagney nous offre un vrai combat presque dérangeant par sa violence réaliste.

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 Ci-dessus : James Cagney et Sylvia Sidney

Pour Cagney, l'action du film devait assurer son succès, mais malheureusement il n'en fut rien. L'échec de son 3ème film indépendant, "13 Rue Madeleine" devait inciter Cagney à retourner travailler avec la Warner. Quant au film, si on est capable de passer outre une réalisation parfois moyenne, on se retrouve devant un spectacle agréable qui n'ennuie jamais et que les 2 interprètes principaux tiennent à bout de bras. A noter pour finir une qualité d'image très acceptable de l'édition Wild Side, d'un film tombé dans le domaine public.

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Note : 6 / 10

17/02/2013

A 23 pas du mystère / 23 Paces to Baker Street - 1956

"A 23 pas du mystère" est un film d'Henry Hathaway, sorti très récemment chez Sidonis. On y retrouve Vera Miles et Van Jonhson en interprètes principaux. Le film est mystérieux déjà au niveau de son titre français et le titre anglais fait référence à Baker Street, donc à la résidence de Sherlock Holmes. Van Jonhson joue ici le rôle d'un écrivain devenu aveugle, qui refuse toute aide en dehors de celle de son majordome et par dessus tout il refuse la pitié de son ancienne petite amie jouée par Vera Miles. Vera Miles c'est bien entendu la belle fiancée de Jeffrey Hunter dans "la prisonnière" du désert. Pour revenir à notre film, donc le personnage joué par Van Jonhson passe son temps avec mon magnétophone à écrire son roman. Un après-midi il se décide à aller boire un verre dans le bar en bas de la rue, et là il surprend une très mystérieuse conversation entre une femme et un homme assez menaçant et inquiétant.

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Le magnétophone qui avait un rôle de simple accessoire au début du film, va devenir rapidement un personnage à part entière. Ainsi, notre héros va enregistrer la conversation qu'il a entendu et la faire entendre à la police. Mais la police ne trouvant rien de mystérieux, Van Jonhson prendra les choses en main. Je ne vais pas vous raconter l'histoire, mais tout cela est bien rendu et bien mené par Hathaway. On pense tout de suite à Hitchcock et bien évidemment à "Fenêtres sur cour" et à cet homme bloqué lui aussi dans son appartement pour cause d'un handicap. La différence est qu'ici notre héros a un handicap irrémédiable et donc veut faire de la résolution de cette énigme, l'oeuvre de sa vie ! D'où une tension qui ne retombe que rarement. Le spectateur est amené à s'interroger avec les personnages du film et essaye de comprendre le fin mot de cette énigme. Et on ira d'échecs en fausses pistes jusqu'au dénouement final où évidemment tout s'éclaircira.

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Ci-dessus : Van Jonhson.

Alors c'est sûr que ce n'est pas le plus grand film de Hathaway ni du Hitchcock, mais le spectacle est assez plaisant pour tenir en haleine. On fera un petit reproche sur la qualité de l'image qui est moyenne, même si on a vu bien pire.

 

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ci-dessus : Van Jonhson et Vera Miles


Film disponible en DVD zone 2 chez Sidonis, comportant des bonus avec une présentation de Mr Patrick Brion.


Note : 7 / 10

16/02/2013

Laura - 1944

Dans le cadre de sa récente sortie en Bluray, je vous présenterai "Laura" d'Otto Preminger. Il faut savoir qu'Otto Preminger a réalisé des films dans de nombreux genres assez différents, ainsi on retrouve par exemple, "Stalag 17" (1953) un film de guerre, "la rivière sans retour" (1954) un western, ou encore "Exodus" (1962). "Laura" est quant à lui une romance policière. Une jeune femme a été tuée et l'inspecteur McPherson (Dana Andrews) va s'évertuer à trouver le ou la coupable. La distribution est bonne avec son lot d'assassins potentiels. Et le film va s'évertuer à donner au spectateur des fausses pistes, jusqu'à un incroyable retournement de situation vers le milieu du film. Clifton Webb, Vincent Price, ou encore Judith Anderson, font des suspects idéaux. Le tournage du film depuis la création du script qui est une adaptation d'une histoire de Vera Caspary ressemble à une lutte. En effet, Preminger devra se battre avec les scénaristes, puis avec Zanuck pour faire triompher sa vision de l'oeuvre. Zanuck avant son départ pour l'armée, insatisfait de la main mise de Preminger sur le script devait se décider à mettre comme réalisateur Rouben Mamoulian et à laisser uniquement la production à Preminger. Mais à son retour Zanuck se mit en colère à la vision des premiers rushs et décida de remettre Preminger à la réalisation. Celui se décidait alors une nouvelle fois à remodifier le script et en particulier son final.

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Alors bien évidemment comme le titre, le laisse supposer le personnage joué par Gene Tierney est omniprésent dans presque toutes les scènes que ce soit en personne ou au travers d'un magnifique tableau qui trône au milieu du salon de la jeune femme et qui attire inlassablement l'oeil du spectateur vers son visage. Les autres acteurs semblent alors devenir des seconds rôles, là uniquement pour nous faire découvrir les secrets de la vie et de la mort de cette jeune femme. Ainsi, Gene Tierney irradie littéralement l'image de sa présence.  Et presque 70 ans après le tournage, son sex-appeal reste totalement intact à l'écran.

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Ci-dessus : Dana Andrews pensif devant le tableau de Laura

On sait aujourd'hui, que Preminger avait remplacé le tableau initial par une photographie peinte. Ce trucage n'en reste pas moins invisible aux yeux du spectateur d'aujourd'hui. Tout est évoqué dans le film. Ainsi la vie dissolue de la jeune femme est évoquée par la clé de son appartement que l'on possède ou non ... Mais les allusions restent des allusions et c'est ici l'imagination du spectateur qui travaille. Au vu de sa qualité, il était logique que le film concourt pour les Oscars. Mais Preminger et Tierney ne devait pas gagner d'Oscar, mais c'est le directeur de la photographie, Joseph LaShelle, qui devait en gagnar un. LaShelle devait rester d'ailleurs associé à Preminger en travaillant sur 5 autres films avec lui. Je ne peux finir cette note sans vous parler de la somptueuse musique de David Raksin qui reste comme un fabuleux morceau représentatif du charme et de la classe absolue de l'époque.

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Ci-dessus : Gene Tierney et Vincent Price dans "Laura"

Et finalement c'est bien ce qui caractérise "Laura" : une fabuleuse romance policière où la classe absolue et la beauté concurrencent souvent les plus bas instincts de l'Homme. Quant à Otto Preminger et Gene Tierney, ils devaient se retrouver une ultime fois cette fois-ci en 1962 dans "Tempête à Washington". Mais ceci est une autre histoire ...

 

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La musique de David Raksin en 2 versions :

 

 

 

Disponible en Bluray Zone B avec une belle qualité d'image et de nombreux bonus dont un très beau reportage sur Gene Tierney de 45 minutes.

 

Note : 8,5 / 10

15/02/2013

Les sept voleurs / Seven Thieves - 1960

Il est dernièrement sorti en DVD un joli film d'Henry Hathaway, "les sept voleurs" chez Sidonis. Le film est assez bien réalisé par Hathaway. Il est particulièrement bien construit au niveau de l'intrigue autant que de la réalisation. Même si celle-ci reste relativement classique et peu surprenante. Le scénario évoque la retraite d'un ancien professeur de chimie (Edward G Robinson) qui décide de se venger de l'oubli dans lequel il est plongé par sa retraite, en faisant un gros coup en volant la recette d'un casino. Le gang est comme vous pouvez l'imaginer donc composé de sept voleurs avec Rod Steiger, Eli Wallach, mais aussi la toute jeune Joan Collins et Michael Dante. On a donc un prestigieux casting. Même si la dimension d'acteur de Steiger semble trop importante pour le personnage qu'il occupe. Hathaway devait dire d'ailleurs qu'il avait essayé de teinter d'humour le personnage joué par Steiger, mais que cela n'avait pas été vraiment possible car Steiger jouait toujours des personnages sérieux dans des rôles sérieux et donc peu empreint d'humour. C'est d'autant plus vrai que Steiger avait joué des personnages comme "Al Capone" l'année précédente, Napoléon dans "Waterloo" (1972) ou son personnage avide de femmes et de pouvoir du "Docteur Jivago" (1965).

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Il faut ajouter aussi qu'on a la chance de voir Joan Collins au top de sa forme et dans une espèce de séance de streap-tease assez fascinante, appelée par Hathaway, le "saxosexe".  Elli Walach, vous vous souvenez probablement de lui pour son rôle de chef des bandits mexicains dans "les sept mercenaires". La partie où notre fine équipe attaque le casino, n'atteint pas les sommets du genre et de ce qu'on peut voir aujourd'hui, tout simplement car à cette époque, il y avait moins de protection dans les casinos.

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Ci-dessus : Joan Collins

Néanmoins, il y a une belle recherche dans l'intrigue même à ce niveau là, avec son lot de suspens. Enfin le retournement final et les relations entre divers protagonistes apportent son lot de très grosses surprises au spectateur. Un joli film donc, réalisé très sérieusement par un vieux routier d'Hollywood, et qui réserve quelques beaux morceaux et quelques belles surprises. On sait que ce film devait plus tard inspiré la fameuse série des "Ocean's". C'est donc un film somme toute assez important et qui est malheureusement très sous estimé, comme nous l'apprend les nombreux bonus de l'édition DVD, qui comprend dans l'un d'eux, une belle présentation de Mr Patrick Brion.

 

A noter  : une image parfaite même en DVD.

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Ci-dessus : Michael Dante, Rod Steiger, et Joan Collins

 

La bande-annonce :

 

Note : 6,5 / 10

20/01/2013

Coeurs insondables / My Forbidden Past - 1951

 "Coeurs insondables" est un film de Robert Stevenson de 1951 tourné par la RKO. Le film bénéficie d'un beau casting avec Robert Mitchum, Ava Gardner et Melvin Douglas dans les rôles principaux. Mais aussi Lucile Watson et Janis Carter pour les seconds rôles. L'histoire prend place à la Nouvelle-Orleans autour de 1890. Les décors et les costumes sont donc excellents et rendent bien l'ambiance de l'époque. L'histoire du film nous entraine dans les méandres de l'âme d'une femme (Ava Gardner) tourmentée par le désir d'un amour contrarié pour un homme (Robert Mitchum). Et il faut bien dire que ça marche. Le spectateur est ainsi entrainé dans les complots de famille. En effet, sa tante (Lucile Watson) et son cousin (Mevlin Douglas) ne valent pas beaucoup mieux qu'elle. Le film va ainsi décortiqué les objectifs et les passions de chacun au scapel. Le film n'est pas un mélodrame, mais pour moi plutôt un  étrange film noir où seul l'amour est le moteur de l'histoire avec 2 personnages successivement entrainés dans des abimes insondables de passions douloureuses qui leur font multiplier pour l'un des erreurs, et pour l'autre des complots dans le seul but de retrouver l'être désiré.

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Le gros défaut du film, c'est malheureusement et une fois n'est pas coutume, sa faible durée, d'une heure et dix minutes seulement. Ainsi, l'intrigue arrive à son paroxysme à un quart d'heure de la fin du film. C'est malheureux car les dernières scènes sont baclées et la conclusion arrive, il faut bien le dire comme un cheveu sur la soupe. C'est donc assez décevant car l'interprétation d'Ava Gardrner est excellente et Melvyn Douglas est parfait dans son rôle de médiocre et de détestable cousin. Dans les points positifs on peut ajouter la très belle musique de Friedrich Hollaender, qui apporte une magie supplémentaire au film. On regrettera donc une durée trop courte et une fin baclée qui empêchent de faire de coeur insondable le merveilleux film qu'il aurait du être. Ceci dit, le spectacle reste très recommandable et réserve quelques beaux moments.

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 Ci-dessus : Janis Carter, Robert Mitchum et Ava Gardner

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Ci-dessus : Ava Gardner et Melvyn Douglas

 

Extraits :

 

 Film disponible aux éditions Montparnasse (collection RKO).


NOTE : 6,5 / 10

13/01/2013

Le Faucon maltais / The Maltese Falcon - 1941

Aujourd'hui je me permets de présenter une fabuleuse note de mon ami Raphael, éditorialiste du blog "le film était presque parfait", portant sur "le faucon maltais" de John Huston. J'avoue qu'à la lecture de sa note je me suis dis : C'est exactement ce que j'aurais voulu écrire sur "le faucon maltais"! Et qu'est ce que c'est bien écrit ! Donc je vous invite à lire et à relire cette note si bien rédigée et documentée qui replace le film d'abord dans son contexte et enfin le décortique miticuleusement. C'est peut être ce qui a été écrit de meilleur en langue française sur "le faucon maltais".

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Ci-dessous : Mary Astor et Humphrey Bogart


Sources pour lire la note de Raphael :

http://lefilmetaitpresqueparfait.hautetfort.com/archive/2011/02/08/le-faucon-maltais-critique-film.html

09/01/2013

Le tombeur / Lady Killer - 1933

"Le tombeur" ou en anglais "Lady Killer" est un film tourné par Roy Del Ruth en 1933 avec pour interprètes principaux James Cagney et Mae Clark. Mae Clark avait déjà joué avec James Cagney dans "l'ennemi Public" (1931). Dans ce film, les cinéphiles se rappellent qu'elle recevait de James Cagney un pamplemousse en pleine figure. Dans "Lady Killer", James Cagney ne devait pas mieux la traiter. En effet, il devait la mettre dehors en la tirant par les cheveux. Mae Clark devait écrire à une amie en lui disant qu'elle n'a pas été blessée lors du tournage de cette scène. On est rassuré.

lady-killer-poster1.jpgLe film bénéficiait d'un scénario original. En effet, James Cagney rejoignait un gang d'escrocs et suite à une affaire de meurtre, et des ennuis judiciaires, il se décidait à gagner honnêtement sa vie dans une carrière cinématographique à Hollywood. Le film est donc à mi-chemin entre le pur film de gangsters et la critique de la société hollywoodienne. On voit d'ailleurs, Cagney déguisé en indien, et les blancs peints en rouge. On retrouve aussi le réalisateur à l'accent hongrois parlant mal anglais. A t'on voulu, faire une imitation de Michael Curtiz ? On ne le saura sans doute jamais. Il y a d'ailleurs quelques scènes d'anthologie avec une fête envahie par une vingtaine de petites singes qui sème la terreur, reflet d'une certaine décadence de la société hollywoodienne de l'époque. Le film se voit donc plutôt bien. Surtout que la distribution est complétée par Margaret Lindsay et surtout Douglass Dumbrille formidable en maître chanteur.

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Ci-dessus James Cagney déguisé en indien dans "Lady Killer" :

La difficulté des situations dans lequel se trouve Cagney le rend proche du spectateur. De plus, son évolution morale et financière (bonne ou mauvaise d'ailleurs) est assez sympathique à suivre. Néanmoins le film n'atteind jamais le niveau d'autres films de Cagney, comme "les formidables années 20", "l'ennemi public" ou encore "Picture Snatcher". C'est tout de même un très honnête divertissement qui réserve son lot d'actions et de rebondissements, avec en plus une satire assez inattendue d'Hollywood. Mais la réalisation peut être un peu trop conventionnel ne fait pas élevé l'ensemble au dessus du lot. Cela explique donc peut être que Cagney n'ait pas décidé d'évoquer ce film dans son autobiographie.

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Ci-dessus Douglass Dumbrille et James Cagney

 

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Ci-dessus Mae Clark et James Cagney :

 

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Ci-dessus : James Cagney pas très heureux d'être abandonné en prison


Ci-dessous : Extrait d'une scène violente de "Lady Killer". Mae Clark explique à Cagney qu'elle va le dénoncer à la police.

 

NOTE : 6,5 / 10

04/01/2013

Le client / The Client - 1994

Pour faire une pause dans les films classiques, j'évoquerai dans le cadre de sa récente sortie Bluray, un long métrage assez connu : "le client" car multi-diffusé sur notre chère télévision. "Le client" est un film de Joel Schumacher sorti en 1994. Le film est tiré du roman de John Grisham qui évoque l'histoire d'un jeune garçon qui se retrouve au mauvais moment au mauvais endroit. On y retrouve Susan Sarandon et Tommy Lee Jones, et bien évidemment ce n'est pas Mary-Louise Parker dont on se souvient mais bien de la performance du jeune Brad Renfro et du duo Tommy Lee Jones, Susan Sarandon. Je ne sais pas pour vous, mais Susan Sarandon m'a toujours fait penser à Betty Davis. Et c'est un compliment. Quelle actrice ! Elle sait jouer toutes les émotions et entre parfaitement dans le film dans un habit d'avocat taillé sur mesure pour elle.

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Tommy Lee Jones, sait quant à lui mettre de l'humanité et surtout un peu d'humour dans un personnage de procureur qui aurait pu être froid et triste. Enfin, c'est bien entendu, la troublante interprétation de Brad Renfro que l'on retient, car ce dernier est mort d'une overdose le 15 janvier 2008. Triste fin pour une carrière qui avait pourtant démarré sous les meilleures auspices. En effet, des pièces de théâtre contre la toxicomanie avait permis à Bradd de pousser la porte d'Hollywood. Et cela devait être une overdose qui devait l'emporter. Etrange destin pour Bradd dont la drogue aura été le lien. Mais finalement, cela répète l'étrange malédiction qui semble toucher la plupart des enfants célèbres d'Hollywood qui souvent à leur adolescence disparaissent des écrans, incapables de rebondir dans des rôles d'adultes. Quoiqu'il en soit, et pour parler uniquement du film, on regarde "le client" avec plaisir. Car en plus d'une réalisation efficace on retrouve des seconds rôles parfaits, comme par exemple Will Patton en ignoble sergent Braddy ou encore William H. Macy en médecin.

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Ci-dessus Tommy Lee Jones :

Le client est donc un film très recommandable, sérieux et teinté d'humour. A défaut d'être un chef d'oeuvre, c'est clairement un classique. A noter une excellente copie Bluray (compatible Zone B) avec VF (non québecoise), qui comprend une version télévisuelle du roman dont la nullité totale ne peut qu'être une incitation à concentrer l'attention du spectateur sur la belle version de Joel Schumacher.

 

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Ci-dessus (la très grande actrice) Susan Sarandon :


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Ci-dessus Brad Renfro :

 

Bande-annonce :

 

 

NOTE : 7 / 10

30/12/2012

Picture Snatcher - 1933

"Picture Snatcher" de Lloyd Bacon fait parti de la liste des films sortis sur le site Warner France et qui ont été tournés avant la mise en place du code de censure en 1934. Ce film est particulièrement intéressant car on y retrouve un James Cagney survitaminé et d'une tonicité à toute épreuve. James Gagney joue dans ce film le rôle d'un gangster repenti qui décide de se ranger en sortant de prison. Il décide donc d'être journaliste reporter. Mais il devra utiliser toute son expérience de gangster pour arriver à ses fins et satisfaire son directeur de rédaction. On retrouve dans la distribution la belle Alice White qui fait le rôle d'une journaliste plutôt volage et Ralph Bellamy qui tournera énormément dans les années 30.

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Le film contient toute la folie et l'ambiance de l'époque : gangsters, flics louches, jolies filles faciles, journalistes sans aucune morale et bien entendu les fameux "speakeasy" (bars clandestins) de la prohibition. Et surtout ce métrage comporte de l'action sans arrêt. Il y en a presque tellement qu'on finit presque épuisé à suivre, notre héros négocié avec des gangsters, un forcené, son patron, etc Il y a également des courses poursuites qui ont lieu en voiture, ou dans le métro et qui donne au film une étonnante modernité. Mais ce film est réellement le reflet d'une époque, le début des années 30, comme dans la scène avec les tipograhes.

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Ci-dessus Alice White, se préparant à aller faire un calin à James Cagney.

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Ci-desssus James Cagney et Alice White

De plus, ce qui est particulièrement surprenant dans ce film c'est le traitement de la violence qui est réaliste, mais aussi des relations entre homme et femme, où le désir sexuel est mis en évidence avant les sentiments. Ce que s'interdira de faire plus tard, Hollywood.

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Ci-desssus James Cagney et Ralph Bellamy

Bref, vous l'aurez compris ce film très tonique m'a beaucoup plu. J'ai pris beaucoup de plaisir à le voir. On pourra peut être toutefois lui reprocher une action omniprésente qui donne parfois l'impression de lire 4 lignes sans ponctuation.

A noter une très belle qualité d'image pour un film de 1933.

 

Disponible en DVD Zone 2 sur le site de l'éditeur dans la collection Pré-code ou dans le volume 3 de la collection "Gangsters" en DVD zone 1.

 

NOTE : 7 / 10